Bonjour à toutes et à tous! Eh non vous ne rêvez pas! Me revoici bien avec une histoire!

Pour ceux qui attendent la suite des "Mots de mes Dessins" je vais vous décevoir il ne s'agit pas de la suite (au cas où vous espériez) Je suis dans un blocage totale pour cette suite malgré les 20 premières et quelques pages que j'ai écrit et une idée de ce que je veux faire. Je vous promets qu'elle arrivera un jour, ne désespérez pas!

Sinon pour cet OS, un peu d'explication!

J'ai écrit celui-ci après avoir lu (pour la 20ème fois) un manga sur internet, ça m'a donné la base de départ et puis j'ai bifurqué un moment sans faire exprès x) (je pensais rester bien plus proche de l'histoire qui m'a inspiré et puis finalement mon inspiration m'a fait "eeeh baaaah naaaaaaan") Enfin bref! Si jamais ça vous intéresse de lire lire ce manga, je me ferais une joie de vous donner le titre ainsi que le site où je l'ai lu (par contre ce fameux site est en anglais...)

Je vous offre donc une fois de plus un Drarry, pour changer... Nous ne sommes pas dans un monde de magie mais la médecine se rapproche assez des potions, et toutes les personnes bien portantes peuvent tomber enceinte... Juste comme ça, peu importe le genre mais ce n'est pas un omegaverse. Je préfère prévenir dés maintenant parce que même si on ne parle pas de Mpreg ici, qu'il est juste mentionné, ce ne sera pas le cas pour les deux/trois bonus qui vont arriver (ils sont écrits et en correction actuellement)

Je préviens aussi, cette histoire contient des scènes sexuelles... Explicites. Vous êtes donc prévenus-es. (Tout du moins si vous lisez ça) J'annonce quand même plus ou moins "la couleur" si on veut dés ma première phrase donc...

Voilà voilà! Je pense que c'est tout... Bon en vérité, cette histoire est terminée depuis plus d'un an... Vous auriez du l'avoir en Mars/Avril 2019 mais bon... Vaut mieux tard que jamais...

J'espère qu'encore une fois vous apprécierez mon histoire! Bien évidemment les personnages appartiennent à JKR cependant puisque l'histoire n'a rien à voir avec les livres, considérez qu'ils pourraient être OOC je pense...

Merci à LiliceBooksAddict qui a encore une fois corrigé cette histoire! Elle fait 29 pages et demie et 16 540 mots!

Cette fois, j'ai fini et je vous souhaite une excellente lecture et je vous dis à très vite pour les bonus! (ils serons postés à la suite de l'OS)


Amour sans Frontière

Serpentard fut l'une des quatre premières maisons closes à ouvrir ses portes dans l'Allée des Lumières. Au début nommée « Le Serpent d'Argent », elle prit par la suite le nom de son créateur : Salazar Serpentard. Aujourd'hui, c'est l'un de ses descendants, Tom Riddle, qui gère l'endroit. Les trois autres premières maisons closes furent ouvertes par les trois amis de Salazar.

Chacune de ces quatre Maisons a sa particularité que tous peuvent repérer, un code couleur adopté par les maisons construites au fil des ans : une lumière colorée visible au-dessus de leur porte.

La Maison Serpentard ne comprend que des hommes qui en satisfont d'autres et, au-dessus de l'entrée, se trouve une lumière verte entourée par un serpent, symbole de la maison.

La Maison Gryffondor, édifiée par Godric Gryffondor, ne contient que des femmes qui n'offrent leurs faveurs qu'à des hommes. La lumière rouge au-dessus de sa porte est tenue par les griffes d'un griffon doré aux ailes déployées, qui avait jadis donné son nom à l'endroit.

La Maison Serdaigle a été construite par Rowena Serdaigle. Elle n'accueille que des femmes qui aiment d'autres femmes. La lumière bleue blottie entre les serres d'un aigle de bronze souhaite la bienvenue aux visiteuses.

Et enfin, Helga Poufsouffle a mis en place une maison qui accueille hommes et femmes proposant leurs services aux deux genres qui désirent une étreinte aussi passionnée que tendre. Au-dessus de la porte, un blaireau noir est enroulé autour d'une lumière jaune.

C'est dans celle du serpent qu'Harry avait atterri à l'âge de cinq ans. Tom Riddle qui, à ce moment-là n'avait repris la maison close que depuis quelques mois, l'avait accueilli malgré son jeune âge. Il lui avait offert un toit, une famille et à manger. Bien sûr, personne ne l'avait touché.

« Je ne fais pas dans la pédophilie » avait rétorqué Tom quand un jour, l'enfant lui avait demandé pourquoi il ne travaillait pas comme les autres.

« Il est hors de question que quelqu'un te touche tant que tu n'as pas l'âge requis et que tu ne l'as pas décidé en ton âme et conscience. »

« Alors pourquoi tu m'as accepté ? » avait questionné Harry.

« Parce que je n'allais pas laisser un enfant d'à peine cinq ans seul dans les rues. Ce n'est peut-être pas le meilleur endroit pour élever un enfant ici, mais c'est ta maison. Nous sommes ta famille. Peu importe ce que tu décideras plus tard, cet endroit sera toujours là pour toi. »

L'enfant de huit ans qu'Harry était au moment de cette discussion n'avait pu s'empêcher de pleurer de joie.

C'est ainsi que, jusqu'à ses dix-sept ans, il ne fît qu'aider dans les tâches ménagères en fonction de ses capacités puis, une fois majeur, avait choisi de travailler comme prostitué dans la Maison Serpentard.

Ce n'est pas une vie parfaite, mais c'est sa vie et il l'aime ainsi. Depuis son arrivée quinze ans plus tôt, il a été véritablement soutenu. Malgré ses airs froids, Tom Riddle prend soin de son personnel, la vie est calme et plutôt sympa et il ne la changera pas. Pour quoi faire ? Comme le dit Blaise, on sait ce qu'on perd, mais jamais ce qu'on gagne.

C'est ce qu'est en train de penser Harry, assis devant une des fenêtres de l'avant-dernier étage de la Maison, alors qu'il regarde les quelques personnes dans l'Allée en cette fin d'après-midi.

C'est à ce moment que passe une sorte de cortège. Une chaise à porteurs, avec des voiles comme un lit à baldaquin pour protéger la personne assise du soleil, remonte l'Allée. Harry ne peut voir que les quatre porteurs torse-nu. Il y a trois autres hommes qui suivent. L'un est habillé d'un costume noir alors que les deux autres sont plus simplement vêtus, tenant chacun une sorte de petit coffret dans leurs mains

_ Eh bah, ça c'est de l'exhibitionnisme de richesse, marmonne Harry avant de voir avec surprise la chaise s'arrêter devant sa Maison.

Haussant les épaules, Harry retourne à la contemplation de la rue. Aujourd'hui est son jour de repos, on ne lui demandera donc pas de venir. Et puis Blaise est là, ce sera surement à son ami de s'en occuper : avec sa peau couleur café, le jeune homme fait des ravages.

Cependant, une bonne quinzaine de minutes plus tard, la voix grave qu'il reconnaît appartenir à Blaise, justement, le sort de sa contemplation.

_ Harry, Tom te demande. Il veut que tu le rejoignes immédiatement dans le hall.

_ Quoi ? Mais pourquoi ? grogne le brun en se levant malgré tout. Non seulement je ne prends personne aujourd'hui mais en plus je ne joue pas non plus.

Son long kimono noir glisse le long de ses jambes jusqu'à ses pieds et traîne un peu par terre, ses manches très larges frôlant ses hanches et ses jambes. Alors qu'il se met en route suivi par son ami, il remet une de ses longues mèches désordonnées derrière son épaule, la pointe venant se balancer juste au-dessus de ses fesses.

_ Je sais pas trop. Un homme est arrivé mais ils n'ont pas parlé notre langue alors j'ai rien pigé, mais il y a eu de l'argent de sorti. Beaucoup d'argent.

_ Fait chier.

Les deux amis descendent les étages jusqu'au hall. La Maison est construite dans un style très oriental et simple, mais chaleureux et familial. Selon les récits, les quatre Fondateurs, comme on les appelle, auraient beaucoup voyagé avant de s'installer ici. Et Salazar Serpentard avait ramené dans ses bagages la culture asiatique qu'il affectionnait tant. Non seulement l'architecture mais également un peu de la culture dont entre autres les habitudes vestimentaires. C'est ainsi que les locataires ont sans trop de problèmes adopté tout cela et se sont habitués à vivre comme les orientaux avec quelques petites touches typique de ces pays.

Harry et Blaise arrivent dans le Grand Hall, pièce immense desservant les différentes salles d'attente ainsi que les salons de réception.

Aussitôt, Harry repère Tom, debout sur l'élévation à quelques mètres de la porte d'entrée avec des lingots d'or posés devant lui. Entre lui et la porte se trouve, comme le jeune homme s'y attendait, les hommes du cortège qu'il avait aperçu plus tôt par sa fenêtre et, un peu en avant des sept hommes, un huitième au maintien parfait et royal et -Harry l'accorde sans problème- d'une beauté sculpturale. L'homme est habillé de vêtements de très grande qualité, Harry -pourtant ignare en la matière- peut le dire sans hésitation. Ceux-ci sont dans les tons blanc et gris clair, avec pour seule touche de couleur une chemise émeraude. L'homme a des cheveux d'un blond si clair qu'ils paraissent blanc argenté à Harry et qui lui arrivent à peine à hauteur d'épaules. Une boucle d'oreille légèrement pendante et aux couleurs de la Maison Serpentard caresse son cou. Son visage est fin, tout comme son corps, mais on voit parfaitement qu'il est délicatement musclé, surtout avec ses vêtements près du corps qui, s'ils cachent sa peau pâle, ne laissent pas beaucoup de place à l'imagination.

Et quand il se tourne vers eux, Harry est subjugué par les yeux gris bleus qui l'observent et le dissèquent.

Après quelques secondes, il arrive enfin à s'en détourner et se tourne vers le Maître, s'inclinant élégamment, ses mains collées devant lui exhibant ses longues manches évasées qui lui arrivent jusqu'aux genoux.

_ Vous m'avez demandé, Maître Riddle ?

_ Oui, Harry. Je veux que tu ailles préparer tes affaires, déclare l'homme en le fixant de ses yeux bleus.

_ Quoi ? ne peut s'empêcher de croasser Harry en perdant ses couleurs.

_ Draco Malfoy, Héritier de la Famille Malfoy vient de t'acheter. Tu pars avec lui dans 15 minutes. Va préparer tes affaires.

_ Mais Monsieur… essaie d'argumenter Harry, abasourdi.

_ Ce n'était pas une proposition mais un ordre, le coupe Riddle, le visage neutre et ses yeux bleus froids ancrés dans les émeraudes emplies de douleur et de confusion.

Serrant les poings et se mordant la lèvre pour éviter de rétorquer, Harry s'incline docilement.

_ Bien, Monsieur.

_ Blaise, va l'aider. Toutes les affaires que tu utilises sont à toi Harry, n'oublie rien, ne laisse rien.

Le jeune homme s'incline légèrement de nouveau avant de se détourner… Pour être arrêté dans son mouvement par une main attrapant son bras, le retournant vivement.

Surpris, le jeune homme se retrouve nez à nez avec le blond, ou plutôt nez à torse avant de le pencher en arrière puisque l'Héritier fait près d'une tête de plus que lui. La main libre se pose sur sa joue et la caresse délicatement alors qu'un petit sourire se forme au coin de ses lèvres.

_ Tu es vraiment une pure beauté… Tes yeux sont exceptionnels. Ne t'en fais pas, petit serpent, je prendrais soin de toi.

Clignant des yeux de surprise face à cette langue étrangère, Harry se dégage brusquement de sa prise et se recule, lâchant d'une voix agacée alors qu'il repousse une longue mèche de cheveux.

_ Ayez au moins la décence de parler ma langue, je n'ai absolument pas compris ce que vous avez dit. Et gardez vos mains pour vous, ce n'est pas parce que vous m'avez acheté qu'il faut vous croire tout permis.

Sans attendre de réponse, le jeune homme se détourne et remonte à l'étage qu'il a quitté à peine 10 minutes plus tôt, suivi par Blaise.

De son côté, Draco Malfoy, futur Lord, esquisse un grand sourire satisfait, se tournant vers le propriétaire de la Maison de joie.

_ Vous ne m'avez pas menti, Maître Riddle, il a l'air d'avoir un caractère bien trempé.

_ Je ne mens jamais, Héritier, rétorque Tom dans la même langue. Vous avez intérêt de parfaitement vous en occuper…

Face à la menace à peine voilée, le sourire de Draco s'agrandit alors que le seul homme du cortège habillé en costume avance.

_ Je vous prierais de rester poli Maître Riddle, intervient l'homme d'une voix neutre.

_ Laisse, Théodore, le coupe l'Héritier sans lâcher Tom des yeux. Je prendrais soin de votre protégé Maître Riddle, vous avez ma parole.

_ C'est dans votre intérêt, claque l'homme avant de se détourner, sa longue robe voletant sur ses chevilles, et de partir.

_ Jeune Maître…, essaie Théodore, l'air mécontent.

_ Non Théo, l'arrête le blond. C'est son droit. J'ai parfaitement compris qu'il tient à Harry comme à son propre fils. J'ai appris que c'était lui qui l'avait élevé depuis les cinq ans du garçon. Je comprends son exigence de le savoir heureux et protégé de la même façon qu'il l'est ici.

L'homme émet un léger reniflement agacé mais s'incline.

0o0o

Quand Harry rentre dans le hall d'entrée du château, il ne peut s'empêcher de se sentir gêné et absolument pas à sa place alors qu'une rangée de six servantes en uniforme s'inclinent à leur arrivée.

_ Bon retour, Monsieur.

Draco sourit et passe un bras autour de la taille d'Harry avant d'expliquer :

_ Voici Harry. Il va vivre ici à partir d'aujourd'hui. Il ne parle pas notre langue alors ne lui en veuillez pas s'il ne vous répond pas ou ne comprend pas ce que vous dites.

Les servantes acquiescent, inclinant légèrement la tête dans un mouvement synchrone.

_ Vous pouvez retourner à vos tâches, et faites passer le mot, ordonne Draco avant de se tourner vers Harry et de reprendre d'une voix plus douce. Voici ta nouvelle maison, j'espère qu'elle te plait et que tu t'y sentiras vite chez toi…

_ Je ne comprends toujours pas ce que vous dites, grogne Harry, pourtant touché par la gentillesse dont fait preuve l'homme à son égard.

_ Théodore va te montrer nos appartements. Installe-toi, détends-toi. Va prendre un bain pour te délasser du voyage que nous venons de faire. Je te verrais plus tard, j'ai malheureusement des affaires à régler.

Le blond lui dépose un baiser au coin de l'œil gauche, poussant délicatement l'une de ses mèches avant de partir, suivit du regard par un Harry médusé.

_ Vous me suivez ?

La voix sèche et monocorde le fait sursauter et se retourner vers l'homme en costume.

_ Vous parlez ma langue ? s'étonne le brun.

_ Bien sûr que je parle votre langue. Je suis Théodore Nott, le secrétaire et conseiller du Jeune Maître Draco. Je parle couramment quatre langues. Il désire que je vous conduise à vos appartements.

Et sans attendre de réponse, le jeune homme -qui a l'air d'avoir environ son âge- se détourne et commence à s'enfoncer dans les méandres du château.

Traversant les couloirs après s'être dépêché de le rattraper, Harry ne peut s'empêcher de s'émerveiller de la beauté et de la richesse des lieux. Tout est somptueux et délicat.

« Comme doit l'être le Manoir d'une famille riche, je suppose » relève intérieurement le brun.

Après des dizaines de couloirs et deux escaliers, Théodore Nott s'arrête enfin devant une porte qu'il ouvre avant de s'écarter afin de laisser passer Harry.

Avant même d'arriver dans la chambre, on est dans un genre de sas avec un canapé et donc la porte qui mène à la chambre. La suite -parce que ça ne peut être que ça- est très grande et magnifique. Dans celle-ci un lit énorme se trouve à droite, avec des draps aux couleurs de sa Maison. En face se trouve une haute et longue baie-vitrée qui donne sur un jardin. A gauche, une autre porte mène, de ce qu'il peut voir, à la salle de bain. De l'autre côté des baies vitrées, une bibliothèque énorme garnie de livres se dresse fièrement.

_ Incroyable…, murmure Harry en s'avançant dans la pièce.

_ Le bain est prêt, intervient le secrétaire en l'arrachant à sa contemplation. Prenez votre temps, vous n'êtes attendu nulle part.

Suivant l'indication de l'homme, Harry pousse la porte et examine la pièce, un petit air émerveillé sur le visage.

La salle de bain est tout aussi incroyable que la chambre : elle est dans entièrement blanche et grise, les mêmes teintes que le sol en marbre blanc piqueté de gris clair. La baignoire peut facilement accueillir trois personnes qui n'y seraient même pas serrées. Un haut miroir est accroché au-dessus d'un lavabo et une douche sans parois se trouve dans le coin au fond à gauche.

Alors qu'Harry finit d'observer la pièce, l'homme le jauge du regard.

_ Vous n'avez pas de maladies, n'est-ce pas ? Je n'ai pas envie que le Jeune Maître soit contaminé à cause d'une de ses lubies.

Se tournant vivement vers l'homme, l'air à la fois outré, agacé et mauvais, Harry répond sèchement.

_ Au risque de vous décevoir, Conseiller Nott, non, je n'ai pas de maladie. Serpentard prend parfaitement soin de ses résidents et veille scrupuleusement à leur santé ainsi que celle de ses clients.

Sans rien dire, l'homme se détourne et sort de la chambre.

_ Non mais il se prend pour qui celui-là ? s'écrie Harry furieux avant de souffler bruyamment pour essayer de se calmer.

La chaleur agréable de la pièce finit par le détendre lentement mais sûrement.

S'approchant de la baignoire, le brun détache la tresse lâche qui retenait la majorité de ses cheveux, enlève son haori long et son kimono qu'il laisse tomber en tas par terre avant de se glisser avec délectation dans l'eau bouillante pour s'y prélasser. Il ferme les yeux et essaie de vider son esprit pour ne pas avoir à penser à ce qu'il vient de se passer. Il ne veut pas penser à ce qu'il vient de quitter, au fait que Tom l'a vendu sans hésiter et l'a laissé aux mains d'un parfait étranger.

Il est arrivé parfois qu'un client veuille emporter l'un des prostitués de la Maison mais Tom fait toujours en sorte d'être certain du client, faisant des recherches sur lui et surtout -surtout- s'assurant que le prostitué voulu soit absolument et totalement d'accord.

Alors pourquoi ? Pourquoi n'a-t-il pas fait ça pour lui ? Il l'a… il vient de le jeter dans les bras d'un inconnu qui n'est même pas de leur pays, sans ciller une seule fois, prenant l'or et le chassant de Serpentard. Sans même venir lui dire au revoir.

Grognant contre lui-même, Harry plonge la tête sous l'eau. « Tu viens de dire de ne pas penser à ça, crétin » se fustige le jeune homme avant de remonter à la surface et d'obéir à ses ordres : détends-toi et ne pense à rien pour l'instant.

Ce n'est que trois bons quart d'heure plus tard que le brun sort enfin, la peau douce sentant la menthe et le lys et le bout des doigts fripés. Ses longs cheveux corbeaux collent à son cou et son dos alors que des gouttes glissent le long de son corps.

Ce n'est qu'en attrapant une grande serviette moelleuse après être sorti de la baignoire qu'Harry voit l'Héritier Malfoy, appuyé contre le chambranle de la porte, se délectant de la vision de son corps nu et ruisselant.

Surpris, Harry est à deux doigts de lâcher la serviette, arrivant cependant à la plaquer contre lui et ainsi cacher son corps, mais il ne parvient pas à retenir un petit cri indigné.

Alors que le blond s'approche de lui avec un petit sourire en coin satisfait, Harry rosit délicatement.

_ Non mais ça ne va pas d'apparaître comme ça dans la salle de bain des gens ? se récrie Harry alors qu'il entoure ses hanches de la serviette, repoussant des cheveux tombés devant ses yeux.

_ Tu es magnifique quand tu es énervé Harry, lui murmure le blond à l'oreille avant de se reculer pour le regarder, une longue mèche de cheveux corbeaux enroulée autour de ses doigts. J'espère que notre chambre te plaît… Je te promets de prendre soin de toi. Tu m'es précieux. Et tu es à moi, à présent. Rien qu'à moi.

Refermant fermement les doigts sur les cheveux, il attrape Harry par la hanche et le colle contre lui. Sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit, il l'embrasse à pleine bouche, profitant de la surprise du brun pour insinuer sa langue dans l'antre chaude et jouer avec sa jumelle.

Ce n'est qu'après de longues minutes langoureuses que Draco s'écarte du brun, particulièrement satisfait de l'effet de son baiser sur le jeune homme. Celui-ci a les joues rouges, les lèvres gonflées et le souffle court alors que ses jambes tremblantes l'obligent à s'accrocher au blond.

_ Eh bah, je dois bien vous accorder ça, vous embrassez hyper bien, marmonne le brun.

_ J'aimerais que tu me laisses profiter de plus que de tes lèvres, chuchote Draco en se rapprochant de nouveau, se collant contre Harry en parsemant son cou et sa clavicule de baisers. Laisse-moi te faire oublier cette tristesse qui assombrit tes yeux si magnifiques.

Sous les assauts des lèvres et des mains du blond, Harry se remet à trembler alors que son désir s'éveille inexorablement. La serviette s'échappe de ses mains, tombant au sol sans un bruit et à l'indifférence des hommes, trop concentrés sur le corps de l'autre.

_ On ne parle pas la même langue mais il n'est pas compliqué de comprendre ce que vous souhaitez. Ce genre de langage est universel, bégaie difficilement le brun en accrochant ses bras autour du cou de l'Héritier et en rapprochant leurs corps.

Avec un sourire, le blond l'entraîne hors de la salle de bain, lui murmurant à l'oreille.

_ J'ai tout mon temps à t'accorder. Tu as toute mon attention pour le reste de l'après-midi ainsi que la nuit. Juste toi et moi pour les prochaines heures. J'espère que tu es content.

Reculant doucement, Harry finit par rencontrer le lit, tombant à la renverse dessus et s'étalant sur le matelas confortable, ses cheveux sombres auréolant son visage. Debout devant lui, l'Héritier ne perd pas une miette du délectable spectacle que lui offre le jeune homme.

Se déshabillant lentement, le blond se lèche les lèvres alors qu'Harry, incapable de détourner les yeux de l'image qu'il lui renvoie, frissonne d'impatience et de désir en découvrant au fur et à mesure le corps qui s'offre à lui.

On peut dire que le futur Lord a été généreusement gâté par la nature. Après le visage fin mais viril, les yeux gris envoûtants et les cheveux d'un blond clair presque blanc et à l'air très soyeux, le brun découvre un torse musclé, des abdos à se damner, un sexe fièrement dressé et aux mensurations plus qu'acceptables et pour finir des cuisses fermes. Bref, un corps à vendre son âme au Diable et où on s'y perdrait de luxure sans réfléchir une seule seconde.

_ Tu aimes ce que tu vois ? murmure Draco en se mettant à quatre pattes au-dessus d'Harry.

Celui-ci le regarde faire, totalement hypnotisé avant de se remettre à gémir sous les attentions de l'homme.

_ J'aime ce genre de son, sourit malicieusement Draco. Mais je préfère encore plus ceux-là.

Harry émet un petit cri à la fois de surprise et de plaisir alors que le blond mord un de ses tétons dressés et frotte lascivement leurs érections l'une contre l'autre.

_ J'ai cherché et attendu tellement longtemps pour pouvoir enfin te rencontrer, déclare Draco avant de lui faire un suçon sur la clavicule, faisant geindre Harry. Et maintenant tu es à moi… Rien qu'à moi.

Il glisse ses doigts le long de son torse, de son aine puis vers l'extérieur de sa cuisse avant de remonter en sens inverse mais en s'arrêtant cette fois juste à côté des testicules, faisant frémir Harry d'anticipation et d'envie.

_ Si magnifique… souffle Draco en regardant le visage d'Harry transporté par le plaisir alors qu'il glisse les doigts sur toute la longueur du sexe du brun, le frôlant à peine, faisant inlassablement des vas et viens alors qu'il continue ses murmures. Si beau… Si tu savais à quel point je suis jaloux de tous ces hommes qui t'ont touché avant moi… Ils n'en étaient pas dignes… Ils n'auraient jamais dû pouvoir t'approcher… Une perle rare… Une émeraude si magnifique… Mon émeraude…

Puis brusquement le blond empoigne le sexe du brun, lui faisant pousser un cri de surprise et d'exaltation alors qu'il se met à pomper presque frénétiquement le membre dressé.

_ Tu me veux aussi Harry ? J'espère que tu me veux… Parce que je vais te faire mien tout le reste de la soirée et toute la nuit. Tu seras à moi. Rien qu'à moi.

Alors que le brun s'approche de la jouissance, Draco ralentit subitement le rythme jusqu'à totalement s'arrêter, faisant gémir de frustration le brun.

_ Toute la nuit Harry… Nous avons toute la nuit. Je vais prendre tout mon temps afin de préparer ton corps comme il se doit.

Joignant les mots à la parole, l'Héritier se penche en travers du lit pour récupérer un pot que Severus avait eu la prévoyance de préparer pour lui quand il a appris que son filleul allait enfin ramener avec lui l'homme dont il lui rabattait les oreilles depuis des mois.

Ouvrant rapidement le récipient, Draco trempe ses doigts dans le baume gluant et transparent refermant son poing pour le chauffer un peu avant de diriger l'un de ses doigts vers les fesses d'Harry et de titiller son anneau de chair. Il se penche sur le sexe du brun, offrant une attention toute particulière qu'il apprécie autant que le brun.

Sortant le bout de sa langue, Draco le laisse traîner tout le long du pénis dressé alors qu'il rentre un premier doigt à l'intérieur de son amant et le fait bouger un peu. Prenant les gémissements de plaisirs pour une bonne indication qu'il gère ce qu'il fait, le blond joint un second doigt tout en continuant les aller-retour sur le membre sur brun, s'arrêtant sur le gland qu'il entoure de sa langue. Jouant avec pendant de longues minutes tandis que ses doigts enchaînent différents mouvements dans l'intimité du brun, Draco finit par glisser de nouveau vers la base du sexe avant de donner de l'attention aux testicules d'Harry, alors qu'un troisième doigt rentre dans la danse.

Le brun, quant à lui, n'est plus qu'un amas de muscles qui se tendent et se détendent convulsivement et de peau extrêmement sensible alors que l'Héritier continue son jeu de langue et s'amuse de le voir si fébrile grâce à ça et ses doigts.

_ Vous ne sentez pas que je suis prêt bordel de merde ?! Baisez-moi ! finit par lâcher Harry dans un râle alors que Draco joue encore et encore avec ses doigts et sa langue à l'intérieur de lui.

_ Si tu savais à quel point j'aimerais enfermer tous ceux qui ont eu l'honneur de pouvoir te toucher… Mais je suis si impatient de te prendre que je suis heureux que tu sois prêt à m'accueillir si vite. Je ne cesse de vouloir savoir quelles sensations fabuleuses j'aurais une fois enfoncé à l'intérieur de toi.

Enlevant ses doigts, Draco se présente à l'entrée du brun après avoir étalé consciencieusement du baume lubrifiant sur son sexe dressé alors qu'Harry s'accroche aux draps, geignant d'impatience. S'enfonçant lentement, le blond ne peut s'empêcher de laisser échapper un gémissement de plaisir alors que le corps d'Harry se referme tout autour de son sexe.

_ Tu es tellement serré… Tellement chaud, murmure Draco à son oreille, le corps plaqué contre le sien.

Sentant le brun remuer des hanches sous lui, le blond laisse un grand sourire fleurir sur ses lèvres alors qu'il se redresse sur ses mains et commence de lent va et vient, voulant s'assurer d'abord que son petit émeraude ne ressent aucune douleur. En entendant le gémissement de plaisir sous lui, il accélère la cadence, changeant l'angle de pénétration jusqu'à ce qu'il entende Harry laisser échapper un cri de plaisir pendant que son corps délicat est pris d'un frisson.

_ Ici… , murmure le blond satisfait.

Et dès lors, il prend un plaisir fou à taper à chacun de ses coups de reins dans la prostate du plus petit, l'amenant sans vergogne au bord du gouffre et lui faisant perdre les pédales.

Sous lui, Harry se cambre à chaque aller retour, le plaisir montant en vagues dignes d'un tsunami jusqu'à ce qu'un coup de reins plus fort que les autres lui fasse perdre totalement la tête et l'emporte dans une déferlante de plaisir. Un orgasme fulgurant et profond, le laisse essoufflé et tremblant alors que Draco jouit à son tour en sentant les muscles internes d'Harry se resserrer autour de son sexe d'une façon renversante.

Le laissant tomber à côté de lui, Harry essaie de reprendre son souffle.

_ Vous savez utiliser votre langue mais vous savez aussi utiliser votre queue… J'ai rarement eu une personne capable de me faire jouir ainsi dès notre première nuit ensemble.

Puis, un grand sourire aux lèvres, le brun se redresse et se poste à califourchon sur l'Héritier, celui-ci ne le quittant pas une seconde de ses yeux orageux. Frottant lascivement ses fesses contre le sexe du blond, Harry étire ses lèvres en un sourire aguicheur alors qu'il remonte l'une de ses mains sur son torse puis son cou en finissant par ses cheveux, les relevant un peu.

_ Vous m'avez montré ce que vous savez faire. Maintenant c'est à mon tour. J'espère pour vous que personne ne vous attend avant demain parce que vous serez incapable de sortir de ce lit avant plusieurs heures.

0o0o

Lorsque Harry se réveille, les rayons du soleil essaient de passer au travers des rideaux semi-opaques des baies vitrées en face du lit. Ses cheveux glissant autour de lui et sur son corps alors qu'il se redresse, il remarque aussitôt la place vide à côté de lui.

_ Déjà parti…

Le regard dans le vague, le brun ne sait pas quoi penser de cette vague soudaine de déception qui le submerge face à l'absence du blond. Ca ne fait qu'à peine deux jours qu'ils se connaissent… Alors pourquoi ? Outre que la nuit dernière ait été la meilleure partie de jambes en l'air de sa vie -et pourtant de par son métier il en avait eu des amants très doués- ça n'explique pas ce manque soudain face à l'absence de l'Héritier.

Secouant la tête, le brun s'extirpe du lit se glissant dans une robe de chambre, la fermant lâchement alors qu'il se dirige vers la salle de bain pour se rafraîchir. Mais à peine a-t-il commencé ses ablutions, qu'un toquement se fait entendre sur la porte.

Se redressant d'au dessus du lavabo, Harry s'essuie rapidement le visage avec sa manche, repoussant ses cheveux derrière son épaule avant d'aller ouvrir, se demandant de qui il s'agit.

Se tient devant lui une jolie jeune femme, les yeux bruns chaleureux et au grand sourire amical, ses cheveux châtains clair retenus par une pince dans son cou pour ne pas la gêner dans ses tâches.

_ Bonjour, je suis Susan. C'est moi qui m'occuperais de vous et de votre confort. Je serais également celle qui vous apportera vos repas.

Mordant sa lèvre d'embarras, Harry fait un petit sourire désolé.

_ Je suis désolé mais je ne comprends pas ce que vous dites… Euh…

La jeune femme le regarde à son tour avant de faire également un petit sourire et de lever le plateau repas qu'elle tient entre ses mains pour lui montrer.

_ Oh le repas… Merci. Vous n'auriez pas dû vous embêter à me l'apporter ici, je pouvais aller le chercher en cuisine. Et même manger là-bas.

_ Vous n'avez pas à aller en cuisine, intervient une voix les faisant tous les deux sursauter et se tourner dans sa direction pour découvrir Théodore Nott posté dans l'entrée de la chambre, derrière la jeune femme. Susan vous disait qu'elle s'occupera de vous et de votre… confort. Elle vous apportera tous vos repas ici, s'occupera du linge, entre autres.

_ Oh… Je ne voudrais pas l'embêter… Elle doit avoir autre chose à faire et je peux parfaitement m'occuper de moi-même…

_ Vous êtes l'invité de Monsieur, vous ne pouvez pas…

_ Très bien peu importe ! Abandonne Harry sans vraiment essayer, agacé. Mais personne ici ne touchera mes kimonos. Ce sont des tissus délicats qui demandent un soin particulier. De toute façon je m'en suis toujours occupé moi-même, il n'est pas question que ça change. Personne n'y touche.

Le Conseiller le regarde de haut en bas puis acquiesce à son tour.

_ Bien, si il n'y a que cela pour vous empêcher d'aller faire tout et n'importe quoi, soit.

Et sans un autre regard, le conseiller repart faisant grogner Harry.

_ Je ne suis pas un objet de décoration bordel de merde.

Laissant échapper un gros soupir pour se détendre, le brun se retourne vers la jeune femme toujours au même endroit avec son plateau dans les mains et un air incertain sur son visage rond.

Sachant qu'elle ne le comprendrait pas si Harry lui parlait, même pour un simple merci, il lui adresse un immense sourire reconnaissant qu'il espère assez explicite pour lui faire comprendre. Ce qui doit être le cas puisque ses propres lèvres se redressent en retour et illuminent son visage.

Elle lui pose le plateau sur la table et lui indique silencieusement de s'asseoir. Quand elle est certaine que le brun mange son petit déjeuner, la demoiselle se concentre sur ses tâches quotidiennes sous les coups d'œil de temps à autre d'Harry.

Celui-ci soupire intérieurement, lasse. Il sent que le temps va être long ici puisqu'il ne peut rien faire. Alors c'est ça la vie « d'amant » ? Attendre comme un idiot inutile le bon vouloir de son Maître qu'il veuille le sauter ? Au moins l'Héritier est un sacré bon coup… Ces nuits devraient compenser l'ennui de la journée si Draco le baise comme ils l'ont fait cette nuit…

0o0o

Déjà une semaine et demie qu'il se trouve ici… À la fois un temps si long et tellement court. Il n'a rien fait de ses journées. Il a passé tout son temps libre à déambuler dans l'immense Manoir et ses jardins. Il a même pu lire les quatre seuls malheureux livres de la bibliothèque de la chambre qui sont dans sa langue. Mais il s'ennuie. Personne ici ne parle sa langue à part cet exécrable Conseiller qui l'a insulté en s'étonnant de le voir lire, tellement certain que le prostitué n'était qu'un pauvre idiot illettré. Dommage pour lui, Tom et les autres avaient mis un point d'honneur à lui apprendre à lire et à écrire. Et puis franchement il a toujours adoré lire. Lui-même avait appris tout ça à des pensionnaires qui étaient arrivés après lui.

Mais outre le fait que le Conseiller Nott ait autre chose à faire que lui tenir compagnie et lui tailler une bavette -et Harry le comprend parfaitement- il aimerait avoir quelqu'un avec qui discuter. C'est ce qui lui manque le plus : la compagnie de quelqu'un et les échanges.

L'Héritier Malfoy a beau être adorable avec lui, ils ne peuvent pas parler. Depuis son arrivée dix jours auparavant, Harry a réussi à apprendre quelques mots basique comme bonjour ou bonsoir mais guère beaucoup plus. Surtout qu'en plus, depuis leur première nuit l'homme ne l'a plus touché une seule fois. La seule utilité qu'il est censé avoir n'est même pas exploitée !

Pour résumer, il se retrouve seul, entouré de personnes que ne comprennent pas un mot de sa langue et avec rien d'autre à faire de ses journées que de prendre racine dans le canapé installé devant la baie vitrée qui donne sur les jardins ou se promener dans les dis jardins.

Enfin rien…. Du canapé où il est affalé, il jette un coup d'œil à ses affaires où il sait pouvoir trouver son erhu.

L'instrument importé des pays asiatique par le Fondateur de sa Maison pourrait avoir une vague-très vague- ressemblance au violon. Constitué d'un long manche rattaché à une petite boite octogonale creuse, il soutient deux cordes entre lesquelles sont passées celle de l'archet.

Il avait commencé à apprendre à en jouer peu de temps après son arrivée à Serpentard et n'avait jamais lâché l'instrument de musique par la suite. Son doigté à sortir des mélodies est sa plus grande fierté mais aussi son meilleur réconfort dans les moments où son moral bat de l'aile. C'est la première fois depuis toujours qu'il reste si longtemps sans en jouer.

Reclus ici tout seul, l'erhu lui rappelle tout ce qui est resté là bas, lui rappelle qu'il est seul ici. Lui rappelle qu'il a été vendu.

Poussant un soupir, le brun se lève et va s'accroupir près de ses affaires. Prenant délicatement son instrument, il le dégage doucement des tissus dans lequel il était et caresse les cordes.

Prenant une profonde inspiration, Harry se redresse et sort du Manoir jusqu'au banc tout près du jardin. Mettant correctement son kimono et repoussant légèrement ses larges manches dans des gestes ancrés d'une habitude familièrement rassurante, il place son erhu sur ses cuisses et, une nouvelle inspiration plus tard, ferme les yeux et commence à jouer…

Malgré les jours passés sans jouer, tout lui revient dès la deuxième note. La position des doigts, la musique, le déplacement de l'archet entre les cordes, les heures passées à apprendre encore et encore, tout le temps passé à jouer pour tout le monde à la Maison, pour les clients mais surtout pour Tom qui ne se lassait jamais de l'écouter jouer. Harry pouvait parfois passer des après midi entière à jouer pour Tom qui l'écoutait les yeux fermés. Et il pensait que ce serait toujours ainsi.

Malgré les souvenirs, il a eu tort d'attendre si longtemps pour jouer : l'erhu a toujours été une source de réconfort et ça ne changera jamais peu importe l'endroit où il se trouve au moment de caresser les cordes.

Faisant traîner la dernière note, Harry rouvre enfin les yeux quand elle s'éteint, emportée par la brise légère.

Et manque de faire un bon de trois mètres accompagné d'un arrêt cardiaque quand il voit toutes les personnes amassées devant lui qui l'applaudissent. Servantes, majordomes, jardiniers et même Draco et son Conseiller sont devant lui subjugués. Les domestiques ont pour la plupart quelque chose dans les mains, interrompus dans leurs tâches journalières alors qu'ils étaient attirés par la musique. Draco a un regard presque émerveillé alors qu'à côté de lui, Théodore à l'air véritablement surpris.

L'Héritier s'approche, prenant son visage en coupe entre ses mains lui déposant un chaste baiser sur ses lèvres.

_ Je ne savais pas que tu savais jouer d'un instrument. Tu es une véritable perle rare Harry. C'était merveilleux. Une magnifique mélodie parfaitement exécutée.

_ Maître Draco vous félicite pour votre jeu et s'étonne que vous sachiez jouer d'un instrument.

Piqué à vif et entendant ces paroles pour de la moquerie, le brun se dégage de la prise du blond et se lève déclarant sèchement.

_ Eh oui ! Ô combien cela peut être étonnant pour vous, nous sommes instruit sur d'autres choses de notre choix et non pas simplement à baiser et satisfaire nos partenaires au lit. Nous ne sommes pas que des putains sans cervelles.

Retournant dans le Manoir d'un pas rageur, Harry n'adresse pas un regard aux deux hommes qui le regardent disparaître dans le Manoir.

_ Il a vraiment mauvais caractère. Est-il en colère contre toi ou contre moi ? rigole doucement Draco.

_ Je ne suis pas dans la tête de cet homme, rétorque Théo d'une voix neutre. Je ne peux donc pas vous répondre.

_ Arrête de le prendre pour un moins que rien Théo. Malgré qu'il n'ait pas reçu une éducation comme la nôtre, nous savons tous les deux qu'il est intelligent et, comme chacun a pu le constater, parfaitement éduqué.

_ Parfaitement bien éduqué pour tenir compagnie à des hommes et les divertir. Aussi bien au lit que dans un salon.

_ Et alors ? Ça n'empêche pas qu'il est capable de tenir une discussion intéressante, j'en suis sûr. Et puis tu ne vas pas me dire que tu n'as pas apprécié ce que tu viens d'entendre !

_ J'ai apprécié. Beaucoup. Il serait hypocrite de ma part de dire le contraire. Je ne peux lui retirer le fait qu'il est un virtuose avec son instrument. Mais…

_ Il n'y a pas de « mais », Théo. D'autres nobles sont versés dans l'Art et tu ne trouves rien à y redire. Toi-même tu as joué du piano pendant plusieurs années. Laisse Harry tranquille et essaie d'être plus aimable avec lui.

0o0o

Susan Bones et sa famille ont toujours travaillé pour la famille Malfoy, même si chacun est à des postes différents. N'ayant pas de talent particulier ou de connaissance dans un domaine précis, elle ne se retrouve donc que simple domestique parmi les autres alors que sa tante Amélia, la sœur de son défunt père, est la conseillère en justice de Lord Lucius Malfoy. Mais malgré tout, cette place sans importance lui convient parfaitement. Elle se sait trop douce, trop gentille pour être auprès des dirigeants de la famille et survivre dans la jungle qu'est l'aristocratie. Alors s'occuper de ce Manoir et de ses occupants la rend parfaitement heureuse et épanouie.

Et puis il y a deux semaines, le jeune Maître a ramené un invité de son voyage dans le pays voisin Francia. Susan était là lorsqu'il a franchit les portes du Manoir du Maître pour la première fois.

Jamais elle n'avait vu une personne aussi belle, même le jeune Maître Draco, pourtant d'une grande beauté, était éclipsé par l'éclat du jeune homme inconnu. Cette longue robe étrange avec sa large ceinture dont les pans retombaient sur le côté et ses manches très larges et tout cela dans un tissus délicat noir brodé du même vert lumineux que ses grands yeux était absolument sublime. Ses longs cheveux caressaient son dos avec quelques mèches tressées ici et là. Son visage androgyne mangé par ses immenses yeux expressifs.

Oui l'invité du jeune Maître est beau. Terriblement beau. Mais ce n'est pas tout. Les jours passants, Susan avait aussi compris que malgré la barrière de la langue qui limitait atrocement les échanges, Harry est une personne aussi gentille que belle, attentive aux personnes qui l'entourent et le servent. Peu importe d'où ils viennent ou leur travail, il leur montre à tous du respect et de la reconnaissance sans aucune distinction.

Le jeune homme avait même surpris tout le monde en demandant à ce qu'on le laisse s'occuper du nettoyage de ses kimonos. Elle l'avait regardé les nettoyer la première fois et effectivement, le tissus délicat a besoin de beaucoup d'attention et de soin que les servantes chargées du nettoyage ne connaissent pas. L'un des jeunes employés du manoir, Douglass surnommé Dobby, était subjugué par l'invité du jeune Maître et lui avait demandé de lui montrer comment faire pour qu'il puisse s'occuper lui-même des vêtements de Monsieur Harry. Celui-ci lui avait montré comment faire et aujourd'hui l'adolescent de quatorze ans est l'unique personne autorisée à s'occuper du nettoyage délicat des vêtements d'Harry. Le brun avait fini par céder face à l'enthousiasme débordant du jeune garçon.

Susan avait été agréablement surprise par la patience et la gentillesse du brun à l'égard de l'excitation permanente de Dobby et de ses erreurs commises.

Elle avait demandé au Conseiller Nott de lui apprendre quelques mots mais il avait catégoriquement refusé, assurant qu'elle n'avait pas à s'inquiéter de telles choses inutiles.

_ Susan ! Bah alors, ça fait trois fois que je t'appelle !

La jeune femme sursaute et se tourne vers le cuisinier avec un sourire désolé.

_ Excuse moi, j'étais dans mes pensées.

_ Comme d'habitude, rigole-t-il doucement. Tiens, le plateau pour l'Invité.

_ Merci.

Avec un grand sourire, la jeune femme sort de la cuisine et se dirige vers les appartements où se trouve le compagnon de l'Héritier.

C'est à elle qu'est immédiatement revenue la tâche de s'occuper de ses repas et de son bien être en tant que tel. Elle aime s'occuper de lui : il lui offre toujours un sourire gentil quand elle entre.

Devant la porte, la jeune femme frappe deux coups rapides comme d'habitude pour le prévenir que c'est elle avant de pénétrer dans la chambre… pour ne trouver personne qui l'attend près de la porte. Étonnée de l'absence du jeune homme pour l'accueillir, Susan dépose son plateau sur la table habituelle et le cherche du regard.

_ Monsieur ? J'apporte votre repas…

Hésitant quelques secondes, elle finit par entrer dans la chambre à coucher. Le jeune homme est dans son lit, ses très longs cheveux corbeaux étalés autour de sa tête sur l'oreiller et quelques mèches pendant même dans le vide. Allant pour faire demi-tour en se disant qu'il dormait encore, Susan s'arrête pourtant en fronçant les sourcils quand un léger gémissement de douleur se fait entendre dans le silence de la chambre. S'approchant à pas léger, l'inquiétude monte quand elle voit les mèches collées par la sueur sur son visage pâle outre un rouge très prononcé sur les joues.

Posant sa main sur son front, elle sursaute en sentant la grande chaleur qui s'en dégage. L'affolement monte et elle sort en trombe de la pièce, arrêtant un majordome qui passe par là pour qu'il aille chercher le médecin et faire prévenir le Maître de l'état de son Invité. Une fois cela fait elle se dépêche d'aller vers la salle de bain pour en revenir avec un linge humide pour le front du jeune homme en attendant l'arrivée du médecin, sachant parfaitement qu'elle ne peut faire plus.

Ce n'est que quinze longues minutes plus tard que rentre dans la pièce un homme grand aux yeux et cheveux obsidiens, la peau pâle et une mallette à la main.

_ Que se passe-t-il ?

_ Je l'ai trouvé ainsi, Monsieur. Il est bouillant. Je lui ais mis un linge humide d'eau froide en attendant votre arrivée.

_ Bien. Poussez-vous. Je vais m'en occuper.

Alors que le médecin est concentré sur l'auscultation, Draco débarque dans la chambre brusquement suivis de près par son Conseiller.

Le visage marqué par l'inquiétude, il va s'asseoir de l'autre côté du lit auprès d'Harry afin de ne pas gêner l'homme.

_ Alors ? S'enquit le blond, le médecin se redressant enfin.

_ Ce n'est rien de grave, rassure-toi. Sa constitution à l'air un peu fragile mais la fièvre est assez élevée cependant. Il suffit simplement de le surveiller puis quand il sera remis, faire attention à ce qu'il n'en fasse pas trop et se couvre bien quand il ira dehors, surtout en hiver. Pour l'instant faites en sorte qu'il boive beaucoup d'eau et qu'il prenne ceci, montre le médecin en déposant trois sachets avec une poudre verte dedans. Mélangez-le dans un verre d'eau, un tous les six heures. Normalement deux prises devraient suffire mais je vous en laisse un de plus au cas où.

_ D'accord, merci Severus, murmure Draco, concentré sur Harry et passant une main dans ses cheveux.

Voyant l'inquiétude demeurer dans les traits du jeune homme, le médecin esquisse un petit sourire à peine perceptible en faisant remarquer :

_ C'est bien la première fois que je te vois si inquiet pour quelqu'un Draco.

Celui-ci redresse la tête et fronce les sourcils.

_ Pourquoi j'ai l'impression que tu te moques de moi ?

_ Je faisais simplement une remarque, rassures-toi. Ton…

_ Harry. Il s'appelle Harry, le coupe Draco.

_ Ton Harry ira bien. Même si il est vrai que la fièvre est trop élevée, ce n'est qu'une simple fièvre. Il faudra s'inquiéter seulement si les médicaments ne la font pas baisser. Donne des ordres pour que quelqu'un l'hydrate régulièrement.

_ Je vais m'en occuper moi-même ! s'indigne le blond. Personne ne touche à Harry.

Le médecin lui jette de nouveau un coup d'œil surpris, un sourcil haussé face à la possessivité de Draco.

_ Soit. Fais comme tu le désires, le plus important c'est de le surveiller et de s'occuper de lui jusqu'à ce qu'il aille mieux, peu importe qui le fait. Je ne comprends toujours pas pourquoi tu as déboursé une telle somme pour un simple prostitué, reprend le médecin après quelques secondes d'observation.

_ Parce que.

_ Quelle incroyable explication ! soupire Severus en levant les yeux au ciel. Peu importe, je repasserais dans l'après-midi pour le surveiller.

_ D'accord, à cet après-midi.

Se désintéressant immédiatement de l'homme, Draco retourne son attention sur Harry.

_ Si vous le permettez, je vais vous chercher un pichet d'eau fraîche ainsi qu'une bassine d'eau froide avec des glaçons.

_ Je vous remercie Susan, acquiesce distraitement Draco.

La jeune femme s'incline et s'éclipse aussi discrètement que possible, laissant les deux hommes seuls.

Dans le silence de la chambre, seulement coupé par la respiration lourde du brun, Draco se relève du lit pour enlever chaussures, cravate, veste et premiers boutons de sa chemise afin d'être plus à l'aise tout en s'adressant à voix basse à son conseiller resté jusqu'ici silencieux et en retrait.

_ Annule mon rendez-vous de cet après-midi ou vois si tu peux le décaler à une date ultérieure. Je ne serais disponible pour personne aujourd'hui.

_ Monsieur…

_ Ce n'était pas une proposition Théo, mais un ordre, coupe sèchement l'Héritier, agacé. Occupe toi du rendez vous et de prévenir tout le monde et après tu as ta journée de libre. Rien n'était urgent aujourd'hui.

_ Bien Monsieur, s'incline le Conseiller à son tour, les lèvres pincées avant de partir.

Retournant sur le lit, Draco s'y assoit juste à côté de la tête d'Harry qui, justement, ouvre des yeux brumeux de fièvre.

_ Qu'est-ce que tu fais là Tom ? Je veux pas t'embêter alors que tu as du travail, marmonne le brun complètement à l'Ouest.

_ Tout va bien Harry. J'aimerais que tu restes éveillé encore un peu. Tu peux faire ça pour moi ?

Redressant le malade, le blond l'installe contre lui, calant sa tête sur son épaule sans arrêter de lui prodiguer des caresses dans les cheveux.

_ Je suis désolé de t'embêter à chaque fois ainsi. Il faut toujours que j'ai des poussées de fièvre au moment des changements de saison. Pourtant l'automne est encore loin… Blaise va être déçu que je ne puisse pas jouer de l'erhu ce soir…

Un toquement à la porte fait se redresser Draco alors que Susan rentre dans la chambre un plateau dans les mains.

_ Apportez-moi un verre d'eau et l'un des sachets que Severus a laissé, s'il vous plaît Susan.

S'exécutant, la jeune femme tend le verre rempli d'eau mélangée à la poudre médicinale que Draco porte aux lèvres d'Harry aussitôt l'objet en main. Passant l'autre dans ses cheveux afin d'éloigner les mèches du visage du brun, il murmure doucement :

_ J'aimerais que tu boives ça Harry. Après tu pourras te recoucher et t'endormir. Je resterais avec toi…

Automatiquement, le brun boit ce qu'on lui donne avant que sa tête ne retombe dans le creux du cou du futur Lord. Celui-ci sourit doucement, se remettant à caresser inlassablement les cheveux longs du malade alors que Susan sort silencieusement après avoir récupéré le verre et avoir tout mis sur la table de chevet pour que ce soit facilement accessible pour l'Héritier.

0o0o

Lorsqu'il se réveille, Harry n'ouvre pas les yeux tout de suite. Il connaît cette sensation de lourdeur : il l'a vécu des dizaines de fois depuis son enfance et a parfaitement retenu ce que ça signifiait. Pour Harry, les réveils après maladie sont toujours compliqués et désagréables. Il avait toujours été plus faible face aux virus et ça l'avait toujours prodigieusement agacé mais encore plus une fois adolescent puis adulte. Enfant, bien que pénible, Harry profitait de ces moments où Tom et les autres prenaient soin de lui et prenaient de leur temps pour rester à son côté afin qu'il ne soit pas seul. Mais après qu'il ait grandi, c'était juste devenu contraignant et pénible d'être ainsi cloîtré dans son lit, abruti par la fièvre, incapable de faire quoi que ce soit.

Prenant une inspiration, Harry ouvre enfin les yeux et se redresse doucement en grimaçant.

_ Ne faites pas trop de mouvements et restez couché, intervient une voix à sa gauche, le surprenant.

_ Vous êtes là depuis longtemps ? demande Harry au Conseiller, s'appuyant sur l'oreiller après l'avoir remonté. J'ai été malade combien de temps ?

_ Je suis ici depuis quelques minutes et pour ce qui est de la durée de votre alitement, depuis la veille au matin. Monsieur Draco est resté auprès de vous tout ce temps. Il est parti à son bureau pour quelques heures comme vous alliez mieux et que certains papiers ne pouvaient plus attendre et requéraient son attention immédiate.

_ Il… Il est resté tout ce temps avec moi ? s'étonne le malade.

_ Absolument, acquiesce Théodore en apportant un nouveau pichet d'eau fraîche pour remplacer celui presque vide sur la table de chevet.

Se mordant la lèvre inférieure, Harry détourne les yeux.

_ Je suis désolé, je ne voulais pas vous déranger. J'aurais dû vous prévenir que je suis sensible au temps et au froid mais je ne pensais pas tomber malade si tôt après mon arrivée. Surtout que nous sommes au mois mai…

_ A présent nous sommes au courant. Vous ne pouvez pas contrôler votre corps, inutile donc de vous excuser pour cela. Maintenant recouchez vous. Le médecin va bientôt passer.

_ Le médecin ? s'étonne Harry.

_ Oui le médecin, le docteur Rogue vit ici. Vous ne pensiez tout de même pas que le Manoir n'avait pas de médecin ?

_ Je ne pensais pas qu'il y aurait un médecin à domicile. Mais c'est surtout le fait qu'il ait été appelé pour moi qui m'étonne.

_ Vous êtes très important pour Monsieur, bien sûr que nous allions faire venir le médecin pour vous. Votre Maître de Maison le faisait aussi non ?

_ Bien sûr… Mais… Laissez tomber. Merci de l'avoir fait venir.

Théodore l'observe quelques secondes avant de hausser les épaules et reprendre.

_ Quand au fait qu'il habite ici, le Docteur Rogue est le Parrain de Monsieur, un ami très important de la famille Malfoy mais également un conseiller ponctuel pour Monsieur. Il est donc normal qu'il habite dans ce Manoir.

_ Je croyais que c'était vous le conseiller.

_ Certaines affaires requiert une expertise que je n'ai pas, explique succinctement le jeune homme. Bien je vais vous laisser. Je vais faire demander un repas léger pour vous. Susan vous l'apportera.

_ C'est gentil mais je n'ai pas très faim…

_ Il faudrait pourtant que vous mangiez, intervient une voix avec un accent très prononcé.

Les deux autres se tournent vers la voix pour découvrir un homme qui doit être le médecin, déduit Harry. Il est assez impressionnant avec toute cette noirceur : ses vêtements, ses yeux, ses cheveux… Tout est noir mais ça lui donne un air mystérieux et inaccessible qui rappelle à Harry le Maître de Serpentard. D'un certain côté c'est rassurant...

_ Docteur Rogue, s'incline le conseiller alors que l'homme se poste près du lit.

_ Allez demander aux cuisines une soupe pour l'invité de Draco s'il vous plaît Théodore.

_ Bien monsieur, acquiesce le plus jeune avant de partir.

_ C'est très gentil, essaie Harry. Mais je n'ai vraiment pas faim…

_ Et moi je vous dis que vous devez manger. Il me semble être le seul médecin de cette pièce, non ?

_ Oui, bien sûr… Mais j'ai l'habitude et je vous assure qu'après je ne suis pas capable de manger.

_ Tiens donc… Et ça vous arrive souvent ? s'informe le médecin alors qu'il s'assoit sur le bord du lit pour ausculter le brun.

_ Oui… Je suis plus … Le médecin que faisait venir Maître Riddle a dit que c'était surement à cause des conditions de vie de mes premières années, avant que je n'arrive à Serpentard.

_ Vous étiez maltraité par vos parents ?

_ Pas mes parents… Ma tante et mon oncle… Je crois… Je n'ai que très peu voir pas du tout de souvenir de ma petite enfance…, explique Harry.

_ Très bien. À quel âge êtes vous arrivé là-bas ?

_ Comment ça ?

_ Auprès de Maître Riddle. À quel âge êtes-vous arrivé là-bas ?

_ Pourquoi me demandez-vous ça ?

_ Pour voir si je suis d'accord avec le médecin qui vous a déjà soigné.

_ Qu'est-ce que ça peut changer ?

_ Ma façon de vous soigner. Je vais vous faire un bilan médical également…

_ Il n'y en a pas besoin ! Se récrie Harry en s'éloignant légèrement des mains du médecin alors qu'elles étaient en train de palper son cou. Je vais parfaitement bien. Je vous remercie de m'avoir soigné, peu importe ce que vous avez fait pour. Mais je n'ai pas besoin de plus. Laissez-moi tranquille.

Le médecin fronce les sourcils mais alors qu'il ouvre la bouche pour répliquer quelque chose, la porte s'ouvre de nouveau sur Draco.

_ Harry ! Théo m'a dit que tu étais réveillé.

Fronçant les sourcils face à la langue utilisée le médecin le regarde s'approcher rapidement du brun, le prenant dans ses bras avant de se mettre front contre front.

_ Oui, ta fièvre a baissé. Je suis tellement soulagé. Il faut que tu te reposes et que tu manges pour aller mieux à présent.

_ Il ne veut pas manger, remarque le médecin. Il dit qu'il n'a pas faim. Et pourquoi est-ce que tu…

_ Parce que, le coupe le blond en le regardant droit dans les yeux.

_ Bien peu m'importe. Il vient de me dire des choses qui m'inquiètent un peu.

_ Des choses ? Quelles choses ?

_ Vu comment il en parle et ce qu'il dit, je pense qu'il a été maltraité dans son enfance.

_ Riddle ?

_ Non avant lui. Le problème c'est qu'il ne souhaite pas me laisser faire un bilan médical.

_ Si il ne veut pas laisse le. On attendra qu'il soit plus en confiance avec nous. En attendant tu n'as qu'à essayer de contacter le Maître de Serpentard. Peut être a-t-il un dossier médical sur Harry. Ou bien leur médecin pourra te le transmettre. Je ne l'obligerais à rien.

Poussant un profond soupir résigné, le médecin acquiesce et se lève.

_ Bien très bien. Comme tu voudras. Je préférerais qu'il mange quand même un peu… C'est compris jeune homme ?

_ De quoi ? Demande Harry perdu.

_ Je voudrais que vous mangiez quelque chose.

_ Comme je vous l'ai expliqué, dans l'immédiat je ne peux pas. Je me sens trop… Vaseux ou je ne sais quoi pour pouvoir manger tout de suite. Mais d'ici ce soir la sensation sera partie et je pourrais manger un petit quelque chose. Rien de solide par contre… une soupe ou plutôt un bouillon sera bien.

_ Soit… De toute façon, je ne peux pas vous obliger à manger. Je repasserais de nouveau dans la soirée pour m'assurer que vous récupérez.

_ Et que j'ai bien mangé ce soir, sourit Harry. Il n'y a pas de problème. Et… Je… Merci pour les soins… Et… Et désolé pour mon… Éclat…

_ Il n'y a pas de mal. Reposez vous pour le reste de la journée. Je vais passer aux cuisines pour reporter le bouillon à ce soir.

0o0o

Alors qu'il se promène dans le jardin du Manoir, profitant du temps doux de la fin mai et qu'il se soit remis de sa fièvre d'il y a quelques jours, Harry se fait héler par le Conseiller Nott qui s'approche rapidement de lui.

_ Le Jeune Maître Draco souhaite que vous organisiez le repas de ce soir, déclare de but en blanc le jeune homme. Il veut que vous le fassiez comme l'un de ceux qui se déroulent à la Maison Serpentard. Exactement pareil. Divertissement et tenue compris. Il n'y aura que lui et vous.

_ Quand vous dites divertissement… , relève Harry voulant être sûr.

_ J'entend distraction musicale et non sexuelle. Vous n'en faites pas pendant ce genre de… repas non ?

_ Effectivement, acquiesce le prostitué. Certains soirs nous organisons des sortes de repas-spectacles où certains d'entre nous divertissent les clients pendant que d'autres s'occupent de les servir.

_ Bien. Donc préparez cela. Les cuisines s'occuperont du repas mais si vous avez des requêtes particulières, donnez-les moi et je les ferais passer.

_ D'accord, très bien, hoche de la tête le brun bien que surpris par la tournure de la journée. Et ça lui a pris comme ça à Draco ? Une envie soudaine que tout le monde doive se plier en quatre pour le satisfaire et réaliser sa demande ?

_ Le Jeune Maître a rarement des demandes si particulières, rétorque sèchement le conseiller. Il aime la simplicité. Quand à vous, surveillez vos paroles. Vous êtes peut être l'Invité de Monsieur mais ne l'insultez pas.

_ Je ne l'insultait pas, je me moquait, ricane Harry. Mais soit. Je m'occuperai de sa soirée. Par contre il va me falloir une aide pour mettre mon kimono pour ce soir. C'est le genre qu'on ne peut pas mettre seul peu importe les années d'habitude et de pratique que l'on a.

_ Je demanderais à Susan de venir vous aider.

_ Venez pour 17h30.

_ Le repas n'est qu'à 19 heures… , s'étonne Théodore.

_ Et alors ? Il faut du temps pour se préparer. Entre le kimono d'apparat à mettre, la coiffure et le maquillage j'aurais besoin de cette heure et demi pour être prêt. L'expérience et le doigté n'enlève pas la préparation en amont, chaque chose prend du temps, peu importe l'habitude qu'on a de le faire. Surtout que là, la personne qui va m'aider à me préparer n'a jamais aidé à mettre ce genre d'habit auparavant.

Le Conseiller hoche sèchement la tête et se détourne, laissant Harry à ses pensées.

_ Un repas spectacle hin… , chuchote le brun en regardant le parterre de Lys à ses pieds. Ça fait tellement longtemps… Ça va me faire bizarre de m'occuper de tout tout seul…

0o0o

Alors qu'il étale correctement chaque pièce de son kimono sur le lit, Harry relève la tête quand des coups légers se font entendre et qu'entre dans la foulé Susan et Théodore.

_ Je vais rester avec vous afin de traduire vos demandes à Susan, commence sans tergiverser le jeune homme.

Harry hoche la tête et d'un sourire innocent explique.

_ Je vous aurais bien demandé de m'aider à sa place pour éviter les intermédiaires mais il faut de la délicatesse pour manipuler mon kimono et mon corps. Ce qui vous manque cruellement à mon égard. J'espère que vous en avez plus quand il s'agit de Susan.

Le sourire du brun devient satisfait quand il voit le rose aux joues de Théodore et son air outré alors que Susan les regarde sans comprendre, un peu perdue avant que son regard ne soit attiré par ce qui se trouve sur le lit.

S'approchant, elle s'émerveille des tissus délicats et sublimes. Se plaçant à côté d'elle, Harry pointe les uns après les autres les pièces de la tenue, Théodore traduisant ses mots au fur et à mesure.

_ Tout d'abord le kimono. Ca s'appelle un « susohiki ». Pour l'attacher et le maintenir en place nous utilisons la ceinture « obi ». Elle est si longue parce que derrière nous faisons des nœuds plus ou moins complexes. Cette corde tressée sert de décoration, c'est un « obi jime ». Avec l'aide d'une personne qui connaît les gestes je me serais maquillé et coiffé en premier mais je préfère me concentrer sur la tenue aujourd'hui. Si je n'ai pas le temps je ferais quelque chose de simple en maquillage et coiffure. J'ai le coup de main depuis le temps.

Susan hoche la tête. Et reporte son attention sur les pièces. Le susohiki est d'une couleur bleu clair qui se dégrade vers le bas jusqu'à un bleu profond. Dans des broderies argentés et blanches, se dessinent des branches de pruniers, les pétales volant au vent jusqu'à la taille et en bas à droite se trouve une grue, le bec tourné vers le ciel. La ceinture à l'inverse est blanche avec des broderies bleues clair montrant les mêmes pétales. Un lien tressé bleu et blanc est juste à côté.

Quand Susan arrive enfin à se détacher des vêtements c'est pour découvrir Harry vêtu en tout et pour tout d'un boxer, ses cheveux longs lâchés, glissant dans son dos. La jeune femme ne peut s'empêcher de rougir face au corps plus que bien fait de l'ancien prostitué mais ne détourne pourtant pas le regard.

Elle observe le jeune homme se vêtir d'un kimono extrêmement simple, tout blanc. En voyant ses sourcils froncés d'incompréhension, Harry lui explique.

_ C'est un sous vêtement, « kosode ».

Le brun le noue rapidement, d'un geste rapide et empli d'habitude avec une ceinture tout aussi blanche et fine. Il s'empare ensuite du susohiki qu'il enfile et dont il ferme les pans, s'approchant du miroir sur pied amené à sa demande pour la mise en place. Le kimono tombe parfaitement sur sa silhouette et il est si long qu'il traîne par terre, entourant ses jambes et frottant à chacun de ses mouvements.

_ Le obi s'il vous plaît. Prenez le lien en même temps.

Susan hoche la tête et prend délicatement le tissus brodé et se rapproche d'Harry, le regard incertain.

_ J'ai besoin que vous me teniez les pans de mon kimono le temps que je place mon obi. Après je vais avoir besoin de vous derrière pour faire le nœud. Comme vous n'avez pas l'habitude on va en faire un assez simple.

Se mettant de profil par rapport au grand et large miroir sur pied, Harry donne les instructions. Concentrée, Susan suit pas à pas les explications du jeune homme et finit par se reculer quand, une bonne quarantaine de minutes et trois essais plus tard, le nœud du obi est enfin fini et que l'obi jime est également en place, mis au milieu de la large ceinture.

Harry observe le travail dans le miroir et hoche la tête en direction de Susan avant de la féliciter.

_ Pour une première fois vous vous êtes très bien débrouillée ! J'ai bien plus de temps que je ne le pensais pour le reste de mes préparations.

S'asseyant à sa coiffeuse, le jeune homme commence par s'occuper de ses cheveux. Sous les yeux écarquillés de Susan, il commence par tresser quelques mèches par-ci par-là, emmêlant avec un lien bleu à l'intérieur de la tresse. Il remonte le tout en une queue de cheval sauf deux tresses assez lâches, une de chaque côtés de son visage. S'emparant d'une baguette ornementée qu'il pique après qu'il ait d'un tour de main expert remonté le reste de ses cheveux en un chignon.

Puis enchaînant, il prend cette fois une poudre et blanchi légèrement son visage. D'une main sûre, il trace un trait noir sur ses paupières et ajoute une poudre du même bleu profond que celui en bas de son kimono avant d'appliquer au pinceau un rouge à lèvre.

Il se lève alors et se place face aux deux autres.

Théo est subjugué. Il ne peut pas dire le contraire. Il avait toujours vu que le jeune prostitué était beau, c'était quelque chose d'indéniable. Mais habillé de son kimono d'apparat, coiffé et maquillé, il ne peut que comprendre pourquoi Harry était si populaire à Serpentard. Pourquoi il valait si cher : il n'est ni plus ni moins qu'une perle rare. Un diamant délicat. Et en ce moment même, il a l'impression d'avoir une toute autre personne en face de lui par rapport à l'homme effronté qu'il côtoie presque tous les jours.

En plus de la préparation, le jeune homme a un maintien plus droit que d'habitude. Pas qu'il se tienne mal autrement mais à ce moment il a le port d'une princesse. Sa tête est légèrement inclinée sur le côté et ses yeux sont humblement baissés vers le sol. Ses deux mains sont nouées devant lui et cachées par les très longues manches évasées.

_ Vous vous habillez toujours ainsi ? ne peut-il s'empêcher de demander.

_ Lorsque je dois être à l'un des repas-spectacle, que ce soit en serveur ou en musicien, oui. Sinon j'ai beaucoup moins de maquillage voir pas du tout parfois et ma tenue est plus simple, répond Harry, surpris par le ton respectueux de l'homme.

_ Bien mettez-vous quelque chose à vos pieds ? Je vais vous conduire à la salle de réception du dîner.

_ Je suis toujours pieds nus, Conseiller Nott. C'est l'une de mes particularités on va dire, sourit gentiment Harry. En fait je n'aime pas avoir quelque chose à mes pieds. Il n'y a que quand je devais sortir en ville que je mettais quelque chose.

_ Bien alors allons-y. Susan prenez l'instrument de Monsieur Harry, s'il vous plaît.

Suivant le brun, Harry commence le chemin jusqu'à la salle alors que Susan leur emboîte le pas, tenant délicatement l'erhu dans les mains, faisant attention à ne rien dérégler.

Sur le chemin, les majordomes et servantes l'observent la bouche bée avant, pour certains, de rougir et de détourner les yeux ou de s'incliner.

Quand ils arrivent dans la grande salle à manger, Harry observe la décoration asiatique. Il pourrait presque se croire de nouveau à la Maison.

Des teintures blanches descendent devant les fenêtres, une table basse en bois avec un coussin pour s'asseoir sont au centre de la pièce. Des fleurs, telle que des orchidées et des bonzaïs sont disséminés dans la pièce.

_ Susan et moi-même resteront dans la salle si besoin mais il n'y aura personne d'autre, explique Théo.

_ D'accord. Je m'en sortirais. Il faudra juste que quelqu'un continue à le servir en rafraîchissement et autre pendant que je jouerais de l'erhu.

_ Susan s'en chargera. C'est pour cela que nous sommes tous les deux ici.

0o0o

Alors que la soirée commence à toucher à sa fin, Draco ayant finit son repas, Harry regarde, curieux, le Conseiller s'approcher et échanger quelques rapides paroles avec Draco avant de se tourner vers lui.

_ Le Jeune Maître souhaite que je vous avertisse de ceci : les prochaines paroles qu'il prononcera seront une demande. Il souhaite avoir votre accord et ne vous oblige à rien.

_ Comment ça ?

_ Bien, sur ce nous allons vous laissez, s'incline le jeune homme.

Et sans répondre à la question du brun, le Conseiller sort de la salle, emportant avec lui les derniers serviteurs qui étaient encore là.

Les sourcils froncés, Harry se retourne vers Draco qui se rapproche encore de lui au point que leurs genoux se touchent. Ne quittant pas une seule seconde ses yeux, le petit brun penche légèrement la tête sur le côté.

_ Une demande hin ? Et comment voulez-vous que je la comprenne si vous ne parlez même pas ma langue et que vous ne gardez pas avec vous votre interprète?

_ J'aimerais que tu me laisses te faire l'amour, Harry, sourit Draco en faisant glisser sa main sur sa cuisse puis, très lentement alors qu'il parle, encore plus haut, passant sous le kimono. Je veux que tu sois mien. Je veux que tu t'offres à moi, corps, cœur et âme. Je ne veux pas que tu sois un simple prostitué. Je veux que tu sois mon Compagnon. Je veux que tu ne sois rien qu'à moi Harry.

Alors qu'il termine, l'Héritier s'avance et pose délicatement ses lèvres sur celles d'Harry qui d'abord étonné, repousse ensuite brusquement le blond et se lève d'un bond.

_ Non mais j'hallucine ! C'est pour coucher que vous me faite une demande ? Non mais je rêve ! Vous ne m'avez pas touché une seule fois depuis mon arrivé ici et notre première nuit ! Et là vous avez l'outrecuidance de me demander la permission pour coucher avec moi ? Parce que c'est bien ça que vous me demandez n'est-ce pas ? Mais ayez au moins la décence d'apprendre cette simple phrase dans ma langue puisque visiblement vous aviez ça en tête dès que vous m'avez demandé de préparer cette soirée ! Non mais j'hallucine ! Ça fait presque trois semaines que je suis arrivé ici, mais vous n'avez même pas essayé d'apprendre un seul mot de ma langue ! Tout ce que vous faites, c'est m'écouter jouer de l'erhu pendant des heures et vous coucher dans le même lit que moi le soir et me prendre dans vos bras pour vous endormir dans le plus grand des calmes ! Mais vous avez pensé un peu à moi ? Je n'ai rien à faire de mes journées, personne avec qui parler à part votre Conseiller ! Et clairement, outre le fait qu'il ne m'apprécie pas et ne veut pas perdre son temps avec moi, il a autre chose à faire que de me tailler une bavette. Je m'ennuie comme un rat mort ici avec rien pour me distraire. Si ce n'est les quatre seuls malheureux livres dans ma langue que vous avez étonnamment dans votre bibliothèque et que j'ai fini avant même que ma première semaine ne se termine, des promenades dans le jardin et mon instrument ! Si c'était juste pour avoir un objet à poser dans votre chambre, vous auriez dû demander une sculpture puisque de toute façon vous ne me touchez même pas ! Mais non ! Vous avez débarqué dans ma Maison, m'avez acheté comme un vulgaire bibelot hors de prix et m'avez enlevé à ma famille ! Et maintenant je suis ici, absolument tout seul à mourir d'ennui ! Et vous ! Vous ! Vous avez l'audace de me demander la permission pour me toucher alors que techniquement c'est pour ça que vous m'avez acheté ! Mais aller vous faire foutre putain !

Au début « simplement » énervé, Harry finit en hurlant et les larmes dévalant ses joues. D'un bond, Draco se lève et le prend dans ses bras, le serrant contre lui et le maintenant fermement alors qu'il essaie de se débattre.

_ Lâchez-moi… Je vous déteste… Je ne vous comprends pas. Pourquoi m'avoir acheté et amené ici si ce n'est pour rien faire, même pas parler. Mais à côté de tout ça vous êtes si gentil, si attentionné, si prévenant avec moi. J'ai commencé à vous apprécier… Mais je ne peux pas… Je ne peux pas continuer comme ça. Si je ne fais rien d'autre que de tourner en rond dans cet endroit je vais devenir fou.

Le serrant toujours contre lui, Draco pince les lèvres et resserre encore son étreinte avant de murmurer contre son oreille.

_ Je suis désolé… Je ne voulais pas… Je ne pensais pas te faire tant de mal en te laissant comme ça… Je voulais simplement que tu t'habitues à moi. Que tu t'habitues à cet endroit…

Aux mots de l'Héritier, Harry se fige… Avant de réussir cette fois à se dégager brusquement et de s'éloigner de deux pas, manquant de trébucher sur son kimono et regarde l'homme face à lui de haut en bas.

_ Vous venez de parler ma langue… Vous…

_ Bien sûr, je suis polyglotte. Tout comme Théodore.

_ Alors pourquoi ne m'avoir jamais répondu ! explose Harry, fou de rage.

_ Je voulais que tu sois libre de me parler… Si je t'avais montré que je peux parler ta langue et te comprendre, tu ne m'aurais pas parlé de la même manière. Tu ne te serais pas senti aussi libre de me dire tout ce que tu penses. Tu m'aurais traité comme un autre de tes… clients. Alors que là, tu réfléchissais à voix haute, tu me disais ce que tu pensais vraiment. Je ne voulais pas voir ni entendre de distance entre toi et moi. Je voulais que tu prennes confiance, pour que par la suite, tu te sentes comme mon égal.

_ Alors là… C'est la meilleure, grogne Harry. Vous vous rendez compte que ce que vous demandez ne sera jamais possible ?

_ Pourquoi ? Pourquoi ça ne le serait pas ? Tu viens de me dire que tu m'appréciais !

_ Mais ça n'a rien à voir ! Nous ne pourrons jamais être l'égal de l'autre ! Je suis un prostitué, Draco ! Je viens d'une des Maisons Closes les plus connues de tout Francia ! Et vous vous êtes l'Héritier d'une des plus grandes familles de Britania ! Votre Père est même un proche conseiller du Roi ! Nous ne serons jamais l'égal de l'autre parce que nos mondes sont différents. Il serait même difficile de faire plus aux antipodes l'un de l'autre ! On dit que les prostitués, hommes ou femmes, se nourrissent de rêves de Prince Charmant qui les emporteront loin mais alors vous, je crois que vous êtes encore plus rêveur qu'aucun d'entre nous. Voyez la vérité en face, Héritier, je ne serais jamais rien d'autre que l'homme qui réchauffe votre lit. Je ne serais pas votre égal et encore moins votre compagnon ou mari, peu importe ce que vous vous imaginez.

_ Et pourquoi ? se récrie Draco. Pourquoi tout cela ? Si toi et moi le voulons pourquoi ce ne serait pas possible.

_ Ma parole vous êtes bouché ! Je viens de vous le dire pourquoi !

_ Non ! Tu viens de me dire ce que nos pays ont décrété de correct ! Tu viens de me dire ce que nos sociétés ont décrétés de correct ! Mais je me fiche de nos pays et des bonnes pensées du peuple. Moi c'est toi que je veux Harry. Et personne d'autre. Je ne rêve pas. Les rêves ne servent à rien d'autres qu'à se bercer de faux espoirs si on ne peut pas les réaliser. Je n'ai que faire de faux espoirs. Si je veux quelque chose, si je souhaite quelque chose, je mets tout en œuvre pour pouvoir m'en emparer. Et mon rêve c'est de t'avoir pour compagnon, t'avoir à mes côtés pour m'occuper de mes tâches, caresser ton ventre rond alors que tu porteras notre enfant. Je me fiche pas mal de ce que tous les autres pourront me dire, Harry, parce que personne ne décide de ma vie à part moi.

Abasourdi, Harry regarde l'homme face à lui. Tout ce qu'il veut il l'obtient. Oui, Harry n'en a aucun doute. Mais pourquoi veut-il de lui ? Il n'est personne… Rien qu'un prostitué -certes très demandé mais qu'un prostitué quand même- de la Maison Serpentard.

_ Vous m'avez trompé. Vous m'avez menti en me faisant croire que vous ne me compreniez pas. Vous vous rendez compte à quel point je me suis senti seul à parler dans le vide ? essaie le brun, chamboulé par la déclaration de Draco.

_ Je suis désolé… Je ne pensais vraiment pas que ce serait si dur pour toi…

_ Si dur ? Je pensais pourtant que vous réfléchissiez plus ! Vous m'avez retiré d'un endroit que je considérais comme ma maison avec ma famille, où je parlais tous les jours avec au moins dix personnes différentes sur des sujets divers et variés pour me mettre dans un Manoir où la seule personne dont j'ai conscience qu'elle parle la même langue que moi ne m'apprécie pas et surtout est très occupée. Vous vous foutez de moi !

_ J'étais si heureux d'enfin pouvoir t'avoir auprès de moi que je n'ai pas réfléchis aussi loin. Je ne supportais plus de savoir que d'autres personnes te touchaient ! Je te voulais pour moi seul ! s'enflamme Draco avant de prendre une grande inspiration pour continuer légèrement plus calme. Alors oui, pour la première fois de ma vie je n'ai pas profondément réfléchis aux conséquences de mes actes, je n'ai pas réfléchi à propos de ce tu pourrais ressentir d'être subitement séparé de ta famille. La seule chose à laquelle j'ai pensé c'est que tu ne serais enfin qu'à moi !

_ Vous me vouliez pour vous ? Mais…

_ Il n'y a pas de mais, Harry. Les choses sont ainsi. Je suis possessif lorsque je suis amoureux. Il n'y a pas à chercher plus loin.

_ Si i chercher plus loin ! Comment pouvez-vous être amoureux de moi alors que vous ne m'aviez jamais vu !? Vous ne m'aviez jamais parlé. C'est complètement insensé ! Cette conversation tourne en rond.

_ Bien sûr que je t'ai déjà vu ! Sinon je ne serais pas tombé amoureux de toi.

_ Vous m'avez déjà vu ? Mais où ça ? S'étonne le brun.

_ Je t'ai vu i ans lors d'un voyage que j'ai fait en Francia. Je t'ai croisé sur ce que vous appelez « le Chemin de Traverse » alors que tu étais de sorti avec un jeune homme à la peau noir et un jeune garçon. Tu avais tressé tes cheveux lâchement et ta tresse se balançait dans ton dos à chacun de tes pas. Tu avais un yukata de la couleur du ciel de printemps et un peu long qui traînait légèrement dans la poussière. Avec l'autre jeune homme vous aviez l'air de vous occuper de l'éducation du garçon qui était avec vous. Vous lui expliquiez chaque chose et il vous regardait comme si vous étiez deux des choses les plus incroyables et belles du monde. Je n'oublierais jamais cet instant où tu t'es tourné vers cet enfant et que tu lui as fait un sourire. Pendant une seconde j'ai cru que c'était à moi qu'il était adressé et j'ai immédiatement souhaité que ce ne soit plus qu'à moi que tu adresses ce genre de sourire. Alors c'est vrai : je ne te connaissais pas, je ne t'avais jamais parlé mais j'ai immédiatement su que je ne voudrais que toi comme compagnon. J'ai vu aussi immédiatement que tu étais une bonne personne, aussi belle à l'intérieur qu'à l'extérieur. Seule une telle personne peut s'occuper aussi gentiment d'un enfant. Par la suite, toutes les personnes que j'ai pu rencontrer étaient tellement fades en comparaison de toi que je ne les regardais qu'une seconde avant de m'en désintéresser aussitôt. J'ai mis du temps à te retrouver, à savoir qui tu étais mais j'ai réussi et tu ne sais pas à quel point j'ai dû prendre sur moi pour ne pas foncer jusqu'à chez toi pour t'emmener avec moi. L'idée que d'autres hommes te touchent me rendait presque malade de jalousie.

Initialement en colère, Harry ne sais plus trop si il doit toujours l'être devant une telle déclaration. Oui, une pointe d'elle persiste en lui mais face à la sincérité profonde dont fait preuve Draco dans ses mots, elle n'est plus que ce petit point dans son ventre qui s'indigne toujours du mensonge premier. Elle a été avalée par le choc. Et une touche légère de flatterie a fleuri : un homme l'a désiré -le désire- sans savoir qui il était, juste pour lui dans son ensemble -ou presque.

_ Alors oui Harry, reprend Draco en se rapprochant et prenant tendrement sa main dans les siennes. Je t'aime. Je t'ai aimé dès que je t'ai vu ce jour là il y a deux ans. Et plus encore j'ai appris à t'aimer toi, à aimer ton caractère dans son entièreté quand tu es arrivé ici. Tu n'es pas un objet, tu ne l'as jamais été ni à mes yeux ni jamais autrement. Tu n'es pas qu'un vulgaire prostitué, tu es Harry, un homme magnifique, doué d'un don pour jouer de l'erhu, d'une patience sans borne et d'une intelligence vive. Tu es l'homme dont je suis tombé amoureux une première fois dans une rue bondée et des dizaines d'autres fois en t'observant tous les jours depuis que tu es ici. Tu es l'homme que je veux faire mien, je veux que tu deviennes un jour mon mari.

_ Je…

_ Je ne te demande pas de réponse maintenant, lui sourit gentiment Draco en caressant délicatement sa joue. Ce n'est même pas une vraie et belle proposition. C'est juste ce que je souhaite, ainsi qu'une explication face à mes mensonges et mes non-dits qui t'ont fait souffrir. Mais, est-ce que toi tu aimerais au moins apprendre à me connaître ? Apprendre à connaître mon monde qui est maintenant le tien ?

_ Je…

Se mordant la lèvre, Harry détourne le regard. Comment un homme pareil peut être attiré par lui ? Ca dépasse son entendement. Pas qu'il n'en soit pas touché ni même flatté -il l'est énormément même- mais il n'est qu'un individu parmi la masse du peuple. Jamais les personnes autour de Draco n'accepteront… D'ailleurs, en parlant d'entourage...

_ C'est ce que tu as dit à Tom pour qu'il te laisse m'acheter sans même m'en parler au préalable ? demande le brun.

Voyant la douleur passer sur le visage du jeune homme, Draco resserre sa prise sur les mains d'Harry.

_ Le jour où je suis venu te chercher, ça faisait quatre mois que j'étais en pourparler avec Maître Riddle, explique l'Héritier. Il a été sacrément coriace. Tu lui tiens énormément à cœur Harry, n'en doute jamais. Il t'aime profondément. Si il ne t'a pas demandé ton avis c'est parce que j'ai fini par le persuader que si tu étais l'homme de ma vie, j'étais également le tien. Je lui ais expliqué ce que je voulais faire et même si il a paru sceptique, il a fini par m'accorder que ça pouvait être une bonne solution pour t'amener au moins à m'apprécier un peu, à t'habituer à ton nouvel environnement. Mais crois moi, ça n'a pas été de tout repos.

_ J'aimerais y retourner…, murmure Harry les larmes aux yeux.

En entendant ses paroles, le visage de Draco se décompose.

_ Je… Je te ramènerais là-bas si c'est ton vœu. Tu n'es pas enfermé ici et je ne souhaite que ton bonheur… Si tu veux partir alors je te ramènerais moi-même…

D'abord surpris, Harry s'exclame.

_ Non ! Vous n'avez pas compris ! Je… Je ne veux pas retourner définitivement là bas… Je veux seulement revoir tout le monde… Ils sont ma famille Draco et ils me manquent. Malgré… Malgré l'ennui et la solitude que j'ai pu ressentir, je suis bien ici. Vous avez été gentil avec moi, malgré… Hum vous avez été gentil et puis maintenant que l'on peut parler, je risque de moins m'ennuyer... Et je pourrais correctement apprendre votre langue donc…

N'y tenant plus, le blond lâche la main d'Harry et l'emprisonne dans une étreinte forte en émotions. Pendant quelques minutes, il a eu tellement peur de le perdre… Il a pensé qu'il le laisserait… Il a cru que l'erreur qu'il avait faite de ne pas lui parler alors qu'il pouvait aurait été sa trop grosse erreur… Mais non… Harry veut bien rester avec lui… Harry a dit -à mot couvert mais il l'a dit n'est-ce pas !- qu'il l'appréciait.

_ Draco, j'ai besoin de respirer, finit par grogner Harry.

Le jeune blond s'écarte, les joues légèrement rosées mais un sourire immense sur les lèvres.

_ Je vais me rattraper Harry ! s'écrie le blond. Je vais tellement te parler que tu vas vouloir me droguer pour que je me taise. Et bien-sûr si tu le souhaite je vais t'apprendre ma langue. J'aimerais que tu me parles de toi aussi.

_ Mais oui, mais oui ! se met à rigoler le brun face à l'enthousiasme de son vis-à-vis avant d'arborer un regard chaud et de hausser un sourcil suggestif. Mais dis-moi… Tu n'avais pas prévu autre chose ? Ne voulais-tu pas me demander une faveur ?

Immédiatement les sens du blond se réveillent. Quand il était entré dans la pièce et avait vu Harry, il avait eu tout le mal du monde pour se contrôler et ne pas lui sauter dessus. Franchement, le jeune homme est vraiment sublime avec son susohiki. Tellement beau… Tellement bandant bordel !

Se léchant les lèvres, Draco hoche la tête.

_ Tu as raison…

Attrapant Harry et collant son corps contre le sien, le blond approche sa bouche de son oreille et murmure d'une voix suave.

_ J'aimerais te faire l'amour Harry. Je veux que tu sois mien. Je veux que tu t'offres à moi, corps, cœur et âme. Je veux que tu ne sois rien qu'à moi Harry. Je veux que tu sois mon Compagnon.

Celui-ci frissonne de désir mais se dégage et recule d'un pas. Sans lâcher des yeux Draco, il porte une main au col de son kimono et dégage d'un geste sensuel son cou.

_ Alors vient. Fais-moi l'amour Draco. Prouve-moi que tu me veux. Montre-moi que je t'appartiens…

Ne pouvant plus se retenir, le blond se jette sur les lèvres d'Harry, dévorant sa bouche, suçant et mordillant ses lèvres. Ravagé, Harry laisse échapper des gémissements d'extase.

Oui Draco lui avait menti et franchement il lui en veut encore un peu. Mais il avoue sans honte que le goût de ses lèvres lui a manqué. Cette passion qu'il a mise dans leurs ébats lui a manqué. Si la première fois, Draco a été tendre bien que passionné, aujourd'hui Harry sait que la tendresse ne sera pas de la partie. Et bien loin de le déranger, cette fougue et cette frénésie l'excitent même davantage.

Entraîné par le blond, les deux finissent allongés par terre, Draco au dessus d'Harry lui dévorant férocement la bouche. Lorsqu'ils finissent par manquer d'air, le blond se redresse de toute sa hauteur, toisant Harry qui frissonne fasse au regard orage qui le déshabille et le bouffe.

_ Je vais te le prouver Harry. Je vais tellement te rendre fou de moi que tu seras incapable de partir. Je vais te prouver que je suis le seul à pouvoir t'aimer comme il le faut et comme tu le souhaites. Tu es à moi tout autant que je suis à toi.

_ Ah oui ? demande le brun frondeur en se dégageant de sous l'Héritier.

S'asseyant en face de lui, il détache d'un geste précis son obi qui glisse de son ventre pour tomber tout autour de lui. Assis en Amazon, Harry fait glisser sa main sur son mollet, remontant encore et encore plus haut, ramenant tout doucement son kimono alors que de l'autre main, il caresse sensuellement son ventre par-dessus le tissus

Voyant le blond suivre chacun de ses mouvements, Harry laisse apparaître un sourire satisfait. La vengeance est souvent un plat qui se mange froid, mais le brun le préfère bouillant.

Alors qu'il arrive sur le haut de la cuisse et que son kimono relevé est sur le point de révéler ce qu'il se cache en dessous, le brun redresse d'un centimètre ses doigts qui laissent retomber sur ses jambes le tissus. Il continue pourtant son ascension jusqu'à l'épaule opposée à sa main où il fait tomber lentement le haut de son kimono sur son bras.

_ Combien d'hommes crois-tu m'ont déclaré leur amour ? murmure sensuellement le brun alors qu'il se dresse sur ses genoux et détache ses cheveux qui cascadent autour de lui. Combien d'hommes sont venus se perdre en moi ? De Francia mais aussi de bien d'autres pays. Combien crois-tu sont venus afin d'avoir de moi la moindre miette d'attention et d'extase que je consentirais à leur donner ?

Redescendant ses mains, il les fait passer par son cou, son torse où l'une d'elle s'arrête et se perd sous son kimono, alors que l'autre continue vers ses hanches jusqu'à ses cuisses où elle se stoppe le temps de caresser la peau pâle. Elle remonte alors ensuite, emmenant avec elle le tissu délicat du susohiki, dévoilant toujours un tout petit plus. Centimètre par centimètre.

Chacun de ses gestes sont d'une supplique lenteur pour le blond qui n'en perd pas un seul, hypnotisé.

_ Qu'est-ce que tu croyais Draco ? reprend Harry. Que tu étais le premier ? Le premier à m'avoir repéré ? Le premier à m'avoir aimé ? Le premier à me désirer ?

Sans arrêter ses mouvements, le brun laisse couler le tissus sur son corps dévoilant un peu plus de sa peau jusqu'à le stopper au moment critique : juste avant de dévoiler cet endroit intime qui fait saliver le blond.

_ Alors ? Dis-moi ? Qu'est-ce que tu as de plus que ces hommes Draco ? Eux aussi m'ont promis des tas de choses… Ils m'ont touché avant toi… Ils m'ont repéré avant toi… Ils m'ont baisé avant toi.

Craquant face aux paroles crus du brun et à sa provocation, Draco se jette sur lui comme une bête sauvage et s'accroche au col du kimono.

_ Je suis cent fois meilleur que tous ces moins que rien qui t'ont touché ! Je devrais tous les tuer pour n'avoir ne serait-ce que posé les yeux sur toi ! Tu es à moi ! Je… Je…

Étirant un sourire à la fois effronté et content, Harry se délecte de la rage de Draco qui lui en fait perdre ses mots.

Posant une main sur sa joue, il la glisse jusqu'à ses cheveux qu'il caresse.

_ Tu quoi Draco ?

_ Je suis sincère ! Ils n'ont fait que craquer pour ton corps alors que moi c'est toi que je veux. Toi ! Complètement et totalement. Je ne veux pas d'une pute dans mon lit ! Je veux d'un compagnon, un mari qui sera à mes côtés comme mon égal. Je veux un homme qui s'occupera tout autant que moi des affaires de ma famille. Je veux un homme qui me contredira et me le dira si il n'est pas d'accord avec moi. Je n'ai que faire d'une poupée sans intention ! C'est toi que je veux. J'ai peut être payé pour t'avoir mais l'argent n'a aucun sens ! Alors que toi tu rempliras ma vie !

Satisfait de ses paroles, Harry crochète vivement les cheveux blonds dans une poigne ferme regardant Draco dans les yeux.

_ Alors prend moi. Prend moi, Draco, finit de me faire tien et je finirais de te faire mien. Prouve-moi que tu m'aimes tout entier.

Retirant la main d'Harry, il prend son visage entre ses mains et l'embrasse, introduisant sa langue dans sa bouche comme en terrain conquis. L'une se battant contre l'autre dans une guerre que le brun sait perdue d'avance pour lui mais qu'il prend grand plaisir à mener.

Faisant descendre ses mains dans un mouvement similaire à celui d'Harry quelques minutes plutôt, Draco glisse sur son cou avant de prendre de nouveau son col et d'un geste vif, enlève le kimono du corps contre lui le lâchant sans plus s'en préoccuper avant de parcourir frénétiquement la peau bouillante et offerte de son amant.

Avec délectation et satisfaction d'avoir fait perdre son contrôle au blond, Harry se laisse sombrer dans les sensations que le brun fait naître, dans la chaleur brûlante des ses doigts.

Grognant dans la bouche d'Harry, Draco attrape un téton dressé entre ses doigts avant de durement le malmener et de faire naître des gémissements dans la gorge de l'autre.

Descendant sur la mâchoire, le blond se met à mordiller la peau délicate avant de vivement refermer ses dents sous le cri de surprise et de douleur mêlée du brun. Puis le lâchant, il lèche doucement la peau malmenée, lui arrachant cette fois un petit gémissement.

_ Tellement bon…

L'entraînant de nouveau sur le sol, Draco étend tout son corps contre celui du brun. Rien d'autre n'a d'importance que le jeune homme sous lui, que la sensation de sa peau sous la pulpe de ses doigts, que les petits bruit qu'il laisse échapper sous ses délicieuses tortures. Il ne souhaite que s'enivrer d'Harry.

Délaissant le cou, le blond entreprend de descendre jusqu'au plaisir parfaitement éveillé du brun. Tantôt caressant, tantôt griffant la peau délicate et sensible du ventre. Arrivée à l'objet de ses pensées, le blond le regarde une seconde avant de l'engloutir sans préambule faisant hurler Harry de surprise et d'extase. Puis il se met à jouer, léchant le sexe du brun comme s'il s'agissait de sa sucette préférée, conduisant le brun au bord du gouffre.

Occupé par les sensations que lui apporte la langue sur son pénis, Harry ne prête absolument aucune attention au doigt qui s'insinue en lui puis le deuxième avant de tiquer enfin au troisième. Il comprend rapidement que Draco n'a pas envie d'attendre. Il l'a fait s'enflammer avec ses mots. A présent à lui d'assumer l'éruption volcanique du blond.

Mais il s'en fiche. Il l'a cherché. Il l'a fait exprès. Il apprécie la délicatesse mais parfois il a besoin de passion et d'un peu de violence. Pas de douleur, il débanderait aussitôt. Non. Juste ce petit quelque chose de plus, ce je ne sais quoi qui l'excite plus que de raison.

Et il ne peut s'empêcher de frémir d'impatience quand il voit le blond déboutonner son pantalon et le baisser avec son caleçon d'un seul mouvement alors qu'il se redresse après lui avoir accordé le minimum de préparation. En voyant le pénis fièrement dressé se positionner devant son entrée, il n'arrive pas retenir le gémissement d'anticipation fiévreuse qui passe ses lèvres.

Puis brusquement, il est là. En lui, enfoncé jusqu'à la garde.

Harry crie de plaisir, de surprise et de douleur à la fois alors que le blond s'enfonce d'un coup en lui. Ce dernier laisse échapper un grondement animal et tremble alors qu'il se force à attendre que le brun soit assez bien pour qu'il bouge.

Heureusement pour lui, avec le niveau d'excitation première, le brun se met vite à bouger les hanches, en demandant plus.

En le sentant faire, Draco se laisse aller. Toutes ces paroles qu'il lui a dit, toute la frustration et la colère qui étaient montées en pic quand il lui avait parlé de ces hommes. Draco laisse tout ressortir et s'exprimer alors qu'il pilonne sauvagement le brun, se délectant de tous les bruits que fait Harry. Les cris d'extase quand il touche sa prostate. Les gémissements quand il sort entier avant de rentrer vivement de nouveau. Les frissons alors qu'il parcourt sa peau de ses mains et de sa bouche, mordant, aspirant, griffant, caressant alors que lui tremble de l'anticipation de voir les traces d'amour qu'il verra demain au réveil.

Sous le blond, Harry n'est plus qu'un amas tremblant de plaisir et de luxure. L'orgasme ne fait que monter encore et encore face aux stimuli qui lui arrivent de partout.

Et puis brusquement, la digue lâche et le plaisir déferle sur lui alors que l'orgasme dévastateur l'engloutit sans prévenir. Il éjacule violemment entre leur deux corps.

Au dessus de lui Draco émet un râle sonore et animal, provenant du fond de son torse alors qu'il jouit à son tour dans le brun en sentant ses parois se resserre spasmodiquement autour de son sexe avant de se laisser tomber juste à côté du corps du brun, tous deux essoufflés.

De longues minutes passent dans le silence subit de la pièce, seules leurs respirations rapides qui se calment au fur et à mesure se font entendre. Chacun profitant de cet état délectable post coïtale.

Quand enfin il a repris son souffle et s'est remis de cette baise enflammée, Draco se redresse et regarde Harry. Celui-ci a un sourire plus que satisfait qui ourle ses lèvres alors qu'il tourne ses yeux vers le blond.

_ Tu as fait exprès de me dire tout ça… Me faire flamber de jalousie et de frustration était une vengeance pour mon mensonge par omission.

_ Bien-sûr. Je ne suis pas assez patient pour te faire payer ça plus tard. Mes vengeances sont immédiates la plupart du temps.

_ Eh bien… Peut être devrais-je te mentir régulièrement dans le futur si tu montes de pareille vengeance, rigole doucement le blond.

Ce dernier lève la main alors qu'il se recouche à côté d'Harry et caresse doucement le visage délicat aux pommettes rouge.

_ Je te disais la vérité tu sais… , reprend d'une voix basse l'Héritier.

_ A propos de quoi ?

_ Que je te veux pour compagnon, pour mari et non pour objet décoratif et servile. Je t'aime véritablement Harry. Il est vrai que quand j'ai commencé à te chercher après t'avoir vu, c'était parce que je t'ai trouvé beau, mais aussi parce que ta façon d'être m'a touché. Mais chaque jour que j'ai passé près de toi où je voyais ta gentillesse pour mon personnel, tes bravades et réparties face à Théo, tes sourires, ta gentillesse envers moi malgré ton incompréhension au pourquoi je t'ai ramené. Ton intelligence, ta délicatesse, ton doigté pour la musique, ton calme. Je suis chaque jour tombé encore plus amoureux de toi. C'est vraiment toi que je veux. Je veux tout, l'ensemble de tes défauts et qualités qui font de toi un homme incroyable.

Mais, Harry ne fait que le regarder alors que le blond passe délicatement un doigt sur sa joue pour essuyer la seule larme qui a coulé.

_ Tous les autres hommes qui t'ont chuchoté des promesses au creux de l'oreille ne voulaient que le prostitué qu'ils voyaient. Ils ne te voyaient pas toi. Mais moi je te vois. Je ne vois que toi. Je ne veux que toi. Je ne mens pas, Harry. Je ne fais aucune promesse que je ne suis pas certain de pouvoir tenir. Je ne dis aucune parole en l'air.

Fermant les yeux, le brun se laisse aller alors que Draco le prend dans ses bras et le serre contre lui.

_ Merci…