Pour Léonie et Noémie.


–Elonie ?

–Oui ?

–Attrape le chat !

Récapitulons un peu les derniers événements qui ont mené une Poufsouffle et une Serdaigle à essayer de capturer Miss Teigne, ce pauvre chat qui n'avait rien demandé à personne et qui détestait tout le monde. C'était la période vacances -celles de Noël-, et Noélie et moi étions contraintes de rester à Poudlard pour travaux d'intérêt général, pour avoir mélangé l'intégralité des fioles du laboratoire de potions en pleine nuit, créant un véritable capharnaüm le lendemain matin, faisant pousser trois bons mètres de moustache violette sur ce pauvre Peter Pettigrow. En même temps, à force de fréquenter les Maraudeurs, ils finissaient par -un peu- déteindre sur nous pour ce qui était des bêtises à faire dans l'école…

J'avais tout de même une bonne influence sur Sirius, qui avait depuis peu cessé d'appeler Severus « Servilus » et ce grâce à la petite Serdaigle que j'étais -sa favorite, par ailleurs-. Noélie était chez Poufsouffle et nous étions devenues meilleures amies dès notre premier jour à bord du Poudlard Express. Nous étions désormais en dernière année, ce qui ne nous empêchait pas pour autant de temps en temps de nous comporter comme des enfants -comme le prouvait notre tout dernier exploit.

Noélie était un peu triste de ne pas pouvoir passer ses vacances en compagnie de Rémus comme c'était initialement prévu, mais elle ne disait pas non plus non à deux semaines avec moi, même si c'était pour nettoyer le château de fond en comble, et surtout sans faire usage de la magie. Bref, l'éclate totale pour un break d'hiver. Mais nous avions décidé de ne pas nous laisser décourager par l'immensité de la tâche, car nous allions au contraire pouvoir nous amuser à jouer des tours à Rusard, aux tableaux ou encore aux fantômes de l'école, qui arpentaient inlassablement ses longs couloirs depuis des siècles.

Nous avions donc plus que hâte de mettre toutes nos farces à exécution, mais pour cela, nous devions accomplir la sale besogne qui nous avait été confiée, ce qui n'était pas une mince affaire. Des balais, des torchons et des seaux trainaient tout autour de nous lorsque nous avions eu la pire idée qui soit : nous servir de la magie -malgré notre interdiction formelle d'en faire usage, mais attendez la suite- pour animer les armures afin qu'elles fassent le travail à notre place. Du moins, une partie. Était-ce stupide ? Oui, complètement. Mais que voulez-vous, nous aimions jouer avec le feu, peut-être un peu trop souvent.

Nous nous étions donc enfermées dans la bibliothèque durant toute la matinée afin de trouver le sortilège qui nous serait le plus utile dans ce cas précis, et connaissant par cœur tous les coins du château, Noélie et moi n'aurions aucun mal à débusquer les ingrédients et artéfacts nécessaires à notre préparation. Enfin, tous sauf un : il nous fallait ls poils d'un animal, et comme tous les élèves étaient rentrés chez eux avec leur fidèle compagnon, il ne nous restait donc plus qu'une seule solution, et pas la plus simple de toutes ; Miss Teigne. Ce fichu chat qui jamais ne quittait son maitre aigri et bougon. En bref, c'était quasiment mission impossible. Sauf que rien, absolument rien ne pouvait nous arrêter dans notre connerie, nous allions aller jusqu'au bout comme toujours, quelles que soient les conséquences -parfois désastreuses, certes, mais tellement TELLEMENT amusantes. Nous allions donc devoir trouver le bon moment pour récupérer les poils de cette bestiole qui nous cassait les oreilles à miauler tout le temps.

Revenons donc à ce fameux instant où Noélie et moi avions débusqué notre cible dans les toilettes des filles du deuxième étage.

–Mais attrape-moi ce fichu chat, sérieux ! braille Noélie en faisant de grands gestes inutiles avec ses bras pour m'inciter à m'emparer de Miss Teigne, ce qui ne m'aidait absolument pas. Allez, attrape-la, vite ! Cette chatte est maléfique, je suis sûre qu'elle veut rendre les humains en esclavage et dominer le monde ! poursuit-elle en me motivant verbalement tandis que j'essaye de ne pas me faire griffer -et encore heureux que j'ai réussi à piquer une paire de gant en peau de dragon dans la serre numéro trois pour éviter le pire.

–Ca va, je vais ce que je peux ! je m'exclame en courant après le mammifère à quatre pattes ; Et puis j'aimerais bien t'y voir, toi ! j'ajoute en ouvrant en grand l'une des portes des cabines où s'est réfugiée Miss Teigne. Ahah ! Je te tiens ! je lance en l'attrapant par la peau du cou et la tenant à bout de bras, la voyant gesticuler dans tous les sens en feulant agressivement à mon égard. Pas bouger… Voilàààà, je dis en tendant quelques poils de chat à mon amie une fois les avoir difficilement récupérés, qu'elle s'empresse de lettre dans une fiole avant que je rende sa liberté à l'animal, qui nous regarde d'un mauvais œil avant de partir en courant, probablement pour aller prévenir son maitre que nous l'avons « martyrisée ». Bon, ce n'est pas tout, mais nous avons une potion à préparer, j'achève en retirant ma paire de gants, que je range dans la besace que j'avais prise avec moi, et en catimini, nous nous dirigeons vers la salle de potions au sous-sol.

Nous évitons de croiser quelques fantômes tels que le Baron Sanglant, qui nous file toujours des frissons depuis notre arrivée ici, ou bien quiconque susceptible de nous fiche rune peur de tous les diables -ou une heure de colle en plus- jusqu'à ce que nous atteignions notre salle de classe, verrouillée. Grâce à un simple « Alohomora », nous y entrons et prenons soin de refermer derrière nous, après nous être assurées que personne ne nous ait suivies jusque-là. Je dépose ma besace remplie de toutes sortes de babioles récupérer dans les quatre coins du château su la table, m'attache les cheveux en une queue de cheval puis me retrousse les manches, bien décidée à me mettre au travail. Noélie ramène un chaudron ainsi que plusieurs ustensiles, puis nous nous lançons dans la préparation improbable de notre potion de réanimation des objets de grande taille, qui pourrait tout à fait tourner au vinaigre si nous commettons une toute petite erreur.

Le karma n'étant décidément pas de note côté aujourd'hui, car il nous faut attendre trois minutes seulement avant que la potion nous explose à la figure, nous enveloppant dans un nuage de fumée jaunâtre et nauséabonde, salissant nos blouses et carbonisant le bas de nos cheveux par la même occasion. Autrement dit, ces vacances de Noël commencent à merveille.

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A la rentrée scolaire en janvier, tout se passe étonnamment bien pour nous. Les salles de classes et les couloirs ont été nettoyées, les tableaux dépoussiérés, les chaudrons décrassés, et notre punition est levée, ce qui nous soulage d'un énorme poids. Bien entendu, les remarques concernant nos nouvelles coupes de cheveux « tendances » ne manquent pas, mais autant garder pour nous comment nous en sommes arrivées là. Les garçons se doutent bien évidemment de quelque chose, mais préfèrent ne rien dire à ce sujet, se doutant que cela risquerait d'être assez délicat pour nous d'en parler ouvertement.

En quelques mots, nos vacances se sont déroulées dans le plus grand des calmes, sans le moindre problème et surtout, sans magie… -du moins, c'est ce que croit toute l'école, qui ne cesse de nous féliciter pour nos prouesses ménagères… Ce dont je me rappellerai surtout est de la difficulté que nous avons eue à attraper ce satané chat. Mais en dehors de nos quelques mésaventures, c'était un break d'hiver au poil.