Auteur : kitsu34
Origine : Saint Seiya
Couple : on commence avec un bon vieux Milo x Camus, mais il y en aura pas mal d'autres…
Disclaimers : Rien à moi dans l'univers Saint Seiya…
Note : Cette fic est un texte beaucoup plus léger que ce que je fais habituellement. Je ne garantis pas qu'elle soit bonne, j'ai un sens de l'humour assez particulier, malheureusement, mais j'essaie de m'améliorer. Donc n'hésitez surtout pas à me dire ce qui ne va pas, je sais que j'ai du chemin à faire pour progresser !
Note 2 : Un grand merci à ma testeuse de fic, svoboda, pour son courage : c'est elle qui essuie les plâtres et je l'en remercie vivement !
Malgré tout, aux courageux venus ici, bonne lecture !
Le Corbeau – Chapitre 1
La réunion spéciale convoquée par Shion commençait déjà mal. L'heure était dépassée depuis vingt bonnes minutes et sur les treize chevaliers d'or sensés être présents, il en manquait encore quatre… Le Grand Pope se massa l'arête du nez en inspirant profondément. Pourquoi, mais pourquoi avait-il rempilé ? Comment Athéna l'avait-elle convaincu ? Après tout ce qu'il avait déjà vu et vécu, qu'avait-elle bien pu trouver à lui promettre pour qu'il s'occupe de ces zigottos ?
« Tu devrais te détendre un peu. Tiens, je t'ai apporté une tasse de thé, annonça clairement la voix chaude, avant de baisser d'un ton en susurrant, et je te ferai un long massage après la réunion, quand on sera seuls... »
Ah oui. Il se rappelait à présent. C'est vrai que c'était un bon argument…
oOoOo
« Et pour te soulager et t'épauler dans ta charge, je nomme Dokho Pope adjoint. Il sera donc à ton entière disposition… Jour et nuit, naturellement…
- Il devra donc loger au palais, déesse.
- Cela va de soi, Shion. Et à proximité. On ne sait jamais ce qui peut se passer. Je te laisse t'en occuper.
- Vous pouvez compter sur moi, déesse.
- Je n'en doute pas. »
oOoOo
Oui, elle l'avait bien eu sur ce coup-là. Elle n'était pas déesse de la guerre stratégique pour rien, après tout. Shion sourit à Dohko en saisissant la tasse brûlante. La main de la Balance s'attarda un instant sur la sienne et l'humeur du Grand Pope s'allégea. Après tout, ce n'était pas si terrible, au fond, de s'occuper de ces petits.
Un bruit de pas retentit et la porte de la salle de réunion s'ouvrit doucement.
« Désolé tout le monde. Panne de réveil. Vraiment désolé. Mais fallait pas m'attendre, vraiment, dit Kanon des Gémeaux en pénétrant dans la pièce d'un pas léger.
- Assieds-toi Kanon. Et on ne t'a pas attendu ! Tu aurais été le seul absent, on aurait même déjà fini, je pense ! asséna sans ménagement le Grand Pope.
- Oh bah ça va alors, moi qui m'inquiétais d'être le dernier, j'avais de la marge en fait, claironna le Gémeau remplaçant.
- Je vais faire comme si je n'avais pas entendu ! grommela Shion.
- Eh, Kan' comment ça se fait que ton frère soit encore plus en retard que toi ? demanda à voix basse Angelo. Est-ce que tu l'aurais enfin dévergondé ?
- Grâce soit rendue aux dieux, il était temps, je commençais à vraiment craindre une rechute ! s'exclama théâtralement son voisin, Aphrodite, en l'occurrence.
- Tiens c'est vrai ! Mais… Pourtant il n'était pas au temple quand j'y suis passé. Où peut-il être ? C'est bizarre, ça… s'interrogea pensivement Kanon.
- Boarf, pas vraiment, si on considère l'un des deux autres absents » soupira Shura.
Kanon jeta un coup d'œil à la cantonade. Bon, manquaient à l'appel en plus de Saga, Milo… A cette heure de la matinée, rien d'étonnant songea le Gémeau en second. Le Scorpion n'était franchement pas du matin. Et le second… Aiolos, bien évidemment… Kanon poussa un soupir navré et contrarié. Il aurait dû s'en douter… Il fallait vraiment qu'il parle à Saga, ça ne pouvait plus durer, cette espèce d'obsession prépubère. Il fallait tourner la page et repartir sur des bases saines.
Un léger grincement indiqua que quelqu'un tentait d'ouvrir discrètement la porte et lorsque Shion tira mentalement le battant, trois chevaliers manquèrent de s'étaler de tout leur long les uns sur les autres. Saga, Milo et Aiolos. Apparemment, nota pour lui-même le Grand Pope, les leçons des guerres saintes commençaient à rentrer et, face aux difficultés, les Ors avaient bien retenu que l'union faisait la force… C'était déjà ça. Shion soupira à nouveau et indiqua dans un froncement de sourcils aux retardataires de s'asseoir rapidement.
Puis il ouvrit la séance et entama l'ordre du jour, non sans noter avec agacement le manège muet des Gémeaux, qui, assis l'un en face de l'autre discutaient par gestes, tandis que Milo et Camus échangeaient un long regard complice. Il ferma les paupières d'agacement, en joignant les mains sur la pile de dossiers à évoquer ce jour. Ces gamins étaient vraiment insupportables. Pas moyen de les faire tenir tranquilles plus de cinq minutes quand ils étaient tous réunis. Le Grand pope entamait le troisième point de l'ordre du jour – le ravitaillement des troupes- lorsqu'il se rendit compte, qu'en plus des jumeaux et de Milo et Camus, il avait également perdu Shura, qui jouait avec son canif (ouvert-fermé – ouvert - fermé…), Shaka qui dorm… méditait et Aiolia qui discutait à voix basse avec son frère. Ne restaient attentifs dans la débâcle que son petit Mû, Aldébaran, Angelo et Aphrodite.
Shion avala sa dernière gorgée de thé de travers et se mit à tousser violemment. Dokho s'empressa de lui taper dans le dos. Angelo et Aphrodite ? Attentifs ? Stupéfait, le Grand pope fixa les deux chevaliers d'un air incrédule. Pourtant, effectivement, ils étaient assis sagement, le visage tourné vers lui et semblaient attendre la suite de son monologue. Shion affina sa perception et soupira une fois de plus. Ah non, au temps pour lui. Ils se faisaient du pied sous la table. Et pas seulement du pied d'ailleurs… Bon, il était temps de les secouer et de leur mettre du plomb dans la tête à ces mômes ! Il n'allait pas changer leurs langes indéfiniment non plus !
« Dernier point, et non des moindres, j'ai reçu une lettre anonyme hier, révélant certains secrets… comment dire… gênants du Sanctuaire.
- Quoi ?
- Oh ?
- Gênants, c'est-à-dire ?
- Sur qui ? Sur nous ?
- Mais gênants, gênants ? Ou juste un peu gênant ?
- La bave du crapaud n'atteint pas la blanche colombe.
- Non, parce qu'il y a gênant et gênant, hein. »
Ben voilà. Il avait toute leur attention tout à coup. Les treize avaient le regard fixé sur lui et les visages soudain concernés oscillaient entre consternation, inquiétude, peur et... sérénité ? Ah non, Shaka continuait de dorm… de méditer. Shion prit un malin plaisir à faire durer le suspense. Il rangea lentement ses papiers au carré, classant les documents avec soin, avant de relever la tête vers les treize -ah non, douze en fait- paires d'yeux attachées sur lui. Il s'éclaircit la gorge et se saisit de la feuille de papier sur laquelle des lettres disparates de formes et de couleurs avaient été collées avec soin et lut lentement :
« Grand Pope. Je connais certains secrets embarrassants du Sanctuaire et vous devez en être informé. Sachez que Saga des Gémeaux a usurpé le pouvoir pendant treize ans…
- Encore ? Mais quand est-ce que je serai tranquille avec cette histoire ? s'exclama le chevalier des Gémeaux en titre. C'est bon maintenant, il y a prescription.
- Ben non, justement, pas encore, asséna Aiolia, vindicatif.
- Les nouvelles de ce corbeau m'ont l'air quelque peu datées, répliqua Camus.
- Permettez que je poursuive? s'agaça Shion. Sachez que l'armure d'or du Sagittaire a été emmenée au Japon…
- Ah oui, Camus a raison. Effectivement, c'est pas de la nouvelle fraîche, s'amusa Aiolos avec un sourire de connivence à l'adresse de Saga.
- Bon, si ce n'est que ça, tout va bien alors, reprit Mû, soulagé.
- Et je termine, poursuivit Shion avec malice. Sachez enfin que Milo du Scorpion et Camus du Verseau s'envoient en l'air bi quotidiennement sous votre nez dans le temple du Scorpion.
- Que ? Quoi ? Mais que-ce que c'est que ça ? s'étouffa Camus
- Oh ? Tu as conclu Milo ? Bravo ! Franchement j'ai cru que tu n'y arriverais ja-mais ! s'enthousiasma Aphrodite, tandis qu'Angelo adressait au Scorpion un high five de félicitations.
- C'est un tissu de mensonges ! »
La voix du Verseau était polaire. Coupante comme la glace. Il s'était levé si brusquement que sa chaise était tombée à la renverse et il se tenait droit, mains serrées sur le rebord de la table qui gelait doucement et se chargeait d'arabesques magnifiques. Son regard incandescent faisait le tour de ses pairs avec assurance et détermination. Presque avec défi. Le Grand pope le jaugea un instant avant de reprendre :
« Tu réfutes donc ces accusations, Camus du Verseau ?
- Bien entendu ! Elles sont ridicules. Personne ne peut croire de pareilles sornettes enfin ! »
Un certain nombre de toussotements et de gloussements gênés et amusés se répandirent dans la salle, mais Camus ne broncha pas et soutint vaillamment le regard de Shion. Il reprit avec véhémence :
« Je répète, ces accusations sont ridicules. Je ne nie pas être proche du chevalier du Scorpion. Nous sommes amis... »
De nouveau toussotements s'élevèrent, masquant quelques rires. Mais Camus fit face et poursuivit :
« Nous sommes amis et justement conscients de nos charges respectives ainsi que de nos obligations à la fois envers Athéna et le Sanctuaire et envers nos… enfin mes disciples. Jamais nous ne franchirions cette ligne rouge fixée par la déesse pour éviter les désagréments que ne manquerait pas d'entraîner une pareille conduite. Ce serait inqualifiable de la part d'un chevalier d'or d'Athéna déjà, mais plus encore de la part d'un chevalier des glaces. Il ne s'est jamais rien passé entre Milo et moi ! Enfin de ce genre là, en tout cas ! »
Un silence impressionné ou dubitatif accueillit ces paroles. Qui croire ? Le corbeau ? Leur intuition ? Ou bien un camarade qu'ils savaient droit et fier, attaché à la vérité ? Shion posa ses coudes sur la table et joignit ses mains sur lesquelles il posa son menton. Il fixait intensément Camus qui soutenait parfaitement son regard.
« Tu maintiens ce que tu viens de dire, Camus ? Il ne s'est jamais rien passé ?
- Absolument ! Jamais rien.
- Tu es sûr ?
- A cent pour cent !
- Dans ce cas, tu pourras sans doute m'expliquer ces photos qui étaient jointes au courrier... »
Trois photos se matérialisèrent brusquement sous les yeux de Camus qui rougit violemment et poussa un cri étranglé. Il se hâta de poser la main dessus pour les cacher, mais ne fut pas assez rapide pour empêcher ses voisins immédiats, Aiolia et Mû, de distinguer ce qu'elles représentaient. Aiolia eut un hoquet et rougit jusqu'à la racine des cheveux tandis que Mû ouvrait la bouche et les yeux ronds en silence.
« Oh mais je veux voir aussi ! Passe-les Aiolia ! s'exclama Aphrodite.
- Non… C'est pas vrai...
- Mais c'est vrai alors ? Vous baisez ensemble !
- Vous l'avez fait aussi dans le onzième temple, juste au-dessus de chez moi ?
- Franchement Camus, tu me déçois.
- Oh la ferme, Saga.
- Silence, silence, je lève la séance ! Dégagez tous ! Sauf vous deux, là, Camus et oui, toi aussi Milo ! Tu n'espérais quand même pas t'esquiver comme ça ! »
Une fois tous les Ors expédiés dans leurs temples respectifs, Shion se tourna vers les deux fautifs.
« Bien, à nous trois maintenant.
- Majesté, je ne voulais pas vous manquer de respect.
- Non Camus, juste me mentir effrontément, les yeux dans les yeux.
- Mais je ne pouvais pas reconnaître ça, quand même !
- En effet, je comprends. Bien, tu vas avoir l'occasion de clouer le bec à ce corbeau.
- Comment cela ?
- Je te charge de le débusquer. Espion, enquêteur, ce n'est pas très différent. Ça devrait aller.
- Mais, je ne sais pas si…
- Pour t'assister et t'épauler, je t'adjoins Milo. Il sera à ta disposition. Jour et nuit. On ne sait jamais ce qui peut arriver...
- Oh… Il vaudrait mieux dans ce cas que nous nous installions l'un chez l'autre.
- Bien entendu. Je te fais confiance pour t'en charger.
- Comptez sur moi, Majesté.
- Je n'ai aucun doute. Bien, à votre mission. Et surtout, donnez-vous à fond ! Allez. »
Et Shion les congédia. Ils s'inclinèrent bien bas puis se retirèrent, penauds. Sur le pas de la porte fermée derrière eux, Milo et Camus se regardèrent en silence, puis Camus, le regard incandescent et les lèvres pincées, murmura « A nous deux, Corbeau ! » avant de prendre la main de Milo et de l'entraîner à sa suite dans l'escalier millénaire.
oOoOo
« Dis donc, Trésor, ils ont de l'imagination les gamins…
- Indéniablement. Et je n'imaginais pas Camus aussi… souple…
- Ni Milo aussi… Imposant...
- Indéniablement, indéniablement… Dis, mon tigre, si on essayait, nous aussi ? Après tout, je suis le Grand Pope ! Il ne saurait être question que mes guerriers me dépassent. En quoi que ce soit.
- C'est vrai, ce serait inconvenant.
- Tout à fait inadmissible… Allez viens là, mon gros chat !
- Miaouuuu !»
oOoOo
Hem, quand je disais que j'avais un sens de l'humour particulier… Merci, malgré tout d'être arrivé au bout !
