Chapitre 141 : Bout de chemin avec le tueur

Je me glisse jusqu'au siège du haut 4X4, sous le regard amusé de B.

Il est vêtu plutôt décontracté : converses montantes, jeans stone, chemise ouverte au col et blazer.

La cérémonie se déroule en plein air, au bord d'un lac. C'est la seule info lâchée par B.

"Je dois jouer quel rôle ?... Celle de la cousine psy ?"

"Hahaha ! T'as pas besoin de beaucoup te forcer pour ça."

Je lui adresse un regard noir.

"Fais pas cette tête, Girl !..." amusé, glissant une main jusqu'à ma cuisse.

A un arrêt au feu, il bascule la tête, regard me fixant, sourire en coin.

"T'es moche quand tu tires la tronche, Girl."

"Ta gueule, B."

"J'te laisse carte blanche pour le rôle que tu veux jouer, Girl. Ça va, comme ça ?"

"Tss." tournant la tête dans la direction opposée, bras croisés.


Il se gare rapidement sur une aire d'autoroute.

Je ne décrispe pas.

"Bon, Girl, t'as décidé de me pourrir ?"

"Quel bon observateur !..." narquoise.

"Je t'ai pas embarquée pour que tu tires une gueule de six pieds."

"Je m'en doute, ça ferait pas sérieux comme potiche."

"Oh putain, Girl, ne commence pas ton manège, merde ! Et regarde moi quand je te cause, bordel !"

"Sinon quoi ? Tu vas m'arracher la tête ? Une potiche décapitée, y'a mieux..."

Je sens ses prunelles qui m'éviscèrent.

"Putain si j'tenais pas tant à toi, Girl, je t'aurai déjà mise en pièces ! Tu fais chier ! Royalement, j'veux dire, merde !"

Je me retourne lentement. "Tu... tiens à moi ?..."

Il roule des yeux avant de les planter dans mon regard.

"Fais pas genre tu tombes des nues, Girl. Putain, une autre chieuse dans ton genre je l'aurai déjà désossée !..."

Je peux pas dire que j'exulte mais... ah oui, quand même !...

"Alors maintenant tu te reprends fissa." remettant le contact.

J'ai le sourire durant tout le restant du trajet.


Nous débarquons.

"Mon pote Brian !..." lui lance un collègue, beau gosse, ressemblant un peu à un membre de la famille royale anglaise.

"Hey, Sam."

"Ooooh ! Mais dis donc !... Cachottier !..." m'envisageant.

"Bah ouais. J'raconte pas tout de ma vie dans le cockpit." attrapant ma main avec un tact peu courant chez lui.

"Et comment s'appelle ton amie ?..."

"Rachel." souriante.

"Rachel. C'est adorable."

"Oui alors regarde sur Dorothea au lieu de faire du gringue." lui lance B. sur un ton doux.

"Dorothea est occupée avec John. Tu sais bien que ces deux-là font la paire !..."


"Je vois que le buffet t'inspire plus que la cérémonie, Girl." se postant à côté de moi.

"Il faut dire... leurs conneries sur la fidélité et tout le tintouin..." me gavant de canapés. "Moi ça me crève les tympans !..."

"Je t'imagine assez mal prêter ce genre de serment, ouais." se servant, mangeant avec distinction.

"Je te retourne le compliment. T'es infoutu de convoler, B."

"Ah mais attends, j'ai jamais prétendu le vouloir, Girl."

"Oh mais la discussion semble animée !..." se fixant entre nous, main dans chaque dos.

"Tu ne tiens déjà plus debout, Ron ?..." constate B., amusé. "Heureusement que tu sais te tenir avant un vol."

"Ah mais l'occasion s'y prête !... Puis moi, tu sais, les commandes du cockpit, je les pratique les yeux fermés."

"Mais quel vantard !..."

"Tu préfères avoir Baby Face dans ton sillage, Brian ? Hein ? Sérieux ? Il court plus après les hôtesses en cabine qu'il n'œuvre dans le cockpit."

"Baby Face ?..."

"Billy the Kid."

"Je préfère voler avec Dick. On se raconte des vannes terribles durant le vol. On s'emmerde jamais." annonce B. "Parfois je me dis qu'on se marre tellement qu'on doit nous entendre jusqu'à l'autre bout de la cabine !..."

"Tu sais que ça emmerde vachement Yasmina ? Elle a demandé de ne plus être sur vos vols."

"Mais qu'elle aille se pendre !..." se marre B.


Alors que je m'attarde devant les boissons, deux mains douces viennent saisir lentement mes cheveux pour les attacher dans ma nuque.

"A la Wammy's, je jouais à la poupée avec toi, Girl. Tu te rappelles ?..."

"Je te haïssais à la Wammy's, B."

"Et maintenant, Girl ?"

Je clos les paupières. "Un peu moins." sur un souffle.

"Je marque des points alors, Girl ?..."

"Tu restes une immonde pourriture, B."

"De laquelle tu t'accommodes plutôt bien, hein, Girl ?" soufflé dans mon cou, en guise de représailles.

"Arrête de... me toucher les cheveux."

"J'interprète par 'continue', Girl."

Ses mains finissent par libérer mes cheveux pour caresser mes épaules dégagées.

"Ah la la... Girl... Girl..."

L'appel me vrille littéralement les reins !...

"Shut the fuck up, B."

Il glisse ses paumes jusqu'à mon ventre dans lequel il a parfaitement conscience d'avoir jeté la confusion et le chaos.

"Can I do something for you, Girl ?..." soufflé à mon oreille.

Je me défais de l'emprise et me tourne vers l'assemblée, me décalant sur le côté. "Y'en a une qui te plaît, dans le tas ?..."

"La plupart sont des collègues donc pas touche." fourrant ses mains dans les poches de son jeans.

"Hormis tes collègues ?"

Il se retourne à son tour, posté à côté de moi, regard de demi-dieu parcourant l'assemblée, souriant lorsqu'une date de mort proche s'affiche sur le haut de quelques têtes.

"La rousse au fond, à droite. La blonde qui discute avec Dick." laconique. "Satisfaite, Girl ?"

"Va les draguer."

Il pouffe. "Tu veux rire, là, Girl ?"

"Je veux te voir à l'œuvre, allez." indiquant les filles du menton.

"Crève." murmuré chaudement à mon oreille. "Y'en a qu'une que j'ai envie de défoncer à coups efficaces de bite ici, Girl, et c'est toi."

Ma raison vacille. "Arrête ou..."

"... ou quoi, hein, Girl, dis moi ?..."

"Espèce de salopard." pour seule défense.

B. ricane. "Tu faiblis, Girl."

"Pourquoi t'as... jeté ton dévolu sur moi à la Wammy's, B. ?... hein ?... Pourquoi ?"

"Oh la !... T'inverses un peu les rôles, il me semble, Girl. C'est toi qui me baisais sans arrêt du regard, j'te rappelle. Moi, j'demandais pas mieux que de poursuivre tranquillement ma relation avec A."

"T'as pas longuement rechigné avant de venir me trouver dans mon pieu, enfoiré de mes deux."

"True, Girl, true. Mais comment résister à l'appel de ton p'tit cul ?"

"J'aurai pu rêver mieux pour une première fois."

Il pouffe. "T'avais pourtant pas l'air de vraiment t'en plaindre, Girl."

"Je deviens sans doute exigeante avec l'âge, connard."

"Tu fais preuve d'une de ces mauvaises fois, Girl, sérieux. Si j'te dégoûtais tant que ça, tu traînerais pas sans arrêt dans mes pattes. Hein, Girl ? Sois honnête pour une fois."

Je ne peux que grimacer tant cette vérité me frappe.

"Tu m'as appelée, je te signale, enfoiré."

"T'étais pas obligée d'accourir, Girl." glissant une mèche de cheveux derrière mon oreille.

Je sais pertinemment ce que cache le bracelet de force qu'il porte au poignet droit : les initiales du tueur. B.B. Beyond Birthday. alias Brian Boyd.

Je sais que seules ses victimes sont destinées à voir ce tatoo que camoufle le cuir du bracelet.

L'avant-bras gauche, quant à lui, est orné par ce tatouage tribal.

Je me révulse et me régale à la fois, avec une perversion gloutonne, de ce qu'il est.


Il est près de six heures du matin lorsque nous rentrons.

Ce fut très instructif de voir B. se comporter en public. Il s'est d'abord fendu d'un discours applaudi par lequel il est passé du ton solennel à un registre comique, foisonnant de private jokes entre pilotes, assaisonné de parallèles évidents avec le pilotage et le vol. B. a toujours été un grand maître de cérémonie. Il est un grand fan de la mise en scène, même pour ses crimes odieux.

J'ai ri parce qu'à peine il se levait, des filles venaient l'assaillir. Ce sont surtout son sourire en coin ainsi que la lueur évidente dans ses yeux camouflés qui m'ont fait glousser ; cette lueur qui certifie : "I don't give a shit of your interest, little bitches."


Nous venons de nous tirer du sommeil vers treize heures.

"J'ai pas de billet retour." lui dis-je.

"Tu déconnes là, Girl."

Le ton de la voix n'est pas spécialement empreint de mécontentement - ou alors il est trop décalqué pour le manifester.

Je me tourne sur le ventre pour le regarder, harassé dans cet oreiller.

L'accord est tacite. "OK. Tu restes mais tu fais pas chier, Girl."

Je bascule sur lui sans préavis. Il monte derechef les mains sur ma taille, m'envisageant d'un sourire carnassier.

"Appétit matinal ?..."

"Pour un enfoiré, ouais."

Sourire carnassier avant de me basculer sur le côté, s'asseyant en bord de lit.

Je cligne.

Il attrape la bouteille d'eau posée aux pieds de son chevet et boit à grandes gorgées.

"Bon, t'as terminé ?..."

Il essuie sa bouche du revers puis se lève.

Je jure.

"Oh, tu permets encore que j'aille pisser, Girl ? J'ai horreur de baiser la vessie pleine. Même si ça peut avoir un certain charme."

Je couvre ma bouche, prise en faute.

Petit sourire avant de disparaître.

Plus tard, j'entends des bruits de vaisselle dans la cuisine ouverte.

Je jure à nouveau, le rejoignant. "Putain, à quoi tu joues ?!"

Il est attablé devant un bol de céréales et s'y découpe des morceaux de fraises fraîches.

"Tu sais pourquoi j'ai aménagé ici, Girl ?... Parce qu'on y trouve des fraises en toute saison."

La chaîne crache Faded d'Alan Walker "The monsters running wild inside of me."

Je fixe mon œil sur B. qui est le véritable monstre dans cette pièce. Un monstre élevé à la fraise. Un bâtard d'enfoiré qui refuse de me baiser au lever.

"Je devrai prendre ce qui me revient." m'installant en face de lui, sur le tabouret de bar.

"Tu penses pouvoir se faire soulever ma bite sans mon accord ? Hahahaha ! Girl !... T'es une petite comique."

"So lost."

"T'as pris ton pied quand t'as trucidé Sandy, B. ?..."

"A ton avis, Girl ?..."

Son regard rougeoyant vient de laisser passer un arc pervers.

Je quitte mon tabouret de bar et m'installe à proximité de lui. Il pivote, bol tenu d'une main tandis qu'il mange à la cuillère, se régalant de fraises, jambes ouvertes.

Je glisse mon pied nu entre ses cuisses, flattant là du bout des orteils.

Il esquisse un sourire terrible.

"Wanna see us alive..."

Ces joutes ne semblent pas le rebuter.

"I'm letting go a deeper dive."

Je monte davantage et il me fixe de son regard vairon, savourant tout ; du goût prononcé des fraises au lait, des céréales et des sensations que je fais monter plus bas.

Sous mes attentions, ça enfle, ça gonfle en se raidissant de bonheur.

Petit sourire de B., ventre se creusant à mesure que les sensations affluent.

Il soulève un instant le menton.

"God... you're so different from the model..." faisant une nouvelle fois référence au fossé qui sépare B. de L.

Dire qu'il était le plus prometteur pour prendre sa succession...

La tête me tourne ; de faim et de délit, tout à la fois.

"Did you feel us ?..."

Voilà... il est haut et le relief en est délicieux. Je m'en étranglerai presque de délice.

Il pose son bol vide et se nettoie la bouche d'un revers de main.

Son regard vient de se parer de ce trouble sexuel, animal au possible.

Il repousse mon pied et descend du tabouret.

Ce que je vais me prendre !...

Il m'attrape par la main pour me jeter sur le canapé voisin, haut du corps sur l'assise.

Il se place à genoux derrière moi, faisant glisser en bas, des deux mains, ce que je porte.

Il se débarrasse de ce qui l'entrave et se guide, tenu par la base, glissant avec un rauque presque grogné dans la moiteur qui me tapisse.

J'étouffe de délice lorsqu'il progresse jusqu'à buter.

"Petite... pute !..."

Il récupère mes poignets pour les emprisonner et bouge, lové sur moi, m'adressant des insanités à l'oreille qu'il lèche par intermittence.

La dernière chose qu'il lâche avant de perdre tout contrôle, c'est à quel point je suis bonne.

Il palpite au fond et se livre, généreux comme s'il n'avait plus baisé depuis des mois.


"Tu sors ?" le voyant attraper sa veste.

"Hey, qu'est-ce que je t'ai dit, Girl ? Tu restes mais tu fais pas chier, chacun sa vie sauf pour baiser - et encore !..."

Je ronchonne dans mon coin, à l'en faire sourire.

Une fois la porte fermée, j'entends le véhicule qui démarre.


Il ne revient que tard dans la soirée, semblant avoir du mal à manier son épaule gauche... en effet, j'y devine un pansement.

"Tu t'es battu ?"

Il se marre. "Tu me crois en cour de récré, Girl ?"

"Ah oui, c'est vrai... toi tu ne te bats pas. Tu tues."

Il lève l'index. "Merci d'apprécier la nuance."

"T'as besoin de soins ?" indiquant son épaule.

Il bascule contre le dossier du canapé, me fixant avec un certain amusement. "Occupe toi de tes fesses, Girl."

Je renifle, habituée à ses piques.

"Alors ? Comment tu trouves notre semaine de... cohabitation ?"

Il se cale dans l'angle du canapé, relevant la jambe contre moi. "Pas dégueu. Toi ?"

"Pas mal."

Nous nous sourions.

"Tu l'aurais cru, toi, depuis nos débuts à la Wammy's ?..."

"Nope. T'es devenue vachement plus dégourdie qu'à l'époque, Girl."

Je me penche en avant, le cherchant du regard. "Tu veux dire que je manie le sexe comme personne ?..."

Il adopte la même attitude. "Je veux dire que t'es à bonne école." plissant les yeux pour me défier.

Je glisse ma jambe entre les siennes.

Il me laisse atteindre le renflement, exhalant un soupir au contact.

La réponse ne se fait pas attendre.

"Dis-le, B."

Il me fixe de son regard vairon trouble.

"Dis-le."

"Wha ?..."

"... que je suis aussi douée des pieds que des mains..."

"Ooooh... t'es... putain de douée... ouais..." tête dodelinant de délice, réponse toujours plus vive contre ma plante de pied.

Il vient de poser les bras en croix, s'interdisant de les utiliser, histoire de faire durer le supplice.

"Tu mouilles, Girl ?..."

"A ton... avis... enfoiré ?..." voix trébuchante, entre deux déglutitions.

"Tu m'plais quand t'es comme ça... Girl..."

La voix est presque tendre... Se pourrait-il que... ? Je balaie l'option d'un mouvement de la tête.

"... ça veut dire que j'ai pas... perdu mon temps..." servi avec ce sourire carnassier.

"T'es en état de... baiser avec... ton épaule ?..."

"J'suis toujours en... état, Girl." ramenant un regard brumeux sur moi. "... au pire, c'est toi qui... te tapes le job."

"Va te... faire."

"Tu sais ce qui... me fais le plus... chier dans notre... petit trip là ?... C'est d'avoir constamment... ta putain de particularité... sous l'œil..." évoquant la date sans chiffres, bouclée par l'infini qui trône au-dessus de ma tête.

"Va falloir t'y... faire... enfoiré..."

"J'me la traîne depuis... la Wammy's... tu fais... chihaaaaaaaaah... Giiiirl..."

Je viens de l'avaler sans autre forme de procès, promenant des lèvres indécemment serrées autour du membre érigé qui en suinte de délice. La langue, elle, n'est pas non plus de reste et gâte à outrance.

"Gi... Giiiirl !... Haaaah... p'tite... puuute !..."


Il rentre, posant ses clés sur le meuble à l'entrée, détectant immédiatement mon absence.

Il retire ses chaussures et se laisse tomber dans le canapé, montant les jambes sur la table basse, allumant l'écran plat.


Quant à moi, je me glisse dans le cercueil en pur bois d'acajou d'un certain Undertaker.

Lors de mes absences, il regagne systématiquement le cercueil le plus étroit.

Je me coule littéralement dans son dos, main passant devant, le tirant d'un sommeil habité de rêves. Un petit soupir le quitte, allongeant son sourire.

"Hello, my Beauty..." soufflé à son oreille percée.

Il s'en tortille de délice.

"Sweetheart..."

Je respire l'odeur âcre et piquante qui couvre ses longues mèches argentées.

"My living god..."

Ma main caresse sagement sur le devant, ce qu'elle est capable d'atteindre.

Il finit par se retourner dans un mouvement gracieux, me faisant face, frange lui couvrant, en partie, les yeux.

Je caresse son visage tandis qu'il sourit, cherchant le baiser l'instant d'après et qu'il m'accorde à délice.

Nul besoin que j'exprime l'endroit d'où je viens et de quel salopard je suis remplie...

Il ne m'adressera aucun reproche.

Il sait que je suis ainsi faite.

"Uny..." l'embrassant avec ferveur.

Il en défaille de bonheur, secoué de délice.

Nos lèvres se saluent, se cajolant avec la sagesse d'une relation mâture.

Je me blottis contre lui.

"My Lady..." soufflé.

J'ai besoin de m'enivrer de l'odeur de lilas artificiel qui règne là.

Nous nous embrassons par intermittence, nous retrouvant avec délice.

La journée commence bien.


Plus tard, nous nous levons, petit déjeuner dans le cercle intime de l'arrière boutique.

Il me dit qu'il a une grosse journée qui l'attend - je le note de moi-même vu la quantité de nourriture qu'il avale, lui qui ,d'ordinaire, a un appétit de moineau.

Je me propose de lui prêter main forte pour l'administratif - il a horreur de la paperasse !...

Il tapote ses mains avec délice, large sourire fixé sur cette partie visible de son visage.

Proposition acceptée.


En fin d'après-midi, nous nous rendons dans une boutique dans laquelle il me gâte de cette magnifique culotte montante en dentelle fine et laçage.