Auteur: Kuro-Hagi – 01/08/2021
Genre: Amitié - Romance – Yaoi - Hurt/Comfort
Disclaimer: Tout ce monde et ces personnages appartiennent à Tadatoshi Fujimaki.
Notes : Hello ! Et voilà c'est le retour du AoKagaMonth… Et vous me connaissez j'aime ce genre de petit challenge ! Je sais que je suis peux présente ces derniers temps… Mais j'espère pour moi-même réussir ce nouveau challenge parce que ne plus écrire me pèse. Je sais pourquoi c'est plus difficile pour moi en ce moment… Mais je n'ai pas envie de perdre l'écriture parce que quand j'arrive à m'y plonger ça fait du bien… J'ai simplement beaucoup de mal à couper mon cerveau du reste des préoccupations en ce moment. Bref, j'en ai besoin et j'espère que ça vous fera du bien aussi à lire.
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1er août
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L'eau qui glisse dans sa gorge fait énormément de bien. Après une après-midi de surf sa trachée lui semble aride, sa peau est sèche et l'irrite. Il descend la moitié de sa bouteille d'eau et commence à se défaire de sa combinaison quand il entend des coups à sa porte. Il fronce les sourcils. Il n'attend personne. Il jette un œil à son appartement, « Chambre » serait plus juste. A peine quinze mètres carré et encore ici à L.A. si proche de la plage, c'est du luxe. Sur la gauche une alcôve profonde d'un mètre sur toute la longueur du mur, dans laquelle se niche une micro salle de bain qui ne se ferme que par un rideau, avec à peine la place pour une personne de se tenir entre le lavabo et la douche lui faisant face. Une partie de ce renfoncement est clos pour dissimuler les WC, seul espace d'intimité de cette pièce. Face à lui, une grande baie qui mange tout le mur donnant sur un petit balcon sur lequel il entrepose ses planches de surf, mais où il a juste la possibilité de se tenir debout. Et contre le mur, donnant pratiquement sur la salle de bain dont il n'est séparé que par son armoire pour se donner l'espace de circuler, il y a son lit, puis le canapé et la petite table basse et enfin la petite kitchenette sur laquelle donne la porte d'entrée. Tout est propre et rangé, mais son appartement est tellement petit qu'il ne reçoit pratiquement jamais personne, juste un ou deux potes qui viennent parfois mais c'est très rare. Il a à peine la place pour lui-même entre ces quatre murs.
On frappe encore, il n'a rien commandé non plus, il n'a pas les moyens pour ça en ce moment. Intrigué il va ouvrir la porte, la combinaison encore sur les hanches et les cheveux humides de l'eau salée. Il espère pouvoir chasser l'importun rapidement pour pouvoir prendre cette foutue douche.
Certes la probabilité n'était pas nulle qu'il le croise un jour, ni qu'il frappe chez lui. Pas nulle. Mais malgré tout très très proche de zéro. Même avec le match du lendemain qu'il doit disputer avec les Bulls contre les Lakers. Il regarde l'homme qui lui fait face, n'y croyant pas vraiment.
« Aomine ? »
Le basketteur semble un peu gêné et regarde autour de lui, avant de fixer de nouveau son attention sur lui. Il voit son regard papillonner sur son torse, comme s'il n'osait pas regarder. Il a l'habitude de ce genre de réaction, mais il n'a pas de problème à ce qu'on admire les dessins qu'il a fait tatouer sur son corps. Étrangement, il ne reconnaît pas l'attitude condescendante de l'adolescent qui peuple ses nombreux et peut-être meilleures souvenirs, pourtant maintenant qu'il fait partie de la NBA, il s'attendait à voir son ami encore plus sûr de lui.
« Salut Taiga… Désolé de débarquer comme ça. Hm… Je peux entrer ? »
Dans son petit quinze mètres carré ? Mais bien-sûr enfin ! c'est toujours un plaisir de laisser de vieille connaissance pénétrer son tout petit espace personnel. Il hésite, mais l'attitude de son ancien rival l'intrigue, autant que de comprendre ce qu'il fout là, devant sa porte. Alors malgré ses réticences, il se recule pour le laisser entrer.
« Bienvenu… »
Il devine au regard d'Aomine qui parcourt rapidement la pièce qu'il est surpris de le voir vivre dans un tel… lieu. Il est certain que comparé au luxe de l'appartement que son père lui payait quand il était à Tokyo et dans lequel, ils ont pu passer des heures tous les deux à jouer aux jeux vidéos, cet appartement a de quoi surprendre.
« Je te sers quelque chose à boire ? Je dois avoir de la bière.
— Non merci… Juste un verre d'eau. »
Il regarde Aomine surpris. Il n'a jamais refusé une bière auparavant. Celui-ci semble deviner à quoi il pense, car il rigole légèrement.
« Match demain. Et… Je joue un contrat avec les Lakers alors je reste sérieux.
— Oh… OK. »
Un contrat avec les Lakers ? Un pincement de jalousie écorche son cœur, mais il déglutit et se détourne pour aller chercher un verre d'eau et… Une bière pour lui-même parce que là il en a bien besoin.
« Hm… C'est pas officiel, pour les Lakers… Alors euh…
— Compris… Je dirai rien.
— Merci. »
Il lui tend son verre et indique le canapé.
« Assieds-toi… Désolé. Y a pas beaucoup de choix.
— Non c'est cool. Merci. »
Il s'assoit par terre face à Aomine, il a toujours sa combinaison et besoin de mettre un peu d'espace entre lui et son invité surprise. Il n'est pas un grand fan de la proximité physique surtout avec des inconnus et… Il n'a pas vu Aomine depuis si longtemps, qu'il lui fait vraiment l'effet d'un inconnu. Ils ont été si proches à une époque et pourtant, il a l'impression de ne pas le reconnaître, qu'il n'est pas réel. Il boit une gorgée de sa bière et se racle la gorge.
« Alors… Qu'est-ce que tu fais là ? »
Il a tout juste le temps de voir un éclair de tristesse ou de douleur dans le regard d'Aomine avant qu'il ne le détourne pour le perdre dans le ciel bleu qui s'affiche derrière la vitre. Il contemple ainsi silencieusement l'extérieur. Et étrangement, le silence n'est pas pesant. Il leur arrivait de passer de longs moments ensemble sans échanger un mot, sans se sentir obligé d'avoir à meubler, sans se sentir oppressés par le silence, appréciant juste la présence de l'autre comme rassurante. Mais après tout ce temps, maintenant qu'ils sont redevenus presque des inconnus, il n'aurait pas été surpris que le silence soit malaisant.
Pourtant, non le silence avec Daiki reste confortable. Ce qui l'est moins par contre c'est qu'il réapparaisse comme ça et qu'il ne comprenne toujours pas ce qu'il fait ici.
« Aomine ?
— Ça fait si longtemps que ça pour que tu ne m'appelles plus Daiki ?
— Qu'est-ce que tu fais là ? »
Aomine n'insiste pas, il le regarde de nouveau et cette fois il en est certain, c'est de la tristesse qui lit dans son regard.
« Je sais pas… »
Et étrangement, cette réponse le met en colère. Il a longtemps été en colère contre son ancien rival et ami, enfin du moins il le croyait. Quand il a annoncé qu'il retournait aux USA pour faire la fac et tenté la NBA. Ses amis avaient tous été contents pour lui et Aomine aussi. Enfin, au début, plus le départ approchait et plus il s'était montré distant jusqu'à ne pas se présenter à l'aéroport comme tous les autres. Et une fois aux États-Unis, Aomine n'a répondu à aucun de ses messages. Le mec squattait chez lui quatre-vingts pourcents de son temps libre et de ses nuits. Ils ne faisaient pratiquement rien l'un sans l'autre et du jour au lendemain c'était le silence radio. Il lui en avait voulu, énormément. Il avait eu des nouvelles par Kuroko qui avait seulement dit ne pas comprendre lui non plus la réaction d'Aomine, sinon peut-être de la jalousie. Et aujourd'hui, il fait son apparition ici comme une fleur ? Il n'a vraiment jamais eu ses messages ? Les derniers étaient assez virulents sur ce qu'il pensait de son silence. Et puis, le temps avait passé et il avait relégué « Aomine Daiki » parmi les vieilles connaissances lointaines et il avait passé sa colère dans le basket et le surf.
Et maintenant, Aomine refait surface et ne sait pas pourquoi ?! Il repose un peu brutalement sa bière sur la table basse.
« Tu sais pas hein ?! Ben… Je peux peut-être t'aider ! T'excuser de m'avoir ignoré ? »
Aomine secoue la tête doucement et se passe deux mains nerveuses dans les cheveux. Il n'a pas touché à son verre d'eau.
« Je suis désolé Taiga… »
Ses mots le surprennent et l'interrompent avant qu'il n'ait eu le temps de passer une nouvelle fois sa colère sur Aomine. Il hésite, mais il a du mal à comprendre ce qui se passe là. Il a la sensation que quelque chose lui échappe.
« O… Kay… Donc juste comme ça je te demande de t'excuser et tu t'excuses ? Et si je te demande cent balles et une pipe… Tu t'exécutes ? »
Aomine relève un regard blessé sur lui, ou couve menace et colère. Et soudain, la réalité ce qu'il vient de dire le frappe. Il se rappelle des unes des journaux il y a quelques mois de ça, où la sexualité d'Aomine était décortiquée. Il avait été plus que surpris de découvrir que son ancien rival était gay.
« Oh fuck… Sorry… I didn't mean it that way…
— Vraiment ?
— Évidemment ! Je suis juste… Surpris de te voir là… Sérieusement Aomine, j'étais en colère et je crois… Que je t'en veux toujours un peu… Pourquoi tu m'as jamais répondu ?! »
De nouveau, Aomine semble nerveux, son regard est un peu fuyant puis il sourit et tente de plaisanter.
« Je peux te sucer… Mais les tunes tu peux aller te faire voir…
— Aho ! »
Il se sent rougir jusqu'aux oreilles. Quel idiot d'avoir plaisanté là-dessus ! Bien-sûr que ça se retournerait contre lui. Il soupire.
« Si t'as pas envie de m'expliquer… Alors pourquoi tu débarques chez moi comme ça bordel ?! »
Cette fois, son invité surprise décide de prendre son verre d'eau et en boit quelques gorgées, comme s'il cherchait à gagner du temps. Il n'a jamais vu Aomine aussi nerveux. Il ne l'a jamais vu non plus tenter de s'excuser.
« Tu as raison, je suis là pour m'excuser… Parce que ça fait longtemps que je me dis qu'il faut que je reprenne contact avec toi et que j'ai pas les couilles de le faire… Tetsu m'a dit que tu m'en voulais… Mais je t'en voulais aussi de m'abandonner, mais je pouvais le dire à personne… C'était pas une période simple pour moi… Et je pensais qu'à toi j'arriverai à le dire… J'ai failli plusieurs fois… Mais j'avais peur.
— Me dire quoi ?
— Que je suis gay.
— Oh… Et… T'avais peur de quoi ? Que… Je l'accepte pas ?
— Oui… Et non… J'ai peur de ça avec tout le monde. T'as toujours peur de pas connaître les gens aussi bien que tu crois tu vois… Mais… J'avais surtout peur que tu m'en veuilles de pas avoir été honnête avec toi… De t'avoir menti. »
Il soupire et se passe une main dans les cheveux. Il grimace se rappelant qu'il avait quand même pour objectif à la base de prendre une douche.
« Je t'en aurai pas voulu… Parce que… Tu me devais rien. Mais… Je trouve ça tellement rageant que tu te sentes obligé d'avoir à un moment où un autre à dire que tu es gay. Comme si ça changeait qui on est d'être gay, bi, hétéro ou tout autre couleur de l'arc-en-ciel. »
Il boit quelques gorgées de bière, ce sujet a toujours le don de l'énerver. Il regarde de nouveau Aomine.
« Tu m'as pas menti. Tu ne m'as jamais dit que tu étais hétéro… Même si ouais, tous les signes que tu laissais voir allait dans ce sens. Ça veut juste dire qu'il faut jamais se fier aux apparences et c'est plutôt une bonne règle à suivre.
— Ouais… Je suppose que tu as raison… »
Il regarde Aomine et rigole. Il a l'air pris au dépourvu et c'est assez plaisant de surprendre le grand Aomine.
« Ma réponse te surprend…
— Ouais… Mais elle est vachement cool. Et vu qu'on a euh… Souvent dormi ensemble ça te pose pas de problème ?
— De toute évidence, ça n'a posé aucun problème. Je ne vois pas en quoi ça changerait. T'es gay… Pas un mec qui saute sur tout ce qui bouge.
— Tu aurais pas pu avoir l'air un peu… Je sais pas… Dégoûté ? Histoire que je regrette un peu moins de pas te l'avoir dit à cette époque ?
— Euh… Désolé ? »
Aomine éclate de rire. Et il ne peut s'empêcher de sourire lui aussi. C'est un peu étrange et c'est la première fois que son ancien ami semble enfin se détendre depuis qu'il est entré dans cette pièce. Il termine sa bière, appréciant d'entendre le rire de Daiki. Son cœur se réchauffe. Daiki. Ça fait longtemps qu'il n'a pas pensé à lui en tant que « Daiki » son pote et pas « Aomine » son rival.
« Y'avait rien d'autre ?
— Oh … Si… Je me disais que c'était un peu un signe et que c'était pour ça que je devais reprendre contact avec toi aujourd'hui… »
Daiki fouille dans sa poche et sort deux billets qu'il lui tend.
« Je sais que je suis en avance… Mais comme le match c'est demain. Bon anniversaire Taiga. »
Il attrape les billets un peu nerveusement.
« Sérieux ?! En VIP ?
— Yes...
— Merci Daiki. »
Un sourire immense mange de nouveau le visage de Daiki alors qu'il fredonne.
« Hey ! Tu m'appelles enfin Daiki !
— Aho !
— Nan nan ! Daiki ! »
Ils rient et il regarde encore les billets.
« Tu sais que je vais encourager les Lakers ?
— Ah ! Comment tu me blesses !
— Désolé mec ! Mais pour tous les autres matchs…. J'aurai encouragé l'équipe d'un pote… Mais les Lakers… Ce sont les Lakers quoi.
— Un pote ?! So… We are good ?
— Well… I think so… Mais t'as pas intérêt à recommencer un truc pareil.
— Promis. Merci Taiga. »
Il se lève en souriant.
« De rien… Hm… T'as un truc de prévu ce soir ?
— Ouais… Je vais devoir rentrer à l'hôtel… Mais demain soir après le match si ça te dit…
— Ouais. Ce serait cool. »
