Auteur : LeiBleuet
Base : Tome (sauf épilogue)
Paring : HPDM
Disclamer : Tout à JKR
Note : Cet OS n'a pas vraiment d'objectif. C'est probablement pour cette raison que je l'écris vers 4 heures du matin. La relecture va être dure…
Je fais partie de ces gens qui restent impassibles face à un feu d'artifice. Et à force d'entendre de si nombreuses personnes s'exclamer joyeusement je me suis imaginer cette scène.
Je n'ai pas encore décidé de si j'aimais cet OS ou non. On verra plus tard, j'imagine. Quoi qu'il en soit j'espère que vous l'aimerez.
Bonne lecture !
Feu d'artifice
OoOoO
Ce soir-là, le ciel d'encre était dégagé. Aucun nuage à l'horizon. Bien au-dessus des lumières de la ville, seule la lune, entourée de quelques étoiles particulièrement brillantes, parvenait à éclairer de son halo d'argent l'immensité d'un noir absolu.
Soudain, un trait de lumière accompagné d'une légère détonation s'éleva depuis le sol pour tracer une ligne brillante au milieu du ciel. Puis elle s'éteignit. Quelques secondes plus tard éclataient des dizaines de petites tâches aussi lumineuses que dorées avant de disparaître en fumée. Le silence reprit place un court instant avant qu'un nouveau sifflement ne le brise. Cette fois-ci ce furent des germes d'un rouge carmin qui éclairèrent les ténèbres avant de s'évanouir.
Il ne fallut pas attendre longtemps pour que de nouvelles tâches incandescentes viennent briller à la place des précédentes.
Bien plus bas, au cœur d'un calme quartier londonien, dans un immeuble bien dissimulé, s'éleva soudain une voix claire :
« Ça commence ! »
Cette voix appartenait à un jeune homme brun, habillé en jean et T-shirt. Il devait avoir un peu plus de la vingtaine et avait l'air particulièrement enthousiaste à l'idée d'assister au spectacle.
Debout près d'un canapé en cuir, une tasse de thé fumant à la main, un grand blond du même âge, plutôt mince, l'observait ouvrir la porte de la baie vitrée avec vivacité pour se presser sur le balcon de leur maison.
« Rappelle-moi pourquoi tu tiens tant que ça à observer cette démonstration ridicule ? » interrogea-t-il d'une voix las face à l'excitation apparente de son colocataire.
« Parce que c'est agréable. Et ça n'a rien de ridicule ! Aller, viens ! »
« Quel intérêt pourrais-je bien trouver à observer de stupides fumigènes éclater dans le ciel ? » fit le blond en s'avançant tout de même.
« Ce ne sont pas des fumigènes mais des feux d'artifice ! Aller je t'ai accompagné à tes expositions classieuses tu peux bien les regarder avec moi non ? »
Draco soupira, vaincu par la mine suppliante de son compagnon. Il se tourna alors vers l'horizon, cherchant à apercevoir ce qui pouvait tant captiver Harry.
C'est comme regarder tomber une foudre artificielle, songea-t-il, blasé.
Il avait beau se concentrer, tout ce qu'il arrivait à voir, c'était des explosions lumineuses révélant le nuage de fumée certainement toxique qui s'évaporait dans les airs.
« Avec toute cette fumée, on ne pourra pas voler demain, » râla Draco, mécontent.
Harry roula des yeux. Il aurait dû se douter que c'était trop demander d'admirer le spectacle sans une plainte.
« Ça ne devrait pas poser de problème, rétorqua-t-il, tu ne te déplaces pas par balai pour aller à l'école que je sache. »
« Je pourrais, » grommela Draco par principe.
Bien que la fumée ne reste pas longtemps après la fin de la scène, nombre de sorciers avaient constaté que les moldus avaient tendance à plus observer le ciel les jours qui suivaient, que ce soit pour vérifier que l'air était toujours aussi pur ou pour se remémorer le moment du show.
Il était donc fortement déconseillé aux sorciers de voler à moins d'une certaine hauteur durant quelques jours. Même si sur le fond, Harry avait raison, il n'était dans tous les cas pas recommander de se balader à quelques mètres du haut des immeubles londoniens. Mais ce n'était pas un bon argument qui allait empêcher Draco d'exprimer son désaccord.
« Ces imbéciles de moldus. Ils se plaignent de la pollution mais ils continuent de lancer des produits toxiques dans l'air. »
« C'est loin d'être la réaction la plus polluante. Et puis c'est un évènement occasionnel. »
« Comparé aux… voitures ? c'est une évidence. Mais je te laisse me rappeler qui est également à l'origine de cette merveilleuse invention ? »
Harry soupira.
« Pour des gens qui doivent se débrouiller sans magie ils ont fait comme ils pouvaient. Bien que je sois d'accord pour dire que ce fut loin d'être leur meilleure idée. »
« C'est surtout l'une des plus égoïstes oui ! La pollution ne s'arrête pas aux frontières je te signale. Je n'ai pas envie de devoir subir les conséquences de leur bêtise. »
« Tu devrais défendre les causes écologiques auprès des moldus, je viendrais soutenir tes discours enflammés. »
« C'est ça, moque-toi. En attendant je sais que tu es d'accord avec moi. Tu n'aimes juste pas que je critique tes chers moldus. »
Draco se renfrogna en voyant Harry secouer la tête ne voulant visiblement plus argumenter. Après la bataille finale, le blond avait décidé de s'installer du côté moldu, pour être à l'abri des commérages incessants qui accompagnaient chacune de ses sorties. Ses parents étaient restés dans le Wiltshire, consignés à domicile, tandis qu'il avait pour sa part décidé de prendre son indépendance. Ainsi avait-il emménagé dans un petit appartement non loin du centre-ville de Londres. Celui-ci était à mille lieues d'être aussi spacieux que le manoir où il avait grandi mais il était cependant bien plus chaleureux. Ce qui, Draco devait bien l'avouer, n'était pas très difficile. Mais pour le peu de temps qu'il y passait, ses journées étant plus que chargées, la superficie lui convenait parfaitement. D'autant plus qu'il l'avait désormais délaissé au profit de la maison d'Harry.
Il faut dire qu'avec toutes les complications liées au positionnement de sa famille durant la guerre, il avait fini par devenir moins matérialiste. Il s'était rapidement habitué à la vie côté moldu, qui était loin d'être aussi désagréable que ce quoi à il s'était attendu. En cela il reconnaissait volontiers l'utilité de certains appareils, tel que l'électro-ménager, mais d'autres inventions lui semblaient toujours d'une frivolité sans nom. Et cet agaçant excès de couleur à faire paniquer un caméléon en faisait partie.
En voyant les germes de lumière bleue retomber dans la nuit il ne put s'empêcher de se demander comment les gens qui se trouvaient au-dessous faisaient pour éviter les étincelles brûlantes. Bien qu'il sache qu'il y avait une réponse rationnelle à son résonnement, il dissimula un ricanement à la pensée de ces grotesques fêtards gigotant dans tous les sens pour échapper à de désagréables brûlures. Alors qu'il profitait mesquinement de son idée puérile, trois nouvelles détonations s'enchainèrent, le faisant grimacer.
« C'est trop bruyant, » se plaignit-il à nouveau.
Le brun se détacha du ciel le temps de lancer un regard noir au blond qui se gaussa intérieurement. Nombreux étaient ceux qui craignaient de s'attirer les foudres du jeune homme. Pour lui c'était tellement habituel que s'en était presque amusant. Du moins tant qu'il ne le forçait pas à dormir ailleurs pour la nuit.
« Je n'y peux rien si c'est fort, » insista-t-il d'un ton geignard.
« Arrête un peu de te plaindre tu veux ? » se renfrogna le brun.
Il pouvait comprendre que Draco ne soit pas particulièrement touché par ce qu'ils étaient en train de voir mais il son détachement caractéristique commençait à l'agacer.
Ce n'était pas chez les Dursley qu'il aurait pu profiter de ce genre d'instant apaisant. Ce n'était pas non plus à Poudlard où dès la première année il avait été confronté à la mort. Et après la guerre, une fois devenu un héros aux yeux de tous, il avait dû maintenir une certaine image. Impossible de se gaver de barbe à papa ou de marrons chauds dans une fête foraine, s'aurait attiré trop de commérages sur son état mental.
Toutes ces choses dont il avait été privé durant l'enfance, il essayait parfois de les rattraper par des petits moments comme celui-ci. Le bonheur court mais suffisant de voir ces lumières briller au loin lui donnait l'impression que petit à petit, tout irait mieux. Mais il ne se laissait que rarement aller à ses envies les plus spontanées. Généralement, il ne le faisait que lorsqu'il était seul ou bien entouré des personnes dont il était très proche. Draco en faisait partie et il était un peu désolé de voir le désintérêt que le blond semblait trouver à ce qu'il considérait être un sublime spectacle.
Dans ses yeux se mélangeaient les couleurs éclatantes. Il ignorait si l'ordre avait été choisi à l'avance ou s'il avait une signification, ce n'était pas ce qui l'intéressait. Tout ce qu'il pouvait constater, c'était que le contraste entre la noirceur du ciel et la vivacité des couleurs était magnifique. Même les sifflements et les détonations atténués par la distances contribuaient à rendre cet instant unique.
Et il aurait voulu partager ce petit moment avec Draco mais celui-ci ne semblait pas sensible à la beauté de la nuit.
Harry retint un soupir. C'était loin d'être grave, il ne lui en voulait pas – il n'y avait aucune raison pour – mais trouvait cela dommage. Il aurait voulu voir dans les yeux orage la même fascination muette qu'il devait y avoir dans les siens à chaque explosion.
Il fut surprit de sentir les doigts fins entrelacer les siens et il jeta un regard en coin à son voisin. Celui fixait le ciel, l'air de rien. Un sourire en coin naquit sur les lèvres d'Harry. Draco n'était pas absorbé par le feu d'artifice mais il ne semblait pas mécontent d'être là pour autant. Sans doute parce qu'il avait l'impression d'apercevoir une nouvelle facette de sa personnalité.
Le blond fut soulagé de sentir les doigts de son petit-ami se refermer sur les siens. Il avait senti dans le ton de l'autre qu'il était en train de se vexer et il s'était aperçut que ce n'était peut-être pas le meilleur moyen de lui faire plaisir que de critiquer ce qu'il appréciait.
Malgré tout, Draco étant Draco, il ne put s'empêcher de lâcher d'un ton légèrement supérieur :
« Tout de même, je ne vois pas ce qu'il y a d'impressionnant. Ce n'est que la réaction logique et attendue de carbone et de soufre avec du salpêtre. »
Harry lui jeta un regard stupéfait. Il n'avait plus entendu ces notions depuis qu'il avait quitté le primaire et par la suite, il n'avait eu ni le temps ni l'envie de se renseigner sur le sujet.
« Depuis quand est-ce que tu t'y connais en chimie toi ? »
« Ne prend cet air surpris. Certains éléments peuvent augmenter ou diminuer les effets d'une potion, la chimie fait partie des sujets nécessaires à connaître pour devenir un bon apothicaire. »
Après sa septième année, Draco avait choisi de se consacrer pleinement à sa matière préférée et celle dans laquelle il réussissait le mieux les potions. Il avait alors débuté des études pour devenir apothicaire, dans l'idée de finir par ouvrir sa propre échoppe ce qu'il était en bonne voie pour faire. Il passait de longues heures à chercher l'emplacement idéal où positionner sa boutique. Harry et ses enquêtes de terrain l'aidaient d'ailleurs grandement dans ce domaine. En effet, le brun s'était quant à lui destiné à des études d'Auror dont il avait brillamment passé les examens deux ans plus tôt. A force d'enquêter sur les trafics, les commerces illégaux et autres délits de quartiers, il avait acquis une bonne connaissance économique des lieux et des horaires propices aux foules.
Le brun haussa un sourcil mais n'insista pas. Il était certainement le dernier à pouvoir faire une quelconque remarque sur l'enseignement des potions.
« Reconnais que c'est un joli spectacle. Beaucoup de gens aiment les feux d'artifice ! »
« Je ne vois pas pourquoi. C'est un évènement inutile qui pourtant fait s'attrouper des centaines de personnes tel un troupeau de brebis égarées. »
Harry eut un petit rire à cette description si typique de son petit-ami.
« Justement, tu ne te demandes pas ce qui pourrait pousser autant de gens à se réunir précisément à ce moment ? »
« Le désir d'imitation ? Vouloir faire comme tout le monde pour se sentir moins seul ? »
Le brun secoua la tête, mi-agacé mi-amusé.
« Ne vois pas tout si négativement. Ce n'est pas une mauvaise chose de vouloir ressembler aux autres. Se ressembler est tout aussi important qu'être différent. C'est comme pour nous deux. »
« Par Merlin, ne compare pas notre relation à ce stupide effet de groupe ! » s'indigna Draco.
« Tu vois ce que je veux dire, » répondit Harry en attendant le lancement du feu suivant.
Le blond se tu, faussement outré. Il ne pouvait pas le contredire sur ce point. En effet, sans points communs, ils ne se seraient jamais rapprochés l'un de l'autre tant leurs modes de vies et de pensées semblaient éloignés. Et pourtant, plus ils avaient appris à se connaître et plus ces différences avaient rendu l'autre attirant, donnant l'impression qu'il y avait toujours plus à découvrir.
Draco se souvenait parfaitement des débuts de leur couple.
Ils s'étaient recroisés deux ans après la fin de la guerre, au croisement de deux rues côté moldu.
Lorsque leurs regards s'étaient croisés ils s'étaient soudainement figés. Draco s'était rapidement sorti de sa surprise et par réflexe, il l'avait abordé par une remarque amère sur sa tenue débraillée. Après un regard calculateur, le brun avait rétorqué quelque chose sur la quantité démesurée de gel qui faisait tenir ses cheveux. Ils s'étaient lancés quelques autres piques sans se rendre compte que des sourires naissaient petit à petit sur leurs lèvres. Ils avaient fini par s'interrompre avant de s'échanger un nouveau regard étonné. Sans un mot de plus ils avaient repris leurs chemins respectif, faisant comme si rien ne s'était passé.
Par une coïncidence qui n'en était peut-être pas une, ils se recroisèrent quelques jours plus tard, devant la boutique de l'apothicaire du Chemin de Traverse. Se saluant cette fois-ci d'un simple hochement de tête, ils entrèrent à la suite.
Tout en choisissant les ingrédients nécessaires à ses cours, Draco n'avait pu s'empêcher d'entendre la discussion entre Harry et le propriétaire de la boutique. Visiblement, le brun souffrait d'insomnie et toutes les potions qu'il avait jusqu'alors essayé ne faisaient plus effet ou lui donnait des mots de tête. Sans s'en rendre compte, Draco lui avait alors suggéré de diluer sa potion dans une infusion à base menthe pour minimiser les effets secondaires.
« Je connais un endroit qui sert d'excellents cocktails non loin d'ici si tu veux qu'on en discute, » avait-il alors proposé sans réfléchir.
Face à sa demande étrange au vu de leur passif, il s'était attendu à un rejet mais tout aussi étrangement, Harry avait accepté.
Ils étaient alors sortis de la boutique sous l'œil amusé du malin apothicaire. Draco l'avait ensuite guidé le long des rues éclairées de la ville jusqu'à un vieux bar moldu. C'est en voyant le barman saluer Harry par son prénom et lui demander s'il voulait la même chose que d'habitude que Draco avait réalisé qu'ils avaient beaucoup à apprendre l'un sur l'autre. La discussion avait petit à petit changé et ils avaient commencé à parler autre chose que de médecine. Le brun lui avait avoué qu'il ne s'attendait pas à le trouver dans une rue moldue. Draco avait alors pris son air le plus mystérieux pour répondre qu'il ignorait beaucoup de choses sur lui. Harry avait ri légèrement et le blond avait été surpris de trouver son rire si apaisant.
L'alcool et le fond de musique de jazz aidant, ils s'étaient petit à petit confiés l'un à l'autre, discutant de sujets légers mais qui en neuf ans à se connaître n'avaient jamais été abordés.
Après de longues heures à parler, la soirée s'était terminée par une poignée de main significative et la proposition de se revoir.
Et au fil des semaines, ils commencèrent à se rencontrer régulièrement, s'ouvrant petit à petit l'un à l'autre. Après avoir débattu sur le sport, ils commencèrent à discuter de la guerre et de la politique, s'avouant leurs traumas et argumentant plus ou moins calmement leurs avis. Enfin, ils se mirent à parler du lendemain. De l'avenir. Et sans s'en rendre compte, ils s'intégrèrent mutuellement à ce futur. Chacune de leur rencontre se concluait par un « à la prochaine fois » et celle-ci ne tardait jamais.
Draco ne se rappelait plus qui avait prononcé la première remarque suggestive, ou qui avait eu le premier geste tendre. Ce n'avait pas vraiment d'importance. Au départ c'était une volonté de ne plus être seul. Tous deux entourés par des couples ils avaient voulu se défaire de cette sensation d'être le troisième membre d'un groupe, se prêtant l'un comme l'autre à un jeu de regard et de sous-entendus. Mais à force de regards ambigus et de rougissement légers, leur comédie s'était changée un véritable scénario. Harry avait commencé à l'attendre à la fin de ses cours, et Draco avait choisi de l'inviter chez lui. Leurs sentiments, tout comme leur relation, finirent par se concrétiser et ils avaient commencé à sortir ensemble.
Lorsque Draco l'avait annoncé à ses meilleurs amis, ceux-ci avaient d'abord ris à gorge déployée, pensant à un canular grotesque. Mais devant son air mortellement sérieux, Blaise s'était précipité pour prendre sa température tandis que Pansy avait semblé hyper-ventiler. Il avait quitté l'appartement du couple passablement agacé mais son sentiment s'était vite envolé lorsqu'il avait constaté à l'air renfrogné de son petit-ami que celui-ci avait vécu la même chose. Finalement, ce fut main dans la main qu'ils avaient longé la Tamise, se plaignant contre ces meilleurs amis incapables de saisir quelque chose d'aussi trivial qu'une relation amoureuse entre ancien rivaux.
Comme ils ne se cachaient pas particulièrement, il n'avait pas fallu beaucoup de temps à la presse pour s'emparer de l'informations et ils avaient fait les gros titres.
Harry, que les critiques sur Draco énervaient tout autant que l'idée d'être au centre des débats, avait fini par prendre les choses en main. Il avait accordé une interview à Luna, devenue journaliste et avait déclaré qu'il était seul responsable de ses choix et qu'aucune remarque positive ou négative, ne serait tolérée. De son côté, Draco avait écrit aux journaux, leur précisant que la moindre information sur eux apparaissant à nouveau ferait l'objet de poursuites judiciaires leurs coûtant bien plus que ce que les titres racoleurs ne pourraient leur apporter. Il avait fallu un peu de temps mais les polémiques avaient fini par se calmer, du moins pour les plus bruyantes. Nul doute que beaucoup désapprouvaient encore et pour longtemps leur liaison mais ils n'en avaient que faire.
Quelques mois plus tard, constatant qu'ils passaient la majorité de leurs soirées l'un chez l'autre, ils avaient emménagé ensemble au square Grimmaurd, dans le Londres moldu, loin des griefs des sorciers.
Leur relation était loin du coup de foudre. Elle était née dans le désaccord et l'agacement avant de se changer en une amitié mêlée d'un léger flirt pour finalement aboutir par un amour sincère et profond. Elle avait mis du temps, nécessité de nombreux efforts et avait été troublée par des difficultés de communication. Mais à leur rythme, ils étaient parvenus à construire quelque chose, un lien bien à eux, né d'émotions simples et compliquées à la fois.
Leur rivalité, bien loin d'avoir disparu, se présentait maintenant pour des choses aussi futiles que "qui organiserait les meilleures vacances" ou "qui offrirait le meilleur cadeau de Noël". Ces défis idiots ne faisaient que renforcer leur implication et ils se sentaient plus soudés de jour en jour.
Draco sourit en se remémorant ces souvenirs. Cela faisait maintenant quatre ans qu'ils vivaient ensemble et il continuait d'apprendre de nouvelles choses sur le brun.
Il tourna son regard dans sa direction et se laissa attendrir par l'air fasciné d'Harry face aux éclats lumineux. Il semblait si captivé qu'il ne clignait même pas des paupières, comme s'il risquait de manquer quelque chose d'important. La façon dont il s'accrochait à la rambarde du balcon, se hissant légèrement sur la pointe des pieds le faisait paraître enfantin et amusa fortement le blond.
« Pourquoi ce spectacle te réjouit-il autant ? » demanda-t-il l'air de rien.
La question brisa le silence qui avait fini par s'installer et sembla ramener Harry au monde réel. Il plissa un peu les yeux, l'air de réfléchir à sa réponse.
« Je devais avoir sept ou huit ans. C'était l'été. Il y avait un évènement dans le quartier – je ne me souviens plus duquel, je n'y avais bien sûr pas été convié – et un feu d'artifice avait été prévu comme clou du spectacle. Mon oncle et ma tante avaient décider d'y emmener mon cousin. Enfin, je pense que c'était plutôt pour s'afficher lors d'un rassemblement de quartier que pour admirer la vue mais quoi qu'il en soit ils étaient décidés à y aller. Et évidemment, je n'étais pas compris dans le lot. Mais je n'en avais jamais vu ailleurs qu'en image et j'étais curieux. Alors j'ai attendu qu'ils partent et je suis sorti dans le salon. Trop pressés d'y aller ils avaient oublié de fermer la porte d'entrée à clef alors je suis sorti dans le jardin. »
Il fit une pause dans son récit, les yeux brillants et un sourire sur les lèvres.
« La nuit venait à peine de tomber et le ciel avait encore quelques reflets orangés magnifiques. Cette simple vue me suffisait déjà amplement, je ne voyais jamais le ciel à cette heure. Et puis ça a commencé. L'évènement était assez loin mais j'arrivais quand même à voir le résultat. Il y avait tellement de couleurs. Les sons étaient lointain mais ils me plongeaient tout de même dans l'ambiance. Je n'étais certes pas habitué à des prestations merveilleuses mais ce feu d'artifice tout simple m'a fasciné plus que tout ce que j'avais pu voir jusqu'alors. Contrairement à Noël où, sans personne à qui offrir de cadeau ou de qui en recevoir, je ne profitais pas vraiment de la fête, ce spectacle m'étais accessible. Il était accessible à tous. Peu importait le nombre, l'âge ou le statut social, quiconque levait les yeux vers le ciel à ce moment pouvait le voir, ou du moins l'entendre. Et… J'ai trouvé ça… Je ne sais pas vraiment mais ça m'a plu. »
Draco se mordit la lèvre pour dissimuler son sourire. C'était tellement… tellement Harry.
« Dire qu'à huit ans tu avais déjà cette idée d'équité ancrée dans ta petite tête. »
Blasé par la remarque, Harry ne répondit pas, gardant les yeux rivés sur le ciel. Depuis le temps il s'était habitué aux réflexions du blond.
Il faut dire que c'était un rituel entre eux. Leur histoire avait débuté avec des piques, elle ne pouvait se prolonger sans sarcasmes. Chaque jour contenait sa propre petite remarque acérée bien souvent suivit d'une répartie toute aussi vive. Ces échanges leurs permettaient d'ailleurs de savoir lorsque l'autre n'était pas en forme, un moyen de communication assez brut mais plus qu'efficace.
De son côté, Draco méditait sur ce que venait de lui dire le brun. Il trouvait que son attrait pour ce spectacle avait une origine plutôt triste. Et comme à chaque fois qu'Harry évoquait son passé, il ressentait l'envie de rendre son présent encore plus marquant, comme pour lui faire oublier tout ce qui avait pu lui arriver. Sans compter que si c'était l'été, cela voulait dire que c'était un jour proche de son anniversaire. Pour Harry qui n'avait pu le fêter correctement avant d'entrer à Poudlard, ce feu d'artifice avait dû, dans son esprit d'enfant, s'apparenter à un cadeau. Son premier cadeau depuis très longtemps.
Le blond fronça les sourcils, tentant de ravaler sa fierté mal placée qui lui disait de lui organiser un anniversaire plus somptueux encore cette année-ci.
Pour lui, ces feux lumineux n'étaient ni plus ni moins qu'une décoration temporaire et bruyante qui l'empêcherait de voler durant la soirée mais pour son petit-ami c'était tout un symbole.
Du coin de l'œil il le dévisagea patiemment, allant des mèches folles qui tombaient devant ses yeux, ne parvenant pas à rester coincées derrières ses oreilles, à la légère crispation de ses doigts sur la rambarde.
La lumières des feux faisait briller les yeux verts plus encore qu'à l'habitude, les rendant semblables à deux émeraudes.
Draco soupira pour dissimuler le sourire niais qui menaçait de s'étendre sur ses lèvres et il passa un bras possessif autour du torse de son voisin. Il pouvait bien concéder une vertu à ces lumières inutiles. Et alors que le bouquet final éclatait sous les applaudissements lointains, il raffermi son étreinte et accueillit la tête qui s'appuya sur son épaule. Si cela rendait Harry joyeux, il pouvait bien sacrifier quelques minutes de son temps précieux.
Et alors que le feu d'artifice s'éteignait dans la nuit, un nouveau s'alluma dans leurs cœurs.
FIN
Voilà pour cette petite histoire ! J'espère qu'elle vous a plu.
N'hésitez pas à me laisser votre avis.
Lei
