Bonjour ! :)

Alors, je vous présente fièrement mon tout premier OS ! Ce Snapione a été écrit dans le cadre d'un concours d'Halloween lancé sur le Discord Prudence&Potions. Je publie en retard, bien sûr, puisqu'on est déjà en novembre, mais je me dis qu'il vaut toujours mieux tard que jamais.

Attention, classement MA ! Cette histoire contient des scènes pornographiques à caractère BDSM pouvant choquer et ne pas convenir à tout lecteur. Déconseillé aux moins de 18 ans.

NOTE IMPORTANTE AVANT DE LIRE : En tant que féministe, je défends l'égalité des droits pour les femmes dans tous les aspects de leur vie. Ça veut dire aussi, pour moi, le droit à toute femme d'écrire ou de lire les fantasmes sexuels de son choix. Une femme a le droit de rêver de se faire initier de force au plaisir sexuel par un personnage de roman ou de film sur lequel elle fantasme. Pourquoi pas ? Les hommes ont accès à leur pornographie depuis longtemps. On a le droit à notre pornographie aussi, tout en sachant très bien que, tout comme un film porno, un fantasme est loin d'être la vie réelle et qu'il ne doit en aucun cas servir de référence. Merci de votre compréhension.

(Les protagonistes et l'univers magique appartiennent à JK Rowling)

Bonne lecture ! :)


ROUGE

― Pourquoi est-ce que j'ai autant de mal à résister… ?

Entre ses doigts crispés, Hermione serrait la lettre qui l'avait conduite jusque-là. La ruelle au milieu de laquelle elle s'était arrêtée était sombre et inquiétante. La lune éclairait à peine les nombreuses poubelles malodorantes. N'importe qui pouvait se tapir dans les ténèbres en attendant de la surprendre d'un sort. Mais pourquoi avait-elle accepté de venir ? À quoi avait-elle pensé au juste ?

Une brise froide fit tourbillonner et bruisser les feuilles mortes. Hermione remonta le collet de sa cape d'automne, tira inutilement sur l'ourlet de sa robe trop courte et se remit à marcher. Elle était sûrement au mauvais endroit. La lettre lui avait promis un club romantique et non pas un pub malfamé. Ce qu'elle cherchait se trouvait peut-être au bout de la rue, là où le pavé était mieux éclairé.

Pendant que résonnaient ses talons hauts entre les murs de brique défraîchis, elle scruta chaque porte devant laquelle elle passa, attentive aux numéros qui s'y affichaient. Lorsqu'elle parvint à la bonne adresse, elle était toujours dans cette même ruelle qui donnait froid dans le dos.

― Mais où est-ce que je suis… ? souffla Hermione avec découragement.

La porte métallique qui se dressait devant elle n'était pas plus rassurante. La peinture, sous l'effet de l'humidité, caillait considérablement sur sa surface. C'était loin de ressembler à l'entrée d'un lieu romantique. Elle s'était définitivement fait avoir comme une idiote.

― Bon, d'accord, se résolut Hermione en sortant de sa cape sa baguette magique. Vous m'avez bien eue. Maintenant, sortez de votre cachette.

Elle regarda autour, à l'affût du moindre mouvement dans les ombres. D'un moment à l'autre, une bande de malfaiteurs allaient peut-être lui bondir dessus. Elle n'en savait rien, mais elle se prépara au pire.

Elle attendit au moins trois minutes, la main resserrée sur sa baguette, quand elle perçut enfin des bruits de pas au bout de la ruelle. Elle se retourna vivement, prête à se défendre. Au même instant, d'autres bruits de pas s'élevèrent également derrière elle. On venait des deux côtés. Elle était cernée !

Hermione ne savait plus où pointer sa baguette. Pendant que s'approchaient deux silhouettes d'un côté, deux de l'autre, d'une allure redoutablement confiante, elle se déplaça avec précaution vers les poubelles les plus proches, dans la vague intention de les bousculer afin de faire diversion. Elle ouvrit la main au-dessus d'un couvercle de plastique à moitié fendu, mais elle suspendit son geste. Elle venait de remarquer le son caractéristique des talons hauts qui frappent le pavé. Il y avait des femmes parmi les assaillants.

― Bonjour ! lança une voix aimable.

À présent qu'ils s'arrêtaient devant la porte métallique, Hermione pouvait mieux les voir et constater par la même occasion qu'ils n'avaient strictement rien d'agressif. C'était deux couples, vêtus de manteaux chics et de masques de bal. L'une des femmes lui adressait un sourire, en lui regardant furtivement la baguette comme si elle n'avait aucune idée de quoi il s'agissait. Ce devait être des Moldus en plus. Mais pourquoi l'avoir attirée dans un lieu de Moldus ?

L'un des hommes ouvrit la porte métallique, et d'un geste galant, invita sa femme et l'autre couple à entrer devant lui.

― Vous venez ? demanda-t-il gentiment à l'adresse d'Hermione qui restait figée auprès des poubelles.

Le masque de l'homme luisait à la lumière rougeâtre et tamisée qui provenait de l'intérieur. Finalement, c'était le bon endroit. Hermione ignorait pourquoi on avait caché ce lieu prétendument romantique dans une ruelle aussi lugubre, mais elle supposait le découvrir bientôt. C'était peut-être un club secret, réservé exclusivement aux membres.

Intriguée, elle s'empressa de s'avancer en rangeant sa baguette, les feuilles sèches craquant sous ses talons. Après tout, s'il n'y avait que des Moldus, il n'y avait pas de quoi s'inquiéter.

― Vous avez un masque ? interrogea l'homme lorsqu'elle fut à sa hauteur.

― Ah, heu, oui, répondit nerveusement Hermione.

Elle plongea la main dans sa cape et sortit le masque gothique de dentelles noires qu'elle avait apporté pour l'occasion. Elle le plaqua sur ses yeux et le noua rapidement derrière sa nuque.

Lorsqu'elle franchit la porte que l'homme referma derrière elle en interrompant sec le mugissement de la brise froide, Hermione découvrit un hall étroit et bondé. Apparemment, il fallait faire la queue devant un comptoir pour valider son invitation. Hermione ressortit sa lettre et espéra qu'elle fasse l'affaire. Elle n'avait pas de carte membre ni de mot de passe spécial.

Pendant qu'elle patientait nerveusement derrière les couples, elle leva les yeux pour observer un peu le décor qui l'entourait. Des tentures rouges agrémentées de guirlandes de lumières jaunes et chaleureuses paraient les murs. L'ambiance était déjà romantique, comme l'invitation le lui avait promis. Elle ne savait toujours pas ce qu'elle venait chercher exactement en acceptant de venir, mais après tout, elle ne voyait rien de mal à s'offrir un peu de fantaisie le soir d'Halloween.

Il fallait mentionner aussi que cet homme mystérieux avait tout de même attisé sa curiosité. Une fois encore, Hermione survola de ses yeux masqués cette écriture galante sur le parchemin, qui lui avait éveillé malgré elle bien des fantasmes :

Chère Hermione,

Vous en avez assez comme moi de la routine quotidienne et ordinaire ?
Rejoignez-moi ce samedi à 20 h pour une soirée masquée unique et mémorable qui vous laissera parfaitement pantelante.

Au programme : romance arrosée de vin, séduction irrésistible et émotions fortes !

Je vous attendrai dans le hall d'entrée, vêtu de mes plus beaux atours, dans l'espoir que vous pourrez donner une suite favorable à cette invitation.

Et au bas de l'adresse du lieu, c'était signé : anonyme.

Hermione replia la lettre et regarda autour d'elle. Cette personne en question devait certainement se trouver quelque part à proximité, à l'épier. Une forêt de nuques s'étendait devant elle et d'autres couples masqués venaient d'entrer derrière elle en s'entassant dans la pièce étriquée. Nerveuse, elle les scruta un à un dans l'intention de reconnaître un trait familier parmi tous ces Moldus.

Au départ, elle avait pensé à Ron. Peut-être parce qu'elle l'avait voulu un peu. Il était temps qu'il atteigne la maturité et ose un geste envers elle, mais l'idiot n'aurait jamais pu écrire une invitation aussi soignée. C'était sûrement Victor. Lui avait toujours eu plus de classe et savait mieux parler aux filles, quand il ne se lançait pas dans ses longs monologues interminables sur le Quidditch.

― Miss Granger… est-ce bien vous… ?

Hermione tressaillit en reconnaissant cette voix basse, lente, froide et si peu avenante. Mais que faisait-il là ?

― Professeur Rogue ? s'étrangla-t-elle.

Grand, intimidant, drapé dans son éternelle cape noire, le professeur Rogue baissait des yeux mauvais sur elle, à travers un simple masque sobre qui le faisait ressembler à Zorro. Ses longs cheveux retombaient de chaque côté de son visage cireux, comme deux sombres rideaux luisants. Même s'il était masqué comme les autres, Hermione pensa que personne n'aurait pu autant jurer que lui avec ce décor de fantasmes romantiques.

― C'est vous, n'est-ce pas ? demanda-t-il avec un rictus méprisant.

― Je… oui, mais…

― Comment osez-vous ? gronda-t-il dans un murmure menaçant, si bas qu'il était difficile de l'entendre parmi les conversations ambiantes dans le hall. Comment avez-vous osé me faire une telle blague stupide et révoltante, à moi, un professeur, sans même avoir réfléchi aux conséquences ?

― Heu…

Hermione fut déconcertée. Se permettait-il vraiment de la réprimander pour être venue dans ce lieu en même temps que lui ?

― Je… je ne savais pas que vous viendriez…, balbutia-t-elle.

― Ça suffit ! s'irrita Rogue en parlant un peu plus fort. Jamais je ne vous aurais crue aussi effrontée, Miss Granger ! J'enlève cent points à Gryffondor pour m'avoir ridiculisé avec cette sordide invitation ! Et un mois de retenues en prime !

― Attendez, dit précipitamment Hermione, soulagée d'avoir enfin compris la véritable raison de sa colère. Ce… ce n'est pas moi qui… Enfin, je n'ai aucune idée de ce que vous faites ici. Moi, j'attends juste la personne qui m'a invitée moi ici, c'est tout.

Rogue se tut, le masque luisant à la lueur jaune des guirlandes de lumières. Quelques têtes se tournaient vers eux avec curiosité, se demandant sans doute ce qui se passait entre eux. Hermione fut un peu gênée.

― J'ai… hum… reçu une invitation…, reprit-elle timidement.

― Donnez-moi ça ! ordonna Rogue.

D'un geste énervé, il lui arracha la lettre des mains et la lut sans même en attendre la permission. Indignée, Hermione essaya de la récupérer, mais il s'éloigna d'un pas en arrière en la dardant d'un regard glacial.

― Qui vous a envoyé ça ? demanda-t-il très calmement.

― Je ne sais pas, c'est signé anonyme, répondit Hermione avec agacement.

― Cette invitation est la même que j'ai reçue, les mêmes informations, les mêmes mots, mais rédigés au féminin.

Hermione eut l'impression de recevoir un coup de poêle sur la tête.

― Qu'est-ce… que ça veut dire… ? interrogea-t-elle lentement.

― Ça veut dire qu'un abruti nous a joué un tour, voilà ce que ça veut dire ! claqua Rogue en réduisant le parchemin en une boule froissée parfaitement sphérique. Qui vous a donné la lettre ?

― Heu… Fred… ou George… je ne sais pas lequel…

― L'un des deux m'a aussi rendu une enveloppe du même genre. Vous pouvez être assurée qu'ils passeront un très mauvais quart d'heure en ma compagnie. Qu'est-ce que vous regardez, vous ?

Le couple derrière eux détourna précipitamment les yeux. Rogue fourra la lettre froissée dans une poche de sa cape et proféra des jurons tout bas. Ses joues, juste sous le masque, avaient perdu de leurs couleurs. Rogue était, de toute évidence, profondément insulté.

Hermione jeta des regards mal à l'aise aux gens qui continuaient à les observer discrètement. Finalement, elle ferait mieux de s'enfuir de là. Une chaleur cuisante et amère naissait dans son crâne et se répandait désagréablement dans sa nuque. Comment avait-elle pu ne pas penser qu'il s'agissait d'une blague, surtout si l'invitation lui avait été remise par l'un des jumeaux Weasley ? Elle avait été bête d'y croire. De toute façon, quel homme aurait vraiment voulu sortir avec elle ? Elle ferait mieux d'embrasser ses romans, parce que c'est tout ce qu'elle aurait de romantique dans sa vie.

― Bonjour ! lança une femme replète derrière le comptoir, affublée d'un grand corset rigide qui lui faisait gonfler les seins à outrance. Vos noms, je vous prie ?

― Heu…

Hermione s'aperçut que c'était à son tour de passer. Prise de court, elle demeura immobile, mais comme le couple derrière elle s'impatienta en l'incitant du regard à se dépêcher, elle s'approcha du comptoir d'un pas hésitant. La femme au corset lui désignait une liste inscrite sur une feuille blanche posée devant elle.

― Vos noms, je vous prie ? répéta-t-elle aimablement. Ou alors, vos pseudos… ?

― Je n'ai pas de pseudo, dit machinalement Hermione.

― Hermione Granger et Severus Rogue, lança alors Rogue d'un ton sec qui la fit sursauter.

― Mais vous faites quoi au juste ? chuchota-t-elle tandis que la femme s'affairait aussitôt à trouver leurs noms sur la liste. On ne reste pas, on s'en va.

― On peut tout de même voir à quoi rime cette soirée ? suggéra Rogue. Je ne vais pas m'être tapé tout ce trajet jusqu'ici pour rien.

La femme au corset barra deux noms sur sa feuille et releva sa tête masquée en souriant.

― C'est bon, dit-elle. Quelqu'un a déjà payé pour vous. Voilà juste un petit formulaire à signer ― ce sont les règlements à respecter au courant de cette soirée. Ensuite, vous pourrez déposer vos manteaux dans le vestiaire juste à votre droite.

― Un formulaire… ? s'étonna Hermione en prenant le papier que la femme lui tendait.

Rogue prit également sa copie et tous deux se mirent à lire pendant que le prochain couple s'avançait devant le comptoir. Hermione n'avait pas lu deux lignes que ses yeux s'étaient déjà agrandis derrière son masque de dentelles.

― C'est… c'est un club de… de…

― Taisez-vous et signez, conseilla Rogue qui s'était pour sa part raidi sous sa cape pendant qu'il parcourait également les règlements. N'attirez pas l'attention sur nous.

― Mais je ne vais pas…, protesta Hermione, les joues embrasées.

― Signez ! insista Rogue d'un ton ferme. Vous n'aurez qu'à repartir ensuite.

Il plaqua sa copie sur le bout du comptoir et y apposa sa signature en faisant crisser le stylo. Hermione resta figée sur place, le formulaire entre les mains. Elle aurait voulu s'enfuir immédiatement, mais Rogue lui fourrait déjà le stylo entre les doigts et la pressa à signer à son tour. Elle s'exécuta d'un geste tremblant, une sensation sourde au niveau de ses entrailles.

― Merci, dit la femme en reprenant leurs deux copies signées. Passez une belle soirée.

Dans un bruissement de cape, Rogue se tourna vers le bout du hall, vers l'entrée de la salle dissimulée derrière un épais rideau rouge. Pour un peu, on aurait dit qu'il avait hâte de participer à cette soirée pourtant perturbante.

― Mais vous… ! s'exclama Hermione en trottinant derrière lui. Vous n'allez quand même pas… !

― Bien sûr que non ! répliqua Rogue en grimaçant de dédain derrière son masque de Zorro. Je vais seulement y jeter un coup d'œil, sans plus.

― Ah, d'accord, dit fébrilement Hermione. Dans ce cas, moi, en fait… je vais partir…

― Vous faites ce que vous voulez, je m'en contrefiche.

Rogue écarta le rideau et Hermione put entrevoir, à la lumière rougeoyante et suggestive, quelques tables rondes décorées de chandelles. Un grand bar s'allongeait de l'autre côté et une radio diffusait de la musique d'ambiance. À première vue, personne ne s'adonnait à des activités illicites, mais les choses allaient sûrement débuter d'un moment à l'autre, étant donné le thème de ce club. Hermione faisait mieux de partir au plus tôt, avant que quelqu'un n'essaie de l'entraîner dans le programme de la soirée.

― Bon, eh bien, je m'en vais, répéta Hermione en déglutissant.

― Vous partez ? s'étonna un jeune homme posté près de l'entrée, vêtu d'un costard assorti à un masque blanc du style Fantôme de l'Opéra.

Hermione acquiesça nerveusement, et sans s'expliquer, déguerpit dans le hall en se frayant un chemin le long de la file d'attente.

Les bourrasques chargées de feuilles mortes l'accueillirent à sa sortie dehors. Aussitôt, elle arracha le masque de son visage pour le fourrer dans la poche de sa cape et laissa le vent frais lui rafraîchir la nuque. Il s'en serait fallu de peu pour qu'elle fasse un malaise. Mais qu'est-ce qui avait pris aux jumeaux Weasley de lui avoir fait une blague pareille ? C'était un club de sexe ! À saveur de BDSM en plus ! Avec le professeur Rogue ! Ils étaient tombés sur la tête ou quoi ? Une chose était sûre : ils allaient lui payer sa soirée d'Halloween ruinée.

Pendant qu'elle marchait dans la ruelle d'un pas vif à travers les tourbillons de feuilles, elle entendit la porte métallique s'ouvrir à la volée derrière elle et une voix l'appela :

― Miss Granger, attendez !

Elle se retourna, surprise de voir Rogue lui courir après. La cape dans le vent, il ressemblait plus que jamais à Zorro, le célèbre justicier masqué, sur le point d'assaillir un criminel. Légèrement haletant, il s'arrêta à sa hauteur, des feuilles dans les cheveux, et la dévisagea longuement, impassible.

― Quoi ? se méfia Hermione, les sourcils froncés.

― Qu'est-ce que vous avez de mieux à faire ce soir, de toute façon ? jeta-t-il d'un ton irrité. Si vous avez lu les règlements comme moi, vous savez très bien que vous ne craignez rien. Personne ne vous touchera sans votre permission.

― Personne ne me… q-quoi… ? bafouilla Hermione, interloquée.

― Ne soyez pas aussi froussarde.

Hermione demeura bouche bée, incrédule. Le professeur Rogue ne pouvait pas être en train de l'encourager à retourner dans ce club de sexe avec lui. C'était absurde.

― Je… je croyais que ça vous laissait indifférent que je parte… ? rappela-t-elle.

― C'est le cas ! affirma Rogue qui rougit instantanément sous son masque. Ne vous faites pas d'idées, Miss Granger, je cherche simplement à… à vous raisonner… dans le sens que…

Il prit une profonde respiration comme si ce qu'il essayait de dire lui coûtait un effort de taille.

― Je ne peux pas entrer si je ne suis pas accompagné, voilà ! avoua-t-il enfin, dans un marmonnent entre ses dents serrées. Le jeune idiot à la porte est catégorique. C'est une soirée pour couples seulement.

― Ah…

Hermione le regarda fixement, sans savoir quoi dire, avant de laisser échapper un rire qu'elle réprima aussitôt en se détournant.

― Et alors ? dit-elle en reprenant sa marche dans la ruelle, dépassée. Aucun de nous n'était intéressé à cette soirée, de toute façon. Et nous ne sommes pas un couple…

― J'aurais quand même aimé y jeter un coup d'œil, argua Rogue en la suivant avec un claquement de cape.

― Pour quoi faire ? Vous nuirez à votre réputation si vous entrez là-dedans.

― Il n'y a que des Moldus. Qu'est-ce que je risque ?

Hermione s'arrêta et lui refit face. Autour d'eux les feuilles mortes bruissaient en parcourant le pavé. Les cheveux de Rogue remuaient de chaque côté de son masque. Il paraissait presque risible.

― Professeur Rogue, reprit lentement Hermione dans un murmure, dites-moi que vous n'avez pas vraiment envie de participer à cette soirée…

― Convainquez-moi que vous n'en avez pas plus envie que moi, répliqua Rogue d'un air de défi.

― Je n'en ai pas du tout envie, qu'est-ce que vous pensez ! s'insurgea Hermione.

― Ah non ? Pourtant, vous avez enfilé vos talons hauts.

― Et qu'est-ce que ça veut dire ?

Rogue referma les mâchoires qu'il serra comme s'il se retenait d'aller trop loin. Hermione le regarda en hochant la tête, sidérée par ses propos. Il dépassait déjà les limites.

― Écoutez, reprit-elle d'un ton ferme. Je trouve ça révoltant que ce genre de club existe. Il doit y avoir plein de maladies là-dedans, c'est sûr. Est-ce que les hommes utilisent au moins des préservatifs ?

― Encore une fois, Miss Granger, je vous rappelle que personne ne vous touchera sans votre consentement.

― Peu importe ! Je refuse d'aller là-dedans !

Rogue claqua de la langue avec exaspération.

― Décidément, vous êtes plus têtue qu'un Hippogriffe, déplora-t-il. C'est dommage, parce que, moi, figurez-vous, à force de répéter les mêmes cours, jour après jour, semaine après semaine, en m'efforçant en vain de faire entrer la moindre instruction dans le crâne épais de ces bandes de cornichons qui me servent d'élèves, oui, ça m'aurait fait du bien de voir et de vivre enfin autre chose pour une fois ! Mais comme je dois respecter votre pudeur, Miss Sage-et-Morale, je vais donc retourner dans mes mornes cachots et poursuivre ma triste existence ennuyeuse. Voilà ! J'espère que vous êtes contente !

Et il s'engagea dans la ruelle d'un pas furieux, sa longue cape balayant les feuilles mortes dans son sillage.

Restée derrière, Hermione cilla plusieurs fois en essayant d'assimiler tout ce qu'elle venait d'entendre. Le professeur Rogue était en colère parce qu'elle refusait d'aller dans un club de sexe avec lui. C'était complètement antirationnel. Si Harry et Ron savaient ça… Pire encore, si Dumbledore apprenait que Rogue s'offrait autant de familiarité avec une élève…

― Non…, souffla-t-elle pour elle-même. En fait, personne ne va savoir ça…

Mue par une étrange curiosité dont elle ignora totalement le fondement, elle s'élança derrière Rogue.

― Professeur ! appela-t-elle d'une voix forte qui se répercuta entre les murs de brique. C'est d'accord, j'accepte d'y retourner !

Rogue s'immobilisa comme si on venait de lui lancer une pierre par-dessus la tête. Hermione regretta presque immédiatement de s'être ravisée.

― Je… passerai le rideau avec vous et c'est tout, ajouta-t-elle timidement. Après, je m'en irai quand personne ne regardera…

― Très bien, dit Rogue en se retournant d'un mouvement satisfait.

Sans même la remercier, dès qu'elle remit son masque de dentelles d'un geste un peu tremblant, il lui attrapa les doigts au passage, qu'il écrasa entre les siens, et l'entraîna à sa suite en direction de la porte métallique.

Pendant qu'ils revenaient dans l'étroit hall, où la femme derrière le comptoir les salua d'un hochement de tête, le cœur d'Hermione se mit à s'emballer. Il y avait quand même quelque chose de terriblement angoissant dans l'idée de transgresser une loi. Un professeur s'exposait à de graves ennuis si jamais il se faisait prendre en un pareil lieu avec une élève. Mais Rogue ne paraissait pas s'en soucier pendant qu'il écartait le rideau et poussa fermement Hermione à l'intérieur de la salle.

― Ah, rebonjour ! lança le jeune Fantôme de l'Opéra à l'entrée. Content de voir que vous allez mieux, Miss.

― C'était un malaise passager, expliqua laconiquement Rogue. Elle va beaucoup mieux maintenant, n'est-ce pas ?

Hermione acquiesça fébrilement en repoussant une mèche de cheveux derrière son oreille. Au même moment, Rogue lui passa une main derrière le dos, avec une telle douceur, qu'un frisson se faufila instantanément entre ses reins.

― Je peux vous débarrasser de votre cape ? demanda Rogue d'un ton tout aussi galant que son geste et tout aussi déconcertant.

Hermione demeura sans voix, incapable de croire au phénomène. Rogue venait radicalement de changer de comportement envers elle.

Comme elle ne répondait pas, Rogue entreprit alors de lui dénouer lui-même la cape et de la lui retirer lentement en lui intensifiant les frissons dans l'échine. En même temps, il ne manqua pas de baisser les yeux pour la contempler dans sa robe aguichante d'un mauve agrémenté de dentelles noires en harmonie avec son masque. Lorsqu'il repartit derrière le rideau pour aller porter le vêtement au vestiaire, Hermione avait encore du mal à retrouver ses esprits. Rogue ne manquait vraiment pas de culot.

Elle se secoua brièvement la tête pour revenir à elle. Le Fantôme de l'Opéra à proximité continuait de sourire gentiment. Rogue avait bien joué son jeu. Le jeune homme était manifestement dupe de la supercherie. C'était assez malsain, vraiment.

Hermione regarda autour d'elle. Des couples se rassemblaient aux tables et auprès du bar. À sa gauche se dressait une estrade baignée de chaudes lumières mouvantes, au milieu de laquelle était planté un long poteau argenté. Une femme à moitié nue y dansait au rythme de la musique érotique. Lorsque cette dernière s'apprêta à désagrafer son soutien-gorge, Hermione s'empressa de détourner la tête, gênée. Mais de l'autre côté, c'était pire. Elle ne voyait pas encore très bien au-delà des grandes colonnes grecques qui divisaient la salle en deux, mais elle percevait clairement les gémissements qui lui parvenaient et qui se muaient graduellement en cris de plaisir. Hermione commença déjà à avoir chaud.

― Allons-y, murmura Rogue dans sa nuque.

Hermione tressaillit en se retournant. Rogue avait également enlevé sa cape et exhibait sa sombre redingote noire refermée par de nombreux boutons sur le devant. Derrière son masque de Zorro, ses yeux scintillaient. De toute évidence, il exultait de pouvoir se trouver là. Hermione ne l'aurait jamais cru aussi pervers.

― O-oui, bon, dit-elle nerveusement en se croisant les bras. Allons-y, mais je reste à cette table et je ne bouge pas.

― Faites au moins le tour, insista Rogue en lui reposant sa main chaude dans le dos.

La femme sur l'estrade se massait à présent les seins d'un air lascif. Rogue l'observa un instant, imperturbable, avant d'entraîner Hermione du côté où résonnaient les cris de plaisir.

D'autres gémissements s'étaient joints à la musique, ainsi que d'affreux claquements secs, comme des coups de fouet. Hermione s'efforça de ne pas paniquer, mais lorsqu'elle franchit la rangée de colonnes grecques et qu'elle aboutit dans cette région de la salle où étaient disposés de nombreux meubles de torture, elle perdit le contrôle de sa respiration qui se coupa net dans sa gorge.

Une femme était menottée de face à une grande croix de Saint-André, complètement nue en dehors de son masque, les fesses rougies à force de recevoir les lanières du martinet que lui infligeait un homme à l'air sadique. Un peu plus loin, une autre femme nue était enchaînée à plat ventre à un large banc en cuir et recevait de violents coups de palettes qui lui arrachaient chaque fois des plaintes de douleur teintées de plaisir. Un homme à un mètre de là était assis sur un grand trône rouge et se faisait caresser l'érection par une jeune fille agenouillée sur un épais coussin et lovée contre sa cuisse. Il y avait aussi des femmes vêtues de corsets et de hautes bottes à talon aiguille, qui marchaient sur le corps d'hommes nus étendus sur le sol, en leur écrasant les testicules au passage. Hermione était si perturbée que sa tête se mit à tourner.

― Hum…, dit-elle en reculant d'un pas anxieux. Je… je crois que j'en ai assez vu…

― Attendez au moins que l'idiot à l'entrée regarde ailleurs, répliqua Rogue qui fixait surtout la femme sur le banc en cuir, comme s'il avait envie que ce soit lui qui détienne la palette de bois. Vous avez le droit de partir, mais arrangez-vous, de grâce, pour vous éclipser sans attirer l'attention de personne.

― O-oui, d'accord, mais…

Sa voix mourut. Elle observait à présent un homme en train de suspendre une femme ligotée au bout d'une longue chaîne qui pendait du plafond. Une fois qu'elle fut bien accrochée, il s'occupa de ses jambes qu'il attacha en les repliant et en lui écartant les cuisses au maximum pour bien lui exposer son entrejambe dans sa fine lingerie. De temps à autre, il lui passait un doigt langoureux pour la faire soupirer de plaisir, avant de tirer brusquement sur les cordes pour transformer ses gémissements en cris de douleur.

― C'est… c'est ridicule…, murmura Hermione qui avait toujours du mal à respirer normalement. Je ne peux pas croire que je sois vraiment là, en train de voir tout ça… avec vous… professeur…

― C'est la première fois, n'est-ce pas ? demanda soudain quelqu'un derrière Hermione qui tressauta.

C'était l'une de ces grandes femmes en corset affublées de hautes bottes de cuir. Un sourire carnassier s'étirait sous son masque hérissé de plumes noires. Le cœur d'Hermione s'affola entre ses côtes. Elle voulait bien rester calme, mais des images de cette femme en train de la piétiner sur le sol lui assiégèrent l'esprit et elle ne put s'empêcher de s'enfuir d'un pas maladroit en se dépêchant de retrouver Rogue. Ce dernier l'avait laissée en plan pour aller examiner de près l'un de ces meubles de torture en bois et coussinés de cuir.

― Ne me laissez pas toute seule, grinça-t-elle entre ses dents.

Rogue lui accorda à peine un sourcillement en guise d'attention. Il était plutôt concentré à caresser le meuble auprès de lui comme s'il s'agissait d'une précieuse œuvre d'art. À proximité, vautrés dans un long canapé rouge, cinq hommes masqués vêtus de pourpoint de velours observaient les activités autour. Lorsque leurs regards convergèrent vers Hermione, cette dernière se rapprocha instinctivement de Rogue.

― Qu'est-ce que vous faites ? demanda-t-elle en repoussant nerveusement ses cheveux derrière ses oreilles. C'est quoi, ça ?

― Un banc de fessée, répondit Rogue avec le ton naturel de quelqu'un qui parle de la pluie et du beau temps. Vous avez envie d'essayer ?

― Quoi ? s'exclama Hermione en s'empourprant violemment. Vous êtes fou !

― Un simple non poli aurait suffi.

― Vous êtes professeur ! Vous ne pouvez pas vous permettre de parler comme ça à une élève !

Rogue roula les yeux derrière son masque, las, puis enjamba la petite distance qui les séparait.

― Écoutez, Miss Granger, murmura-t-il en approchant le nez très près du sien. Nous sommes en dehors de l'école. Je ne suis pas votre professeur ici et tout ce qui se passera ici restera ici, alors détendez-vous.

― Non, dit Hermione d'une petite voix. Je ne peux pas me détendre. C'est trop… je veux partir…

― De quoi avez-vous peur ? demanda Rogue d'un ton doucereux, l'haleine chaude venant lui caresser les lèvres. Rappelez-vous des règlements. Il n'y a rien que je puisse vous faire sans votre consentement. Si vous dites non, c'est non.

Le sexe d'Hermione se gorgea brusquement de sang et se mit à pulser de façon si subite qu'elle en resta pantoise. Mais qu'est-ce qui lui arrivait ? Pourquoi cette sensation ? Les yeux noirs de Rogue la pénétraient avec un peu trop d'intensité.

― Non…, répéta-t-elle faiblement.

― Non…, répéta Rogue à son tour, les sourcils se haussant par-dessus son masque. Vous semblez adorer ce mot… Peut-être qu'il agit pour vous comme une sorte de bouclier contre ces envies que vous tentez par tous les moyens de barricader au plus profond de vous-même ?

― Je… je n'ai pas… Je veux dire, je n'ai pas d'envies que je…

― Oui, c'est ça, poursuivit Rogue en coupant court aux balbutiements d'Hermione. C'est un mot qui vous permet de préserver votre conduite morale, une conduite irréprochable dont vous êtes fière. Hélas, ce mot, par la même occasion, vous empêche de vous épanouir.

― Je n'ai pas d'envies, arrêtez ça ! s'indigna Hermione en se retenant d'apporter la main entre ses jambes pour apaiser son sexe qui continuait de pulser. Vous dites n'importe quoi !

Rogue ricana doucement. Sans s'éloigner, il baissa les yeux jusqu'à lui fixer le bas-ventre, comme s'il pouvait voir à travers sa robe, puis les releva en accentuant une expression qui frisait l'insolence. On aurait dit qu'il était au courant de l'effet qu'il lui faisait. Pourtant, Hermione s'appliquait du mieux possible pour lui cacher son trouble. Ou alors, peut-être qu'elle rougissait ? Elle devait sûrement rougir. Pendant qu'elle subissait le martyre dans son sexe, parfaitement affectée par la proximité de Rogue, elle sentait ses joues s'enflammer inexorablement.

― Et si on jouait un jeu ? proposa soudain Rogue, les yeux scintillants. À partir de maintenant, votre « non » ne voudra plus rien dire. Ainsi, vous pourrez l'utiliser à outrance comme bon vous le semblera, sans plus réfréner une seule de vos envies des plus ardentes.

― Pas question ! s'horrifia Hermione.

― Ne m'interrompez pas ! dit Rogue d'un air menaçant. Comme je disais, votre « non », ce soir, n'aura plus aucune autorité. Toutefois, cela ne veut pas dire que vous serez à la merci de tout. Vous aurez toujours le pouvoir d'exprimer vos refus. Votre « non » sera simplement remplacé par un autre mot.

― Lequel ? demanda Hermione, méfiante.

― « Rouge ».

Hermione demeura silencieuse, loin d'être convaincue par ce jeu douteux. Autour d'elle, dans la musique ambiante, continuaient de résonner les coups de martinet, de palette et de cris de plaisir. Elle ignorait où Rogue voulait en venir exactement, mais il y avait déjà trop longtemps qu'elle se trouvait dans ce club de cinglés. Elle devait partir. Tout de suite. Pourtant, elle ne bougeait pas.

― Répétez-le, Miss Granger, encouragea Rogue qui continuait à la dévisager à travers son masque. Dites « rouge ».

― R-rouge, articula Hermione en détournant les yeux, le sexe s'échauffant un peu plus.

― Encore.

― Rouge ! répéta Hermione avec plus de vigueur. Mais c'est ridicule, je ne vais pas…

― Vous voyez que vous pouvez prononcer ce mot sans aucune difficulté, dit Rogue en parlant plus fort qu'elle. Ce sera donc votre mot de sécurité. S'il vous arrive quelque chose que vous ne voulez pas, vous dites « rouge » et tout s'arrêtera instantanément. Est-ce que c'est bien compris, Miss Granger ?

Hermione le regarda de nouveau dans les yeux. Rogue insistait et elle n'aimait vraiment pas la tournure des évènements, d'autant plus que sa culotte était à présent complètement trempée. Elle n'aurait jamais cru que le professeur Rogue aurait pu l'exciter autant. Mais elle n'était pas vraiment excitée, bien sûr. Son corps aurait pu réagir de cette manière devant n'importe qui, en réflexe. Ça ne voulait rien signifier. C'était le stress, sans plus.

― Est-ce que c'est bien compris, Miss Granger ? répéta Rogue d'un ton plus lent, en détachant bien ses syllabes. J'attends votre assentiment…

― Je… je ne sais… pas… hum… très bien, se résigna-t-elle en le regrettant en même temps. Mais je…

― Parfait, dit Rogue dont les yeux derrière le masque se mirent alors à luire de façon très inquiétante. Maintenant que tout est clair entre nous, que les règles sont établies, mettez-vous à quatre pattes sur ce banc de fessée.

― Quoi ? s'étrangla Hermione, stupéfaite.

― Vous m'avez très bien compris, Miss Granger. Mettez-vous à quatre pattes.

― Non !

Un sourire malicieux s'étira sur les lèvres de Rogue. Hermione réalisa que le jeu était déjà commencé et que son « non » n'avait alors plus d'effet.

― Merde…, souffla-t-elle.

Elle tenta aussitôt de s'enfuir, mais Rogue la rattrapa de justesse par le bras et la ramena de dos contre lui. Une odeur de musc emplit les narines d'Hermione tandis qu'il lui entourait le cou d'une main possessive. Paniquée, elle se débattit, mais en vain. Rogue lui empoigna les cheveux en se retournant avec elle et la força à se pencher par-dessus le banc. Elle y retomba à quatre pattes, le ventre à plat sur le cuir froid, les mains et les genoux plaqués sur les deux planches coussinées en angle et disposées de chaque côté.

― Non ! s'écria-t-elle pendant que la main puissante de Rogue, toujours dans sa nuque, l'empêchait de se redresser. Non, non, non !

― Détendez-vous, Miss Granger, dit calmement Rogue à travers la musique érotique de la radio. Je vais bien prendre soin de vous.

Une sensation de chaleur se diffusa en Hermione qui sentit de surcroît sa culotte se mouiller de plus belle. Pendant qu'elle restait paralysée sur le meuble qui se réchauffait rapidement sous elle, Rogue se déplaça devant elle et se pencha à la hauteur de son visage.

― À présent, je vais vous attacher, Miss Granger, la prévint-il en faisant cliqueter doucement les chaînes fixées aux planches. Je vais vous attacher bien comme il le faut pour que vous soyez vraiment bien soumise à moi.

― Je vous défends de faire ça ! protesta Hermione en parvenant à se redresser. Arrêtez ça, c'est dégradant !

Elle voulut s'enlever du banc, mais Rogue lui empoigna fermement le poignet et l'encercla rapidement d'un solide bracelet de cuir. Pendant qu'elle retombait à plat ventre d'un air surpris, son autre poignet subit le même sort. Rogue ricana d'un air satisfait et se releva pour s'occuper ensuite de ses jambes qu'il sangla aux planches de façon à ce qu'elle ne puisse plus du tout bouger de sa position. Sa robe courte s'était relevée à moitié sur ses fesses et Hermione dut fermer les yeux derrière son masque pour essayer de réprimer un profond embarras.

― Voilà, dit-il. Vous êtes délicieuse dans votre soumission, Miss Granger.

― Vous n'êtes qu'un sale… ! s'indigna Hermione avant de tirer sur ses chaînes. Détachez-moi tout de suite, professeur Rogue, à quoi jouez-vous ? Je ne veux pas ! Je ne veux pas !

― Est-ce que tout va bien ici ? demanda soudain un homme inquiet qui venait de s'approcher de leur scène.

― Tout va très bien, rassura Rogue avec confiance. Nous jouons. Miss Granger est parfaitement consciente que si elle veut mettre fin au jeu, elle n'a qu'à dire « rouge ».

― C'est vrai ?

L'homme s'accroupit à la hauteur d'Hermione pour l'interroger du regard. C'était le Fantôme de l'Opéra de l'entrée. Hermione lui communiqua toute sa détresse, mais en même temps, que pouvait-elle lui répondre ? Rogue avait raison. C'était elle l'idiote qui ne disait pas « rouge ».

― O-oui, c'est vrai, gémit-elle à contrecœur. Je… j'ai un mot de sécurité, ça va.

Le jeune homme hocha la tête, l'air rassuré, puis il s'éloigna en s'excusant d'avoir interrompu leur séance.

Hermione soupira avec honte. Mais qu'est-ce qu'elle faisait ? Pourquoi laissait-elle Rogue faire ? Elle n'avait quand même pas envie de tout ça. Au contraire, elle en était terrorisée.

Rogue posa la main dans le bas de son dos et la remonta lentement vers sa nuque. Hermione tressaillit en éprouvant les frissons qu'il lui déclencha de partout.

― Petite dévergondée, dit-il.

― Je ne suis pas une dévergondée, répliqua Hermione.

― Si, vous l'êtes, et je vais devoir vous punir pour être aussi pleine d'envies perverses.

Rogue se pencha à nouveau devant son visage, et d'un doigt autoritaire, lui releva le menton pour l'inciter à le regarder droit dans les trous de son masque de Zorro.

― Vous vous apprêtez à vivre des émotions fortes, Miss Granger, avertit-il d'un air plus sérieux. Si c'est trop intense pour vous, vous n'aurez qu'à dire « jaune ». Ce mot n'arrêtera pas le jeu, mais me fera immédiatement baisser mes ardeurs ou cesser ce que je suis en train de faire pour passer à autre chose de plus tolérable pour vous. Comprenez-vous bien, Miss Granger ?

― Oui, répondit-elle, la respiration haletante.

― Très bien.

Rogue remonta alors le doigt sur ses lèvres, les caressa un instant d'un geste langoureux, les yeux baissés sur sa bouche comme s'il avait envie de l'embrasser. Hermione se surprit à le désirer aussi, éperdument, avant de secouer la tête pour chasser cette idée absurde de son esprit. C'était ridicule. Elle n'avait aucun sentiment pour lui.

Rogue ricana une fois encore et se releva.

― Vous êtes adorable, Miss Granger, lança-t-il spontanément, en retrouvant son ton moqueur.

Hermione étouffa un rire incrédule. C'était bien la première fois que le professeur Rogue la complimentait.

Rogue remit la main dans le bas de son dos, sauf que cette fois, il lui releva la robe de l'autre. Hermione eut un haut-le-corps en se remettant à se débattre. Il n'allait pas faire ça. Comment osait-il ? Elle ne pouvait déjà plus le laisser faire.

― Ne touchez pas à ça, professeur Rogue ! s'écria-t-elle en essayant de le voir derrière elle. Je vous défends !

― Vraiment ? demanda Rogue, insolent, en se permettant quand même de lui effleurer la culotte.

― Vraiment ! affirma Hermione d'une voix étouffée. Ôtez vos sales mains de ― aaargh !

Une première fessée lui claqua la peau et vibra de son entrejambe jusqu'à sa poitrine qui s'emplit instantanément d'une sensation proche de l'exultation. Hermione resta estomaquée.

― Ça, c'est parce que vous me laissez faire, susurra Rogue d'un ton délecté.

Il lui asséna aussitôt une nouvelle fessée qui résonna encore plus intensément dans le corps d'Hermione qui lâcha cette fois, en dépit de sa raison, un gémissement plus près du plaisir que de la peur.

― Ça, c'est parce que vous aimez ça malgré vous, continua Rogue.

― Ce n'est pas… !

La troisième fessée fut encore plus ferme, plus sonore, plus vibrante. La respiration d'Hermione s'accéléra.

― Non…, implora-t-elle. S'il vous plaît… arrêtez…

― Ça, c'est parce que vous êtes une salope…

Hermione eut une exclamation outrée qui se perdit aussitôt dans sa gorge pendant qu'elle subissait une quatrième fessée qui lui chauffa le postérieur et le sexe.

― Et ça, c'est parce que vous méritez vraiment, vraiment d'être punie, petite vicieuse, termina Rogue, impitoyable.

Il lui saisit alors la culotte, qu'il tira lentement le long de ses fesses, si lentement qu'on aurait dit qu'il lui épiait la moindre réaction. Il s'attendait peut-être à recevoir un « rouge », ou à la limite un « jaune », qui l'empêcherait d'oser jusque-là, mais Hermione avait enfoui son visage dans le cuir coussiné du banc et attendait simplement la suite sans plus aucune volonté de se défendre. Pourtant, tout son corps tremblait de terreur. Elle devait mettre un terme à tout ça. C'était malsain. Seulement, c'était trop… bon… et elle se maudissait d'en avoir autant envie.

Rogue relâcha sa culotte. Sans doute parce qu'il était impossible de la retirer dans la position à quatre pattes que maintenait Hermione. Cette dernière éprouva comme un pénible mélange disparate de soulagement et de frustration. Mais Rogue n'allait pas se décourager pour si peu, évidemment.

― Tenez-vous à cette culotte ? demanda-t-il après un moment.

― Hum… ? fit Hermione qui aurait préféré ne pas devoir répondre à cette question. Je… je n'en sais rien, je…

Un bruit de déchirure l'interrompit en lui provoquant un cri. D'un seul geste, Rogue venait de lui arracher la culotte avant même de la laisser finir sa phrase. Hermione se raidit. L'air frais de la salle lui enroba entièrement les fesses, une sensation qui la fit instantanément mouiller davantage. L'idée que Rogue pouvait à présent la voir dans toute sa vulnérabilité était presque jouissive. Pourtant, c'était extrêmement humiliant. Comment pouvait-elle être excitée à être aussi embarrassée ?

Pendant qu'elle peinait à retrouver son souffle, Rogue lui parcourut la peau d'un geste caressant, avant de s'emparer à pleines mains de ses fesses qu'il serra jusqu'à ce qu'elle émette un couinement de protestation. Il la relâcha. Hermione s'affolait. Elle en était à un point qu'elle éprouvait un intense besoin de soulagement sans savoir ce qu'elle désirait exactement. Ou alors, elle ne voulait tout simplement pas le découvrir. La terreur continuait de lui remuer les entrailles et la raidissait sur le banc. Qu'est-ce que Rogue allait lui faire maintenant ?

― Vous êtes trop blanche, Miss Granger, nargua Rogue. Il faudrait vous redonner des couleurs.

Hermione eut tout juste le temps de se plaindre d'un gémissement que Rogue recommença à la frapper. Sa main était d'autant plus ferme, possessive et puissante. À chaque fessée, Hermione trembla de tout son être, en proie aux secousses, soumise aux sensations les plus redoutables. Les chaînes cliquetèrent et les pieds du banc craquèrent. Après un moment, la douleur fut si vive que son corps se convulsa. Elle aurait voulu qu'il arrête, mais Rogue la torturait sans pitié, la malmenant plus fort, lui chauffant chacune des fesses, jusqu'à ce qu'elles deviennent brûlantes. Au bout de ses forces mentales, Hermione poussa un hurlement désespéré.

― S'il vous plaît ! sanglota-t-elle, les paupières étroitement fermées. Arrêtez ! Je n'en peux plus !

Rogue cessa. Hermione retomba faiblement sur le cuir du banc et savoura un profond soulagement, qui se mua très vite en frustration. À sa grande indignation, elle réalisa qu'en réalité, elle en voulait plus. Elle avait l'impression que ses fesses allaient éclater et pourtant elle désirait ardemment que se poursuivre le supplice. C'était complètement insensé. Hermione ne se reconnaissait plus. Pourquoi ne pouvait-elle pas se contenter de prononcer le mot de sécurité et de retourner au château ? Si elle continuait comme ça, elle allait finir par mourir de honte.

― Vous êtes incorrigible, Miss Granger, dit Rogue d'une voix lente et basse. Pendant que je m'efforce de vous inculquer les bonnes manières, vous mouillez d'envie que je continue.

― Je ne veux pas que vous continuiez ! mentit précipitamment Hermione. C'est n'importe quoi, je n'y prends pas du tout plaisir !

― Pas du tout plaisir ? répéta Rogue d'un ton narquois. Dans ce cas, qu'est-ce que c'est ?

L'un de ses doigts se faufila entre ses fesses sensibles et endolories, et glissa directement à l'entrée copieusement trempée de son intimité. Dès la première caresse, Hermione se cambra en rejetant la tête en arrière et poussa un gémissement de pur désir.

― Qu'est-ce que c'est, Miss Granger ? insista Rogue en continuant de jouer dans sa mouille chaude. Si ce n'est pas du plaisir, qu'est-ce que c'est ?

― Je vous hais ! s'emporta Hermione tandis que des ondes de sensations exquises l'assaillaient sans qu'elle ne puisse rien réprimer. Arrêtez ! Vous n'avez pas le droit ! Vous êtes un professeur ! C'est interdit !

Mais Rogue y enfonça son doigt et elle hurla d'une brusque jouissance qui la mena instantanément tout près de l'orgasme. Rogue devait arrêter tout de suite sinon elle allait s'offrir en spectacle à tout le monde dans la salle. D'ailleurs, pendant qu'elle osait un regard de côté, elle aperçut les cinq hommes sur le canapé rouge en train de l'observer fixement derrière leur masque. Ils avaient tous ouvert leur braguette et se masturbaient d'un geste mécanique.

― Oh putain ! lâcha Hermione avec une impression de chuter dans le néant. C'est trop ! Non ! Non, professeur, arrêtez ! C'est malsain tout ça !

― Pardon ? demanda Rogue qui paraissait se délecter de sa panique tandis que son doigt explorait sa soumise en profondeur en effectuant de langoureux va-et-vient. Qu'est-ce que vous dites ?

― C'est malsain ! répéta Hermione en gémissant.

Mais Rogue, de toute évidence, s'en fichait. Soudain, elle sentit son souffle chaud sur son sexe et une langue, aussi brûlante qu'elle-même, vint la lécher doucement entre les petites lèvres, comme si elle était un dessert particulièrement appétissant. La respiration d'Hermione devint erratique. Mais qu'est-ce qu'il faisait ?

― Non ! s'écria-t-elle en se débattant dans ses bracelets de cuir. Non ! Non !

Elle aurait voulu refermer les cuisses, se dérober à lui, mais ses jambes étaient toujours sanglées solidement sur les planches. Elle ne pouvait strictement rien faire d'autre que d'éprouver cette langue redoutable et avide sur ses chairs intimes, qui la fouillait et l'émoustillait en la badigeonnant généreusement de salive.

― Non, non, non…, gémit Hermione en se tendant de partout.

Elle aurait voulu disparaître à l'instant, mais sous les coups de langue effrénés de Rogue, l'orgasme la foudroya comme un coup de tonnerre et elle jouit violemment une première fois. Impressionnés, les hommes sur le canapé se branlèrent avec plus de vigueur. Lorsqu'elle émergea de ses spasmes en revenant à elle, Rogue s'était redressé et la caressait à présent de trois doigts entre ses fesses humides.

― N'oubliez pas votre mot de sécurité, Miss Granger, rappela-t-il d'une voix devenue rauque sous l'effet de l'excitation.

Hors d'haleine, Hermione se retourna du mieux qu'elle put sur le banc et le regarda. Les paupières lourdes derrière son masque, Rogue détachait à présent sa braguette d'une main un peu tremblante. Au bas de la redingote noire émergea alors une énorme érection, parcourue de veines saillantes, encore plus gonflée et raidie que celles des hommes sur le canapé. À la vue d'un tel engin redoutable, Hermione écarquilla les yeux.

― Oh, non ! protesta-t-elle avec un soubresaut. Là, vous allez trop loin ! Professeur, ne faites pas ça ! Je refuse que vous fassiez ça !

― Empêchez-moi, répliqua Rogue d'un ton tremblotant, comme s'il ne se contrôlait plus du tout.

Hermione secoua la tête, implorante. C'était le moment d'arrêter. Les choses allaient réellement trop loin. Rogue ne pouvait pas se permettre de commettre cet acte sur une élève. Les conséquences allaient être terribles. Elle devait s'opposer. Elle n'avait pas le choix.

Hermione ferma alors les yeux et se concentra de toute sa maigre volonté pour parvenir à prononcer le mot salvateur, l'unique mot capable de mettre enfin un terme à cette aventure illégale. De toute façon, elle avait déjà eu un orgasme. Qu'est-ce qu'elle pouvait vouloir de plus ?

Mais plus elle s'encourageait à articuler ce damné mot, plus sa gorge se compressait et refusait d'émettre le moindre son, d'autant plus que le bout de l'érection brûlante de Rogue appuyait déjà contre son intimité et elle s'aperçut avec désespoir que c'était exactement ça qu'elle désirait en plus. C'était plus fort qu'elle. Mais comment pouvait-elle avoir autant perdu le contrôle de son corps ? Où étaient passés sa raison et son sens moral ?

― Sale petite salope, lança Rogue en haletant. Vous méritez vraiment que je vous baise bien sauvagement pour ne pas avoir assez d'honneur pour m'en empêcher.

Un gémissement s'échappa de la gorge serrée d'Hermione. Ses paroles l'avaient excitée plus qu'elles l'avaient insultée. Elle était complètement à sa merci, complètement offerte, prisonnière, et souhaitait de surcroît qu'il la soumette réellement au traitement brutal qu'il lui promettait.

Cependant, Rogue procéda avec douceur. Lentement, il poussa sa dure érection en elle et prit le temps de la dilater au maximum pour l'aider à accueillir sa grosseur. Le plaisir pour Hermione fut douloureusement divin. C'était comme s'il l'emplissait en entier, et à merveille. Son corps frémit jusqu'au bout de ses membres attachés. Rogue se retira tout aussi précautionneusement, puis replongea en elle, dans sa mouille abondante qui lui coula lentement le long des cuisses. Hermione se mordit la lèvre avec délectation. C'était insupportablement bon.

― Hum… plus vite…, supplia-t-elle timidement.

― Pardon ? demanda Rogue en lui massant les hanches.

― Plus… non, rien… je n'ai rien dit…

Rogue lui gifla la fesse et elle échappa un cri. L'excitation venait de s'intensifier d'un coup.

― Répétez ce que vous venez de dire, Miss Granger, insista Rogue sévèrement.

― Je n'ai rien dit, ce n'était rien !

Rogue la fessa de nouveau, si fort que la douleur, combinée à la présence de la ferme érection fichée entre ses entrailles, manqua de lui déclencher un nouvel orgasme. Hermione voulut protester, mais Rogue la frappa à nouveau, puis encore et encore, jusqu'à ce qu'elle n'en puisse plus et qu'elle le crie enfin à tue-tête :

― Je veux que vous me baisiez plus fort !

Il y eut un silence. On n'entendit plus que la musique d'ambiance, les coups de martinets et les gémissements de plaisir des autres joueurs dans la salle. Hermione les avait complètement oubliés. De toute façon, elle ne s'en souciait plus du tout. Son sexe continuait de baver entre ses cuisses, comme une bouche affamée qui ne demandait qu'à dévorer cette érection qui restait résolument immobile en elle. Mais qu'attendait Rogue pour la baiser enfin sauvagement comme elle le méritait ?

Pour l'encourager à s'activer, elle osa reculer légèrement les fesses vers lui, mais elle ne reçut qu'une énième fessée bien mordante.

Aaargh !

― Votre insolence vous coûtera une punition plus terrible encore, Miss Granger, menaça Rogue d'une voix à peine perceptible pour Hermione qui pantelait bruyamment. Une punition qui vous fera regretter très vivement d'être une aussi vilaine salope insatiable.

― Je ne suis pas une salope, geignit-elle pour la forme.

Rogue se pencha brusquement au-dessus d'elle, l'érection calée dans le plus profond de son sexe, et lui attrapa les cheveux qu'il tira en l'obligeant à rejeter la tête en arrière.

― Si, vous l'êtes, murmura-t-il à son oreille. Une pute qui aime à se faire baiser bien fort… par son professeur de potions en plus… Quelle honte…

Hermione gémit de douleur mêlée de plaisir. Rogue raffermit sa poigne dans ses cheveux.

― Avez-vous vu tous ces hommes, Miss Granger ? continua-t-il en la réchauffant de son souffle dans son cou. Là, juste sur le canapé. De toute évidence, ils espèrent follement que je les invite à vous rejoindre…

― Vous n'allez pas faire ça ! s'horrifia Hermione.

― Oh que si, je vais oser ! ricana Rogue. Vous le méritez amplement ! Ils ne vous toucheront pas. Il n'y a que moi qui puisse vous toucher ― ce soir, vous m'appartenez, Miss Granger, déclara-t-il avec un bref coup de bassin contre ses fesses ―, mais ils pourront venir vous contenter de leur foutre, parce que le mien tout seul ne vous suffira pas. Vous être trop vicieuse. Il vous en faut plus. Alors, je vais vous en donner plus.

― Non ! s'affola Hermione.

Tandis qu'il la relâchait pour se redresser au-dessus d'elle, Hermione se démena entre ses chaînes. Cette fois, c'était bel et bien la limite. Le jeu devait prendre fin. Rogue devenait fou.

Hermione rassemblait son courage pour prononcer enfin le mot de sécurité, quand Rogue lui empoigna le collet de sa robe qu'il déchira brusquement jusqu'au bas, lui dénudant ainsi tout le dos. Hermione se pétrifia, la panique la glaçant jusqu'aux os. Rogue lui arracha ensuite le soutien-gorge qu'il jeta par terre, puis lui passa les mains sous le ventre pour les remonter vers sa poitrine. Malgré toute l'horreur qui s'emparait d'elle, Hermione se surprit à se relever un peu pour lui permettre de lui masser les seins. Ses caresses étaient douloureusement exquises, tout autant que ces grognements d'excitations qu'il laissa échapper dans sa nuque. Mais qu'est-ce qu'elle faisait encore ? Pourquoi ne prononçait-elle pas encore ce satané mot ?

Les cinq hommes se levèrent du canapé dans un même mouvement. Rogue venait de leur faire signe d'avancer. Hermione se figea à nouveau sur son banc et attendit la suite avec effroi. Les minutes qui suivirent, durant lesquels Rogue communiqua ses intentions aux hommes dans un murmure trop bas pour l'entendre, lui parurent interminables, d'autant plus que Rogue gardait toujours son érection enfoncée en elle, toujours aussi dure et imposante. Hermione aurait peut-être pu trouver la force de tout arrêter s'il ne la tenait pas autant dans cet état d'intenses envies frustrées.

Enfin, les hommes se positionnèrent autour d'elle en ressortant leur sexe encore bien gorgé de sang. Hermione ferma les yeux en se morigénant d'être aussi faible.

― Prête à subir votre châtiment ultime, Miss Granger ? demanda Rogue sur le ton d'un bourreau réjoui devant la soumission de sa victime.

Hermione émit un son rauque en guise de réponse. Son corps nu, exhibé comme une proie sans défense devant tous ces hommes, frissonnait dans l'air frais de la salle.

― Répondez-moi de façon claire ! insista Rogue, impérieux. Êtes-vous prête à subir votre châtiment ?

― Je… je ne suis pas prête…, geignit Hermione en se cachant le visage contre le cuir du banc.

― Pardon ?

― Je ne serai jamais prête pour ça… Je vous en prie… arrêtez… détachez-moi…

Rogue demeura immobile derrière elle, comme s'il réfléchissait. Lorsqu'il se retira lentement, Hermione crut avec détresse qu'il allait s'arrêter pour de vrai et la laisser en plan, mais il ne fit rien de tout cela. Ce n'était qu'un élan qu'il prenait. Rogue replongea en elle avec la force d'un taureau et se mit alors à la pilonner d'un ferme va-et-vient constant et rythmique, en glissant si bien dans l'intarissable mouille qu'Hermione ouvrit grand la bouche.

― Oh oui…, souffla-t-elle en crispant les mains au bout des planches. C'est trop bon…

― Vous allez payer aussi pour vos mensonges, Miss Granger, menaça Rogue d'une voix entrecoupée de grognements haletants. Vous n'avez aucune envie que j'arrête. Au contraire, vous désirez vivement tout ce foutre qui s'apprête à jaillir sur vous. Parce que vous êtes une salope, Miss Granger. Une bien vilaine fille.

Le plaisir monta en Hermione. Le corps cambré pour essayer d'en prendre plus, elle se mordit les lèvres et se mit à gémir. Au-dessus de son dos, les hommes se branlaient furieusement en respirant lourdement. Rogue attrapa les cheveux d'Hermione et accéléra ses coups de boutoir. Son autre main chercha fiévreusement ses seins qu'il attrapa et malaxa sans douceur avant de revenir sur ses fesses pour les rougir de plus belle. Chaque fessée résonna dans la salle et intensifia le plaisir. Hermione se mit à hurler. Le banc craquait et grinçait plus que jamais sous les assauts de Rogue et tout le monde dans la salle devait bien les regarder à présent.

Il y eut des grognements éraillés. Deux des cinq hommes venaient d'éjaculer et du sperme brûlant éclaboussa le dos d'Hermione. Tout aussitôt, un autre jet de jouissance lui zébra la colonne, puis un autre, puis un autre. Le sperme se répandit partout sur sa peau frémissante et lui coula le long des côtes.

― Oui, c'est ça…, se délecta Rogue, hors d'haleine, en continuant de la pénétrer fougueusement. Sentez comme vous le méritez, Miss Granger !

Il lui attrapa de nouveau les cheveux et tira.

― Vous… vous n'êtes qu'une… délicieuse…, articula-t-il, mais il s'interrompit, la respiration devenue laborieuse. Jouissez, Hermione…, reprit-il d'un ton pressant. Jouissez pour moi… Je veux vous voir jouir comme jamais… maintenant… !

On aurait dit qu'il venait subitement de perdre le contrôle de sa propre excitation. Soudain, il n'était plus qu'une bête animée d'une passion dévorante qui le poussa à pénétrer Hermione encore plus vigoureusement, plus profondément, plus brutalement. Hermione n'en put plus. Elle se laissa emporter dans un deuxième orgasme plus redoutable encore et impitoyable, qui la tordit en tous sens sur le banc, les spasmes la consumant.

Aaaargh ! hurla-t-elle.

Une fois qu'elle fut émergée des vagues de jouissance, Rogue se retira tout à coup d'elle et de nouvelles éclaboussures, comme la lave d'un furieux volcan en éruption, se répandit sur sa peau. Rogue déchargeait dans son dos, partout le long de son échine, dans le creux de ses reins, sur ses fesses ultrasensibles. Il semblait avoir des réserves inépuisables de sperme. Hermione se surprit à jouir une nouvelle fois, tout aussi violemment.

― Vous êtes… à moi…, grogna Rogue en se frottant le sexe encore bandé dans les dégoulinades de fluides chauds. À moi… rien qu'à moi…

Puis, lubrifié de sa propre semence, sans même lui donner le temps de se préparer, il lui fourra son érection droit entre les fesses et l'encula impétueusement.

Noooooooon !

Hermione hurla avec l'impression qu'elle allait éclater en deux. Comment Rogue pouvait-il être aussi bestial ? De redoutables sensations véhémentes pulsèrent en elle, embrasèrent son sang et déferlèrent dans tout son corps en enflammant tout sur leur passage. Cette fois, Hermione fut certaine d'en mourir. Le nouvel orgasme qui explosait en elle comme une bombe de guerre lui ravagea toute pensée, toute raison, tout sens. Il n'existait plus rien d'autre que cette féroce érection indéfectible qui la condamnait au dernier supplice.

Puis, tout à coup, tout devint noir.

Lorsque Hermione revint à elle, elle se retrouva encore sur le banc, écroulée contre le cuir, à bout de souffle, encore secouée de spasmes. Rogue s'était retiré pour de bon et les hommes s'étaient éloignés. Elle était toute seule, le dos dégoulinant de sperme et les fesses affreusement douloureuses. Elle n'avait même plus la force de réfléchir ni même de regarder autour pour voir si quelqu'un allait se porter à son secours. Si seulement elle pouvait simplement s'endormir là, instantanément, et tout oublier ces derniers évènements qui allaient la marquer jusqu'à la fin de ses jours.

La musique ambiante revint aux oreilles d'Hermione. Il y avait aussi des conversations tranquilles et des gémissements de plaisir venant des autres séances de jeux qui se poursuivaient. Hermione écouta les bruits sans y porter vraiment attention. Elle attendait vaguement que Rogue revienne, mais peut-être qu'il ne reviendrait pas. Peut-être qu'il l'avait abandonnée là avec indifférence pour s'en retourner à d'autres occupations. Après tout, le Maître des cachots n'avait jamais manifesté autre chose envers la Miss Je-sais-tout que du dédain. Pourquoi ce soir serait-il différent ? Qui était-elle pour lui sinon une simple élève parmi tous les autres cornichons auxquels il dispensait ses cours ? Elle devait se rendre à l'évidence : Rogue l'avait manipulée et s'était servi d'elle comme d'un vieux mouchoir insipide. Et elle était tombée dans son jeu comme la plus triste et naïve des victimes rêveuses de romance. Comment allait-elle pouvoir retrouver sa dignité après de telles humiliations ? Et surtout, pourquoi n'avait-elle pas prononcé le mot « rouge » dès le début, pendant qu'elle avait encore la possibilité de protéger sa vertu ?

Un doux chiffon humide vint lui caresser le dos et la nettoya avec application. Hermione n'osait pas rouvrir les yeux. Ce devait être ce jeune Fantôme de l'Opéra en costard qui venait s'occuper d'elle, le seul qui lui avait paru respectueux et décent au courant de la soirée.

Une couverture chaude la recouvrit ensuite, puis on lui libéra les poignets des bracelets de cuir en faisant cliqueter les chaînes. Ses jambes furent également débarrassées des sangles qui s'étaient presque incrustées dans sa peau à force de les avoir serrées. Une fois qu'elle fut entièrement libérée, Hermione remua faiblement, mais elle n'avait toujours pas la force de se relever.

― Buvez, dit une voix grave et basse.

Surprise, Hermione souleva les paupières et ne rencontra nul autre que le regard de Rogue, encore voilé du masque de Zorro. C'était lui qui s'occupait d'elle. Il ne l'avait pas abandonnée dans sa honte. Il était resté.

― Buvez, répéta Rogue en lui montrant une bouteille d'eau fraîche. Vous en avez grand besoin. Je vous donnerai une potion revigorante une fois de retour au château.

Les yeux d'Hermione s'embuèrent d'émotion. Elle prit la bouteille d'une main tremblante et but quelques gorgées en laissant un peu d'eau s'écouler au coin de sa bouche. Lorsqu'elle eut terminé de s'hydrater, Rogue reprit la bouteille qu'il rangea dans sa poche ― il avait renfilé sa cape ―, puis il faufila les doigts sous elle avant de la soulever dans ses bras. Hermione retomba contre son torse, contre sa redingote moite qui s'était imbibée de sueur au courant de leurs ébats. Il termina de l'enrober dans la couverture, qui s'avéra être sa propre cape à elle, qu'il était allé chercher également au vestiaire, et prit la direction de la sortie.

― M-merci…, balbutia Hermione avec un profond élan de reconnaissance, soupirant contre lui.

― Chut, souffla Rogue d'un ton sévère. Vous n'êtes pas en état de parler.

― Est-ce qu'elle va bien ? demanda le Fantôme de l'Opéra à l'entrée.

― Très bien, répliqua Rogue comme si ce dernier l'irritait avec ses inquiétudes. Elle sera remise en un rien de temps.

― En tout cas, c'était assez excitant, dit le jeune homme nerveusement. J'espère que vous reviendrez.

Rogue sortit dehors en poussant la porte du pied et s'engagea dans la sombre ruelle où ils retrouvèrent les volées de feuilles mortes. Les bourrasques flagellèrent la cape dans laquelle Hermione était emmitouflée.

― Je… je peux marcher…, dit Hermione en remuant.

― Ne soyez pas ridicule, vous êtes exténuée, s'opposa Rogue. Laissez-moi vous transporter au moins jusqu'au bout de la ruelle là-bas. Nous transplanerons derrière les poubelles.

― D'accord…, hésita Hermione.

Il y eut un silence durant lequel on n'entendit que le vent, le bruissement de feuilles et le souffle court de Rogue. Hermione se mordit les lèvres d'un air mal à l'aise.

― Est-ce que… vous regrettez… ? demanda-t-elle.

― Ce sont ces abrutis de jumeaux Weasley qui vont le regretter, répliqua Rogue. Je leur réserve la plus horrible des corrections. Un minimum de trois mois de retenues avec Rusard.

― Ah, oui…, dit Hermione en jouant distraitement avec un bouton de la redingote de son professeur. C'est vrai qu'ils doivent être punis… Mais vous… ?

Rogue ignora la question et se contenta de retourner dans le silence. Hermione soupira. Évidemment qu'il le regrettait. Si quelqu'un au château découvrait la vérité sur ce qu'ils venaient de faire dans ce club de sexe, ils seraient assurément renvoyés tous les deux de Poudlard.

Rogue parvint au bout de la ruelle et bifurqua derrière un énorme bac à ordure malodorant. Avec précaution, il posa Hermione sur le sol où elle chancela dangereusement sur ses hauts talons. Pour éviter qu'elle ne s'effondre, il lui enlaça la taille d'un bras et la colla tout contre lui. Leurs lèvres se retrouvèrent alors tout près les unes des autres.

― Professeur…, murmura Hermione en se remettant à haleter. Je… je ne sais pas ce qui va nous arriver, mais… vous avez raison… nous sommes certainement dans les ennuis…

Vous êtes dans les ennuis, Miss Granger, rectifia Rogue en retrouvant soudain son ton moqueur. Parce que je ne retire pas les retenues que je vous ai données tout à l'heure, dans le hall. Vous serez autant punie que ces abrutis de Weasley, Miss Granger. Pour m'avoir laissé faire ce soir, jusqu'au bout, en m'incitant même à continuer, vous mériterez bien toutes les fessées du monde.

― Quoi ? s'étrangla Hermione, incrédule. Mais qu'est-ce… qu'est-ce que vous… ?

― Je ne regrette rien, déclara alors Rogue en guise d'explication. Je ne regrette absolument rien.

D'un geste leste, il enleva son masque de Zorro, le laissa tomber dans les ordures au sol et se dévoila alors dans toute son expression sincère. Hermione resta muette d'émotion, tandis qu'il lui retirait également son masque de dentelles qui rejoignit vite le premier à leurs pieds. Rogue n'ajouta pas un mot de plus. Il ne fit que la resserrer contre lui et l'embrasser dans un baiser rempli de résignation, de désirs irrépressibles et de promesses de punitions aussi torrides que la première. De toute évidence, malgré les interdits, malgré le danger de leur relation illégale, Hermione allait encore avoir beaucoup de mal à prononcer le mot « rouge ».

FIN


Merci d'avoir lu ! :)

J'attendrai vos commentaires avec impatience. Si vous avez aimé, je serai peut-être encouragée à écrire d'autres OS du même genre. En attendant, j'espère que j'aurai réussi à vous faire voyager dans les émotions les plus fortes !

Gros bisous !

Melfique ;)