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- Rating : M
- Disclaimer : Tous les personnages de cette fic appartiennent à Masashi Kishimoto. Les âges des personnages ne sont pas respectés.
- Titre : J'ai écrit notre avenir.
- Couple : Shisui x Itachi
J'ai écrit notre avenir
Shisui était passionné par la boxe. Lorsqu'il était enfant, il avait essayé d'innombrables sports et activités extra-scolaires, toutes plus différentes les unes que les autres. Il avait essayé la natation, l'escrime, l'art plastique, le piano, le taekwondo… Aucune n'avait su satisfaire son cœur d'enfant. À force de voir leur fils abandonner toutes les activités auxquelles ses parents l'avaient inscrit, ils avaient décidé d'arrêter leur recherche. Il avait abandonné tout ce qu'il avait entrepris, c'était une perte de temps et d'argent pour les parents. Pourtant, lorsque le jeune Shisui leur avait demandé, l'air suppliant, d'essayer la boxe, ils n'avaient pas pu lui refuser mais s'étaient jurés que c'était la dernière fois. Après avoir fait le tour de tous les types de boxe qui existaient, il avait conclu que c'était de la boxe thaïlandaise qu'il voulait faire.
Pour la première fois, à l'âge de neuf ans, Shisui posa les pieds dans une salle de boxe. Le bruit des coups, les sacs volant de toute part, les hommes torses nus sur le ring, la sueur perlant sur les fronts et les respirations essoufflées. Il était tombé amoureux de ce sport. Depuis, et jusqu'à ses dix-sept ans, il n'avait plus jamais lâché sa nouvelle passion. Partout où il allait, il était fier de se présenter comme un boxeur, jurant sur ses ancêtres que ce sport était son unique source de motivation dans la vie.
Shisui frappa le sac de sable avec vigueur et fermeté. Il enchaîna les coups un à un, répétant avec énergie le même enchaînement. Les muscles de son dos chauffaient et se contractaient alors que ceux de ses bras encaissaient tous les chocs. Des gouttes de sueur coulaient sur son torse et son visage. Il maintenu cette endurance durant encore quelques dures secondes où ses poings martelaient leur cible avec violence.
— Et top ! S'exclama son entraîneur. C'est fini.
Shisui s'écarta subitement du sac, rougit à cause l'effort. Il tenta de reprendre sa respiration, essoufflé et sautillant sur place, encore trop excité.
— C'est du bon boulot Shisui, le félicita son entraîneur.
Shisui était fier de lui et de sa prestation. Petit à petit la pression redescendait et il reprenait un rythme cardiaque normal. Il alla jusqu'à ses affaires, posées sur une chaise au fond de la salle, et bu l'entièreté de sa bouteille d'eau. Son coach revint finalement le voir et le félicita de nouveau :
— Mon champion ! S'exclama-t-il. Tu vas faire des ravages au prochain tournoi !
— Ah vous me flattez, coach ! Sourit Shisui.
— Faut bien que je te motive.
— Je le suis déjà.
Il essuya la sueur de son front d'un revers de main. Le coach s'approcha un peu de son élève et lui dit sur le ton de la confidence :
— Et y a pas que dans les tournois que tu dois faire des ravages, hein ?
Il lui envoya une tape amicale sur le torse et Shisui recula en riant.
— Pas tant que ça, nan.
— Ah oui ? J'ai du mal à te croire.
Il posa sa main sur l'épaule du jeune homme et lui chuchota à l'oreille :
— Tu sais, j'ai une nièce qui…
— Oh nan, nan, nan, je vous vois venir ! L'interrompit Shisui.
— Doucement, j'ai encore rien dit !
— Vous allez encore me proposer un date arrangé avec votre nièce.
— Elle est très gentille ! Se justifia le coach, démasqué.
— J'en doute pas, rétorqua Shisui. Mais dans ma vie, il n'y a que les études et la boxe.
— Et tu as tout à fait raison ! Je dis juste que rencontrer une fille ne te ferait pas de mal.
Shisui roula les yeux vers le ciel, ennuyé. Il ne comptait même plus le nombre de fois où son coach lui avait proposé de rencontrer cette fameuse nièce. Mais rencontrer des filles était le cadet de ses soucis. Il attrapa son sac de sport et son manteau, puis se dirigea la sortie, suivit de près par le coach.
— Allez rencontre-la, je suis sûr qu'elle va te plaire !
— Et vous lui avez demandé son avis ?
— Euh… je suis sûr que tu lui plairas aussi, répondit-il.
Shisui trouvait la situation amusante. Un peu lourde et redondante, mais amusante. En tout cas, une chose était claire, jamais il ne rencontrerait cette demoiselle, aussi gentille et belle soit-elle. Shisui ne s'intéressait pas à ça. Il salua son coach en se dirigeant vers les vestiaires et ce dernier lui lança un « on en reparlera ».
Une fois dans les vestiaires, il prit une rapide douche pour se débarrasser de la sueur, puis enfila ses vêtements ainsi que sa doudoune et sortit du club. Dehors, la nuit était noire et contrastait avec le sol blanc maculé. Ses pas crissèrent sous l'épaisse couche de neige, bien qu'elle ne chutait plus depuis quelques heures. Il cacha sa chevelure mouillée sous son bonnet, enfila sa capuche et enfonça ses mains dans ses poches. Il observait la vapeur de son souffle s'échapper vers le ciel froid alors qu'il rejoignait son arrêt de bus. Il attendit patiemment pendant quelques minutes jusqu'à ce que le véhicule apparaisse dans son champ de vision.
Le bus était quasiment vide ce soir aussi. L'intérieur était chaud, du moins plus que l'extérieur. Il s'installa confortablement sur un siège près de la fenêtre et laissa sa tête tomber contre la vitre. La séance l'avait tellement épuisé qu'il aurait pu s'endormir ainsi, bercé par les ronronnements du transport et le paysage opalin qui s'offrait à lui. C'était ce genre de soirée que Shisui aimait.
S'est fatigué que Shisui retrouva son domicile. Il ouvrit la porte, accueillit par la chaleur d'être de retour chez soi après une longue journée. Il souffla, puis retira ses chaussures avant de pénétrer dans le salon pour saluer sa mère.
— Bonsoir mon chéri, lui dit-elle avec un sourire.
Il embrassa sa mère sur le front et elle reprit aussitôt la parole.
— Itachi est là, l'informa-t-elle.
— Itachi ? Fit Shisui, étonné.
— Oui, pour un devoir de sciences je crois.
Shisui chercha dans sa mémoire un quelconque devoir de sciences avant de se remémorer qu'en effet, ils avaient bien un travail à rendre pour le lendemain même. Shisui se frappa le front et lâcha :
— Merde ! J'avais complètement oublié.
— Bah voyons…, commenta sa mère.
— Ça fait longtemps qu'il est arrivé ? Demanda le jeune homme, paniqué.
— Dix minutes. Il est dans ta chambre.
Shisui ne prit pas la peine de répondre et s'en alla aussitôt en direction de sa chambre. Le repos n'était pas pour tout de suite…
Il laissa sa doudoune pendre nonchalamment au porte-manteau et goba les marches de l'escalier une à une jusqu'à sa chambre à l'étage.
Itachi était son meilleur ami depuis la primaire. Ils avaient tout fait, tout vécu ensemble. Ils s'encourageaient et se poussaient mutuellement à aller toujours plus haut. C'était une amitié belle et saine que Shisui ne vendrait pour rien au monde. Itachi était là pour lui, et lui était là pour Itachi.
Il entra en trombe dans sa chambre et découvrit son ami assis sur son lit.
— Yo, salua Shisui pour manifester sa présence.
Il balança son sac de sport dans un coin de sa chambre et remarqua alors que la fenêtre était ouverte. Il se demanda pourquoi Itachi aérait un soir aussi froid et alla la fermer lui-même. Ce n'est qu'à ce moment-là qu'il se rendit compte qu'Itachi ne lui avait toujours pas répondu. Il jeta un œil curieux sur son ami et le découvrit assis, le visage entre les mains. Shisui s'approcha, inquiet, et lui demanda si tout allait bien. Itachi ne bougea pas d'un poil, replié sur lui-même. Shisui s'apprêtait à lui demander à nouveau si tout allait bien, mais il fut pris de court par Itachi qui ouvrit la bouche. Il murmura quelque chose si bas que Shisui ne crut entendre qu'un souffle. Il resta planté là, au milieu de la pièce, à se demander s'il devait forcer ou non. Itachi retira ses mains de son visage et elles retombèrent mollement entre ses cuisses. Son visage paraissait fatigué, comme s'il venait de prendre vingt ans. Il releva légèrement la tête en direction de Shisui et chuchota à nouveau, d'une voix plus distincte :
— Dis-moi que c'est une blague…
Shisui resta silencieux, déconcerté. Il se mit à imaginer tout un tas de catastrophes qui auraient pu arriver. Sa famille avait eu un accident ? Quelqu'un était mort ? Il venait d'apprendre qu'il avait une maladie incurable ? Shisui ne bougea pas, droit comme un pilier, muet comme une carpe. Itachi balança soudainement sa tête en arrière en prenant une grande inspiration. Puis il se leva, il paraissait abattu et ses gestes étaient faibles. Il s'approcha du bureau de Shisui sous le regard inquiet et nerveux de ce dernier. Shisui se tourna pour observer ce que faisait son ami puis son regard se porta sur son bureau, ou plutôt sur ce qui se trouvait dessus, ce qu'Itachi attrapa.
C'est avec horreur qu'il découvrit son « journal intime » comme éventré entre les mains de son ami.
— Ça, indiqua Itachi d'une voix monotone. Tu es
sérieux ?
Subitement sorti de ses gonds, Shisui bondit sur Itachi pour lui arracher le cahier avec violence. Itachi se laissa faire, heurté par la soudaine brutalité de celui qu'il considérait comme son frère.
— Qu'est-ce que tu fous ?! S'époumona Shisui. Ça te regarde pas !
— Ça me regarde pas ? Répéta Itachi, sidéré. Tu écris des récits pornographiques dont je suis le personnage principal et ça ne me regarde pas ?
Le calme avec lequel Itachi répondait déconcertait Shisui qui se sentit rougir furieusement de honte et de rage. Il avait honte d'avoir écrit toutes ces choses. Voilà des mois et des mois désormais que Shisui retranscrivait la moindre de ses pensées obscènes envers son meilleur ami dans ce cahier. Il reprit, enragé :
— Mais c'est ma vie privée ! Si je les ai écrits là au lieu de te les dire c'est pour une raison !
Sa voix se cassait à cause de l'émotion. Des larmes lui parvinrent jusqu'aux yeux et il ne fut plus capable de les retenir. Il se mit alors à déchirer avec fureur les pages du cahier. Il le mit en lambeaux sous les yeux impuissants et choqués de son meilleur ami, qui ne savait même plus comment réagir face à l'accès de colère de Shisui.
Il venait d'être mis à nu. Tous les efforts qu'il faisait depuis des mois, pour enfouir cette attirance envers son meilleur ami, venaient de voler en éclats. Cela faisait quelque temps qu'il s'était rendu compte qu'il ressentait bien plus que de l'amitié pour Itachi. Pas de l'amour non plus, mais une sorte d'attirance physique. Mais impossible pour lui d'assumer, même pas devant sa propre personne. Alors tard le soir, lorsqu'il était certain que personne ne pouvait ni l'entendre ni le voir, il se munissait de sa plume d'écrivain et écrivait.
Il écrivait toutes les scènes érotiques qu'il imaginait entre lui et son meilleur ami. Tout ça dans le but de mettre ses fantasmes à plat sur un bout de papier et ne plus y penser la journée, en sa présence. C'était ce qui lui avait permis de tenir le secret si longtemps.
Mais là, il venait d'être dévoilé. L'objet de ses désirs avait découvert son côté le plus sombre. Le côté qu'il cachait au monde entier, et surtout à Itachi.
— Casse-toi de là ! Lui cria-t-il.
— Attends Shisui, calme-toi ! S'exclama Itachi.
— Non, pars !
Il détourna son regard larmoyant. Ses mains tremblaient et son cœur battait à tout rompre.
— On peut en parler, insista Itachi.
— Non, casse-toi putain, qu'est-ce que tu comprends pas ?!
Effrayé par l'attitude de Shisui, qu'il n'avait jamais vu ainsi, Itachi attrapa son manteau à la vitesse de l'éclair et se dirigea vers la porte d'entrée. Effondré et trop perdu, Shisui ne put même pas remarquer les larmes qui se formaient dans les coins des yeux d'Itachi. Ce dernier s'en alla le cœur serré. Sa poitrine lui faisait mal comme si on lui plantait des coups de couteaux. Il claqua la porte derrière lui et Shisui tomba au sol, harassé. Il laissa quelques larmes couler sur ses joues avant de toutes les balayer d'un revers de main. Il resta par terre pour tenter de faire redescendre la pression, sans succès. Il était rongé par la honte.
Il avait vécu cette scène comme une humiliation.
Son regard se porta lentement sur les morceaux de feuilles éparpillés sur le tapis. Et il lisait, avec un voile flou par-dessus les yeux.
« Itachi me toucha… »
« Itachi m'embrassa… »
« Itachi me lécha… »
Tout ça, c'était lui qu'il l'avait écrit. Il était l'unique responsable de ce qu'il venait de subir.
Shisui frappa le sac de toutes ses forces. Il ne maîtrisait plus rien, ni le niveau de puissance ni la trajectoire de ses coups. On entendait juste le tintamarre de ses poings désordonnés et enragés.
— Reste concentré, fit remarquer son coach.
Mais ses prescriptions entraient dans l'oreille d'un sourd. Shisui était dans sa bulle, cherchant plus à massacrer le pauvre sac de sable qu'autre chose.
— Shisui ! L'interrompit le coach, agacé par son comportement.
Mais Shisui l'ignora et continua de rouer de coups sa cible, tous plus violents les uns que les autres, comme s'il allait la transpercer.
— Ça suffit !
Le coach attrapa Shisui par les épaules et l'éloigna du sac.
- Qu'est-ce que tu me fais là ?! Le gronda le coach.
Shisui ne répondit pas, reprenant peu à peu ses esprits. Il soupira et détourna le regard, ses membres tremblaient encore.
— Tu t'entraînes là, ou tu veux juste taper dessus comme un maçon ?!
— J'sais pas…, répondit Shisui la voix tremblante.
— Tu sais pas ? Répéta le coach, outré du comportement du jeune homme.
Le maître soupira. C'était la première fois qu'il voyait son meilleur élément dans cet état et ça ne lui ressemblait pas. Il décida de ne pas lui mener la vie dure plus que ça, on avait tous le droit à nos moments de faiblesse parfois. Il posa une main amicale sur son épaule et reprit d'une voix calme :
— C'est bon, c'est pas grave, on a tous nos moments difficiles.
L'élève baissa les yeux au sol, ne sachant même pas quoi lui répondre. Après cette performance catastrophique, le coach invita Shisui à quitter l'entraînement pour aller se reposer, comptant sur lui pour être en forme la prochaine fois. Shisui était démoralisé. Il quitta la salle, plus perdu encore qu'à son arrivée.
Cela faisait désormais une semaine depuis qu'Itachi avait découvert son secret. Le sentiment qui enveloppa Shisui lors des premiers jours fut la colère. En colère contre lui-même pour avoir écrit tout ça, en colère pour ne pas avoir assez bien cachés ses écrits. En colère contre le destin pour l'avoir fait découvrir à son meilleur ami et en colère contre Itachi pour l'avoir mis au pied du mur et l'avoir humilié.
Mais au bout de quelques jours, son courroux était retombé. Il se sentit de plus en plus pathétique d'être en colère contre Itachi. Itachi était la victime de l'histoire, le seul responsable ici c'était lui-même.
Puis son sentiment se changea en un sentiment de culpabilité. Plus il repensait à cette scène, ce soir-là, plus il se rendait compte qu'Itachi avait essayé de rester, de comprendre et de s'expliquer. Mais Shisui avait réagi à chaud et ne lui avait laissé aucune chance. Il l'avait viré comme un malpropre. Cinq jours sans la présence d'Itachi, pas même un petit message. C'était dur pour Shisui qui avait passé neuf ans avec lui, au quotidien. Itachi lui manquait.
Il avait pris son courage à deux mains et s'était décidé à le voir, lui parler, lui donner des explications. Il ne savait pas comment cela finirait, ni même s'il voulait ou pouvait encore être ami avec lui après tout ça mais sur le moment, tout ça n'avait pas d'importance. Le plus urgent était de donner à Itachi les explications qu'il méritait de recevoir.
Mais quelque chose l'en empêchait. Shisui était seul tout le temps, il broyait du noir en cours, pendant les récréations et le temps du midi. Perdre son meilleur ami lui avait fait mal au cœur. Pourtant, à chaque fois qu'il posait subtilement ses yeux sur Itachi, quand il le croisait au lycée, Itachi était toujours entouré. Itachi souriait pendant les récréations et s'amusait pendant le temps du midi avec des amis de sa classe.
Shisui avait ressenti un pincement cinglant au cœur en le voyant. Il avait qualifié cet acte de trahison mais au fond c'était une autre manière de définir sa jalousie. Il n'était pas jaloux qu'Itachi ait plus d'amis que lui, il était jaloux que d'autres personnes que lui profite de « son » Itachi. Sa jalousie l'avait replongé dans une colère noire. Quand un garçon passait ses bras autour de ses épaules, il rageait. Pareil pour celui qui rentrait des cours avec et même chose pour celui qui faisait ses devoirs avec lui. Toutes ces places étaient celles de Shisui.
Il pensait que pratiquer de la boxe lui ferait du bien, et pourtant sa prestation du jour était tout aussi lamentable que son comportement. Il sortit du club en retenant des larmes de rage. Il ne pouvait pas le laisser à quelqu'un d'autre, il devait récupérer son Itachi, peu importe que ce dernier veuille de lui ou non. Shisui se rendait bien compte de la toxicité de ses pensées, mais il n'en avait que faire. Se préoccuper de ce genre de chose maintenant allait simplement le décourager.
Il avait besoin de voir Itachi.
Au lieu de s'arrêter à son arrêt de bus habituel, il poursuivit son chemin sur la route d'en face et emprunta le bus dans la direction opposé. Il ne s'installa pas sur un siège mais resta debout, maintenu à une barre pour guetter les arrêts et être sûr de ne pas louper le sien. Dehors, la nuit était noire et la route recouverte d'une fine couche de verglas. Les transports étaient ralentis et le trajet qui prenait d'habitude une dizaine de minutes en prit vingt. Ce furent vingt longues minutes où le jeune homme tenta de ne pas se laisser avoir par sa lâcheté.
« Et s'il ne voulait pas me voir ? »
« Et s'il me rit au nez ? »
« Et si… »
Il priait pour que le bus accélère la cadence, pour vite arriver au domicile de son meilleur ami et se mettre face au fait accompli. Le véhicule arriva enfin à l'arrêt souhaité et Shisui se jeta quasiment hors du bus. À peine descendu, il entama une marche rapide sur ce chemin qu'il connaissait par cœur.
Il n'y avait pas un chat dans les rues. Les seules lumières du quartier étaient celles des lampadaires, éloignés de trente mètres les uns des autres. Les seuls bruits qu'on entendait étaient les bruits de la nuit et les crissements sous les pas de Shisui. Au fur et à mesure qu'il laissait ses empreintes de pas dans la neige, la confiance de Shisui diminuait. L'appréhension grimpa progressivement et la vitesse de sa marche diminua au même rythme. Lentement, ses pas le menèrent jusqu'à Itachi. Il s'arrêta devant la rue pavillonnaire dans laquelle habitait son meilleur ami. De là où il était, il apercevait la maison d'Itachi au coin de la rue.
Son cœur commença à battre la chamade et ses poings se serrèrent dans les poches de son manteau. Il resserra les lanières de son sac de sport sur son dos et ses pieds se remirent en marche, parcourant un pas par seconde. Il se sentait seul face au monde. Sa nervosité empira, il se demandait ce qu'il pourrait bien lui dire. Lui mentir ?
Shisui ne savait pas. Il ne voulait pas mentir. Pourtant, il savait qu'il en serait capable, si la conversation venait à mal tourner, dans l'unique but de garder Itachi près de lui.
Il arriva au pied de la maison de son ami. Il n'entendait même plus les bruits de ses pas tant il était concentré à calmer les tambourinements de son cœur. Ses joues se teintèrent de rouge, redoutant les moments à venir.
Il marcha jusqu'au portillon en prenant un grand souffle mais au moment où il s'apprêtait à toquer à la porte de chez son ami, une fenêtre au-dessus de sa tête s'ouvrit et Shisui ne put s'empêcher d'y jeter un coup d'œil. L'homme à la fenêtre baissa les yeux vers l'inconnu devant chez lui, et les regards de Shisui et d'Itachi se rencontrèrent. Les deux affichèrent une mine choquée et abasourdie par la présence de l'autre. Aussitôt ils détournèrent le regard. Itachi fit mine de regarder au loin alors que Shisui fixait le sol pour masquer ses rougeurs.
La rencontre prématurée avait déstabilisé Shisui, qui ne savait plus comment réagir. Alors, avec timidité, il décida de jouer la carte de l'ignorant et de faire comme si de rien n'était. Il soupira, faisant s'échapper vers le ciel une fine vapeur blanche, puis lança avec une légère timidité :
— A-alors… tu me fais pas entrer ?
Il garda néanmoins le regard au sol, n'osant pas exposer son visage cramoisi à son ami. La fenêtre se ferma aussitôt et Shisui alla rejoindre la porte d'entrée. Il se posta sous l'auvent de la maison et resta perdu dans ses pensées. Il n'arrivait plus à maîtriser les battements de son cœur et ses mains devinrent moites, alors qu'il faisait moins cinq degrés dehors. La porte tardait à se faire ouvrir. Cinq minutes plus tard, Shisui était encore au même endroit. L'hypothèse qu'Itachi ne veuille simplement pas le voir lui traversa alors l'esprit. De toute façon il était résigné. Même si Itachi ne voulait pas ouvrir la porte, il escaladerait la façade de la maison, comme il le faisait quand il avait dix ans, pour entrer par la fenêtre.
Mais rien de tout ça n'arriva puisque la porte finit par s'entrouvrir lentement. Shisui jeta un œil hésitant à l'intérieur de la bâtisse et il tomba nez à nez avec Itachi qui recula brutalement d'un mètre en arrière. Shisui rougit furieusement et dut se forcer à pénétrer l'enceinte de la maison, trop gêné. Il se débarrassa de ses chaussures en continuant de fixer le sol. Itachi lui, était planté au milieu du couloir, sans trop savoir quoi dire ni quoi faire. Shisui avança de quelques pas dans le couloir, éclairé uniquement par la lumière du salon, et il jeta un coup d'œil à la pièce, trouvant la maisonnée un peu trop silencieuse. Itachi dut comprendre ce à quoi pensait Shisui puisqu'il expliqua sans attendre :
— Mes parents sont pas là, dit-il d'une voix faible.
— Sasuke ? Demanda Shisui, gêné.
— Non plus.
Shisui sentit une sensation étrange naître dans son ventre. Une sensation d'appréhension et qui pourtant vous donnait l'envie de sourie en coin. Ce sentiment lui réchauffa tout le bas-ventre et il savait très bien, au fond, quel était cette sensation. Il n'était pas fier de la ressentir maintenant, mais le fait de se dire qu'ils étaient seuls, chez Itachi, un soir d'hiver, ne fit que chauffer encore plus autre chose que ses joues.
— Viens, l'invita Itachi.
Le jeune homme fit volte-face en direction de l'escalier, talonné par son meilleur ami. L'atmosphère était pesante. Tous deux connaissaient la raison de la venue de Shisui, mais aucun des deux ne pouvait prédire la suite des événements. Les deux jeunes hommes arrivèrent dans la chambre d'Itachi, éclairée par sa simple lampe de chevet, offrant une ambiance tamisée à la pièce. Itachi alla s'installer sur son lit alors que Shisui resta debout pour se déshabiller. Il retira son manteau et son sac à dos, qu'il posa dans un coin de la pièce. Lorsqu'il eut fini de se mettre à l'aise, Itachi se releva subitement de son lit et vint faire face à son meilleur ami, de la confiance gagnant son regard.
- Il faut qu'on parle, et sérieusement, débuta Itachi.
Ça y est. Il y était.
Itachi releva la tête pour regarder Shisui dans les yeux. Ce dernier était plus petit que son ami et devait lever les yeux pour pouvoir lui faire face. Il planta ses mains dans ses poches pour tenter de se décontracter un peu, mais Shisui pouvait nettement voir à quel point Itachi était nerveux. Peut-être même plus que lui.
— Sans que tu t'énerves cette fois, compléta Itachi.
— Pardon…, murmura Shisui.
— C'est pas bien grave, rétorqua Itachi.
— Non, c'est pas ça. Pardon pour tout. Pour avoir… écrit tout ça, pour te l'avoir caché, t'avoir viré de chez moi et… pardon de t'en avoir voulu alors que j'étais l'unique responsable.
— Tu m'en a voulu ? Fit Itachi, étonné.
— Pardon aussi… d'avoir eu toutes ces pensées, avoua-t-il à demi-mots.
Itachi se rapprocha de son ami, réduisant leur écart d'un mètre à quelques centimètres seulement.
— Comment ? Dit-il.
- Pardon d'avoir ressenti tout ça…
Les mots étaient forcés par Shisui qui avait le besoin de les faire sortir, mais sa bouche parlait alors que son regard fuyait et que son visage s'éloignait, au fur et à mesure qu'Itachi approchait le sien.
— On ne peut pas en vouloir à quelqu'un d'avoir ressenti quelque chose, répondit Itachi à voix basse. Mais qu'as-tu ressenti ?
La question laissa Shisui sans voix. Son corps entier était en ébullition et c'était peut-être la seule occasion pour lui d'avouer à Itachi tout ce qu'il avait éprouvé, mais il fallait qu'il soit capable de le faire.
— Qu-qu'est-ce que tu-tu veux dire… ? Bégaya-t-il. Tu as lu !
— Oui j'ai lu, confirma Itachi. Tu voulais me toucher…
— Arrête, intervint Shisui d'une voix suppliante.
— Ou tu voulais que je te touche ?
Il y eut un soudain moment de latence durant lequel aucun des deux n'osa prendre la parole. Shisui n'avait pas bien compris la nuance du propos d'Itachi, mais plus la phrase montait au cerveau, plus il en comprenait la subtilité.
— Tu écrivais plus « Itachi me faisait ceci… » plutôt que « Je faisais cela… à Itachi ». Est-ce qu'il y a une raison ?
— Non ! Je ne sais pas…, avoua Shisui.
Il était venu ici pour en découdre, mais avoir Itachi physiquement si près de lui rendait la tâche plus dure.
— Itachi, l'interpella Shisui mal à l'aise. Tout ça n'était que… des fantasmes. Ce n'est pas réel…
— Shisui, l'interrompit-il.
- Je veux qu'on soit ami, l'ignora Shisui. Et qu'on fasse comme si ces horreurs n'avaient jamais existé.
- Shisui ! Je ne peux pas.
Ledit Shisui plongea son regard abattu dans celui de son meilleur ami. Ce qu'il redoutait le plus était en train d'arriver. Il était en train de perdre son ami.
— Ce que tu as écrit, reprit timidement Itachi. J'ai envie d'essayer.
Les yeux de Shisui s'écarquillèrent au point où il crut que sa rétine allait sécher. Son cœur lâcha des battements tels des bombes et son corps se figea sur place. Il avait du mal à croire ce qu'il venait d'entendre. Un silence mortuaire prit place dans la chambre. Itachi tenta de récupérer le contact visuel avec Shisui mais ce dernier semblait trop sous le choc, comme si ses yeux le regardaient lui et le vide à la fois.
— Shisui ?
Itachi leva légèrement les pieds et posa son front contre celui de son meilleur ami. Il murmura :
— Je ne sais pas trop ce qui me prend, ni pourquoi, mais l'idée de… enfin… ça ne me déplaît pas.
Shisui semblait percuter, la cadence des battements de son cœur accélérait dangereusement.
— Qu'est-ce que… qu'est-ce qui ne te déplaît pas ? Demanda Shisui, le cœur battant.
- Eh bien…
Avant qu'il ne puisse répondre à la question, Itachi tenta de le faire comprendre plus qu'avec des mots et posa ses lèvres contre celles de Shisui. Ce dernier fronça les sourcils et ferma instinctivement les yeux. Il n'arrivait pas à croire ce qui était en train de lui arriver.
Le baiser fut timide. Aucun de deux hommes ne bougea, leurs lèvres ne firent que se toucher mais Itachi mit fin à ce contact doux et soft. Shisui eut un mal fou à contrôler sa respiration, désordonnée à cause de ses sentiments perdus.
— Qu'est-ce qui te prend, Itachi ? Murmura-t-il contre les lèvres de son meilleur ami.
En guise de réponse, Itachi l'embrassa à nouveau, avec légèrement plus de fermeté. Shisui se laissa totalement fondre sous la bouche d'Itachi, conquit par les prises en main de ce dernier. Et cette fois, leurs lèvres se murent lentement et avec désir. Itachi coupa prématurément leur baiser et regarda Shisui d'un regard embrasé et fiévreux.
— Je m'arrête ? Demanda-t-il.
— Non…, gémit Shisui contre ses lèvres.
Leurs lèvres se scellèrent pour un troisième baiser, bien moins hésitant que les deux premiers. Shisui posa ses mains avec délicatesse sur la taille de son ami. Il savourait ses lèvres comme s'il goûtait à son dessert préféré. Leur baiser s'entrecoupait par de courtes pauses pour reprendre leurs respirations, mais ils se recollaient l'un à l'autre aussitôt. Les mains de Shisui se pressaient contre les flancs d'Itachi, le rapprochant encore un peu de lui.
La chaleur qui avait pris place dans les entrailles de Shisui s'était transformée en un incendie et se propageait dans le reste de son corps. Itachi glissa ses mains dans la chevelure de son meilleur ami. Il l'étreignait avec amour et l'embrassait avec désir. Ainsi plaqué l'un contre l'autre, Itachi ne mit pas longtemps avant de sentir l'érection de Shisui contre lui. Il mit alors fin à leur baiser et l'observa quelques secondes sans rien dire.
Shisui avait les joues rougies, le cœur battant et la respiration haletante. Il regardait Itachi en retour, sans un mot. Il avait imaginé tout un tas de scénarios pour cet entretien, mais à aucun moment il ne s'était douté que cela finirait ainsi. Et s'il l'avait su, il n'aurait pas attendu une semaine avant de revenir le voir. Itachi glissa sa main jusqu'à celle de Shisui et caressa son bras sur la route. Il attrapa sa main et le tira jusqu'à son lit. Shisui se laissa faire. Il le bouscula et Shisui tomba sur le dos contre le matelas. Itachi vint lentement placer ses cuisses de part et d'autre de son corps et s'assit à califourchon sur lui.
Le cœur de Shisui s'emballa. Itachi s'abaissa au niveau de son cou et tira légèrement sur ses vêtements pour libérer sa peau et y déposer quelques baisers humides. Shisui ferma les yeux et laissa échapper quelques longs soupirs. Il avait imaginé cette scène plus d'une dizaine de fois, mais son imagination n'équivalait pas la réalité. Sentir le vrai Itachi contre lui était quelque chose d'indescriptible. Itachi était lent et sensuel. Shisui était tellement bouleversé qu'il ne savait pas s'il se délectait de cette lenteur ou s'il voulait que son ami aille plus vite.
Itachi laissa tomber les baisers pour lécher le cou de Shisui. Sa main alla agripper la chevelure courte de ce dernier pour le forcer à plier la tête en arrière et lui offrir un meilleur accès. Jamais Shisui ne pensait le dire un jour, mais voir Itachi prendre les devants l'excitait énormément. Son érection était de plus en plus dure, il se demandait même si Itachi arrivait à ne pas la sentir alors qu'il était installé dessus.
La compression de son sexe le frustrait déjà, et pourtant Itachi n'en était encore qu'au stade des baisers dans le cou.
Shisui lâcha un râle rauque alors qu'Itachi mordillait la peau de son cou, avant que finalement une question ne vienne lui tarauder l'esprit. Il prit le visage d'Itachi entre ses mains pour le forcer à le regarder et découvrit le visage rougi de son meilleur ami, les lèvres humides et enflées. Shisui trouva cette image horriblement érotique. Il demanda d'une voix grave et essoufflée :
— Qu'est-ce qui te prend Itachi ? La semaine dernière tu étais contre…
Itachi baissa les yeux, comme s'il ne voulait pas donner de réponse. Il caressa le torse de Shisui de sa longueur avant d'attraper le bas de son t-shirt pour le lui retirer. Shisui se releva sur ses coudes et Itachi fit glisser le vêtement le long de son corps puis le jeta au sol. Il rallongea Shisui en le tenant par la gorge et ce dernier retint un gémissement. Il n'aurait jamais cru apprécier autant la poigne de son meilleur ami sur son cou, à tel point qu'il aurait presque envie qu'Itachi le serre un peu plus fort. Ce dernier l'observa, de bas en haut, passant sur lui un regard provocateur. Lorsque leurs regards se rencontrèrent, Shisui voulu détourner les yeux, gêné par ce côté entreprenant d'Itachi qu'il ne connaissait pas. Celui-ci soupira, avant de prendre la parole.
— C'est parce que… Je ne veux pas te perdre.
Itachi donnait l'impression d'être sûr de lui, de par ses actes, et pourtant sa voix tremblait comme s'il se jetait dans quelque chose qu'il ne maîtrisait pas lui-même.
— Me perdre ? Demanda Shisui en rougissant.
— S'il faut qu'on couche ensemble pour que tu restes à mes côtés, alors je le ferai.
Itachi s'allongea sur le corps de Shisui et déposa ses lèvres sur les siennes. Shisui allait approfondir le baiser mais Itachi l'arrêta et chuchota :
— Je ferais n'importe quoi pour toi. Tout ce que tu voudras.
Ils s'embrassèrent à nouveau. À ce moment-là, Shisui se rendit compte de l'impact qu'il avait sur son meilleur ami et à quel point il abusait de la loyauté qu'Itachi lui vouait.
— Si tu ne veux pas…, chuchota Shisui entre deux baisers.
— Je le veux, le coupa-t-il.
Pour ponctuer ses dires, Itachi fit lentement descendre sa main sur son corps, jusqu'à son entrejambe sur laquelle il s'arrêta. Shisui ferma les yeux et soupira d'aise et de frustration à la fois. Le baiser devint de plus en plus charnel à mesure que des bruits de succion et des gémissements imprégnaient la pièce. Itachi se fraya un chemin avec sa langue jusqu'à celle de son meilleur ami et Shisui lui permit l'accès sans réfléchir. Jamais personne ne l'avait embrassé de cette façon, la sensation de la langue d'Itachi contre la sienne le rendait fou. Il était à deux doigts de supplier Itachi de le déshabiller et de le toucher. Comme si ce dernier avait compris les intentions de Shisui, il lui demanda :
— Qu'est-ce qu'il y a ?
— Va plus vite…, avoua Shisui, impatient.
— Chut.
Il l'embrassa d'une lenteur taquine et le bout de ses doigts caressèrent son torse à la même vitesse. Il arriva à la hauteur de ses tétons qu'il effleura seulement du bout des ongles, en un mouvement circulaire. Shisui gémit d'insatisfaction et Itachi sourit contre ses lèvres. Ses doigts redescendirent jusqu'aux abdos de son meilleur ami qu'il chatouilla. Il poursuivit sa descente jusqu'à la ligne de son pantalon, qu'il ne traversa pas, et se contenta de dévier jusqu'à ses hanches. Il remonta à nouveau sur ses tétons en effleurant la peau de Shisui, qui se tendit et frissonna.
— Accélère putain, s'emballa Shisui.
Itachi obéit en souriant et ses doigts allèrent titiller ses mamelons. Il s'abaissa légèrement et joua avec l'un d'entre eux, à l'aide de sa langue et de ses dents, qu'il mordilla.
— Hmm, soupira Shisui.
— Tu aimes ? Demanda Itachi.
— Hum…, répondit Shisui, gêné.
— Ça veut dire quoi « hum » ? Demanda Itachi, l'air joueur.
Shisui ne répondit pas et Itachi se décolla alors, laissant le vide et une sensation de froideur s'emparer du corps du jeune homme.
— Itachi, geint-il. Tu fais chier.
— Peut-être que si tu étais plus coopératif, je le serais aussi.
— Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Se plaignit-il en rougissant.
Itachi soupira. De toute façon il était décidé, ce soir il n'était pas là pour se faire plaisir lui, mais uniquement pour faire plaisir à son meilleur ami. Il était prêt à céder à tous ses caprices. Il défit le nœud au niveau de la ceinture du jogging de Shisui et ce dernier se délectait déjà de la suite des événements. Itachi se releva du lit, le temps de faire glisser le pantalon de Shisui le long de ses jambes musclées. Shisui regarda Itachi faire sans rien dire, son cœur battait la chamade et il appréhendait la suite. Quand Itachi eut fini sa tâche, Shisui l'invita à s'asseoir à nouveau sur lui. Itachi déglutit lorsqu'il reprit place sur les cuisses de son meilleur ami. Désormais, le fin tissu de son caleçon était la seule chose qui le séparait du sexe de Shisui. Lui-même commençait à sentir son entrejambe à l'étroit.
Il caressa lentement ses cuisses, de l'intérieur à l'extérieur tout en admirant le corps de son meilleur ami.
— Tu es… vraiment beau, avoua-t-il à voix basse.
— C'est pas après moi que toutes les filles courent, rétorqua Shisui, gêné du compliment que venait de lui faire Itachi.
— Qu'est-ce que tu en as à faire des filles ?
Shisui détourna le regard et Itachi reprit aussitôt.
— J'ai toujours jalousé ta virilité…
— Qu'est-ce que tu racontes ? Fit Shisui étonné et mal à l'aise. On a la même chose entre les jambes…
— C'est vrai, confirma Itachi.
Shisui comprenait là où voulait en venir Itachi. Itachi était plus petit de taille, avait la peau plus blanche, les cheveux longs et moins de musculature apparente. Tous ces éléments avaient dû faire sentir à Itachi qu'il était moins viril que son meilleur ami. Il pouvait aussi deviner, à la manière dont il avait de regarder sa verge en érection, que celle d'Itachi était certainement plus petite que celle de Shisui…
— C'est rien ça, c'est que des caractéristiques physiques, le rassura Shisui.
— Tu as raison, répondit Itachi avec un sourire malicieux. Tu as beau être plus viril, c'est moi qui suis au-dessus.
Alors qu'il s'attendait à ce que Shisui démente ses affirmations, il fut étonné de voir un air sérieux prendre place sur le visage de ce dernier. Contre toute attente, Shisui confessa :
— Oui, c'est toi qui es au-dessus.
Les yeux d'Itachi devinrent ronds comme des billes. Il s'attendait à tout, sauf à cette réponse. Soudainement, les écrits de Shisui lui revinrent en tête. Il s'en souvenait encore parfaitement. À chaque fois qu'il y avait une scène où Shisui pénétrait Itachi, celle-ci était généralement moins bien détaillée que le reste du récit, voire bâclée. Peut-être que Shisui écrivait ces scènes sans vraiment y prendre du plaisir. Finalement, tout s'emboita dans l'esprit d'Itachi. La manière qu'il avait de décrire ses scènes, de rester passif face à un Itachi entreprenant, et ces aveux. Malgré ses grands airs de boxeur et de mâle alpha, le réel fantasme de Shisui était d'être dominé par Itachi.
Il l'observa, encore choqué de sa découverte, puis Shisui se mit à rougir comme une petite fille et demanda :
— Quoi ?
— Non rien…
Itachi ne voulait rien dire, il avait peur que son meilleur ami se braque, refusant d'avouer ses fantasmes les plus profonds. Il passa sa main sur la verge de Shisui, par-dessus son caleçon, et se mit soudainement à la masser lentement. Shisui gémit de surprise et ses cuisses se contractèrent sous le corps d'Itachi.
— Tu pourrais prévenir.
Il plaqua sa main contre sa bouche, légèrement honteux d'avoir fait ce genre de bruit ouvertement. Itachi se pencha sur les lèvres de Shisui et l'embrassa pour l'aider à le mettre en confiance. En même temps, il commença à abaisser le caleçon de son ami qui semblait hésitant, mais le laissait faire pour autant. Une fois complètement nu, il n'osait plus du tout regarder Itachi et son regard restait planté sur les draps. Itachi découvrit alors le membre de Shisui, tendu et excité. Il laissa ses lèvres de côté pour descendre ses baisers progressivement jusqu'au bas de son ventre. Le corps de Shisui se mit à trembler d'excitation.
Itachi se releva et recula légèrement, il attrapa le sexe de Shisui entre ses doigts et le caressa. Ce dernier ferma les yeux, ne pouvant plus supporter de voir le visage d'Itachi se diriger dangereusement vers l'intérieur de ses cuisses. Par réflexe, Shisui écarta les jambes et laissa Itachi s'installer entre. Il effleurait et embrassait lentement sa peau le long de ses cuisses. Shisui fut forcé de s'accrocher aux barres du lit pour contrôler les contractions dont son corps était pris. Plus les lèvres d'Itachi approchaient de sa verge, plus il avait du mal à se retenir de gémir. Itachi cessa ses caresses quelques secondes et ce court moment suffit à Shisui pour rouvrir les yeux et tomber sur le visage rougit d'Itachi, embrassant le haut du sexe de son ami. Il soupira un grand coup et une de ses mains vint s'agripper à la chevelure d'Itachi.
Petit à petit, ses lèvres descendirent jusqu'à la base de son sexe et Shisui se délectait de sentir la langue d'Itachi. Pourtant, au moment où il allait le lécher, un soudain bruit de porte qui claque se fit entendre dans le salon et les deux garçons se relevèrent brusquement du lit et se regardèrent anxieusement.
— C'est nous ! Fit la voix de la mère d'Itachi.
On entendit alors des bruits en bas, dont les pas de Sasuke qui montait les escaliers. En proie à la panique, Itachi se jeta sur la porte de sa chambre, qu'il ferma à clé, et Shisui bondit sur ses vêtements, qu'il enfila un à un, à la vitesse de l'éclair. Il murmura des insultes les unes à la suite des autres, affolé, et tentait de récupérer toutes ses affaires. Des tambourinements se firent entendre de l'autre côté de la porte et la voix du jeune Sasuke s'exclama :
— Ouvre grand-frère, c'est moi !
— A-attends Sasuke… trente secondes s'il te plaît !
Shisui n'était pas le seul qui devait se cacher puisque Itachi essayait de trouver une position convenable à son pénis, sous ses vêtements, pour ne pas que ses parents remarquent l'érection. Il se tourna vers Shisui, agité, et remarqua que ce dernier avait fini de s'habiller.
— Je vais rentrer, informa Shisui.
Itachi opina du chef et vérifia également si Shisui avait, comme lui, réussit à cacher son érection. Tout semblait correct, mis à part les rougeurs sur le visage de Shisui qui peinaient à disparaître. Itachi ouvrit la porte et Sasuke entra en trombe pour câliner son frère. Il remarqua alors la présence de Shisui, assis sur le lit de son frère. Il courut vers lui sans réfléchir et le câlina également. Shisui lui rendit son étreinte en souriant et Sasuke s'exprima :
— Je savais pas que tu étais là ! Vous faisiez quoi ?
— Un devoir de sciences…, mentit Shisui.
Itachi rit à cette remarque. Elle lui rappela le soir de leur dispute, où ils n'avaient jamais pu faire ce fameux devoir de sciences. Mikoto, la mère d'Itachi, monta avec lassitude les escaliers et passa devant la chambre de son fils le plus âgé. C'est avec surprise qu'elle découvrit Shisui à l'intérieur.
— Bonsoir, fit timidement ce dernier.
— Bonsoir Shisui, lui sourit-elle. Itachi ne nous avait pas prévenus que tu viendrais.
— Je suis vraiment désolé, répondit Shisui. Je suis passé à l'improviste pour régler un détail sur notre devoir.
— Aucun soucis, tu veux rester dormir ce soir ? Lui proposa-t-elle.
Itachi jeta un coup d'œil à son meilleur ami. Shisui eut du mal à décrypter ce qu'il voulait dire, il ne savait pas trop s'il voulait qu'il reste, mais Shisui décida tout de même de refuser l'offre.
— Tu ne vas pas rentrer aussi tard, seul, alors qu'il y a une tempête de neige dehors ! S'exclama-t-elle.
Le dernier membre de la famille les rejoint de la chambre de l'aînée et Fugaku, le père, salua Shisui avec respect. Il avait entendu la conversation depuis le salon alors il était monté proposer à Shisui de la raccompagner chez lui en voiture. Itachi sembla légèrement déçu et il ne remarqua pas que son père avait noté cette mine boudeuse sur le visage de son fils. Shisui offrit alors une étreinte au petit Sasuke avant de récupérer son manteau et son sac de sport dans le coin de la chambre. Son érection n'était pas partie mais il devait faire tout son possible pour que les parents d'Itachi ne la remarque pas. Il salua Mikoto puis lança un dernier regard en direction de son meilleur ami et le salua à son tour. Itachi lui répondit par un simple au revoir de la main. Leurs regards étaient lourds de sens. Ils étaient dégoûtés d'avoir été interrompus à un si bon moment. Mais au fond, les deux savaient pertinemment que ce n'était pas la dernière fois qu'ils auraient une relation.
Shisui quitta la pièce et prit sa chaleur réconfortante avec lui. Il fut suivi de près par le père d'Itachi, puis par Sasuke qui demanda joyeusement s'il pouvait les accompagner. Le petit monde autour d'Itachi se dissipa, et la seule personne à être restée fut sa mère. Lorsque les garçons furent en bas des escaliers, elle demanda à son fils sur le ton de la confidence :
— Ça va ? Tu as l'air triste.
Itachi détourna le regard, gêné qu'elle ait remarqué, mais il décida finalement d'avouer timidement :
— Shisui ne peut pas rester ?
— Euh, bien sûr que si, répondit Mikoto, étonnée. Je pensais qu'il ne voulait pas.
— Je pensais aussi, répondit Itachi. Mais j'ai envie qu'il reste ce soir.
Mikoto afficha un léger sourire attendri sur le visage. Elle savait à quel point Itachi était attaché à son meilleur ami, et ce depuis l'enfance. Mais elle ne se doutait pas jusqu'où pouvait aller son amour pour lui… Elle se décala de la porte pour laisser passer son fils qui se jeta presque hors de sa chambre. Il dévala les escaliers dans l'espoir que son père ne soit pas encore parti. Il déboula dans le hall, ouvrit brusquement la porte d'entrée, puis tomba sur la voiture de son père garée devant, prête à partir.
— Shisui ! S'exclama Itachi.
Ce dernier était déjà installé dans le véhicule. Les vitres étaient fermées à cause du vent qui soufflait et de la neige qui tombait à flots. Itachi avait bien peur que son meilleur ami ne l'entende pas de là où il était, la tempête recouvrant sa voix. Mais conte tout attente, Shisui se tourna dans la direction d'Itachi et fit les gros yeux en voyant ce dernier en pyjama sur le perron. Il s'excusa auprès de Fugaku avant de sortir en trombe de la voiture pour rejoindre Itachi.
— Qu'est-ce que tu fais ? S'écria Shisui en venant vers lui. Il fait moins cinq, rentre chez toi !
— Tu me manques déjà, avoua honnêtement Itachi.
Shisui s'arrêta net face à lui, son visage était rougi, et ce n'était pas dû qu'au froid.
— Itachi…
Il plaça une main sur son épaule qui, discrètement, caressait sa nuque du bout des doigts.
— N'éveillons pas les soupçons, répondit Shisui. On a tout notre temps pour ça…
Il lui offrit un sourire qui se voulait réconfortant mais Itachi paraissait encore plus déçu que lorsqu'il était dans sa chambre. Shisui jeta un vif coup d'œil en direction de Fugaku et remarqua qu'il les observait. Il se ravisa alors d'embrasser Itachi.
— Ce soir…, reprit Shisui. FaceTime ?
Itachi fut gêné de la proposition de Shisui mais il finit par hocher la tête. Shisui rit et s'éloigna en lui faisant un clin d'œil allusif en murmurant :
— À ce soir.
Shisui quitta Itachi et reprit place auprès de Fugaku dans le véhicule. La voiture démarra, et au bout de quelques secondes, elle passa lentement devant Itachi au milieu de la neige. Il croisa le regard de son père, celui de Shisui, et enfin celui de Sasuke qui lui faisait un au revoir de main, innocent. Itachi rit à cette vision, puis resta attentivement à l'entrée, à regarder la voiture disparaître dans la tempête.
Son cœur se réchauffa au même titre qu'il se pinça. Cette nouvelle relation lui plaisait, du moins elle le devait. C'était lui qui avait insisté pour s'offrir à Shisui, dans l'unique but de lui faire plaisir. Bien qu'il aimait finalement ça, il ne savait pas trop quoi en penser. Il avait cette légère impression qu'en continuant sur cette voie, leur relation deviendrait certainement de plus en plus toxique.
FIN
