LE DON D'UN MARAUDEUR
RÉSUMÉ – Depuis qu'il a cinq ans, James Voit le jour de sa mort. Quand il comprend qu'il est un Voyant, James promet de se battre pour changer son futur. Pour changer le futur de sa famille.
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ÉTÉ 1971
Prologue - Vision
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15 août 1971
« Lily ! Prends Harry et va-t'en ! C'est lui ! Va-t'en ! Je vais le retenir. »
Le bruit de Lily qui trébuchait fit accélérer le cœur de James, alors qu'une porte s'ouvrait à la volée. Il entendit Lily monter les marches, Harry pleurant dans ses bras. James ne réfléchit pas une seule seconde et se précipita vers l'entrée de sa maison.
Il se retrouva face à un homme encapuchonné. Ils se regardèrent, quelques secondes, quelques minutes... James ne pouvait pas compter, mais il eut l'impression que tout se déroula en une fraction de seconde. Tout ce qu'il voyait c'étaient les deux yeux rouge sang qui le fixaient avec machiavélisme, avec victoire. L'homme encapuchonné gloussa d'un rire suraigu... Il leva sa baguette... James ne put rien faire alors qu'un éclair de lumière verte fonçait sur lui. Et ce fut la fin.
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James Potter se réveilla en sursaut, quand son cœur arrêta de battre. Il avait l'impression qu'un poids s'était posé sur sa poitrine. Il avait mal, c'était douloureux et il n'avait pas besoin de regarder pour savoir qu'il avait mal là où le sort l'avait touché dans son cauchemar.
Il eut à peine le temps de se pencher au-dessus de son lit qu'il vomit toutes ses tripes, le souffle court, les larmes aux yeux. Il avait l'impression d'être mort. Pourtant son cœur battait à la chamade, il était ruisselant de sueur et il s'entendait respirer, mais il ne pouvait pas s'empêcher d'y croire. Il était mort. Il venait de se faire tuer. La douleur à sa poitrine en témoignait.
– Maître James ! Maître James ! couina une petite voix.
James entendit Mifsti, l'elfe de maison des Potter l'appeler, mais il ne pouvait pas répondre. Il était à moitié allongé dans son lit, le souffle court, les membres douloureux. Il avait l'impression d'être en feu. Il avait l'impression que chaque partie de son corps le brûlait, alors qu'une douleur terrible explosait dans sa tête et le fit pleurer.
– Oh, James, mon chéri ! s'écria Euphemia Potter, sa mère.
James s'effondra dans les bras de sa mère, incapable de s'arrêter de pleurer, comme si cela pouvait l'aider à aller mieux, à oublier la douleur qu'il ressentait. Il avait l'impression qu'il allait mourir si cette douleur ne s'arrêtait pas. Il pouvait à peine respirer, comme si quelque chose était bloqué en travers de sa gorge.
Les images de son rêve ne cessaient de revenir inlassablement dans sa tête. Il était incapable de les oublier. Il ne pouvait pas les oublier. Le rire suraigu... Il avait mal, il avait peur. Si peur...
Il avait l'impression d'être toujours dans son cauchemar, incapable d'en sortir, incapable de reprendre pied avec la réalité. Tout ce qu'il voyait c'était cette lueur verte. Cette douleur.
Et Harry ? Et Lily ? Tout ce qu'il pouvait penser, tout ce qu'il espérait c'était qu'il avait réussi à les sauver... Leur avait-il laissé assez de temps pour échapper au monstre aux yeux rouges ?
– James.
La voix claire de son père réussit presque à le sortir de sa torpeur. Il releva sa tête et fixa son père face à lui, à travers ses larmes, incapable de bouger. Il sentit la main froide de son père sur son front, mais cela ne l'apaisa pas. Il avait toujours ce feu intérieur en lui, qui le consumait, au fur et à mesure qu'il se remémorait son cauchemar...
– Tiens.
Son père lui glissa dans la main un carnet que James avait appris à aimer et à haïr à la fois.
Compulsivement, presque en arrachant les feuilles de parchemin, James dessina son cauchemar, sans même regarder le papier. Il n'en avait pas besoin. Il savait quoi dessiner le sort vert et les yeux rouges. Les mots « Lily » et « Harry ». Les pleurs d'un bébé. Le souvenir d'une chevelure de feu qui s'enfuyait avec hâte.
Quand il eut terminé, James prit une grande respiration et il eut l'impression que le voile noir devant ses yeux s'estompait. Il jeta le carnet sur le sol et pleura de nouveau contre ses parents qui l'entouraient de leurs bras.
Harry. Le souvenir de ce Harry était ce qui le tourmentait le plus. Allait-il s'en sortir ? Son fils allait-il s'en sortir ? Il devait vivre... Il ne pouvait pas imaginer que son fils ne meurt comme ça, qu'il n'ait pas réussi à le sauver...
– Tiens, bois mon chaton, dit sa mère en lui tendant une tasse de thé que James but d'une traite.
Il secoua sa tête, comme pour sortir de sa torpeur, et se sentit à peine partir dans le sommeil.
...
James se réveilla quelques heures plus tard en s'étirant comme un chat. Il frotta ses yeux paisiblement, bailla à s'en décrocher la mâchoire, avant de se souvenir de ce qu'il s'était passé cette nuit. Il se releva brusquement sur son lit en position assise, faisant sursauter sa mère qui lisait un livre à ses côtés, une main caressant ses cheveux.
– Tu es réveillé chaton ? demanda sa mère avec douceur.
Elle posa son regard inquisiteur sur lui et James hocha sa tête, en rougissant de honte. C'était toujours la même chose suite à ses cauchemars. Il avait honte et il se sentait si faible... Oublié le courage des Gryffondors.
– Je vais bien, assura-t-il en grimaçant un sourire et essayant de masquer sa voix rauque due aux larmes versées.
Sa mère hocha sa tête à son tour, comme si elle ne le croyait pas vraiment, mais qu'elle préférait faire semblant. Elle lui désigna d'un signe de la main son carnet noir posé sur sa table de chevet, mais James détourna le regard et se leva brusquement. Il ne voulait pas... non, il ne pouvait pas le regarder. Il n'en avait pas besoin. Il se souvenait des détails par cœur. En fait, il était rare qu'il ouvre ce carnet quand il était conscient.
Si ce carnet l'avait toujours aidé dans ses crises, pour extérioriser ses cauchemars, et que grâce à lui il pouvait se sortir le plus vite possible de ses terreurs nocturnes, il symbolisait sa faiblesse. Il symbolisait à quel point il n'était pas un vrai Gryffondor, à quel point il était terrifié et lâche. Il représentait sa plus grande honte.
– Petit-déjeuner ? fit sa mère en lui ébouriffant les cheveux en passant à ses côtés.
– Je veux bien, sourit James content de voir qu'ils changeaient de sujet. Où est papa ?
– À Gringotts, il avait des affaires à régler. Il m'a dit qu'il serait là pour le déjeuner.
James dégusta avec hâte les pancakes servis par Mifsti, comme s'il n'avait pas mangé depuis des jours. Il sentait le regard inquiet de sa mère sur lui, mais il préférait ne pas y penser. Il savait qu'elle était inquiète. Ses parents l'avaient toujours couvé énormément, s'assurant qu'il ait tout ce dont il désirait, le choyant et l'aimant plus que de raisons.
Si James adorait la complicité qu'il avait avec ses parents, cette attention constante était parfois étouffante et il aurait aimé, après des nuits comme cela, pouvoir rester seul dans sa chambre à réfléchir. Mais il savait parfaitement que sa mère ne le lâcherait pas de la journée, comme si elle avait peur qu'il ne fasse une attaque en pleine journée.
– On va toujours sur le Chemin de Traverse aujourd'hui ? s'enquit James en croisant les doigts sous la table.
– Si tu t'en sens capable, souffla sa mère en fronçant légèrement ses sourcils. Ton père voulait nous accompagner. Nous pouvons l'attendre.
– Vous allez m'acheter un balai ? demanda James avec espoir.
– James, on ne quémande pas ce genre de choses. Tu as déjà un balai ici. Et puis, je te le rappelle, tu n'as pas le droit d'avoir un balai en première année, répondit sa mère d'un ton faussement sévère.
– Cette règle est stupide, soupira James en levant ses yeux au ciel. Je veux dire... Je suis doué, maman ! Et je ne vais même pas pouvoir m'entraîner pendant une année entière ! Tu te rends compte ?
– Tu pourras toujours utiliser les balais de l'école, dit sa mère avec un manque de conviction évident alors que James lui jetait un regard équivoque qui la fit rigoler.
– Tu utilisais les balais de l'école quand tu étais à Poudlard ? s'étonna James.
– Non, admit sa mère en rougissant légèrement. Ils sont tous si vieux... Très mal stabilisés, ils virent souvent très mal à droite et voler avec est un vrai déplaisir. Mais j'ai attendu une année avant de postuler dans l'équipe, comme tu le feras à ton tour.
– Raconte-moi ta sélection.
– James, tu connais déjà toute l'histoire, s'amusa sa mère.
– Mais j'aime bien quand tu racontes. S'il te plaît, supplia-t-il en la fixant avec des yeux brillants. Je pars à Poudlard dans deux semaines et tu ne pourras plus me raconter ça.
Il vit sa mère soupirer comme si elle se demandait ce qu'elle avait fait à Merlin pour avoir un fils comme lui, avant de lui raconter son expérience en tant qu'Attrapeuse de l'équipe de Gryffondor, poste durement acquis à force d'efforts et de batailles pour s'imposer en tant que femme. James sentit que son cauchemar partait définitivement, que ses yeux n'étaient plus voilés, que ses épaules se relâchaient, alors qu'il se prenait à rêver lui aussi de Quidditch, de balais et de victoires.
...
– Regarde papa, c'est le nouveau Nimbus 1006 ! hurla à moitié James en sautant sur place, sous le regard à la fois amusé et exaspéré de ses parents. Il est encore plus rapide que les autres !
– Tu n'as pas l'âge d'avoir un balai à Poudlard, dit Fleamont Potter, son père, en posant une main sur son épaule qu'il serra légèrement.
– Mais on peut juste rentrer, non ? Pour le regarder ? supplia James en posant ses yeux noisette dans ceux de son père, l'air plaintif, les mains en forme de prière.
– Très bien, céda sa mère en riant légèrement.
James savait que sa mère ne cédait pas pour rien. Il était persuadé qu'elle aussi voulait voir ce nouveau balai et qu'elle ne résisterait pas vraiment. Elle le lui achèterait pour son anniversaire ou pour noël, parce qu'elle-même voulait l'essayer, mais qu'elle ne l'avouerait jamais.
La famille Potter pénétra dans le magasin de vente d'accessoires de Quidditch. James et sa mère se précipitèrent vers le balai exposé, l'observant d'un œil expert, sous le regard doux de Fleamont.
– Mr Potter !
James se retourna pour voir son père serrer la main à l'un des vendeurs.
– Mr Wilson, répondit son père en souriant plus professionnellement. Je ne pense pas que vous connaissiez ma femme, Euphemia, et mon fils, James.
James leva sa main en signe de bonjour, avant de faire le tour de la boutique, les yeux brillants d'excitation. D'aussi loin qu'il se souvenait, James avait toujours adoré voler. Il aimait la sensation du vent dans ses cheveux, il aimait l'odeur du bois, il aimait faire des figures, il aimait jouer au Quidditch surtout et il ne pouvait pas attendre de faire partie de l'équipe de Gryffondor. Un an était beaucoup trop long, il aurait voulu pouvoir intégrer l'équipe immédiatement tant il était impatient à cette idée.
– Nous ne sommes pas là pour acheter, prévint son père alors que le vendeur commençait à énoncer les qualités du Nimbus 1006 que James connaissait déjà par cœur.
Il était abonné au Quidditch Magasine après tout. Sa mère était une ancienne joueuse au sein de Gryffondor et son père possédait de nombreuses actions dans la société Nimbus, ainsi que dans les Vifs d'or qui étaient une création d'un de ses ancêtres. La famille Potter était très influente dans le milieu du Quidditch et James en était très fier. Il avait surtout hâte de prouver qu'il méritait son nom de Potter et de montrer de quoi il était capable.
– Les nouveaux Vifs d'or sont là, informa Wilson en montrant un joli présentoir en plein milieu de la boutique.
James sourit fièrement en voyant sur la boîte le nom « Potter » en lettres dorées. Son cœur s'accéléra. Il espérait qu'un jour son nom serait aussi sur toutes les affiches de Quidditch du magasin et plus seulement sur les boîtes de Vifs d'or. Si sa mère désapprouvait l'idée, il allait tout faire pour devenir un joueur de Quidditch dans l'équipe des Flèches d'Appleby, la meilleure équipe de la Coupe de la Ligue.
– Comment se passent les ventes ? demanda son père.
– Parfaitement bien, assura Wilson. Les Vifs partent comme les fondants au chocolat de Mrs Rosmerta. Et nous avons eu une commande du Ministère pour la Coupe de la Ligue.
– C'est une excellente nouvelle, sourit son père.
James savait que ce n'était pas une surprise. Si toutes les autres boutiques de Quidditch avaient tenté de reproduire les Vifs d'or, ceux des Potter étaient les plus fiables, les plus solides et les plus rapides.
– Vous avez vraiment vendu des Nimbus 1006 à toute l'équipe des Flèches ? demanda James impatiemment.
– Et oui bonhomme, répondit Wilson.
L'excitation empêcha James de reprendre le vendeur. Il détestait qu'on l'appelle « bonhomme », cela lui donnait l'impression qu'il était encore un enfant, alors qu'il avait onze ans et qu'il était bien assez grand pour qu'on ne l'appelle pas comme ça !
– Ils vont gagner la Coupe ! assura James les yeux brillants. Sept Nimbus tu te rends compte, maman ?
– Je me rends tout à fait compte qu'il va falloir rentrer et que nous n'avons toujours pas ta baguette magique, répondit sa mère.
Il n'en fallut pas plus à James qui se précipita vers la sortie sans même dire au revoir.
– Allez, dépêchez-vous ! s'écria-t-il en direction de ses parents avant de foncer à la boutique d'Ollivander.
Il était si impatient qu'il avait déjà l'impression d'aller à Poudlard.
...
James ne cessait d'observer sa baguette alors qu'il remontait l'allée du Chemin de Traverse avec ses parents. C'est une baguette en tilleul argenté, vingt-sept virgule cinq centimètres, très efficace pour la Métamorphose.
S'il avait trouvé Ollivanders très particulier, il était fier d'avoir enfin sa propre baguette. Il n'aurait plus à piquer celle de sa mère quand elle avait le dos tourné pour s'entraîner à lancer des sortilèges. Il était si impatient à l'idée de pouvoir l'essayer dès son retour au Flâneur, le Manoir des Potter.
C'est en passant de nouveau devant le magasin d'accessoires de Quidditch qu'il la vit. La fille devait avoir son âge et était accompagnée d'une femme à l'aspect plutôt sévère, coiffée d'un chignon bien serré, avec des lunettes carrées.
James s'arrêta brusquement sans pouvoir détacher son regard de la fille de son âge. De longs cheveux roux foncés, des yeux vert émeraude qui brillaient d'une sincère admiration. Elle regardait le Chemin de Traverse comme s'il s'agissait de la chose la plus merveilleuse du monde. Elle semblait poser des tas de questions à la femme sévère, et James sut qu'elle était probablement une née-moldue qui découvrait pour la première fois le monde magique.
– C'est elle... murmura James, attirant l'attention de ses parents qui avaient continué d'avancer.
Il vit du coin de l'œil que ses parents se tournaient vers lui, puis vers la fille. Il vit clairement sa mère perdre ses couleurs et attraper le bras de son père comme si elle allait défaillir. Son père ne semblait pas plus en forme et fixait alternativement James et la fille, comme s'il n'en revenait pas et qu'il ne savait pas comment réagir.
Les Potter furent sortis de leur torpeur par le hululement d'une chouette et James se tourna instinctivement vers ses parents. Il avait beau crier à tort et à travers qu'il était grand, il avait encore besoin de ses parents. Surtout dans un moment tel que celui-ci. Il ne savait pas encore qu'elle était la bonne réaction à avoir. Tout ce qu'il savait c'était qu'il était complètement terrifié et qu'il voulait rentrer chez lui et ne plus jamais en sortir.
– Nous rentrons, dit fermement son père.
...
Le trajet du retour se fit dans le silence et, alors que James se dirigeait vers l'escalier pour monter dans sa chambre, il vit que ses parents allaient dans le salon. Il hésita sur le pas de la première marche et se dirigea à pas de loup vers la porte entrebâillée pour les écouter.
Il entendit sa mère sangloter et des bruits de verre ; son père devait se servir un peu d'alcool, sans doute pour surmonter ce qu'il venait de se passer.
– Elle existe ! s'écria finalement sa mère. Elle existe ! répéta-t-elle comme si elle n'en revenait pas.
– Enfin, Mia, souffla son père d'une voix calme qu'il utilisait toujours quand sa mère était en colère. Nous savions que cela pouvait arriver. Cela confirme simplement que James a des visions et que...
– Ce ne sont pas des visions ! hurla sa mère.
Sa voix se brisa légèrement, comme si elle perdait tous ses moyens. James était étonné parce que jamais sa mère ne perdait ses moyens. Elle était toujours si sûre d'elle, si sûre de ses émotions. Il était bouleversé à l'idée d'entendre sa mère si mal en point, à cause de lui. Il s'en voulait tellement de leur faire subir ça. Ses parents auraient dû s'inquiéter de savoir s'il allait fracturer le local à balais de Poudlard plutôt que de savoir s'il avait ou non des visions.
– Ce sont des cauchemars, insista sa mère. Des cauchemars terribles.
– Ce sont des visions, rétorqua son père d'une voix ferme. Et cela se confirme aujourd'hui. Nous devons aider James pour que...
– L'aider ? répéta sa mère d'un ton effaré. Mais comment, Fleamont ? James part à Poudlard dans deux semaines. Qui va l'aider quand il sera tout seul là-bas ?
– Je ne sais pas, Euphemia. Je ne sais pas. Mais notre fils va s'en sortir, je te le promets.
James décida que c'était le moment de s'éclipser avant que ses parents ne se rendent compte qu'il écoutait à la porte.
Il monta dans sa chambre en tremblant légèrement. Il soupira une fois la porte refermée comme si, par ce geste, il se protégeait du monde extérieur. Il ne le montrerait pas à ses parents, mais il était aussi inquiet que sa mère. Il avait peur, il était même terrifié par ce qu'il venait de se passer.
Il se tourna vers son carnet (toujours posé sur sa table de chevet) et il l'attrapa anxieusement. Il le tourna à une page qu'il connaissait bien pour l'avoir parfois observé.
C'était l'un des dessins qu'il avait fait il y a deux ans, après une violente crise. S'il avait toujours rêvé de sa mort (et de d'autres évènements), ça avait été la première fois qu'il avait rêvé de cette femme rousse. La première fois qu'il avait vu son visage, la première fois qu'il l'avait vue s'enfuir pour ne pas être tuée.
Après ce cauchemar il y a deux ans, il avait dessiné le portrait de cette femme rousse aux yeux émeraude. Avec un nom en bas du dessin Lily. Et, depuis lors, n'avait eu cesse de la voir dans ses rêves.
C'était tout ce qu'il avait toujours eu ses cauchemars et ses dessins. Il s'était longtemps douté que ce n'étaient pas de simples rêves ou cauchemars. Parce que tout était trop réel. Parce qu'il ressentait les choses comme s'il les vivait. Parce qu'il avait vu son futur et que ça ne pouvait pas seulement être des rêves.
Mais sa mère avait toujours refusé d'y croire et, au fur et à mesure, James avait fini par le croire aussi. Il ne voulait pas être un Voyant. Il ne croyait pas en la voyance, il ne croyait qu'aux choses tangibles comme le Quidditch. Alors, peu à peu, il avait essayé de se convaincre que ce n'étaient que de simples cauchemars et d'oublier la petite voix dans sa tête qui lui disait qu'il était un Voyant.
Les évènements d'aujourd'hui l'empêchaient cependant de se voiler la face plus longtemps. Lily existait. Ses cauchemars lui avaient montré quelqu'un qui existait vraiment, qu'il n'avait pas pu inventer. Ce n'était pas des cauchemars, mais le futur...
– Lily, murmura James en caressant le parchemin sur lequel était dessiné la rousse.
La vision de cette rousse, de cette Lily, sur le Chemin de Traverse était à la fois un soulagement et une source de peur.
Un soulagement, parce que cela signifiait qu'il n'était pas fou. Lily existait vraiment. Ce n'étaient pas de simples cauchemars. C'était normal s'il se mettait dans de tels états après ses nuits, normal s'il ressentait la douleur, normal s'il avait peur... Parce que cela allait devenir réel. Parce qu'il s'agissait sans aucun doute de son futur et qu'il n'était guère joyeux.
Mais surtout, c'était une source de peur. Car, premièrement, il allait se faire tuer. Et, deuxièmement, il était un Voyant. Et ce n'était vraiment pas une bonne nouvelle. Surtout si, comme il l'avait rêvé, une guerre se préparait. Il allait devenir une cible. Et cette Lily serait une cible aussi. Son fils serait une cible. Son fils allait sans doute être tué à cause de lui et il ne pouvait pas laisser cela arriver.
Il n'avait jamais cru à la Divination, alors il n'allait pas se laisser impressionner.
Même s'il avait peur et qu'il était découragé, il était persuadé d'être un Gryffondor. Et un Gryffondor se battait toujours contre l'adversité. Il n'allait pas abandonner. Il allait se sauver lui-même. Il allait sauver sa famille de ce destin funeste, foi de Potter.
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N/A :Bonjour chers lecteurs ! Je suis ravie de vous accueillir sur cette nouvelle histoire qui, comme vous vous en doutez, parlera de l'époque des Maraudeurs.
Puisque j'aime les histoires qui se finissent bien, que j'aime quand les personnages sont gentils, que j'aime les paillettes, il s'agit d'un Univers Alternatif et beaucoup de choses vont changer par rapport aux livres de J. K. Rowling (bien qu'elle ait été très avare en détails sur cette période). Je vais reprendre quelques éléments connus, évidemment, mais je vais aussi beaucoup broder autour pour faire une histoire à ma sauce.
Pour ceux qui me connaissent déjà, j'écris deux autres fictions en parallèle. Pour l'amour d'un filleul (qui parle d'un Sirius qui décide d'aider Harry à sa sortie de prison, en comprenant qu'il ne va pas bien) et Le Refuge (où un Harry se transforme en Animagus et finit dans la salle commune des Serpentards).
Je sais ce que ceux qui me connaissent vont me dire : « tu as déjà deux autres fictions et tu t'en rajoutes une autre ? » Alors, oui, parce que cette histoire me trottait dans la tête depuis un très long moment et que j'avais besoin de vous la partager. Mais, malgré tout, je suis très occupée et je sais que je ne pourrais pas lui donner autant d'attention que les autres.
Je ne vais pas vous mentir, cette fiction est aussi un autre moyen pour moi d'extérioriser, c'est une fiction qui me tient à cœur, que j'aime, mais je ne me mets aucune pression sur le rythme de publication. Pour l'amour d'un filleul reste ma priorité absolue puisqu'elle me demande beaucoup d'investissement et de travail et que c'est mon plus grand aboutissement.
Le Don d'un Maraudeur est avant tout une fanfiction « plaisir coupable », parce que j'adore cette époque, j'adore les relations entre les Maraudeurs et que, je le pense, il y a énormément de choses à dire sur cette période. Même si je change quelques éléments, je veux garder cette amitié qui m'avait tant faite rêver quand j'étais plus jeune.
Cette histoire sera assez longue puisque je veux couvrir environ dix ans : en gros, de l'entrée à Poudlard des Maraudeurs à la fin de la guerre (quelle qu'en soit l'issue). Mais ne vous inquiétez pas, je ne vais pas tout détailler non plus et il y aura de nombreux sauts dans le temps pour alléger l'histoire. Il y aura donc dix parties composées de cinq chapitres, donc 50 chapitres en tout.
Ceux qui me suivent savent que je fais des chapitres souvent longs (parce que je déteste les chapitres courts tout simplement) donc, même si je publie rarement, normalement vous aurez de quoi lire.
S'agissant des personnages : je vais me concentrer sur les Maraudeurs, Lily et Severus. Mais j'ai l'habitude de faire de multiples points de vue, donc il est probable que certains personnages viennent s'ajouter (je pense notamment à Regulus que j'aime beaucoup). Mon but est surtout de couvrir les années Poudlard de mes personnages, montrer leurs relations, montrer l'arrivée de la guerre en Angleterre, comment chaque famille peut réagir et se déchirer, la résistance et comment les Visions de James pourront changer l'issue de la guerre (ou non).
Les caractères pourront être plus ou moins différents du livre, mais je pense que chaque personne se définit par des choix et que, forcément, si James est différent à cause de ses Visions, ceux qui vont l'entourer le seront aussi. Mais James va rester foncièrement le même que dans les livres, j'y tiens, il aura sans doute un côté plus sensible à cause de ses Visions, mais il gardera cette part de lui-même pour ses plus proches amis (suivez mon regard).
Merci à toi qui lis ce message (qu'il s'agisse de commenter ou non, de follower/favoriter ou non), merci tout simplement de prendre le temps de lire l'histoire. J'espère que tu l'apprécieras autant que moi.
À très vite,
Lucie
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