DISCLAMER: Je ne possède rien, et cette fiction ne se prend absolument pas au sérieux
Song: [Into the unknown]; Frozen
Je fronce les sourcils en reposant mon pendule sur mon bureau, un long soupir m'échappe alors que j'éteins mon encens d'un claquement de doigts, agacée je me lève et me débarrasse de mon grimoire en le lançant sur mon lit. Le soleil vient à peine de s'éveiller, la nuit passée a recouvert Londres d'un épais manteau blanc. J'attrape mon pullover noir et ma paire de rangers et mon pantalon en cuir. Je m'habille en descendant l'escalier qui mène à la cuisine.
-Bonjour Rosie, bien dormi ?
Anne se tient avachie sur la table, le nez dans son bol de céréales, un café dans la main droite et dans l'autre son téléphone portable. Ses longs cheveux noirs sont rassemblés en un chignon désordonné et ses yeux gris sont criblés de cernes. Salem monte sur la table en renversant le bol sous les exclamations de sa propriétaire, elle le pousse de ma dite table en m'indiquant la chaise à sa droite.
-Je n'ai pas le temps, faut que je passe à la boutique de Becca. Je soupire en laçant mes chaussures. Elle a une commande pour moi !
J'attrape une pomme sur le comptoir derrière moi et la range dans la poche de mon manteau.
-Ah oui ? De quel genre ?
-Tu devrais savoir Anne, n'as-tu passé la nuit avec elle ?
Elle me lance un regard noir en baissant définitivement les yeux et en se terrant dans un mutisme dont je n'arrive pas à l'extraire. Je soupire longuement en quittant l'appartement, je récupère mes clefs de voiture dans la poche de mon manteau et la déverrouille à distance en m'avançant sur le parking désert. Je soupire lourdement en ouvrant la porte et en m'engouffrant dans l'habitacle glacé par sa nuit, dès lors que mes doigts tournent la clef dans le contact, que le chauffage s'enclenche et défait mes cheveux. La musique qui sort difficilement de l'autoradio, grésille et entame Show Must Go On. Je m'attache et avant que je ne puisse démarrer, la porte côté passager s'ouvre et Anne s'engouffre dans la voiture, sans un mot et s'attache en posant son sac à l'arrière. Je la fixe pendant quelques longues minutes, elle reste silencieuse en fixant son téléphone.
-Anne, je ne suis pas un taxi !
Ma cousine grogne et sort cinquante livres de son sac, me les tend sans lever les yeux vers moi. Je grogne à mon tour en démarrant.
-Ce n'est pas une question d'argent, mais de savoir-vivre ! Tu boudes et je déteste ça, tu es une adulte Anne, plus une enfant.
Elle ne répond pas pendant le reste du trajet. La circulation pour arriver jusqu'à Piccadilly Circus est horrible, je peste contre quelque entité céleste.
Je me gare sur le parking de la boutique, la devanture annonce "Bishop, Herbes et Épices". Je sors du véhicule en attrapant mon sac et en croquant dans la pomme. Je m'avance vers la porte, que je finis par clancher, suivie de près par Anne, le carillon qui résonne dans la boutique, m'arrache un sourire. Une forte odeur d'encens, d'origan, de lavande, de pomme m'assaillie alors que je me dresse devant le comptoir, l'étagère qui surplombe la table de travail de Rebecca, est rempli par des centaines de pots de différentes couleurs, de bouteilles dont les fumets sont visibles à travers le verre, de bouquets d'herbes séchées et toutes sortes d'onguents. La porte de l'arrière-boutique s'ouvre dans un grincement désagréable et l'odeur sucrée de Rebecca emplie la pièce. Ses longs cheveux bleus sont plaqués en arrière grâce à un bandeau noir couverts de breloques en lien avec sa magie des plantes, ses yeux verts et son visage rond s'illumine lorsqu'elle croise mon regard, mais perd en intensité en croisant celui d'Anne.
-Rosamund, que puis-je pour toi, Darling ?
Elle me sourit en déposant un baiser bruyant sur ma joue gauche, elle s'adosse à son comptoir en m'observant longuement.
-Bonjour Becca, je suis venue pour ma commande. Je réponds en jetant un regard à Anne qui n'a pas bougé depuis notre arrivée.
-Ah oui, j'avais presque oublié !
La jeune sorcière tapote son front en passant derrière son comptoir, elle se penche et fouille dans le meuble face à elle, finit par en sortir un gros pot à confiture, qu'elle pose à côté de son gros pot d'Aloe-Vera, qui vit clairement sa meilleure vie sur ce comptoir.
-Voilà, tu bois ça en infusion tous les soirs. Elle me sourit en me tendant le pot qui sent la lavande et une odeur que je ne reconnais pas. Cela devrait faire effet sous quelques jours.
Je range le pot dans mon sac en la remerciant du bout des lèvres, je dépose cent-cinquante livres sur le comptoir en lui embrassant la joue.
-Rosie, Rosie, Rosie ! Tu sais bien que je ne fais pas payer les membres du Coven ! Elle me tape le front du revers de la main et remettant l'argent dans ma poche. Surtout toi, imbécile ! Invite-moi à diner plutôt !
Anne tourne les talons et claque la porte de la boutique en sortant, Rebecca m'observe quelques longues secondes en arrosant ses plantes, elle esquive mes questions d'un détaché signe de la main. Je fais la moue.
-D'ailleurs. Je commence en m'asseyant sur l'un des massif fauteuil de la boutique. Est-ce que tu sais si Sasha Redd continue ses séances ?
Elle prend un air grave en s'asseyant en face de moi, elle me tend une boite de cookies qu'elle vient de prendre sur la table en chêne massif. La porte de la boutique se verrouille et les stores se baissent. Je prends un cookie à la pomme en me redressant.
-Elle a été contrainte d'arrêter. Elle n'est pas parvenue à contrôler ce qu'elle voyait…Elle était beaucoup trop jeune. Rebecca baisse les yeux en mangeant son cookie aux noix. Le conseil a donc décidé de sceller ses pouvoirs et de lui apprendre à s'en servir correctement.
-Mais elle va bien ? Je demande finalement après un long silence.
-Oui, Martha l'a soignée et elle est en convalescence chez ses parents à Hounslow. Elle sourit. Tu as besoin des services d'une oniromancienne ?
Je pousse un long soupir en me levant, faisant les cents pas dans la boutique.
-A dire vrai, mon tatouage a changé de place, je ne comprends pas pourquoi. Je commence. Mon tarot et mon pendule ne veulent pas me répondre, j'avoue être un peu désemparée.
Elle fronce les sourcils en se levant à son tour, elle pose son cookie sur la table, sans le terminer.
-Montre-le moi, Rosamund.
Je m'exécute en retirant mon t-shirt, ma poitrine jusqu'alors vierge de tout encre, se voit maintenant affublée du tatouage d'un serpent aux ailes blanches, se mordant la queue.
-Un Ouroboros. Murmure Rebecca. Ton élément est bien le feu ? J'hoche doucement la tête. C'est bien toi alors…Ton destin ineffable vient de se mettre en route ma chère.
- Ineffable ?
