Commentaire d'auteur :
Bonjour à tous !
Alors, c'est ma première fois dans ce fandom, donc je ne connais personne ici ! Je sais que certains d'entre vous me lisent peu importe où je poste ahah, mais c'est une première pour moi ! A chaque fois que je revois les films je voulais écrire une fanfic, mais je n'ai jamais eu le temps. Mon conjoint ne les avait jamais vus, donc je lui ait montré la trilogie et mon envie d'écrire sur ce ship est revenu... sauf que cette fois-ci j'ai le temps, alors me voilà !
J'ai toujours voulu faire une fanfic où Bilbo est un dragon/hobbit, alors me voilà ! Sachez que les quatre premiers chapitres sont déjà écrits, donc j'ai de l'avance ! Il y aura un chapitre de 4k mots toutes les semaines (en général le samedi). Je ne suis pas encore sûre de la longueur de cette histoire, mais je vise à peu près les 15/20 chapitres si tout se passe bien ! Seconde petite info, j'utilise les noms anglais des personnages, je ne suis pas très fan d'écrire ceux en français (je veux dire, taper Écu-de-chêne à chaque fois c'est chiant, désolée! xD)
Bref, je n'ai pas grand chose de plus à vous dire, on se retrouve en bas, bonne lecture !
PS : S'il y a quelques fautes de frappe car je tape vite je m'en excuse, merci de ne pas les mentionner ! :)
Chapitre 1
Bilbo Baggins s'était toujours considéré comme un hobbit particulièrement poli et bien élevé, apprécié par ses pairs, lorsque ces derniers n'étaient pas occupés à rapporter d'un trou de hobbit à l'autre les rumeurs farfelues qui couraient dans la Comté. Il appréciait ses voisins, invitait quelques uns chanceux pour un thé, voir même un souper, et ne rechignait pas à partager quelques tranches d'un lard fondant de gras et de beurre, parfois difficile à se procurer, ou de fromage parfaitement affiné, avec les plus proches d'entre eux.
Autant vous dire qu'une bande de nains dévalisant son garde-manger ne rentrait absolument pas dans cette catégorie. A vrai dire, il n'aurait jamais pensé voir des nains dans son humble demeure, tant et si bien qu'il ne savait pas comment leur faire poliment comprendre qu'il était temps pour eux de partir. Voilà bien longtemps qu'il n'avait plus eu affaire aux têtes de pioche qu'étaient les nains, toujours grognons et surtout, impossibles à raisonner, et il aurait grandement préféré qu'il en soit ainsi jusqu'à la fin de ses vieux jours. La simple pensée que Gandalf les ait invités dans sa propre maisonnée le révoltait - pour qui se prenait le vieux magicien, d'envahir son espace personnel de ces fous furieux ? Ils n'avaient pas le moindre respect pour la vaisselle ! Non vraiment, ils n'avaient définitivement aucune manière, et il voulait pas non plus se mettre en colère au point de les chasser de chez lui.
Il savait que si il décidait de se mettre vraiment en colère, les conséquences en seraient désastreuses.
Après avoir sauvé sa vaisselle, il jeta un regard noir en direction du magicien et de son satané sourire malicieux, et il soupira, soudainement très las et fatigué.
- Pourquoi les avez-vous amenés ici, Gandalf ? demanda-t-il d'un ton qui laissait poindre son agacement.
- Mon cher ami, ces nains ont dans le but d'entreprendre une aventure, et je pense qu'il vous ferait le plus grand bien de les rejoindre.
Bilbo le fixa d'un air interdit, comme si la simple idée de s'éloigner hors de la Comté était la chose la plus ridicule qu'il ait jamais entendu - et, croyez-le ou non, c'était bel et bien le cas. Il renifla face à cette idée saugrenue, jetant un regard lourd de sens au magicien, comme pour lui indiquer qu'il était fou, et il rajouta :
- Quelle idée ridicule ! A-t-on déjà vu un Baggins quitter la Comté pour une aventure ? Comprenez-moi bien, cela semble tout à fait sympathique, mais je n'ai nullement envie d'aller marcher des jours sous la pluie et dans la boue, prendre froid, et ne pas être à l'heure pour le thé. Non, c'est une très mauvaise idée.
Il marqua une pause suite à sa tirade, et se demanda soudain pour quelle raison les nains partaient à l'aventure - quel était leur but ?
Mais, avant même qu'il n'ait eu l'occasion de poser la question et se renseigner, trois coups brefs et secs fur frappés à sa porte fraîchement peinte - et vite saccagée par ce satané magicien ! - et ses sourcils s'élevèrent si haut sur son visage qu'ils étaient à peine visible sous ses cheveux bouclés, et il jeta un regard lourd de sens à Gandalf qui se contenta de sourire avec son insouciance habituelle, avant qu'il ne s'exclame :
- Je crois que le membre le plus important de cette compagnie vient finalement de nous rejoindre.
Bilbo retint à grande peine un nouveau soupir de franchir ses lèvres et se dirigea vers sa porte, qu'il ouvrit avec un sentiment de lassitude telle qu'il eut envie d'aller directement se coucher jusqu'au lendemain, en espérant que les nains seraient partis d'ici là. Malheureusement pour lui, c'était loin d'être le cas - pire encore, c'était un énième nain qui se tenait là sur le pas de sa porte, trempé jusqu'aux os et l'air morose étalé sur tous les traits de son visage mangé par une épaisse barbe noire.
La première pensée qu'eut Bilbo en le voyant n'était pas celle qu'il aurait escompté venant de lui-même, car il ne put s'empêcher de remarquer la beauté évidente de celui qui se tenait sur son paillasson, grognant qu'il s'était perdu en chemin. Son souffle s'était presque coupé dans sa poitrine en voyant les longs cheveux noirs tressés de mithril pur, la barbe épaisse et taillée au couteau, et les yeux d'un bleu perçant le fixant avec une attention qui le mit presque aussitôt mal à l'aise. Fuyant le regard du nain, Bilbo remarqua presque aussitôt les perles d'or massif savamment imbriquées dans les cheveux tressés du nouveau venu et il retint un grondement, le dragon à l'intérieur de lui réagissant aussitôt à la vue du métal si brillant, capturant la lumière douce et chaude de sa petite maisonnée de hobbit.
Fermant un instant les yeux, cherchant à se contenir, il sursauta lorsque le nain jeta sans cérémonie dans ses bras une bonne partie de ses affaires, le laissant ainsi en disposer. Bilbo fixa ce qu'il avait dans les mains, puis Gandalf, avec une expression aussi perdue que particulièrement agacée, mais le magicien se contenta de lui adresser un clin d'oeil qui l'horripila de la pire des manières. Bon sang, qui était ce nain sans manières qui pensait agir ici comme s'il était chez lui ?
Lorsque Gandalf le présenta sous le nom de Thorin Oakenshield, Bilbo eut la terrible envie de renifler à nouveau - voilà un nom qui semblait aller à merveille à quelqu'un d'aussi agaçant et bien trop fier.
Plaçant malgré tout les affaires du concerné parmi celles des autres nains, il retourna dans sa salle à manger et commença à ranger le peu qui traînait.
D'une oreille distraite, il écouta Gandalf parler de Smaug et comprit aussitôt pourquoi le vieux magicien était venu jusqu'à lui. Pensait-il vouloir entraîner le pauvre hobbit dans cette aventure juste pour le jeter contre le dragon doré, et espérer le voir sortir victorieux d'un combat entre deux dragons ? Car cela ne ferait que réduire la montagne solitaire à un tas de petits cailloux tordus. Si Bilbo évitait le dragon, c'était pour son évidente association au mal qui rodait depuis la nuit des temps sur leurs terres, mais aussi car il ne voulait tout simplement pas se faire tuer !
Continuant d'écouter, entendant Gandalf parler du trésor caché sous la montagne, son esprit gronda à l'idée des piles d'or et de pierres précieuses que le dragon maudit gardait depuis tant d'années - il avait beau résister à l'or tant bien que mal, et avoir décidé de ne plus jamais posséder la moindre chose de précieuse, le simple fait d'imaginer les trésors que renfermaient Erebor l'auraient presque fait saliver. Il restait un dragon sans trésor après tout ce qui, il le savait, n'était pas le plus sain à faire. Malgré tout, après avoir vécu si longtemps en tant que hobbit, il avait réussi à calmer sa soif d'or, tant que rien de précieux ne passait sous ses yeux.
Le vieux magicien déploya alors une carte, l'étalant aux yeux de tous sur la table en bois parfaitement lisse, et Bilbo ne put s'empêcher de se pencher légèrement, souhaitant l'observer avec plus d'attention.
- L'entrée principale est scellée depuis bien longtemps, évidemment, fit le magicien avant de fouiller dans les poches de ses robes, jusqu'à en tirer une clé parfaitement taillée, épaisse et lourde, en fer argenté. Mais il y a un autre passage, oublié de beaucoup. Ce sera notre seul passage possible jusqu'aux tréfonds de la montagne.
- Et à supposer que vous réussissiez à trouver la porte et entrer, quel est votre but ? s'exclama soudainement Bilbo, attirant le regard des nains sur lui sans le vouloir. Que comptez-vous faire alors que vous n'êtes que treize ? Tuer la bête, alors qu'une armée n'avait pas suffit le jour où il a décidé de faire feu et de prendre la montagne comme si elle lui appartenait ?
Dwalin jura dans sa barbe, semblant passablement outré d'une telle remarque mais Bilbo l'ignora royalement, se concentrant davantage sur Gandalf. Ce dernier sourit, et ajouta :
- C'est bien pour cela que le but n'est pas de détruire la bête, mais bien seulement de récupérer l'Arkenstone.
- L'Arkenstone ? Qu'est-ce que c'est, exactement ? demanda le hobbit.
Même si il ne voulait rien avoir à faire avec leur aventure, il ne pouvait s'empêcher de laisser la curiosité le gagner malgré lui, et le simple nom d'Arkenstone semblait promettre un merveilleux trésor comme il n'en avait jamais vu.
- Une pierre blanche, plus belle et lumineuse que n'importe quel diamant, répondit Thorin, ne lui jetant pas même un regard. Le joyau du roi, le coeur de la montagne.
Le dragon à l'intérieur du hobbit ronronna à de telles paroles, à la simple idée de pouvoir s'approprier une telle merveille et de la garder pour toujours. Toussant un peu, chassant cette horrible pensée qui poussait contre son esprit, il écouta la suite :
- Si Thorin récupère le joyau, toutes les nations naines se rallieront à sa cause, et alors, ce sera une armée qui se présentera à nouveau à la montagne solitaire pour occire le dragon, expliqua Gandalf au hobbit.
- Comment comptez-vous reprendre ce joyau à Smaug ? Le dragon ne se séparera pas de la moindre parcelle, la moindre pièce de son trésor.
Bilbo savait parfaitement de quoi il parlait sur le sujet, et il vit dans le regard du magicien qu'ils étaient sur la même longueur d'onde. Alors quoi ? Comptait-il voir Bilbo écraser Smaug, le combattre assez longtemps pour récupérer l'Arkenstone avant de fuir en espérant en sortir indemne ?!
- C'est bien pour cela qu'il nous faudra quelqu'un de particulièrement habile et discret. Je dirai même, quasiment invisible. Un cambrioleur, par exemple.
Le hobbit ouvrit la bouche et la referma aussitôt, sentant une vague d'indignation le toucher de la tête aux pieds - était-ce lui, que le vieux fou de magicien sous-entendait pour la compagnie ?! Il se cachait peut-être sous la forme d'un hobbit, qui était discret et silencieux, mais sa véritable forme, qui était l'inverse même de tout cela, ne voudrait jamais coopérer au simple fait d'approcher de Smaug sans se jeter sur lui pour voler son or ! A quoi pensait donc Gandalf ?!
Toute la compagnie se tourna vers lui, dans l'expectative, et Bilbo eut envie de soudainement s'arracher les cheveux - il n'était pas fait pour une telle quête, loin de là même ! Il ne ferait qu'attiser la colère de Smaug par sa simple présence !
Bilbo les écouta discuter davantage, avant qu'un contrat ne soit fourré entre ses mains plus ou moins contre son gré, et il dû lire avec attention, les sourcils haussés, plus que sceptique. Néanmoins, le temps sembla se figer lorsqu'il lu la ligne stipulant qu'un quatorzième de l'entièreté du trésor d'Erebor lui reviendrait, si ils parvenaient éventuellement à vaincre le dragon, et non seulement voler l'Arkenstone.
Les mains tremblantes, Bilbo avait le souffle court, comprenant ce que cela impliquait - il se voyait déjà dormir dans sa propre montagne d'or, si haute qu'il pouvait entièrement s'y frondre jusqu'à devenir invisible. Se secouant, la respiration longue et difficile, il se concentra sur la carte. Il ne pouvait pas penser à tout cela, c'était loin derrière lui à présent, et il ne suivrait pas cette bande de nains suicidaires jusqu'au fin fond d'Erebor pour récupérer une stupide pierre lumineuse.
Il les avait suivis.
Croyez-le bien, Bilbo en était le premier surpris, et plus il y pensait, plus il réalisait quelle idée stupide c'était. Mais malgré tout cela, il savait qu'au fond de lui, il faisait une bonne action : ces nains, aussi horripilants soient-ils, n'avaient plus de véritable maison, plus de lieu à appeler "chez soi" et il voulait aider à leur rendre, comme il aurait aimé qu'on l'aide à reprendre son désert, au sable doux et chaud, où il avait grandit en tant que petit dragonneau.
Quoiqu'il en soit, sa décision semblait grandement amuser Gandalf, qui ricanait beaucoup aux dépends du pauvre hobbit, quand ce dernier n'était pas aux prises avec la tête de mule qu'était Oakenshield.
A la simple pensée du nain, Bilbo se retint de grommeler - ils étaient partis depuis à présent deux semaines, et le roi ne faisait aucun effort pour être ne serait-ce qu'appréciable, ou le considérer comme autre chose qu'un vulgaire intrus. Cela agaçait prodigieusement le hobbit, qui guettait la moindre remarque de Thorin pour pouvoir répliquer avec véhémence. Depuis leur départ, celui-ci n'avait adressé qu'une poignée de mots à Bilbo, toujours d'un ton froid et sec si il n'était pas carrément insultant, et son air prétentieux ne faisait qu'empirer les choses. Le hobbit pouvait déjà deviner que sa fierté l'emporterait tout au fond de sa tombe, un de ces jours.
Et le pire dans toute cette histoire était le fait que Gandalf avait "oublié" de mentionner à la compagnie que le hobbit était en réalité un dragon, persuadé que c'était mieux pour tout le monde si le secret était jalousement gardé. Pour Bilbo, c'était particulièrement stupide, et il était persuadé qu'à l'instant même où les nains finiraient par le découvrir, il serait découpé par leurs épées tranchantes sans même avoir eu le temps de s'expliquer.
- Vous savez que Smaug reconnaîtra sûrement mon odeur, quand bien même je devrais tenter de voler la pierre seulement sous ma forme de hobbit, souffla ce dernier au magicien.
Ils se trouvaient tous les deux à la fin de la file que faisait la compagnie, tant et si bien qu'ils pouvaient discuter à peu près en paix, sans se soucier d'oreilles tendues dans leur direction.
- Oui, je pense que c'est plus que probable, avoua le vieux magicien après un instant de silence. Mais lui, ne s'attendra pas à vous, mon cher hobbit, et cela nous laisse l'élément de surprise.
Un long soupir échappa au semi-homme, qui passa une main sur son visage avant de marmonner :
- Nous allons tous y rester.
Gandalf rit de bon coeur à ces mots, comme s'il ne pensait pas l'espace d'un seul instant que le pire des scénarios soit envisageable. Il secoua la tête et répondit :
- Mon cher Bilbo, je ne vous avait pas pris pour quelqu'un de si pessimiste ! Ayez confiance !
Le concerné roula des yeux - vu la bande de nains qu'il devait supporter pour mener une mission aussi suicidaire, Bilbo ne parvenait pas à comprendre comment Gandalf pouvait penser qu'ils aient la moindre chance - il avait sûrement un peu trop tiré sur l'herbe, voilà tout.
L'incident avec les trolls c'était avéré plus que déplaisant.
Bilbo se battait pour retirer le plus possible de la morve de troll accumulé sur sa pauvre veste soigneusement assemblée, avec des tissus doux et chauds. La substance gluante collait à chacun de ses vêtements, peu importe à quel point il tentait de la retirer ou frottait avec un mouchoir en tissu, et un soupir d'abandon lui échappa. Il aimait vraiment cette veste, mais à croire qu'il allait devoir en faire son deuil.
A vrai dire, il ne parvenait même pas à comprendre comment il avait laissé Fili et Kili l'entraîner dans une telle catastrophe. Evidemment, que s'attaquer à trois énormes trolls par eux-même relevait de la folie, mais il se devait de récupérer les poneys, et surtout le sien, brave bête qui avait été la seule à l'accepter sur son dos malgré son odeur prononcée de dragon et son instinct qui aurait dû la pousser à fuir à tout prix.
Une fois que tout eut été réglé, sa majesté avait pris un malin plaisir à hurler des insanités envers Bilbo, qui cette fois-ci avait répliqué juste derrière, furieux d'être disputé comme on le ferait un enfant, avant que Thorin ne décide de faire de même avec ses neveux, qui n'avaient pas surveillé les animaux avec autant d'attention qu'ils auraient dû. Malgré tout, à l'instant même où le roi eut le dos tourné, les deux princes se tournèrent vers Bilbo, une guirlande d'excuses s'échappant d'entre leurs lèvres à une vitesse bien trop rapide pour être compris.
Après l'incident des trolls donc, si Thorin décida de ne plus adresser le moindre mot au hobbit, décidant qu'il ne semblait pas digne d'avoir une discussion, le reste de la compagnie sembla décider d'un commun d'accord qu'il était à sa place parmi eux, ce qui soulagea déjà grandement Bilbo. Ils décidèrent de l'inclure davantage, discutant parfois avec lui et lui claquant dans le dos avec enthousiasme lorsqu'il racontait ou faisait quelque chose d'intéressant à leurs yeux.
Récupérant un chiffon au fond de ses poches, il entreprit de se nettoyer légèrement le visage également, grimaçant à la vue de la morve de troll - il allait avoir besoin d'avoir accès à de l'eau dès que possible.
Voyant Gandalf revenir vers lui, il grimaça lorsque le vieux magicien lui présenta une lame trouvée dans le trou des trolls, reconnaissant aussitôt un travail elfique.
- Vous ne pouvez pas la refuser, fit remarquer le magicien. Vous ne trouverez pas de meilleur lame pour vous servir, Bilbo.
Gandalf semblait passablement agacé, comme s'il avait déjà dû faire un sermon similaire moins de quelques minutes plus tôt, et le hobbit accepta tout de même la lame, l'observant avec attention.
- Vous n'êtes pas très fan des elfes, monsieur Bilbo ? demanda Bombur avec intérêt.
Il lui adressa un sourire amusé et le hobbit se surprit à lui rendre - à présent que les nains s'étaient ouvert un peu à lui, il se rendait compte avec étonnement qu'ils n'étaient pas vraiment méchants et même agréables, si on en oubliait le chef de leur compagnie.
- C'est exact, la dernière fois que j'en ai croisé un ne fut pas une expérience que j'appellerai sympathique, avoua-t-il en haussant les épaules, rangeant la lame elfique à son côté.
Bombur sembla vouloir lui en demander plus mais Bilbo ne lui en laissa pas cette chance, s'avançant auprès des autres pour être sûr qu'ils n'oubliaient rien avant de repartir sur les routes, en espérant ne pas retomber sur quelque chose d'aussi fâcheux que des trolls.
- Le semi-homme mijote quelque chose, grommela Dwalin.
Thorin maugréa des mots sans queue ni tête en guise de réponse, concentré sur la lame de sa propre arme elfique qu'ils avaient trouvé dans les grottes des trolls, tandis que le second nain s'installait avec fracas à ses côtés. Même si la lame n'avait pas besoin d'être affûtée, il appréciait tout de même l'exercice qui lui permettait de se détendre et réfléchir plus posément.
- Il passe son temps à chuchoter avec ce maudit magicien, continua Dwalin, les sourcils froncés en voyant que son roi ne réagissait pas à ses paroles. Comme s'ils nous cachaient tous les deux des choses.
- Evidemment, qu'ils nous cachent des choses, répliqua Oakenshield. C'est ce que font tous les magiciens, et le fait que le semi-homme soit d'une manière ou d'une autre impliqué ne me surprend même pas.
A ces mots, Thorin releva la tête et fixa le hobbit, une grimace traversant les traits de son visage, visible même malgré la barbe mangeant son visage.
Bilbo se trouvait actuellement en compagnie de Bofur et Bombur, un sourire jovial sur les traits alors qu'ils semblaient en pleine discussion. De prime abord, il n'y avait rien de suspicieux à son égard - il semblait ordinaire, tellement ordinaire même, que si Thorin l'avait croisé durant l'une de ses quêtes, il ne lui aurait même pas jeté le moindre regard. Pourtant, il y avait quelque chose à propos du semi-homme qui le laissait sur ses gardes en quasi permanence, quelque chose de, il le savait, absolument pas naturel, et il ne parvenait absolument pas à deviner ce dont il s'agissait. Après tout, de prime abord le hobbit était... eh bien, un hobbit. Ses manières étaient impeccables, quoique voyager en leur compagnie, dans de mauvaises conditions et par temps pluvieux et froid semblait l'avoir rendu moins agréable, répliquant parfois avec trop d'ardeur, mais il se dépêchait toujours de s'excuser dans la minute suivante, l'air honteux d'avoir agit de la sorte. Le seul auquel il ne s'excusait pas était Thorin lui-même, à vrai dire, il semblait même prendre un malin plaisir à l'ignorer royalement, recherchant plutôt la compagnie des autres nains. Pas que Thorin recherche la compagnie du hobbit, loin de là ! Cette simple idée était la plus ridicule qu'il ait pu un jour voir traverser son esprit. Non, c'était plutôt le fait de voir ses nains toujours accepter le semi-homme à bras ouverts, alors qu'ils avaient exprimé leur agacement à sa vue dès le tout début - pourquoi les choses avaient-elles changé ? Et cela avait-il rapport avec la drôle d'aura, souvent oppressante, qu'il ressentait lorsque Bilbo semblait s'agacer ? Quoiqu'il en soit, il n'aimait pas rester dans une telle situation.
- Alors, le semi-homme ? souffla Dwalin, le rappelant soudainement à la réalité, et hors de ses réflexions internes.
- Eh bien quoi, le semi-homme ? releva Thorin sur le même ton, semblant agacer prodigieusement le vieux guerrier qui grogna d'un air mécontent, lui flanquant un coup mérité dans les côtes.
- Que comptes-tu faire à son sujet ?
- Pas grand-chose, avoua le roi après un instant de réflexion. Je suppose que nous devrons juste attendre et voir ce qu'il se passe.
- Parce que tu penses que cela répondra à nos questions ? Il n'ira pas raconter ses secrets à aucun d'entre nous, il a beau être louche, il n'est pas non plus stupide, souffla le nain.
- Si il ne se passe rien, je ferai en sorte de le faire parler, répliqua Thorin, terminant la discussion par la même occasion.
Laissant Dwalin rejoindre les autres, Thorin rangea sa lame elfique, la gardant précieusement à ses côtés. Ils avaient beau être en lieu sûr à Fondcombe, si Elrond comptait les maintenir ici et les empêcher d'aller à la rencontre de Smaug, puisqu'il avait tant tenté de les faire changer d'avis, il s'assurerait que le seigneur elfe ne recommence pas de sitôt.
Remarquant que la plupart des nains s'entassaient dans la salle qu'il leur avait été attribuée pour dormir, le roi remarqua aussitôt l'absence du semi-homme et plissa les yeux, méfiant. Où était-il partit ?!
Quittant sans un bruit la pièce, il commença à avancer dans les couloirs silencieux à une telle heure, essayant de repérer le semi-homme - ce dernier était tellement léger et silencieux qu'il était presque impossible à entendre, et Thorin du tendre l'oreille pour tenter de repérer le hobbit.
Repérant des murmures de voix sur sa gauche, il tourna brusquement la tête et s'approcha avec lenteur de la source, remarquant que ces dernières étaient en contrebas, dans un salon ouvert, joliment agrémenté de confortables fauteuils et de tables, où étaient pour l'instant installés nulle autre que Gandalf et Elrond, en pleine discussion - ou plutôt, dispute de la part du seigneur elfe, dont la voix, bien que chuchotante, était assez forte pour repérer la colère qui en émanait.
- A quoi pensiez-vous, Gandalf ? Amener ça ici, entre nos murs ?!
- Mon ami, je vous répète qu'il n'y a vraiment aucune raison de s'inquiéter-
- Ne pas s'inquiéter ?! Êtes-vous devenu fou ? Je ne peux garder une telle chose ici, il- cela doit partir de Fondcombe !
- Dès demain, promis Gandalf, tentant de calmer les choses, ainsi que la discussion qui semblait échapper à son contrôle. Et je vous promets que je ne l'amènerai plus jamais à Fondcombe, mais nous devons nous reposer pour la nuit.
La discussion dévia sur ce que Gandalf ainsi que Radagast avaient trouvé et Thorin se redressa légèrement, frustré de ne pas en savoir plus. La chose dont Elrond avait si peur concernait-elle le hobbit ? Après tout, Dwalin l'avait dit lui-même, il avait vu plus d'une fois le semi-homme et le magicien en pleine discussion, leur cachant quelque chose. Mais si c'était quelque chose de si dangereux, pour que cela inquiète à ce point le seigneur elfe, pourquoi Gandalf le gardait-il, était-il fou ?
- C'est très mal vu d'écouter une conversation qui n'est pas la vôtre, fit soudainement une voix dans son dos, le faisant sursauter, retenant un juron.
Thorin se retourna, se retrouvant nez à nez avec nulle autre que le hobbit. Ce dernier se tenait là, comme si de rien n'était, un air étonnamment sérieux dessiné sur ses traits.
- Le magicien nous cache quelque chose, gronda le roi avec colère, la main crispée sur son arme, ne sachant comment agir en compagnie de Bilbo.
- Bien évidemment, qu'il cache quelque chose, c'est l'apanage des magiciens, répliqua le hobbit avec un petit sourire moqueur, qui eut le don de particulièrement horripiler le nain.
- Vous savez ce dont il s'agit, devina alors Thorin, le pointant du doigt, la colère déformant les traits de son visage. De quoi s'agit-il ? Je veux savoir ce qui met en danger ma compagnie !
- Cela ne vous met nullement en danger, répliqua Bilbo, les sourcils haussés, comme pour le défier. Ce n'est pas dangereux, en tout cas, pas pour vous et vos nains, majesté.
Le titre avait été presque craché, soufflé avec moquerie et Thorin eut soudainement envie de l'attraper par les épaules pour le secouer comme un vulgaire sac de patates, et espérer en tirer la moindre information valable. A la place, il s'approcha jusqu'à envahir l'espace vital du hobbit et se pencha vers lui, grognant :
- Dites-moi la vérité.
Le hobbit ouvrit la bouche pour répliquer d'un ton cinglant, mais il sembla soudain avoir toute son attention attirée ailleurs. Son regard était focalisé sur la perle dorée imbriquée dans la tresse du roi, et il avança une main tremblante vers cette dernière, l'attrait de l'or grondant sourdement dans sa poitrine, faussant ses sens et sa perception des choses. Thorin, totalement perdu face au soudain revirement de personnalité du hobbit, fronça les sourcils et recula légèrement, se mettant hors de sa portée.
Cela sembla être suffisant pour que Bilbo revienne à lui et il fixa le roi avec des yeux légèrement écarquillés, comme s'il ne parvenait pas à comprendre ce qu'il venait exactement de se produire.
- Bonne nuit, votre majesté, souffla-t-il, gardant un ton moqueur qui manquait d'enthousiasme, avant de disparaître comme il était venu, laissant Thorin planté comme un piquet au milieu de la passerelle, à se demander ce qu'il venait exactement de se produire.
Commentaire d'auteur :
Et voilà ! J'espère en tout premier lieu que ce chapitre vous a plu ! Cela fait tellement d'années que je veux prendre le temps d'écrire dans ce fandom que j'en suis toute excitée ahah ! On va suivre à peu près la trame des films mais je vais rajouter des trucs sur la route, et je ne sais pas encore si cette fic restera en T ou passera par la suite en M, on verra bien que voulez-vous ! ;)
Comme je vous l'ai dit, il y aura un chapitre tous les week-ends normalement ! :) Pour ceux qui lisent mes deux fics HP je ne les oublie pas, le chapitre de Pythie devrait arriver très prochainement !
Je ne sais pas trop quoi ajouter de plus ahah, alors je vous dis à samedi prochain pour le chapitre 2, n'hésitez pas à me laisser une review tant que vous êtes là, ça fait toujours plaisir et si vous avez l'habitude de m'en laissez vous savez que je vous répond systématiquement, ce qui est quand même plutôt cool ! :p (et je vais sûrement aller lire les auteurs dans ce fandom car j'ai envie de découvrir de super fanfics !)
Bref, merci encore, des gros bisous !
