Chapitre 1 - Réclusion

Disclaimer : Psycho Pass ne m'appartient pas, cette oeuvre est évidemment la création de Gen Urobuchi

Disclaimer 2 : l'image de couverture ne m'appartient pas non plus. Malgré mes efforts je n'ai pu remonter la trace de l'auteur. Merci à lui, elle est superbe !
Maj 03/21 : je l'ai trouvée ! Il s'agit de Rera qui réalise de superbes fanarts :3 Pas mal de ses oeuvres sont sur Pixiv, n'hésitez pas :)


Bonjour à tous ! J'ai (re)découvert Psycho Pass via l'ajout sur Netflix du film et des trois épisodes d'enquêtes :D Après un visionnage effréné il semble que j'en redemande … Je me suis donc tournée vers mon ancienne passion : la fanfiction. J'ai découvert par hasard le couple GinAka chez les anglophones. A la base je venais pour du KôAka mais quelque chose de puissant m'a interpellée chez ce couple « non-canon ». Surement l'immense Character Development de Ginoza qui offre tellement de perspectives ! Le côté tristoune voire vidé de sens d'Akane depuis quelques temps a fini par me convaincre. Je ne vous parle pas de sa réaction à la fin du film (attention aux spoils ?). Laissez la être heureuse mince ahaha (même si je ne lui réserve pas forcément un meilleur destin, en tout cas pas de suite)

Bref, j'ignore s'il reste des lecteurs sur ce fandom et si cette fiction vous intéressera, mais face à mon cerveau qui n'arrêtait pas de ruminer cette idée je n'ai pas eu d'autre choix que de (re)céder à ma passion. Bonne lecture !

PS : je n'ai pas vu les enquêtes, ni la 3ème saison. Je reprends l'histoire juste après le premier film :)


Nobuchika Ginoza ignorait ce qui avait initié ses suspicions envers l'inspectrice Tsunemori. Depuis leur retour de l'UASE, l'accumulation de nuances dans son comportement le mirent sur la piste. Elle paraissait davantage retranchée dans ses pensées. Plus absente. Certaines de ses réactions semblaient comme résignées. Il n'avait pas besoin d'être un détective pour conclure que cette distanciation inhabituelle cachait quelque chose de profond.

Son raisonnement fut confirmé lors des débriefings procéduraux sur Shambala Fleet. Pour le compte rendu envers Sybil, il lui avait explicité la conclusion de sa poursuite envers Kôgami. Tous les deux savaient que sa version n'était pas véridique, néanmoins chacun prétendait le contraire. Stoïque, elle saisissait avec un sérieux sans pareil son témoignage dans le système central : son Dominateur endommagé par le combat contre le terroriste puis Kôgami, une arrestation en règle fut impossible. Désarmé et sans moyen de le contenir, Ginoza n'avait eu d'autre choix que de le laisser fuir. Tsunemori ne chercha pas à en savoir davantage. Laissant ce sujet de côté, elle n'eut pas l'air aussi affectée qu'attendu par l'évocation de son ancien exécuteur, pourtant si proche d'elle. A sa façon. Sa seule réaction se contenta d'esquisser un maigre sourire résigné une fois le dossier finalisé.

Ginoza n'était pas aveugle. Le lien fort les unissant tous deux n'était un secret pour personne, même si sa nature exacte demeurait un mystère. A l'époque il avait délibérément choisi de ne pas les comprendre, se braquant dès leur rapprochement. Le fait que Tsunemori ait choisi de se lier davantage à un criminel dormant plutôt que lui – malgré ses recommandations plus qu'instantes – ne devait pas être étranger au rejet de Ginoza. Leur alchimie atypique ne pouvait pourtant être ignorée. Il n'avait pas pu s'empêcher de le prendre personnellement. Dépité avant d'être tourmenté par ses propres démons, il avait finalement fini par ne plus se mêler leurs affaires. Ginoza observait de loin leur étrange dynamique.

A Shambala Fleet, il ignorait pourquoi l'inspectrice lui avait confié le destin de Kôgami. Elle l'avait laissé choisir à sa place, l'autorisant à « le traiter comme il l'entendait. » Ginoza restait persuadé qu'elle aurait voulu saisir cette occasion pour le ramener elle-même au Japon, quoi qu'il lui en coûte. Elle devait se douter qu'il en arbitrerait autrement. A moins qu'elle n'ait compté sur lui pour agir ainsi. Peut-être était-elle incapable de le laisser partir elle-même. Peut-être était-elle réticente d'admettre que Kôgami ne reviendrait plus - même si elle en avait conscience depuis bien longtemps. Ou peut-être demeurait-elle bienveillante envers lui, souhaitant l'épargner du jugement de Sybille. Le choix de l'ancien inspecteur rebelle l'avait condamné à vie aux yeux du système, ce fameux jour fatidique face à Makishima.

Depuis ce briefing officiel, jamais plus Tsunemori n'aborda le sujet Kôgami. Ginoza aurait auparavant évité de s'en mêler. C'était sans compter ce besoin de la protéger qui s'était ancré au fur et à mesure des années. Quelque chose n'allait pas. Sous les remerciements apparents de la jeune inspectrice, il se demandait toujours si elle lui reprochait sa décision. D'avoir d'une certaine façon scellé la désertion de Kôgami. Tsunemori était potentiellement incapable d'en vouloir à quelqu'un – Ginoza la soupçonnait de se flageller inconsciemment plutôt que de formuler la moindre remontrance envers d'autres. Envers lui. Ce tiraillement n'était pas sain.

Sa vigilance se renforça.

Au fil des mois suivants, l'enthousiasme et la spontanéité de sa supérieure – déjà ternis par le passé – devinrent lointains. Tsunemori ne souriait quasiment plus. Son travail et ses missions semblaient être effectuées de manière automatique. Son regard si puissant devenu vide ne reprenait vie que lorsqu'elle parvenait à appliquer équitablement le jugement de Sybille. Ce qui à ses yeux revenait à accorder une dernière chance de rédemption envers les suspects, folie qu'elle seule risquait. Ginoza continuait à l'observer passivement tout en cachant ses craintes. Il n'arrivait pas encore à déterminer s'il s'agissait d'une phase éphémère de découragement qui allait se résorber ou d'un basculement plus grave.

Intérieurement, il bouillait de colère envers son ancien collègue Kôgami. Il avait l'abandonné ainsi que Tsunemori, malgré les conséquences déchirantes de ses départs. Même si pour le second, Ginoza ne lui avait pas laissé le choix. Il était convaincu qu'arrêter les frais maintenant aurait aidé l'inspectrice à tourner la page. Il semblait s'être fourvoyé. Il avait probablement sous-estimé sa peine. Un spectre misérable accompagnait chacun des pas de sa supérieure depuis Shamballa Fleet. Ce timing ne pouvait être une coïncidence.

Pourtant si Ginoza était honnête (et mettait de côté sa rage envers Kôgami) il ne pouvait exclure une cause complémentaire. Il avait déjà remarqué qu'un autre fardeau invisible semblait accabler Tsunemori depuis des années. Il ne l'avait pas vu immédiatement, car cela remontait à l'époque de l'attaque du Bureau par Makishima. Ginoza n'était pas dans son état normal à ce moment. Une fois remis de ses propres démons, cette réflexion avait muri en lui. Peut-être que cette souffrance que Tsumemori portait sur ses épaules avait fini par la rattraper.

Quoiqu'en fusse la cause de sa détérioration de moral, sa teinte de Psycho Pass restait toujours aussi indécemment claire. Akane Tsunemori restait un mystère pour Ginoza. Un qu'il cherchait dorénavant à comprendre au lieu de fuir. L'ancien inspecteur avait une vague idée de la raison de sa curiosité mais se refusait à la reconnaître. Son élan de protection n'était qu'amicalement professionnel. Il avait fini par s'attacher à elle au fil du temps, rien de plus.

Ce ne fut que lorsque l'habituelle odeur de cigarette s'arrêta un jour d'émaner d'elle qu'il fut certain de la gravité de son état. Celles que Kôgami fumait. Celles qu'elle laissait quotidiennement brûler à côté d'elle, tel un encens commémoratif. Celles qui revêtaient une symbolique encore plus forte qu'un rappel de l'ancien exécuteur. Ginoza n'était en soi pas un proche de Tsunemori, mais se doutait de la portée psychologique de cet étrange rituel olfactif. Malgré les risques du tabac sur sa santé, personne dans l'équipe ne l'avait remis en cause. Ces cigarettes demeuraient liées aux deuils de cette époque troublée – notamment la façon dont Tsunemori les avait surmonté. Celui de son amie Yuki, de Kagari ainsi que de son père. Ginoza évita de repenser à ce dernier, encore marqué par ce traumatisme. Ces évènements les avaient tous transformés d'une manière ou d'une autre : ils n'avaient plus jamais été les mêmes par la suite. Tsunemori y compris, malgré sa foi en son devoir restée immuable. Mais au final, elle avait tenu bon. Contrairement à lui. Il ne la laisserait pas parcourir le même chemin.

Silencieux comme à son habitude, l'exécuteur l'observait discrètement de son bureau alors qu'elle se perdait dans son travail – probablement en train de finaliser un énième rapport. Ses yeux ambrés qu'il avait connus empreints d'une énergie sans faille paraissaient ternes. Son visage si expressif se résumait à présent à un masque sans vie. Son état empirait. Il ne la reconnaissait plus, mais commençait à s'y habituer. La dégradation de cette atmosphère morose autour de Tsunemori devenait un phénomène récurrent. Ginoza se surprenait à ressentir une effroyable sensation de répétition envers son inspectrice : chaque mois il ressassait encore et toujours ses constats sur son état. Il savait ce qu'il se passait sous ses yeux. Pourtant, il ne réagissait pas.

Son sang se glaça à l'idée de la perdre ainsi. Pas elle. Trop de ses proches avaient fini par partir, il ne pouvait plus tolérer davantage de pertes sans pouvoir tenter de les sauver.

Cela le préoccupait à un point qu'il n'osa admettre. Profondément introverti, Ginoza évitait de s'immiscer dans la vie de ceux qui l'entouraient. Sauf lorsqu'il percevait un risque suffisamment fort pour contrebalancer ses instincts. C'était le cas à présent. Il ignorait tout ce que cela pourrait impliquer, s'il était la bonne personne pour agir ou même s'il réussirait … mais une chose était sûre : il ne pouvait plus la laisser dériver ainsi. L'ancien inspecteur avait par le passé tenu à l'écart trop de personnes qui lui importaient. Le résultat en avait été désastreux. Au diable ses incertitudes. Le support qu'il apportait dans l'ombre à Tsunemori se révélait à présent insuffisant. Il fallait qu'il lui porte secours, d'une manière ou d'une autre.

Kôgami n'était plus là, mais lui si.

Il se leva.


Voilà qui met en place le premier chapitre de cette histoire totalement imprévue et créée sous une impulsion incontrôlable :D ça fait du bien ahaha !

N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez x) J'adore les commentaires constructifs :3