CHERI TU AS ACHETE DU PAIN ?

Lorsqu'Hélène se réveilla ce matin là, elle s'étira longuement, cherchant à tâtons un torse, un bras ou une quelconque partie de son homme, mais ne trouva rien… Déçue, elle ouvrit les yeux et constata en effet qu'elle était seule dans son lit. Mais elle ne mit pas longtemps à comprendre où il avait disparu car une étrange odeur de cuisson lui chatouillait les narines !

Elle enfila sa chemise qu'il avait laissé trainer au pied du lit et descendit dans la cuisine.

En effet, il était là, aux fourneaux, affairé devant une poêle, torse nu bien sûr entrain de préparer quelque chose qui ressemblait à tout sauf à un petit déjeuner classique et le tout, en chantonnant.

Elle s'adossa doucement au frigo, il ne l'avait pas entendu arriver, croisa ses bras sur sa poitrine et le regarda faire en se mordant la lèvre, il était sacrément sexy quand même …

Ça faisait bientôt 3 mois qu'ils avaient franchi le pas et qu'ils avaient enfin décidé de se donner une chance. En même temps après sa déclaration d'amour au milieu de la route alors qu'il se vidait de son sang, difficile de faire comme si rien ne s'était passé cette fois! Ils avaient bien été obligés de se parler franchement et les choses avaient plutôt bien tournées… très bien même ! Depuis ce jour ils étaient sans cesse chez l'un ou chez l'autre et niveau boulot, même s'ils avaient un peu du mal parfois à rester professionnels, enfin surtout lui, ils s'en sortaient assez bien et leur duo était toujours aussi efficace ! Ils n'avaient rien officialisé, encore, mais Delgado, Eddy et Fatim s'en doutaient c'était certain ! Si ça ne tenait qu'à lui il l'aurait bien crié sur tous les toits mais elle n'était pas prête, pas encore.

Elle finit par se racler la gorge pour lui signaler sa présence, il se retourna d'un coup, surpris !

- Bonjour lui dit-il doucement avec un sourire ravageur, en délaissant sa poêle pour s'approcher d'elle. Il adorait quand elle mettait ses chemises. Avec juste sa chemise et une petite culotte, elle était à tomber…

- Salut lui répondit elle. Qu'est-ce que tu nous prépares de si bon matin ?

- Des encornets farcis ! lui répondit-il tout sourire.

Elle éclata de rire ! Des encornets à 8h du matin, il n'y avait que lui pour faire ça …

- Non mais tu ne peux pas manger des tartines et boire un café comme tout le monde ? Demanda t'elle en levant les yeux au ciel, l'air faussement agacé. « Et puis d'abord t'as trouvé ça où ? Certainement pas dans mon frigo !"

- Alors, si, Madame, je peux manger des tartines mais je préfère nettement les encornets et puis j'adore cuisiner tu le sais ! Il se rapprocha d'Hélène jusqu'à être collé à elle et posa ses mains sur ses hanches. Elle posa les siennes sur son torse.

« J'ai fait quelques courses hier avant que tu ne rentres parce que le contenu de ton frigo me déprime » ajouta t'il en rigolant. « Il n'y a que des trucs tout prêts ou bien de la mal bouffe ou bien…. »

- Ok ok j'ai compris le coupa t'elle en l'embrassant doucement.

Il intensifia aussitôt le baiser en plaquant sa belle contre le frigo. Il remonta ses mains sous sa chemise le long de son dos tandis que ses mains à elle s'étaient perdues dans ses cheveux. Elle gémit alors que sa bouche quittait ses lèvres pour sa joue, son cou, son épaule légèrement dénudée …

- J'ai envie de toi lui glissa t'il doucement à l'oreille.

Elle frissonna.

- Moi aussi répondit elle en se mordant les lèvres.

Et alors qu'il s'employait à déboutonner sa chemise un raclement de gorge les fit sursauter.

- Hugo ! Mais qu'est-ce que tu fais là ? Hurla Hélène en repoussant violemment Balthazar et en essayant tant bien que mal de reboutonner sa chemise, rouge de honte.

- Salut ! Je suis désolé de vous déranger mais je voudrais du jus d'orange. Et vous bloquez le frigo ajouta t'il avec un petit sourire narquois. « C'est quoi cette odeur bizarre ?"

- Bonjour Hugo finit par répondre Balthazar avec un grand sourire. « Des encornets, tu en veux ? »

- Des encornets ? Pour le petit déj ? Euh merci mais non merci ! Chelou ton mec maman ! Répondit Hugo en se servant un verre de jus d'orange.

Hélène était mortifiée.

- Non mais Hugo qu'est-ce que tu fais là ? Demanda une seconde fois Hélène un peu agacée.

- J'avais une soirée hier soir chez un pote à deux pas d'ici, je t'avais prévenue que je rentrerai surement dormir ici. Mais je ne vous dérange pas plus longtemps dit-il en posant son verre dans l'évier. « Je pars en cours, je vous laisse à vos petites activités » ajouta-t-il avec un clin d'oeil en laissant les 2 amoureux un peu gênés.

- J'ai l'impression d'avoir 15 ans, dit Balthazar en riant et en s'approchant d'Hélène.

Mais elle n'était pas du tout d'humeur joviale et le repoussa.

- Arrête Raphaël. La honte ! soupira-t-elle. « Se faire surprendre à moitié à poil par son fils, non mais t'imagines ? »

- Non je n'imagine pas ! Mais je trouve ça plutôt marrant. Puis Hugo n'a pas eu l'air traumatisé, détends toi !

Il ne comprenait pas sa réaction.

- Manquerait plus qu'il aille raconter ça à son père marmonna-t-elle.

- Ah! Je comprends mieux, c'est ça qui t'inquiète ? Qu'Antoine soit au courant ? Lui demanda-t-il surpris et légèrement agacé. Qu'est-ce que ça pouvait lui faire qu'Antoine soit au courant?

- Non mais il n'a pas besoin de savoir non ? J'ai juste envie que ça reste entre nous pour le moment c'est tout…

- Ça fait 3 mois Hélène, il est peut-être temps d'officialiser les choses non ? Franchement si tu veux mon avis c'est un peu ridicule car tout le monde s'en doute.

- Je ne sais pas, je n'ai pas envie que tout le monde sache c'est tout, ok ? On peut passer à autre chose ?

- Non ! Répliqua-t-il en croisant ses bras et en la défiant du regard.

« Dis-moi ce qui te gène. T'as honte d'être avec moi ? T'es encore amoureuse d'Antoine ? » Demanda t'il incrédule.

Elle leva les yeux au ciel devant la stupidité de ses propos.

- Mais arrête de dire n'importe quoi. Je n'ai pas du tout honte et Antoine je l'ai oublié depuis bien longtemps. C'est juste qu'on peut attendre de voir où ça nous mène, non ? Demanda-t-elle doucement.

Vue la tête de Raphaël elle s'était mal exprimée…

- Ah ok. Je suis un plan cul, rien de sérieux, quoi. Parfait. Je ne voyais pas les choses comme ça lui répondit-il vexé et blessé.

Avec tout ce qu'ils avaient vécu, il pensait qu'ils étaient sur la même longueur d'onde mais apparemment pas.

- Raphaël attends c'est pas du tout ce que je voulais dire, dit-elle en lui attrapant le bras alors qu'il se retournait. « C'est juste que …. »

Mais elle fut coupée par la sonnerie de son téléphone, c'était Delgado, probablement une nouvelle affaire.

« Merde, il faut que je prenne c'est Delgado. » Il acquiesça l'air toujours blessé.

- Ouais Jérôme je t'écoute répondit elle.

Balthazar s'éloigna, il avait pris un sérieux coup sur la tête, il ne pensait pas qu'Hélène portait si peu d'intérêt à leur relation. Elle était la femme de sa vie, il en était certain mais visiblement c'était à sens unique… Il remonta dans la chambre, s'habilla vite fait et redescendit prêt à rentrer chez lui. Il s'apprêtait à ouvrir la porte lorsqu'Hélène réapparut, elle avait raccroché.

- Ah t'es là, tu vas où ? On a une nouvelle affaire. J'ai dit à Delgado que je t'appelais plaisanta-t-elle.

Il rit jaune.

- Ben oui t'allais quand même pas lui dire que j'avais passé la nuit ici. Envoie moi l'adresse par texto, je repasse chez moi me doucher avant de venir.

Et il partit sans un au revoir la laissant là, plantée dans l'entrée, un peu abasourdie. La matinée avait si bien commencé… Elle comprenait sa réaction en même temps, elle ne savait pas elle-même pourquoi elle freinait des 4 fers comme ça pour officialiser les choses. Puis comme il lui avait fait remarqué, tout le monde, ou du moins leurs plus proches amis, s'en doutaient certainement, ce n'était qu'une formalité de le dire. Oui mais voilà, elle n'arrivait pas à franchir le pas. Elle avait attendu ça depuis tellement longtemps, qu'elle n'y croyait pas encore vraiment, elle s'attendait tout le temps à se réveiller et que tout ça ne soit qu'un rêve ou bien qu'il se rende compte que finalement elle n'était pas aussi bien que Lise, qu'elle n'était pas la femme qu'il lui fallait. Après tout, Balthazar était un coureur de jupons, elle était peut-être un jupon parmi tant d'autres.

Elle soupira et monta prendre sa douche

Lorsqu'Hélène arriva sur la scène de crime elle aperçut Delgado qui venait à sa rencontre.

- Salut Hélène ! Tu es seule ? Je pensais te voir arriver avec Balthazar ajouta-t-il avec un petit sourire en coin.

- Salut Jérôme, eh bien non, raté, figure toi que je suis capable de me déplacer sans lui. Répondit-elle agacée par sa remarque.

- Euh, tout va bien ? Lui demanda-t'il devant son amabilité douteuse.

- Très bien. On bosse ? Tu me briefes stp ?

- Ok. Il arrêta là ses questions, elle n'avait manifestement aucune envie de s'étaler sur le sujet.

Il la briefa rapidement en la menant au corps.

Il était bien évidemment au courant de la relation entre Hélène et le légiste, Balthazar ayant lâché le morceau un soir un peu alcoolisé. Il lui avait fait juré de ne rien dire à Hélène, il se comportait donc avec elle comme s'il ne savait rien. C'était un peu ridicule mais il n'osait pas dire grand-chose, les rares fois où il avait tenté une incursion dans la vie privée du Capitaine, elle l'avait renvoyé sur les roses, comme ce matin même par exemple !

Alors qu'il se dirigeait vers le voisinage pour dénicher un éventuel témoin ou un quelconque indice il vit débouler la voiture de Balthazar, à toute allure, qui s'arrêta devant lui dans un crissement de pneus et un dérapage parfait.

Le légiste en sortit, attrapa sa mallette et salua son ami.

- Bonjour Jérôme, ça va ? Lui demanda-t-il sans entrain.

- Décidément vous faites la paire aujourd'hui avec Hélène ! Elle est aussi aimable que toi ! Première dispute de couple ou quoi ? ajouta-t-il en rigolant.

Balthazar le fusilla du regard.

- Parle pas si fort ! Dit-il en regardant autour de lui pour être sûr qu'Hélène n'avait rien entendu mais il ne la vit pas.

« T'es pas sensé être au courant je te rappelle. Si elle sait que je te l'ai dit elle va me tuer … surtout aujourd'hui » ajouta-t-il en marmonnant.

- T'exagères pas un peu là ? C'est tellement évident vous 2, ça se voit comme le nez au milieu de la figure ! Bon qu'est-ce qu'il s'est passé exactement ?

Balthazar hésita un court instant à se livrer à son ami mais après tout, Delgado connaissait bien Hélène, il aurait peut être un conseil à lui donner ou une explication quant au comportement de sa supérieure.

- J'étais chez elle cette nuit, comme Hugo apparemment mais on n'était pas au courant. Et ce matin, il a déboulé dans la cuisine alors qu'on était en train de … alors qu'on … enfin bref tu vois ce que je veux dire, il a déboulé. Et elle a flippé. J'ai pas tout compris. Mais pour résumer, je suis un plan cul qu'il faut garder secret. Alors s'il te plait, ne vas pas lui dire que je t'ai dit pour elle et moi, c'est pas vraiment le jour.

Jérôme le regardait incrédule, à moitié amusé par la situation dans laquelle s'étaient retrouvés ses 2 amis et à moitié attristé par ce que venait de dire Balthazar. Il s'apprêtait à répondre lorsqu'il aperçut Hélène qui venait dans leur direction.

- Ah Hélène, Balthazar est arrivé.

- Je vois ça. Bonjour Balthazar, vous me suivez, le corps est là-bas.

Balthazar la fixa un court instant, typique d'Hélène, professionnelle. Comme si rien ne s'était passé. Surtout ne rien laisser paraitre devant Delgado.

- Je vous suis Capitaine répondit-il en soupirant, attristé et agacé par son attitude.

Ils se dirigèrent tous les 2 vers la victime sans échanger un mot. Hélène était un peu gênée, elle voyait bien que Balthazar était attristé mais elle ne voulait pas en parler là, sur une scène de crime, ce n'était vraiment pas le lieu idéal. Mais en même temps elle ne voulait pas laisser pourrir la situation jusqu'à ce soir, si tant est qu'il ait prévu de passer la soirée avec elle… Elle profita qu'ils se soient suffisamment éloignés pour se pencher légèrement vers lui et lui chuchoter :

- Ecoutes, pour ce matin, je ….

Il l'arrêta d'un geste de la main.

- Pas maintenant Capitaine, j'ai du boulot la coupa-t-il sèchement.

Elle l'avait blessé, il n'allait pas lui faciliter les choses. Et sans un mot il se mit au travail. Il enfila sa combinaison, fit ses premières constatations, évalua l'heure de la mort, fit des prélèvements divers et finit par se relever.

- Comme d'hab, la suite à l'autopsie Capitaine. Et sur ce, il enleva sa combinaison et se dirigea vers sa voiture sans plus de cérémonie.

Hélène était un peu déstabilisée par la froideur de son légiste. Ok ils s'étaient un peu accrochés ce matin, mais ce n'était pas la première fois, en général c'était vite oublié. Balthazar semblait réellement lui en vouloir. Elle tenta néanmoins :

- Tu m'amènes à l'IML ? demanda-t-elle doucement. « Je suis venue en taxi puisque tu es parti si vite ce matin » ajouta-t-elle avec un petit sourire triste. Elle osa le tutoiement pour essayer de l'apaiser mais rien n'y fit.

- Voyez avec Delgado Capitaine, j'ai une course à faire avant d'aller à l'IML.

Et il partit, la laissant plantée là, pour la deuxième fois de la journée.

Vouvoiement et grade. Ok il était furieux, elle avait bien reçu le message.

Lorsqu'Hélène et Delgado entrèrent dans la salle d'autopsie, Balthazar, Eddy et Fatim étaient déjà affairés sur le corps de la victime. Les 2 jeunes les saluèrent gaiement, Balthazar quant à lui ne broncha pas. L'autopsie se déroula dans un calme et un professionnalisme inhabituel, pas de plaisanterie, pas de petites joutes verbales entre Balthazar et Hélène, pas de contacts inappropriés … L'ambiance était clairement tendue, la Capitaine et le légiste ne s'adressaient pas la parole, Delgado était désappointé, Fatim et Eddy intrigués. Ce dernier, tenta de briser l'atmosphère pesante.

- Euh ça va vous sinon ? Parce que moi hier soir il m'est arrivé un truc de ouf, j'étais dans la rue, je marchais quoi, je rentrais chez moi, quand une nana canon, mais alors vraiment canon m'a …

- Eddy ! le coupa Balthazar. « On bosse là ok ? »

Eddy s'arrêta net et chercha le soutien de Fatim dans son regard, elle ne comprenait pas plus que lui quel était le problème. Elle hocha la tête sans bruit et lui fit comprendre de laisser couler. L'autopsie se termina dans cette ambiance électrique, lorsque Balthazar, ayant balancé la cause de la mort, se retira dans son bureau. Ce fut le signal pour tout le monde de vaquer à ses occupations. Delagado et Hélène repartirent donc à la DPJ. La Capitaine hésita à aller le voir dans son bureau mais se ravisa, avec Fatim et Eddy juste à côté ils ne pourraient pas discuter. Ce soir, ils seront plus tranquilles songea t'elle.

La journée passa extrêmement lentement, l'enquête n'avançait pas vraiment, pas de témoins, pas d'indices à exploiter. Elle comptait maintenant sur les prélèvements effectués sur la victime par Balthazar pour les mener au tueur, les résultats tomberaient vraisemblablement le lendemain. Elle décida d'appeler le légiste pour faire un point. Pas de réponse… Bon il devait être occupé, elle lui envoya un message :

Pas encore de résultat sur les prélèvements ? On se voit ce soir ? Je t'embrasse

La réponse, qui ne fut pas celle qu'elle attendait, ne mit pas longtemps à arriver :

Résultats demain. Pas dispo ce soir dsl. A demain

Bon ok. Il commençait à lui taper sur les nerfs. Quand on s'engueule on discute on ne fuit pas, sinon comment résoudre le problème ? Inutile d'envenimer les choses, elle ne répondit pas et rentra chez elle, une petite soirée célibataire ça ne lui ferait pas de mal se dit elle.

Pendant ce temps à l'IML, Balthazar sortit de son bureau en trombes pour rejoindre ses 2 collègues :

- Eddy, Fatim ! J'espère que vous n'avez rien de prévu ce soir, on sort, j'ai besoin de boire un verre ! ou 2 .. ou même plus. Bref on sort.

- Oui on a vu ça répondit Fatim en souriant. Ok !

- Moi j'suis toujours dispo pour boire un verre s'exclama Eddy. « Par contre tu comptes nous inviter parce que j'ai pas ma carte sur moi là tu vois … »

- Nan mais c'est dingue ça, c'est toujours la même chose avec toi Eddy soupira Fatim. « Ça t'arrive de payer un verre à quelqu'un de temps en temps ? »

- Calmez-vous les enfants ! intervint Balthazar. C'est pour moi ce soir, allez on y va !

Lorsqu'Hélène arriva chez elle ce soir là, elle se doucha, enfila une tenue confortable et partit dans la cuisine se servir un verre de vin et se préparer quelque chose à grignoter. En ouvrant le frigo, elle tomba sur les encornets que Balthazar avait cuisiné le matin même et les larmes lui montèrent aux yeux. Après 3 mois ensemble, 3 mois de bonheur, le bonheur d'avoir enfin laissé libre cours à ses envies, ses désirs, le bonheur de se réveiller à ses côtés, le bonheur de partager sa vie, voilà qu'elle avait tout gâché … Evidemment qu'elle n'avait pas honte de Balthazar, évidemment qu'il n'était pas qu'un vulgaire plan cul, ça la rendait malade qu'il pense des trucs pareils ! Faut dire que son attitude pouvait laisser croire le contraire mais pas du tout… Il était tout pour elle, et depuis longtemps, bien plus que 3 mois en tout cas ! Alors pourquoi n'arrivait elle pas à envisager de futur à 2 ? Il faut dire qu'après sa déclaration d'amour sur cette fameuse route, après son séjour à l'hôpital, ils n'avaient pas pu faire comme si rien ne s'était passé et c'est tout naturellement qu'ils s'étaient mis ensemble. Des petits gestes tendres au début puis progressivement des petits baisers, mais il n'y avait pas eu de grandes conversations, de grandes explications sur « l'avant l'accident » : pourquoi avait-il choisi Maya et pas elle lors de cette fameuse soirée qui aurait pu tout changer, pourquoi avait-il été si exécrable lorsqu'elle avait émis des doutes sur Maya, pourquoi avait-il décidé de partir loin d'elle et de ne jamais revenir … Donc toutes ces questions restaient un peu en suspens dans la tête d'Hélène. Et puis il y avait autre chose qui la taraudait depuis quelques semaines … Et si il voulait un enfant … Elle avait 47 ans, deux enfants ado, elle n'aurait pas d'autres enfants. Elle ne voulait pas le priver de cette aventure. Enfin bref, beaucoup de petites choses qui, mises bout à bout, l'empêchaient de se projeter dans le futur.

Elle referma violemment le frigo en soupirant, elle n'avait pas faim. Un verre de vin ça irait très bien !

Le lendemain matin, Hélène décida de venir directement à l'IML. Avec un peu de chance Balthazar serait déjà là et seul surtout, ils pourraient avoir un petit moment tranquille. Mais manque de bol, il n'y avait qu'Eddy et Fatim et le légiste ne semblait pas être encore arrivé. Super…

- Eddy, Fatim, bonjour, Balthazar n'est pas encore arrivé ?

- Bonjour Capitaine répondit Fatim, non pas encore.

- En même temps vu dans l'état dans lequel il était hier soir, il doit être encore au lit et peut être même pas seul ajouta Eddy en rigolant.

Il y eut un gros blanc. Fatim le fusilla du regard et Hélène sentit les larmes lui monter aux yeux. C'est à ce moment que Balthazar choisit d'arriver. Lorsqu'il entra, dans ce silence de cathédrale, il vit Eddy qui le regardait avec un air désolé, Fatim hyper gênée et il lut dans le regard brillant d'Hélène de la tristesse et de la rage.

- Salut les enfants, Capitaine. Tout va bien ?

Hélène se racla la gorge et répondit froidement :

- Très bien. Eddy nous racontait votre petite soirée d'hier, parait que vous avez fait des rencontres intéressantes ? Elle avait dit cela en fixant Balthazar dans les yeux.

- Hein ? C'est quoi cette histoire ? Balthazar regardait tour à tour Fatim et Eddy mais tout le monde restait muet. « Bon vous m'expliquez » commença t'il à s'agacer !

Eddy répondit d'une petite voix :

- Ben quand on est partis hier soir avec Fatim on t'a laissé en bonne compagnie alors j'ai supposé que peut être tu … vous … enfin peut être que t'étais pas … euh … rentré … euh … ben ... seul quoi … finit difficilement Eddy en se grattant la tête nerveusement. Il ne savait pas vraiment pourquoi mais il sentait bien qu'il avait fait une énorme boulette.

Balthazar soupira, ferma les yeux et se retourna doucement pour affronter le regard d'Hélène.

- Alors Capitaine, c'est pas du tout ce que vous croyez … commença t'il mais il fut coupé par Hélène.

- Vous n'avez rien à m'expliquer Balthazar, vous faites ce que vous voulez de vos fesses ! Elle se mordit les lèvres, ça n'était pas très pro comme répartie mais elle n'avait pas pu s'en empêcher. Et alors que le légiste allait répliquer, son téléphone sonna, c'était Delgado.

- Ouais Delgado ? … ah bon ? … ok je t'y rejoins, envoie moi l'adresse par texto … a tout de suite. Elle raccrocha. « Delgado a identifié notre tueur potentiel » expliqua t'elle en tournant les talons. Et elle partit laissant en plan les 3 légistes.

- Non mais Eddy t'en loupes pas une franchement déclara Fatim agacée. Qu'est ce qu'il t'a pris de balancer ça ?

- Ben quoi ? C'est vrai quand on est parti hier… se défendit Eddy.

- Je discutais Eddy répliqua Balthazar. « Et puis je suis rentré chez moi, seul. »

- Bon ben d'accord mais je vois toujours pas pourquoi vous me regardez comme si c'était la fin du monde répondit Eddy en ouvrant de grands yeux étonnés.

Fatim lui agrippa le bras et le traina dans leur bureau.

- Non mais c'est pas possible ! T'es aveugle ou bien crétin ? lui hurla Fatim.

Eddy continuait à la fixer l'air complètement ahuri.

- Non mais je rêve ! poursuivit Fatim. « Ils sont ensemble enfin ! Ne me dis pas que t'as rien remarqué ?! T'es vraiment aveugle en fait ! Tu trouves pas que depuis plusieurs semaines ils sont différents ? "

- Ben si mais il a failli mourir et puis il est pas mort … je me suis dit qu'ils étaient contents de rebosser ensemble c'est tout. Mais pourquoi ils nous ont rien dit aussi ? Et toi pourquoi tu m'as rien dit ?

- Je pensais que tu le savais, ça se voit comme le nez au milieu de la figure ! Et puis c'est leur histoire, ils n'ont peut être pas envie que tout le monde soit au courant déclara Fatim en haussant les épaules.

- Oui mais on est pas tout le monde nous, on est ses potes non ? Eddy était vexé.

- Oui bon en attendant t'as foutu une sacrée merde, va falloir que tu te rattrapes maintenant !

Balthazar entra en trombes dans leur bureau l'air paniqué.

- Je viens d'avoir Delgado, l'interpellation s'est mal passée, Hélène a été blessée, j'y vais, je vous laisse.

- Ok.. Et euh Balthazar, juste … je suis désolé pour tout à l'heure dit Eddy penaud.

- Pas grave Eddy, c'est pas vraiment de ta faute, je vous expliquerai, là j'ai pas le temps, dit-il en partant en courant.

Il sauta dans sa voiture et arriva sur les lieux de l'interpellation en moins de temps qu'il ne faut pour le dire. Il se rua sur Delgado.

- Elle est où ? Comment elle va ? Qu'est ce qu'il s'est passé bordel ? Hurla t'il sur Jérôme.

- Calme toi Baltha. Ça va. Le suspect avait une arme, il a tiré quand on a voulu l'interpeller, elle a pris une balle perdue qui lui a égratigné la hanche. Elle est là bas, les secours arrivent.

Balthazar se rua aux cotés d'Hélène qui compressait comme elle pouvait sa blessure qui saignait abondement avec son chèche. Elle avait l'air d'avoir mal, elle grimaçait.

- Hélène ! Ca va ? Montre moi ! dit il en s'approchant, voulant retirer le chèche qu'Hélène tenait fermement.

Elle se recula, le regard plein de fureur.

- Laisse moi ! Les secours arrivent, tout va bien tu peux retourner à l'IML lui répondit elle froidement.

Balthazar la regarda ahuri et blessé. Ok ils s'étaient engueulés mais quand même ! Il avait eu une peur bleue !

- Bon Hélène ça suffit ! la coupa t'il brutalement. « Montre moi stp. »

Hélène se laissa finalement faire, après tout il était médecin. Bien qu'ils ne soient pas en très bon termes en ce moment, elle préférait quand même être prise en charge par lui et puis elle avait mal, elle n'avait pas la force de protester. Elle ôta son chèche, ça n'était pas grand chose en effet mais elle avait une belle plaie au dessus de la taille qui nécessitait assurément des points de suture.

- Bon c'est pas grand-chose mais il te faut quand même quelques points sinon tu vas garder une vilaine cicatrice . C'est soit avec moi à l'IML soit aux urgences. C'est toi qui voit. Dit il en la regardant d'un air décidé.

- Va pour l'IML concéda t'elle mollement.

- Cache ta joie surtout répliqua t'il ironiquement.

Le trajet se fit en silence. Ils arrivèrent à l'IML, il vint lui ouvrir la portière. Elle le suivit sans un mot jusque dans son bureau. En passant ils croisèrent Tic et Tac affolés. D'un regard Balthazar les rassura et leur fit comprendre de les laisser tranquilles, il gérait. Il la conduisit dans son bureau, ferma la porte, et la fit s'assoir sur sa table d'auscultation.

- Enlève ta chemise et allonge toi stp lui demanda t'il en s'affairant dans son bureau afin de préparer tout ce dont il avait besoin. Lorsqu'il se retourna il vit qu'elle hésitait à enlever sa chemise, presque timide.

- Hélène … il n'y a rien que je n'ai déjà vu je te signale lui dit-il doucement avec un petit sourire.

- Je sais. Répondit elle simplement. C'est juste que …

Il leva les yeux au ciel. La communication était compliquée entre eux depuis hier matin. Ils s'étaient disputés et n'en avaient pas du tout parler en fait, la faute à tous les 2 et la bourde d'Eddy par dessus le marché… beaucoup de non dit entrainant beaucoup de confusion et de doute de part et d'autres. Balthazar se décida à rompre ce silence.

- Bon Hélène, je ne suis rentré avec aucune femme hier ! Ok ? Comment peux tu penser un truc pareil ?

Hélène le fixa un court instant et balança sans préambule :

- Pourquoi tu l'as choisie, elle, ce soir là ? Elle semblait si vulnérable.

Balthazar la regarda interrogatif car il ne comprit pas tout de suite. Il était toujours sur la soirée d'hier. Puis il réalisa qu'elle faisait allusion à LA soirée. Il pensait que toute cette histoire était derrière eux, maintenant qu'ils avaient sauté le pas, qu'ils étaient enfin ensemble, il pensait qu'ils avaient fait table rase du passé mais non. Enfin pas Hélène en tout cas. Elle lui en voulait toujours. Il inspira un grand coup et la regarda dans les yeux :

- Pire décision de ma vie ! répondit il avec un léger sourire fataliste.

- Ça ne me suffit pas Raphaël ! répliqua t'elle. « Pourquoi, alors qu'on avait vécu ce moment si intime, si vrai, si honnête, pourquoi tu as tout oublié en une fraction de seconde pour replonger dans ses bras ? Comment veux tu que je visualise un futur entre nous 2 sachant que tu peux changer d'avis en un instant ? » Ses yeux étaient brillants, les larmes montaient, elle le sentait.

Ok, il comprenait maintenant le pourquoi de leur dispute. Elle n'avait pas confiance en lui tout simplement. Et même si cette idée le blessa légèrement il était surtout triste de n'avoir pas su la rassurer. En y repensant il était tellement sûr des ses sentiments pour elle et tellement sûr qu'elle les connaissait aussi, il n'imaginait pas un instant qu'elle puisse douter ! Il lui sourit, elle avait simplement besoin d'être rassurée, ça il pouvait le faire sans soucis. Il posa ses mains sur ces joues et déposa un léger baiser sur ses lèvres.

- Hélène, je t'aime, n'en doute jamais s'il te plait ! Ce soir là j'ai eu peur tout simplement. J'ai eu peur qu'en franchissant cette limite qu'on s'était imposée tous les 2, on allait gâcher ce qu'on avait déjà. Quand Maya a sonné je me suis dit que c'était un signe du destin, que nous 2 c'était pas pour tout de suite. C'était idiot je le sais. Et puis le lendemain dans la voiture quand j'ai abordé le sujet tu semblais finalement d'accord, que nous 2 c'était qu'une histoire de cul, que c'était absurde de nous imaginer au quotidien. Alors j'ai essayé d'oublier mes sentiments pour toi, de me consacrer à Maya, j'avais tellement besoin, envie de me reconstruire après Lise que j'ai fait ça n'importe comment, je n'ai même pas vu que c'était elle la meurtrière de Lise, t'imagines la honte quand j'ai tout compris ? La honte d'avoir failli épouser la personne que je haïssais le plus au monde, et par-dessus tout la honte de t'avoir blessée, t'avoir dit ces choses affreuses … Alors Hélène, s'il te plait, pardonne moi pour tout ça, et sache qu'au fond de moi, ça a toujours été toi, c'est toi depuis le début…

Pour conclure ses paroles il l'embrassa tendrement la rapprochant de lui. Elle grimaça lorsqu'il effleura sa blessure malencontreusement.

- Merde, pardon ! Tu me laisses m'en occuper maintenant s'il te plait ?

Hélène n'avait toujours rien dit. Ces mots la rassuraient bien sûr, elle les avait attendus depuis longtemps. Mais il y avait encore un point à aborder et pas des moindres... Elle acquiesça néanmoins et le laissa faire lorsqu'il déboutonna doucement sa chemise. Il lui ôta la fit s'allonger sur la table.

- Trois points devraient suffire. Je vais t'anesthésier par une petit piqûre tu ne sentiras rien ! lui dit il doucement en nettoyant sa plaie qui ne saignait plus beaucoup. « Et puis ne t'inquiètes pas, je fais les plus belles sutures de tout Paris » ajouta t'il pour la détendre et la faire rire.

- Ben j'imagine en effet que tu n'es pas débordé par le service après vente puisque tout tes patients sont morts, lui répondit elle ironiquement.

Il rit !

- Pas faux ! Disons que je suis content de moi-même alors ! Allez je pique ! En disant ces mots il l'anesthésia et lui fit 3 points de suture, en 10 minutes c'était terminé. Il lui mit un pansement après lui avoir fait constater la beauté de son travail, déposa un petit bisou dessus et lui rendit sa chemise, tout sourire. Elle grimaça en constatant qu'elle était pleine de sang. Il comprit et alla en chercher une à lui dans un tiroir de son bureau.

- Tiens mets ça si tu veux, elles te vont tellement bien mes chemises ! ajouta t'il avec un petit clin d'œil, faisant allusion à tous ces matins où elle enfilait la chemise du légiste.

- Merci lui répondit elle.

Il sentait qu'elle était encore sur la réserve. Il pouvait lire dans son regard que quelque chose d'autre l'embêtait.

- Hélène, qu'est ce qui va pas ? demanda t'il doucement en s'approchant à nouveau d'elle et en remettant une mèche de ses cheveux derrière son oreille. « Je vois bien qu'il y a un truc qui te dérange ! »

Elle soupira, se racla la gorge, et, à nouveau, lui balança sans préambule :

- Tu veux des enfants ?

Balthazar la regarda fixement, il ne comprenait pas d'où ça venait. Devant son mutisme, elle poursuivit.

- J'ai 47 ans Raphaël. J'ai 2 ados, j'ai passé l'âge des couches, des biberons à 4h du mat et des fringues pleines de vomi... J'en ai plus envie en tout cas …

Il soupira, elle poursuivit.

- Quand tu as cru que Maya était enceinte tu étais tellement content. Il s'apprêtait à lui répondre mais elle le coupa. « Ne le nie pas s'il te plaît. Quand tu me l'as annoncé à l'IML tu avais pratiquement les larmes aux yeux, tu étais ravi. Je ne veux pas te priver d'un truc pareil, je ne peux pas … d'autant plus que tu ferais un super papa …" Elle étouffa un sanglot en terminant sa phrase. A nouveau il allait parler mais elle poursuivit. « Ça fait plusieurs semaines que j'y pense maintenant, c'est pour ça que je voulais pas officialiser les choses, ça n'a rien à voir avec Antoine ou n'importe qui, c'est juste que je pense que peut être je ne suis pas celle qu'il te faut … »

- Tu as fini ? Je peux parler maintenant ? lui demanda t'il doucement ? Elle acquiesça.

Il réfléchit un court instant, comment allait-il répondre à l'interrogation d'Hélène et la rassurer surtout ….

- Ecoute, l'année dernière il m'est arrivé un truc un peu bizarre, je ne t'en ai jamais parlé… J'ai vécu une sorte de vie parallèle … Je me suis réveillé un matin, et là, chez moi y'avait 2 garçons, petits, et …. et Lise… Voyant le regard un peu septique d'Hélène, il poursuivit. « Attends, attends, laisse moi finir. Donc je me suis réveillé dans cette espèce de vie parallèle, où j'avais 2 enfants avec Lise et aussi une garde robe affreuse… non mais que des chemises à fleurs hyper larges, tu vois le genre là, hawaïennes ? Horrible ! Et ma voiture … non mais ma voiture quoi, un espèce de truc familial dégueulasse ! »

- C'est un rêve Raphaël ! C'est pas parce que tu as des enfants que ta voiture et ta garde robe vont changer enfin… Elle soupira agacée, elle lui parlait d'un truc hyper sérieux et il plaisantait avec une histoire à coucher dehors.

- Laisse moi finir ! Dans cette vie parallèle ou ce rêve si tu préfères, tu sais ce qui m'a fait hyper plaisir ? Ce qui m'a rassuré, soulagé ?

- Non, quoi ?

- Toi ! Te voir ! Bon, t'étais aussi sympa avec moi là bas qu'ici, ajouta t'il avec un petit sourire ironique. « Tu me prenais pour un looser, tu m'as pas mal engueulé mais au final je crois que tu m'aimais bien, comme ici, il y avait un truc entre nous. »

- Je vois pas où tu veux en venir …

- Hélène ! Ce que je veux dire c'est que je t'aime ! Dans cet espèce de rêve j'ai eu un aperçu de la vie dont j'ai rêvé … il y a longtemps… Mais c'était avant, c'était avec Lise, c'était il y a 15 ans. Maintenant ce n'est plus ça qui me fait rêver, qui me fait me lever le matin, c'est toi mon rêve maintenant ! J'adore ma vie ! Tu m'entends ?! J'adore ma vie, cent fois plus depuis que tu en fais partie et mille fois plus depuis qu'on est ensemble ! Je ne rêve de rien d'autre, si ce n'est ton bonheur. Ma relation avec Maya c'était faux, j'essayais de me jeter à corps perdu dans une histoire pour tourner la page de Lise c'est tout, le bébé, le mariage, tout ça c'était pas sincère. Toi par contre ça l'est … plus que tout ! Je t'aime tellement !

Il finit sa tirade en la prenant dans ses bras et la serrant fort contre lui. Il avait les larmes aux yeux, mais ça faisait un bien fou de lui dire toutes ces choses qui étaient si évidentes pour lui, mais pas pour elle. La jolie blonde était en larmes aussi, de joie cette fois ci ! Comment avait-elle pu douter de lui ! Rassurée, elle se recula légèrement et lui dit :

- Moi aussi je t'aime tellement ! Et elle l'embrassa tendrement.

Ils furent interrompus par 3 petits coups sur la porte du bureau du légiste. Balthazar essuya les larmes de son visage et de celui de sa belle et se leva pour aller ouvrir. Derrière la porte il trouva Fatim, Eddy et Delgado qui trépignaient d'impatience.

- Si c'est pas trop demandé, on voudrait avoir des nouvelles d'Hélène ? demanda Jérôme

Balthazar sourit, il laissa rentrer ses amis qui se précipitèrent vers la Capitaine, toujours assise sur la table d'auscultation du légiste.

- Ça va très bien merci ! dit Hélène tout sourire. C'était trois fois rien, quelques petits points de rien du tout et c'est réglé !

- « De rien du tout » faut pas exagérer, c'est du boulot de faire des points parfaits je te … vous, je vous signale Capitaine ! précisa Balthazar, s'excusant d'un léger regard d'avoir ripé sur le tutoiement.

Hélène descendit de la table en souriant, s'approcha de son légiste et en passant un bras dans le dos de Balthazar, ajouta :

- C'est vrai, pardon ! J'ai une chance folle que mon amoureux fasse les plus belle sutures de tout Paris ! déclara t'elle en le regardant amoureusement ! Balthazar eut un sourire éclatant et passa à son tour son bras dans le dos de sa belle. Ils levèrent la tête vers leurs 3 amis, qui arboraient tous le même sourire.

- Ah non mais attends, tu veux dire que vous êtes ensemble ? C'est incroyable, je tombe des nues ! Ironisa Delgado.

- Bon ça va Jérôme inutile d'en faire des caisses ! répliqua Hélène. « Je sais bien que vous le saviez tous ! Enfin plus ou moins ! » ajouta t'elle en jetant un regard à Eddy.

- Oui bon ça va, rougit le jeune légiste. Au fond de moi je le savais.

- Ah oui ? bien profondément alors ! ajouta Fatim ce qui fit rire les autres et fit bouder Eddy.

Le téléphone de Delgado sonna, c'était la DPJ, le suspect avait avoué, il briefa sa supérieure vite fait pendant que Balthazar discutait avec ses 2 collègues et amis :

- Je suis désolé de ne vous avoir rien dit pour Hélène et moi , avoua t'il gêné… "C'est juste que, Hélène voulait attendre un peu, voila donc je voulais pas la bousculer … »

- T'inquiètes pas on comprend très bien lui répondit Fatim, compréhensive. « N'est-ce pas Eddy ? »

- Ben ouais, bien sûr, on comprend, on comprend. En tout cas c'est top, enfin il était temps parce que 3 ans à vous tourner au tour, ça devenait un peu pénible pour nous tu vois ? ajouta Eddy

- Ben ouais je vois, je vois. Un peu comme Fatim et toi en fait non ? répliqua Balthazar avec un petit sourire.

- Ah non mais rien à voir ! répondit Eddy. « Fatim elle me kiffe depuis le début ok, je suis d'accord avec toi, mais pas moi hein, moi…. »

- Pardon ? s'insurgea Fatim ! « Non mais tu plaisantes Eddy ? C'est toi qui me kiffes depuis le début, je te signale que …. »

- Bon Tic et Tac c'est bientôt fini là ? intervint Delgado. « Ce qui est sympa c'est que vous n'avez pas changé depuis que vous êtes ensemble hein… Remarquez tant mieux parce que j'avais un peu peur que les apéros deviennent rasoirs entouré de 2 petits couples … Faudrait vraiment que je me case moi aussi, je suis un peu la cinquième roue du carrosse là… » ajouta Jérôme en boudant.

- T'inquiètes pas Jérôme, on sortira sans femmes, c'est encore mieux ! lui chuchota Balthazar à l'oreille.

- Hey ! répliqua Hélène en lui donnant un petit coup dans les côtes. « C'est pas sympa ça ! »

- Je plaisante mon amour ! lui dit-il en l'embrassant, et en faisant discrètement un petit clin d'œil à Delgado pour lui signifier que son offre tenait toujours !

- Bon je vais repasser à la DPJ voir notre suspect, tu peux me déposer Jérôme stp ? Demanda Hélène à Delgado qui acquiesça. « On se rejoint à la maison ce soir ? » ajouta t-elle plus discrètement pour Balthazar ? Il acquiesça, et elle partit avec son coéquipier.

- Bon on boucle le rapport d'autopsie les enfants et puis week-end, ok ? dit Balthazar en s'adressant à Eddy et Fatim.

Les 2 jeunes acquiescèrent vivement et se remirent au travail.

En sortant de l'IML Balthazar s'arrêta faire quelques courses, il avait envie de cuisiner et de faire plaisir à son Capitaine ce soir. Lorsqu'il arriva chez Hélène, il sonna, elle vint lui ouvrir la porte et le fit entrer avec un grand sourire. Elle l'embrassa tendrement, et finit par interrompre le baiser qui s'enflammait.

- Je vais prendre une petite douche, tu me sers un verre ? lui demanda-t-elle. « J'en ai pas pour longtemps, j'arrive ! »

- Bien sûr, vas-y, je te prépare ça !

Il se dirigea vers la cuisine pour poser ses courses lorsqu'il l'entendit lancer depuis l'escalier :

- Au fait chéri, tu as acheté du pain ?

Il sourit à s'en décrocher la mâchoire ! Le quotidien avec Hélène Bach s'annonçait radieux !

- Bien sûr mon amour ! Et je vais même vider le lave vaisselle !