Disclaimer : MFB ne m'appartient pas.

Cet OS est la suite de Et vos projets d'avenir ? mais il peut être lu indépendamment.


Il est riche ?!


- Je n'arrive pas à croire que Kyouya soit riche... soupira Madoka.

Ginga adressa un regard gêné à son amie. Elle semblait incapable de s'en remettre. Cela faisait près de trois heures que Kyouya leur avait expliqué qu'il hériterait de l'entreprise de sa famille : la TC. C'était une corporation d'envergure, apparemment. Ginga ne connaissait pas grand chose en entreprises mais ce nom lui avait été vaguement familier – même s'il avait été incapable de le remettre ou de le connecter à son rival. Par contre, son rival avait été atterré de constater qu'aucun d'entre eux – à part Benkei – n'était au courant.

- Pourquoi ça te semble si évident ? avait demandé Kenta.

- Tategami Corporation. Tategami n'est pas un nom de famille répandu.

Kenta tapota le bras de Madoka dans un geste de réconfort.

- Remets-toi.

La jeune fille les regarda alternativement, avec une expression si confuse qu'elle semblait presque désespérée.

- Comment vous faites pour le prendre aussi bien ?

Ginga se passa une main sur la nuque.

- Eh bien... C'était plutôt évident.

- É-Évident ? eépéta Madoka.

Il opina. Son amie le dévisagea avec des yeux ronds.

- Mais... une personne riche, c'est comme Julian, tu vois ? Pas comme Kyouya.

- Il a pas dit qu'il était multimilliardaires non plus.

- Mais... mais...

Madoka les regarda l'un après l'autre. Ses sourcils se froncèrent et elle croisa les bras.

- D'accord. Dites-moi pourquoi c'est évident.

- Déjà, c'est vrai que tu n'étais pas avec nous quand on l'a rencontré, mais il s'est présenté très fièrement, commença Kenta. Quand il a donné son nom complet... C'était très... comment dire...

L'enfant tenta d'afficher une mine hautaine. Il parvint seulement à sourire de manière quelque peu crispée et de fermer ses yeux à demi. Ginga s'éclaircit la gorge, étouffant au mieux son rire devant ce résultat peu concluant.

- "Je suis Kyouya Tategami," dit Kenta en prenant soin de détacher chaque syllabe du nom.

Madoka le dévisagea, confuse. Ginga dissimula son rire sous une toux. Kenta ouvrit de grands yeux, les regarda l'un après l'autre, puis sourit avec gêne.

- Enfin, voilà quoi.

- Ce que Kenta veut dire, c'est que Kyouya nous a donné son nom comme si nous étions censé le connaître, traduisit Ginga.

- C'est ça ! s'exclama l'enfant, soulagé. Il l'a dit comme s'il en était très fier en plus.

L'enfant pencha la tête sur le côté.

- D'ailleurs, vous avez remarqué ? À chaque fois que Kyouya se présente, il donne son nom complet. Même quand il rappelle à Yuu et Tithi de ne pas... enfin, vous savez. (1)

Ginga sourit.

- Il est fier d'être un Tategami.

- Mais c'est de Kyouya dont on parle, fit valoir Madoka. Il passe son temps à être fier de lui et hautain.

- Kyouya est sûr de lui, confirma Ginga. Et il a de bonnes raisons de l'être. C'est un blader vraiment talentueux.

Madoka lui adressa un regard peu convaincu. Les épaules de Ginga s'affaissèrent. C'était vrai pourtant. Il s'apprêtait à défendre son point de vue quand Kenta reprit la parole.

- Et puis il a acheté tout un tas de trucs aux Face Hunters.

Les deux adolescents reportèrent leur attention sur Kenta.

- Sérieux ? fit Ginga.

- Benkei m'a un peu parlé des Face Hunters quand il en a été chassé. Apparemment, ils faisaient des fêtes d'anniversaire et c'est Kyouya qui payait tout. D'ailleurs, il leur avait aussi acheté des accessoires Beyblade. Vous n'avez jamais trouvé ça bizarre que tous leur porte-lanceurs aient un F ?

- J'y avais jamais fait attention, admit Ginga.

Pour lui, les Face Hunters avaient été trop faibles pour représenter un quelconque intérêt. Ils n'avaient même pas d'esprit de blader.

- Tu es en train de me dire que le gang qui terrorisait les bladers de Bey-City n'était qu'un jouet aux mains d'un gosse de riche ? résuma Madoka, estomaquée.

Sa tête se pencha d'un coup sur le côté.

- Quoique... ça explique pas mal de choses en fait...

Il y eut un silence.

- Enfin, ce n'est pas le plus flagrant ! reprit Ginga en souriant.

- Ah bon ? s'étonna Kenta.

- C'est quoi ? demanda Madoka.

- Le stadium venteux.

La seule réaction de ses amis fut des regards vides.

- Ça ne vous a jamais surpris un stadium construit dans un bâtiment privé qui n'appartient pas à l'AMBB ?

Madoka et Kenta échangèrent un regard.

- C'est vrai que ce n'est pas courant... murmura la jeune fille.

- Surtout que ce stadium a été spécialement construit pour avantager Leone.

La mâchoire de Madoka se décrocha. Kenta écarquilla des yeux éberlués.

- Je-j'y avais jamais fait attention, avoua la jeune fille, clairement estomaquée. À côté de combien d'autres indices je suis passée ?

- C'est une vraie question ?

- Évidemment !

Ginga porta une main à son menton et pencha la tête, se plongeant dans ses pensées. Il fouilla dans les souvenirs où son rival apparaissait, cherchant d'autres paroles ou actes qui indiquaient le statut de sa famille. Il ne put s'empêcher de sourire. Kyouya était à ses côtés depuis le début, comme Kenta, Madoka et Benkei. Ces quatre-là avaient changé sa vie en refusant de le laisser les repousser. Il n'aurait rien pu accomplir sans eux.

Il repensa à leur rencontre, à leur combat au stadium venteux, à leur duel après le Wolf Canyon, à la bataille de survie, à l'annonce de l'Ultime Bataille, à la qualification de Kyouya, au tournoi, aux sélections de l'équipe japonaise...

Ginga fronça les sourcils. Pas seulement parce que ce n'était pas un de ses souvenirs préférés mais, avec le recul, il comprenait mieux les paroles de son rival.

- Il savait pour les Championnats du Monde.

Kenta et Madoka reportèrent leur attention sur lui.

- Quand il a refusé de faire partie de l'équipe japonaise, il savait qu'il pourrait participer aux Championnats quand même, précisa Ginga, repensant aux paroles de Kyouya ce jour-là.

Un Championnat du Monde... avait reprit Kyouya avec lenteur, un sourire aux lèvres. Bien sûr que ça m'intéresse. Lorsque le monde entier aura les yeux rivés sur nous, tu seras vaincu une bonne fois pour toutes, et ce sera par moi, Kyouya.

- Il a eu le temps de faire des recherches et de trouver le Savannah.

Les yeux de Madoka s'arrondirent.

- Ça veut dire qu'il l'a appris plusieurs jours avant nous !

- Peut-être semaines, fit valoir Kenta. Vous vous souvenez qu'il est parti du jour au lendemain, pas longtemps après l'Ultime Bataille, sans nous prévenir ?

- C'est vrai... murmura Madoka, sous le choc. Autrement dit, il l'a su dès que l'AMBB a commencé à préparer le tournoi.

Pendant qu'avec un père directeur de l'AMBB, je ne l'ai appris qu'au tout dernier moment, en même temps que le reste du pays.

Ce que Ginga continuait de trouver injuste – même si ça l'était moins que de ne pas avoir été autorisé à combattre pendant les sélections.

- Son réseau d'information pourrait concurrencer celui du Temple de Beilin...

- Ça explique pourquoi il arrive toujours au bon moment, fit remarquer Kenta.

Madoka opina gravement.

- Je sais qu'on évite d'en parler mais... ça explique aussi pourquoi le Wolf Canyon l'a autant secoué, non ? demanda Kenta.

- J'avais pas vu ça comme ça, répondit Ginga, songeur.

La première traversée du Wolf Canyon avait été un véritable épreuve pour Kyouya. Ça avait été si dur, si traumatisant, qu'il y avait laissé son esprit de blader.

- Ça a dû jouer, mais ce n'est pas la seule raison.

Passer du jour au lendemain d'une situation confortable à un environnement où le moindre faux pas pouvait conduire à la mort avait de quoi secouer n'importe qui. Mais Ginga connaissait Kyouya mieux que personne, il connaissait sa force incroyable – autant sur le plan mental que physique – et il avait l'impression que ce n'était pas l'unique cause de son pétage de plomb.

- Ça explique aussi pourquoi il est aussi capricieux et théâtral, reprit Madoka d'un ton las.

- Kyouya n'est pas théâtral.

Madoka et Kenta lui adressèrent un regard dubitatif. Ginga se tendit. Ça voulait dire quoi, cette réaction ?

- Tu n'étais pas présent à tes propres duels ou quoi ? lui demanda la jeune fille. Parce qu'aux Championnats du Monde, il a passé son temps à te parler pendant son combat contre les Chandora.

- Et la note de défi attachée à une flèche...

- Pour venir en posant à la proue d'un bateau...

- C'était quand même quelque chose ! finirent-ils en chœur.

Ginga se gratta la tempe.

- Je ne vois vraiment pas ce qu'il y a de théâtral là-dedans.

Ses deux amis le dévisagèrent, atterrés, avant de soupirer.

- De toute façon, vous êtes le même genre de bladers, commenta Kenta.

Ginga sourit. C'était un sacré compliment – même si le ton et l'expression de Kenta indiquait que ce n'en était pas un.

- Pour en revenir à Kyouya, je n'arrive pas à croire que je n'avais rien remarqué... J'ai été aveugle sur ce coup-là.

- Ça n'a aucune importance.

Madoka leva la tête, surprise. Ginga lui adressa un clin d'œil.

- Kyouya est Kyouya. C'est tout ce qui compte, pas vrai ?

Même s'il venait d'une famille riche, même s'il hériterait d'une grande entreprise et travaillerait dans un bureau, ça ne changeait rien. Kyouya était Kyouya. Ce blader talentueux, à l'esprit passionné, qui était capable de faire des progrès fulgurants en un laps de temps très court, qui s'était élevé aux premiers rangs du Beyblade grâce à sa volonté. Cet adolescent, dur et égoïste sur les bords, sur qui Ginga pouvait compter aveuglément lorsque c'était important.

Par contre, c'est super de savoir qu'il tient autant à sa famille.

S'il ne les aimait pas, il ne voudrait rien avoir à faire avec cette entreprise et il ne serait pas aussi fier de son nom.

Et il n'aimerait pas autant Leone, pensa Ginga avec amusement.

Kakeru lui avait confié que c'étaient leurs parents qui le lui avaient donné alors qu'il n'était qu'un nourrisson.

Madoka le dévisagea un moment, pensive, puis lui sourit.

- Tu as raison. Il reste Kyouya. Je me prends la tête pour rien.

- Je te l'avais bien dit ! déclara Kenta.

- C'est vrai !


FIN


(1) En VO, à chaque fois que Kyouya dit son nom, il donne son nom complet. Dans les doublages, ils ont enlevé son nom de famille pour qu'il ne donne que son prénom.