Salut à tous
Aujourd'hui c'est l'anniversaire d'Alycia (Debnam-Carey pour ceux qui ne suivent pas XP ). J'ai eu la chance de la rencontrer la semaine dernière à Paris, et de passer un week-end magique avec mes amies (qui se reconnaîtrons) MERCI les filles. Alors pour marquer le coup, et aussi parce que ça à un sens pour l'histoire, voici le premier chapitre de ma dernière fanfiction.
Je ne sais pas quand je posterais le prochain (mais pas dans 6 mois rassurez vous), et je ne m'engage pas sur un rythme de publication que je ne pourrais pas tenir de toute façon. Je vous promets juste d'aller jusqu'au bout, l'histoire est quasiment terminé, mais j'ai encore beaucoup de travail de correction.
J'espère que ça vous plaira. A très vite.
F.
CHAPITRE 1
Elle émerge péniblement. Entre deux mondes, entre les rêves et la réalité. La lumière est trop intense pour ses pauvres pupilles, alors ses yeux restent clos. Elle sait qu'elle n'est pas dans son lit, l'odeur n'est pas la même. Ce n'est pas le bon lit. Elle sentirait presque les lattes en bois du sommier, contrastant avec les tatamis sur lesquelles repose son matelas.
Elle se redresse lentement, se frottant les yeux, pensant rêver encore. Un rêve étrangement réaliste. Ce n'est pas sa chambre. Elle ne connait pas cet endroit. Un coup d'œil circulaire lui apprend qu'elle est seule dans la pièce.
Le soleil entre à flot par la grande baie vitrée qui compose tout un pan de la chambre. La luminosité indique qu'il doit être tard déjà, car nous sommes encore en hiver. Pourtant, elle a chaud, et ne porte qu'une légère nuisette en guise de pyjama. Un vêtement qu'elle n'a jamais vu de sa vie. Quelque chose cloche, et une sourde angoisse commence à se faire sentir.
Un bruit dans une pièce attenante la fait sursauter. L'eau qui coule laisse peu de place à l'imagination quant à l'utilité de cette pièce, il semblerait qu'il s'agisse d'une salle de bain. Que faire ? Se lever, s'enfuir, aller voir ? Le temps de réfléchir, et la question ne se pose plus. Un homme fait son apparition, une serviette autour de la taille, et une sur la tête, empêchant toute possibilité de l'identifier. Il traverse la pièce, et s'arrête devant la commode, commençant à en sortir des vêtements sous l'œil hagard de la blonde qui se tient au milieu du lit.
Pleinement conscient de la présence de la femme derrière lui, il se retourne quand il réalise qu'elle n'a pas bougé d'un pouce. La serviette posée en équilibre sur sa tête s'écrase à ses pieds avec un bruit mouillé. Révélant une chevelure mi-longue, de couleur châtain, qui forme un beau désordre sur sa tête. Ses yeux marron la fixent d'un air un peu inquiet.
- Clarke ? Tu ne devrais pas te dépêcher ? Tu vas être en retard à l'hôpital.
Il l'a appelé par son nom, mais lui, qui est-ce ? Elle a beau se creuser la cervelle, elle ne le reconnait pas. Il insiste.
- Chérie ? Ça va ? Tu as l'air...ailleurs.
Chérie ? Chérie ? La stupéfaction est à son comble. Une seule personne a le droit de l'appeler comme ça, et elle n'est visiblement pas dans cette pièce. Clarke se fait violence pour sortir une réponse car le garçon commence à s'approcher dangereusement, et ne porte toujours qu'une serviette de bain.
- Non. Fait-elle en croassant légèrement, la voix enroué de n'avoir pas servie depuis longtemps.
Elle se racle la gorge pour s'éclaircir la voix, et se donner un peu de contenance. Emmenant les draps avec elle, elle se lève, et jette un regard noir à l'homme inconnu qui se tient debout devant elle.
- Qui êtes-vous ? Fait-elle d'une voix qu'elle espère plus assurée.
On l'a probablement droguée ou quelque chose comme ça. C'est la seule explication au blackout total qu'elle semble avoir. Elle n'est pas du genre à boire assez pour que son cerveau occulte de lui-même tout, ou partie de la soirée.
Le jeune homme s'arrête brusquement, l'air étonné, semblant hésiter entre rire franchement, et se vexer. Tout en jetant un dernier coup d'œil vers la jeune femme, il fait volte-face pour chercher ses habits. Clarke réagit rapidement et détourne le regard une seconde avant que la deuxième serviette ne rejoigne la première, et qu'il commence à s'habiller. Mais ses yeux bleus retournent assez vite fixer l'inconnu, quand il continu de parler tout seul.
- Sérieusement ? Tu joues à quoi là ? S'agace-t-il. Ecoute je n'ai pas le temps ce matin, donc je vais aller bosser, et tu devrais faire de même. Ou peut-être te prendre un jour de congé, parce que tu n'as pas l'air dans ton assiette aujourd'hui.
Il enfile une chemise d'un blanc immaculé sur un pantalon à pince bleu marine. Clarke semble fasciné par le style vestimentaire du jeune homme. Boutons de manchettes, chaussures de ville, et même la cravate. Rien ne manque. Il est le parfait spécimen de tout ce qu'elle n'aime PAS chez un homme. Une sorte de golden boy ou quelque chose du genre. A tous les coups, un attaché case en simili cuir l'attend près de la porte d'entrée.
Il termine de se préparer en passant rapidement ses doigts dans ses cheveux encore humide, pour se coiffer. Incapable d'ajouter quoi que ce soit, et plutôt contente que cet inconnu sorte de la chambre, Clarke le laisse quitter la pièce sans dire un mot. Encore trop choquée, son cerveau tourne à cent à l'heure pour tenter de comprendre ce qui lui arrive.
C'est un rêve. C'est forcément un rêve. Voilà ce que se dit Clarke, en proie à la panique la plus totale. Une fois l'homme parti, elle promène son regard dans la chambre, cherchant quelque chose de familier à quoi se raccrocher.
La vue depuis la baie vitrée ne lui rappelle rien de la ville dans laquelle elle vit. Les buildings s'étendent à perte de vue, et l'appartement où elle se trouve doit se trouver à vue de nez au moins au dixième étages. Mais elle n'a pas l'habitude des bâtiments aussi hauts et ne prend pas le temps de compter.
La décoration est plutôt épurée. Son regard s'attarde sur le seul objet personnel présent dans la pièce, un cadre contenant une photo. Elle se reconnait immédiatement sur l'image, et après s'être emparée de l'objet qui reposait sur la table de nuit, elle reconnait également l'homme qui vient de sortir.
De plus en plus confuse, elle cherche du regard ses affaires. Si elle a passé la nuit chez cet homme (que visiblement elle connait, ou a connu), elle n'y est pas venue en nuisette. Elle a forcément des vêtements quelque part. Logiquement, s'ils ne sont pas dans la chambre, elle les trouvera peut-être dans la salle de bain.
La pièce d'eau est sombre, aucune fenêtre n'apportant de lumière extérieure. Une grande douche à l'italienne occupe la quasi-totalité de l'espace. Sur le lavabo, elle s'attend à trouver des affaires de toilette masculine, mais il semblerait que le maquillage côtoie les lames de rasoir et l'aftershave. Deux brosses à dents sont posées dans le verre à côté du robinet également. Le golden boy ne vit pas seul.
En fouillant le minuscule placard entre la douche et le miroir, elle découvre des affaires féminines. Dont une petite bouteille de parfum Armani, le même qu'elle porte depuis le lycée. Elle ressort en trombe de la petite pièce, où flotte encore l'humidité de la douche prise par l'occupant précédent, et ouvre avec frénésie les tiroirs de la commode, ainsi que tous les placards qu'elle trouve.
Si tout ne lui est pas familier, elle reconnait sans peine quelques paires de chaussures, des robes et autres vêtements qui devraient, en toute logique, être dans sa garde-robe, chez elle.
Chez elle.
Sans réfléchir, elle franchit enfin la porte de la chambre, pour se retrouver dans le salon. La baie vitrée se prolonge ici aussi sur tout un pan de mur, apportant autant de lumière que dans l'autre pièce. La pièce se décompose en trois espaces, salon, salle à manger, et cuisine ouverte. Elle hoquète quand son regard tombe de nouveau sur l'homme, qui range une tasse dans le lave-vaisselle, de l'autre côté de la pièce.
- Clarke, sans blague, tu vas être en retard. Ta mère risque de piquer une crise tu le sais. Dit-il en fronçant les sourcils.
De toute évidence, il détecte quelque chose d'anormal dans le comportement de la jeune blonde. Il fait quelques pas dans sa direction, et adouci son ton.
- Y'a quelque chose qui ne vas pas ? Tu stresses c'est ça ?
Stresser n'est pas un mot assez fort pour commencer à décrire l'état émotionnel de Clarke à cet instant. Mais elle ne connait pas cet homme. Elle ne sait pas si elle peut ou doit lui faire confiance. Tout cela est bien trop étrange, et avant de pouvoir y voir un peu plus clair, elle refuse de laisser trop paraitre son trouble. Cet affolement permanent dont elle fait preuve depuis son réveil est déjà largement suffisant pour alarmer n'importe qui. Elle s'oblige à se calmer un peu avant de répondre.
- Stresser ? Heu...j'ai une raison de stresser ?
Devant la réponse un peu plus posée de Clarke, le jeune homme se sent rassuré, et souri gentiment. « Il a un joli sourire », pense Clarke. Il lui prend les mains, et se penche pour l'embrasser sur le front de façon protectrice. Le corps de la blonde se tend devant ce geste bien trop intime, mais elle se force à ne pas bouger d'un pouce.
- Mis à part le mariage ? Non, rien. Et même ça, tu n'as pas de raison de stresser. Vraiment. Tout se passera bien Clarke.
Le cœur battant à tout rompre, les yeux écarquillés d'horreur, Clarke regarde le garçon s'éloigner, mettre sa veste et attraper son attaché case. Il se retourne juste un instant avant d'ouvrir la porte de l'appartement.
Il semble sur le point d'ajouter quelque chose, mais secoue la tête en soupirant avant de franchir la porte qu'il claque derrière lui.
Clarke fixe l'endroit où l'étranger, qui semble croire qu'il est son fiancé, a disparu. Ou qui tente de lui faire croire à elle ? Est-ce que ça pourrait être une de ces émissions télé débiles qui piège les gens ?
L'investigation qu'elle a amorcée dans la chambre continue dans le salon. Les tiroirs s'ouvrent, laissant apparaitre des contenus d'une banalité incroyable. Aucune chance pour que ce soit une supercherie. Elle arrache les photos des murs, des photos d'elle, et de lui, et de leurs amis. Aucun visage connu sur ces photos. Elle les regarde, encore et encore, fouillant dans sa mémoire afin de trouver le début d'un souvenir, mais rien. Bientôt, il lui faut se rendre à l'évidence, ils vivent ensemble. Bon dieu, il semblerait même qu'ils soient sur le point de se marier.
Sur la table basse, une pile de journaux mêlés à du courrier s'étale. Elle s'installe sur l'immense canapé bleu marine qui fait face au mur de la chambre. Saisissant au hasard une grosse enveloppe, elle lit l'adresse du destinataire. Elle est adressée à un certain Finn Collins. A priori, elle vient de découvrir le nom de l'inconnu. Un nom qui ne lui évoque absolument rien.
Mais quelque chose d'autre l'interpelle. Tout en bas de l'adresse, juste après le code postal, elle découvre enfin, pourquoi les buildings qu'elle voit à travers les baies vitrées ne lui sont pas familiers. Paris. Elle est à Paris. Soit à plus de cinq cents kilomètre de là où elle est sensé se trouver. Son cerveau n'arrive plus à mettre les pièces bout à bout.
Soudain, elle n'a plus qu'une seule idée en tête. Son téléphone. Il est forcément par ici, quelque part. Elle fouille de nouveau le salon, avec un nouvel objectif, mais ne trouve rien. Elle retourne dans la chambre, renverse la table de nuit, et fini par le trouver derrière l'oreiller. Enfin, elle finit par trouver UN téléphone. Ce n'est pas le sien. Décidemment, tout ceci est trop étrange. Elle appuie sur le bouton et l'écran d'accueil s'allume, laissant apparaitre une photo d'elle et Finn, en train de s'embrasser. Elle grimace, en repensant à la photo qui est sensé se trouver à cette place, en temps normal. Son cœur se serre à cette pensée. Il faut qu'elle la voit, elle sait que si elle la trouve, tout reviendra se mettre à sa place, tout s'expliquera, c'est forcé.
Elle déverrouille le téléphone machinalement, et s'inquiète un instant que le code ne soit pas « son » code, vu que sa vie ne semble pas être « sa vie » ce matin. Par miracle, ça fonctionne du premier coup. 2410, sa date de naissance, ce n'est pas très original mais elle est vraiment mauvaise avec les chiffre.
Sans prendre le temps de chercher dans les contacts, elle compose le numéro qu'elle connait par cœur, malgré sa mauvaise mémoire. Le seul qu'elle connaisse. Qui est imprimé dans son cerveau pour toujours. Une sonnerie. Deux sonneries. Jamais le temps entre deux tonalités ne lui avait semblé aussi long qu'en cet instant. La troisième ne vint jamais. Le soulagement quand elle réalise que quelqu'un a décroché est de courte durée. Juste le temps que la personne à l'autre bout du fils ne dise un mot.
- Allo ?
Ce n'est pas elle.
Penser, vite. Il y a un million de raison pour que quelqu'un ne réponde pas à son propre téléphone.
- Allo ? Heu...est-ce que Lexa est là ?
Un bruit de draps que l'on repousse se fait entendre. A bien y réfléchir, la voix de la jeune femme au bout du fil semble encore un peu endormie.
- Heu, oui. Enfin elle est sous la douche. Je peux prendre un message ?
Blanche comme un linge, Clarke souffle un « non » quasiment inaudible avant de faire glisser son doigt sur l'écran pour couper la communication.
Une chose est maintenant certaine, la douleur est bien trop réelle pour que ce soit un rêve. Ou même un cauchemar.
