Le trio s'écrasa bruyamment sur le sol, et un hurlement inhumain déchira le silence de la nuit.

- AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAH !

Même lorsqu'il avait vu d'autres Mangemorts être torturés pendant des heures, Drago n'avait jamais entendu un son pareil sortir de leur bouche, et il se demanda avec horreur ce qui était en train d'arriver à Potter. Hermione se dégagea rapidement de son étreinte et poussa une exclamation d'horreur.

- Harry, réveilles-toi !

Le brun se débattait à même le sol et alternait entre des hurlements à vous glacer le sang et des sifflements à vous rendre fou. Ses deux mains étaient accrochées à son t-shirt et semblaient crispées autour d'un objet invisible.

- Quelque chose ne va pas, c'est l'Horcruxe ! s'exclama la jeune fille tout en essayant d'empêcher son ami de se faire mal. Tu peux l'immobiliser ?

Avant qu'il n'ait pu faire quoi que ce soit, Potter cessa soudain de bouger et Drago s'aperçut que Kreattur était apparu auprès d'eux. Sans doute avait-il senti que quelque chose n'allait pas.

- Kreattur va s'occuper de son Maître et de ses blessures, déclara-t-il. Les amis peuvent aller se reposer.

- Blessures ? questionna Hermione. Le serpent a eu le temps de le mordre ?

Kreattur ne répondit rien mais souleva le t-shirt que Potter portait, et Drago se mordit la langue pour empêcher l'exclamation horrifiée qui allait sortir d'entre ses lèvres en voyant que le Médaillon avait commencer à faire fondre la peau autour de lui.

- Merlin... Tu penses réussir à l'enlever ?

- Kreattur va être obligé d'inciser autour, mais le Maître ne sentira rien.

- Je suppose qu'il n'y a pas d'autres solutions, en effet. On ne peut pas laisser cette... chose comme ça. Tiens-nous au courant dès que tu as terminé.

L'elfe disparut presque aussitôt avec Potter et Drago se tourna vers Hermione, qui n'avait pas bougé d'un pouce. Elle semblait essayer de contenir ses larmes et son corps entier tremblait. Drago s'agenouilla et la serra contre lui, murmurant des paroles rassurantes à son oreille.

- Tout va bien se passer, ne t'en fait pas. Ce n'est la faute de personne, ok ? dit-il en essuyant les larmes qui roulaient maintenant sur ses joues.

- Je sais, hoqueta-t-elle, mais quand même. J'ai accepté de venir, j'aurais pu dire non ! Je connaissais les risques, mais Harry voulait tellement voir la tombe de ses parents, et...

- Et moi aussi, j'ai dit que nous pouvions nous y rendre, dit-il. Je n'ai cessé d'avoir une drôle d'impression à partir du moment où cette femme est arrivée, et j'aurai pu empêcher Potter de la suivre en nous transplanant immédiatement, mais je ne l'ai pas fait. Nous avons chacun notre part de responsabilité, Hermione, mais au moins nous sommes tous vivants !

- Tu as raison, reconnut-elle. Espérons juste qu'Harry n'ait pas de séquelles.


- Non… NON !

- Harry, tout va bien, réveille-toi, réveille-toi !

Harry Potter ouvrit les yeux, et la lumière du matin l'aveugla pendant quelques secondes. Puis, une fois habitué à la luminosité, il constata qu'il était de retour dans la tente, ce qui signifiait qu'il était bien Harry. Pas Voldemort, pas un serpent, juste Harry.

- Que s'est-il passé ? demanda-t-il, se sentant mal en point. Comment avons-nous réussi à revenir ? La dernière chose dont je me souvienne, c'est d'avoir été paralysé par la douleur.

Hermione lui tendit un verre d'eau et il l'avala d'une traite.

- Drago a transplané avec nous à la localisation de retour convenue avant que le serpent ne t'atteigne. Il nous a sauvé la vie, vraiment. J'étais totalement paralysée et toi... Toi tu avais l'air en transe.

- Ma cicatrice me faisait un mal de chien, et l'Horcruxe tirait vers le bas, comme s'il tentait de se détacher. Merde, dit-il en portant la main à son torse, où est-il ?

- Je l'ai mis dans mon sac, répondit aussitôt Hermione. Je ne veux plus de cette chose trop proche de nous. Drago a ajouté quelques protections supplémentaires pour éviter les problèmes. Je suis désolée, mais il était collé à ta poitrine, et Kreattur a eu du mal à s'en défaire. Tu as une nouvelle cicatrice, on dirait.

- Une de plus ou une de moins, je ne suis plus à ça prêt, dit-il, espérant que sa plaisanterie la ferait sourire. Elle semblait extrêmement tendue, mais soulagée de voir qu'il allait mieux.

- Je suis resté évanoui longtemps ?

- Quelques heures, tout au plus. Kreattur a veillé sur toi toute la nuit, je suis arrivée i peine une heure pour qu'il se repose. Comment est-ce que tu te sens ?

- Mieux. Affamé. Pourquoi est-ce que tu n'irais pas t'allonger à ton tour ? Je me sens parfaitement capable de me lever sans aide.

Elle acquiesça, mais resta avec lui pour vérifier qu'il ne tombait pas jusqu'à ce qu'il entre dans la cuisine.

- Bon retour parmi nous, Potter, l'accueillit la voix traînante de Malefoy. Heureux de voir que tu sembles plus en forme que tout à l'heure.

- Ce n'est pas difficile, dit-il en grimaçant. C'était une expérience désagréable, mais qui en valait la plus ou moins la peine ? Je suis maintenant certain que le serpent est également un Horcruxe, dit-il à voix basse, après avoir vérifié qu'Hermione était bien parti. C'est pour ça que j'ai réussi à voir Arthur se faire attaquer, parce qu'il a une partie de Tu-Sais-Qui en lui.

Malefoy pâlit légèrement en entendant cela, et se pencha vers lui après avoir également vérifié que personne ne pourrait entendre ce qu'il s'apprêtait à dire.

- Potter, commença-t-il, j'ai beaucoup réfléchi récemment, à propos de ce Vif d'Or que tu as reçu, et de cette étrange connexion que tu as avec le Seigneur des Ténèbres...

Harry sentit son corps se raidir, certain qu'il n'allait pas apprécier les paroles qui allaient suivre.

- Pourquoi, Potter, pourquoi peux-tu ressentir ses émotions ?

Harry resta silencieux quelques minutes et tenta de réfléchir à la question. Après la mort de Sirius, Dumbledore avait confirmé que lui et Voldemort partageaient une sorte de connexion. Cependant, il n'avait jamais essayé de comprendre d'avantage ce que ça impliquait. Est-ce que Malefoy était en train d'essayer de lui dire que...

- Tu penses que j'en suis un, moi aussi ? demanda-t-il, étonné d'entendre que sa voix était parfaitement posée. C'était comme exprimer quelque chose qu'il avait toujours su au fond de lui. Après tout, y avait-il vraiment une différence entre être tué par Voldemort parce qu'il gênait ses plans, et être tué parce qu'il était un Horcruxe ?

- Oui, répondit le blond, j'en ai bien peur.

Il sembla à Harry que Malefoy était plus tendu que d'habitude, et peut-être un peu plus triste aussi.

- Je vois, répondit-il.

- Je vois, répéta Malefoy d'un air surpris, c'est tout ce que tu as à dire ? Je viens de t'apprendre que tu allais sans doute devoir mourir, et c'est la seule chose que tu trouves à me répondre ? JE. VOIS ?

- Je me préparé à mourir depuis le jour où j'ai entendu la prophétie me concernant, répondit-il d'un air blasé. Et j'ai déjà échappé plusieurs fois à la mort, autant te dire que j'ai une vague idée de ce qui peut m'arriver.

- Complètement cinglé, je le savais, répondit le Serpentard en hochant la tête d'un air stupéfait.

- Bah, ce n'est pas comme si je pouvais m'en débarrasser sans mourir, non ?

- On pourrait tenter quand même.

- Tu saurais comment faire ?

- ... non.

- C'est bien ce que je me disais, soupira Harry. Sujet clôt, Malefoy, et pas un mot à Hermione.

- Mais enfin, répliqua son compagnon, je croyais que c'était à toi de le tuer !

- Pas exactement, non. Pour le tuer, il faudrait détruire tous les Horcruxes, dont je fais partie... et l'un devra mourir de la main de l'autre car aucun d'eux ne peut vivre tant que l'autre survit, répéta-t-il. Rien dans la Prophétie n'indique que je le tue, il est seulement mentionné que j'ai le pouvoir de le tuer. Si je me sacrifie, alors la Prophétie sera accomplie car l'un des deux protagonistes sera mort, et alors n'importe qui pourra alors le tuer car il sera redevenu mortel.

Malefoy semblait sur le point de dire quelque chose, mais il se ravisa.

- Cette conversation n'est pas terminée, Potter. On en reparlera quand j'aurai réfléchi un peu plus.


- J'ai un message pour vous.

La déclaration soudaine les fit sursauter, et tous les trois se retournèrent pour voir qui avait parlé. Phineas Black les regardait du haut de son portrait, un sourire malicieux aux lèvres.

- Vous avez un message ? De Rogue ?

- J'ai un message de la part du Directeur Rogue, Mr. Potter, répondit-il. Voulez-vous l'entendre ?

- Evidemment qu'on veut, ça fait des semaines qu'on attend une réponse !

- Vous n'irez jamais loin dans la vie si vous n'apprenez pas à respecter vos aînés, Potter, renifla Black de manière dédaigneuse.

Potter, cependant, semblait ne pas avoir envie d'écouter une énième leçon de moral et le coupa net.

- Que dit-il ?

Le portrait inspira profondément avant de répondre.

- Il vous demande de bien vouloir envoyer votre elfe le chercher à minuit, ce soir. Il a quelque chose pour vous.

- Il a trouvé l'Horcruxe ?

- Il nous apporte l'épée ?

- Il vient ici ?

Tous les trois avaient parlé en même temps, et le portrait leva les yeux au ciel.

- Allez-vous envoyer l'elfe, oui ou non ? Ce n'est pourtant pas difficile de répondre.

- Dites-lui que Kreattur viendra le chercher à l'heure demandée, répondit Potter.


Environ dix minutes après le départ de l'elfe, un nouveau craquement retentit dans l'air et Kreattur apparut à l'endroit qu'il avait quitté quelques minutes plus tôt, mais cette fois il n'était plus seul. Severus était là, mais quelqu'un d'autre l'accompagnait, et il fallut quelques secondes à Drago pour le reconnaître.

- Weasley ?

Le garçon lâcha la main de l'elfe et tenta un sourire en direction de ses amis, mais fut interrompu lorsqu'Hermione se jeta soudainement sur lui. Hélas pour lui, découvrit Drago avec une joie non feinte, ce n'était pas parce qu'elle était heureuse de le revoir.

- Aïe… Ouille… Arrête ! Qu'est-ce que… Hermione… Ouille !

- Ronald… Weasley… Espèce de… parfait… crétin ! Pour le plus grand plaisir de Drago, elle ponctuait chacun de ses mots d'un coup, et le rouquin recula, tentant de se protéger.

Ron battit en retraite, se protégeant le visage, alors qu'Hermione continuait d'avancer sur lui.

-Tu… reviens… ici… en douce… après… des semaines… et… des semaines… Oh, où est ma baguette ?

Elle n'eut pas le temps de l'attraper, cependant, car Rogue avait érigé un bouclier entre eux, l'empêchant de continuer à donner des coups.

- Je n'ai pas terminé avec lui ! protesta-t-elle en direction de leur professeur.

- Si vous pouviez remettre vos retrouvailles à plus tard, Mrs. Granger, je vous en serais reconnaissant. Mon temps est limité, et par conséquent précieux, et j'ai des choses à vous dire.

- Pourquoi ne pas commencer par expliquer la présence de Weasley à vos côtés ? proposa Drago. Je dois avouer que je suis surpris de vous voir tous les deux ensembles.

- Je crois qu'on peut dire que c'est à cause de Dumbledore, répondit Weasley.

- Dumbledore ? répéta Potter. Non, attends, on va aller dans le salon, ce sera plus confortable. Kreattur, peux-tu nous préparer du thé ?

Potter jetait des regards furtifs à son ami, apparemment en train d'hésiter entre le serrer dans ses bras et lui dire de repartir immédiatement.

- Vous vous souvenez du Déluminateur ? demanda Weasley après que tous se soient assis.

Tout le monde hocha la tête, un peu étonné par la question.

- Il ne se contente pas d'allumer et d'éteindre les lumières, poursuivit Ron. Je ne sais pas comment il fonctionne, ni pourquoi c'est arrivé à ce moment-là et pas à un autre, puisque de toute façon, depuis que j'étais parti, j'avais envie de revenir. En tout cas, j'étais en train d'écouter la radio, le matin de Noël, de très bonne heure et tout d'un coup, j'ai entendu… ta voix. Il regardait Hermione.

- Tu m'as entendue à la radio ? demanda-t-elle, incrédule.

- Non, je t'ai entendue dans ma poche. Ta voix venait de là.

- Mon nom. Ron.

Drago se souvenait parfaitement du jour où c'était arrivé. Après sa conversation avec Potter, il avait demandé à en savoir plus sur l'attaque d'Arthur Weasley, et Hermione avait prononcé le nom de Weasley à ce moment-là.

- Alors, je l'ai sorti de ma poche, continua Ron en contemplant le Déluminateur. Il était comme d'habitude mais j'étais sûr de t'avoir entendue. Je l'ai actionné et la lumière s'est éteinte dans ma chambre mais une autre s'est allumée juste devant la fenêtre. Et ce soir, j'ai entendu quelqu'un d'autre prononcer mon nom, et j'ai reconnu la voix de Ro... du professeur Rogue, corrigea-t-il en voyant l'expression de ce dernier. J'ai donc ressorti le Déluminateur, et je l'ai actionné. Cette fois, la lumière est venue au niveau de ma poitrine et m'a menée directement à lui.

- RONALD ! s'écria Hermione. Est-ce que ça ne t'est pas venu à l'esprit qu'il aurait pu être en compagnie de Mangemorts ?

- Je... non, répondit-il, le visage rouge de honte. Enfin bon, reprit-il, évitant le regard de la jeune fille, je suis arrivé dans son bureau, et je l'ai vu en train de discuter avec Kreattur. Il était en train de prendre de nos nouvelles. Il m'a demandé pourquoi j'étais là et a accepté de m'accompagner.

- Wow, quelle histoire ! s'exclama Potter.

- En effet, répliqua Hermione d'un ton glacial, très sympathique. En comparaison, notre rencontre avec le serpent de Tu-Sais-Qui semble presque banale.

- Vous avez vu le serpent ? demanda Weasley, horrifié.

- Ah, oui, répondit-elle, un sourire sardonique aux lèvres, il nous a presque attaqué. Je suis tellement contente que Drago ait été là pour nous sauver. Vraiment, je ne sais pas ce qu'on aurait fait sans lui, ajouta-t-elle en posant une main sur son genou. Qui sait ce qui aurait pu se passer sans son intervention, peut-être que TU-SAIS-QUI SERAIT ARRIVÉ ! termina-t-elle hors d'elle.

- Hermione, dit Drago. Je pense qu'on pourra en discuter plus tard.

Ce n'est pas qu'il était contre le fait qu'elle se déchaîne contre Weasley, vraiment, mais c'est que, à voir l'expression de Severus, ils avaient des sujets plus importants à aborder.

- Bien, reprit Severus une fois qu'elle se fut assise, maintenant que Mr. Weasley a terminé de nous raconter ses aventures palpitantes, j'ai quelque chose pour vous.

Il sortit un petit sac de sous sa cape et en tira deux objets, que Drago reconnut immédiatement.

- Qu'est-il arrivé à la tiare ? demanda Potter.

- J'ai décidé de vérifier que l'épée marchait correctement avant de vous l'amener, ça aurait été une perte de temps de venir dans le cas contraire. Je n'ai eu aucun problème à la trouver, mais sortir du château a été plus difficile que prévu. Beaucoup de choses ont changées, depuis la dernière fois que vous y êtes allés.

- Les Carrow ? demanda Drago.

- Entre autres, oui. Leur présence rendait déjà les choses compliquées, mais votre ami Londubat a décidé de s'installer dans la Salle-Sur-Demande. Il m'a fallu trois semaines avant de finalement parvenir à trouver une solution à ce problème.

- Merci beaucoup de vous êtres donné tant de peine, professeur, répondit Potter d'un air sincère.

Severus hocha la tête, et se leva.

- Je vais devoir y aller, dit-il. Faites attention avec cette épée, j'ai placé une copie dans le coffre-fort de Bellatrix pour que vos amis cessent d'essayer de me la voler, elle ne doit donc pas tomber entre de mauvaises mains. Drago, reprit-il en se tournant vers lui, je suis heureux de voir que tu as meilleure mine que la dernière fois que je t'ai vu.

Drago sourit, avant de suivre son parrain.

- Est-ce que je peux te dire deux mots, Severus ?

Ce dernier parut surpris mais accepta sa requête, et tous deux s'isolèrent dans la cuisine.

- Potter est un Horcruxe, lâcha-t-il après plusieurs secondes d'hésitation. Cela faisait des jours qu'il se prenait la tête avec cette information, et il avait besoin de conseils.

- En effet, confirma Severus, l'air soudainement découragé.

- Tu le savais ? s'exclama Drago, qui n'en croyait pas ses oreilles. Depuis combien de temps ?

- Dumbledore s'en doutait et me l'a dit l'an dernier.

- Il était donc au courant lui aussi. Est-ce qu'il t'a donné un moyen de se débarrasser de l'Horcruxe ? Un rituel, peut-être ?

- Il n'y a rien à faire, soupira son parrain. J'ai cherché un moyen de le sauver pendant des mois et je n'ai rien trouvé. Il n'a pas d'autre choix que de se sacrifier.

- Se sacrifier ? répéta Drago lentement. Si je comprends bien, Dumbledore a passé des années à faire en sorte que Potter survivre pour finalement l'envoyer se faire tuer ?

- Je suppose que c'est une manière de résumer les choses, oui. Nous n'avons pas le choix, et lui non plus.

- Bordel de merde, lâcha Drago sous le choc.

- Pour une fois, Drago, je suis d'accord avec toi.


Le retour de Weasley au campement avait redonné espoir à Potter mais, pour la plus grande joie de Drago, Hermione ne lui avait toujours pas pardonné. Elle l'évitait comme la peste et ne lui avait toujours pas donné l'occasion de lui dire pardon. Cette attitude avait un autre avantage pour Drago, qui passait maintenant littéralement ses journées en compagnie de la jeune fille.

- Je ne comprends pas, soupira-t-elle, le dos collé contre ses jambes. C'est la troisième fois que je lis ce conte, et je ne vois pas la raison pour laquelle Dumbledore m'a donné ce livre.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda-t-il en se penchant pour regarder derrière son épaule.

- Le signe, dit-elle en montrant celui-ci du doigt, pourquoi l'a-t-il utilisé ?

Weasley lui avait donné le livre de Rita Skeeter qu'il avait trouvé chez ses parents, et Hermione avait découvert que Dumbledore avait signé une lettre avec le signe en question.

- Je ne sais pas... Il était jeune, peut-être s'était-il mis en tête de découvrir les Reliques ?

Elle eut un reniflement dédaigneux.

- Les trouver ? Quelle idiotie, comme si elles existaient.

Drago la regarda d'un air étonné.

- Tu n'y crois pas ?

- Bien sûr que non, ce n'est qu'un conte pour enfants.

Drago secoua la tête.

- Est-ce qu'il y a des sorciers et des sorcières dans les livres d'enfants pour Moldus, Hermione.

- Bien sûr, mais...

- Est-ce que tu pensais qu'ils existaient vraiment, avant de recevoir ta lettre ?

- Non, mais...

- Dans ce cas, comment peux-tu être certaine que les Reliques de la Mort n'existent pas ? Je veux bien admettre que l'histoire ne soit pas tout à fait véridique, mais pourquoi est-ce que les objets ne seraient pas réels ?

Elle le regarda bouche bée, incapable de répondre.

- Tu te souviens de ce que tu as demandé au professeur Binns, quand la Chambre des Secrets a été ouverte ? Elle hocha la tête. Et tu te souviens de ce que tu lui as dit, quand il t'a répondu qu'il ne s'occupait que des faits prouvés ?

- ... que toute légende avait une origine réelle.

- Exacte. Voilà ce que je pense : les Reliques de la Mort existent, et Dumbledore le savait et en a même trouvé au moins deux. La Cape, et la Pierre. Je pense même que nous les possédons.

Hermione resta muette un instant, avant de soudainement comprendre.

- La cape, tu penses à celle qu'a Harry, n'est-ce pas ?

Il acquiesça.

- Je n'en ai jamais vu de pareil, admit-il. Elle a apparemment été dans sa famille depuis des générations, et elle semble comme neuve. Quant à la Pierre... dit-il, hésitant. Je pense qu'elle est dans le Vif d'Or.

- Le Vif d'Or, répéta la jeune fille. Que nous n'avons pas encore réussi à ouvrir.

Drago ne dit rien, pensif. Bientôt, il devrait révéler à Potter ce qu'il pensait avoir deviné.