Résumé : À son retour de l'île, Oliver n'est plus le même : il a perdu sa voix. Ses proches font de leur mieux pour le comprendre mais celle qui va briser un à un tous ses murs est une informaticienne qu'il vient à peine de rencontrer.
Note : Me revoilà avec une nouvelle histoire, où on va revisiter la saison 1 et le retour d'Oliver à Star City, avec une grosse différence puisqu'il revient de l'île muet. J'espère que vous allez aimer cette nouvelle aventure centrée sur le couple Oliver/Felicity et j'attends vos réactions avec impatience. Je vais publier les mardi et vendredi comme pour Âmes Sœurs (merci à tous ceux qui l'ont lue jusqu'au bout et qui embarquent avec moi sur ce nouveau voyage !). Je vous laisse avec ce petit prologue, bonne lecture !
Prologue
D'un pas rapide et assuré, Moïra traversait les couloirs de l'hôpital en ne laissant rien paraître de la fébrilité qui l'habitait. Tous les regards se tournaient vers elle sur son passage et elle n'avait aucune intention de montrer à ces inconnus combien elle était heureuse, inquiète, impatiente et toujours sous le choc de la nouvelle qu'elle avait apprise deux jours plus tôt. L'ambassade américaine de Chine l'avait appelée pour lui annoncer qu'Oliver avait été retrouvé vivant sur une île déserte. Depuis, elle avait l'impression de vivre un rêve éveillé, redoutant à chaque moment de remettre le pied dans l'horrible réalité où son fils était toujours mort.
Pour se rassurer que c'était bien réel, Moïra avait demandé à lui parler mais on lui avait dit que c'était impossible et qu'elle devrait attendre de le voir à son retour en Amérique. Il allait sans dire qu'elle n'avait pas compté les dépenses pour le faire revenir aussi rapidement que possible.
Le cœur battant à ses tempes, elle allait enfin atteindre la chambre de son fils – son fils – lorsqu'une main la retint. Prête à démolir la personne qui osait entraver sa route, elle se pinça les lèvres pour ne rien dire de désagréable en reconnaissant leur médecin de famille.
-Moïra, j'aimerais vous parler un instant de l'état de votre fils. Avant que vous ne le voyiez.
Il avait clairement une mauvaise nouvelle à lui annoncer et son esprit s'arrêta sur les images insupportables qui la hantaient depuis qu'elle avait appris qu'il était vivant. Oliver avait passé cinq longues années sur une île déserte. Il avait peut-être perdu un membre. Ou il était défiguré. Ou atteint d'une maladie incurable. Elle devait savoir.
-Qu'est-ce qu'il a ?
Sa voix n'avait pas flanché et elle s'en félicita. C'était un exploit au vu du tourbillon émotionnel qu'elle endurait. Le médecin la connaissait assez pour ne pas tourner autour du pot avec des platitudes.
-On a fait un examen général pour nous assurer de son état de santé. Il est en bonne forme physique mais vingt pourcent de son corps est couvert de cicatrices. Il a au moins six fractures qui n'ont pas guéri correctement.
Son fils avait souffert sur cette île maudite. Elle porta la main à son cœur, seul signe de sa détresse, alors qu'elle s'imaginait des scénarios horribles. Elle ne craquerait pas, elle serait forte pour lui.
-Est-ce qu'il a dit quelque chose sur ce qui lui est arrivé ?
Le médecin secoua la tête et lui adressa un regard empli de compassion. Il avait autre chose à lui annoncer et elle n'allait pas aimer.
-Il ne peut pas parler. Sa trachée a été blessée.
Moïra le regarda sans comprendre, une seule question au bout des lèvres.
-Pour combien de temps ?
-C'est permanent, on ne peut rien faire pour lui. Oliver est muet.
L'île lui avait volé sa voix. Elle ne l'entendrait plus jamais rire.
Cela expliquait pourquoi elle n'avait eu aucun contact direct avec lui depuis qu'elle avait appris qu'il était vivant. Il ne pouvait pas parler. Le besoin de le voir lui étreignit le cœur et cette fois, personne ne l'arrêta. Elle poussa la porte de sa chambre en toquant doucement, ne voulant pas le réveiller s'il dormait. Son cœur manqua un battement en voyant le lit vide mais elle le trouva enfin, debout près de la fenêtre, observant la ville, immobile.
Moïra s'était attendue à le voir amaigri et affaibli mais au contraire, il avait une plus forte carrure que le jour où il avait embarqué sur le Gambit. Il se retourna à son entrée et pendant un instant, elle crut voir un étranger. Ses cheveux coupés courts, ses bras musclés, son air impassible ne correspondaient pas à l'image qu'elle avait gardée de son fils. Cinq ans étaient passés et il avait changé.
-Oliver ? murmura-t-elle, ayant besoin qu'il le confirme.
Il pencha légèrement la tête et ses lèvres s'étirèrent en un léger sourire. C'était lui. Ses yeux s'emplirent de chaleur et de joie contenue et il écarta légèrement les bras dans une invitation silencieuse. Elle s'approcha sans hésitation et l'enlaça. Il était là.
Le corps musclé qu'elle sentait sous ses doigts ne lui était pas familier mais son odeur était la même et la ramena des années en arrière, alors qu'elle l'embrassait avant de partir au travail ou de le déposer à l'école. Il était vivant. Son petit garçon était vivant.
Oliver recula doucement et elle prit son visage en coupe, observant ses traits qui lui avaient tellement manqué et qu'elle pensait ne jamais revoir. Il avait muri, toute trace de candeur avait disparu, remplacée par une dureté qu'elle ne lui avait jamais connue. Il sembla fondre sous ses doigts et ferma brièvement les yeux, absorbant ses caresses. Moïra se fit violence pour ne pas fondre en larmes à l'idée que c'était le premier contact doux qu'il avait depuis cinq ans. Il avait été seul, sans personne pour le protéger et l'aimer. Elle ne pouvait imaginer le calvaire qu'il avait vécu.
Il posa une main sur la sienne pour la retirer de sa joue et y glisser quelque chose. Un papier. Elle lui adressa un regard interrogateur et il lui fit signe de le lire. En le dépliant, elle découvrit quelques mots rédigés dans une écriture tremblante.
Tu m'as manqué, maman. Je t'aime.
Un sanglot lui échappa et elle le prit à nouveau dans ses bras, le serrant de toutes ses forces. Il avait su qu'elle serait la première à venir et il avait préparé ce qu'il voulait lui dire. Son garçon était de retour et elle ne laisserait plus jamais rien lui arriver.
-Je t'aime aussi Oliver.
