Titre original : Double Dare
Traduction : Oser doublement
Autrice : ohjustpeachy (sur Ao3)
Lien : sur ao3 /works/30831962
Traductrice : Leyya09
Bêta : Merci à Shiny Snotra & Fleur d'épine
Pairing : Sam & Bucky
Genre : Fluff, fluff et encore fluff | One-shot
Notes : Mis à part le titre qui m'a donné des cheveux blancs, tellement c'est intraduisible..., j'ai adoré traduire cette fic ! Je la trouve tellement mignonne ! J'adore les Bucky un peu stupides je crois ;) Hâte de savoir ce que vous en pensez !
Résumé :
"Oublie ça", grince Bucky. "Oublie ce que j'ai dit. Profite du reste de ton week-end, Samuel, je suis sûr que je peux avoir un autre train."
"Oh non, ne me fais pas le coup du Samuel. Allez, sois mon pote, Buck, ose ! Je t'en défie doublement," Sam sourit.
(Ou, Bucky suit le conseil de sa thérapeute de cultiver l'amitié, Sam le fait galérer pour ça, et au moment où il est sûr qu'ils sont amis, Bucky a un tout nouveau problème sur les bras).
((L'AMOUR))
OSER DOUBLEMENT
Bucky Barnes est éveillé. Encore.
Sauf que ce soir, ce n'est pas le fléau habituel des cauchemars qui l'empêche de dormir, mais quelque chose que le Dr Raynor a dit.
Tu as encore ignoré Sam Wilson. Tu dois faire confiance aux gens, James. Tu as besoin de cultiver des amitiés.
Et c'est une bonne idée, en théorie. Le seul problème est que Bucky n'a pas eu d'ami - Yori et Shuri mis à part - depuis Steve, et il n'est pas sûr de savoir comment se faire un ami, sans parler d'en être un.
C'est ce qui le retient vraiment, la plupart du temps. Il est un tueur. Un assassin. Le Soldat de l'Hiver. Le fait que toutes ces choses appartiennent au passé, qu'il fasse amende honorable, qu'il fasse de son mieux pour aller de l'avant, n'a pas autant de poids que le reste. Comment pourrait-il être un ami pour qui que ce soit alors que la plupart du temps, il n'arrive même pas à se comprendre lui-même ? L'amitié demande du travail, et Bucky veut juste être sûr qu'il peut donner et recevoir de manière égale.
Alors il se tient à distance, la plupart du temps, même s'il sait, au fond de lui, qu'il ne devrait pas. Qu'il ne se rend pas service, ainsi qu'aux gens comme Sam, en se retenant, en ignorant les textos, en ne faisant aucun effort pour tendre la main.
Soupirant, Bucky se retourne, prend son téléphone et fait défiler les textos de Sam des dernières semaines, tous sans réponse.
Je serai en Louisiane pour les prochaines semaines, mais tu as mon numéro. Prends des nouvelles de temps en temps, lmk que tu es en vie.
Lmk = let me know. Je sais que tu es un vieil homme qui pourrait ne pas savoir ces choses ;)
Je suis à D.C ce week-end si tu veux venir, c'est à un train d'ici.
Que fais-tu quand tu n'es pas à tes séances de thérapie ordonnées par le tribunal, au fait ? Je t'imagine en train de parler à une plante.
...S'il te plaît, dis-moi que tu ne parles pas vraiment à tes plantes.
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Tu devrais prendre ça pour le bras. Tu comprends ? C'est une panthère.
En lisant les messages, toutes ces tentatives de contact, Bucky se sent comme un trou du cul. Est-ce si difficile de prendre son téléphone et de répondre ? De dire à Sam qu'ils pourraient se retrouver à D.C, même si c'est juste pour faire une promenade en silence ou autre ? Ce serait sûrement vachement mieux que d'errer seul dans New York.
Il est trois heures du matin, mais Bucky tape un message, s'arrêtant et recommençant plusieurs fois avant de trouver quelque chose qu'il pourrait envoyer.
Salut, Sam, comment vas-tu ? Désolé, j'ai été plutôt absent. Comment ça va ? Je pensais qu'on pourrait faire quelque chose un jour prochain. Lmk. - Bucky
Lorsqu'il se réveille le matin, le soleil aveuglant transperce ses fenêtres sans rideaux et Bucky est agréablement surpris de voir arriver un texto de Sam alors qu'il sirote son café.
Il est vivant ! C'est bon d'avoir de tes nouvelles, Buck. Tu as envie de venir à D.C ? J'ai le week-end de libre et je ne dirai pas non à un peu de compagnie, ça fait un moment.
Attends une minute, 3 heures du matin ? Tu ne dors pas ? Et puis, tu sais que tu n'as pas besoin de signer tes textos, hein ? Tu parles comme un grand-père.
Bucky s'étire, baille, pense à se lever pour prendre une deuxième tasse de café avant de passer une autre journée interminable avec ses pensées, et il répond avant de changer d'avis.
De la compagnie, c'est bien.
Sam rencontre Bucky à la gare, et ce n'est qu'une question de minutes avant que Bucky ne se demande s'il a fait une erreur. Sam a l'air assez heureux, décontracté dans sa veste verte et son jean, un t-shirt noir sous le blouson. Il regarde Bucky de haut en bas et lui demande, pas méchamment, s'il a l'air d'être sous couverture.
Bucky regarde ses propres vêtements : un jean noir délavé, une veste en cuir noir sur un t-shirt noir, des baskets noires. Un chapeau qui est techniquement gris anthracite mais qui pourrait facilement passer pour du noir.
"C'est... beaucoup de noir", reconnaît Bucky.
"Nan mais, ça te va bien d'une certaine manière", dit Sam, apparemment conscient du malaise quasi immédiat de Bucky. "Comme un James Bond robuste. Alors," dit-il, changeant de sujet et les conduisant hors du quai des trains et dans la lumière vive du soleil de ce début de printemps. "Qu'est-ce qui t'amène ici, Buck ? Tu es enfin prêt à admettre que je t'ai manqué ?"
Bucky fronce les sourcils. Cela n'a pas besoin d'être une affaire d'état, mais Sam est certainement en train d'en faire une.
"Je ne sais pas", dit Bucky, en soufflant un peu. Il regarde autour de lui. D.C au printemps est agréable, se rend-il compte. Les arbres sont en pleine floraison, il y a des gens qui se promènent partout, qui posent pour des photos, qui parlent et qui profitent du paysage, sans oublier que le soleil donne à tout un aspect... lumineux. Plein d'espoir, même. C'est rafraîchissant, d'être quelque part de nouveau.
"Je prends ce silence comme un 'Sam, tu m'as tellement manqué que je devais venir te voir par moi-même, et au fait, tu es le meilleur et le plus fort des Avengers.' Et c'est flatteur, Buck, mais..."
Bucky le coupe. "Ma thérapeute pense que j'ai besoin de cultiver des amitiés", explique-t-il. Le sourire de Sam est si suffisant qu'il le fait se sentir un peu fou.
"Oh, le soldat bionique (1) a finalement accepté l'idée d'être amis", jubile Sam.
"Non, c'est pas le cas, c'est une amitié ordonnée par le tribunal..."
"Il veut manger des cônes de glace et m'emmener à la pêche", poursuit Sam.
"Oublie ça", grince Bucky. "Oublie ce que j'ai dit. Profite du reste de ton week-end, Samuel, je suis sûr que je peux avoir un autre train."
"Oh non, ne me fais pas le coup du Samuel. Allez, sois mon pote, Buck, ose ! Je t'en défie doublement," Sam sourit.
Bucky roule les yeux. "Tu me défies ? T'es qui, Steve Rogers au jardin d'enfants ?"
"Pas du tout", rétorque Sam. "Le gamin était asthmatique et malade plus souvent que de raison. Allez," continue Sam. "Fais-le. Tu ne peux pas refuser un défi."
"J'ai cent six ans, les défis ne m'attirent pas vraiment ces jours-ci." Bucky reste silencieux pendant une minute, observant le visage brillant et rieur de Sam et son sourire facile. Il pourrait être ami avec Sam. C'est un emmerdeur, genre, un gros emmerdeur. Mais c'est un bon gars, aussi.
Non pas qu'il lui dirait ça. Et certainement pas maintenant, alors que Sam continue de lui sourire, les bras croisés sur la poitrine, comme s'il attendait que Bucky se décide.
"Bien", dit Bucky. "On est amis."
"Oh non", Sam secoue la tête, l'air bien trop content de lui maintenant. "Tu vas devoir gagner mon amitié, James Bucky Barnes."
Bien sûr qu'il allait devoir le faire.
Ils passent la première partie de leur samedi à se promener dans la ville, à faire du tourisme et à rattraper le temps perdu. Sam a un petit appartement en ville, et il lui montre les coins incontournables quand ils passent devant.
Le parc où il court - où il avait l'habitude de courir avec Steve, Bucky le sait, mais aucun des deux n'en parle. Il se demande cependant comment Sam gère ça, Steve lui manque tellement que, parfois, c'est comme une douleur physique dans sa poitrine.
Sam l'emmène dans l'endroit où il aime prendre son café, car, comme le dit Sam, Starbucks est trop branché.
Il raconte à Bucky ce qu'il a fait dans l'armée de l'air, les missions qu'il prend et qu'il aime, celles qu'il prend et qu'il regrette immédiatement, et les gens qu'il a rencontrés en chemin. Bucky voit immédiatement que Sam a une affinité particulière avec Joaquin Torres, ce type avec qui il fait équipe le plus souvent.
"Il parle sans arrêt, pose plus de questions sur Tony Stark et Steve Rogers que n'importe quel journaliste que j'ai rencontré, mais c'est un type formidable", dit Sam en souriant. Il est prêt à faire n'importe quoi pour toi quand tu apprends à le connaître. C'est juste un de ces types, tu sais ?"
Bucky le sait, et pense momentanément à Steve, à nouveau, à sa quête éternelle de faire la bonne chose - la meilleure chose - à chaque fois, et se demande s'il connaîtra un jour encore quelqu'un comme ça dans sa trop longue vie.
"Il a l'air génial", dit Bucky pendant qu'ils marchent.
Sam l'entraîne dans le Georgetown Cupcake, insistant sur le fait que l'attente en vaut la peine, même si Bucky grommelle qu'il n'a pas besoin de quelque chose à ce point, et continue de faire couler la conversation agréablement, les guidant dans une cadence facile.
C'est le truc avec Sam, Bucky commence à s'en rendre compte. Même s'il aime bien embêter Bucky à propos de cette histoire d'amitié, il est manifestement très heureux de le voir, et il fait un effort pour le mettre à l'aise, même si cela signifie qu'il doit mener la conversation pour deux lorsque Bucky ne trouve pas le bon mot à dire.
C'est agréable, surtout si l'on considère les longues périodes de silence de Bucky au cours des derniers mois. Bucky pense au message de Sam la nuit dernière.
Je ne dirai pas non à un peu de compagnie, ça fait un moment.
Il se demande si, malgré les missions, la routine, son amitié avec des gens comme Torres, Sam ne se sent pas un peu seul, lui aussi.
L'appartement de Sam est loin d'être aussi petit qu'il le laisse croire.
"C'est vraiment sympa", lui dit Bucky alors que Sam lui fait visiter les lieux, lui montrant la salle de bain et le canapé où Bucky dormira pour le week-end.
Et ça l'est. Sam a clairement passé beaucoup de temps à décorer l'endroit, à en faire un foyer. Le canapé a l'air habité mais agréable, un cuir brun foncé et doux dans lequel Bucky imagine qu'il doit être plaisant de s'enfoncer. Il y a des reproductions d'art sur les murs, plus quelques piles de livres dans le salon que Bucky a envie de feuilleter, et...
"Tu as un poisson ?" demande Bucky, surpris. Il s'approche du petit aquarium et lance un regard aux deux poissons qui nagent en rond.
"Deux poissons", Sam acquiesce. "C'est Dave, et celui-là, c'est Squirtle."
Bucky regarde fixement. "Dave et Squirtle ? C'est quoi ces noms pour des poissons ?" Il demande.
"Tu viens dans ma maison et tu te moques de mes poissons ?"
"Pas des poissons, juste des noms", corrige Bucky.
Sam rit. "J'ai laissé mes neveux les nommer", explique-t-il. "Ils ont dix ans, alors..."
"Dave et Squirtle", Bucky acquiesce.
"Exactement."
Ils décident de commander une pizza pour le dîner, et Sam introduit Bucky à Among Us pendant qu'ils attendent. Bucky est plutôt confus, mais c'est amusant, et Sam s'y investit, bien décidé à prendre le dessus sur les gens avec qui ils jouent.
Lorsque le blob de Bucky se fait tuer pour la troisième fois de suite, Sam rit, porte la dernière bière à ses lèvres et secoue la tête. "Mec, pour un ancien assassin, tu es terriblement mauvais pour être sournois", lui dit Sam, la voix taquine.
Bucky rit un peu, puis secoue la tête. "Hé, j'ai abandonné tout ça. C'est pour ça que je suis ici, pour me lier d'amitié avec toi, tu te souviens ?"
"Comment pourrais-je oublier ? Bucky Barnes lui-même, venu dormir sur mon canapé," rétorque Sam. Il est silencieux pendant une minute, puis : "Comment ça se passe, vraiment ?"
Vraiment ? Bucky pense aux cauchemars quasi constants, à Yori, et à son rendez-vous raté avec Leah. Le fait qu'il n'a que trois contacts dans son téléphone et que l'un d'eux est ici dans cette pièce et veut sincèrement savoir comment il va et pour une fois, Bucky répond avec honnêteté.
"C'est ok", dit-il en hochant la tête. "La plupart du temps. C'est lent, mais ça va." Ce n'est pas grand-chose dans le contexte actuel, mais c'est beaucoup plus que ce qu'il dit à la plupart des gens, même au Dr Raynor la plupart du temps, et il est fier d'avoir fait cette petite avancée.
"Je fais parfois des rêves où je suis... encore... Tu sais."
Sam acquiesce et n'insiste pas davantage, et Bucky ne dit rien d'autre.
Ils sont heureux de passer le reste de la nuit à zapper sur les différentes chaînes de la télé, à se chamailler sur ce qu'ils vont regarder tandis que Sam raconte à Bucky les intrigues des innombrables séries et films qu'il a manqués au fil des ans, avant qu'ils ne se décident pour quelque chose que Bucky a vu.
"Pas possible", dit Sam, en rejetant la tête en arrière et en riant. "De tous les films qui existent, tu as vu Pretty Woman ?"
Bucky hausse les épaules. "Ça passait à la télé, j'étais debout."
"Ok, ça me suffit", dit Sam, et il pose la télécommande. Ils s'installent sur son canapé ridiculement cossu et regardent Julia Roberts se faire écraser la main dans une boîte à bijoux.
Lorsque Bucky rentre à New York le dimanche après-midi, son appartement est particulièrement silencieux. Il sort son téléphone.
Alors, ça veut dire qu'on est amis ?
Oh non, ce n'est pas si facile, Bucko.
Bucky gémit, mais il sourit en le faisant.
Un mois plus tard, Bucky reçoit un message de Sam, lui demandant s'il a envie de se voir. Ils ont échangé des textos ici et là depuis le voyage de Bucky à Washington. Il n'est toujours pas capable de répondre à chaque fois, mais il l'a fait quelques fois, et il pense que ça compte pour quelque chose.
Je suis dans le coin, tu as le temps de manger un bout ?
Une bouchée ? Qui êtes-vous et qu'avez-vous fait de Sam ?
De la nourriture, Buck, tu veux manger ? Je ne suis en ville qu'aujourd'hui.
Où es-tu ?
Sam envoie sa position et Bucky est surpris de voir à quel point il est heureux de savoir que Sam est là, tout près, et qu'il veut le voir. Amis.
Je connais un endroit.
Bucky prend une veste et part à la rencontre de Sam, hésitant entre le restaurant de sushis et celui de tacos que Sam pourrait aimer, et il lui tombe dessus lorsqu'il arrive au parc où Sam a dit qu'il serait.
"La tête dans les nuages, Barnes ?" le salue Sam. Il donne à Bucky une demi-étreinte rapide, se retirant vite comme s'il réalisait qu'une telle chose pourrait ne pas être la bienvenue, et Bucky regrette instantanément le contact facile et familier. Les câlins ne sont pas dans ses habitudes - enfin, jamais, vraiment - et c'était agréable, même si c'était bref.
"Salut, Sam", dit Bucky. "Je ne savais pas que tu étais en ville."
"Je ne savais pas moi-même que je venais", explique Sam. "J'avais un travail de dernière minute et je me suis dit qu'il n'y avait pas de meilleur moment pour aller voir Monsieur Snow Miser (2) ?"
"Snow Miser ?"
Sam rit, consulte son téléphone pendant une seconde avant de le tourner pour que Bucky le voie et explique qu'il vient d'un vieux film de Noël pour enfants.
"Pour les enfants ?" Buck demande, horrifié. "Il est terrifiant."
"Ouais, et toi aussi, la plupart du temps", se moque Sam.
Bucky se plaint. "Tu as fait tout ce chemin pour m'insulter ?"
"J'ai fait tout ce chemin pour le travail", corrige Sam. "Le reste est juste un bonus."
"Et moi qui pensais que tu voulais juste voir ton ami".
Sam rit. "Pas si vite, on n'en est pas encore là !"
Ils traversent le parc ensemble, gardant facilement le rythme en évitant les parents avec des poussettes et les chiens en laisse qui les rattrapent. Bucky se sent un peu plus à l'aise, cette fois, dans sa propre ville, en marchant aux côtés de Sam. Peut-être parce qu'ils développent vraiment une relation, ou peut-être simplement parce que Sam est comme ça - facile à vivre.
Lorsqu'ils passent devant un groupe d'enfants et de parents près d'un camion de glaces, Sam s'arrête dans son élan. "Je ne me suis pas arrêté chez le marchand de glace depuis trop longtemps", dit-il.
Ils s'arrêtent donc chez le marchand de glace, ne serait-ce que parce que Sam a l'air aussi excité qu'un des enfants de la file d'attente, et quel genre de monstre serait Bucky pour ne pas lui accorder ce plaisir ? Il prend un cône vanille avec des éclats de chocolat pour lui, et un twist avec des éclats de chocolat pour Sam, puis ils trouvent un banc pour s'asseoir.
"Merci", dit Sam en plongeant dans son cône. "Mais l'amitié ne s'achète pas non plus, tu sais", ajoute-t-il avec un sourire en coin.
Bucky soupire, et commence à manger sa propre glace. Il se sent comme s'il avait dix ans, mangeant une glace en plein milieu de la journée dans un parc, et c'est... agréable, en fait.
"Alors", dit Bucky, déterminé à faire des efforts de conversation. "Tout va bien au travail ?"
Sam le regarde, semble peser le pour et le contre avant de répondre. "Ouais, le travail se passe bien. Sauf que... je n'étais pas techniquement ici pour ce genre de travail. Je connais un gars dans une banque ici et..." Il pousse un soupir de lassitude, et l'estomac de Bucky se serre, certain que de mauvaises nouvelles vont suivre. Le visage de Sam - dans l'expérience limitée qu'il a du visage de Sam, en tout cas - n'a jamais eu l'air aussi pincé, et Bucky sait que ça ne peut pas être bon.
Il attend, silencieux, pendant que Sam organise ses pensées et lui raconte.
"Ma famille avait ce bateau, en grandissant. Un bateau de pêche à la crevette."
"Un bateau de pêche à la crevette ?" Bucky répète, les sourcils froncés. Il n'a jamais entendu parler d'une telle chose.
Sam se contente de hocher la tête. "Nous avons une entreprise de fruits de mer", poursuit-il. "D'où le bateau. Bref, quand je me suis engagé dans l'armée de l'air, ma sœur, Sarah, est restée en Louisiane et a tout assumé - s'occuper de nos parents, du bateau, du magasin."
"Ça a l'air de faire beaucoup", dit Bucky, en l'imaginant. Et puisque Sam a mentionné des neveux, il imagine que Sarah faisait tout cela tout en s'occupant d'enfants.
"Ça l'est", soupire Sam. "Quoi qu'il en soit, le bateau vit ses derniers jours, presque entièrement cassé, et nous avons besoin d'un prêt pour tout maintenir à flot - sans mauvais jeu de mots. Je pensais que mon contact ici pourrait m'aider, mais apparemment non", soupire Sam.
"Je suis désolé", déclare Bucky, qui se sent impuissant. Il voudrait pouvoir faire quelque chose, offrir quelque chose à Sam, mais il n'a pas d'argent lui-même et il ne connaît pratiquement rien aux bateaux, qu'il s'agisse de crevettes ou autres.
"Ouais", Sam acquiesce. "Merci. On va trouver une solution, les Wilson le font toujours. J'ai quelques contacts supplémentaires qui, je l'espère, pourront m'aider", dit-il, essayant manifestement de détendre l'atmosphère. "Mais, d'ici là," ajoute-t-il. "Que fais-tu pour t'amuser, Barnes ?"
"S'amuser ?" Bucky répète le mot comme un concept étranger sur sa langue.
"Tu sais, ce que les gens font pendant leur temps libre ? Quelque chose qui les rend heureux. Buck, je sais que tu ne me demandes pas de définir le mot amusement pour toi, parce que c'est trop triste, même pour toi, mec."
"Je sais ce que signifie s'amuser", souffle Bucky. "Je ne suis pas vraiment un... C'était quoi déjà ? Un Cold Miser ? J'apprécie des choses."
"Snow Miser mais tu y es presque", lui dit Sam. "Maintenant, allez, fais-moi visiter. Je n'ai que quelques heures avant de devoir retourner à D.C, et je veux voir tous les endroits."
Lorsque Bucky rentre chez lui, il est agréablement épuisé après avoir parcouru toute la ville avec Sam pendant la majeure partie de la journée. Il n'a pas vraiment d'endroits à lui, et il avait été un peu hésitant, mais Sam avait semblé apprécier leurs longues promenades, même s'ils avaient peu de destinations à découvrir en chemin. Il enlève ses chaussures, prend de l'eau dans le frigo et s'allonge sur son lit. Il n'y dort peut-être pas la plupart des nuits, mais c'est agréable de s'y allonger et de se détendre.
Il pense à quel point c'est facile d'être avec Sam, et même s'il déteste l'admettre, il se dit que Raynor avait peut-être raison après tout, et qu'il pourrait peut-être avoir des amis, un jour. Ils avaient pris un bon départ, quoi qu'en dise Sam. Ils avaient mangé leur glace et s'étaient rendus à Central Park, où Sam avait aidé un enfant à décrocher son cerf-volant d'un arbre, le lui rendant avec un clin d'œil et un sourire contagieux. La mère du gamin avait l'air prête à le serrer dans ses bras.
Maintenant, Bucky est allongé là, sirotant son eau et scrollant paresseusement sur son téléphone, googlant des bateaux de pêche à la crevette, juste pour voir ce qui existe. Il trouve beaucoup de gens qui savent tout sur Reddit, ce qui le rend méfiant à l'égard de tout ce qu'ils ont à offrir ; quelques vidéos YouTube utiles de pères expliquant exactement quoi faire et comment le faire ; et des articles WikiHow pratiques mais vagues.
C'est certainement un début.
Il se dit qu'un tel objet aurait été très utile il y a quelques années, quand le poêle était en panne et que Steve souffrait d'une pneumonie pour la deuxième fois de la saison, et que Bucky avait passé des jours entiers à essayer de réparer la machine sans aggraver la situation.
Mais au moins, il l'a maintenant, et il pourrait être en mesure d'aider Sam et sa sœur. Il copie quelques-uns des liens dans un texto destiné à Sam et les envoie, tous les trois à la suite, avec une note.
À nous deux, ça ne devrait pas être trop difficile.
La réponse de Sam est rapide, et Bucky peut presque voir la surprise sur son visage.
Vraiment ?
Ouais, je veux dire, je ne suis pas Stark, mais je pense que nous pourrions le faire, si tu veux essayer.
Tu pourrais gagner cette carte d'amitié après tout, Barnes.
Les choses deviennent un peu agitées après le voyage de Sam à New York. Il fait savoir à Bucky qu'il se rend en Suède pour suivre une piste sur une opération de culte que Torres surveille de loin, et c'est trois semaines de silence radio après ça.
Bucky déteste l'admettre, mais il s'est habitué aux textos réguliers de Sam, et son téléphone est lourd et silencieux sans eux.
Après la première semaine, il a envoyé un message à Raynor, décrivant sa situation critique.
Je n'ai pas eu de nouvelles de Sam depuis un moment.
Oh ? J'avais l'impression que vous l'ignoriez toujours tacitement.
Parfois. Nous avons un accord maintenant.
Ça semble prometteur.
Peut-être. De toute façon, il est en Suède maintenant, alors...
Donc vous m'envoyez des textos à la place.
...je suppose que oui.
Vous savez, si vous les envoyez, il finira par les recevoir, James. Non pas que je n'aime pas avoir de vos nouvelles.
Vous pensez ?
Écrivez à Sam.
Raynor dit que je devrais t'envoyer un message même si tu n'as pas ton téléphone personnel. Ça semble un peu inutile, mais me voilà. J'espère que Torres et toi allez bien.
J'ai trouvé un nouvel article qui pourrait aider avec le bateau.
Qui va nourrir Squirtle et Dave pendant que tu n'es pas là ?
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J'ai encore trouvé ton marchand de glace aujourd'hui. J'espère que tu vas bien.
Je me sens officiellement comme un con pour t'avoir ignoré tout ce temps. Lmk quand tu seras de retour.
Est-ce que J'AI MANQUÉ à James Bucky Barnes pendant que j'étais parti ? Seigneur, j'ai dû rater le gel de l'enfer (3).
Je n'ai pas dit ça.
C'était implicite dans les cinq textos que tu m'as envoyés, Buck. C'est l'équivalent d'une lettre "Cher John (4)" venant de toi.
Je retire tout ce que j'ai dit.
Tu ne peux pas et tu ne le ferais pas de toute façon. Mon voisin a nourri les poissons pendant mon absence. C'est mignon que tu te sois inquiété pour nous..
C'était une question, pas une inquiétude.
C'est normal de s'inquiéter pour ses amis, tu sais. Et je suis à la maison, puisque tu m'as demandé de te tenir au courant.
Alors, ça veut dire qu'on est amis ?
Tu m'as manqué aussi, Buck.
C'est le début de l'été maintenant, et Bucky a chaud. Il a chaud et il s'ennuie, et il ne sait pas trop quoi faire de lui-même quand il ressent ce genre d'apathie. Il se souvient de l'époque où Steve et lui s'allongeaient par terre par un temps pareil, en caleçon et rien d'autre, et se relayaient pour lire un de leurs livres afin de se distraire. Bucky était rarement distrait, même à cette époque, mais quand même, c'était bien.
Au moins, à ce moment-là, il n'avait pas été seul. Et encore une fois, au moins maintenant il a l'air conditionné. Le problème, c'est que son bras et son corps ont parfois l'impression d'avoir deux températures différentes, comme s'il était toujours à quelques degrés en dessous du métal froid du bras, et qu'il transpirait pour essayer de le réguler.
C'est en pensant à Steve et en essayant de se distraire de la chaleur que Bucky se retrouve dans la librairie d'occasion devant laquelle il passe parfois. Il y est entré quelques fois, a fait la conversation avec le type derrière le comptoir et s'est laissé aller à parcourir les piles de livres bien-aimés. Combien de livres ont été publiés entre le moment où il s'est engagé et maintenant ? Il n'arrive pas à se faire une idée de ce genre de chiffre.
Bucky prend La Communauté de l'Anneau, parce qu'il reconnaît l'auteur et que c'est un de ces livres que la plupart des gens ont lu. Rois, anneaux, amitié... ça semble être son genre de livre, en tout cas. Il s'apprête à sortir du magasin après une conversation de cinq minutes avec le caissier au sujet de la saga, promettant qu'il reviendra pour les deux suivants une fois qu'il aura terminé, lorsque son téléphone vibre dans sa poche.
Hey, Buck. Tu as envie de me laisser dormir sur ton canapé ?
Bien sûr. Quand ?
Ce soir ?
C'est un peu court comme délai, Samuel. Heureusement pour toi, je suis un bon ami qui n'a pas de vie sociale. Tu as besoin de l'adresse ?
Je l'ai.
Est-ce que je veux savoir comment ?
Probablement pas. On se voit dans quelques heures.
"Pas question", dit Sam, dès qu'il met le pied dans l'appartement de Bucky. Son regard passe du bois dur du plancher à la petite table près du mur, puis se pose sur Bucky.
"Quoi ? Tu as une meilleure option ?" Bucky demande, indigné.
"J'ai demandé à dormir sur ton canapé", dit Sam lentement. "Tu n'as pas voulu mentionner que tu n'as même pas de canapé ?!"
Bucky expire. "Eh bien, je dors parfois sur le sol, je me suis dit que tu pourrais prendre le lit".
"Le sol ? Toutes les nuits ? Écoute, je sais à quel point c'est difficile de s'adapter, mais mec, tu as besoin de quelques meubles... ".
"Eh bien, je suppose que tu peux trouver un hôtel si tu veux..." dit Bucky maladroitement. Honnêtement, il n'avait pas réfléchi lorsqu'il avait proposé son lit à Sam, mais il revoit l'appartement de Sam, toutes ses petites touches de décoration, soigneusement arrangées et probablement collectionnées au fil du temps, et il se rend compte que, bien sûr, Sam ne pouvait être que choqué par son appartement pratiquement vide. La décoration d'intérieur n'est pas vraiment son point fort, en fait.
"Pfft", Sam secoue la tête. "On va aller chez IKEA."
"Non", rétorque Bucky immédiatement.
"Est-ce que tu es déjà allé chez IKEA ?" demande Sam en haussant un sourcil.
"Non, mais je sais ce que c'est", répond Bucky. Il est quatre heures ; ils devraient penser au dîner et à ce qu'ils vont faire ce soir. Bucky préfère écouter Sam lui dire des conneries sur son appartement vide plutôt que de traîner dans IKEA pour essayer de le remplir. C'est trop pathétique, d'une certaine manière.
"Allez, on y va. Ça va être amusant. Tu sais, ce mot que tu as appris récemment," Sam sourit, et il y a quelque chose dans ce sourire qui fait avaler à Bucky tout contre-argument qu'il aurait pu avoir avant qu'il ne quitte ses lèvres.
"Bien", soupire-t-il.
Une heure plus tard, Bucky suit Sam à travers des appartements miniatures, tous décorés comme si on pouvait y emménager directement si on le voulait. En comparaison, son appartement a l'air plutôt sinistre, même lui peut l'admettre. Sam, cependant, remplit un chariot surdimensionné de choses dont Bucky ne peut pas imaginer l'utilité réelle.
"C'est une fausse plante ?" demande-t-il.
"Ouais", dit Sam, "tu n'es pas encore prêt pour la vraie".
"Je n'ai pas besoin de plantes", argumente Bucky.
"Personne n'a besoin de plantes, Buck. Elles sont belles. Elles égayent une pièce. Laisse ton sourire s'exprimer plus souvent et ça pourrait le faire aussi", dit-il en le taquinant. "Mais en attendant. Essaie. Tu ne dois pas seulement posséder des affaires dont tu as besoin. Certaines choses sont simplement agréables."
Certaines choses sont simplement agréables.
Bucky peut difficilement argumenter avec ce genre de logique. Il n'est pas habitué à avoir des choses juste parce que. En grandissant, tout appartenait à ses parents, puis une fois qu'il a été plus âgé, lui et Steve vivaient ensemble et essayaient de joindre les deux bouts. C'était une vie plaisante, mais il n'y avait pas beaucoup de place pour les extras. Puis la guerre, puis le Soldat de l'Hiver, puis le Wakanda, et maintenant...
Maintenant, il est là avec Sam, à acheter une plante parce que c'est agréable.
Au moment où ils partent, Bucky n'a pas seulement la plante, mais aussi des couvertures, quelques oreillers, un canapé et une table basse, qu'il faudra assembler.
"C'est un bon début", dit Sam.
Et bien que ce soit un bon début, Bucky n'a pas envisagé que Sam suggérerait de tout assembler dès leur retour.
"Tu n'as pas à monter mes meubles", argumente Bucky. "Je te promets que je vais tout assembler, tu peux me faire confiance", ajoute-t-il.
Sam rit, se laisse tomber sur le sol et sort un couteau de poche porte-clés pour commencer à ouvrir des boîtes. "Crois-moi, tu vas avoir besoin d'aide."
Bucky décide de ne pas discuter et se glisse à côté de Sam sur le sol, tirant les instructions devant lui, les retournant d'avant en arrière. "C'est impossible à lire", dit-il, horrifié.
"Comme je le disais", Sam sourit. "Tu vas être content que je sois là."
Bucky acquiesce à nouveau. Il est déjà content que Sam soit là, mais il ne le dit pas à voix haute, il se contente de suivre l'exemple de Sam et commence à organiser les pièces par taille et à sortir les paquets de vis les uns après les autres.
Ils s'organisent rapidement, prenant un rythme. Au bout d'une demi-heure, ils ont une armature que Bucky peut presque imaginer se transformer en canapé s'il louche vraiment fort.
"Ça me rappelle..." Sam dit, en s'éloignant avec un petit sourire presque aigre-doux sur le visage. Bucky lève les yeux de son tournevis et croise le regard de Sam jusqu'à ce qu'il poursuive. "Lorsque notre première tournée s'est terminée, Riley a pris cet appartement minable, l'a rempli de meubles, la plupart d'occasion, mais il a acheté cette table qui était neuve, sûr qu'elle allait arriver toute montée. Je voulais savoir pourquoi il pensait qu'elle arriverait montée." Sam rit et le son se répercute sur Bucky, le faisant sourire en retour.
"Quoi qu'il en soit, nous avons passé des heures à nous disputer sur cette table", poursuit Sam. "On a fini par l'assembler, mais pas sans s'être beaucoup battus et sans avoir pris au moins trois bières chacun. Et de la pizza", dit-il.
"Je peux nous acheter de la pizza", dit Bucky. "Si tu promets de ne pas me crier dessus."
Sam glousse. "Personne ne peut faire cette promesse quand il assemble des meubles."
Bucky est silencieux pendant une minute. "Il te manque", dit-il. Ce n'est pas une question parce que ce serait une question stupide. Il est clair à chaque fois que Sam parle de Riley à quel point il lui manque. C'est clair dans la façon dont son visage s'adoucit dans un mélange de tendresse et de chagrin presque palpable.
"Ouais", dit Sam. "Il était cet ami. C'était juste facile, tu sais ? Pas de conneries, jamais. Juste un bon gars. Il me connaissait probablement mieux que je ne me connaissais moi-même, ce que j'aimais et détestais, selon les jours. Je pensais que j'étais de la même façon avec lui. Mais la fois où on n'était pas synchro... " Sam s'interrompt à nouveau, se souvenant.
Deux choses frappent Bucky en même temps. D'abord, il sait comment cette histoire se termine, parce que c'est ainsi que se terminent toutes les histoires de ce genre, et il aimerait pouvoir offrir quelque chose de concret, mais il ne le peut pas.
Deuxièmement, et plus étonnamment, Bucky réalise qu'il sait exactement quel genre d'ami Sam veut dire, parce que c'est ce que Bucky lui-même ressent quand ils sont ensemble. Il sait qu'il ne remplacera jamais Riley, qu'il ne s'en approchera jamais, mais il espère toujours pouvoir être une sorte de réconfort pour Sam, aussi.
Incertain de ce qu'il doit dire, il se penche et pose une main sur l'épaule de Sam. "Il a l'air génial", dit Bucky honnêtement.
"Tu l'aurais aimé. Il avait aussi le côté calme et sérieux."
Bucky lui fait un petit sourire. "Je suis sûr que je l'aurais aimé", dit-il.
Il est tard lorsqu'ils ont tout rassemblé et nettoyé, et Bucky regarde la pièce, surpris par la différence qu'ils ont faite. Il y avait eu quelques petites disputes pendant qu'ils travaillaient, la plupart provenant de la conviction de Sam que Bucky cachait des pièces pour l'embêter. (Ce qu'il avait fait, mais seulement une fois. L'autre fois, Sam était vraiment assis sur une vis). Le canapé et la table sont montés et les coussins sur lesquels Sam a insisté apportent un bel ensemble. La fausse plante est posée sur la table basse, et même si Bucky pense toujours qu'elle est inutile, il admet qu'elle est plutôt jolie.
"Tu vois ?" dit Sam, en s'installant sur le canapé avec un soupir de satisfaction. "On dirait que quelqu'un vit ici maintenant."
"Ce n'est pas si mal", dit Bucky.
"Tu t'es retrouvé avec une collection de meubles parfaitement adéquate. Tu as officiellement une garçonnière."
"Parfaitement adéquate ?" Bucky souffle.
Sam grimace devant la détresse qui doit se lire sur le visage de Bucky, et il lui tape dans le dos. "C'est bien, Buck, je le pense vraiment. Et puis, tu ne dormiras pas sur le sol, pour commencer, donc ta colonne vertébrale me remerciera même si tu ne le fais pas."
"Pourquoi je ne le ferais pas ?–"
"Eh bien, tu peux dormir sur le canapé quand les choses vont mal, voir si c'est mieux que le sol. Un juste milieu avec ton lit en marshmallow. Tu sais, quand je ne suis pas là, quoi", clarifie Sam.
Bucky y réfléchit. Même s'il ne dort pas sur le canapé, c'est agréable de sentir cet endroit un peu plus comme le sien. Un peu plus comme une maison. "Merci." dit-il, honnêtement. "Je... Ce n'est pas quelque chose que j'aurais fait tout seul. Tu es un bon ami, Sam."
"Oh non, est-ce le moment où je dois admettre que nous sommes vraiment amis ?" Sam se moque, mais il sourit à Bucky avec tendresse maintenant, et Bucky ne peut pas détourner le regard. Il ne sait pas pourquoi, mais il se sent un peu étourdi, aussi.
"Nous sommes amis", dit Bucky avec fermeté, ignorant les sonneries d'alarme qui résonnent dans sa tête et se transforment en une cacophonie de sons. Bucky devrait demander au Dr Raynor si toutes les amitiés du vingt-et-unième siècle sont censées être ressenties comme ça.
Il ne s'écoule presque pas de temps avant que Bucky ne revoie Sam, et il en est reconnaissant. Il ne sait pas trop quoi penser des sentiments confus qu'il commence à éprouver à l'égard de Sam et décide que le fait de le revoir lui apportera peut-être un peu de clarté.
Bucky réfléchit à un message, quelque chose qui semble assez décontracté pour être envoyé si tôt, puis il se rappelle que c'est normal. Les amis s'envoient des textos tout le temps. Avant qu'il ne puisse le faire, son téléphone s'allume dans sa main, et le nom de Sam apparaît sur son écran.
Je peux accepter ton offre de réparer le bateau ?
La sonnette d'alarme dans la tête de Bucky commence à s'accélérer, mais il n'hésite pas à répondre.
Dis-moi juste où et quand et je serai là.
Sam lui indique un lieu, et ils discutent des détails : vols, horaires, lieux d'hébergement, et Bucky rit lorsque Sam le met en garde contre sa sœur (extérieurement dure, prête à faire n'importe quoi pour n'importe qui) et ses neveux (incroyables, intelligents, trop hyperactifs pour leur propre bien), et Bucky ne peut s'empêcher de rire en pensant à Sam au milieu du chaos agréable de la famille après avoir pourchassé des méchants et des prêts bancaires pendant tout ce temps.
Il n'ajoute pas qu'il pense que Sarah ressemble beaucoup à Sam, et que ce lot particulier de pommes n'est probablement pas tombé loin de l'arbre, mais il ne dit rien de plus. Au lieu de cela, Bucky dit à Sam de réviser ses lectures, de revoir tous les modes d'emploi que Bucky lui a envoyés au cours des dernières semaines, et il essaie de ne pas penser à la façon dont son visage rougit, chaud et légèrement rosé, lorsque Sam répond qu'il se débrouillera, qu'il est habile de ses mains.
Lorsque Bucky arrive à la maison de Sam quelques jours plus tard, il trouve toute la famille dehors, sur le quai, déjà entassée autour du bateau. Il y a deux jeunes garçons qui courent partout en jouant au ballon, qu'il suppose être les neveux de Sam, et il trouve Sam en train de faire les gros yeux à une femme qui semble avoir au moins quelques années de moins que Sam, mais la ressemblance est bien là. Son sourire est tout aussi large et accueillant que celui de Sam.
"Tu es venu !" Sam dit quand il l'aperçoit, debout à quelques pas de la famille, ne sachant pas encore comment faire remarquer sa présence. Bucky est heureux d'être là, heureux de pouvoir aider Sam, mais il est aussi un peu submergé.
"Bien sûr", dit Bucky, en fronçant les sourcils. "Tu pensais que je ne le ferais pas ?"
"Je ne sais pas, mec, tu es..."
Son froncement de sourcils s'accentue. "Quoi ?" Bucky demande, indigné maintenant. S'était-il vraiment montré si peu digne de confiance au cours de ces derniers mois ?
"Fuyant", décide Sam. Il passe un bras autour de l'épaule de Bucky, l'attirant dans une forte étreinte, et tout commentaire disparaît des lèvres de Bucky. Sam est chaud comme le soleil et son emprise sur lui est suffisamment forte pour être solide sans être écrasante, et Bucky est distrait pendant une minute, s'appuyant sur cette chaleur, et il lui faut quelques instants pour réaliser que Sam parle de lui.
"...L'homme de l'espace ici est Bucky, un de mes amis," dit Sam. "Il a proposé de m'aider à réparer le bateau et je l'ai pris au mot."
"Ravi de te rencontrer, Bucky", dit Sarah, souriant et tendant la main. "Sarah."
"De même", dit Bucky en lui adressant un sourire.
"Et les deux ragamuffins que tu vois courir partout sont AJ et Cass. Ils vont finir par se fatiguer et venir dire bonjour", explique Sam. Il les regarde avec une telle tendresse dans les yeux que Bucky doit détourner le regard, comme s'il voyait quelque chose qu'il ne devrait pas.
"Quoi qu'il en soit", dit Sam en se retournant vers Bucky, "beaucoup de gens nous ont aidés, en apportant des pièces, de l'essence et un coup de main. Il ne reste que quelques trucs," il fait un geste vers le bateau.
"Bien sûr, ouais," Bucky acquiesce, suit Sam sur le quai et saute sur le bateau avec lui. Il est beau, bien qu'usé par le temps, le soleil et l'amour, et il vaut vraiment la peine d'être sauvé. Il écoute les instructions de Sam, le suit partout, lui donne un coup de main le plus souvent quand quelque chose est trop serré ou trop lourd pour qu'une personne normale puisse le soulever.
Il s'efforce de ne pas laisser ses yeux passer sur l'endroit où Sam travaille de l'autre côté du bateau, et certainement pas de penser à la beauté de ses bras, ou à la façon dont le short qu'il porte met en valeur son cul...–
"Tu vas rester planté là ou tu vas m'aider ?" Sam l'appelle en lui souriant comme s'il pouvait lire toutes les pensées qui se bousculent dans l'esprit de Bucky, qui se ressaisit rapidement.
"Je suis en train d'aider, je suis en train d'aider !" Bucky répond en hurlant, mais il peut sentir les yeux de Sam sur lui depuis l'autre côté du bateau, juste un peu trop longtemps, et c'est tout ce qu'il peut faire pour ne pas se retourner et rencontrer son regard.
Comment avait-il atterri ici ?
Le dîner est une affaire bruyante. La cuisine est relativement grande, mais avec Sarah, Sam et les garçons, plus Bucky, qui vont et viennent, transportant des bols et des assiettes et un pichet de thé glacé jusqu'à la table, elle semble plus petite qu'elle ne l'est. Plus d'une fois, Sam pose une main sur la hanche de Bucky, pour l'écarter du chemin, le bousculer pour qu'il puisse accéder à un tiroir ou à une armoire, et à chaque fois, Bucky sursaute comme s'il avait été ébouillanté.
"Détends-toi, tu veux ?" dit Sam, en lui lançant un regard confus. "C'est juste moi !"
C'est juste moi. Bucky roule les yeux, parce que c'est ça, n'est-ce pas ? Sam n'a jamais été juste quelque chose, pas depuis un certain temps maintenant, et il ne peut pas ignorer ce fait.
Après la journée au soleil, une longue douche fraîche était tout ce dont Bucky avait besoin, et maintenant, rafraîchi, au chaud, et entouré de la famille de Sam, il se sent plus détendu, plus lui-même qu'il ne l'a été depuis très, très longtemps.
Alors, oui, il est un peu sur les nerfs à l'idée de s'intégrer si bien ici, avec Sam et les gens qu'il aime tant. Bucky n'a pas connu ce genre de camaraderie facile depuis plus de soixante-dix ans, et cela donne l'impression que quelque chose dans sa poitrine est sur le point de céder et de se briser.
Ils prennent place autour de la table tandis qu'AJ et Cass parlent avec enthousiasme de l'avancement des travaux sur le bateau, de la possibilité de le sortir pour pêcher, et que Sarah et Sam servent pendant que Bucky verse à chacun un verre de thé glacé. Il croise le regard de Sam à un moment donné et manque de faire déborder son propre verre, mais Sam le récupère au dernier moment et lui lance un regard d'avertissement.
"Désolé", murmure Bucky, en posant le pichet et en prenant un siège.
"Tu es sur les nerfs aujourd'hui, mec, tu dois te calmer", taquine Sam.
"Qui ne serait pas sur les nerfs, à recevoir des ordres de toi toute la journée ?" répond Bucky en souriant.
Sarah regarde entre eux et secoue la tête. "Les garçons ne grandissent jamais vraiment, n'est-ce pas ?"
"Non, pas celui-là", dit Sam en pointant un pouce dans la direction de Bucky avant de prendre une bouchée de son saumon. "Mais bon, il a cent six ans et n'a pas l'air d'avoir plus de trente ans."
Bucky roule les yeux. "Je suis jeune pour mon âge, qu'est-ce que je peux dire."
Sam ricane et le reste du repas se poursuit avec facilité. La nourriture est délicieuse - il ne fait aucun doute que Sam et Sarah ont hérité des talents culinaires de leurs parents - la conversation coule facilement, et à la fin, Bucky est plein à craquer, submergé par la gratitude.
"Nous allons faire la vaisselle", propose-t-il lorsque les assiettes de chacun sont vides et qu'un calme confortable s'est installé autour de la table. Les garçons sont à l'arrière maintenant, leurs voix portent faiblement à travers les fenêtres et dans la maison.
"Oh, il me porte volontaire pour des choses maintenant", dit Sam, faussement outré, mais se levant néanmoins pour aider Bucky à commencer à débarrasser les assiettes.
"Je retire ce que j'ai dit", dit Sarah en se levant. "Tu devrais amener tes amis plus souvent si tu deviens un tel gentleman."
"Je suis toujours un gentleman", dit Sam.
"Allons-y Samuel", dit Bucky en le guidant vers la cuisine, des piles d'assiettes dans sa main métallique.
Du salon, il entend Sarah glousser à l'utilisation du nom complet de son frère, et Bucky rayonne.
Le nettoyage est un travail rapide quand on peut transporter autant de choses que Bucky en si peu de temps, et bientôt il lave la vaisselle et la passe à sa droite pour que Sam la sèche. Ils sont silencieux pendant qu'ils travaillent, et Bucky est frappé une fois de plus par la facilité avec laquelle il se sent ici avec Sam.
C'est à ça que ressemblent les amis ?
Il est obligé de se poser la même question encore et encore, parce que ce qu'il ressent pour Sam commence à ressembler de moins en moins à de l'amitié et de plus en plus à...–
"Je pense que ma sœur veut te garder dans le coin", dit Sam, interrompant les pensées de Bucky. Il sourit de cette façon qu'il a, comme si on était la seule chose à laquelle il pense, et Bucky cligne des yeux plusieurs fois avant de répondre.
Ce n'est certainement pas de l'amitié, réalise-t-il avec un pincement au cœur. Loin de là, en fait.
"C'est... bien", dit Bucky sans conviction. Il n'arrive pas à mettre de mots sur ce qu'il ressent quand Sam se tient devant lui et lui dit que sa famille veut qu'il reste. C'est ce qu'il a toujours voulu, non ? Des gens en qui il peut avoir confiance, sur qui il peut compter et, espérons-le, qui peuvent compter sur lui aussi.
C'est ce que Raynor voulait dire quand elle lui a dit de cultiver ses amitiés, après tout. Et maintenant, il est là, il a fait ça, et peut-être même qu'il a réussi à convaincre Sam de le voir comme un ami, et il va tout gâcher, debout dans la cuisine des Wilson, en se prenant la tête.
"Euh, c'est ce que je pensais..." Sam dit, regardant Bucky, une expression confuse sur son visage. "On dirait que tu viens de manger un citron, alors..."
"Pas de citrons acides", dit Bucky, forçant un sourire sur son visage. "Le dîner était super. Je suis content que le bateau soit en bon état, aussi."
"Moi aussi", dit Sam, en plissant les yeux comme s'il savait ce qui allait suivre.
"Et Sarah est merveilleuse, vraiment. Mais..."
"Oh, nous y voilà", dit Sam, en levant les yeux au ciel.
"Je devrais y aller," continue Bucky. "J'ai une chambre d'hôtel, donc..."
Sam lui lance un regard noir. "Je t'ai dit que tu pouvais rester ici."
"J'apprécie ça," Bucky acquiesce. "Mais je pense vraiment que je devrais y aller. C'est pour le mieux."
"Le mieux pour qui, mec ? Pas pour toi. Tu as l'air plus heureux que je ne l'ai jamais vu. À aucun moment aujourd'hui je ne t'ai vu regarder au loin comme si tu allais encore y disparaître."
Est-ce qu'il fait ça ? Bucky doit supposer que c'est vrai. Sam peut lire en lui comme dans un livre, c'est l'un de ses nombreux talents, et Bucky essaie de repousser cette pensée.
"Le meilleur pour tout le monde", dit Bucky. Il essaie de contourner Sam, mais il se déplace juste au bon moment, bloquant le chemin de Bucky avec son corps, sa large poitrine et ses épaules rayonnant de cette même chaleur qu'auparavant, et autant Bucky veut s'enfoncer dans cette chaleur, il sait, au fond, que partir est pour le mieux.
"C'est comme ça, hein ?" demande Sam, qui ne s'éloigne toujours pas du chemin de Bucky.
"Comme quoi ?"
"Mieux pour tout le monde, comme si tu savais soudainement ce qui est le mieux pour moi ? As-tu au moins demandé ? Je t'ai dit que Sarah voulait que tu restes, et ta réponse à cela est que tu devrais partir. Aide-moi à donner un sens à ça," Sam le met au défi.
Bucky est un lâche, et il le sait. Sam mérite mieux. Il mérite au moins une explication, mais Bucky ne sait pas comment séparer cela de tout ce qui se passe dans sa tête, hurlant qu'il va tout gâcher.
"J'ai besoin d'air", dit-il.
Bucky entend Sam pousser un soupir alors qu'il l'évite, traversant le salon et sortant par la porte d'entrée vers le porche.
Bien sûr qu'il ne veut pas vraiment partir. Il s'installe dans l'une des chaises à bascule en bois blanc sur le porche et se laisse aller au calme. Bucky pense à son appartement, nouvellement rempli de meubles et pourtant non moins vide, manquant toujours de la chaleur qu'il peut trouver uniquement à l'intérieur de cette maison. L'idée d'y retourner lui fait regretter Sam avec une férocité dont il ne se croyait pas capable, pas après Steve.
Sam l'avait dit plus tôt, n'est-ce pas ? Bucky est fuyant. Et peut-être que c'est à cause de tout ce qu'il a traversé, ou quelque chose qui est venu avec le départ de Steve, ou 70 ans sans aucune relation réelle et significative, mais il veut changer ça. Il a fait tout ce chemin, et Sam l'a regardé comme s'il n'arrivait pas à croire qu'après tout ça, Bucky allait vraiment l'exclure.
Encore.
Bucky se lève, se tourne vers la maison quand la porte s'ouvre, et il y a Sam.
"Je me suis dit que tu n'irais pas bien loin sans ton sac à dos", dit Sam doucement.
Bucky hoche la tête, en le regardant. "Je suis désolé. Je n'aurais pas dû dire toutes ces choses sur le fait de partir. Je ne sais pas ce qui est le mieux pour toi et ta famille. De toute évidence, je sais à peine ce qui est le mieux pour moi en ce moment."
"Je sais", dit Sam. "Mais merci." Il fait un geste vers la chaise que Bucky venait de quitter, et s'enfonce dans celle juste à côté, leurs genoux se touchant lorsque Bucky se rassied.
La lumière du porche est faible, illuminant les traits doux du visage de Sam. Il y a aussi des grillons dehors, et ils ne sont vraiment plus en ville, ici, dans le calme, au bord de l'eau, au cœur de l'été louisianais. Quand Bucky se retourne, Sam l'étudie, le clair de lune scintille dans ses yeux bruns d'une manière qui donne à Bucky l'envie de s'y noyer.
"Alors", dit Sam.
"Alors", répète Bucky. Il n'est pas sûr de ce qu'il doit dire maintenant. Ce n'est pas comme s'il pouvait confesser toute sa confusion à Sam juste comme ça.
"Tu veux partager avec la classe, ou tu vas me faire deviner ?" demande Sam.
Bucky a envie de dire qu'il n'y a rien à partager, mais il n'a pas plus envie de mentir que de partir, et mon Dieu, les relations sont difficiles. Parce que c'est ce que c'est, pour le meilleur ou pour le pire, l'amitié ou... plus que ça, un jour, peut-être. Sa relation avec Sam est l'une des meilleures et des plus stables de sa vie en ce moment, et il ne va pas la gâcher.
"Je suis parfois dépassé par les événements", dit Bucky à la place.
"Parle-moi de ça", dit Sam en souriant faiblement, et Bucky rit un peu, parce que bien sûr, Sam a compris. Peut-être pas tout, mais suffisamment, plus que quiconque. Peut-être que c'est ce que Raynor a vu dès le premier jour. Bucky a toujours été un peu lent à la détente.
"Je ne suis pas doué pour ça, et vraiment... je ne veux pas rendre ça bizarre pour toi ou ta famille."
"Mec, j'ai un gars de cent six ans avec un bras en métal sous mon porche, la moitié de la population a disparu pendant cinq ans, et la majorité de nos amis ne sont nulle part où on les a vus ou entendus. Je vais prendre des risques et dire que ce sera toujours un peu bizarre."
Il avait raison.
"Ok," dit Bucky, en prenant une profonde inspiration. "Tu as raison, c'est un peu bizarre, la plupart du temps."
"Exactement", dit Sam, croisant le regard de Bucky pendant un long moment. "Donc, pas besoin de fuir ton bon ami Sam."
Il le dit comme un défi, ce mot, ami. C'est ce qui a amené Bucky ici, c'est ce qui les a mis sur cette voie il y a des mois, et maintenant, Sam le regarde comme il l'a fait ce jour-là à Washington.
Allez, sois mon pote, Buck, ose ! Je t'en défie doublement. Bucky peut encore entendre les mots au fond de son esprit, et à moins qu'il n'interprète mal les choses, alors...
"Tu sais", dit Bucky, les yeux écarquillés.
"Qu'est-ce que je sais ?" demande Sam innocemment.
Bucky le fixe de son meilleur regard J'étais le Soldat de l'Hiver, ce qui ne fait que faire rire Sam. Ça devrait être exaspérant et ça le serait peut-être si Bucky n'était pas si...
"Je te déteste", murmure Bucky, même s'il est incapable d'empêcher un sourire de se dessiner sur son visage.
"Oh, je pense que tu as le problème inverse, Buck", dit Sam en souriant.
"Tu vas me le faire dire", dit Bucky.
"Et comment !"
"Je ne pense pas que je veuille être ton ami", dit Bucky.
Le sourire de Sam s'élargit, mais il reste silencieux.
"Du moins, pas juste des amis," termine Bucky. "Je voulais... je ne sais pas, mériter ton amitié, parce que tu es absurdement parfait, quand tu n'es pas le pire, et puis en cours de route..." Bucky se lève et regarde Sam, déterminé, pour une fois, à dire tout ce qu'il a à dire. "Tu me rends fou dans le bon sens du terme."
En face de lui, Sam sourit toujours, et se lève aussi, son regard ne quittant jamais celui de Bucky. C'est merveilleux et trop et pas assez en même temps.
"Fou dans le bon sens", répète Sam. "C'est une façon de voir les choses." Il laisse sa main se poser sur la mâchoire de Bucky, ses mains sont lisses et étonnamment douces et Bucky sent son souffle se couper. "La question est", poursuit Sam, attirant Bucky si près que son cœur risquait probablement de lâcher, "que vas-tu faire à ce sujet ?".
Bucky déglutit, prend une respiration rapide et superficielle, et réduit le dernier espace restant entre eux, rapprochant leurs lèvres lentement, une pression rapide pour tester les choses. Il veut être sûr, une fois pour toutes, que Sam le veut aussi. Il veut lui donner la chance de se retirer, mais au lieu de cela, Bucky sent les mains de Sam s'aventurer de son visage à sa hanche alors qu'il approfondit le baiser comme si c'était la chose la plus naturelle du monde.
Peut-être que c'est le cas, peut-être que tout ce qu'ils ont fait jusqu'à présent, chaque conversation, chaque aveu et chaque petit moment d'échange ont été construits pour en arriver là : les lèvres de Sam, chaudes, humides et parfaites sur les siennes, tous deux baignant dans le clair de lune, le son lointain des grillons et le clapotis des vagues sur le rivage, tandis que les mains de Sam les maintiennent fermement en place.
Sam incline le menton de Bucky de façon experte, l'embrasse lentement et assez profondément pour que l'esprit de Bucky soit complètement vide, à part le refrain de oui, plus, ça.
Quand ils se séparent enfin, ils restent là, sans bouger d'un pouce, respirant ensemble dans le noir.
"Je suis content d'être resté", dit Bucky finalement. Il n'a jamais été aussi heureux de quoi que ce soit, peut-être jamais.
"Moi aussi", lui dit Sam avec un sourire. "Je savais que tu n'irais pas loin."
"Ouais, ouais", dit Bucky en roulant des yeux. "J'ai compris, tu es beaucoup plus rapide à comprendre", ajoute-t-il. "Sérieusement, quand as-tu compris ?"
"Quand j'étais en Suède et que je suis revenu pour découvrir que M. Snow Miser s'était langui de moi", explique Sam en lui faisant un nouveau sourire.
Bucky reste bouche bée devant lui. "Je ne le savais même pas à ce moment-là !"
Cela lui vaut un rire. "Je sais", dit Sam. "Mais je savais que tu finirais par comprendre."
"Eh bien," dit Bucky pensivement, "J'ai beaucoup de temps à me faire pardonner, à te faire attendre comme ça." Il laisse son regard tomber sur les lèvres de Sam avant de le relever. Une partie de lui ne peut pas croire qu'il lui a fallu si longtemps pour ouvrir les yeux, mais encore une fois. Le voyage en valait plus que la peine.
"J'ai le temps," dit Sam, "et je ne vais nulle part."
Bucky ne savait pas qu'il avait besoin d'entendre ces mots avant qu'ils ne quittent la bouche de Sam, mais ils le font se sentir plus léger, en quelque sorte. Il acquiesce, un accord silencieux, et quand il se penche et l'embrasse à nouveau, ça ressemble à une promesse.
Je ne vais nulle part.
FIN
Par rapport à la traduction :
(1) En anglais : "bionic staring machine", c'était difficilement traduisible, je trouve que ça sonne mieux en anglais...
(2) Après quelques recherches, je pense que ça vient de là : film/The_Year_Without_a_Santa_Claus/8303043
(3) "hell freezing over", je ne savais pas trop comment traduire alors j'ai gardé littéralement.
(4) Une "Dear John letter" est une lettre écrite à un homme par sa femme ou son partenaire amoureux pour l'informer que leur relation est terminée, généralement parce qu'elle/il a trouvé un autre amant. J'ai préféré garder pour votre culture personnelle :p
Voilà ! J'espère que ça vous a plu ! N'hésitez pas à aller sur le profil de ohjustpeachy sur Ao3 pour lui mettre des petits commentaires !
À très vite pour de nouvelles aventures ;)
