Enivré de son parfum élégamment appliqué,

Le regard envoûté par ses iris cendrés,

Les joues rossisantes dû à ses lèvres saisissantes,

Le cavalier, de sa main, ne cessait de tournoyer radieusement sa bien-aimée. Une main appuyée contre le soyeux tissu recouvrant ses hanches, l'autre empoignant ses doigts fraîchement vernis d'un noir aussi brillant que les éclaircies célestes de cette nuit percutante, le mélodieux rire féminin le rythmait davantage que la douce musique qui régnait en cette fin de soirée estivale.

Les cocktails fraîchement dégustés en fin d'après-midi ainsi que les gaufres gourmandes vinrent appaiser leurs coeurs alléchés. Ces légers moments de quiétude avaient eu le mérite de les ressourcer dans cette paisibleatmosphère et de leur faire savourer l'instant présent.

Ils avaient pris plus tôt dans la journée, quand le soleil était encore à son apogée, un pannel de clichés reflétant leur humeur légère, et l'objectif de leur appareil photographique leur avait permi de capturer ces intervalles qui s'étaient déjà envolées. Les secondes s'étaient défilées, les amenant à la fête actuelle, où les mouvements ne cessaient de suivre le tempo de la mélodie présentement jouée.

Quand leurs souffles s'essoufflèrent dans l'élan de leur nombreuses danses, que leur pieds réclamèrent la trêve, que leurs gorges leur intimèrent de se désaltérer, seul leur regard amoureux leur insuffla de continuer.Alors, laissant leurs corps les entraîner dans diverses rondes, il laissèrent leur spontanéité guider leurs pas, leurs bustes se tenir bien droit, et garder en visière l'expression radieuse que leur partenaire affichait.

Après avoir valser encore durant quelques morceaux, désireux d'un moment loin de la foule, ils saluèrent les autres convives, et décidèrent de migrer en direction d'une autre place.

Ils s'immiscèrent alors dans une ruelle atypique, et se faufilèrent dans un chemin dont le sentier était bien plus pourvu de buissons que d'espace libre pour s'y glisser. Les sandalettes et souliers épousèrent le sol poussièreux, et leurs mains jointes leurs donna un élan d'entrain pour s'extraire de ce sinueux accès.

Puis, le passage s'élargit, donnant lieu à une place entourée de ruines. Ils s'installèrent sur une roche, surplombant le village dans lequel ils avaient fait une légère escapade de leur programme initialement prévu pendant leurs vacances. La jeune femme se fraya une place entre les jambes de son conjoint, laissant sa tête se reposer contre son torse. Ses cheveux, initialement bien tirés, avaient désormais quelques épis de sortis, qui arracha un sourire attendrit au jeune homme. De ses doigts, il retira l'élastique, et laissa ses doigts vagabonder entre les mèches ébènes de la fille. Puis, ses lèvres se posèrent à la base de sa nuque, et s'étirèrent en un large sourire sincère. Il enveloppa ses bras jusqu'ici ballants autour d'elle, la voulant encore plus proche de lui.

- Merci, Momo.

Cette dernière essaya de jeter un regard en arrière, mais impossible d'apercevoir le visage masculin toujours niché derrière elle. Elle aurait pu tourner la tête, mais elle n'avait aucunement envie de rompre le contact. Alors, imaginant non sans mal l'expression qu'il affichait, tendrement, elle laissa un rire se faufiler à travers les airs.

- Shoto, pas besoin de me remercier. Ces vacances, j'en avais autant besoin que toi. Alors même si je les ai planifiées, elle sont tout autant à moi.

Elle sentit la tête de Shoto bouger horizontalement. Un geste tendre ? Une contradiction ?

- Merci d'être à mes côtés.

Momo prit la large main posée sur son ventre dans les siennes, puis elle se décala sur le côté, en s'allongeant pour faire face aux étoiles qui clairsemaient le ciel nocturne. Elle sentit qu'il en fit de même, et tout deux, dans ce calme revigorant, essayèrent d'entrapercevoir les différentes constellations qu'ils connaissaient. Ils laissèrent leur odorat s'imprégner des notes boisées des cèdres et, parfois, redirigeaient leurs visages en direction de l'autre, les effluves musquées et florales de leurs parfums respectifs titillant leurs narines.

La sérénité ambiante les enveloppa, et tel un drap les recouvrant, annonciateur du beau temps les surplombant, l'idée d'une couverture vint vite s'immiscer dans leur souhait le plus proche.

Car, malgré les chaudes journées de la saison ensoleillée, le froid de la nuit vint les rattraper, en dépit de leur étreinte continuelle.

Peu enclin à se mouvoir, ils optèrent en premier lieu par se frictionner les bras, mais la basse température vint à nouveau rapidement contrecarrer leurs diverses attentes.

Alors, malgré la fainéantise les traversant, tous deux se levèrent. Le garçon défroissa machinalement sa chemise, et se mit à rechercher des branches aux alentours afin de les rassembler. La fille tapa sur ses genoux, intimant un nouveau rythme, brisant le silence agréable que leurs lèvres scellées avaient instauré. Le garçon s'essaya à donner vie au feu, soufflant doucement sur les brises qui faisaient crépiter la matière première.

Une fois que les vastes flammes vinrent les revigorer, leurs ombres se reflétèrent contre les parois rocheuses qui les isolaient du reste de la population. Et même si elles n'avaient pas été là, leurs regards accrochés, hypnotisés, regardant de temps à autre leurs lèvres mordillées, les auraient durant de longues minutes mis en marge de la société. Donnant l'illusion du clair-obscur, leurs ombres chinoises, grandissantes, accentuèrent leur présence en ne cessant de s'étirer. Les silhouettes se faisaient face, puis avec douceur mais néanmoins ardeur, se rejoignirent. Les chevelures bien peignées s'emmêlèrent, leurs gestes se pressèrent, et le feu quant à lui, continua de crépiter de plus belle.

Et si jamais il décidait de s'éteindre sans continuité, il y avait bien assez de bois à proximité pour le faire perdurer encore quelque peu dans cette vaste opacité étoilée.