Petit mot de l'auteure : Je ne sais pas du tout d'où ça vient. Je devais écrire sur le duo Emma et Alice, et voilà ce que ça a donné.
Le ciel est sur le point de tomber.
Emma sursaute. Puis fait signe à Alice de répéter ce qu'elle a dit ; le ciel est sur le point de tomber. Elle ne lui demande pas d'expliciter ce qu'elle a en tête, et son amie ne le fait pas. Alice a souvent tendance à dire des choses qu'Emma ne comprend pas. Et ce n'est pas grave. Si Alice a besoin de parler, alors qu'elle parle. Elle ne la dérange pas. Au contraire, cela lui fait un peu de compagnie.
Le ciel est sur le point de tomber.
Le ciel est sur le point de tomber.
Le ciel est sur le point de tomber.
Elle le répète, encore et encore.
Même pour Alice, c'est beaucoup. Cela agace un peu Emma, mais elle laisse faire. Si Alice a besoin de dire ça, pour ce que ça peut bien vouloir dire, autant qu'elle le dise. Alice ne lui demande pas d'arrêter de lever les bras et d'incanter, alors elle ne lui dira pas de se taire. Mais malheureusement, elle n'est pas toute seule. Car il y a Whale qui arrive, se met à hauteur d'Alice.
- Tilly, calmez vous.
Sa voix se veut douce mais elles savent toutes les deux qu'il n'est en rien leur ami.
- Je suis calme, Whale. Et je m'appelle Alice.
- Tilly... combien de fois faudrait-il que je vous le répète ? Je suis le docteur Anders. Et vous, vous vous appelez Tilly.
- Je suis Alice !
Ça fait un peu de peine à Emma de voir Alice se débattre comme ça dans les bras de Whale, clamant son identité contre les médecins qui pensent mieux savoir qu'elle.
C'est idiot. Idiot et triste.
Le ciel est sur le point de tomber.
Elle entend Alice qui répète encore une fois cette même phrase, les médecins tâcher de la rassurer – ils sont en sécurité, le ciel ne va pas tomber, elle n'a pas de soucis à se faire. Elle entend Alice hurler qu'ils ont tord, et ensuite, plus rien. Elle a été emmenée dans sa chambre. Enfin, c'est ce que Emma suppose. À vrai dire, elle n'en sait rien. Et elle n'est pas sûre de vouloir le savoir. Alors elle reste dans la salle commune, pose son regard sur les visages mornes et vides. Whale revient quelques minutes après, lui demande comment elle va et si Tilly ne la pas effrayée.
- Elle s'appelle Alice, répond automatiquement Emma.
Puis, elle explose de rire, parce que quand même, c'est assez drôle. Alice est la seule à ne pas l'effrayer. Ce qui la terrorise, ce n'est pas les phrases scandées de son amie. Ce dont elle a peur, c'est des yeux de Whale, sincèrement convaincu qu'il est un médecin à Boston appelé David Anders. Elle a peur de tout ce que cela entraîne pour ses parents, sa famille, ses amis, plongés dans une nouvelle malédiction, dans une nouvelle vie où ils auront encore une fois oubliés qui ils sont.
Et puis aussi, peut-être même surtout, elle est effrayée à l'idée que ce faux Whale a peut-être raison, qu'elle s'appelle peut-être bien Jennifer et non Emma, et que Alice est bien Tilly, et qu'elles sont toutes les deux des folles ayant imaginé une forêt enchantée et des contes de fées pour échapper à leur enfance dans la rue. Elle a peur d'avoir un jour la preuve que ses parents n'ont jamais existé, qu'ils ne sont que le fruit de son imagination, créé pour avoir la sensation qu'un jour, elle n'a pas fêté son anniversaire seule.
Elle est aussi terrorisée à l'idée que toute cette histoire de malédiction soit vraie mais qu'aucun contre sort ne soit jamais trouvé. Elle a peur que Alice et elle ne restent enfermées dans cette asile à jamais, piégées par la conscience d'être au mauvais endroit tout en étant incapable de changer leur situation.
Et toute cette peur revient lui serrer le cœur, alors le rire se transforme en sanglots puis en cris. Elle veut sortir de là, retourner à Storybrooke, tuer la personne qui leur inflige ça – à ce moment là, elle se fiche d'être la sauveuse ou une héroïne, elle la tuera. Elle la tuera, et elle tuera ceux qui essaient de l'en empêcher.
Elle hurle ça dans la salle alors forcément, c'est à son tour d'être évacuée.
Et alors qu'elle sent un sédatif entrer en elle, les mots d'Alice lui reviennent.
Le ciel est sur le point de tomber.
Elle espère que le ciel en question est celui de l'illusion dans laquelle elles vivent. Mais elle n'en est pas sûre. Elle n'a jamais bien compris Alice de toute façon.
Note de fin : j'ai choisi David Anders comme nom pour Whale car c'est celui de l'acteur qui le joue. Sinon... bah dites moi ce que vous en pensez.
