Disclaimer : Kaamelott est l'oeuvre d'Alexandre Astier.
Résumé : Au détour d'un couloir, Leodagan consola Bohort.
Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : 31 octobre - Lionnel Astier + copc d'écrire un moment de complicité entre Bohort et Leodagan ? + Quatre aspects de sorciers et magiciens célèbres : Merlin : écrire sur un personnage de la légende arthurienne ou sur un conseiller + K – Kaamelott (Kaamelott - Alphabet)
Pères et pairs
- On peut savoir pourquoi vous chouinez dans votre coin ?
Bohort leva les yeux et croisa le visage sévère de Leodagan. Assis sur les marches d'un escalier de Kaamelott, le chevalier se pensait seul pour épancher sa peine. Il tenta de sécher rapidement ses larmes d'un revers de la main.
- Rien qui ne doive vous inquiéter, Seigneur Leodagan. Lui répondit-il
- Si je devais m'inquiéter à chaque fois que vous chialez, j'aurais pas fini. Bougonna le beau-père du roi. Mais là, même pour vous, c'est bizarre. C'est pas votre genre de vous cacher pour pleurer.
La remarque surprit le roi de Gaunes. Le souverain de la Carmélide marquait un point : d'ordinaire, il ne se dissimulait pas pour sangloter, jugeant qu'il n'y avait aucune honte pour un homme de montrer ses émotions. En fait, il était même convaincu que le fait que la gente masculine fusse si souvent contrainte à dissimuler ses sentiments, de peur d'être insulté de femme (et là encore, il ne voyait pas où était l'injure), que cela causait si souvent des problèmes pour s'exprimer, des ennuis de dépression, l'entretien d'idées bien noires. Alors oui, aller se terrer dans un coin désert de la forteresse pour libérer son cœur de son poids était contre nature pour lui et l'idée que son collègue de la Table Ronde le remarque lui faisait aussi plaisir qu'il se sentait coupable de lui causer une quelconque peur.
- Bon allez, accouchez, on n'a pas toute la journée non plus ! Maugréa l'aîné du duo
- C'est l'anniversaire de mon plus jeune fils aujourd'hui.
Le père de la reine sembla légèrement se radoucir et s'assit à ses côtés. Il avait toujours tendance à oublier que Bohort avait des enfants. Et pas juste un ou deux. Il en avait neuf. Le connaissant, il les aimait de tout son cœur, le leur montrait et il l'imaginait aisément à quatre pattes par terre à faire le cheval pour ses fils, à coiffer lui-même ses filles. Lui, il aimait Guenièvre et Yvain. Plus que tout au monde d'ailleurs. Il tuerait celui ou celle qui voudrait leur faire du mal. Et c'était parce qu'il les aimait qu'il les acceptait tout entier même s'il avait du mal à les comprendre. Qu'il avait du mal à leur dire aussi. On ne lui avait pas appris à le faire.
- C'est Elyan, je crois, votre petit dernier ?
- Je suis étonné que vous vous en souveniez.
- C'est pas parce que j'ai l'air d'en avoir rien à foutre que j'écoute pas et que je retiens pas, hein ! Et difficile d'oublier la fête qu'Arthur vous a laissé organiser en son honneur !
Bohort eut un léger sourire.
- Cela fait des années que je ne l'ai pas vu... Confessa-t-il douloureusement. Je l'ai quitté, il était haut comme trois pommes. Il a passé plus d'années sans qu'avec moi. Attention, servir le roi est un honneur ! C'est un privilège de siéger à ses côtés, de l'épauler dans la quête du Graal !
- Mais vous voudriez voir vos enfants grandir. Et qu'il vous voit comme un père en plus d'un géniteur et d'un roi.
- C'est sans doute ridicule, hein.
- Non. Non, je pense pas que ça le soit. Vous aimez vos marmots. Et croyez-le ou non, quand j'étais en campagne aux côtés de mon père, Guenièvre et Yvain me manquaient. Vous, c'est juste que vous le montrez plus facilement, c'est tout.
- Je ne répéterai à personne votre confidence.
- Bah, si vous le faites, je nierai, c'est tout. Sinon, pourquoi ne pas avoir demander à mon gendre une permission ? Il ne vous l'aurait pas refusée.
- Le Graal ne prend pas de vacances, Seigneur Leodagan.
- Vous seriez pas de famille avec Lancelot ? Parce que niveau intransigeance, là, ça commence à sentir comme lui.
Le jeune homme laissa couler l'ironie.
- Je vous remercie, Seigneur Leodagan. Vos paroles m'ont fait beaucoup de bien.
- N'en faites pas une habitude, je suis pas psy.
- Bohort. Déclara Arthur. Le Seigneur Leodagan m'a dit que c'était l'anniversaire de votre fils récemment.
Le chevalier haussa un sourcil.
- Vous auriez dû me le dire plus tôt, je vous aurais laissé partir pour aller fêter ça avec lui. Poursuivit le porteur d'Excalibur. Pour la peine, vous allez prendre des vacances et profiter avec vos enfants. Et je vous donnerai une bourse pour acheter des cadeaux aux petits. J'insiste.
Quand le regard de Bohort croisa celui de Leodagan, celui du père de la reine lui criait qu'il n'avait rien fait. Celui de son camarade lui hurlait sa reconnaissance.
FIN
