Disclaimer: Le monde de Harry Potter et ses personnages, appartiennent pour la plupart à J.K. Rowling. Toutes les situations que vous ne reconnaîtrez pas sortent de mon imagination.

-.-

Harry Potter, Récipiendaire du Prix

1. Prologue

-.-

Harry Potter était tranquillement adossé contre le tronc du saule pleureur en cette douce journée de fin de juin. Il observait distraitement les élèves jouer dans le parc de Poudlard. L'année scolaire serait bientôt finie. C'est avec un sourire nostalgique qu'il se souvint du jour pendant lequel Hagrid avait débarqué dans son bureau, le visage rayonnant, pour lui annoncer qu'il avait finalement réussi à apprivoiser l'arbre qui avait autrefois été si violent. Cette réussite avait été l'une des premières victoires d'Harry à son poste de directeur de Poudlard : relancer la recherche à Poudlard. Avec cette notoriété nouvellement regagnée, Harry avait pu rendre au célèbre collège un rôle majeur dans l'enseignement supérieur magique. De nombreuses facultés avaient ouvert leurs portes, et il n'était pas rare que les différentes innovations magiques soient plébiscitées par la communauté internationale des mages et sorciers.

La faculté attirant le plus de monde était sans doute la faculté d'étude des moldus. Bien qu'au départ vue d'un mauvais œil par certains groupes conservateurs, cette faculté avait pu changer les mentalités en améliorant la vie des sorciers. Une équipe de chercheurs de Poudlard avait, dans les années 2020, réussi l'exploit jusqu'alors impensable de faire fonctionner une lampe moldue dans un environnement saturé de flux magiques. Forte de son succès, cette équipe avait alors attiré quelques financements. Dans les années qui suivirent, elle réussit à faire fonctionner les engins électriques les plus simples. Il n'était alors plus rare de voir un élève de Poudlard réviser, avec une paire d'écouteurs aux oreilles.

Quelques années plus tard, Poudlard fit une démonstration, retransmise dans tout le monde magique, de son savoir-faire. Le centre de recherche de Poudlard avait enfin réussi à faire fonctionner un ordinateur moldu dans l'enceinte de l'école. Dès lors, la recherche fit un bond en avant et put rapidement interfacer différents sortilèges avec des inventions moldues.

Un nouvel âge d'or des sorciers avait commencé. Les interfaces neuronales des moldus avaient été reprises afin de créer des systèmes dirigés par la pensée. De nouveaux moyens de transports avaient pu voir le jour grâce à ces avancées technologiques. Il était désormais monnaie courante de posséder une voiture volante ou un hoverboard modifié. Les modèles magiques étaient boostés en termes de puissance, de maniabilité et de sécurité par rapport à leurs homologues moldus. Les ordinateurs magiques répondaient au doigt et à l'œil. Le système de transplanage avait été amélioré et était quasiment sans danger.

L'innovation magique avait rattrapé son retard sur la technologie moldue.

-.-

Assit contre son arbre, Harry croqua dans une pomme qu'il avait amenée avec lui. Il se souvint de toutes ces années à diriger le plus grand centre de recherche magique au monde. Il avait ainsi montré au monde magique qu'il ne fallait rien prendre pour acquis quand on parlait de magie. Et c'est par cette petite faille dans les certitudes de la population sorcière, que d'autres idées furent remises en cause.

Les différents peuples magiques avait ainsi pu faire valoir leur droit à l'autonomie, mettant ainsi fin à plusieurs siècles d'esclavagisme. Les elfes, anciennement elfes de maison, formaient désormais un peuple libre. La majorité travaillait toujours pour des familles sorcières, mais leur travail était valorisé. Une minorité s'était découverte une passion pour l'herbologie et cultivait des plantes pour les vendre à des potionnistes. Les centaures s'étaient vus offrir des terres et s'étaient sédentarisés, mais restaient à l'écart des sorciers. Leur suspicion ne s'était pas envolée. La restriction au lac de Poudlard pour les peuples de l'eau leur fut levée. Ils purent rejoindre de plus grandes étendues, certains s'alliant même avec des sorciers créant ainsi la première marine marchande sorcière au monde. Enfin, les gobelins purent sortir des entrailles de leurs banques et s'installer à la surface, faisant prospérer les communautés magiques par leur savoir-faire en affaires.

Oui, il pouvait le dire sans honte. Le monde magique qu'il avait forgé était bien meilleur que celui qu'il avait découvert lorsqu'Hagrid était venu le chercher le jour de ses onze ans. Il sentait que le temps était venu pour lui de laisser la main. Il l'annoncerait ce soir-là, au banquet de fin d'année. Cela ferait sûrement la une des journaux, mais il était désormais habitué aux conférences de presse et aux flashs des appareils photo numériques magiques.

-.-

Le mois qui suivit fut plutôt chargé. Entre la préparation de la passation de pouvoir du poste de directeur, les journalistes qui voulaient une interview, les professeurs qui essayaient de le convaincre de rester, et les élèves lui montrant des marques de sympathie, Harry n'eut pas une minute pour lui. Il ne put même pas invoquer son âge avancé pour être tranquille un moment. Il faut dire que malgré son âge, il débordait encore de beaucoup d'énergie.

Pendant la dernière semaine de juillet eut lieu une cérémonie lors de laquelle son travail en tant que directeur de Poudlard fut honoré par la Confédération internationale des mages et sorciers. Des milliers d'étudiants, anciens étudiants, professeurs, amis, politiques ou simple badauds étaient présent pour son discours retransmis dans toute l'Angleterre magique. Le banquet géant qui suivit fut somptueux. Cela lui fit un souvenir magique pour son dernier jour en tant que directeur de Poudlard, sa deuxième maison.

Le lendemain, il rentrerait dans sa maison familiale à Flagley-le-Haut. Il rejoindrait sa femme Ginny, qu'il aimait toujours autant. Ses enfants viendraient sûrement pour le déjeuner. Ses petits-enfants seraient heureux de se retrouver. Ron et Hermione amèneraient sans doute leur grande famille. De même que les autres Weasley. Il verrait peut être aussi son filleul et sa femme. Il passerait un joyeux soixante-dixième anniversaire avec toute sa famille. Mais avant cela, alors que tout le monde était parti, il voulut faire un dernier tour du propriétaire. Pour être sûr de fixer à jamais ses nombreux souvenirs de ces lieux.

Il passa par les toilettes dans lesquelles Hermione avait été attaquée par le troll des montagnes adulte, la salle de classe du professeur Trelawney où des nombreuses prophéties bidons avaient été faites en compagnie de Ron, ou encore la tour d'astronomie qui avait permis la fuite de Norbert vers une réserve de dragons. Il passa par la bibliothèque, où des rangées d'ordinateurs à interface neuronale permettaient des recherches rapides et approfondies dans la base de connaissance de l'institut. Il fit le tour de la salle des trophées, apercevant le nom de son père sur un trophée de Quidditch. Lorsqu'il eut un petit creux, il alla prendre une collation aux cuisines et en profita pour saluer les elfes qui n'étaient pas rentrés chez eux. Et bien sûr, il prit place dans un fauteuil de la salle commune de Gryffondor, observant le feu durant de nombreuses minutes, et repensant à ses nombreuses aventures.

-.-

Harry Potter se réveilla en sursaut. Un courant d'air frais s'était engouffré jusque dans ses robes. Regardant l'heure sur l'horloge numérique de la salle commune, il nota l'heure avancée de la nuit. Le feu de la cheminée s'était éteint, surement depuis quelques heures. A cette heure-ci, en plein mois de juillet, et malgré la réception de la veille, il était seul à Poudlard. L'équipe de conciergerie, aidée par quelques elfes, avait dû finir de remettre le château en ordre et était partie en vacances pour le mois à venir. Les elfes, quant à eux, ne séjournaient plus au château depuis leur émancipation. Oui, Harry Potter était bien seul à Poudlard.

Dans son état presque comateux du milieu de la nuit, il eut envie de sortir prendre l'air. Ses pas le menèrent, sans qu'il n'y fasse vraiment attention, au tombeau de celui qui fut jadis son directeur. Albus Dumbledore avait été son guide dans ses premières années sans le monde de la magie. Il l'avait conseillé, protégé et transmis son savoir. Oui, le professeur Dumbledore avait été un bon mentor, malgré ses erreurs de jugement.

Harry prit quelques minutes pour se recueillir sur cette tombe d'un blanc si pur, inaltéré depuis des décennies. Harry sentit un picotement au bout de ses doigts lorsqu'il effleura la pierre tombale. Surpris, il retenta l'opération. De nouveau, il sentit une drôle de sensation dans ses mains. Intrigué, il renforça sa concentration et réitéra son expérience. Il parvint alors à mieux distinguer cette douce chaleur. C'était comme un flux continu émanant de la pierre tombale, seulement gêné par le mouvement de ses doigts.

Il repensa alors à cette nuit fatidique du trente juin 1997, qui avait vu le décès de l'homme enterré à ses pieds. Il se souvint, plus particulièrement, au moment où le professeur Dumbledore et lui s'étaient rendus dans la grotte. Son aîné avait pu déterminer l'emplacement de l'entrée de la caverne souterraine rien qu'en effleurant les parois de la grotte du bout des doigts. Était-ce le même phénomène qui était en train de se produire ? Le professeur Dumbledore lui avait bien dit que lui aussi serait un jour capable d'une telle prouesse.

Mais il doutait que ce qu'avait ressenti son directeur puisse être semblable à sa propre expérience. Dumbledore avait dit que la caverne empestait la magie noire. Or, de sa propre expérience, le courant qui émanait de la tombe était plutôt chaud, doux et agréable. Tout l'inverse de sa conceptualisation de la magie noire en somme. Cela ne pouvait donc pas être mauvais, non ? Pour qu'il ne le remarque que maintenant, le nombre de personnes présentes sur les lieux lorsqu'il venait habituellement devait perturber ce léger flux.

Il choisit alors d'essayer de suivre courant magique. Pas-à-pas et les yeux fermés, pour ne perdre ni la piste, ni sa concentration, Harry suivit ce mince filet de magie. Bientôt, il arriva en vue de l'ancienne cabane de Hagrid, reconvertie en cabane à outils depuis le départ à la retraite du demi-géant.

Rapidement, le flux sembla doubler de volume. Comme si un second flux l'avait rejoint. S'attardant sur cette soudaine anomalie quelques instants, Harry remarqua qu'en effet, un second flux semblant venir de la Forêt interdite (qui ne l'était plus depuis l'émancipation des peuples magique) avait rejoint celui qu'il suivait depuis la tombe du professeur Dumbledore. Décidant plus judicieux de continuer avec le flux joint plutôt que de se diriger vers la forêt, il continua son exercice, se rapprochant tout doucement du château.

A quelques mètres d'un des murs du château, Harry senti un troisième flux se mêler à celui qu'il suivait. Mais contrairement à son expérience précédente, la réunion des trois courants de magie sembla former une sorte de bille de magie. Pas plus grosse qu'un vif d'or, et invisible à l'œil nu, ce nœud de magie semblait être là, à ne rien faire. Observant les alentours, Harry ne remarqua rien de spécial. Après quelques minutes à étudier ce phénomène, le directeur de Poudlard refoula un bâillement. L'ayant mis de côté depuis qu'il s'était réveillé dans la tour de Gryffondor, la fatigue l'assailli et il réprima un nouveau bâillement. N'ayant rien trouvé concernant cet étrange phénomène, Harry préféra rentrer dans ses quartiers finir sa nuit, ou bien sa Ginny finirait par avoir sa peau le lendemain matin.

-.-

Lorsqu'Harry arriva dans sa chambre en plein milieu de la nuit, il se dirigea vers sa malle, déjà prête pour son départ du lendemain, pour en sortir une tenue plus adaptée pour dormir. Pourtant, il s'immobilisa soudainement, son pyjama dans une main, le couvercle de sa malle dans l'autre. Avait-il rêvé ? Avait-il vraiment senti un courant magique, semblable à celui qu'il avait traqué plus tôt dans la nuit, lui traverser le bras ?

Il fut pris d'un terrible doute. Et si… ? Non impossible ! Il l'aurait remarqué depuis le temps. Ne prenant aucune considération pour ses affaires parfaitement rangées, il fouilla la malle. Après tout, un simple sort de Faitlamalle s'arrangerait de tout remettre en ordre. Bientôt, ses vêtements jonchèrent le sol autour de lui.

Mais il la tenait enfin. Et son expression changea du tout au tout. Son regard se fit plus dur. Son cerveau s'était remis en route. Même ses faibles barrières d'occlumancie s'étaient levées par réflexe.

Sa main droite semblait tâter le vide, comme essayant d'attraper un courant magique qui lui échappait indubitablement. Sa main gauche, quant à elle, tenait fermement la cape d'invisibilité qu'il avait héritée de son père. Cette cape d'invisibilité si particulière. L'une des trois reliques de la Mort.

-.-

Après tant d'années, il était toujours attaché à cet héritage de son père. Il l'avait gardé pour lui. Ce n'était pas par égoïsme, il ne l'avait quasiment pas utilisée depuis son combat contre Tom Jedusor. Non, il l'avait gardé car il avait peur qu'elle ne tombe entre de mauvaises mains. Après tout, son pouvoir était incommensurable – échapper à la mort – et il ne voulait la transmettre qu'en étant sûr de son choix.

Ses enfants n'en auraient pas eu besoin lors de leurs années à l'école. Un tel artefact ne pouvait pas être sciemment laissé être utilisé pour jouer des farces ou se promener tranquillement dans le château après le couvre-feu. Non, son utilisation devait être bien mieux réfléchie, et requérir un cas de force majeure. Il devrait sans doute l'expliquer à ses trois enfants, pour qu'ils prennent soin de la cape lorsque lui ne pourrait plus. Mais ce temps n'était pas venu. Il avait toujours une puissance et une vigueur suffisantes pour protéger la cape. Bien décidé à en découdre avec ce nouveau mystère, il prit la cape avec lui et se dirigea vers le parc du château.

Une fois dehors, il sortit la cape soigneusement pliée de son sac, et repéra, plutôt rapidement, le flux qui en sortait. Il s'était attendu à aller vers sa gauche, vers là où les trois flux s'étaient rejoints précédemment. Mais il semblait que ce lieu avait changé. Il supposa qu'ayant bougé la cape de place, le lieu de rencontre des flux ait également changé. Suivant le courant émis par la cape, Harry s'engagea droit devant lui. Il retrouva facilement la petite bille de magie créée par la rencontre des trois flux. Sa taille n'avait pas changée.

Mais que faire à présent ? Devait-il aller vers la forêt et tenter de retrouver la pierre de résurrection ? Il ne voulait pas se laisser tenter par les pouvoirs de cet artefact. Les revoir serait bien trop douloureux. Dans ce cas, devait-il retrouver la baguette de sureau ? Il se l'interdisait. Car cela impliquait d'ouvrir – une fois de plus – le cercueil d'Albus Dumbledore.

Plongé dans ses pensées, son regard fut attiré par un reflet de lune sur la cape d'invisibilité qu'il tenait dans ses mains. Ce reflet était inégal. Comme si la cape renfermait un secret. Mû par une soudaine inspiration, il avança – tout en retenant son souffle – la cape jusqu'à ce qu'elle entre en contact avec la bille de magie devant lui.

Rien ne se passa. Enfin, d'un premier abord, il ne vit rien changer. Mais par dépit, il baissa les bras. Dans son geste, la lune se refléta de nouveau sur la cape, laissant entrevoir un instant d'étranges signes sur la cape.

Sa excitation soudainement revenue, Harry replaça la cape de manière à faire réapparaître les reflets de la lune. Les signes qu'il avait aperçus précédemment se révélèrent ressembler à du latin en lettres gothiques. Il put lire :

~.~

« Tres tantum ex semine simulabo legationem legere mei.

Haec si ita est, cum ad te sciente et ultimum donum si fiat iniuria. »

~.~

Notant ce message sur un bout de papier, Harry se promit de le faire traduire le lendemain par Hermione. Pour l'instant, il lui semblait en avoir assez fait pour cette nuit.

-.-

1. Prologue - End

-.-