Me revoilà avec une nouvelle histoire, cette fois-ci centrée sur un natif de l'univers de One Piece de Monsieur Oda.
Le personnage principal est un OC, la ville dans laquelle il évolue n'existe pas dans le manga car elle est inspirée de Bloodstone de l'univers de Fable. Le contexte de l'histoire est beaucoup plus sombre que d'ordinaire car j'ai voulu mettre en avant la noirceur présente dans l'univers de One Piece. On oublie souvent que cet univers est jonché de guerres meurtrières, de familles déchirées et de villages très pauvres.
L'histoire débute vers la fin de l'An 1505, l'année de naissance de Luffy.
J'espère que cette nouvelle histoire vous plaira.
Coeur sur vous les lecteurs ! Et Bonne lecture !
Chapitre 01 - Appelez-moi Punk Hazard
Année 1505
Appelez-moi Punk Hazard. Je suis un petit garçon de 5 ans, bientôt 6 ans, qui aime la couleur rouge et qui collectionne les avis de recherche des plus beaux pirates.
Je m'appelle Punk Hazard, je suis le fils abandonné d'une prostituée, mais j'ai été élevé par les enfants des rues de Bloodstone*. Les enfants des rues m'ont recueilli alors que je n'étais qu'un tout petit bébé, ils m'ont trouvé devant la porte de l'orphelinat, remuant dans ma petite couverture. J'ai reçu mon prénom le jour de mes 3 ans, parce que avant cet âge la plupart des bébés abandonnés meurent d'une façon ou d'une autre. Bloodstone est une ville agréable comme l'Enfer.
La ville recouvre l'entièreté de l'île comme une plaie purulente. Chaque parcelle de terrain est recouverte par des constructions, souvent en bois gonflé par l'humidité. Le centre de la ville abrite les bâtiments les plus vitaux, les bordels, les tavernes, les auberges, et toutes les boutiques nécessaires à la vie quotidienne. Mais cette partie de la ville abrite surtout les quartiers généraux d'importants groupes criminels ou mafieux, on peut appeler ça des nuisibles. Ce sont ces puissants groupes qui font fonctionner la ville car ils ont à leur solde des navires de contrebande et de piraterie. Toutes les ressources de la ville sont importées depuis d'autres îles, ou arrachées par la force sur des navires. La mauvaise réputation de l'île et de sa population n'est plus à refaire, le monde entier connaît l'horrible existence de cet endroit où vivent les criminels en tous genres... Meurtriers, Cannibales, Pédophiles, Pirates, Voleurs, Violeurs et Esclavagistes... Le gouvernement mondial y jette ses scélérats depuis des dizaines de générations.
La population de cet enfer est composé de plusieurs grands groupes. Tout d'abord les prostituées qui comptent plusieurs centaines de membres. Les femmes sont elles-même les filles et les petites-filles de prostituées depuis des générations. On ne sort de ce métier que les pieds devant, en étant tuée sous les coups d'un client mécontent. Les enfants des prostituées sont marqués au fer-rouge sur le devant de leur hanche, un peu comme du bétail. Moi aussi, je porte la marque du fer sur ma peau, c'est un tampon rond avec une fleur de cerisier au centre. Mais les maisons closes ne s'occupent pas des bébés, elles les jettent à la rue aux enfants des rues. Lorsqu'une prostituée meurt, elle est rapidement remplacée... Comment ? Les maquereaux prennent une petite fille dans la rue, la plus jolie qu'ils trouvent... puis ils en font une pute, tout simplement. Quand on connaît la faim, la maladie et la souffrance... On ne crache pas sur un endroit ou être logé, nourrit et blanchit.
Le second grand groupe se compose des criminels actifs. Ce sont tout les criminels qui travaillent pour les gros bonnets de Bloodstone, ils pillent et tuent sur les autres îles et en mer. Je n'ai pas grand-chose à dire sur eux, ils sont effrayants. Lorsqu'ils rentrent sur l'île, ils dépensent leur argent dans les bordels et les tavernes. Et lorsqu'ils n'ont plus un sous en poche... Ils utilisent les enfants des rues pour se satisfaire. Ce n'est pas quelque chose d'inhabituel par ici, ça nous est tous déjà arrivé. La plupart du temps on a de la chance, ils nous laissent en vie lorsqu'ils en ont terminé.
Ensuite, il y a le reste de la population, ceux qui font fonctionner la ville dans sa globalité... et nous, les enfants des rues. Nous existons depuis des générations, nous recueillons les bébés abandonnés et nous faisons de notre mieux pour les sauver. C'est difficile de voir la mort en face tout les jours. Beaucoup de bébés meurent, au moins un ou deux par jour. Nous vivons dans les égouts et souterrains de la ville, nous y sommes à l'abri du climat. Notre base est grande, mais nos galeries sont étroites pour nous permettre d'échapper aux adultes mal intentionnés. Les plus adroits de leurs mains ont construit des murs et toutes sortes de choses pour rendre l'endroit plus vivable tout au long de l'année. Nous vivons comme une communauté, nous sommes tous frères et soeurs. Mais nous avons beaucoup de bouches à nourrir, chaque jour est un combat. Nous volons des denrées un peu partout dans la ville, et surtout dans le port. Mais lorsque l'hiver vient... nous devons parfois nous contenter des cadavres qui ont gelés dans la rue.
Je ne suis pas malheureux, j'ai de la chance de vivre, car tant que je suis en vie il y a de l'espoir. J'ai un rêve. Je rêve de rencontrer cet homme que j'admire chaque matin sur l'avis de recherche que j'ai trouvé. N'est-il pas le plus bel homme du monde ? Il a l'air si heureux, son sourire est immense sous son chapeau de paille. Ses cheveux d'un roux flamboyant comme les miens sont magnifiques. Sa prime est énorme, je n'ai jamais vu autant de chiffres de ma vie. J'ai entendu toutes sortes de choses sur lui de la part des pirates. Ils disent qu'il était membre de l'équipage du roi des pirates, Gold Roger. N'est-ce pas impressionnant ? Il a dû visiter tellement d'endroits merveilleux ! Comme j'aimerais partir d'ici.
- « Punk Hazard ! Tu rêvasses encore ?! » - crie une jeune fille en me frappant la tête.
- « Ça fait mal Dressrosa ! » - dis-je d'un ton plaintif en me tenant la tête.
- « Tu devrais être plus attentif Hazard, c'est dangereux dehors. » - ajoute rosa avec inquiétude.
- « Je suis désolé. » - dis-je doucement.
Dressrosa est mon amie, elle est un peu plus âgée que moi. On peut dire qu'elle m'a élevé et protégé depuis mon enfance, elle est mon ange gardien. Nous sommes très différent l'un de l'autre, elle à la peau mâte et des cheveux noirs, et moi je suis pâle avec des cheveux roux. Elle a choisi ce prénom pour moi parce qu'elle le trouvait vraiment original. C'est une sorte de tradition parmi les enfants des rues, nos aînés utilisent des livres pour nommer nos cadets. Depuis quelques années nous utilisons un livre de géographie du monde, quelques-uns de nos aînés peuvent lire les mots qui y sont inscrits. Mais selon les générations, les livres alternent, parfois un livre de botanique, un recueil de poésies de différents auteurs, un livre de cuisine, ou des livres sur les pirates.
Dressrosa et moi portons quelques poissons que nous avons pu pêcher ensemble dans le port, nous les cachons avec des vieux tissus pour que personne ne soit tenté de venir nous les voler. Le soleil se couche à l'horizon, on peut le discerner à travers la brume. Nous marchons silencieusement dans les ruelles boueuses et puantes pour rejoindre un point d'accès aux galeries souterraines. J'ai toujours peur lorsque nous sommes à la surface, nous ne sommes jamais en sécurité.
Devant le point d'accès nous trouvons Sabaody et Erbaf, ils transportent chacun le corps d'un bébé recouvert d'un tissu. Les enfants des rues ont encore perdu deux vies aujourd'hui. Comme le veut la tradition, ils vont jeter les corps dans le courant marin afin qu'ils soient emportés. Nous n'avons nul part ou enterrer leur corps.
- « Allez viens, on va partager nos poissons avec les autres. » - annonce Dressrosa.
Sabaody, Erbaf et quelques aînés nous ont rejoint pour rassembler les denrées que nous avons récoltées. Ce soir, nous mangerons un peu de bouillon de poisson avec un petit bout de pain, c'est plus que d'ordinaire. Nous sommes tous maigres et habillés de vêtements déchirés, personne n'est mieux loti qu'un autre ici. Sabaody est l'un des ''Anciens'' le plus intelligent. Un Ancien est un enfant des rues qui a passé l'âge de 12 ans, mais avant ça, lorsqu'on passe l'âge de 8 ans on devient un survivant. Quant à Erbaf, il est également un ancien mais il est très fort et mesure au moins deux fois la taille de Saboady, il est comme un géant pour nous.
Un silence assez pesant règne entre nous, je décide donc d'animer un peu la conversation.
- « Que feriez-vous si vous pouviez partir de cette île dès maintenant ? » - dis-je tout bas aux autres.
- « Je monterai un plan pour braquer une banque. Comme ça, j'aurais assez d'argent pour vivre plusieurs vies sans jamais manquer de rien. » - répond Sabaody.
- « Je voudrais être auprès de vous, ou que vous soyez, car vous êtes ma famille. » - répond Dressrosa.
- « Je voudrais juste vivre, manger, et boire jusqu'à plus faim. Peut-être aussi rencontrer des vrais géants. » - répond Erbaf.
- « Et toi Hazard ? Que voudrais-tu ? » - me demande Sabaody.
- « Je voudrais retrouver cet homme aux cheveux roux pour aller sur son navire et visiter le monde. Je pourrais goûter des saveurs que je suis incapable d'imaginer, voir des gens plus grands qu'Erbaf, et avoir des aventures. J'emmènerai Dressrosa avec moi et nous serons libres. » - dis-je en souriant.
- « Pourquoi es-tu aussi fou de ce dénommé Shanks le Roux ? » - me questionne Sabaody.
- « Quand je regarde sa photo... Je me sens comme... je sais pas. J'ai pas les mots pour le dire... Mais en tout cas, je trouve qu'il est beau ! Le plus beau du monde ! » - dis-je en montrant son avis de recherche.
- « Parfois j'oublie que tu aimes les garçons, Hazard. » - affirme Sabaody en secouant la tête.
J'offre un sourire rayonnant à Saboady. Je suis peut-être anormal, je ne sais pas. Est-ce anormal d'être un garçon qui aime les autres garçons ? Même si je ne me considère pas entièrement comme un garçon ? Saboady a dit un jour qu'il avait lu dans un livre que ce n'était pas bizarre, mais que j'étais simplement en avance sur mon âge. Mais il n'a pas trouvé d'explication ou de mot pour décrire comment je me sentais à l'intérieur. Je me sens mal à l'aise quand on me dit que je suis un garçon, parce que je me sens aussi comme une fille. Je me sens à la fois comme un garçon et à la fois comme une fille, c'est bizarre ? Ma préférence dépend des jours, parfois je me sens plus comme l'idée qu'on se fait d'être un garçon, et parfois le contraire. Saboady pense qu'il est trop tôt pour se prononcer à ce sujet, il a surement raison.
Nous reprenons notre repas en mangeant lentement, savourant chacune de nos bouchées de bouillon. J'observe les autres enfants autour de nous, puis je leur pose la même question.
- « Et vous ? Que feriez-vous si vous pouviez partir de cette île dès maintenant ? » - dis-je aux autres.
- « Je mangerai tout ce que je peux trouver ! » - dit un enfant.
- « Je m'achèterai plein de jolies choses ! » - dit une petite fille.
- « Je trouverai une belle île pour m'y installer, une île avec une plage de sable, une forêt et des animaux. » - dit un troisième enfant.
- « Je deviendrai une marine ! Pour botter le cul de tous ces criminels. » - ajoute une autre fille.
- « En voilà des beaux rêves. » - ajoute Dressrosa avec un sourire.
Le voile de brume est levé sur la ville de Bloodstone, l'épais manteau est tellement opaque qu'il cache les navires présents dans le port. Il est déjà très tôt lorsque Dressrosa m'emmène avec elle pour sa tournée en centre-ville. Comme tous les enfants des rues, nous avons des tâches à effectuer tout les jours, on alterne de temps en temps, ou lorsque nous grandissons. Comme je suis petit et chétif, Dressrosa a demandé à Sabaody de me placer avec elle. Nous devons sillonner les rues de la ville pour récolter du bois pour alimenter nos feux.
Dressrosa tire un petit chariot tandis que je récupère des cagots de bois derrière les boutiques, des cartons usés, et des papiers sur le sol. C'est un travail très long puisque le brouillard réduit notre champ de vision et que l'humidité ambiante abîme les matériaux. Je suis fatiguée, j'ai les yeux lourds. Le silence de la ville ne m'aide pas à sortir de ma torpeur.
- « Dis Rosa ? Je trouve que le brouillard est rassurant et inquiétant, c'est bizarre non ? » - dis-je à Dressrosa.
- « Un peu oui. Pourquoi tu penses ça ? » - me demande-t-elle.
- « Les adultes ne peuvent pas nous voir, mais on ne les voit pas non plus. » - dis-je d'un ton pensif.
- « Oh je vois, c'est vrai. Moi, j'aime la brume parce qu'elle s'accompagne de silence et de paix. » - ajoute rosa en m'observant.
Mon amie m'indique un cagot caché pour que je le récupère. Je brise les lames de bois pour les empiler dans le petit chariot, puis nous continuons notre route en silence. Il n'y a personne dans les rues, nous pouvons tout juste entendre quelques personnes dans les parages lorsqu'ils vont travailler. J'admire les vitrines des échoppes, de lourdes grilles métalliques protègent les marchandises. Lorsque nous arrivons devant une boutique de vêtements et de chaussures, je ne peux m'empêcher de m'extasier devant la beauté de toutes ces choses.
- « Rosa ! Regarde cette paire de chaussures comme elle est belle ! » - dis-je en appelant mon amie.
Je pointe une paire de bottines noires à talons faite pour les femmes. C'est une paire de chaussures élégantes destinée à mettre en valeur les jambes féminines par des talons hauts d'une dizaine de centimètres. Elles sont simples et élégantes, et les talons sont très épais. J'observe avec beaucoup d'envie ces chaussures, j'aime ce genre de chaussure, je ne sais pas vraiment pourquoi.
- « Hum ? Celle-ci ? Tu ne préférais pas plutôt celle-là ? » - répond Rosa en pointant une paire de chaussures vernies pour garçon.
- « Non, je préfère ces bottines. Quand je serai grand, je m'en achèterai plein. » - dis-je en m'appuyant sur la vitrine humide et glaciale.
- « Mais ce sont des chaussures pour femmes Hazard, les hommes ne portent pas de bottines à hauts talons. » - ajoute Rosa.
- « Pourquoi ça ? Si je les aime et qu'elles me vont, pourquoi ne pourrais-je pas les porter ? » - répliquais-je avec une voix déçue.
- « Je sais pas Hazard, je sais juste que les hommes ne doivent pas porter des chaussures de femmes. » - réplique-t-elle à voix basse.
- « Hum... Et si je m'en fiche de ce genre de règle ? » - dis-je avec sérieux en fronçant les sourcils.
- « On en rediscutera quand tu seras plus grand, si tu as assez d'argent pour t'acheter des chaussures. » - termine Dressrosa.
J'accepte de clore cette discussion car Rosa a raison, actuellement je n'ai pas d'argent pour m'acheter des chaussures neuves. Ma meilleure amie passe sa main dans mes cheveux roux, séparant quelques mèches humides qui s'entre-collent. Mes cheveux sont assez sales, la faute à notre vie d'orphelin. Mes cheveux sont un peu longs, ils descendent jusqu'à ma nuque. J'aime beaucoup mes cheveux, j'aimerais les avoir très longs, mais actuellement c'est impossible. Beaucoup d'orphelins ont des poux ou d'autres nuisibles dans les cheveux, c'est toujours difficile de s'en débarrasser car nous n'avons jamais assez d'eau propre pour pouvoir nous laver correctement. Mais heureusement j'ai les cheveux lisses, ça me facilite la vie en comparaison de mes amis aux cheveux bouclés et frisés. L'eau de mer étant très sale, pleine de déchets, d'algues, et de produits chimiques, les anciens nous interdisent de nous baigner dedans.
Nous continuons notre travail en esquivant quelques vagabonds hostiles. J'ai toujours très peur d'en croiser dehors, ils sont dangereux car ils sont prêts à tout pour nous voler ce que nous avons récolté. Notre petit chariot est bien plein de petit bois, cartons et papiers usagés, nous avons sillonné l'entièreté de notre secteur d'affectation pour la journée.
- « On va bientôt rentrer, mais avant ça, on va essayer de trouver un peu d'eau de pluie à ramener, comme ça on pourra se laver un peu. » - propose Dressrosa.
- « Yeah ! Enfin un bain ! » - dis-je avec joie.
Nous rentrons dans les souterrains en laissant notre chariot à un autre groupe, celui-ci est chargé de ranger les matériaux dans la pièce qui nous sert d'entrepôt. Nous ne conservons que nos seaux d'eau pour aller prendre un bain dans la petite salle qui nous fait office de dortoir.
Je remplis notre baquet en bois avec l'eau, laissant Dressrosa sortir des vieux chiffons qui nous servirons à gratter la saleté sur notre peau. Nous laissons nos vêtements sur le sol pour entrer dans l'eau froide. Rosa me laisse toujours m'asseoir entre ses jambes, enfin de gagner un peu de place. Elle me savonne le dos avec la moitié de ce savon à la lavande que nous avons volée il y a quelques jours sur la place du marché. J'utilise la seconde moitié pour savonner mon corps et gratter la saleté jusqu'à revoir ma peau pâle rougie par la friction. Une fois terminé, nous nettoyons la peau de Dressrosa, non sans frissonner à cause de la fraîcheur. Ce n'est qu'ensuite que nous pouvons enfin savonner nos cheveux très sales afin de les décaper de leurs couches de gras.
- « Tu me fais mal Rosa ! » - dis-je en grimaçant alors que mon amie frotte mon cuir chevelu.
- « Tu es si délicat et précieux Hazard ! Sois un homme et arrête d'être si douillet. » - dit-elle en savonnant mes cheveux avec beaucoup d'énergie.
- « Mais mes cheveux sont sacrés ! Je veux qu'ils soient longs et brillants plus tard. Tu vas les abîmer si tu frottes trop fort. » - dis-je d'un ton plaintif.
- « Une vraie princesse. » - dit-elle en soupirant avant de devenir plus douce.
Lorsque nous sommes entièrement propres, nous nous enroulons dans nos couvertures de nuit afin d'attendre d'être secs sans avoir trop froid. Dressrosa m'aide à utiliser l'eau savonneuse pour nettoyer nos vêtements. Le temps que nous terminions ce labeur, nous sommes suffisamment secs pour enfiler notre tenue de rechange. Je me charge de proposer l'eau à nos camarades, afin qu'ils puissent également laver leurs affaires.
Je passe un peu de temps devant les portes des souterrains pour jouer un peu avec les autres enfants de mon âge. Mais c'est à ce moment que Sabaody arrive accompagné de Jaya pour nous proposer d'aller nous amuser sur la crique la plus proche. Nous sommes fous de joie puisqu'on ne peut pas s'y rendre sans la présence d'un ancien pour nous surveiller. Baterilla et Rommel, deux enfants qui ont presque mon âge nous suivent jusqu'à l'endroit.
Sur place, nous jouons à faire des ricochets dans l'eau avec des cailloux, sous le regard attentif de nos aînés. Cependant, je finis par me lasser un peu de ce jeu, et j'en profite pour aller poser quelques questions à Sabaody.
- « Dis-moi Sabaody, comment tu sais autant de choses sur le monde ? » - dis-je à l'adolescent bien plus âgé que moi.
- « Tu es bien curieux Hazard. Eh bien... Je ne suis pas né ici, je suis né sur l'archipel de Sabaody. » - dit-il en me prenant sur ses genoux.
- « Tu te souviens de cet endroit ? » - dis-je en observant son regard.
- « C'est un endroit magnifique, mais avec ses bons et ses mauvais côtés. L'archipel possède des arbres plus grands que n'importe quel bâtiment de Bloodstone. Ces arbres créent en continue des bulles plus grosses que toi. » - dit-il avec un sourire.
- « Incroyable ! Dis m'en plus ! » - dis-je d'une voix ébahie.
- « Les habitants de l'archipel utilisent les bulles dans leur quotidien. Et les artisans peuvent recouvrir des navires avec des bulles si solides et immenses qu'elles leur permettent de voyager sous l'océan. » - dit-il avec un éclat particulier dans le regard.
- « On peut voyager sur la mer, et dans la mer... On peut rejoindre l'île de Gyojin-tō ? C'est là-bas qu'il vient ? » - dis-je avec curiosité.
- « Gyojin-tō, les sirènes et tous les hommes poissons viennent de cette île cachée sous l'océan. » - dit-il en caressant mes cheveux.
- « Il peut nager, pourquoi n'y retourne-t-il pas ? ... Et toi ? Tu voudrais retourner sur Sabaody ? » - dis-je sans faire attention.
- « L'île est très éloignée, Gyojin-tō ne peut pas y retourner seul. Et moi aussi, je voudrais retourner sur mon archipel, elle me manque. » - ajoute-t-il, une lueur triste brillant dans ses yeux.
- « Pourquoi tu es ici Sabaody ? » - dis-je d'un ton triste.
- « Mon père était un révolutionnaire et un voleur. Les marines l'ont enfermé à Impel Down, et moi... son voyou de fils, on m'a envoyé ici. Mais oublie ça Hazard, tu es trop jeune pour comprendre. Dis-moi plutôt petit garnement, tu as pris un bain non ? Tu sens bon et tu es tout propre ! » - termine-t-il en changeant de sujet de conversation et en me faisant des chatouilles.
- « Oui ! Un bon bain savonneux ! » - dis-je en riant sous ses chatouilles.
Alors que nous rions de bon coeur, des coups de feu se font entendre dans les quartiers alentour. Sabaody me porte dans ses bras, il est en alerte. Il commande rapidement à Jaya d'attraper Baterilla et Rommel pour retourner aux souterrains afin d'éviter de prendre une balle perdue. Les deux aînés courent à toute vitesse à travers les ruelles alors que les bruits des armes à feu continuent de se faire entendre. Lorsque nous arrivons devant les portes, Sabaody ordonne à tous les enfants des rues d'entrer dans les égouts pour fermer les portes derrière nous. L'inquiétude se lit sur mon visage, les fusillades sont courantes sur l'île, mais j'ai toujours peur. Sabaody et Jaya nous ramènent au dortoir en nous rassurant du mieux qu'ils peuvent. Mon aîné me confit à mon amie Dressrosa, qui sèche mes larmes de peur avec douceur. C'est difficile d'être un enfant dans cette ville, mais un jour tout ira mieux.
La suite au prochain chapitre ! ;) N'hésitez pas à laisser votre avis en commentaire afin d'améliorer l'histoire.
Je remercie Anneso280990 et Lise de m'avoir aidé en tant que beta-lectrices sur ce chapitre ! Merci !
