DISCLAMERS : Les personnages ne m'appartiennent pas.
RATING : M. Ceci est un Slash. Donc homophobe vous pouvez partir.
PARING : LM/HP/SS
BETA : On ne change pas une équipe qui gagne, encore et toujours la merveilleuse LoupSpell.
ETAT : OS en deux parties. Donc nous sommes à 1 / 2.
Suite au chapitre 8 de Night Of the Hunter, j'ai écrit cet OS, il est entièrement écrit. J'ai décidé de le diviser en deux parties. L'histoire fait actuellement 38 pages word et plus de 19 000 mots.
Cette partie fait environ 19 pages.
J'espère que l'histoire vous plaira !
C'est une romance pure et dure !
A TRAVERS LE MONDE
- Première partie -
- J'en ai marre, hurla Lucius en jetant sous le coup de la colère son verre de Whisky dans la cheminée, qui se brisa sous l'impact.
Il était rare de voir le lord Malfoy perdre ainsi son flegme légendaire, seule une poignée de personnes pouvait se vanter de l'avoir vu ou d'être responsable de cet état.
- Des incapables, il n'y a que ce mot pour décrire leur incompétence ! s'énerva le blond.
- Luc'.
- Non, Severus, j'ai raison et tu le sais, répondit-il directement.
- Peut-être, mais t'énerver n'arrange rien et tu le sais, parla calmement Severus pour essayer de raisonner le blond. Il faut qu'on trouve un nouvel angle d'attaque.
L'ancien mangemort ne répondit pas, il se perdit dans ses pensées, regardant sans même les voir : les flammes danser devant lui. Severus se leva du fauteuil dans lequel il était installé depuis son arrivée, et se dirigea vers le blond qui s'était de nouveau accoudé à la cheminée. Il passa ses bras autour de sa taille et força le blond à le regarder. Quand la tête de Lucius fut à la bonne hauteur, le brun lui ravi les lèvres dans un tendre baiser. D'abord réticent, le blond abandonna rapidement la bataille et se laissa entraîner dans cette étreinte.
- Nous allons le retrouver Luc', je te le jure.
- Sev'
- Chut, l'interrompit Snape en continuant à l'embrasser.
Toujours avec une infime douceur, le professeur de potion guida son compagnon vers leur chambre. Severus savait qu'il était en train de noyer le poisson, mais là toute suite, Lucius avait besoin de penser à autre chose. Ils venaient tous les deux essuyer une quinzième fausse piste en seulement deux ans.
Depuis la fin de la guerre, les deux hommes recherchaient désespérément un certain brun aux yeux verts si particulier et qui portait sur son front une célèbre cicatrice en forme d'éclair. Harry était parti le lendemain de la victoire, leur laissant une simple lettre, quelques mots écrits avec précipitation et depuis, ils n'avaient de cesse de le chercher. Ils avaient envoyé des gens à sa recherche à travers l'Europe, se déplaçant quand la piste avait l'air d'être la bonne mais rien. Ils tombaient toujours devant une impasse. Soit la personne avait disparu le temps qu'ils arrivent, soit ce n'était tout simplement pas lui. Ils voulurent abandonner une paire de fois mais l'espoir, ce foutu espoir qui vous étreint le cœur, les empêchait de le faire. Cet espoir qui vous souffle dans un murmure un : et si ? Et si la prochaine fois était la bonne ? Alors ils continuèrent, encore et encore.
Les deux anciens mangemorts le savaient, Harry devait avoir une bonne raison pour être parti, car jamais le gryffondor ne les avait abandonnés pendant la guerre. Et surtout pourquoi le feraient-ils, eux, maintenant que le moment de prouver leur affection, leur amour pour lui était arrivé.
Ils ne savaient pas par quel miracle c'était arrivé, rien n'était prémédité. C'était arrivé comme ça, comme une évidence. Ils s'étaient trouvé tous les trois.
Lucius et Severus étaient déjà en couple depuis plusieurs années quand Harry apparut. Personne n'était au courant, pour les membres de l'ordre, ils étaient simplement amis, des amis très proches certes mais cela s'arrêtait là.
Le jeune homme n'était donc au courant de rien et était tombé sous le charme du blond après une mission au cours de laquelle ils avaient fait équipe et étaient revenus légèrement amochés. Puis tout naturellement, ils s'étaient rapprochés l'un de l'autre. Lucius appréciait le côté pétillant que le jeune homme avait, même la guerre n'avait pas l'air de réussir à éteindre cette flamme qui habitait son regard. Harry était une bouffée d'oxygène. Il était tout ce qui lui manquait dans sa vie. Tout ce que Severus ne serait jamais, pas que le maître des potions ne voulait pas, simplement, la lumière qui habitait le jeune gryffondor n'avait jamais pu éclore en Severus, de par son statut d'espion. Sans même s'en rendre compte, Lucius s'était attaché à ce brun intrépide, qui ne se laissait pas dompter par quiconque.
Severus quant à lui, aurait dû être jaloux, il le savait, il aurait dû s'énerver, empêcher Lucius de continuer comme il le faisait avec quiconque osant s'approcher de près ou de loin du blond. Mais Harry était différent, il le sentait. Il avait été son élève honni, déjà à cause de son sang et ses antécédents, puis à cause de son habitude à se mettre quotidiennement en danger. Il avait aimé le détester, il s'était même fait un malin plaisir à le tourmenter, ce gamin arrogant. Et pourtant …
Pourtant, il avait découvert qu'Harry n'était pas simplement un gryffondor arrogant, qu'il était bien plus que ça. La mort de son parrain et le début officiel de la guerre l'avait changé, révélé au yeux de Severus. Le gamin arrogant avait laissé place à un jeune homme réfléchit, intrépide, malicieux et droit. Il n'abandonnait pas, jamais. Il était devenu calme mais gardait en lui cette flamme de détermination et d'amour qui le caractérisait depuis toujours. Il avait grandi, mûri par la force des choses puis tout aussi naturellement, ils s'étaient rapprochés l'un de l'autre.
Lucius et Severus s'étaient vite rendu compte que ce qu'il leur manquait depuis toujours étaient devant leurs yeux et se prénommait Harry. Ils y avaient toujours eu un vide entre eux, qu'ils n'arrivaient pas à combler. Mais dès l'apparition d'Harry dans leur vie, ce vide s'était lentement estompé. Bien sûr, ils s'étaient insurgés, ne voulant pas imposer ça au plus jeune. Mais ils durent voir la vérité en face, jamais ils ne seraient parfaitement heureux sans Potter, même s'il était évident qu'ils allaient lui laisser le choix, ils n'étaient pas serpentards pour rien et ils feraient tout pour le faire succomber. Harry Potter était tout ce qui leur manquait depuis toutes ces années.
Et le comble était qu'ils se complétaient parfaitement, tous les trois.
Évidemment, les débuts n'ont pas été faciles. Ils avaient dû expliquer à Harry, ce qu'ils étaient l'un pour l'autre et ce que cela allait impliquer. Ils étaient des hommes et ils seraient trois. Ils allaient surement devoir cacher leur couple un peu particulier. Si leur histoire venait à se savoir, ils allaient être montrés du doigt, injurié, menacé, les deux serpentards y étaient habitués, mais il était hors de question pour eux que le jeune sorcier soit confronté à la méchanceté des hommes. Ce n'était pas standard, ils le savaient et Harry devait en être conscient. Il devait savoir tout ce que cela allait impliquer.
Avec l'accord du brun, ils se donnèrent une chance, même si au début, le jeune sorcier s'était senti de trop, ayant l'impression de s'immiscer entre eux, brisant leur couple, leur quiétude dûment acquise. Les sentiments étaient là, bien présents dans le cœur des trois hommes. Indéfectible, immuable. Ils avaient été pris par surprise par la force de l'amour, eux qui n'y croyaient plus. Même s'ils étaient évidement pour Lucius et Severus qu'ils s'aimaient avant l'arrivée d'Harry, mais depuis qu'Harry s'était fait une place dans leur cœur, il était pour eux dorénavant impossible d'imaginer leur vie à deux. Pour eux, ils étaient maintenant trois, pour le meilleur et pour le pire.
Ils savaient qu'ils jouaient à un jeu dangereux surtout avec la guerre à leur porte qui pouvait faucher n'importe qui à n'importe quel moment. Mais ils s'en sont sortis vivants, tous les trois. Alors qu'ils allaient enfin pouvoir vivre des jours heureux ensemble, Harry était parti laissant juste quelques mots derrière lui, sans vraiment d'explication.
Je suis désolé, Je vous aime. Soyez heureux.
H.J.P
Ils avaient hurlé, Lucius avait brûlé la lettre de colère et Severus l'avait réparé pour mieux la brûler ensuite, ils avaient tout détruit dans la pièce passant leurs nerfs comme ils purent, réparant quand ils n'avaient plus rien à casser, ils firent ça pendant plusieurs dizaines de minutes jusqu'à ce que Draco intervienne et répare les dégâts. Le jeune serpentard avait dut les stupéfier et leur faire ingurgiter une potion calmante et une potion de sommeil sans rêve pour les calmer. Une fois les deux hommes dans les bras de Morphée, il ramassa presque religieusement la lettre de son ancienne Némésis, il était un des seuls avec les deux inséparables à être au courant. Il l'avait découvert par hasard, un soir où Harry était revenu blessé pour avoir sauvé la vie de Severus. Le soir-là, une dispute avait éclaté entre le blond et le brun, pendant que Severus attendait son tour à l'infirmerie, sauf que dans l'empressement, ils oublièrent de lancer un sort de silence et Draco qui passa par-là, les entendit. Les reproches de Lucius envers le côté je fonce sans réfléchir d'Harry.
- Et j'aurais dû faire quoi selon toi ! Vas-y dit moi, Lucius !
- Tu aurais pu mourir !
- Mais je suis vivant, alors arrête ! Je peux mourir d'un jour à l'autre soit par Voldemort qui rêve de me voir mort ou simplement en allant chercher du pain alors arrête tes conneries !
- Langage !
- Sérieux ! Langage ? Je ne suis pas ton fils Lucius, je parle comme je le veux !
- Tu ne comprends rien, s'énerva le blond.
- Non, c'est toi qui ne comprends pas. Il était hors de question que je le laisse là-bas, alors que je pouvais faire quelque chose ! Tu es simplement jaloux de n'avoir pas pu le sauver.
Draco hésita quelques instants à entrer dans la chambre de son père mais il décida qu'il était sans doute préférable d'attendre. Cela faisait quelque temps qu'il se posait des questions sur le lien qu'entretenaient Harry et les deux serpentards et il était certain que la conversation allait répondre à ses questions. Le ton entre son père et Harry continuait à augmenter mais ce qui choqua l'étudiant de Poudlard était que Potter n'avait absolument pas l'air inférieur à son père, on aurait dit plutôt qu'ils étaient tous les deux sur un pied d'égalité.
- Je ne suis pas jaloux, grogna Lucius.
- Tu crèves de jalousie oui !
- C'est là où tu te trompes, Harry. Je suis simplement furieux que tu n'as même pas pris la peine de me prévenir. J'aurais pu vous perdre tous les deux ce soir ! s'emporta Lucius.
La voici donc, cette fameuse réponse, son père entretenait une relation avec son professeur de potion, bon ça, cela faisait des années déjà mais aussi avec le foutu gryffondor. Par Salazar comment ils en étaient arrivés là ?
- Luc', commença Harry en caressant la joue de son vis à vis.
- Promets-moi de faire plus attention.
- Je te le promet Luc', répondit le brun en embrassant tendrement le blond. Je suis désolé, mais j'ai eu si peur de perdre Severus.
- Je comprends et il va bien grâce à toi. Merci Harry.
Ils avaient passé un long moment dans les bras l'un de l'autre, Harry avait fini par s'endormir d'épuisement la tête sur les cuisses fermes du blond. Severus les avait retrouvés à son retour, tous les deux sagement endormi sur le canapé devant la cheminée de la chambre de Lucius. Severus s'approcha à pas de loup vers ses deux hommes et effleura la joue de Lucius. Des yeux gris s'ouvrirent doucement et s'encrèrent dans le regard d'obsidienne de Severus.
- Venez au lit, vous allez avoir mal partout demain, déclara le potionniste en s'abaissant pour porter dans ses bras leur précieux survivant qui ne se réveilla même pas mais qui instinctivement se nicha dans le cou de son ancien professeur.
Par la suite, Draco les surveilla de loin, s'attendant à un dérapage de leur part qui ne vint jamais. Les trois hommes étaient parfaitement discrets, seul le jour du départ d'Harry, il vit à quel point le brun comptait pour les deux adultes. Ils étaient effondrés et en colère mais bien vite la colère partit les laissant abandonnés. Harry était parti pour les laisser tranquille, vivre leur vie à deux, comme ils avaient eu l'habitude de le faire avant son arrivée. Il avait toujours eu peur d'être de trop, les obligeant à rester avec lui alors quand la guerre fut finie et que les deux hommes étaient officiellement libres de leur mouvement, Harry avait fui loin d'eux pour ne plus les gêner.
Pourtant la nuit, même plus de deux ans après son départ, Lucius et Severus continuaient à chercher sa présence, inconsciemment. Ils avaient besoin de lui et comptaient bien le retrouver pour le faire revenir auprès d'eux. Même s'ils devaient utiliser la force pour cela.
Le lendemain matin, Draco fut accueilli par un regard fatigué de la part de son père. Lucius avait toujours le même regard après une déception, il savait que depuis l'épisode de la lettre, il pouvait autant se laisser aller devant son fils que devant Severus, de toute façon Draco était au courant, alors pourquoi le cacher, c'était inutile. Le brun quant à lui, avait l'air de contenir une colère sourde, comme à chaque fois. Draco souffla de dépit, Potter le faisait vraiment chier !
- Vous n'avez jamais pensé à chercher du côté moldu, demanda Draco en sirotant son thé.
Les deux plus âgés suspendirent leur geste au même moment. Par Salazar, ils n'y avaient jamais pensé, mais pourtant maintenant que Draco avait émis l'hypothèse, tout cela semblait logique.
- Vu vos têtes, je dirais que non.
- Je ne te permets pas, répondit Lucius, en reprenant son sérieux.
- Ton fils n'a pas tort Lucius et je connais des personnes qui peuvent peut-être nous aider.
- Si tu penses aux Weasley, c'est inutile, Hermione et les rouquins ne savent pas où il se trouve. Ils savent juste qu'il va bien, c'est tout. Ils reçoivent des cadeaux pour leur anniversaire et à Noël.
- Et comment sais-tu tout ça ?
- Hermione et moi travaillons ensemble et il nous arrive de parler de temps à autre de Potter.
- Sais-tu des choses que nous ignorons ? demanda Severus.
- Savoir ? Non. Des hypothèses peut-être.
- Tu joues avec les mots, Draco, grogna Severus.
- Je vois que le sujet : Harry Potter est toujours aussi sensible, se moqua gentiment le blond. Hermione, pour ne citer qu'elle, pense qu'Harry est parti du côté moldu et qu'il serait peut-être aux Etats Unis, déclara le blond.
- Pourquoi aussi loin ? se demanda à voix haute, Severus.
- L'anonymat, parla Lucius.
- C'est ce que pense Hermione également.
- Merci.
C'était un simple mot mais cela voulait dire beaucoup. Draco venait de leur redonner espoir.
Ils attendirent un mois avant d'avoir une piste assez sérieuse. Un des contacts de Severus lui avait dit qu'il pensait l'avoir aperçu à plusieurs reprises. Effectivement il avait vu un jeune homme dans la vingtaine, brun aux yeux verts hypnotiques faire son jogging dans Central Park. Toujours d'après les dires de cette personne, le jeune homme faisait toujours le même parcours comme pour être sûr de voir toujours les mêmes choses et analyser les moindres changements, il prenait également toujours la même chose à boire : un café latté sans sucre et ça dans le même café. La même routine, tous les jours, les mêmes heures, les mêmes endroits. Rien ne laissait place à l'imprévue.
Le détective privé que Severus avait engagé était pratiquement sûr de lui, à part que le jeune homme avait les cheveux plus longs que la photo et qu'il était plus costaud, tout indiquait qu'il venait sans doute de retrouver Harry Potter. Mais ce qui les avait fait se décider qu'ils étaient proches du but était sûrement une phrase anodine que l'enquêteur avait dit : On dirait un magicien, il disparaît toujours quand je me rapproche trop de lui, un coin d'une rue et hop il n'est plus là comme par magie. Le détective voulu quand même continuer à enquêter sur le jeune homme mais les deux sorciers refusèrent sa proposition et décidèrent de se débrouiller par eux-mêmes. Il était temps qu'ils entrent en jeu et aillent récupérer leur compagnon.
Les deux hommes arrivèrent à New York, deux semaines avant Halloween et ils furent subjugués par les décorations qui peuplaient les rues. Toute la ville était vêtu d'orange et noir, des citrouilles, chats noirs et sorcières sur leurs balais agrémentaient tout ceci. Déjà à Londres l'époque d'Halloween était importante mais comparé à New York, les londoniens faisaient pâle figure. Entre les connaissances du monde moldu de Severus et l'argent de Lucius, ils avaient acheté une maison grand standing à East Hampton Main Beach, la distance entre Central Park et leur maison était parfaite et ils pouvaient sans problème se permettre d'utiliser le transplanage.
Ils s'installèrent tranquillement, profitant de ce voyage loin de l'ambiance post guerre. Malgré la paix, le calme n'était pas totalement revenu, le royaume unis était encore en pleine reconstruction et par moment, l'ambiance devenait pesante. Le changement d'air allait leur faire un bien fou. Vers dix heures, ils décidèrent de se rendre dans le parc pour essayer d'apercevoir le brun. Avant de sortir, ils se jetèrent un glamour pour ne pas être reconnu, ils avaient besoin de voir Harry évoluer loin d'eux avant de l'approcher. Ils avaient décidé, le cœur lourd, que si Harry était heureux et épanoui sans eux, alors ils renonceraient et le laisseraient vivre sa vie.
Quand le glamour fut posé, ils transplanèrent en direction du parc, ils choisirent un banc près du lac où ils pourraient le voir arriver de loin et surtout, c'était quelque chose qui ne serait pas suspect. Sur la route, ils s'étaient arrêtés chez le vendeur de café que le gryffondor fréquentait pour y prendre des boissons, voulant savoir ce que ce café avait de particulier.
Effectivement, il était bon, maintenant, ils attendirent la venue de Potter et par chance, elle ne fut pas longue. Au loin ils virent arriver en courant un jeune homme brun, sans lunette, les cheveux attachés en catogan. S'ils n'étaient pas sûrs, leurs cœurs, eux, réagirent directement, et les battements augmentèrent rapidement. Ils avaient envie de l'approcher, de le prendre dans leur bras. Mais ils savaient qu'ils devaient encore attendre. Ce fut encore plus dur de résister quand le brun s'arrêta à côté d'eux pour boire de l'eau et reprendre son souffle, il s'accouda à la barrière et son regard se perdit devant l'étendue d'eau.
Lucius et Severus avaient tout le loisir de le redécouvrir, il avait grandi, son corps était encore plus musclé que pendant la guerre, il était devenu un homme, les derniers traits de son adolescence avaient disparu et il était devenu encore plus magnifique que dans leur souvenir.
C'était dur pour eux de ne pas l'approcher, Severus fut le premier à faire un geste dans la direction de leur gryffondor quand ils entendirent un :
- Evans !
Harry leva les yeux au ciel d'un air faussement blasé, cela eut le mérite d'arrêter tout mouvement des anciens mangemorts qui préfèrent tendre l'oreille. Le cœur des deux hommes se serrèrent à la vue du beau blond qui s'approchait de Harry, il devait avoir une vingtaine d'années et il était lui aussi très séduisant.
- J'ai cru que j'allais te manquer, tu cours de plus en plus vite, Evans.
- J'ai un prénom, il me semble, alors utilise le !
Le son grave de la voix du brun les firent frissonner, Par Salazar, il leur avait tellement manqué.
- J'aime assez ton nom de famille, répondit le nouveau venu. Tu ne m'as pas répondu, pourquoi tu cours plus vite que d'habitude ?
- J'étais en retard et je n'aime pas ça ! Franchement, tu n'es pas obligé de me suivre, je peux très bien courir seul, la solitude ne me dérange pas, déclara Harry en souriant de toutes ses dents, se moquant ouvertement de son ami.
Il mentait et il n'aimait pas ça être seul, mais ça, il n'y avait que les deux hommes assis sur le banc qui le savaient.
- Tu as le temps de boire un café ? Je te l'offre, demande le jeune blond.
- Désolé Jack, mais il faut encore que je retourne me préparer et j'ai cours dans trente-sept minutes, déclina le brun en regardant sa montre.
- Dans ce cas, on se retrouve à la pause déjeuner, j'amène le repas, Professeur Evans, se moqua gentiment l'ami, un peu trop collant selon les deux anciens serpentards, de Potter.
- C'est noté ! A toute à l'heure Professeur Dawson !
Harry reprit sa course comme si de rien n'était et transplana une fois qu'il fut certain d'être à l'abri des regards. Le jeune homme ne s'autorisait pas beaucoup de magie, il avait décidé de vivre sans la magie le plus possible.
Les deux Serpentards se regardèrent et pensaient à la même chose, ils ne devaient pas laisser filer le blond sans l'avoir interrogé, Jack Dawson allait peut-être, être leur billet d'accès à Harry.
- Mr Dawson, bonjour, excusez-moi de vous importuner, je me présente je suis Orion Malefoy et voici Alexandre Prince. Nous avons entendu votre conversation et nous voulions être sûr de ne pas faire d'impaire, mais il me semble que vous étiez avec Harry Evans, est-ce bien ça ? demanda Lucius avec tact et diplomatie.
- Vous connaissez, Harry ? s'extasia Jack.
- Oui nous étions ses professeurs, répondit toujours aussi poliment Lucius.
- Alors c'est à vous qu'on doit son envie d'enseigner ?
- Je ne pense pas mais vous le devez sûrement à mon collègue, désigna le blond. Il n'en a pas l'air comme ça, mais c'est un très bon enseignant.
- Effectivement il n'en a pas l'air, répondit Jack en regardant Severus, même les glamours ne pouvaient pas cacher l'air austère de Severus. Vous êtes prof de quoi Mr Prince ?
- Chimie, répondit sobrement le potionniste.
- Oh, s'exclama Jack, comme Harry.
- C'est vraiment intéressant, avez-vous un peu de temps, j'aimerais bien discuter avec vous.
- Désolé Mr Malefoy, j'ai des élèves qui m'attendent et si je suis en retard j'en connais un qui va encore m'étriper.
- Ah bon ? C'est étonnant.
- Oui, Harry ne supporte vraiment pas le manque de manière. D'après ce que j'en sais, je devrais remercier un certain aristo qui ne supportait pas le manque de ponctualité et tutti quanti. 'Fin bref, je parle, je parle mais je vais être à la bourre. Si vous avez un moment, venez nous voir, on travaille au lycée Français de New York. Nous organisons des portes ouvertes pour Halloween ! A bientôt Messieurs ! rigola Dawson en partant sans demander son reste.
Les deux hommes se regardèrent d'un air choqué. Jack Dawson était un sacré personnage et il venait de leur donner sur un plateau d'argent des informations qu'ils désiraient sans même le savoir.
Ils avaient décidé d'attendre la fameuse journée porte ouverte spéciale Halloween avant d'aller sur le campus. C'était l'occasion parfaite et ils n'auraient pas à devoir inventer une excuse pour rentrer dans le bâtiment. Ils se présentèrent vers le milieu de la matinée quand ils étaient certains qu'Harry serait arrivé mais surtout que du monde serait présent, ils pourraient plus facilement passer inaperçus. Lucius et Severus avaient décidé de trouver un nouveau déguisement, aucun des deux ne voulait retomber sur Jack de peur que celui-ci ameute Harry.
Ils étaient dans la salle des professeurs, celle-ci avait été réquisitionnée comme accueil, des brochures sur les formations se trouvaient sur la table centrale, des fauteuils étaient installés près de la fenêtre où les personnes devaient attendre leur tour pour une visite guidée. La salle était quasiment vide, seuls deux trois enseignants discutaient entre eux. Ce fut vers onze heures quand ils commençaient à perdre patience qu'Harry accompagné de Jack passèrent la double porte de la salle. Le jeune brun portait une blouse blanche et avait l'air passablement énervé quant à son ami celui-ci riait à gorge déployée. Ils ne firent pas attention à eux et se dirigèrent vers la machine à café. Les deux serpentards restèrent silencieux attendant de voir s'ils allaient réussir à avoir des explications à l'énervement de leur gryffondor.
- Tu verrais ta tête, Harry ! rigola le blond en servant deux cafés.
- Jack, s'il te plait. Tais-toi !
- Avoue que c'est quand même drôle, tu devrais te sentir flatté un minimum, il n'est quand même pas mal foutu.
- M'en fou, j'aimerais qu'il me laisse tranquille, grogna Harry.
Severus et Lucius se demandèrent ce qu'il se passait et eurent leur réponse très rapidement, grand bien fasse à ces moldus trop curieux.
- Dawson, Evans, qu'est ce qui se passe encore ?
- Que veux-tu, notre bourreau des cœurs a encore fait des siennes, s'amusa Jack.
- Je ne suis pas un bourreau des cœurs ! riposta le brun, outré par le surnom que son ami lui avait trouvé.
- Harry, mon amour, commença le blond.
- Oublie ces mots doux, Jack. La flatterie ne marche pas avec moi.
- Mon lapin ?
- Jack !
- Okay mon hirondelle,
- Sérieux, tu me saoules.
- Allez c'est reparti pour un tour, le vieux couple est de retour, et moi je fais des rimes, s'amusa un de leur collègue.
- Bon Jack, tu nous expliques ? demanda un autre professeur.
- Alors notre très cher Harry, ici présent, a encore brisé le cœur de notre très cher professeur de philosophie : Caleb. Franchement, tu devrais quand même accepter au moins de boire un verre avec lui. Tu n'es avec personne depuis que tu es arrivé.
- J'ai besoin de personne et tu le sais ! commença à s'énerver le professeur de science.
- Tu devrais peut-être dire que ton cœur est pris, oui, répondit Dawson.
- Jack, prévient Harry. Ne commence pas.
- Quoi, c'est vrai non, tu meurs d'amour pour un type qui est resté en Angleterre depuis que tu es là.
- Va te faire foutre, Dawson, vociféra Harry en quittant la pièce.
- Harry, attends !
Jack, alla à son casier et prit le paquet de copie et fit de même avec celles d'Harry qui était parti sans, sous le coup de la colère. Lucius et Severus se faisaient le plus petit possible, ne voulant pas louper le reste de la conversation.
- Sujet sensible, tu le sais pourtant.
- Je sais bien mais il serait temps qu'il fasse quelque chose, il ne peut pas rester comme ça.
- Nous aussi on s'inquiète pour Evans, mais tu vois bien qu'il n'est pas prêt.
- Ça fait plus de deux ans qu'il est arrivé et rien n'a changé !
- Jack, réprimanda un des enseignants.
- Laisse tomber, Kyle. Il n'abandonnera pas son idée d'aider Harry. Soit cool avec lui.
- Ouais, vous me connaissez ! Salut les gars, à lundi. Faut que j'aille me faire pardonner auprès de mon rondoudou adoré, rigola le blond en partant à la recherche du survivant.
- Ils sont impossibles tous les deux. Je ne comprendrais jamais pourquoi ils ne sont pas ensemble.
- Peut-être parce que Jack est cent pour cent hétéro et que le cœur d'Harry est déjà pris depuis longtemps.
Les deux enseignants quittèrent à leur tour la salle de repos sans même un regard vers les deux hommes assis près de la fenêtre.
Après les portes ouvertes du lycée Français de New York, une routine se mit en place pour les deux hommes. Ils avaient décidé de suivre individuellement Harry, le fait d'être toujours deux, risquait d'attirer plus facilement l'attention et aucun d'eux ne le désirait. Le mois d'Octobre avait laissé place au mois de Novembre et les premiers flocons de neige n'allaient pas tarder à tomber sur la ville.
Pendant deux semaines, il ne se passa rien de très intéressant jusqu'au jour où Severus assista à une scène qui ne pensait jamais voir, surtout après la réaction de Potter dans la salle des profs. Harry sortait du lycée accompagné comme toujours de Jack mais cette fois-ci une troisième personne était avec eux, et vu comment l'inconnu dévorait des yeux Harry, celui-ci devait être le dénommé Caleb.
- Un verre Harry, s'il te plait. C'est le week-end, tu n'as pas de copies à corriger et les marchés de noël viennent d'ouvrir, c'est le bon moment, assista gentiment le professeur de philosophie, il sentait que le jeune sorcier allait finir par craquer.
Si Severus devait être totalement honnête, il devrait avouer que Caleb était un bel homme, grand, plutôt bien bâti. Ses cheveux bruns courts étaient bien coiffés. On pouvait voir que c'était un homme qui prenait soin de lui. Il avait également l'air d'être une gentille personne, un brin collant mais pas idiot pour un sou.
- Très bien, tu as gagné, capitula Harry après deux ans. Mais juste un verre de vin chaud.
- Super ! Merci Harry, on se retrouve chez toi ?
- Ça non, rigola le brun. Rendez-vous à Bank of America Winter Village vers dix-sept heures. Et ne soit pas en retard !
- Haha, jamais Harry. A ce soir !
- C'est ça ! sourit Harry en regardant Caleb partir. Content ?
- Parfaitement ! Et arrête de faire ta chauve-souris des cachots, il est sympa, parla Dawson, sans remarquer l'air choqué d'Harry.
- Ma quoi ? demanda le brun, pas sûr d'avoir bien entendu, le cœur au bord des lèvres.
- Ta chauve-souris des cachots, rigola le prof. Tu ne le sais peut-être pas mais on te prendrait pour une chauve-souris à faire voler ta blouse quand tu marches. Entre ça et le fait que les laboratoires soient au sous-sol, ce surnom était tout trouvé. Tes élèves te surnomment comme ça, même s'ils sont tous d'accord pour dire que tu es bien plus beau que ce genre d'animal, s'amusa Jack.
Harry ne répondait pas, une vague de souvenirs le faucha en un instant. Il n'avait seulement suffi que de quelques mots pour que le gryffondor se remémore ses années Poudlard où Severus le terrorisait pour arriver aux années de guerres où il s'était perdu un nombre incalculable de fois dans ses bras et dans ceux de Lucius. Des mois où ils avaient froissé les draps de leur lit, ensemble, ils avaient formé un tout, tous les trois contre le reste du monde. Son cœur se serra à ses souvenirs. Les deux hommes lui manquaient terriblement, il ne passait pas une journée sans penser à eux, à la vie qu'ils auraient pu mener tous les trois.
Dans ces moment-là, il regrettait amèrement sa décision d'être parti. Mais il voulait que les deux hommes soient libres de leur mouvement, qu'ils puissent s'aimer au grand jour sans devoir se cacher car Harry s'était imposé dans leur lit. Alors il était parti, le cœur lourd, les larmes au bord des yeux. Il avait eu peur, peur du regard des autres, peur que ses deux hommes regrettent alors Il avait fui avant d'être abandonné.
L'Amérique lui était apparue comme quelque chose de logique, assez loin de l'Angleterre pour qu'on ne le cherche pas. Ici et les américains se moquaient tellement du reste du monde que personne ne risquait de le reconnaître mais tout de même facilement « reliable » à sa terre natale au besoin.
Jack s'était stopper quand il vit la réaction de son ami à cette blague. C'était la première fois qu'Harry se laissait aller devant quelqu'un. La douleur dans son cœur qui ne voulait pas le quitter était bien visible, il n'arrivait plus, il avait tellement mal.
Severus dû garder tout son self contrôle pour ne pas aller prendre Harry dans ses bras. Pour ne pas essayer de le réconforter, car c'était ce dont Potter avait besoin à cet instant, des bras puissants qui lui ferait tout oublier. L'oublie même momentanément. N'arrivant pas à supporter de voir la détresse d'Harry, l'ancien professeur de potion fit un pas arrière et marcha sur une branche.
Crac.
Le son attira instinctivement l'attention d'Harry. Cela dura qu'une seconde peut être deux, mais le vert rencontra le noir et Harry cru que le trou béant dans sa poitrine c'était partiellement refermé mais avant même de pouvoir faire le moindre geste, tout avait déjà disparu, la chaleur dans son corps, les papillons dans son ventre et l'espoir que peut-être il allait retrouver le bonheur, ne laissant que le vide et le froid. Une unique larme coula de son œil gauche.
Il devait se reprendre sérieusement. Il n'était pas un homme qui se laissait abattre facilement.
- Harry, tu m'écoutes ? appela le blond, un peu plus fort.
- Non, pardon, tu disais ? s'excusa Harry.
- Rien de très important. Tu devrais te dépêcher de rentrer si tu veux avoir le temps de te changer avant de retrouver le beau Caleb, informa Jack.
- Ne t'inquiète pas pour moi. A demain J !
- Et si j'ai déjà des choses de prévues demain ? s'indigne faussement Dawson.
- Tu annules ! Comme si tu allais me laisser une minute de repos après mon rendez-vous de ce soir, sourit Harry, sa bonne humeur retrouvée.
- Pas faux !
- A demain J !
Harry partit en courant vers son appartement, ne faisant pas attention à la dernière phrase que Dawson prononça.
- A demain, Potter, murmura Jack, en transplanant directement dans son appartement où l'attendait sa petite amie.
A peine arrivé dans son appartement qu'une furie brune lui sauta dessus.
- Comment va-t-il ?
- Je vais très bien, merci, je suis content de pouvoir passer ce week-end avec toi. Et toi, comment vas-tu, ma lionne ? se moqua le sorcier.
- Draco ! s'indigna la sorcière.
- Il va, ni bien ni mal. Il survit en fait, décidément il porte un peu trop bien son surnom.
- Je suis désolée.
- Tu n'as pas à t'excuser, j'ai décidé moi-même de le suivre pour m'assurer qu'il survive et que tu sois rassurée.
- Mais ...
- On en a déjà parlé, Hermione. C'était mon choix et je suis content d'avoir pu me rapprocher de lui au point de me lier d'amitié avec lui.
- Je te l'avais dit : dans une autre vie vous auriez pu être ami.
- Une vie où je n'aurais pas été Draco Malfoy, jeune sorcier arrogant et lui Harry Potter, jeune sorcier influençable. Mais cela me va. Nous verrons quand il le découvrira.
- Il restera ton ami, j'en suis persuadée. Tu es son premier ami hors Angleterre, ça doit bien compter.
- On verra, en tout cas je le vois demain.
- Mais ce n'était pas prévu, si ? demande l'ancienne gryffondor.
- Non, mais il a enfin accepté un rancard avec Caleb.
- Incroyable, s'étonna Hermione. Tu penses qu'il commence à oublier ton père et Severus ?
- Absolument pas. J'ai voulu le tester un peu et je l'ai appelé chauve-souris des cachots, tu aurais vu sa tête, je ne l'avais encore jamais vu aussi triste et pourtant, il a déjà craqué devant moi mais là, c'était déchirant.
- Mais alors pourquoi accepter un rendez-vous avec ce prof de philo ?
- Car je le tanne avec ça et qu'il doit se dire, qu'il pourrait essayer de voir s'il arriverait à les oublier mais c'est quasiment sûr que c'est voué à l'échec.
- Il nous faudrait un miracle de noël, déclara Hermione en venant se lover dans les bras du serpentard.
- Qui c'est, le miracle est peut-être déjà en marche, répondit-il en embrassant tendrement sa moitié. En attendant, nous avons quelques heures devant nous.
- Tu es bien présomptueux.
Les deux amants sourirent, oubliant pour les heures suivantes tout ce qui n'était pas eux.
Dans un appartement non loin de Central Park, un jeune homme brun était en train de se préparer pour son rendez-vous galant. Il s'était habillé sobrement, un jean Slim noir moulait à la perfection ses jambes puissantes et ses fesses rebondit, une chemise bordeaux faisait ressortir ses yeux verts, il agrémenta le tout d'un manteau noir et d'une écharpe verte. Il allait sortir quand il entendit siffler derrière lui.
- Tu sors, c'est rare, siffla la vipère Atheris.
- Où étais-tu passé, Shadow ? Ça fait des jours que tu as disparu.
- Il n'y a plus de souris dans l'immeuble, il fallait bien que je me trouve à manger et Central Park est vraiment un endroit fabuleux.
- Tu ne changeras jamais, reste tranquille ma belle, je ne rentrerais pas tard.
- Rentreras-tu accompagné ? Tu es tellement sexy, s'amusa l'Atheris.
- Es-tu sûr de ne pas être une malédictus ?
- Parfaitement sûr, pas besoin d'être humain pour apprécier ce qui est beau. Alors reviendras-tu accompagné, Sexy Potter ?
- Je ne pense pas.
- Ils sont encore dans ton cœur, même après tout ce temps ? susurra Shadow.
- Toujours.
- Tu retrouveras la paix, Harry, je te le promets, déclara le serpent en se lovant dans le cou du brun, comme pour le réconforter.
- Merci Shadow ! Il est plus que temps que j'aille rejoindre Caleb.
Harry avait été heureux quand il s'était aperçu qu'il n'avait pas perdu la capacité de parler Fourchelang quand Voldemort avait été détruit. Shadow était son seul lien avec son ancienne vie, il l'avait rencontrée le jour même de son départ, comme si elle attendait ce moment-là pour apparaître. Elle avait été depuis ce jour d'un soutien sans faille, un roc dans sa vie. Shadow était sournoise, drôle, attentionnée mais extrêmement loyale. Elle aimait l'embêter, le taquiner mais elle était surtout là pour l'empêcher de sombrer et elle y arrivait plutôt bien. Lentement, Harry passa ses mains sous le corps chaud de la vipère et l'installa sur le cousin qu'il avait acheté pour elle.
- Bonne soirée, Shad' !
- A tout aussi, Sexy Potter !
- Idiote !
- Rabat joie !
Ce fut sur ces mots tendres qu'Harry partit rejoindre Caleb. Le jeune professeur de philo était déjà au point de rendez-vous, attendant patiemment le scientifique. Connaissant Harry, il savait qu'il ne supportait pas le retard, alors il avait fait en sorte d'arriver au moins vingt minutes plus tôt. Non loin du littéraire, deux hommes toujours dissimulés sous glamour, l'observaient en attendant la venue du brun. Ils s'étaient fait la réflexion qu'ils faisaient Stalker depuis leur arrivée à New York, mais ils avaient besoin d'information et c'était le seul moyen qu'ils avaient trouvé pour les récolter.
Les trois hommes le virent arriver, tous à un angle différent mais tous seraient d'accord pour dire qu'Harry était tout bonnement magnifique, un brin sexy, des touches de douceur et cette fragilité mêlée à la force qu'il dégageait, complétait le tableau, le rendant irrésistible.
- Caleb, tu es en avance !
- J'ai suivi les consignes de Jack, qui m'a clairement fait comprendre que tu n'aimais pas les retards.
- Désolé, les habitudes ont la vie dure, s'excusa le gryffondor.
- Tu n'as pas besoin de t'excuser, la bienséance se perd de plus en plus et c'est bien que certain arrive à encore s'en souvenir.
- Si tu le dis, sourit Harry, essayant de parler d'autre chose.
Il n'avait pas envie de penser à Lucius, ni à Severus, il avait décidé d'avancer et d'essayer de vraiment les oublier. Ils ne savaient pas ce qu'ils devenaient, il n'avait jamais osé poser la question à Hermione dans ses lettres. De toute façon, comment aurait-il pu le faire ? Ils ne correspondaient pas beaucoup. Il refusait de lui dire où il se trouvait et ne lui envoyait des lettres qu'aux occasions particulières. Il était vraiment un piètre meilleur ami, il nota pour plus tard d'envoyer une longue lettre à Hermione pour se rattraper mais pour l'heure il était avec Caleb et il était temps qu'il fasse plus qu'acte de présence.
- Par où veux-tu commencer ? demanda Harry.
- Tu as déjà fait du patin à glace ? interrogea le prof de philo.
- Il ne me semble pas, mais je veux bien essayer.
- Parfait ! s'exclama-t-il avec enthousiasme.
Les deux hommes se dirigèrent vers la patinoire où ils louèrent des patins à glace. L'ambiance était bonne enfant, ils rigolaient ensemble, discutaient de tout et de rien. Caleb attendait avec impatience de voir Harry sur la glace, Jack lui avait dit qu'Harry était bon dans tous les domaines qui touchait au sport, le littéraire avait donc pris ça pour un défi, Evans serait-il bon également sur des patins à glace ? Et la réponse fut devant ses yeux, après seulement dix minutes sur des patins, on aurait pu penser qu'il avait fait ça toute sa vie.
- Ce n'est pas croyable que tu sois bon à ça alors que tu en avais jamais fait, se lamenta Caleb.
- C'est juste une histoire d'équilibre. Il faut trouver le bon angle et tout suit, commença à expliquer le brun.
- Stop Harry, entre toi et Jack, je mange des sciences à longueur de temps et ce n'est pas possible ce soir, alors garde tes explications pour plus tard, implora le rat de bibliothèque.
- Pas de problème, Mr Jones ! rigola Potter.
De loin, les serpentards voyaient leur moitié évoluer sans eux, ils pensaient à faire demi-tour et le laisser enfin tranquille, mais quand le regard orageux de Lucius s'ancra dans celui émeraude d'Harry, tout bascula. Son cœur fit un looping dans sa poitrine et son membre se durcit pratiquement immédiatement, mon dieu que ce regard émeraude lui avait manqué, il comprenait mieux l'état de Severus quand il était rentré ce midi. Il vit les yeux de son gryffondor s'écarquiller de surprise et puis lire sur ses lèvres son prénom. Il fit un pas en direction d'Harry mais fut arrêté par Severus qui le bloqua.
- Stop, il ne t'a pas reconnu, Luc', tu es sous glamour, parla rapidement.
- Mais il m'a appelé, rétorqua le blond.
- Non, il a prononcé ton nom. C'est différent.
- C'est pareil, Severus, laisse-moi y aller.
- Non, Lucius, il a juste cru te voir à cause ton regard mais ton corps, ton visage est différent, il ne peut pas t'avoir reconnu.
- Tu es simplement jaloux, répondit le blond.
- Arrête, tu sais que c'est faux. Qu'il te reconnaisse toi ou moi, je m'en fou tant qu'on le récupère. Et vois le côté positif, il ne t'a pas oublié, raisonna le maître des potions.
Lucius qui d'ordinaire était quelqu'un de réfléchit perdait toute notion logique quand il s'agissait d'Harry et ça depuis déjà plusieurs années. Il n'était pas patient et ne supportait pas l'échec. Dès l'instant où le gryffondor disparu, Lucius dû faire preuve de beaucoup de patience et il commençait sérieusement à en avoir marre. Surtout que le brun n'était qu'à quelques pas d'eux. Le temps que Severus réussisse à calmer Lucius, Potter de son côté était parti de la patinoire.
Quand Harry voulut faire un pas vers l'homme qui avait le même regard que Lucius, Caleb le bouscula sans le vouloir et ils tombèrent tous les deux les fesses sur la glace, les faisant rire. Cela avait eu le don de faire oublier à Harry, l'homme qu'il venait de voir.
- Désolé Harry, s'excusa Jones.
- Pas de problème Caleb. Bon et si on s'arrêtait là pour les patins et qu'on allait boire un bon verre de vin chaud ?
- Je préfère le lait de poule mais pourquoi pas.
Harry fut le premier sur pied et aida Caleb à se relever. Caleb serra un peu plus la main d'Harry pour la garder dans la sienne, dans un soupir Harry se laisse faire. Était-ce Caleb, l'ambiance de Noël, la lassitude d'être seul ou un mélange de tout ça, mais cela réussi à convaincre le gryffondor de se laisser aller, d'abandonner pour un moment son côté casanier et de profiter de ce qui s'offrait à lui.
Le marché de noël était féérique, les maisonnettes en verre étaient magnifiquement décorées, les lumières des guirlandes, l'odeur de la nourriture, donnaient une autre dimension à la ville. Harry avait l'impression d'être dans un autre monde, un monde qui ne connaissait ni tristesse, ni lassitude, un monde où régnait que le bonheur et la joie. C'était ce que l'ambiance de noël provoquait en lui.
Depuis Poudlard et même en temps de guerre, quand il recherchait les horcruxes et qu'il risquait sa vie, l'ambiance de noël avait le don de le calmer et de l'émerveiller. Il y régnait une ambiance de paix, jamais égalée.
Alors main dans la main, Harry et Caleb buvaient leur vin chaud en regardant les cabanons qui ouvraient pour la première fois aujourd'hui. Ils se prirent des crêpes et d'autres choses à grignoter. Caleb parlait de tout et de rien et cela fit un bien fou à Harry. La vie avait l'air d'être simple avec le professeur de philo.
Les allées étaient plus belles les unes que les autres et les pères Noël attendaient les enfants pour faire des photos. Pris dans l'euphorie, ils firent la queue pour avoir leurs visages souriants immortalisés avec Santa Claus sur du papier glacé. Harry avait l'impression d'avoir de nouveau quinze ans et de vivre son premier rendez-vous galant et c'était cool. Cette sensation de légèreté, de nouveauté. Le sorcier ne pensait pas que la sortie avec Caleb serait si bien et s'en voulu d'avoir mis du temps à accepter. Mais ce qui était fait était fait.
- Une grande roue ? demanda Caleb en lui souriant tendrement.
- Carrément, ça fait une éternité que je n'ai pas pris de la hauteur.
Harry régla les deux billets et ils prirent place dans la cabine. Assis l'un en face de l'autre, ils avaient dû se séparer au grand dam de Caleb qui aurait aimé pouvoir garder la main d'Harry dans la sienne toute la soirée. Ils restèrent silencieux quelques instants puis Harry brisa le silence :
- Je te dois des excuses.
- Pourquoi ?
- D'avoir mis autant de temps à accepter un rendez-vous avec toi.
- Tu as tes raisons. Mais je suis content que tu sois là ce soir, sourit tendrement Caleb.
- Merci.
Ils échangèrent des banalités le temps que le tour de grande roue se termine. La soirée se passa parfaitement. Posté au milieu de l'allée, un sapin de noël géant était sur le point de s'illuminer pour la première fois, marquant le début de la période de noël.
- Viens Harry ! Dépêche- toi, ils vont allumer l'arbre des vœux. La légende dit que si on fait un vœux le premier jour de l'illumination de l'arbre, celui-ci doit se réaliser avant les douze coups de minuit le soir de noël.
Les deux enseignants coururent le plus rapidement possible pour se positionner devant l'arbre, prêt à faire leur vœu au moment où les premières lumières apparurent. Je souhaite être heureux. C'était simple et il lui restait un mois et demi pour voir si son vœu allait se réaliser. Quand il ouvrit les yeux qu'il n'avait pas eu l'impression d'avoir fermé, l'arbre était illuminé de partout. Magique, c'était le mot qui correspondait le mieux.
- On continue le tour ? demanda Jones.
- Bien sûr, j'admirais simplement l'arbre.
- Je comprends.
Ils mirent une heure à faire le tour, s'arrêtant, ici et là. Tout était parfait, Harry s'amusait et Caleb tombait un peu plus amoureux du brun. Tout aurait pu s'arrêter là, ils auraient pu se séparer en souriant mais quand on s'appelle Harry Potter, il y a toujours quelque chose et ce soir-là, le quelque chose en question était vert et blanc et portait le nom de : Gui. Cette plante parasite qui forçait les gens à s'embrasser sous elle, portant ainsi bonheur aux heureux élus.
Caleb et Harry passèrent tranquillement sous le gui sans faire plus attention quand le vendeur les interpella :
- Hé les jeunes !
Les deux enseignants se tournèrent à l'unisson vers lui et le virent faire un signe vers le dessus de leur tête. Un franc sourire s'afficha sur le visage du philosophe quand Harry écarquilla les yeux de surprise.
- On n'est pas obligé si tu ne veux pas, l'informa Caleb.
- C'est la tradition.
Harry se laissa faire, presque religieusement Caleb passa sa main sur la joue de l'homme en face de lui, tendrement il caressa sa bouche de son pouce puis lentement comme pour lui laisser le choix de changer d'avis à tout moment, il s'approcha et posa ses lèvres sur celle de Harry. Une ribambelle d'émotions envahit le corps et l'esprit du brun. Harry était partagé entre plaisir et horreur.
Le baiser était doux et aurait dû être parfait, si Harry avait décidé d'aller de l'avant. Mais il lui manquait des mains, des lèvres, un corps en plus qui serait derrière lui en train de l'enlacer avec une bouche lui picorant le cou. C'était évident maintenant et la révélation était brutale, jamais il ne pourrait se satisfaire d'une personne, son cœur était trop gros pour n'aimer qu'un homme. Il avait trop d'amour en lui pour en donner qu'une fois. D'un coup, il comprit, il ne voulait pas ces lèvres-là sur lui, il ne voulait pas que ce soit ces mains-là qui le touche. Il avait besoin d'autres lèvres, d'autres mains et ce rappel fut si violent que Harry avait l'impression de trahir les deux serpentards. Il se sentait nauséeux, il fallait qu'il arrête ce baiser, aussi agréable soit-il. Alors en douceur pour ne pas blesser l'homme en face de lui, il le repoussa d'un air désolé.
- Je ne peux pas, pardonne-moi, s'excusa Harry.
- J'ai fait quelque chose de mal ?
- Non, tu as été parfait et tu es presque trop parfait même. Mais je suis désolé, c'est moi, je savais que ça ne marcherait pas, mais j'ai espéré quand même mais mon cœur est déjà pris.
- Je ne comprends pas, j'étais pourtant certain que tu étais célibataire autrement jamais je ne me serais immiscer dans ton couple, je te le jure, s'excusa Caleb.
- Ne t'excuse pas Caleb. Tu as raison je suis célibataire, mais également éperdument amoureux d'eux et j'ai l'impression de les trahir.
- Tu as dit : les ? demanda le philosophe.
- Oui, les. Et c'est bien ça tout le problème.
- Je ne comprends pas. Pourquoi est-ce un problème, si vous vous aimez ? Je sais que la société est très protocolaire mais l'amour est quand même plus fort, non ?
- Justement une grosse partie du problème réside dans cette société. Parce que les gens parlent, les gens maudissent et s'insurgent et que je ne veux pas qu'ils soient blessés. Ils étaient ensemble avant que je n'arrive et …
- Tu as eu peur qu'ils t'abandonnent si la pression devenait trop forte alors tu as préféré fuir, compléta Caleb.
- C'est ça. Tu as tout compris. Et je suis désolé.
- Arrête de t'excuser, le cœur a ses raisons que la raison ignore, déclara-t-il en ébouriffant les cheveux du brun. Il commence à se faire tard, je pense qu'on devrait rentrer.
- C'est mieux, effectivement. Merci pour cette soirée, c'était très agréable.
- De rien, merci à toi d'avoir enfin accepté. Rien ne nous empêche de recommencer sans arrière-pensée de ma part, cette fois-ci.
Harry éclata de rire à la dernière partie de la phrase de son ami.
- Avec plaisir ! dit-il en commençant à partir de son côté quand Caleb l'interpella une dernière fois.
- Harry ! Il est évident que tu ne seras jamais heureux sans eux, je pense que vous devriez avoir une conversation à cœur ouvert tous les trois. Va les retrouver et s'ils t'aiment toujours, ils seront là à t'attendre !
Le gryffondor ne répondit pas, il n'avait pas de réponse à donner de toute façon. Il savait qu'il viendrait un jour où il allait devoir retourner auprès des deux hommes au moins pour des explications, sans quoi il ne pourrait jamais avancer.
Lentement, à pied, il rentra chez lui. La nuit était fraîche mais cela lui faisait un bien fou. Il avait besoin de réfléchir et la température lui permettait de garder ses idées au frais. Les décorations des lampadaires et des maisons avaient le don de lui remonter le moral. La féérie de Noël était merveilleuse.
Il mit une vingtaine de minutes pour rentrer. Une fois le seuil de son appartement franchi, il enleva sa cravate et son manteau, caressa Shadow comme il faisait tous les jours et se dirigeait vers sa chambre. Sans allumer la lumière, simplement éclairé par les lueurs de la lune, il s'écroula sur son lit. D'un geste de la main, il attira à lui un cadre photo. Personne ne posait, c'était une photo prise par surprise, une instantanée. On pouvait y voir Severus et Lucius en train de dormir de part et d'autre de Harry, qui souriait de toutes ses dents, ils étaient beaux ensemble. On pouvait y voir la tendresse, l'amour qui les reliait tous les trois. Contrairement aux photos qui décoraient son bureau, celle-ci ne bougeait pas, le jeune homme avait dû utiliser soit un appareil moldu pour la prendre soit il l'avait figé par un sortilège.
Silencieusement, il laissa ses larmes qui avaient été retenues trop longtemps couler et il finit par s'endormir paisiblement une fois que celles-ci se tarirent.
Fin de la première partie
J'espère que cette nouvelle histoire vous plaît ! La suite arrivera bientôt !
- Aviez-vous deviné que Jack et Draco étaient la même personne ?
Dites moi ce que vous en avez pensé !
Des bisous !
ShadeD's
