Note de l'auteur :

Voici une nouvelle fanfiction basée sur mon couple préféré ! Elle est un peu moins légère que la précédente mais j'espère qu'elle vous plaira néanmoins. J'ai essayé d'aborder beaucoup de thèmes qui me tiennent à cœur mais, comme souvent, je n'ai pas pu développer chacun autant que je le voulais, ne voulant pas tomber dans une histoire à rallonge avec des chapitres ne faisant pas forcément avancée le scénario. Ils reviendront sans doute dans une prochaine histoire.

Quelques petites infos avant de vous laisser lire les 70 800 mots qui composent mes 26 chapitres. D'abord, il s'agit de mon tout premier mpreg. Je suis rarement satisfaite par ceux que je lis sur d'autres fandoms donc j'ai décidé de me lancer à mon tour en espérant qu'il vous plaira. Ensuite, je suis une quiche pour tout ce qui touche à la description de combats, donc j'espère que vous ne m'en voudrez pas trop de passer certains passages sous silence. Il y aura quand même de l'action. Enfin, je ferai plusieurs fois référence à des chansons, qui sont inspirées par des chansons réelles. En y réfléchissant bien, et à moins que vous ne me connaissiez, c'est totalement impossible que vous deveniez desquelles il s'agit mais vous pouvez toujours essayer.

Sur ce, bonne lecture et n'hésitez pas à me donner votre avis !


Chapitre 1 : Invraisemblable Évidence

Law leva les yeux de son livre et passa une main dans ses cheveux pour s'éclaircir les idées, lasse. Soupirant, il jeta un coup d'œil à l'horloge qui indiquait sept heure trente heures. La plupart de ses hommes ne devrait pas tarder à quitter leurs quartiers et il avait suffisamment avancé pour s'accorder une pause. Il était temps pour lui de les rejoindre pour le petit-déjeuner. Il rassembla ses documents et les classa avec application. Alors qu'il se levait, un vertige le saisit un instant avant de disparaître. Ses sourcils se froncèrent, reflets de sa contrariété intérieure. Cela faisait plusieurs jours que la fatigue le tenait et, plus il tentait de dormir, plus le sommeil le fuyait. Les quelques heures qu'il était parvenu à voler à Morphée deux nuits auparavant lui paraissaient bien lointaines et, si la situation continuait ainsi, il allait devoir prendre des mesures.

Il rejoignit le réfectoire mais à peine fut-il entré que son odorat fut agressé par une multitude de flagrences dérangeantes. Il eut un haut de cœur et une intense nausée s'empara de lui. Il tourna les talons et s'enfuit en courant dans le sens opposé, sous le regard surpris de plusieurs de ses subordonnés. Il venait tout juste d'atteindre la salle de bain sa cabine quand il vomit le peu que contenait son estomac. À genoux, il prit le temps de reprendre son souffle avant de boire un peu d'eau au lavabo, cherchant à effacer l'affreux goût qui lui restait dans la bouche.

- Ce n'est pas normal, murmura-t-il.

Depuis qu'il avait mangé le fruit du bistouri, il n'avait jamais attrapé la moindre maladie, aussi bénigne soit-elle. Les rhumes, la toux et la fièvre n'étaient pour lui qu'un lointain souvenir, alors pourquoi se sentait-il aussi mal ?

Law n'aimait pas les mystères, encore moins lorsqu'ils touchaient à sa santé et c'est donc décidé d'en avoir le cœur net qu'il se rendit à l'infirmerie. Avec un certain empressement, il entreprit de prendre ses constantes vitales. Tout était normal, à part une tension légèrement plus élevée qu'à l'ordinaire due à son état d'inquiétude. Il prit une seringue stérile et, d'un geste sûr, préleva un échantillon de son sang. Sans perdre un instant, il débuta des analyses. Au fil de ses tests, il notait les résultats sur une feuille de papier. À première vue, tout semblait aller pour le mieux : pas de carences, pas de maladie particulière, pas d'anomalie révélant une quelconque défaillance de l'un de ses organes. Il était en parfaite santé.

Pourtant, il y avait forcément quelque chose qui n'allait pas. Ce ne pouvait pas être psychologique car il ne subissait à ce jour aucune pression particulière, bien au contraire. À vrai dire, il s'était rarement senti aussi libre. Cependant, il savait à quel point l'esprit pouvait être un mécanisme complexe. S'inquiétait-il pour rien ? Se faisait-il des idées ?

Par mesure de précaution, il utilisa les pouvoirs de son fruit du démon afin de scanner l'ensemble de son corps. Comparant ce qu'il détectait et ses connaissances très pointues d'anatomie, il buta sur quelque chose d'étrange dans son bas ventre. Il y avait un organe qui n'aurait pas dû être là. Une bouffée d'angoisse le saisit. Qu'est-ce que cela pouvait bien être ?

Il concentra toute son attention dessus. De force triangulaire, il s'agissait d'une petite poche d'environ huit centimètres de long pour quatre centimètres de large, avec une paroi faite d'une muqueuse fortement vascularisée et riche en glandes. Au fur et à mesure qu'il recevait des informations, son cerveau se paralysait de terreur. Il ne connaissait qu'un organe correspondant à cette description : un utérus. Sous le choc, il se laissa tomber sur une chaise.

- Qu'est-ce que c'est que ce bordel ? souffla-t-il, les yeux plissé par l'incompréhension. Ça n'a pas le moindre sens…

Comment pouvait-il avoir un utérus ? Comment s'était-il formé ? Depuis quand ? Pourquoi ?

Il resta un long moment immobile avant de se lever brusquement. Il préleva une nouvelle fois son sang et lança de nouveaux tests qu'il n'aurait jamais pensé pratiquer un jour sur lui-même.

- Je perds la tête, murmura-t-il.

Tendu, il commença à prendre des notes tout en s'obligeant à ne pas en tirer de conclusions hâtives. Une fois le tout couché sur papier, il alla prendre un livre sur son étagère et entreprit d'analyser les résultats avec objectivité. C'était inutile car il connaissait chacun de ses ouvrages par cœur, mais c'était si invraisemblable qu'il préférait voir écrit noir sur blanc que ses problèmes étaient bel et bien réels.

- Gonadotrophine chorionique humaine... murmura-t-il, le sang désertant son visage.

D'un geste rageur, il jeta l'échantillon de sang à la poubelle et se piqua une nouvelle fois afin de refaire l'étude. Il devait s'être trompé. Il fallait qu'il se soit trompé.

L'instinct de Bepo avait toujours été très développé. Était-ce dû à sa nature de mink ou à sa propre expérience de la vie, il ne le savait pas, mais, jusqu'ici, son ressenti l'avait rarement trompé. Et ce matin, il sentait quelque chose qui le tracassait. Il avait passé un certain nombre de points en revue, les écartant les uns après les autres sans parvenir à identifier de quoi il s'agissait. Il ne restait donc qu'une seule option : Law. Chaque fois que son capitaine et meilleur ami cogitait une décision aux lourdes conséquences, il le sentait. Il avait vérifié cette théorie inexplicable à de nombreuses reprise, comme lorsqu'il avait décidé de mettre en branle son plan pour devenir Grand Corsaire afin de pouvoir atteindre Doflamingo ou lorsqu'il avait faussé compagnie à la puissante alliance formée avec Luffy et ses alliés pour aller trouver Barbe Noire et poser les bases de la machination complexe qui leur avait permis de le défaire une bonne fois pour toutes. Dans les deux cas, il avait bien failli y laisser la vie, ce qui lui faisait craindre le pire. De quoi pouvait-il s'agir cette fois-ci ?

Heureusement, il devait justement voir son capitaine dans le courant de la matinée et aurait sans doute l'occasion de sonder ses intentions. Il prit donc son mal en patience mais, une fois l'heure venue, son supérieur ne se présenta pas au lieu prévu. Bepo attendit un long moment, l'inquiétude grandissante, avant de partir à sa recherche dans le sous-marin. Il le chercha en vain jusqu'à ce que l'heure du déjeuner ne vienne. Espérant avoir simplement raté son capitaine au détour d'un couloir, il se dirigea vers le réfectoire où celui-ci finirait bien par venir. Lorsqu'il arriva, Law ne faisait pas partie des pirates déjà attablés. Il s'approcha de Shachi, occupé aux cuisines.

- As-tu vu le Capitaine aujourd'hui ? demanda Bepo.

- Je l'ai entraperçu au petit-déjeuner mais il a fait aussitôt demi-tour. Il y a un souci ?

- Nous étions censés nous voir ce matin et il n'est pas venu. Ça ne lui ressemble pas.

- Tu veux que je demande aux autres ? Ils sauront peut-être.

- Non, ne les dérangeons pas. Je me fais sans doute des idées… Enfin j'espère.

Bepo guetta Law durant tout le repas mais celui-ci ne se présenta pas. Inquiet, il finit par se lever brusquement et quitta le réfectoire à grands pas. Il se dirigea immédiatement vers la cabine de son supérieur mais celle-ci était déserte. Par acquit de conscience, et même s'il n'avait aucune raison d'y être, il vérifia dans l'infirmerie attenante. C'est avec soulagement qu'il le trouva assis au bureau, lui tournant le dos.

- Capitaine, cela fait un moment que je te cherche.

- Tu m'as trouvé.

L'ours tiqua devant sa voix était neutre et dépourvue de la moindre émotion. C'est donc avec prudence qu'il reprit :

- Nous devions nous voir ce matin et tu n'es pas venu.

- J'avais à faire.

Le second garda le silence un instant, observant avec attention le désordre ambiant. Pour quelqu'un d'aussi soigné que Law, c'était un signe révélateur d'un véritable malaise ou d'une profonde colère. Il avait eu raison de s'inquiéter.

- Il s'est passé quelque chose ?

Law lâcha un petit grondement méprisant qui fit le frémir.

- C'est évident, non ?

Bepo s'approcha de lui avec lenteur, guettant une quelconque réaction, mais Law n'esquissa pas un geste. Ses yeux étaient braqués sur le mur en face de lui, comme s'il essayait d'y percer un trou par la force de son esprit. L'ours baissa les yeux vers le bureau et observa en silence les dizaines de feuilles étalées devant lui. Puis, il prit le livre ouvert posé juste à côté.

- C'est quoi la… Gona-do-trophine... cho-rio-nique humaine ? demanda Bepo après avoir déchiffré avec quelques difficultés le nom qui semblait autant perturber son capitaine.

- Une hormone produite par les femmes lors d'une grossesse.

L'ours fronça les sourcils, coulant un regard interrogateur vers Law dont l'expression s'était soudain faite plus orageuse.

- Ikkaku est enceinte ?

- Pas Ikkaku. Moi.

- Qu… quoi ? Toi... ? répéta Bepo, sous le choc.

- Oui, moi ! éructa Law en bondissant ses pieds, sa chaise se renversant avec fracas sur le sol.

D'un geste de la main, il envoya valser la pile de résultats qui trônait sur son bureau. N'écoutant que son instinct, Bepo recula de plusieurs pas en arrière.

- Et ce n'est pas normal ! Ça n'a rien de normal !

- Capitaine… tenta-t-il en levant les mains pour essayer de l'apaiser.

Rare étaient les moments où son capitaine perdait son sang-froid. Il rationalisait et calculait chaque aspect de sa vie, jusqu'à son comportement, mais, parfois, ses émotions ressurgissaient. Subites et dévastatrices, elles le conduisaient généralement à réduire en morceaux tout ce qui se trouvait à sa portée, objets ou humains. Bepo avait déjà été témoin de quelques-unes de ces sautes d'humeur particulières mais, depuis que son plan pour défaire Doflamingo avait porté ses fruits, la psychée de son capitaine semblé s'être apaisée et ses colères s'étaient évanouies. Jusqu'à ce jour.

- Ce n'est pas possible ! continua Law en se mettant à marcher frénétiquement à travers la pièce. C'est biologiquement impossible !

Il faisait des efforts évidents pour ne pas déployer sa sphère chirurgicale et réduire leur sous-marin en charpie. Une telle erreur à plus de mille mètres sous la surface de l'océan ne leur aurait jamais pardonné. À la place, ses doigts s'agitaient à un rythme affolant. Il finit par attraper un jeu de scalpels et les lança avec une précision mortelle vers les feuilles à terre. Il y mit tant de forces que les lames se fichèrent profondément dans le sol.

- Tu es sûr de toi ? demanda Bepo d'une petite voix.

- J'ai refait le test dix fois ! Dix putain de fois ! Le résultat est toujours le même !

L'ours inspira avant de le saisir par les épaules. Il sentit immédiatement Law se tendre et crut un instant qu'il allait se retrouver épingler à la porte de l'infirmerie mais il ne reçut qu'un regard glaciale qui, heureusement, n'avait pas le pouvoir de le tuer.

- Il y a forcément une explication logique… une chose à laquelle tu n'as pas pensé...

- Il y a un fœtus qui grandit à l'intérieur de moi !

- Dans tous les cas, tu devrais t'asseoir. Si tu es enceinte - ou enceint, je ne sais pas comment on doit dire - le stress est mauvais pour toi. Il faut te calmer.

- Me calmer ?! hurla Law en le repoussant avec violence. Mais comment veux-tu que je me calme ?! Je suis un homme, bordel ! Il n'y a pas meilleure raison pour disjoncter !

Bepo le prit dans ses bras et le serra contre lui pour l'immobiliser. Law lui assena un coup, puis un second avant de faire pleuvoir sur lui une série de frappes doublées de fluide pour se dégager.

- Lâche-moi ! Lâche-moi tout de suite ! Sinon je te promets que je te tue !

Mais l'ours ne bougea pas, se contentant de grimacer de douleur. Il sentait ses os frémir sous ses assauts mais il savait aussi que, si Law avait réellement voulu le blesser, il l'aurait déjà fait. Il n'avait pas perdu toute trace de contrôle.

- Ça va aller, murmura-t-il calmement. On va comprendre ce qu'il se passe.

- Je ne veux pas comprendre ! Je veux que ça s'arrête ! Que tout redevienne normal ! Ça n'aurait jamais dû arriver ! C'est impossible !

Law se débattit un long moment, vociférant, avant que ses jambes ne cèdent et qu'il ne s'écroule entre les bras moelleux de son second. Là, le nez dans la fourrure blanche de Bepo, il se mit à pleurer.

- Je veux me réveiller de ce cauchemar, sanglota-t-il en s'accrochant à ses poils avec désespoir. Ce n'est qu'un rêve, ce ne peut-être que ça...

- Ça va aller, Capitaine, répéta l'ours. Je suis avec toi.

Il ne savait pas quoi dire d'autre pour le réconforter. Cette situation inédite avait toutes les raisons du monde de l'affoler. Cependant, s'il voulait éclaircir ce mystère improbable, Law devait se calmer et réfléchir de manière saine et constructive.

Sans qu'aucun ne sache vraiment pourquoi, les étreintes de l'ours avaient toujours eu un effet calmant indéniable sur le médecin. Petit à petit, ses larmes finirent par se tarir, ne laissant derrière elle qu'un homme tremblant et muet, aux yeux grands écarquillés. Avec douceur, Bepo le guida vers la porte du fond et le fit passer dans la pièce d'à côté qui n'était autre que sa chambre.

- Il faut que tu te reposes, lui dit-il en le faisant s'asseoir sur son lit. Je suis sûr que ça ira mieux ensuite et que tu trouveras quoi faire.

Pour toute réponse, la main de Law se crispa sur son bras. Dormir n'était pas non plus ce que préférait son capitaine, trop de souvenirs le hantant, sans compter le fait qu'il était totalement vulnérable dans ces moments-là. Bepo hocha la tête et s'installa avec lui, lui servant volontiers de peluche vivante. Il fallut une bonne heure avant que Law ne se détente assez pour que le sommeil ne s'empare de lui et Bepo resta encore un moment, veillant sur lui, avant de se lever doucement.

- Ça va aller, lui assura-t-il à voix basse avant de rejoindre le couloir.

À peine fut-il sorti qu'il tomba nez à nez avec Shachi et Penguin, qui semblaient faire le pied de grue dans le couloir depuis un bon moment. Ils arboraient un visage mortellement inquiet, se triturant les mains pour essayer de contenir leur envie de le saisir pour le secouer et lui soutirer des informations de force, ou tout simplement pour éviter de pénétrer par effraction dans la cabine de leur capitaine et de vérifier par eux-mêmes l'état de celui-ci.

- Est-ce que le Capitaine va bien ? demanda Penguin.

- On l'a entendu crier… ajouta son compagnon.

L'ours baissa les yeux. Law avait besoin de temps pour assimiler la nouvelle et il ne lui appartenait pas de diffuser une telle information.

- Il s'est endormi, déclara-t-il simplement après un instant de silence. Il a besoin de calme. Quoi qu'il arrive, personne ne doit le déranger.

- Dis-nous ce qu'il se passe, insista le rouquin. Tu es secoué, on le voit bien.

- Est-ce qu'on peut faire quelque chose ?

Tous savaient que Law confiait ses doutes et ses pensées à l'ours. C'était la seule personne à avoir ce privilège. Bepo avait tendance à être très démonstratif et très protecteur envers son supérieur, mais, à cet instant, tous deux sentaient que son affectation était entièrement justifiée. Ce ne pouvait être que grave.

- Il vous en parlera lui-même s'il le désire. Maintenant, retournez au travail. Je prendrai toutes les décisions nécessaires le temps que le Capitaine aille mieux.

Les deux pirates n'insistèrent pas malgré l'envie qui les tiraillait. Ils savaient qu'il était peine perdue d'essayer de faire parler le second de l'équipage : sa loyauté envers Law était entière et totale. Ils consentirent donc à retourner à leur poste, non sans avoir jeté un dernier coup d'œil nerveux à la porte close de leur supérieur. Alors qu'il s'éloignait, Bepo soupira.

- Espérons que cette histoire ne terminera pas aussi mal que les autres...