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La guerre est finie. Harry Potter est désoeuvré, sombre dans l'abattement. Il se cloître dans sa demeure, découvre une vieille photo étonnante. On y voit Narcissa et Lucius, immobiles. Ce dernier retient particulièrement l'attention du Survivant.
Harry découvrit qu'il ne connaissait pas vraiment le 12 square Grimmault. N'était-ce pas étonnant ? Lui qui était resté si longtemps dans cette maison… La demeure, de l'extérieur, avait une noble allure : belle, à balustrades, en pierres anciennes. Oui, ancienne et fière, voilà comment il pouvait la caractériser. Mais de l'intérieur, elle était lugubre, à faire peur. Des têtes d'elfe empaillées au mur, des portraits d'ancêtres recouverts de toiles d'araignées, pour ne pas dire d'autres insectes effrayants, magiques… le sol craquait, les marches du grand escalier étaient instables et peu régulières. Harry devrait la rénover, mais étrangement, il refusait de se projeter dans un plan de rénovation trop concret. Il y avait en effet un certain réconfort d'être dans un lieu qui était à son image, c'est-à-dire délabré et abîmé par l'usure du temps ou de la guerre.
Harry se trouvait dans une pièce assez peu fréquentée, isolée du reste des pièces centrales, plus ou moins propres et aménagées. Cette pièce était pleine de poussière. L'on voyait un vieux fauteuil en tissu rose, des meubles en bois recouverts de saleté. Des tapis gris, ou devenus ainsi par le manque de nettoyage. L'air sentait le renfermé. Bien sûr, il faisait sombre, les volets étaient fermés, et sans doute valait-il mieux ne pas les ouvrir pour qu'ils ne se rompent pas.
Le jeune homme s'avança vers la table basse. Un papier y était posé. Tiens, se dit-il, on aurait dit une vieille pellicule, une photo d'un couple. Immobile. C'était le plus étrange : que pouvait faire une photographie immobile, autrement dit moldue, dans une demeure de sangs-purs ? Etrange, étrange…
Harry s'en saisit et revint dans le couloir, moins insalubre que la pièce qu'il venait de quitter, avant d'atteindre la cuisine éclairée et propre.
Il s'assit sur une des chaises, essuya la photo pleine de crasse. Il y avait un homme et une femme, tous les deux blonds. Il reconnut au bout d'un moment Narcissa et Lucius Malfoy.
Un beau jeune couple, s'imagina-t-il, au faîte de leur gloire à cette époque, c'est-à-dire avant la première guerre, lorsque le Lord Noir montait en puissance, mais tout en discrétion.
Il approcha la photo de ses yeux pour mieux voir Lucius Malfoy, son expression, son visage. Altier, plein de puissance, voilà ce qu'il dégageait. Une virilité certaine, un charme indéniable. Harry rougit. Pouvait-il être attiré par cet homme ? A l'évidence, oui.
Harry se trouvait au Ministère, fait assez exceptionnel pour ceux qui le connaissait depuis la fin de la guerre. Il était là pour rencontrer le ministre Kingsley pour un projet de solidarité, une question de construction d'orphelinat. Raison officielle. La raison officieuse était davantage son désir de sortir de sa tanière, de rencontrer du monde, sinon de parler, du moins de voir des visages humains. Ca lui ferait du bien.
« Bonjour…Enchanté… Ravi de vous revoir… Ca faisait longtemps ! »
Au détour d'un couloir, il entrevit un reflet blond… Se pourrait-il que…
D'un coup, Lucius Malfoy se retrouva là, devant lui. Il dégageait une telle présence…
-Puis-je faire quelque chose pour vous, Mr Potter ?
-Non, non… Enfin si… je… comment allez-vous ?
Harry aurait pu rougir de sa propre maladresse. Lucius, en plus de sa fière allure, était auréolé de sa gloire récente de héros de guerre. En effet, il avait tourné sa veste au dernier moment, devenant espion pour l'Ordre du Phénix (au moment opportun, dirait les mauvaises langues).
Mais Harry, plein de candeur, n'avait que faire des mauvaises langues. Il voulait seulement vivre, après avoir été mort pour lui-même, pendant toutes ces années de guerre.
-Bien, bien… Je pensais à vous l'autre jour, cela tombe bien. Je me demandais si vous vouliez prendre le thé chez moi. Vous savez bien que depuis le décès de ma bien regrettable épouse, le manoir est devenu bien triste, avec pour seuls habitants, mon fils et moi. Venez-donc nous rejoindre l'un de ces prochains jours. Le voulez-vous bien ?
-Oh, oui, avec plaisir.
-Parfait ! Disons, samedi prochain, à 15h ?
Ainsi Harry eut-il un rendez-vous avec Mr Malfoy.
Samedi arriva, plus vite que ne le prévit Harry.
Lucius l'accueillit, seul, sans son fils. Ils burent le thé dans le petit salon du manoir.
Lucius l'amena dans la grande bibliothèque que les Malfoy nourrissaient de livres à chaque génération. Aussi était-elle magnifique, pleine de livres en tout genre, immense.
Leurs corps se rapprochaient, tendus, en attente de quelque chose, d'un aveu inavouable, dit ou non-dit, qu'importe. L'aveu devait arriver.
Harry frôla maladroitement de sa hanche celle de Lucius. Ce dernier prolongea ce contact excitant. Il lui prit le bras, toucha son avant-bras comme s'il le caressait, pour l'amener devant les livres qu'il voulait. Il tourna son visage vers le jeune homme. Harry fut saisi par l'envie, l'excitation d'être si près de cet homme plus âgé, plus mûr, plus expérimenté, plus puissant que lui. Ils se regardaient, et leurs pupilles se dilataient, animées par une lueur, cette lueur évidente, si excitante.
- Harry, chuchota Lucius, Harry, je voudrais… Es-tu sûr…
Ils s'embrassèrent doucement. Ils se léchèrent la lèvre, envahirent l'autre bouche. C'était délicieux.
Tout d'un coup, Lucius ramena brusquement Harry contre l'étagère pour l'étreindre avec force. Il passa ses mains sur ses fesses, les serrèrent. Leur rondeur était si onctueuse.
Harry était un si beau tentateur, il le trouvait magnifique, désirable. Il lui dévora la bouche. Harry, lui, se laissa faire, avec délice. Enfin, il avait l'impression de revivre.
