Ce texte répond au défi n°139 de la Bibliothèque de Fictions : Vous devez écrire un UA mythologie (la mythologie de votre choix).
Note de l'auteur : Je choisis l'histoire entre Aphrodite et Adonis. Bill sera Adonis, Virginia Aphrodite et Libby Perséphone.
Adonis n'était pas un jeune homme comme les autres, il était doté d'une grande beauté et il était exceptionnel. Il n'y pouvait rien, il était né ainsi ! Il était le fils de Cinyras, roi de Chypre et de sa fille Myrrha, suite à une malédiction d'Aphrodite. En effet Cenchreis, la femme de Cinyras avait affirmé que sa fille Myrrha était plus belle qu'Aphrodite. La déesse avait alors lancé une malédiction sur Myrrha en faisant naître en elle un amour incestueux envers son père. La pauvre Myrrha, révulsée par une telle attirance, avait tenté de mettre fin à ses jours, mais sa nourrice l'avait sauvée et avait décidé de l'aider à assouvir son désir. Alors, par une nuit sombre, après avoir enivré Cinyras au point qu'il ne puisse plus savoir ce qu'il faisait, la nourrice avait aidé Myrrha à se glisser dans le lit de son père. Après cela la jeune femme était tombée enceinte, et quand Cinyras s'était rendu compte qu'il serait à la fois le père et le grand-père de l'enfant à naître, il avait voulu tuer sa fille grâce à son épée. Myrrha implora les dieux de la rendre invisible, et Aphrodite, prise de pitié, la transforma en arbre à myrrhe. L'épée du roi s'était abattue sur l'arbre qui s'était fendu en deux, et ce fut ainsi que le bébé en sortit, Adonis était né. Cet enfant avait donc déjà une histoire extraordinaire avant même de venir au monde !
Devenu adulte, Adonis était plus beau que jamais. Il se promenait dans les bois lorsqu'une magnifique blonde croisa son chemin. Elle sembla ébloui par sa beauté et demanda en plissant les yeux :
-Qui es-tu ?
-Je suis Adonis, et toi ?
-Perséphone, déesse du monde souterrain et du retour de la végétation au printemps.
Le brun s'inclina, c'était la première fois qu'il rencontrait une déesse. Elle avait une longue chevelure blonde, un magnifique visage, de beaux yeux bleus. Elle s'approcha et l'embrassa passionnément, commençant à le dévêtir. Finalement le couple finit par faire l'amour contre un arbre. Adonis devait bien avouer que la déesse était magnifique, elle était en effet aussi belle qu'une fleur au printemps. Il se rhabilla et observa la déesse :
-Pourquoi moi ?
-Parce que tu es le plus beau mortel qu'il m'ait été donné de voir.
Le brun rougit légèrement. En effet il avait déjà vu son reflet et il était vrai qu'il était beau, le contraste entre ses cheveux bruns frisés et ses yeux bleus-gris plaisait énormément aux femmes. Il était assez musclé aussi, et il avait toujours une espèce de moue boudeuse, ce qui attisait le désir des femmes. Alors même si il avait conscience de sa beauté, il n'avait jamais imaginé être assez beau pour être remarqué par une déesse ! La blonde lui sourit et partit comme elle était venue. Adonis rentra donc au palais et s'allongea sur son lit, songeant à ce petit aparté dans la forêt.
Quelques temps plus tard, alors qu'il priait au temple, Aphrodite lui apparu. Elle était encore plus belle que sa statue, le brun était tout simplement hypnotisé. Elle avait de longs cheveux corbeau, de grands yeux bleus, une bouche pulpeuse. Elle était splendide, Adonis tomba à genoux devant elle :
-Aphrodite, déesse de l'amour, je suis ton obligé.
-Qui es-tu, beau jeune homme ?
-Adonis, fils de Cinyras, roi de Chypre.
-Ah oui... tu es devenu vraiment beau.
Elle s'approcha et effleura son torse musclé du bout des doigts. Elle semblait fascinée par sa beauté. En réalité la brune se demandait comment d'une relation incestueuse avait pu naître un être si beau. Pour la première fois la déesse de l'Amour ressentit elle-même ce sentiment. Elle avait eu de très nombreux amants, mais jamais elle n'avait vraiment aimé qui que ce soit. Là, son cœur battait la chamade alors qu'Adonis n'était même pas encore son amant. Elle posa sa main sur la joue du jeune homme et l'embrassa du bout des lèvres. C'était plus comme si une plume avait survolé ses lèvres plutôt qu'un réel baiser. Adonis la prit par la taille et l'embrassa avec fougue. Il fit glisser une de ses mains sur ses fesses et approfondit encore le baiser. Il avait eu des maîtresses, mais jamais la passion n'avait été si forte en lui. C'était comme si Aphrodite venait de voler son cœur et son désir, il avait l'impression de ne plus être qu'une poupée de chiffon, qu'il allait s'écrouler si elle le lâchait. La brune lui rendit son baiser et passa ses bras autour de son cou. Leurs baisers continuèrent un moment avant qu'ils ne fassent l'amour directement sur le sol de marbre du temple. Après ça la brune caressa son torse et l'observa :
-Je vais devoir partir, mais nous nous reverrons bientôt.
Elle sourit, se leva, se rhabilla et partit. Adonis soupira et observa la voûte du temple, c'était un travail magnifique. Il finit par se rhabiller et partit pour le palais. Il avait hâte de revoir la brune.
Adonis voyait régulièrement Aphrodite et chaque fois leurs étreintes étaient des plus ardentes. Ce n'était pas uniquement sexuel, leur union était charnelle, ils le sentaient. De temps à autre Adonis voyait aussi Perséphone, mais avec elle ce n'était pas pareil. Il l'appréciait vraiment et la trouvait belle mais ce n'était pas comme avec Aphrodite, il manquait l'étincelle. Toutefois, une rivalité s'installa entre les deux déesses et elles se disputèrent le jeune mortel. Aphrodite entra dans sa chambre, furieuse :
-Je ne supporte plus Perséphone, elle veut te retirer à moi ! Elle ne veut pas comprendre que nous nous aimons. Il a fallu que je demande à Zeus de nous départager. Malheureusement notre dieu tout puissant refuse de se mêler à ce différend. Alors il a demandé à la Muse Calliope de prendre la décision finale. Alors elle est tombé sur un compromis : tu passe un tiers de l'année avec elle, un tiers de l'année avec moi et le dernier tiers avec qui tu veux.
Le brun passa une main dans ses boucles et l'attira à lui pour un baiser à couper le souffle :
-Je veux passer du temps avec toi. Notre amour mérite d'être vécu pleinement. Pour le dernier tiers je choisi de le passer avec toi.
-Il faut le garder secret dans ce cas, sinon les conséquences risquent d'être désastreuses.
Le brun hocha la tête et l'embrassa à nouveau. Ils finirent par laisser parler leur désir, ils aimaient tant être ensemble. Après ça ils dormirent l'un contre l'autre, ce qui emplit Adonis de joie car c'était très rare comme situation. En général Aphrodite était obligée de filer juste après leurs ébats car elle avait des choses à faire. Adonis garda donc sa belle déesse contre lui, profitant de sa peau plus douce que de la soie.
Plus tard dans la nuit ils se réveillèrent et le brun embrassa sa belle. Il caressa son corps nu et demanda tout en embrassant son épaule :
-Combien as-tu eu d'amants ?
-Beaucoup.
-Des dieux ?
-Oui, mais aussi des mortels.
-Dis-moi quels dieux ont eu tes faveurs ?
- Mon époux Héphaïstos, Arès, Hermès, Dionysos, Poséidon et Phaéthon... enfin lui n'est qu'un demi-dieu, c'est le fils de la déesse Eos et de Céphalie.
-J'ai donc beaucoup de concurrence.
-Non, aucun d'eux ne t'arrive à la cheville.
-Que veux-tu dire ?
-Tu es exceptionnel car pour toi j'ai des sentiments. Ça va bien plus loin que le simple plaisir sexuel. Nous nous aimons, alors ça rend les choses bien meilleures. Tu es le premier homme que j'aime, mortels et dieux confondus. J'ai l'impression que nos âmes sont unies, notre amour est unique Adonis.
Elle l'embrassa et ils ne tardèrent pas à faire l'amour. Étrangement Adonis n'était pas bloqué par le fait que sa belle avait eu de très nombreux amants. Tout ce qui lui importait était qu'elle avait des sentiments pour lui, il était le premier à lui faire ressentir ça. Pour sa part c'était réciproque, il n'avait jamais été amoureux d'une de ses maîtresses. Même Perséphone, qui était pourtant magnifique, n'avait pas réussi à voler son cœur. Toutefois, il avait eu le coup de foudre dès qu'il avait vu Aphrodite.
Les dieux finirent par réaliser la supercherie et cela ne leur plu pas du tout. Ils étaient furieux de réaliser qu'Adonis les avaient dupés. Le fait qu'il avait choisi Aphrodite pour son tiers restant rendait le partage inégal, et donc, il méritait d'être puni. Adonis chasser dans la forêt. Il remarqua un sanglier et lui décocha une flèche. Malheureusement le projectile n'atteignit la bête qu'au flanc, et celle-ci fonça sur Adonis. Celui-ci n'eut pas le temps de fuir et l'animal le blessa mortellement à la jambe. Le brun était donc sur le sol, en train de se vider de son sang. Aphrodite apparu à ses côtés et le prit contre elle :
-Oh non mon amour, qu'ont-ils fait ?!
-Je crois que je l'ai mérité. J'ai essayé de me jouer des dieux, ils m'ont donc puni.
-Mais je t'aime !
-Je sais, je t'aime moi aussi Aphrodite, mais je pense que c'est mieux ainsi. Après tout, tu avais maudit ma mère pour sa beauté, ensuite tu l'as sauvée par pitié. Plus tard nous sommes tombés amoureux mais une autre déesse s'est éprise de moi. Deux femmes pour un homme c'est beaucoup trop, ça finit toujours mal.
Aphrodite caressa la joue de son amant qui devenait de plus en plus pâle. La vie quittait lentement le corps du beau mortel. Il lui caressa la joue, l'embrassa avec les dernières forces qu'il lui restait et succomba. Aphrodite fondit en larmes, et celle-ci tombèrent sur le sang de son amant. De ce mélange jaillirent de magnifiques petites fleurs qu'elle baptisa adonis goutte-de-sang. Pour la première fois, la déesse de l'Amour comprit ce que signifiait l'expression « avoir un chagrin d'amour » qu'utilisaient les mortels. C'était tout bonnement insoutenable, elle avait l'impression qu'on venait d'arracher son cœur de sa poitrine et qu'on l'avait brisé en milles morceaux. Elle resta là, à pleurer la perte du seul homme qu'elle avait jamais réellement aimé.
Fin.
