Disclaimers :
- Ce texte a été rédigé dans le cadre du défi #19 de Miss MPREG "Prénom d'autrefois (2)"
- Le prénom a été changé ;)
- Les paroles en gras et italiques sont des tentatives de retranscription des sous-titres anglais de l'épisode de SoG où Helena meurt T_T. Cette dernière scène, qui ne m'appartient pas, a été placé dans l'OS car j'ai pensé qu'il était intéressant d'ajouter le moment où l'ancien prénom "renaissait" en quelques sortes. J'espère être excusée de m'être légèrement écarté du défi ('^_^).
- Les personnages appartiennent à Masami Kurumada
Rating : J'ai pleuré, je le mets en T.
Personnages : Deathmask (Zeno), Helena et Andreas
Debout dans la fraîcheur du petit matin, il observait la vieille église dont la façade, autrefois peinte d'un blanc éclatant, avait été terni par les siècles. Elle était là, toujours debout à travers les âges, survivant aux multiples guerres qui s'étaient déroulées autour d'elle. Devant ce lieu saint, arrêté dans sa course par un moment de nostalgie, l'assassin du Sanctuaire contemplait l'endroit qui fût le point de repère d'une vie passée. Plus qu'un lieu de recueil, cette basilique et le parc lui faisant face étaient des places de réunion où les habitants de la ville se retrouvaient de temps à autre pour diverses activités. De la vente d'artefacts à la présentation de spectacles de rue, du pâtissier faisant briller les pupilles des enfants aux parents courant après leurs chenapans, ce centre pullulait de vie dans ses temps de fêtes.
Il fût une époque où il était l'un de ces garnements qui faisait tourner les adultes en bourrique. Malheureusement, toute bonne chose avait une fin. L'utopie de l'enfant s'était brisée le jour où son père et sa mère furent pris entre les feux de gangs ennemis. Un soir, en revenant d'une sortie au restaurant, la petite famille eut le malheur de se retrouver au mauvais endroit au mauvais moment. Le petit Zeno survécu par miracle mais cette chance n'avait pas souri à ses géniteurs. Ils n'avaient été que des dommages collatéraux, complètement ignorant des causes de ces boucheries.
Mais tout ceci faisait partie du passé désormais. Tout comme cette fausse joie et ces espoirs inutiles.
Un ricanement mauvais fit tressauter les épaules du gardien du quatrième temple au souvenir du nom de la bâtisse devant laquelle il se trouvait.
La basilique San Zeno de Vérone
Ses pauvres parents, fervents pratiquants qu'ils étaient, l'avaient nommé en l'honneur du saint pour qui cette église avait été édifiée. Ils croyaient qu'une appellation ecclésiastique suffiraient pour tracer un chemin de lumière pour leur enfant. Son rire mauvais s'intensifia à l'ironie qu'était son existence. Il n'y avait rien de brillant, ni de rayonnant dans sa vie. Il était encore moins un prétentieux "cadeau de ciel" (1). Que diraient ses vieux s'ils le voyaient aujourd'hui ? S'ils savaient qu'il se sentait chez lui à l'entrée des Enfers. Que penseraient-ils de la quantité de sang qui avait coulé sur ses paumes ? Il n'était pas mieux que les malfrats qui leur avaient ôté la vie après tout.
Deathmask ferma les yeux et secoua la tête pour chasser ces doutes superflus de son esprit. C'était inutile de s'interroger sur l'avis d'âmes ayant déjà traversées la colline du Yomotsu. Elles étaient en paix désormais, probablement déjà réincarnées contrairement à toutes celles qui rôdaient encore et toujours à travers les vivants. Celles qui n'avaient pas encore réussi à se défaire des attaches de ce monde ou qui avaient encore des comptes à rendre. Combien d'entre elles croyaient désespérément que leurs morts étaient injustes ? S'il y avait une chose dont le Cancer était sûr aujourd'hui, c'est que les meurtres « injustifiés » n'existaient pas. Si les plus puissants affirmaient que quelqu'un devait périr alors il en serait ainsi. Si des innocents se retrouvaient au mauvais endroit, il s'agissait de la volonté du destin. La loi du plus fort était reine et l'avait toujours été. La vie fonctionnait de la sorte et, surtout, elle était éphémère. Elle n'avait rien de spécial. La seule valeur qu'il voyait chez ses victimes était la hauteur qu'il se donnait en les tuant. En se débarrassant de ces faibles, il montrait qui était le plus fort. Il montrait qu'il faisait partie de ceux qui créait les lois. Il montrait qu'il ne serait plus jamais un dommage collatéral.
Une brise matinale se mit à souffler sur le visage fermé de l'Italien. Des années à peaufiner ses sens lui permettaient de sentir le chemin des courants d'air sur la moindre parcelle de son épiderme. Le souffle d'Éole se faufilait entre les plis qui s'étaient formés aux coins de sa bouche. À force d'arborer ce sourire de prédateur, ces traces, presque invisibles à l'œil nu, s'étaient creusées au fil du temps pour le marquer. Donner une réalité physique au masque métaphorique qu'il s'était mis il y a des années de cela. Ces sceaux étaient la manifestation des chaînes qui le liaient à sa nouvelle personne. Le tueur cruel. Le tueur qui s'exaltait à la vue des visages agonisant de ses proies. Celui qui n'avait pas le droit de rester et contempler ces lieux. L'enveloppe charnelle renfermant son âme n'avait osé s'approcher de la basilique de trop prêt. Intimidé par la rosace de la façade, ressemblant à un œil sévère qui le perçait, le mettait à nu pour tenter de lui tirer ses pensées les plus sombres.
Des bruits de pas derrière lui le sortirent de sa contemplation. La ville était en train de se réveiller, il ne devait plus s'attarder. Deathmask réarrangea son écharpe et se dirigea vers les ruelles encore vides. Le quatrième gardien s'engouffra dans une énième voie sombre pour aller à la rencontre de sa future victime. Un ancien apprenti ayant réussi, par un miracle des dieux, à s'échapper indemne du Sanctuaire. Malheureusement pour lui, il n'avait pas encore appris à dissimuler son cosmos. Le retrouver en devenait ennuyant. Aucun défi, aucune chasse. Une simple boucherie bonne pour un bronze, pensait le Cancer, mais une nouvelle occasion pour faire à nouveau preuve de puissance. Un nouveau visage qui viendra décorer ses murs.
La vie est éphémère. Elle n'a rien de spécial. Les âmes finissent par se réincarner de toute façon, mais un visage éternellement accroché à la pierre comme un trophée a au moins le mérite de servir à quelque chose.
Asgard
« Je te tuerai ! hurla le l'Italien, hors de lui.
- Tu ne penses tout de même pas te battre contre moi sans porter ton armure.
- Écoute ! Je n'ai besoin d'aucune armure… »
Deathmask sentit tout à coup un éclat de cosmos émanant du Crabe d'or, qui se préparait visiblement à sortir de sa Pandora Box pour venir le rejoindre.
« Te battras-tu encore aux côtés de quelqu'un comme moi ? » demanda-t-il, ne voulant pas croire à cette nouvelle chance qui s'offrait à lui.
Pour toute réponse, la protection dorée vint le revêtir, lui montrant ainsi qu'elle le pensait à nouveau digne d'elle.
S'en suivit ensuite un combat de force inégale, qu'Andréas s'amusait à rappeler.
« Faible, prononça-t-il avec dédain. De tous les chevaliers d'or que je connais, tu es le plus faible.
- Va au diable, cracha le Cancer dans un premier temps, mais finit par faire face à la réalité. C'est peut-être vrai. Cette armure m'a même abandonné une fois. Et je dis être un chevalier…
- Tu es le pire, en effet, s'assura de rappeler le chef d'Asgard.
- Tu as raison. Mais…Même quelqu'un comme moi a rencontré Helena ici à Asgard. Elle était malade, la voix du chevalier d'or craqua, Même si elle avait du mal à nourrir ses frères et sœurs, elle continuait de sourire. Je voulais l'aider. Je le voulais vraiment ! Mais il n'y avait rien qu'un être comme moi puisse faire.
- Exactement. Tu ne peux rien faire. Ta résurrection n'a servi à rien. »
Alors que l'Italien était sur le point de laisser les mots du Nordique l'abattre, une faible voix résonna à sa gauche.
« Mes petits frères… et sœurs… Dites-leur…
- Helena ?!
- … de se serrer les coudes et se soutenir.
- Ne soit pas stupide, Helena. Ne renonce pas à la vie ! » rugit-il en lançant un nouvel assaut sur l'Asgardien qui tentait de le transpercer avec ses racines.
Le coup, dont la puissance fût décuplé par la transformation de l'armure, réussi à détruire l'arbre et une partie du bâtiment mais Andréas arriva à esquiver l'attaque au dernier moment et se percha sur une tour encore intacte.
Deathmask reporta son attention sur la malade allongée sur l'herbe. Son visage était affreusement pâle et de ses yeux émanait une fatigue annonçant une fin proche.
« L'argent… tenta-t-elle, venait de vous, n'est-ce pas ?
- De quoi parles-tu ? fit-il avec un air faussement surpris.
- Merci.
- Ne sois pas stupide. Ne parle plus.
- Vraiment…Merci… » furent les derniers mots de la fleuriste.
Helena n'était plus.
Et Zeno hurla.
Une douleur sans nom transperça son cœur de part en part et lui fit comprendre qu'une vie - cette vie - avait de l'importance. Et cette vie, il la vengera. Cette fois-ci, il est assez fort pour lancer des représailles contre ceux qui lui ont enlevé ce qu'il chérissait. Cette fois-ci, il utilisera sa force pour les plus faibles.
Faible ? Non, ce n'était pas le mot pour d'écrire cette jeune femme qui s'était levée à chaque jour de sa vie pour les siens, avec le sourire toujours accroché aux lèvres. Cette jeune femme qui n'en avait jamais voulu au destin. Pour cette lumière dans son monde de ténèbres, il allait leur rendre la monnaie de leur pièce.
(1) Zeno, en grec, signifie "cadeau de Zeus" et en italien, le prénom peut aussi prendre le sens de "ciel" ou "briller".
