Bon matin ! J'espère que vous allez bien :) il fait beau et il commence à faire chaud chez moi, ça fait plaisir ! Nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira. Pour une fois, la traduction a été rapide, et je n'ai pas ressenti le besoin de changer trop de petites choses, simplement quelques ajouts pour une meilleure compréhension. Il faudrait que je change aussi dans la fic d'origine, mais je n'ai pas le courage.

ATTENTION : dans ce chapitre et quelques uns qui arrivent, j'ai repris certains dialogues/descriptions du tome 7 écrit par J. qui me paraissaient être nécessaires. Je pense que vous les reconnaîtrez, donc je n'ai pas mis de style particulier pour les mettre en avant, si c'est nécessaire pour les admins, n'hésitez pas à me le dire. Je n'ai pas tout mis, parce que je préfère réécrire ou passer les passages que vous connaissez forcément, mais comme je me base malgré tout sur le livre 7, j'ai envie que ça se ressente et qu'on voit que ça aurait pu aller dedans.

Voilà, bonne lecture :)


- Tu as bien tout ce qu'il te faut ? lui demanda la jeune fille pour la quatrième fois.

Drago leva les yeux au ciel. S'ils n'avaient pas été dans une situation aussi critique, il aurait pu trouver drôle qu'Hermione Granger s'inquiète pour lui.

- OUI Granger, tout est sous contrôle... J'ai prévu de préparer le reste des potions pendant les jours qui viennent. Ne t'en fais pas, tu ne me manqueras pas trop.

Elle lui frappa la poitrine en faisant la moue, sa façon à elle de dire qu'elle ne le trouvait pas très drôle, mais il ne s'en formalisa pas. C'était, en très peu de temps, devenu une sorte de tradition amicale entre eux.

- A vrai dire, c'est plutôt moi qui devrais te demander si tu te sens prête. Un séjour chez les Weasley est une chose, mais alors assister au mariage d'un des membres de la famille, je ne préfère pas imaginer.

- Ha, ha, Malfoy, ça ne te lasse pas que je ne rigole jamais à tes tentatives foireuses de blagues ? demanda-t-elle, essayant tant bien que mal de cacher son amusement.

- Je passe pour cette fois, Granger, mais je ne suis pas dupe, fit-il sur un ton qu'il espérait sérieux.

Le sourire de Granger s'élargit encore plus, et il le lui rendit.

- Tu devrais y aller, lui dit-il, je pense qu'ils vont s'inquiéter si tu es en retard.

- En effet, fit-elle, mais elle ne bougea pas. Tu m'accompagnes ? demanda-t-elle finalement, sans le regarder. Il accepta et tous deux sortirent de la tente. Elle se retourna, les yeux braqués sur son visage.

- J'essayerai de passer ce soir, mais je ne te promets rien. Tu as toujours ton Galleon sur toi ?

Il le sortit de sa poche et le lui montra.

- Il est là, je ne risque pas de le perdre.

- Bien, répondit-elle, très bien.

Le silence s'installa et aucun d'eux ne fit un geste, appréhendant la séparation. Elle, parce qu'elle anticipait déjà les questions concernant sa famille et lui, parce qu'il serait de nouveau seul. Finalement, ce fut Granger qui fit le premier pas, s'avançant vers Drago et le serrant quelques secondes dans ses bras avant de s'éloigner précipitamment sans un mot, transplanant dès qu'elle en eu l'occasion.

XXX

Elle apparut à la lisière d'une forêt et observa les alentours avec attention. Le champ est de ce côté, se souvint-elle. Elle envoya son patronus en direction du terrier et attendit que Mr. Weasley arrive. Moins de cinq minutes plus tard, la voix de ce dernier se fit entendre.

- Hermione, tu es là ?

- Mr. Weasley, par ici !

Arthur Weasley approchait lentement, sa baguette tendue devant lui.

- Bonjour Hermione. J'espère que ça ne te dérange pas si nous vérifions nos identités avant que je ne t'emmène ?

- Pas du tout, répondit-elle, allez-y.

- Que s'est-il passé il y a presque deux ans, un 21 décembre ?

Elle n'eut pas besoin de réfléchir pour répondre, le souvenir était gravé à jamais dans sa mémoire.

- Vous avez été mordu par Nagini. Les Guérisseurs ont eu recours à des points de suture pour refermer la plaie car vous vous vidiez de votre sang.

- Correct, fit-il avec un sourire un peu forcé. A toi.

- Que s'est-il passé la dernière fois que je vous ai rendu visite, quand je suis allée dans la chambre des jumeaux ?

Le visage de Mr. Weasley s'éclaira, et il répondit sans hésiter.

- L'une de leur invention t'a frappée et t'a fait un joli bleu au niveau de l'œil. Tu l'as gardé quelques jours.

- C'est exact, dit-t-elle, amusée. A l'époque, je n'avais pas trouvé ça très drôle.

- Tout à fait compréhensible, lui fit-il avec un petit sourire. Heureux de te voir, Hermione, ajouta-t-il en tendant son bras.

- Heureuse d'être arrivée, Mr. Weasley, répliqua-t-elle en s'accrochant à lui.

- Allez viens, je t'amène à la maison.

Hermione hocha la tête en signe d'assentiment, essayant de ne pas penser à sa propre maison.

XXX

Le Terrier était toujours en effervescence, mais il semblait que le mariage n'avait fait qu'empirer les choses. Ce fut tout du moins l'impression qu'eut Hermione en entendant Mrs. Weasley réprimander les jumeaux.

- Georges, pour la dernière fois, tu es censé mettre des bonbons normaux dans les boîtes, pas ceux que tu vends !

- Chère maman, comment pouvez-vous croire que nous ferions une chose pareille au mariage d'un de nos frères ? rétorqua Fred le sourire aux lèvres.

- Je n'arrive pas à croire que notre propre mère ait une si mauvaise opinion de nous ! acquiesça George, essuyant avec exagération une larme invisible.

Mr. Weasley, qui savait comment ce genre de scène se terminait généralement, décida qu'il était temps de détourner l'attention de sa femme avant qu'elle ne jette un sort à ses fils. Ils se râcla bruyamment la gorge, avant de pousser légèrement Hermione en direction de sa femme.

- Molly, chérie, regarde qui vient d'arriver ?

Molly Weasley se retourna instantanément et un grand sourire apparut sur son visage.

- Hermione ma belle, je suis tellement heureuse de te voir ! Tout s'est bien passé ? Comment vont tes parents ?

- Très bien, répondit la jeune fille d'un air évasif, tout le monde va très bien.

Molly lui sourit à nouveau et lui dit qu'elle pouvait amener ses affaires dans la chambre de Ginny.

- Nous n'avons pas beaucoup de place en ce moment, les Delacour vont bientôt arriver et il y a encore Harry qu'il faut aller chercher... tu as l'intention de les accompagner ? demanda-t-elle, apparemment intéressée par la réponse.

- Oui, c'est ce qui est prévu. Je vais bientôt avoir 18 ans, je ne pense pas que ça posera de problème, ajouta-t-elle rapidement lorsqu'elle vit l'air inquiet de Mrs. Weasley.

- Oui oui, tu as bien raison, répondit cette dernière, même s'il était évident qu'elle ne pensait pas un mot de ce qu'elle disait. Pourrais-tu demander à Ginny de descendre lorsque tu la verras ? Je m'excuse, mais je vais avoir besoin de votre aide à toutes les deux, il y a encore tellement de choses à faire...

- Ça ne me pose pas aucun problème, tenta de la rassurer Hermione, je reviens dans quelques minutes, continua-t-elle tout en se dirigeant vers les escaliers qui menaient aux chambres. Quelques secondes plus tard, elle frappa à la porte de son amie, et celle-ci s'ouvrit promptement.

- Hermione, enfin ! soupira Ginny en la laissant entrer. Maman est devenue complètement folle depuis début juillet, je ne pensais pas réussir à survivre avant que ton arrivée !

- J'ai cru comprendre, oui, répondit Hermione, c'était vraiment horrible ?

- Oh que oui, confirma la jeune fille. Elle veut que tout soit parfait pour le mariage. Je ne peux certainement pas lui en vouloir, mais par Merlin elle est en train de nous rendre fous ! Je crois que ce qui est arrivé à Bill n'a pas aidé, et Ron a laissé échapper la semaine dernière que vous n'aviez pas l'intention de retourner à Poudlard.

- Quoi ? s'insurgea Hermione, il ne l'a pas mentionné dans sa dernière lettre !

- Je pense qu'il ne voulait pas que tu l'apprennes, il se plaint que tu ressembles à maman quand tu t'énerves mais crois-moi, elle ne l'a pas épargné non plus quand elle l'a entendu.

- J'espère qu'elle lui en a fait baver, s'enflamma Hermione. Personne ne devait être au courant de notre départ.

- Je le sais bien, murmura la rouquine.

- Ginny...

- Non, je t'en prie, ne cherche pas à me dire quoi que ce soit, je sais que vous n'avez pas le choix.

Hermione acquiesça silencieusement.

- Je suppose que maman nous a demandé de venir l'aider ? demanda son amie après quelques minutes de silence.

- Oui.

- On ferait mieux d'y aller, alors.

XXX

Il était minuit passé lorsqu'un son semblable à celui de quelqu'un qui venait de transplaner se fit entendre et, même s'il se doutait de qui il s'agissait, Drago prit sa baguette avec lui avant de sortir. Il aperçut Granger à une centaines de mètres de la tente quelques instants plus tard, l'air extrêmement fatiguée, et il se demanda ce qui avait pu lui arriver pour être dans un état pareil. Il baissa sa baguette dès qu'elle eut franchi la limite des barrières qu'ils avaient installées : elle seule pouvait entrer.

- Hey.

- Hey, répondit-il. Tu as une sacrée tête dis-voir.

Elle le fusilla du regard.

- Molly nous a demandé de l'aider pour les préparatifs du mariage. Je me suis arrêtée il y a seulement deux heures et j'ai dû attendre que Ginny s'endorme avant de pouvoir venir ici. Et toi ?

- Je nous ai préparé un petit stock de potions. Pour l'instant, j'ai préparé du Skelegro, de la potion de Régénération sanguine et de la pommade anti-brûlure. J'étais sur le point de commencer un philtre Calmant, est-ce que tu veux m'assister ou est-ce que tu es trop fatiguée ?

Elle haussa les épaules.

- Je peux le faire.

Elle l'accompagna à l'intérieur de la tente et commença à couper les différents ingrédients qu'il avait préparé pendant qu'il s'occupait du feu. Comme toujours lorsqu'ils étaient ensemble, la conversation tourna autour des préparatifs.

- J'ai parlé à Arthur avant le dîner, il m'a donné sa tente sans me demander ce que j'avais l'intention d'en faire.

- Bien, mieux vaut en avoir une de rechange au cas où.

Il ajouta de la poudre de pierre de Lune et attendit que la potion prenne une couleur verte.

- Et lui et les jumeaux ont métamorphosé la goule de la famille de manière à ce qu'elle ressemble à Ron atteint d'Eclabouille.

- Pitié Granger, je ne veux pas plus de détail.

- Quoi, c'est un plan qui tient la route. Quelqu'un pourrait venir voir pourquoi il n'est pas à Poudlard.

- Granger...

- Pardon.

Elle lui tendit le reste de la poudre et focalisa son attention sur la préparation du sirop d'ellébore.

- Ron m'a demandé ce que mes parents feraient si un représentant du Ministère venait sonner à leur porte, confia-t-elle au bout d'un moment.

Drago continua de tourner la préparation mais releva la tête. Elle avait l'air mélancolique, et il sentit son cœur se serrer en la voyant ainsi.

- ... tu lui as dit ?

- Oui, répondit-elle. Sa voix tremblait, mais elle continua. Il a été vraiment gentil, tu sais ? Il m'a dit que je n'étais pas obligée d'en parler si je n'en avais pas envie. Je crois que c'est la première fois qu'il m'a dit quelque chose d'aussi attentionné.

- Je suppose que c'est une bonne chose, fit-il, cherchant une réponse appropriée qui ne contenait pas d'insulte à l'égard du rouquin.

- Oui, c'en est une.

La potion mijotait à présent, et Drago savait qu'ils avaient une quinzaine de minutes avant qu'elle ne change de couleur. Il posa sa main sur celle de Granger et la serra quelques instant, espérant qu'elle comprendrait qu'il partageait sa douleur. Lui aussi pouvait faire preuve de sensibilité.

- Du thé ? demanda-t-il.

- Oui, s'il te plaît, accepta-t-elle d'un air un peu trop enjoué pour être naturel.

Il attendit qu'elle relâche sa main et partit préparer le breuvage. Lorsqu'il revint, cependant, elle dormait sur le canapé. Il décida de la laisser dormir jusqu'à ce que la potion soit terminée

XXX

Alastor Maugrey était un grand malade. Certes, Hermione était au courant depuis longtemps, mais dans une certaine mesure seulement. Le plan que proposait l'ancien Auror était extrêmement dangereux, surtout pour les personnes qui n'auraient pas pris l'apparence d'Harry. Cependant, il n'avait pas voulu l'écouter, et elle avait été la seule à penser qu'ils devaient chercher un nouveau plan. C'est ainsi que, moins de 48h après son arrivée au Terrier, elle se retrouva sur le pas de la maison d'Harry. Alors qu'il ouvrait la porte, tout le monde le salua et elle s'avança pour le serrer dans ses bras. Comme il lui avait manqué !

Apparemment surpris – évidemment, il ne connaissait pas encore le plan – il les conduisit dans la cuisine. C'est bizarre d'être ici, pensa-t-elle en observant la pièce. Elle savait qu'Harry n'avait pas de bons souvenirs de cet endroit et qu'il serait heureux de quitter cette maison pour toujours. Mais il aurait pu y passer une enfance heureuse si sa famille avait choisi de l'accepter tel qu'il était. Elle pensa aux Malefoy et se demanda comment ils auraient réagi si Tonks avait été déposée devant leur porte lorsqu'elle n'était qu'un bébé. Peut-être aurait-elle au moins eu sa propre chambre. Le Manoir devait être suffisamment grand pour que plusieurs personnes y vivent sans se croiser pendant plusieurs semaines, si elle en croyait la taille de la tente. Et ils n'auraient même pas eu besoin de s'occuper d'elle. Les elfes étaient là pour ça.

Elle entendit Harry pousser un cri indigné lorsqu'il vit le contenu du flacon que tendait à présent l'Auror.

- Je les avais prévenus que tu réagirais comme ça, dit Hermione en prenant un petit air supérieur.

Mais le reste du groupe était déjà en train d'essayer de convaincre Harry que c'était une bonne idée, et il finit par accepter de donner quelques-uns de ses cheveux.

- Oh, Harry, tu as l'air d'avoir bien meilleur goût que Crabbe et Goyle, dit-elle avant de croiser le regard de Ron. Elle rougit légèrement et essaya de se rattraper. Tu comprends bien ce que je veux dire, continua-t-elle, la potion de Goyle ressemblait à de la morve.

- Bon, alors, les faux Potter en file indienne, s'il vous plaît, dit Maugrey.

Elle et les autres personnes désignées s'alignèrent devant l'évier et, après que Maugrey ait rappelé à Mondingus qu'il serait mieux protégé s'il avait l'apparence d'Harry, ils burent la potion. Après seulement quelques secondes, elle commença à ressentir les mêmes effets désagréables que ceux qu'elle avait eus quelques années plus tôt, mais cette fois cependant, aucune queue de chat ne décida d'apparaître. Malgré tout, elle eut la désagréable surprise de grandir un peu trop rapidement à son goût et sentit ses cheveux se rétracter dans son crâne.

Fred et Georges, quant à eux, semblaient s'amuser comme des fous.

- Ça alors... On est exactement pareils ! firent-ils d'une même voix.

- A la réflexion, je ne sais pas, reprit Fred qui examinait son reflet dans la bouilloire. Je crois que c'est toujours moi le plus beau.

- Oh, là, là ! s'exclama Fleur en se contemplant dans la porte du micro-ondes, Bill, ne me regarde pas, c'est fou ce que je peux être horrible !

Hermione se sentit agacée par la remarque. Était-ce vraiment le moment de se préoccuper d'une chose aussi futile ? Elle essaya d'examiner son nouveau corps mais se rendit compte qu'elle avait à présent du mal à voir quoi que ce soit.

- Harry, tu as une vue vraiment épouvantable, commenta-t-elle en mettant des lunettes.

Elle avait pris sa fausse cage avec un hibou et son sac à dos, et écoutait distraitement Maugrey se disputer - encore une fois - avec Mondingus et indiquer aux faux Harry leur partenaire de voyage. Peut-être que j'aurais dû dire quelque chose à Malefoy au sujet de la mission, se dit-elle, se sentant un peu coupable. Mais non, il ne pouvait rien leur arriver après tout, car on avait fait croire aux Mangemorts qu'Harry ne partirait que dans quelques jours. Elle suivit le reste du groupe qui était en train de quitter la pièce et accepta la main que Kingsley lui tendait pour monter sur le Sombral. Elle s'accrocha à lui et tenta de trouver une position quelque peu confortable.

- Bonne chance à tous, cria Maugrey, on se retrouve au Terrier dans une heure environ. Attention, à trois. Un... Deux... TROIS.

Elle sentit le Sombral quitter le sol et essaya de ne pas regarder autour d'elle jusqu'à ce qu'ils soient suffisamment haut dans les airs. Mon Dieu, elle détestait vraiment voler. Au bout d'un moment, elle sentit la cage glisser de sa main et décida de la sécuriser avec une corde qu'elle fit apparaître. Cela la soulageait d'avoir une tâche pour lui occuper l'esprit, même quelques secondes, et elle pivota légèrement pour attacher la corde à son sac.

C'est alors qu'elle vit les Mangemorts. Elle cria le nom de Kingsley et lança un sort en direction de la silhouette la plus proche. Comment était-ce possible ?! Personne, à part quelques membres du groupe, était au courant de leur départ. Espérons que Rogue ne soit pas là ! pensa-t-elle. Elle savait qu'il y avait une forte probabilité malgré tout, mais au moins elle savait qu'il n'essaierait pas de tuer qui que ce soit. Cependant, que se passerait-il si un membre de l'Ordre le tuait ? Elle n'avait aucun moyen de le contacter car c'était trop dangereux, comment pourrait-elle savoir qu'il ne lui était rien arrivé ?

Elle tenta de mettre ses doutes de côté et se concentra sur ses attaques. Autour d'elle, les cris continuaient, tout comme les gerbes lumineuses dues aux sorts lancés. Le groupe s'était séparé, et elle vit que cinq Mangemorts les suivaient encore. Elle lança un poing en l'air en signe de victoire lorsqu'elle réussit à en toucher un, mais sentit son cœur s'arrêter lorsque Kingsley en fit tomber un de son balai. Elle n'eut pas le temps de se demander si elle le connaissait car un sort arriva sur elle, et elle réussit à le parer. Elle ne vit cependant pas le second partir, et son bras se mit soudainement à la brûler.

- Et merde.

- Ils t'ont eue ? lui cria Kingsley.

- Oui mais rien de grave, je peux encore bouger mon bras, répondit-elle, essayant de suivre les mouvements de ses ennemis.

- On a fait la moitié du chemin, courage !

Hermione était sur le point de répondre lorsqu'elle eut l'impression que quelque chose était en train de se passer du côté des Mangemorts, et elle se figea lorsqu'elle reconnut la nouvelle silhouette qui était apparue.

- KINGSLEY ! hurla-t-elle, la voix d'Harry résonnant dans ses oreilles, KINGSLEY, IL EST ICI !

L'homme devant elle se retourna rapidement, et tous les deux commencèrent à faire pleuvoir les coups, autant pour se défendre que pour se protéger. Voldemort approchait rapidement d'eux lorsque, soudain, lui et ses sbires disparurent.

- Mon Dieu, fit-elle sous le choc, est-ce que tu as vu ça ? Il peut...

- Voler sans aucun support, oui, confirma l'Auror, qui semblait également secoué parce qu'il avait vu. Je n'aime pas vraiment le fait qu'il soit parti comme ça, j'espère qu'il n'a pas appris qui était le vrai Harry.

- Merlin... Combien de temps encore ?

- Un peu plus de vingt minutes.

- Espérons que tout le monde s'en sorte, alors...

XXX

Le Portoloin les mena rapidement au Terrier et Hermione ouvrit les yeux dès qu'elle fut certaine de pouvoir se mouvoir sans avoir la nausée. Elle sentit que son corps reprenait son apparence d'origine lorsqu'elle aperçut au loin des silhouettes semblant les attendre et reconnut Harry. Sans réfléchir, elle se précipita dans ses bras, ignorant la douleur qui traversait son corps de part en part et écouta Kingsley et Rémus qui vérifiaient leurs identités respectives. Elle se figea, et se sermonna intérieurement. Pourquoi n'avait-elle pas pensé à faire cela avant de se précipiter vers son ami ? Qui sait, peut-être aurait-ce pu être un piège ! Rapidement, cependant, elle cessa de se tourmenter et écouta la conversation.

- Seulement Harry, Hagrid, George et moi, fit Rémus d'un air sombre.

Elle sentit son cœur se serrer et étouffa un gémissement derrière sa main. Pauvre Rémus, si quelque chose arrivait à Tonks...

- C'est donc pour ça qu'il est parti. Mais qu'est-ce qui l'a décidé à changer de cible ?

- Harry s'est conduit un peu trop gentiment avec Stan Rocade, expliqua Lupin.

- Stan ? répéta Hermione. Je croyais qu'il était à Azkaban ?

Kingsley laissa échapper un rire sans joie.

- Hermione, il y a eu de toute évidence une évasion massive dont le ministère a interdit de parler. J'ai reconnu Travers dont le capuchon a glissé lorsque je lui ai jeté un maléfice. Or, il est censé être derrière les barreaux, lui aussi. Mais toi, Remus, que t'est-il arrivé ? Où est George ?

- Il a perdu une oreille, répondit Lupin.

- Perdu une…, répéta Hermione d'une voix aiguë.

- L'œuvre de Rogue, précisa Lupin.

Non non non non ! pensa-t-elle, c'est forcément une erreur !

- Rogue s'écria Harry. Vous ne m'aviez pas dit que… ?

- Son capuchon est tombé pendant la poursuite. Sectumsempra a toujours été une de ses spécialités. J'aimerais pouvoir dire que je lui ai rendu la pareille, mais tout ce que je pouvais faire, c'était maintenir George sur le balai après la blessure qu'il avait reçue. Il perdait tellement de sang…

Tout le monde se tut, et personne ne parla jusqu'à ce qu'Hagrid les appelle. Mrs. Weasley et Ginny étaient encore aux côtés de Georges, incapables de faire repousser son oreille.

C'était forcément une erreur, tenta une nouvelle fois de se convaincre Hermione en voyant l'œuvre de son professeur.

Harry et Ginny parlaient, à présent, et Hermione vit qu'Harry luttait intérieurement pour éviter de prendre son ancienne petite-amie dans ses bras. Avant qu'il n'ait pu faire quoi que ce soit, cependant, ils entendirent Mr. Weasley crier et ce dernier apparut bientôt, rapidement suivi par Fred. Elle observa les retrouvailles de loin et commença à soigner ses propres blessures. Les bribes de conversations qui lui parvenaient la rassurèrent quelques peu, et elle fut ravie d'apprendre que George était encore tout à fait capable d'humour. Cependant, ses pensées revenaient sans cesse vers Ron, et la panique s'empara une nouvelle fois d'elle. Et si quelque chose lui était arrivé ? Et s'il était... mort ? Non, ce n'était pas possible, pas avant qu'elle n'ait pu...

Un balai se matérialisa au-dessus d'eux, et fila vers le sol.

- C'est eux ! s'écria-t-elle, soulagée.

Ron semblait indemne, mais il était pâle et semblait avoir momentanément perdu l'usage de la parole. Il marmonna un "tu n'as rien" tout en essayant de la rejoindre, et elle se jeta dans ses bras et l'enlaça avec force.

- J'ai cru... J'ai cru...

- Vrai très bien, dit Ron en lui tapotant le dos. Suis en pleine forme.

- Ron a été extraordinaire, dit chaleureusement Tonks tout en continuant d'étreindre son époux. Absolument merveilleux. Il a stupéfixé l'un des Mangemorts en l'atteignant en pleine tête et quand on vise une cible mouvante depuis un balai volant…

- C'est vrai ? dit Hermione.

Elle regarda Ron dans les yeux, les bras autour de son cou.

- Ça te surprend toujours, on dirait, répliqua-t-il d'un ton un peu grognon. Nous sommes les derniers revenus ?

Peut-être aurait-elle dû lui dire autre chose, se dit-elle en remarquant l'air de reproche de son ami, mais elle n'avait pas non plus eu l'intention de l'insulter ! Sentant son bras brûler et la rappeler à l'ordre, elle relâcha son étreinte et partie en direction de la salle de bains, espérant que le reste du groupe s'en était aussi sorti.

XXX

Ce ne fut pas le son qui le surpris, mais plutôt le fait qu'il était trois heures du matin et que Granger – si c'était bien elle – aurait dû être au lit. Il essaya de rester calme mais ne put s'empêcher de se demander si quelque chose de grave ne lui était pas arrivé. Il quitta sa chambre au moment où elle entra dans la tente et il la fixa du regard, choqué. Sa manche droite semblait avoir été brûlée, et un énorme bandage entourait son bras. Elle marchait prudemment, et ses yeux étaient rouges et gonflés.

- Merlin, Hermione...

Elle tendit la main vers lui et l'étreignit avec une force qui le surprit.

- Est-ce qu'il est arrivé quelque chose ?

Elle ne pleurait pas, mais il pouvait la sentir trembler contre lui.

- Hermione, je t'en prie, dis quelque chose ! Est-ce que ça va ? Est-ce que Potter est en vie ?

Elle hocha la tête deux fois, et il se sentit quelque peu rassuré.

- Alastor...

- Fol-Œil ? Que lui est-il arrivé ?

- Il... Il est MORT !

- Mort ? Comment est-ce possible ? Vous avez été attaqués ?

Elle hocha à nouveau la tête.

- Au Terrier ? Et les autres ? Où sont Potter, et Weasley ?

- Ils vont bien, tout le monde va bien. Enfin, pas Georges, il a perdu une oreille, mais...

Il ne comprenait rien du tout.

- Je vais te le demander encore une fois. Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Elle soupira longuement et commença à lui raconter les évènements de la soirée. Plus elle parlait, plus il sentait la colère l'envahir. Lorsqu'elle eut enfin terminé, il se libéra de son étreinte et la regarda froidement.

- Pourquoi ne m'as-tu pas prévenu que tu allais faire ça ? Sa voix était glacée, et il la vit tressaillir.

- Je... Je n'avais pas de raison de te le dire, tout était censé se dérouler sans problème.

- Sans problème ? Répéta-t-il doucement, avant de laisser éclater sa colère. TU AURAIS PU ÊTRE TUÉE, HERMIONE. TU AS ETE POURSUIVIE PAR LE SEIGNEUR DES TENEBRES LUI-MÊME, EST-CE QUE TU TE RENDS COMPTE A QUEL POINT IL EST DANGEREUX ?

- Je sais, Drago, je sais, mais il fallait que j'aide ! dit-elle, essayant de se justifier.

- ILS N'AURAIENT PAS DÛ TE LAISSER LES ACCOMPAGNER !

- VRAIMENT ? rétorqua-t-elle. ILS AVAIENT BESOIN DE VOLONTAIRES, HARRY AVAIT BESOIN DE MOI !

Elle semblait furieuse, et ses yeux lançaient des éclairs.

- ET MOI, ALORS ? demanda-t-il malgré lui ? SI TU AVAIS ETE TUÉE, QU'EST-CE QUE JE SERAIS DEVENU, HEIN ?

Elle ne répondit rien, et il vit qu'elle pleurait de nouveau, serrant ses bras autour de son corps. Quelque chose se brisa en lui et il l'enlaça. Ils restèrent ainsi embrassés pendant de longues minutes avant qu'il n'ait le courage de dire quoi que ce soit.

- Bordel, Hermione, je suis désolé de m'être emporté comme ça. Je suis heureux de savoir que tu n'as rien... dit-il doucement.


Et voilà, c'est tout pout aujourd'hui ! C'est un petit début, mais la relation entre nos deux protagonistes a déjà commencé à changer ;) cependant, il faudra encore un peu de temps avant qu'elle ne se développe, et heureusement sinon ça ne serait pas drôle :p A très vite ! Krummbein