Disclaimer : Downton Abbey est l'oeuvre de Julian Fellowes.

Résumé : Quand la ménopause frappa Rosamund, ce fut pour elle comme un grand deuil, une blessure à accepter pour avancer.

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L'envol de sa jeunesse

A dire vrai, Rosamund s'y attendait. Vu son âge, vu ses symptômes, c'était évident en fait. C'est juste qu'elle n'osait pas le formuler. Elle savait qu'elle n'avait plus vingt ans mais dans sa tête, elle se sentait encore jeune. Et là, ce que le gynécologue lui annonçait n'était ni plus ni moins qu'une gifle en plein visage, un rappel cruel et brutal de la réalité. Elle était ménopausée. Une fois seule chez elle, elle craqua.

Ménopausée.

Le mot lui tombait dessus comme un couperet.

Elle n'avait jamais eu la chance de concevoir. Elle avait été une jeune veuve. Elle n'avait jamais trouvé un homme qui lui aurait donné envie de convoler à nouveau. Et désormais, si elle venait à trouver un nouvel amour, elle ne pourrait jamais plus porter leur bébé. Elle ne pourrait jamais plus tomber enceinte, sentir en elle les mouvements d'un enfant tant désiré et déjà chéri de toute son âme. Elle savait ce que sa mère lui dirait car, sous ses épaisses couches d'esprit caustique, elle se souciait profondément d'elle :

Le fait de ne pas être devenue une mère, de ne pas avoir élevé un enfant, de ne pas avoir porté la vie ne diminuait en rien sa qualité de femme.

Elle n'était pas moins bien qu'une autre femme sous prétexte qu'elle n'avait pas connu cette partie-là de la féminité.

Elle était une femme sans aucune contrefaçon, une femme accomplie, qui avait eu la chance d'épouser un homme qui l'avait rendue heureuse jusqu'à la fin.

Sauf que cela venait d'une mère, justement et même en sachant tout cela, c'était bien un deuil qu'elle devait faire. Le deuil d'une partie de sa vie, le deuil d'un rêve qui ne serait désormais plus que cela : une douce chimère pour ses nuits qui lui laisserait un goût âcre dans la gorge au réveil. Bien sûr, elle n'était pas sans enfants à gâter. Il y avait ses trois nièces. Il y avait Mary, Edith et Sybil qu'elle aimait profondément et qui faisaient sa joie.

Pour l'instant, elle ne voulait pas y penser.

Pour l'instant, il y avait elle, l'envol de sa jeunesse et un ventre définitivement aride.

FIN