Le Réveil de Loki
Résumé : Suite aux événements du ministère et la petite visite de Voldemort dans la tête d'Harry, quelque chose s'est débloqué dans l'esprit du Gryffondor. Quelque chose d'ancien, puissant et mythique. L'esprit de Loki. Mais cela prend du temps à se faire sentir. Dans les expressions, le mode de pensée, ... Harry fait petit à petit des rêves étranges. Il devient bien meilleur dans toutes les matières sans avoir à vraiment travailler, même en potions. Mais à côté de cela, il est très perturbé et en manque de sommeil à cause des images qu'il voit et qu'il ne comprend pas. Il va donc voir la seule personne susceptible de l'aider. Severus Snape.
Sequel Le Dieu Maudit.
Chapitre 1 : Le Ministère
La cicatrice d'Harry était brûlante au-delà de ce qu'il avait déjà pu ressentir auparavant. Aucune douleur n'était comparable à part peut-être le doloris. Il ne vit plus Dumbledore, il ne vit plus Voldemort. Il ne voyait même plus le hall du Ministère. Il était en fait prisonnier des anneaux d'une créature aux yeux rouges. Des anneaux si serrés qu'il avait presque l'impression qu'il avait fusionné avec cette monstruosité.
Il se sentit mis à nu, son esprit décortiqué mais c'était différent encore plus douloureux et pervers qu'avec Snape. Voldemort violait son esprit afin de le torturer en même temps qu'il prenait possession de son corps pour s'adresser à Dumbledore.
« Tue-moi, maintenant, Dumbledore ..., » disait-il. « Si la mort n'est rien, tue ce garçon... »
Harry était partagé entre deux sentiments : celui qu'on le délivre de cette douleur, par la mort si nécessaire, mais aussi par son désir de vivre car il savait que Sirius ne voudrait pas qu'il meure. Tout au contraire, il voudrait qu'il survive et profite de la vie. C'était ce qu'il avait toujours dit.
Il voulait que Voldemort meure mais pas au péril de sa vie. Il entendit le rire glacial du mage noir dans son esprit, le narguant de sa pensée puérile, un espoir impossible. Les anneaux se serrèrent encore plus autour de lui et son esprit subit une attaque supplémentaire.
Soudain, quelque chose en lui se fissura et une douce chaleur le submergea. En même temps que cela, Voldemort fut chassé de son corps, comme brûlé, et la douleur reflua progressivement. Harry était maintenant étendu à plat ventre sur le sol, sans ses lunettes, frissonnant de partout. Il avait l'impression que le sol n'était plus fait de bois mais de glace.
Il entendit vaguement des voix résonner autour de lui. Il ne les connaissait pas. Il doutait même de leur véritable existence. Il sentit une main sur son front et il ouvrit péniblement les yeux. Il croisa le regard bleu de Dumbledore à quelques centimètres de lui.
« Ca va, Harry ? Tu n'es pas blessé ? »
Le Gryffondor prit quelques instants à comprendre que l'homme s'adressait à lui, puis de décortiquer sa question avant de pouvoir la comprendre et y répondre.
« Ca va, » répondit-il au bout d'une dizaine de secondes. « Non, je ... je ne suis pas blessé. Je crois pas... »
Il tenta de se redresser mais ses tremblements violents l'empêchaient de faire le moindre mouvement, comme s'il avait perdu le contrôle de son corps. Dumbledore l'aida à se mettre en position assise et lui assura un appui de son épaule.
« Où est Voldemort ? » demanda ensuite Harry. « Et qui sont ... ? »
L'atrium était en effet rempli de monde, ce n'était pas dans l'imagination d'Harry. Il n'arrivait pas à les distinguer, n'ayant pas ses lunettes sur le nez, mais il les voyait, eux ou leurs ombres légèrement angoissantes à cause des flammes vertes des cheminées. Ces dernières, continuant encore de s'allumer et de s'éteindre, témoignaient de l'arrivée de toujours plus de personnes, des employés du Ministère.
Soudain sa vue se fit plus claire. Dumbledore venait de lui glisser ses lunettes sur le nez. Cela ne l'empêcha pas d'être ébloui quelques secondes plus tard par le flash d'un appareil photo. Rita Skeeter venait de le faire prendre en photo et elle s'approchait déjà pour le questionner. Seule la présence de Dumbledore finit par l'arrêter.
« Mme Skeeter. Harry n'est pas en état de répondre à quoi que ce soit, » dit-il d'une voix dure. « Il est épuisé et en état de choc. S'il le désire, vous pourrez lui parler plus tard. Mais j'insiste sur le fait qu'il le demande. Je ne tolérerais aucun harcèlement moral sur mon élève surtout après les épreuves qu'il vient de traverser ! »
La sorcière fut contrainte de s'éloigner mais Harry se doutait que ce ne serait que partie remise. Dumbledore l'aida à se relever et le soutint car ses jambes tremblaient toujours et refusaient de porter son poids.
Les deux sorciers se désintéressèrent du mouvement de panique qui se déroulait autour d'eux. Il était temps que les sorciers les croient, qu'ils croient au retour de Voldemort, cela ne faisait qu'un an après tout qu'ils les mettaient garde. Maintenant, ils ne pouvaient plus faire les autruches. Voldemort avait été vu au Ministère. Ils devaient maintenant réagir et prévenir la population. Et cela se ferait.
Harry regrettait juste le prix qu'il devait encore payer dans cette histoire. Maintenant, il avait perdu Sirius ... En repensant à lui, des larmes commencèrent à couler le long de ses joues. Il avait tout perdu. Il venait à peine de se retrouver une famille qu'il la perdait à nouveau. Bellatrix paierait un jour ou l'autre. Il s'en fit la promesse.
« Dumbledore ?! » s'exclama alors Cornélius Fudge. « Vous ici ?! Mais ... »
« Je suis à vous dans une petite minute, Cornélius. Je vais d'abord renvoyer Harry à Poudlard. »
« Harry ... Harry Potter ? »
Le regard du Ministre se posa sur le jeune homme qui peinait à tenir debout.
« Lui ... ici ? » fit-il ensuite. « Pourquoi ? Qu'est-ce que cela signifie ? »
« Je vous expliquerai tout, » assura Dumbledore. « Lors qu'Harry sera de retour à l'école. »
Sous le regard médusé des employés du ministère, le directeur transforma la tête brisée d'une statue en un portoloin et le tendit à son élève. Harry le prit en silence.
« Je te retrouverai bientôt, » dit Dumbledore à voix basse. « Un... deux... trois... »
Harry éprouva à nouveau la sensation familière d'une secousse derrière le nombril, comme si on le tirait avec un crochet. Le sol se déroba sous ses pieds et tant le Ministre que Dumbledore disparurent pour être remplacés par un tourbillon de couleurs et de sons.
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Harry descendait lentement les escaliers menant au Hall d'entrée. Il avait dit à ses amis qu'il voulait rendre visite à Hagrid maintenant qu'il était revenu mais en réalité, il ressentait un profond besoin de solitude. Il avait besoin de réfléchir à tout ce qui venait de se passer, tout ce qu'il avait appris ces derniers jours.
Il venait d'arriver au pied de l'escalier de marbre quand il croisa Malfoy et ses deux acolytes préférés. Ces derniers lui bloquèrent le passage. Il les regarda avec un air blasé, se demandant comment s'en débarrasser.
Il pourrait user de sa langue pour les convaincre de le laisser tranquille ... Non, Malfoy était un Serpentard, et de plus son ennemi, il ne se laisserait pas convaincre aussi facilement. Quant aux deux autres, ils étaient tellement stupides qu'il aurait encore une meilleure conversation face à des Ases ! Il fronça les sourcils à cette pensée, se demandant ce qu'était un Ase.
Pendant ce temps, Malfoy jeta un coup d'oeil aux alentours pour s'assurer qu'il n'y avait aucun professeur dans les parages avant de se tourner à nouveau vers sa nemesis.
« Tu es mort, Potter, » dit-il à voix basse.
Cette phrase ramenant Harry à l'instant présent. Il releva un sourcil et un rictus apparut sur ses lèvres.
« Vraiment ? C'est étrange... Pourrais-tu me dire alors pourquoi je peux encore me promener, parler, réfléchir ? Il me semble que ce sont des choses que les morts ne peuvent pas faire ... »
Jamais Harry n'avait vu le blond aussi furieux. Il éprouva une sorte de satisfaction détachée à la vue du ce visage pâle et pointu déformé par la rage.
« Tu vas payer ! » murmura l'aristocrate. « C'est moi qui te ferai payer ce que tu as fait à mon père. »
« Me voilà terrifié, » répliqua le Gryffondor, sarcastique. « Tu m'excuseras mais j'ai autre chose à faire que d'écouter des menaces d'enfants blessés. Reviens me voir quand tu auras un peu plus de couilles, d'accord ? »
Il s'écarta des Serpentards pour sortir prendre l'air et réfléchir mais il fut bousculé et plaqué contre le mur. Goyle ... Il avisa les trois baguettes pointées sur son visage. Il nota la présence dans la périphérie de son oeil de capes noires et d'une silhouette qu'il connaissait que trop bien. Il attendit sagement qu'il réagisse.
« Tu te prends pour un grand homme, Potter ? » siffla Malfoy en s'avançant vers lui. « Mais attends un peu... »
« Attendre quoi ? La chute des feuilles ? La fonte des neiges ? Que le soleil brille à Helheim peut-être ? Vas-y qu'est-ce que tu attends ? Que je te montre comment on fait pour lancer un sort ? Tu as une grande gueule mais absolument rien dans le pantalon ! Malheureusement, je ne peux pas en dire autant de tes deux gorilles. Eux, aussi étrange que cela soit pour des Serpentards, ils n'ont rien dans la tête mais tout en dessous de la ceinture ! Alors maintenant tu décides quoi ? Tu me lances un maléfice ? Tu ordonnes à tes primates de me lancer un maléfice ? Ou tu écoutes la voix de la raison et tu tournes ta tête sur la gauche pour voir le regard de ton directeur de maison ? »
« Quoi ?! »
Le blond tourna immédiatement la tête pour croiser les yeux sombres du professeur Snape.
« Et merci beaucoup professeur de votre aide, » continua Harry, sarcastique. « On voit très bien où va l'allégeance des professeurs. Leur maison avant le reste n'est-ce pas ? Ou est-ce une autre allégeance qui vous a empêché d'arrêter Malfoy dans sa piètre tentative de me menacer ? A se demander si cela n'est pas une des raisons de la mort de mon parrain ... Enfin ... Je suppose que je n'aurais jamais de réponse à ces questions. »
Snape lui lança un regard assassin mais il ne lui laissa pas le temps de répliquer. Il se tournait déjà vers les trois misérables Serpentards qui avaient besoin d'être trois pour s'attaquer à une seule personne. Que de courage !
« Je te souhaite une très mauvaise journée, Malfoy. Moi, je vais prendre un bol d'air frais. J'ai besoin de réfléchir et j'ose espérer que tu n'oseras pas t'en prendre à nouveau à moi car la prochaine fois, je la sortirais ma baguette et tu n'aimeras pas le résultat. »
« Là, c'est toi qui a une grande gueule et rien dans le pantalon, » siffla Malfoy.
« Rappelle-moi qui de nous deux est un Gryffondor ? Qui de nous deux a déjà affronté Lord Voldemort ? Qui de nous deux a déjà affronté un dragon et un basilic ? » Le blond pinça les lèvres. « C'est bien ce que je pensais. Je pense avoir suffisamment de couilles pour dire que je serais capable de t'envoyer à Sainte Mangouste s'il te venait à l'idée d'engager un duel avec moi. Enfin, si je ne t'envoie pas directement au cimetière... »
Il partit d'un pas tranquille, retenant un ricanement alors qu'il entendait Snape lui retirer dix points pour son insolence.
« Il n'y a plus de points dans le sablier, professeur, » fit-il simplement remarquer. « Et je doute que vous soyez homme à en donner juste pour le plaisir de pouvoir les retirer ensuite... »
« Dans ce cas, Potter, nous allons simplement ... »
« En ajouter ? »
Le professeur McGonagall venait tout juste de monter d'un pas pesant les marches de l'entrée. Elle portait dans sa main un sac de voyage écossais et s'appuyait lourdement de l'autre sur une canne. Pour le reste, elle semblait en bien meilleure santé que le soir où elle était partie pour Sainte Mangouste.
« Minerva ! » s'exclama Snape en descendant rapidement les escaliers. « Vous voilà enfin sortie de Sainte Mangouste ! »
« Oui, Severus. Et je suis en pleine forme. » Elle se débarrassa de son manteau de voyage et fit un geste vers les deux acolytes de Malfoy. « Vous deux, venez ici. Tenez, allez porter ceci dans mon bureau. »
Elle leur donna son manteau et son sac. Les deux gorilles partirent immédiatement dans les étages pour éviter d'avoir des ennuis.
« Alors, voyons un peu, » reprit le professeur McGonagall en observant les sabliers. « Je pense que Potter et ses amis devraient recevoir cinquante points chacun pour avoir averti le monde du retour de Vous-Savez-Qui ! Qu'en dites-vous, Severus ? »
« Quoi, comment ? » rugit ce dernier.
Harry retint un rictus amusé. Il savait parfaitement que le Maître des Potions avait très bien entendu. Il ne voulait juste pas y croire ...
« Oh ... hmmm ... oui ... j'imagine que ... »
« Cela fait donc cinquante points chacun pour Potter, les deux Weasley, Londubat et Miss Granger, » poursuivit le professeur McGonagall.
Harry observa les rubis tomber dans la partie inférieure du sablier de Gryffondor. Deux cent cinquante points. Cela faisait du bien. Tout le désastre qu'Ombrage avait fait sur leurs points durant l'année était effacé d'une seule intervention de sa directrice de maison. C'était bien mais ... c'était quelque chose de futile. La coupe des quatre maisons. Qu'avait-elle d'important face à la guerre qui était maintenant ouvertement déclarée à l'extérieur de Poudlard ?
« Ah ! Et aussi cinquante points pour Miss Lovegood, je pense, » ajouta McGonagall.
Des saphirs tombèrent dans le sablier des Serdaigle.
« Vous vouliez en enlever dix à Potter, je crois, Severus... Voilà, c'est fait ... »
Dix rubis remontèrent dans la partie supérieure.
« Avez-vous besoin de quelque chose, professeur McGonagall, » s'enquit ensuite Harry avec un sourire amical. « Ou puis-je sortir prendre l'air ? »
« Non, Potter, allez-y, » fit McGonagall avec un fin sourire. « Allez profiter un peu du soleil. Vous aussi, Malfoy. »
Harry était déjà parti sans accorder le moindre regard ni à Snape ni à Malfoy. Il ignora tous les regards qui étaient portés sur lui. Bon nombre lisaient les nouvelles dans le Gazette. Ils apprenaient enfin la vérité, ou du moins acceptaient enfin de le croire. Il leur en avait fallu du temps. Maintenant, ils le considéraient comme un héros.
Un héros ... lui ? Il n'en avait jamais été un. Il était toujours au mauvais endroit au mauvais moment. Il était toujours malheureusement victime des circonstances et il faisait souffrir les gens autour de lui. D'abord ses parents, Cédric, Sirius ... Ce serait qui le suivant ? Ses amis ? Il n'avait rien d'un héros. Ça, c'était une certitude. Mais il devait malheureusement en endosser le rôle. Du moins, c'est ce qu'il avait compris. Tout cela parce que Dumbledore et Voldemort avaient pris en compte une prophétie.
Ainsi, lui et Voldemort étaient liés depuis tout ce temps. De cette manière-là. Il avait un lien avec l'esprit du mage noir et lui avait aussi accès au sien. Il ignorait encore ce que cela signifiait exactement mais il avait constamment le dernier vers de la prophétie qui lui retournait encore et encore l'esprit. Aucun des deux ne peut vivre tant que l'autre survit. Il devrait tuer Voldemort avant qu'il ne le tue. Il devrait devenir un meurtrier pour survivre. Et il n'avait même pas seize ans ... C'était super comme projet d'avenir !
