Merci aux bêtas : SerpySnape, Suldreen194 et Blupou.

La jalousie d'Elsie

1928

Elsie Carson marchait dans le village, son panier à la main. Elle était à la retraite depuis peu avec pour résultat qu'elle et son mari - dont elle était réellement amoureuse - vivaient ensemble vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, et même si elle était réellement amoureuse de lui, rappelons-le, la cohabitation pouvait parfois s'avérer difficile.

Ce matin-là, Charles lui avait dit qu'il allait en ville, il avait un rendez-vous avec un groupe de personnes qui le voulaient comme président pour leur association – Elsie ne se souvenait plus de quelle association il s'agissait, du cricket peut-être ? - il lui avait dit qu'il serait rentré pour le déjeuner avec des petites friandises pour leur dessert.

Elle l'avait laissé partir avec un certain soulagement, elle avait beau l'aimer très fort, mais comme il avait passé la veille et le petit-déjeuner à lui faire des leçons de morale sur la meilleure façon de cuire les œufs, de faire la vaisselle, de ranger la vaisselle, de battre les tapis, de faire le lit… elle était assez soulagée qu'il sorte prendre l'air.

Mais après une heure passée sans lui, il commença à lui manquer. Elle était tellement habituée à l'avoir avec elle, à proximité, que ce soit à Downton Abbey ou dans leur cottage que ne plus l'entendre lui faire la leçon, ne pas l'apercevoir travailler dans leur jardin, ou lire le journal, ou simplement lui sourire, lui manquait terriblement. Elle se sentait complètement idiote, elle avait passé l'âge de jouer les amoureuses éplorées se languissant de leurs époux, mais elle devait bien admettre qu'elle préférait être avec lui que sans lui, même si c'était pour l'écouter râler.

N'y tenant plus, elle décida que le rejoindre en ville et lui proposer de faire le retour ensemble serait une bonne idée, et elle l'espérait, une bonne surprise pour lui. Elle s'habilla, mit son chapeau et prit son panier, histoire de faire bonne figure. Elle ne voulait pas lui avouer qu'elle avait du mal à rester dans un endroit où il n'était pas. C'était assez nouveau cette compréhension, que peu importe où elle vivait, dans un palais ou dans un trou à rat, tant qu'il était là à ses côtés, elle était chez elle, que sa maison c'était lui. Elle pouvait parfois être effrayée des sentiments d'amour qui lui remplissaient le cœur.

Elle marcha jusqu'au village, il faisait beau pour un mois de mars, elle était de bonne humeur et avait commencé à penser, que peut-être, certainement même, son mari ne serait pas contre une petite sieste coquine après leur repas. Ça aussi c'était assez nouveau pour elle, ce désir qu'il avait fait naître en elle.

Parfois elle s'étonnait elle-même de sa propre audace, elle aimait le réveiller avec des baisers et des caresses, elle aimait lui monter dessus, elle aimait tout autant sentir son corps solide peser sur elle, elle aimait comme il la faisait se sentir femme, belle et désirable, et ce qu'elle ressentait quand ils faisaient l'amour… Oh elle savait comment se faire du bien toute seule, mais dans les bras de son mari, c'était au-delà des mots. Perdue dans ses pensées quelque peu friponnes, elle manqua de se prendre le pied dans une racine qui dépassait, et décida donc qu'il valait mieux arrêter de penser à ce genre de choses. Par contre elle était maintenant pressée de trouver son homme pour le ramener à la maison, peut-être serait-il d'accord pour faire la sieste avant le repas ?

Elle arriva dans la rue principale, à proximité de la boulangerie qui avait été reprise par une veuve d'une quarantaine d'années. La porte de la boutique s'ouvrit et Charles Carson en sortit, portant une boîte aux couleurs du magasin sous le bras. La veuve l'avait suivi sur le pas de la porte, et elle riait.

Sans qu'elle puisse expliquer pourquoi, Elsie s'engagea dans la ruelle en face, de façon à voir sans être vue. Le rire de cette vendeuse ne lui plaisait guère, et elle sentait déjà la moutarde lui monter au nez. Elle observait la scène en espérant très fort que son mari remette à sa place cette gourgandine, mais elle fut vite déçue. Charles, dont elle ne voyait que le dos, n'avait pas l'air pressé de dire au revoir à cette vendeuse de bas étage. Elsie entendait leur conversation :

« Merci Mrs Morton, j'ai hâte de goûter à ces petites gourmandises.

-Oh, mes petites douceurs seront toujours disponibles pour vous, Mr Carson. » Et elle se mit à rire.

« Hum… Eh bien, je vous souhaite la bonne journée, Mrs Morton. » Il porta la main à son chapeau et la boulangère posa sa main sur le bras solide de Carson tandis qu'Elsie fulminait dans sa ruelle.

« Revenez me dire comment vous avez trouvé mes pâtisseries, j'aimerais l'avis d'un homme distingué qui a du goût. Au revoir, Charles… euh, pardon, Mr Carson » dit la vendeuse en lâchant le bras de Charles.

Elsie en avait vu assez, elle fit aussitôt demi-tour. C'en était fini de ses envies de siestes crapuleuses avec son mari. Il voulait des pâtisseries ? Il allait être servi !

Elle marchait à vive allure, ruminant sa colère, sa peine et sa peur. Elle franchit le seuil du cottage, quitta ses chaussures, ses gants, son chapeau et sa veste qui tombèrent tous sur le sol tandis qu'Elsie se dirigeait dans la cuisine. Elle avait sorti de ses placards, un bol, un saladier, de la farine, des œufs, du beurre, du levain, du lait et un livret que lui avait offert Mrs Patmore rempli des recettes des plats préférés du couple.

Elle commença à mélanger tous les ingrédients qui formaient maintenant une pâte collante et sur laquelle elle passait ses nerfs.

« Ah, tu en veux des petites douceurs ? »

La pauvre pâte à brioche se faisait battre à coup de poing par une Elsie échevelée qui n'avait aucune idée de ce qu'elle faisait.

Elle finit par mettre un torchon par-dessus le plat, couvrant ainsi ce qui ressemblait - du moins l'espérait-elle - à une bonne pâte pour faire des pains au lait. Elle recommença à mélanger des ingrédients pour faire, ce que Mrs Patmore appelait des petits choux à la crème. Elle s'énervait de plus en plus, se repassant en boucle la scène entre son mari et cette racoleuse.

Elle mit la pâte à choux sur le feu, comme indiqué sur la recette et remua comme elle put. Malheureusement la pâte fut ratée et Elsie fondit en larmes.

« Elsie ? Je suis rentré ma chérie, et j'apporte une petite surprise. »

Il passa la porte d'entrée, retira son chapeau, ses gants et sa veste, et en voulant l'accrocher sur la patère, il remarqua les affaires d'Elsie sur le sol.

« Elsie ? »

Il entendit des reniflements venir de la cuisine et une odeur de brûlé lui envahit les narines. Il se dirigea rapidement en direction de l'odeur et tomba sur Elsie en larmes, récurant une casserole de toutes ses forces.

« Elsie ? Tout va bien ? »

Elle laissa tomber la casserole dans l'évier, se tourna vers lui, le regard rempli de colère et de tristesse, les lèvres tremblantes.

« Tout va bien ? Mais bien sûr que tout va bien, Charles ! Pourquoi ça n'irait pas ? » Elle montra du doigt la boîte contenant les gâteaux qu'avait ramenés son mari.

« Je t'annonce qu'à partir d'aujourd'hui nous n'irons plus nous servir dans cette pâtisserie, ce serait déloyal envers Mrs Patmore, et j'ai décidé de me mettre plus sérieusement à la cuisine.

-Toi, tu vas faire plus de cuisine ? » lui répondit Charles d'un ton qui laissait largement deviner qu'il émettait de sérieux doutes.

« Eh bien quoi ? Ma cuisine ne convient pas à sa Majesté Charles Carson ? Noooon, Mr Carson préfère les bons petits gâteaux ridicules d'une… d'une… traînée qui a l'âge d'être sa fille ! »

Elle prit le saladier qui contenait sa préparation et lui enfonça vigoureusement dans le ventre.

« Tiens tes petites douceurs, tu n'as qu'à les faire cuire, puisque je suis incapable de te faire un œuf correctement, même ma façon de faire notre lit ne te convient pas. Et dire que je voulais faire la sieste ! Et bien tu sais quoi ? Je ne ferai pas de sieste, Charles ! »

Elle monta dans leur chambre, claquant la porte derrière elle, laissant un Charles complètement pantois, qui avait laissé tomber la boîte de gâteaux pour attraper le saladier.

Il ne comprenait plus rien.

C'était quoi cette histoire de sieste ? Elsie n'avait jamais été amatrice de sieste, c'était une femme très active, et les seules fois où ils se couchaient dans la journée c'était pour…

OH… !

Il secoua la tête, de plus en plus confus.

La cuisine était dans un sale état, de la farine était éparpillée sur tout le plan de travail, le paquet de sucre était éventré, des gouttes de lait parsemaient le sol, la casserole contenant la chose qui avait brûlée était toujours dans l'évier… Charles posa le saladier sur le plan de travail, ramassa sa boîte de gâteaux et, se demandant ce que contenait le saladier, souleva le chiffon et fit la grimace. L'odeur de levain était beaucoup trop forte et la pâte faisait des bulles.

Si Elsie ne voulait plus qu'ils se servent chez la boulangère, alors il n'irait plus. Charles n'en avait rien à faire, il n'aimait pas particulièrement cette vendeuse qui était beaucoup trop familière à son goût, et la cuisine de Downton Abbey était de toute façon bien meilleure. Par contre, il avait besoin de comprendre la colère soudaine de sa femme. Il avait bien vu qu'elle avait du mal à le supporter dernièrement, c'était pourquoi il avait décidé de la laisser seule un moment afin qu'elle ait du temps pour elle. Apparemment c'était une mauvaise idée. En soupirant il se mit à ranger et nettoyer la cuisine, puis fit bouillir de l'eau et prépara le thé. Le repas de midi était loin d'être prêt, mais ils auraient au moins du thé et les gâteaux de la boulangerie.

Il toqua à la porte de leur chambre : « Elsie, tu viens ? J'ai préparé du thé et je voudrai bien qu'on discute de… enfin qu'on parle de tout ceci, s'il te plaît ».

Il attendit une minute, et enfin, il entendit des pas et la porte s'ouvrit brusquement sur sa femme. Il ne l'avait jamais vue aussi en colère, aussi triste, aussi… effrayée ? Même lorsqu'elle pensait être gravement malade, elle s'était montrée extraordinairement courageuse. Était-elle vraiment malade cette fois ?

Son estomac se tordit et il sentit une boule d'angoisse s'installer dans sa gorge. Il fallait qu'il sache ce qui tracassait son épouse et vite.

Sans dire un mot elle s'assit devant sa tasse de thé, et posa un regard haineux sur les gâteaux comme s'ils l'avaient personnellement offensée.

Charles prit place à côté d'elle, prit un gâteau pour le manger et entendit sa femme souffler de colère, il reposa donc le gâteau ne voulant pas envenimer les choses avant de demander à son épouse :

« Enfin, Elsie, vas-tu me dire ce que tu as contre ces gâteaux ? Je les ai achetés en pensant te faire plaisir, visiblement je me suis trompé.

-Mais tu as le droit d'aimer les gâteaux Charles, surtout s'ils sont préparés par… » Elle n'arriva pas à terminer sa phrase.

« D'accord, donc le problème ne vient pas des gâteaux, mais de la boulangère ? Qu'as-tu à reprocher à Mrs Morton ?

-Mrs Morton ? Vous ne vous appelez pas par vos prénoms ?

-Mais pas du tout, cela serait terriblement inconvenant !

-Et bien, pas pour elle de toute évidence.

-Bon sang, Elsie, dis-moi ce qui ne va pas et finissons-en ! Je suis perdu, je te vois malheureuse et je ne comprends pas et je ne sais pas comment t'aider. Parle-moi bon Dieu ! »

Il avait tapé du poing sur la table, il en avait marre, il avait l'impression d'être face à une enfant capricieuse qui boudait, ça ne ressemblait pas à son Elsie, et il n'était pas sûr d'aimer cette version d'elle.

Elle soupira, elle était fatiguée et elle devait bien reconnaître qu'il avait marqué un point, elle devait lui dire.

« Charlie, je… Quand tu es parti ce matin, je… Je me suis occupée pendant une heure et puis j'ai… Oh bon sang ! Au bout d'une heure je me suis vite rendu compte à quel point tu me manquais. Alors j'ai pensé que je pourrais te rejoindre en ville, une fois que tu aurais terminé tes rendez-vous et tes courses nous aurions fait le chemin du retour ensemble. »

Elle fit semblant de ne pas voir l'air fier que son mari affichait lorsqu'elle lui avoua qu'il lui avait manqué.

« Je suis arrivée devant la boulangerie et je t'ai vu en sortir suivi de cette espèce de… » Elle prit une profonde inspiration pour se calmer.

« La vendeuse, Mrs Morton, te suivait et elle riait, et elle t'a touché, elle t'a appelé Charles et toi tu ne lui as rien dit, et je crois que ça m'a mise en colère. Alors je suis rentrée et j'ai fait la cuisine pour tenter de me calmer. Inutile de te préciser que cela n'a pas vraiment marché… »

Elle osa lever ses yeux sur son mari qui avait un petit sourire qui frôlait l'insolence.

« Elsie ? Serais-tu jalouse ?

-Moi ? Jalouse ? Évidemment que je lui suis !

-Mais enfin, mon amour, c'est complètement stupide !

-Ah bien oui, je suis stupide ! Rajoute ça à la liste de mes innombrables défauts ! Ne sait pas cuisiner, ne borde pas les draps du lit suffisamment, ne sait pas dresser une table correctement, ne sait pas faire la vaisselle, et en plus elle est stupide et jalouse ! Oh mon Dieu, Charles, mais pourquoi tu t'es marié avec moi ? Tu voulais quoi ? Juste une femme qui te préparerait à manger, nettoierait ta maison, et écarterait les jambes quand l'envie te prendrait ?

-Tu deviens vulgaire Elsie… »

Elle allait répliquer, mais il la coupa :

« Non je ne rajouterai pas cela à la liste de tes innombrables défauts, Elsie. Cette liste n'existe pas et bon sang ! Je suis juste sorti pour te laisser du temps pour toi ! Tu crois que je ne vois pas que tu ne me supportes pas ? Tu crois que je ne me rends pas compte que je ne suis qu'un vieux râleur qui n'arrive pas à être satisfait ? Je me vois faire, je m'entends te parler, Elsie, et je me déteste pour ça. Alors j'ai accepté cette satanée réunion pour te laisser du temps pour respirer sans moi. Et cette réunion était aussi inutile qu'énervante. Ils voulaient que je devienne président de l'équipe de cricket du village, maintenant que je suis à la retraite, mais je leur ai dit que je faisais toujours partie de Downton Abbey et qu'ils ne m'auraient jamais et… »

Il s'égarait, il se força à rassembler ses pensées.

« Elsie, je t'aime. J'ai voulu t'épouser parce que je t'aime, toi et personne d'autre. Tu pensais vraiment que je m'attendais à ce que tu sois un cordon bleu ? Je sais que tu n'as pas fait de vraie cuisine depuis aussi longtemps que moi. Ta façon de faire le lit me convient, vraiment. De toute façon, pour être honnête avec toi, je préfère quand nos draps sont défaits, cela prouve au moins qu'on aime s'aimer. Je n'ai jamais… Je ne t'ai jamais vue autrement que comme une femme respectable, fière, belle, intelligente, drôle, et je suis tombé amoureux de toi pour tout ce que tu es. Je me fous que tu ne saches pas cuisiner, je râle parce que… Oh parce que c'est moi, Charles Carson, majordome grincheux à la retraite. Je me fous de la boulangère et de n'importe qu'elle autre femme, aucune ne t'arrive à la cheville Elsie. Tu comprends ? »

Elle l'avait entendu, elle acquiesça, se sentant maintenant vraiment stupide. Évidemment qu'il l'avait épousée par amour et non par commodité, Charles était un homme honorable.

« Je suis désolée Charlie… Je suis tellement nulle à ça. Je n'ai jamais pris le temps d'être amoureuse avant. Et je découvre tous ces sentiments dont j'ignorais tout. Et je me sens vraiment stupide de réagir comme ça à soixante-sept ans. Mais je n'ai pas eu l'occasion de ressentir tout cela avant.

J'ai toujours eu peur de te perdre, je crois, sans oser me l'avouer parce que ça fait longtemps que je t'aime. Mais tant que ce n'était pas dit, j'arrivais à gérer cette peur. Et maintenant que tu es là, que tu es mon mari, que je peux t'aimer tout le temps, cette peur ne me quitte pas. Tu es beau, tu es intelligent, tu es un bon parti et tu pourrais être avec une femme plus jeune, plus jolie, qui saurait cuisiner aussi bien que Mrs Patmore et qui te donnerait des enfants… et je me suis sentie vieille face à cette femme, qui est tout le contraire de moi. Elle est blonde, grande, jeune, élancée, avec l'accent d'ici. Je ne suis qu'une vieille écossaise à la retraite, aux cheveux grisonnants, qui se tasse avec l'âge et qui est incapable de faire cuire un œuf à son mari. » Elle essuya les larmes qui coulaient sur ses joues. Toutes ses insécurités misent à nu…

« Oh mon Elsie, ma chérie. Je t'aime depuis tellement longtemps. Je crois que je m'en voudrai jusqu'à la fin de mes jours de ne pas t'avoir demandé de m'épouser il y a trente ans. Je n'ai vu que toi depuis tout ce temps, jamais une autre femme ne m'a fait autant d'effet. Et je suis toujours stupéfié par toi, par ce que tu me fais ressentir, même maintenant que je suis vieux, même là, en cet instant alors que tu as les yeux rouges, le nez qui coule et que tes cheveux sont… je n'ai pas de mot pour les décrire là de suite. Même là, en ce moment présent, je te trouve tellement belle, j'ai envie de toi et je t'aime. »

Il lui lança ce regard qu'il lui réservait lorsqu'il s'inquiétait pour elle, ou qu'il était anxieux au sujet d'une réponse qu'il attendait qu'elle lui donne espérant que ce soit une bonne réponse.

Elle respira profondément plusieurs fois, elle se sentait plus calme maintenant. Elle regarda son mari, lui sourit timidement et lui prit la main. Elle entendit le ventre de Charles gargouiller et elle se mit à rire, en sachant qu'il ne mangerait pas le gâteau de peur qu'elle ne se sente offensée. Elle prit donc sa part de gâteau dans sa main et l'amena devant les lèvres de son époux. « Tu peux manger mon homme, tu l'as bien mérité. Et dans l'après-midi j'irai à l'Abbey et demanderai un panier à Daisy, ce soir nous aurons un vrai repas. »

Charles ne se fit pas prier, il croqua dans le gâteau que lui tendait Elsie, sans faire de geste pour lui prendre des mains. Elle lui donna ainsi à manger et lorsqu'il avala la dernière bouchée il continua à grignoter sa main la faisant glousser.

« Et maintenant, ma chérie, si tu me parlais de cette histoire de sieste ? »

Elsie se leva un air déterminé sur le visage et Charles crut qu'il l'avait encore contrariée. Mais sa femme lui prit la main, le tira pour qu'il se lève, elle le conduisit dans la chambre en lui disant :

« Je ne vais pas t'en parler, je vais te montrer ce que je voulais dire par faire une sieste ! »

Et la porte se referma sur Charles et Elsie Carson et sur les sons de leurs vêtements qui tombèrent sur le sol, sur leurs soupirs, le lit qui s'affaissa, et des mots d'amour chuchotés.

Fin

Hello, I want to translate my Chelsie stories into English. I need someone who knows English perfectly and who would be willing to proofread my translations and correct them. If you are interested, please contact me by private message. Thank you.

I am writing a longer story about Elsie and Charles. So this OS will be the last little piece I post for a while. I hope you like it.

Thank you for reading !