Rien n'est à moi, cet univers merveilleux et les personnages sont la création de Julian Fellowes.
Un grand merci aux bêtas : SerpySnape et Suldreen194
Histoire Rated M pour une bonne raison. Vocabulaire et scènes à caractères sexuelles sont au rendez-vous dans cette histoire qui est composée de trois chapitres.
Stuck with you
1902
Il ne peut pas s'en empêcher. Il faut qu'il la pousse à bout, tout le temps. Elle l'énerve tellement, chaque jour, chaque seconde. Et il la déteste pour ce qu'elle est, pour ce qu'il devient depuis qu'elle est arrivée à Downton Abbey.
Il aurait aimé que Mrs Blunt, l'ancienne gouvernante, le consulte avant de la présenter à Madame et l'embauche. Il aurait alors vu le danger qu'elle représentait pour lui. Il la déteste et il se déteste encore plus pour ce qu'elle lui fait ressentir. Pour ses reins qui s'enflamment quand elle est dans son champ de vision, pour son sexe qui se dresse douloureusement au son de sa voix, pour son besoin viscéral d'elle qui le pousse à s'isoler une à deux fois par jour pour se prendre en main et se soulager de son envie d'elle.
Il la provoque, tout le temps, il sait qu'il ne devrait pas. Il sait que quand il voit son regard s'assombrir de colère, il n'a qu'une envie, celle de la prendre. Sans aucune cérémonie, de la prendre, de la plaquer contre un mur, de sentir ses cuisses entourer ses hanches et s'enfoncer en elle sauvagement, jusqu'à se libérer de ce désir qui le bouffe.
Il ne se reconnaît plus depuis elle, il a quarante-six ans et il se conduit comme un jeune idiot de dix-sept ans qui ne pense qu'à retrousser des jupons. Ses jupons à elle en l'occurrence.
Cela fait dix ans qu'il lutte contre lui-même, contre son envie d'elle. Cela fait dix ans qu'il la provoque, l'insulte parfois, la blesse pour qu'elle le laisse tranquille. Et c'est insupportable pour lui, de voir la douleur qu'il lui inflige, de voir parfois ses yeux qui s'embuent. Et par tous les Dieux, il veut tout d'elle, sauf la faire pleurer, ou seulement de plaisir. Alors il lui hurle en silence des mots d'excuses, des mots de désir fou, d'amour brut.
Parfois il est inconvenant, il ne peut pas s'en empêcher. Prétextant un quelconque retard, il attend qu'elle passe devant lui dans les escaliers pour regarder ses hanches se balancer, et il se laisse envahir par la chaleur que cette vision lui procure. Il serre la rampe d'escaliers à s'en faire mal pour ne pas gémir, pour ne pas lui attraper les fesses. Il imagine ses hanches, dont même la Vénus des tableaux en mourrait de jalousie, il les imagine sur lui, bougeant, le chevauchant, le faisant jouir. Et il doit se mordre la joue pour ne pas l'attraper, lui dire qu'il la veut, la coincer dans un couloir désert, se mettre à genoux, enfouir son visage sous sa jupe et la faire crier alors qu'il a sa langue sur elle. Et il regarde ses hanches se balancer, jusqu'à ce qu'elle parte d'un côté et lui de l'autre, le pantalon tendu, alors il se force à penser à quelque chose d'ignoble pour arrêter l'afflux sanguin, et quand il a le temps, il monte dans sa chambre et se caresse rudement jusqu'à la douleur, en la haïssant parce qu'il n'y a qu'elle qui le fait réagir comme ça. Il ne se reconnaît plus, il la déteste, il l'aime, il la veut.
Il ne sait plus.
Elle lui est indispensable, il n'imagine plus sa vie sans elle et elle le rend fou. Il prend ses distances du mieux qu'il peut, pour éviter de faire quelque chose de stupide. Il ne va plus aux foires ou autres amusements de ce genre, prétextant que le personnel sera plus libre s'il n'y est pas, mais c'est faux. Il n'y va pas, parce que la voir rire, sourire à ceux qui ne sont pas lui, la voir danser dans des bras qui ne sont pas les siens le consume douloureusement, alors il reste à la maison, attendant qu'elle rentre saine et sauve.
S'il était courageux, il l'accompagnerait, l'inviterait à danser, la serrerait plus prêt que de raison et lui dirait toutes ses envies d'elle au creux de l'oreille, il s'imagine qu'elle rougirait, qu'elle le giflerait et quitterait la maison le faisant mourir de folie et de chagrin. Ou bien il s'imagine qu'elle rougit, qu'elle se serre encore plus près de lui, et lui répond qu'elle le veut.
Il est fou, il est stupide.
Il continue à la pousser à bout, à la provoquer, à la faire enrager pour voir son regard s'obscurcir de colère en s'imaginant qu'il y voit autre chose.
Stupide et fou…
Il la provoque, pour la voir lui répondre. Il aime entendre son accent écossais, beaucoup plus prononcé quand elle est en colère, ses « R » qui roulent et deviennent plus rugueux sur sa langue. Il adore quand elle lève la tête et gonfle la poitrine de fierté, plantant son regard dans le sien, le défiant d'aller plus loin. Il aime la voir lui tourner le dos, la posture fière, ses fesses bougeant d'une manière terriblement érotique. Le faisant se perdre dans des fantasmes où elle est au sol, appuyée sur ses genoux et ses mains, où il est derrière elle, la prenant passionnément, à la folie.
Il est fou d'elle, fou à lier.
Cela fait trois jours qu'elle ne lui a pas adressé la parole, qu'elle l'évite parce qu'il est allé trop loin. Parce qu'il a fait couler ses larmes pour de bon cette fois, incapable de se retenir de la gifler avec ses mots, parce qu'elle a osé rire d'un bon mot du jardinier. Il lui a dit qu'elle s'épanouirait certainement mieux dans un bordel à Londres, où elle serait libre d'allumer tous les jardiniers du pays. Elle l'avait regardé, avait eu un mouvement de recul, comme si ces mots l'avaient littéralement frappée, et elle n'avait rien dit, elle avait juste pleuré, silencieusement, avant de lui tourner le dos et monter à l'étage.
Trois jours qu'il la voit à peine et trois jours qu'il se retient de tout casser, trois jours qu'il s'enferme dans la cave prétextant un inventaire d'une extrême importance et très pointilleux. Elle lui manque, douloureusement, déraisonnablement, terriblement, et il ignore combien de temps il va pouvoir gérer ce manque. Il pense que, peut-être il devrait lui offrir des fleurs, ou bien simplement lui demander pardon. Mais il ne saura pas le dire sans se trahir, sans montrer la force de ses sentiments, de la passion qu'elle fait naître chez lui, de son désir, et il en crèvera de honte quand elle le rejettera. Non, il vaut mieux qu'il reste enfermé dans sa cave, seul, à compter ses bouteilles de vin pendant des heures. Mrs Patmore a préparé un panier rempli de choses à manger, il n'a même plus à être présent pour le repas des domestiques. Il pense à sa stupidité, à la passion qu'il ressent pour elle. Parfois, il voudrait la supplier, lui demander de l'aimer, même un peu. Lui dire qu'il s'offre à elle, qu'elle le possède depuis dix ans, qu'elle doit prendre son corps maintenant avant qu'il ne fasse quelque chose d'encore plus stupide, comme démissionner.
Il appuie son front contre une caisse de bouteilles de vin tentant de reposer son esprit, juste quelques secondes.
Mais voilà qu'elle l'appelle, du haut des marches de la cave. Il l'entend appeler, il entend ses pas qui s'approchent.
Il est mortifié.
Va-t-en, reste, je te hais, je t'aime, Seigneur aide moi…
Stupide, fou et amoureux.
Il se redresse pour mieux la surplomber, il aime la regarder de haut parce qu'elle doit lever les yeux pour lui parler et il les voit mieux de cette façon.
Elle prend ça pour de la prétention, pour un besoin d'asseoir son pouvoir sur ses subordonnées. Si elle savait… Si elle savait que c'est elle qui le tient depuis le début et qu'il se tient aussi droit pour se forcer à ne pas tomber à genoux et lui hurler qu'il la veut, qu'il l'aime tellement, qu'il l'aime à en crever.
Elle lui parle, comme si rien n'avait eu lieu, comme s'il ne lui avait jamais rien dit de blessant, et il se sent encore plus minable.
Elle lui dit que Lord et Lady Grantham iront dîner chez la douairière, que les filles seront avec Nanny, et il veut qu'elle parte parce qu'il sent la douleur, le désir, l'amour, la passion qui l'habite, déborder de son corps. Il veut la retenir, lui dire tout, tout ce qui lui passera par la tête, pour l'aimer avec ses mots faute de pouvoir le faire avec son corps.
Pars, s'il te plaît. Ne t'en va pas…
Il ne sait plus. Il est fou.
« Pardonnez-moi Mrs Hughes. »
Il le dit, enfin. Il ignore comment il a réussi à maîtriser sa voix aussi bien, mais il est satisfait. Il lui a demandé pardon et il n'a plus qu'à espérer qu'elle l'accepte.
Elle le fera, elle lui pardonne toujours. Même si à présent, elle a plutôt envie de le laisser mariner dans sa honte, mais elle lui pardonne. Toujours. C'est une idiote, et une folle, elle le sait.
« Je vous pardonne, Mr Carson. »
Il peut enfin respirer un peu mieux, ce n'est pas tout à fait ça, puisqu'il lui faudrait sa bouche, son corps, son sexe pour qu'il trouve son oxygène mais son pardon fera l'affaire.
« Pourquoi, Mr Carson ? » Elle sait que sa question restera sans réponse. Mais il faut qu'elle la pose, elle a besoin de sa voix. Cela fait trois jours qu'elle ne l'a pas entendu, trois jours qu'elle a l'impression d'agoniser du manque de lui. Elle sait qu'elle le pousse parfois un peu pour provoquer sa colère ou une remarque acerbe de sa part. Elle aime entendre sa voix gronder, elle aime voir ses yeux s'assombrir, voir ses poings se serrer et sa poitrine se soulever quand il est en colère contre elle.
Parfois elle l'attend, dans l'encadrement de la porte pour qu'il la frôle, accidentellement, pour qu'elle puisse s'enivrer de cette main qui effleure sa hanche et du parfum qu'il dégage. Et quand elle est dans son lit, le soir, elle pense à ce moment en se balançant contre sa main, s'imaginant qu'elle est pleine de lui, et elle jouit avec son nom sur les lèvres.
Elle fait en sorte de toujours lui parler à table, parce que le son de sa voix lui procure des sensations que lui seul sait faire naître en elle. Quand il parle, la voix légèrement plus basse, elle se sent vibrer, littéralement de désir, et elle doit serrer ses cuisses l'une contre l'autre pour amener un peu de friction et se soulager du mieux qu'elle peut. Elle le veut, elle le désire tellement en elle, qu'elle en a mal. Elle sait que la saison débute dans deux semaines, que bientôt il sera parti pour plusieurs mois. Et qu'elle aura mal. Qu'elle ne saura plus où regarder, il sera partout de toute façon. Il la possède déjà sans la toucher. Elle est folle, elle l'aime.
Elle attend qu'il lui réponde, et lui ne bouge pas. Il lui tourne de nouveau le dos parce que la regarder provoque des réactions inappropriées. Ils sont seuls dans la cave, à l'abri des regards, et même ses gémissements seraient étouffés par les murs épais.
« Allez-vous-en, Mrs Hughes. Allez vous coucher. »
Mais elle ne part pas.
« S'il vous plaît, Mr Carson, regardez-moi quand vous me parlez. »
Il ferme les yeux, souhaite les souder pour qu'ils ne se rouvrent jamais sur elle et sa beauté, sur son corps qui l'appelle. Il donne un coup de poing dans la caisse contre laquelle il s'était appuyé quelques instants auparavant.
« Mrs Hughes, s'il vous plaît, partez. » Il faut qu'elle s'en aille, elle ne sait pas la torture que c'est de la savoir juste là, il lui suffirait de se retourner, de tendre légèrement le bras pour la toucher, pour l'amener contre lui.
« Non. Pas sans avoir vu votre visage, Mr Carson. » Il souffle de façon erratique. A quoi bon lutter contre elle de toute façon ? C'est elle qui gagne, toujours. Alors il se retourne, et elle doit reculer un peu tant le regard qui lui offre la frappe. Ses yeux la supplient, et elle ne sait pas ce qu'il demande. Veut-il qu'elle parte, qu'elle dise quelque chose ? Elle ne sait pas et ça la rend folle et elle a mal de le voir comme ça.
« Je ne veux pas être coincé avec vous. »
Il lui ment, évidemment qu'il veut être coincé avec elle, coincé en elle, tout le temps. Elle acquiesce, il pense l'avoir blessée encore une fois, mais si c'est le cas elle ne le laisse pas le voir. Elle fait un pas vers lui, pose une main sur son bras et elle voit que sa respiration se bloque.
« Charles… »
Il ferme les yeux.
« Non… s'il vous plaît, Mrs Hughes. »
Mais elle ne le lâche pas et au contraire resserre sa prise sur son bras.
« Charles… »
Il ouvre les yeux et déglutit. Elle a compris, il se sent minable et honteux.
« Charles, s'il vous plaît, ne me chassez pas. » et elle se rapproche encore un peu.
« Vous ne savez pas ce que vous me demandez… Je ne veux pas être coincé avec vous, Elsie. »
Son prénom sur ses lèvres, la vague de désir qui déferle sur elle lui coupe la respiration, soudain son corset l'étouffe, elle veut l'arracher, elle ne veut plus rien, elle ne veut que lui.
« Je ne veux pas partir, Charles. Ne me chassez pas, pas encore. » Et elle amène sa grande main à sa bouche et l'embrasse.
« Vous ne pouvez pas… Elsie… »
Il est fou, fou de ne pas en profiter, fou de ne pas se jeter sur elle, alors qu'elle est en train de chérir sa main.
« Elsie… »
Ce dernier sonne comme une supplique. Et même lui ne sait pas s'il la supplie d'arrêter ce qu'elle fait avec sa bouche ou s'il lui demande de ne surtout pas arrêter.
Il ne s'en rend pas compte, mais il se rapproche d'elle et elle lève de nouveau ses beaux yeux bleus sur lui et il le sait, il est perdu. Si elle lui demande de la prendre maintenant, il le fera, sans se soucier du risque qu'ils ont de se faire surprendre, de se faire renvoyer, sans se soucier du fait qu'il la ruinerait pour de bon.
Elle se met sur la pointe des pieds, elle tient toujours sa main dans les siennes, plus sur sa bouche, mais contre son cœur, et il le sent battre, tellement fort qu'il ne sait plus si ce sont les battements de son propre cœur ou ceux de la femme devant lui.
Elle pose ses lèvres sur le bord des siennes, à peine un effleurement, une petite caresse aussi douce qu'un mouvement d'ailes de papillon. Il s'entend gémir et il cède. Alors que les lèvres d'Elsie sont toujours posées sur lui, il tourne la tête et l'embrasse enfin férocement, avidement.
Non, il n'y arrive plus, il ne peut plus se contrôler, il veut la faire sienne, la marquer d'une façon ou d'une autre, lui laisser son empreinte. Il lâche ses mains pour lui attraper les hanches et il la colle contre lui, elle met ses bras autour de son cou, enfoui ses mains dans ses cheveux et gémit contre sa bouche alors qu'elle cherche aussi à se coller plus à lui. Elle non plus ne veut plus se contrôler, elle le veut, elle veut se fondre en lui, elle veut qu'il porte sa marque, qu'il parte à Londres avec le souvenir d'elle autour, et ancrée en lui. Qu'il parte avec son odeur imbriquée dans chaque parcelle de sa peau et elle en veut autant de lui.
Ils s'embrassent passionnément, elle le laisse mener cette danse, trop heureuse de se laisser guider par sa langue, de pouvoir s'enivrer du goût de sa bouche. Il la serre maintenant avec force contre son corp solide, elle pourrait flancher qu'elle ne tomberait pas, il la tient, solidement. Soudain il arrête le baiser et s'éloigne d'elle, le souffle court, le regard fou.
Elle aussi est essoufflée et elle se sent vide quand il s'éloigne.
« Elsie… Je… » Il se passe une main dans les cheveux, se décoiffant complètement avant de continuer : « Je ne peux pas, vous ne savez pas ce que… » Il la regarde s'approcher de nouveau de lui.
« Charles, parfois ça fait tellement mal… »
Il comprend, parce qu'il ressent cette douleur, il la ressent depuis dix ans, mais il peine encore à croire qu'elle partage tout ceci. Elle est de nouveau très proche de lui, les lèvres toujours rougies de leur baiser passionné, et il sent son corps se tendre encore plus au souvenir de sa langue contre la sienne.
Il pose sa main sur sa joue et de son pouce, caresse sa lèvre. Elle ferme les yeux sous le contact et embrasse le doigt qui la touche. Il lutte pour être raisonnable, il est le chef de la maison, c'est à lui qu'incombe cette responsabilité. C'est douloureux, mais au moins il sait qu'elle partage la douleur, et le fardeau se fait plus léger. Il abaisse son visage et dépose un baiser léger sur ses lèvres et s'en va. Il remonte enfin.
Elsie ouvre les yeux, ressentant toujours la caresse sur sa bouche. Elle sait qu'elle ira le trouver avant qu'il ne parte pour Londres. Elle ira à lui pour l'aimer de toutes ses forces, pour le prendre et il la prendra de la même manière, il l'aimera aussi fort lui aussi, au moins pour une nuit. Elle pense que ça rendra son départ plus supportable. Elle l'espère.
oOo
TBC...
See you next week for chapter two.
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