Parce que vous avouerez qu'ils sont bien assortis tous les deux : ))
The one and only
Suguru n'avait jamais été aussi proche de quelqu'un, pas même de ses propres parents qu'il n'avait eu aucun mal à quitter !...
La façon dont Satoru, pourtant réputé ingérable et totalement imprévisible, était passé d'un peu à beaucoup, puis à passionnément pour s'afficher à la folie avait totalement échappé aux sens pourtant aiguisés de Suguru.
Alors voilà... son meilleur ami était devenu sa moitié.
Qu'est-ce qui pouvait les rapprocher autant ?... Suguru s'était souvent posé la question. Pour retomber sur l'évidence : le job. Les études n'étaient que secondaires. Le job les rassemblait. Parce qu'il fallait s'y serrer les coudes ! Parce qu'ils avaient fini, à force d'efforts pour l'un et de talent inné pour l'autre, par devenir les meilleurs !...
Ils étaient pourtant totalement à l'opposé l'un de l'autre !... Tant par le physique que par le comportement et l'éducation reçue.
Personne ne pouvait souffrir la compagnie de Satoru plus de dix secondes. Parce qu'il était généralement extrêmement condescendant. En fait, le jeune prodige ne voyait que lui. Il faisait totalement l'impasse sur ceux et celles qu'il considérait comme "faibles". Et ils étaient légion ! D'ailleurs, c'était tout simple : ils n'entraient pas dans son équation. Et Satoru ne se contentait pas de les ignorer ; il les critiquait vertement dans le ton le plus méprisant qui soit.
Généralement, Suguru tempérait les élans de son camarade. Il partageait pourtant l'avis de Satoru à ce propos : ils étaient véritablement, l'un et l'autre, des élus et se comportaient comme tels. Mais cela ne leur donnait guère le droit de mépriser la vie humaine.
Leur instructeur, d'ailleurs, était strict à ce propos, ce qui lui attirait la moquerie ouverte de la part de Satoru.
Il y avait, à dire vrai, beaucoup de déviances au sein des exorcistes. Suffisamment pour qu'un conseil soit formé qui décidait du sort des prétendants au poste. Mais se passer de Gojô était impensable ; malgré son caractère têtu et rebelle, il demeurait leur faire-valoir.
Satoru avait, de base, un énorme problème avec l'autorité. Il était issu d'un des trois plus grands clans d'exorcistes et ne se cachait pas d'avoir été l'enfant chéri du destin qui avait placé en lui à la fois le pouvoir des Six Eyes qui permettait d'exploiter tout le potentiel du Limitless.
Autant dire que Gojô était né avec une cuillère en argent dans la bouche !... Et le jeune prodige se reposait sur ses lauriers. Jusqu'au jour fatidique où il se prit un tel revers de la part d'un adversaire qu'il en demeura au sol, bafoué et humilié comme jamais, lui le descendant favorisé du clan !...
Satoru eut alors une réaction qui étonna à la fois Suguru et son entourage ; il eut un sursaut rageur et décida de ne surtout pas demeurer sur pareil échec, peaufinant sa technique jusqu'à la rendre excellente.
Devant les prouesse de ce Gojô à la fois totalement illuminé et libéré de toute entrave, Suguru dut admettre qu'il venait de le surpasser et que lui demeurait à présent à la traîne, incapable, malgré tous ses efforts, de rivaliser avec les pouvoirs extraordinaires déployés par l'héritier Gojô.
Que restait-il à Suguru dans de telles conditions ?... Allait-il faire partie de ces "faibles" que Satoru méprisait ?...
Après-midi de lecture pour les deux amis, confortablement installés sur des futons, allongés sur le dos pour l'un et sur le flanc pour l'autre, bouquinant, fenêtre ouverte sur la jolie brise légère de printemps.
Les cerisiers n'allaient pas tarder à entrer en floraison et Suguru appréciait particulièrement ce moment de l'année.
La veille avait été pour le moins arrosée !... Satoru tenait assez mal l'alcool, finissant par s'affaisser sur la table, tandis que Suguru observait, amusé.
Il était temps de mettre les organismes au repos !...
Satoru lisait sur le dos, bras passé derrière sa tête de cheveux clairs, bouquin tenu d'une main tandis que Suguru préférait la position allongée sur le côté, livre ouvert devant lui.
"Tu m'y accompagnes cette année, Satoru ?"
"Hein ? Où ça ?"
"A la fête des cerisiers en fleurs."
"Blaaaaah !" tirant la langue. "Ça va encore grouiller de monde, je déteste les bains de foule !"
"Pas du tout. Il suffit de choisir son heure, lorsque le festival ne bat pas son plein." pragmatique.
"Bah, je serai plutôt d'avis d'aller se bouffer une glace en terrasse, moi. Les trucs en fleurs, là, c'est pas ma tasse."
Petit rire de Suguru. "N'y vois-tu point toute la poésie que l'éphémère dégage ?" s'attendant à une remarque sarcastique.
Satoru laissa tomber son livre ouvert sur le visage avant de pivoter pour récupérer le tome suivant, torse allant épouser celui de Suguru, bras tendu sur la main fouillant l'étagère garnie, ne se rendant pas immédiatement compte de la situation avant de prendre connaissance du visage rosi de Suguru.
"Satoru, c'est... extrêmement... embarrassant..."
Il n'avait jamais autant bégayé de sa vie !
A Satoru de rebondir avec provocation : "Tu veux vraiment que je t'en donne, une raison d'être gêné ?"
Le sourire affiché par le jeune adulte ne présageait rien de bon et Suguru le connaissait suffisamment pour savoir qu'il était capable de pousser très loin le vice dès que l'occasion se présentait.
Et la situation, justement, sentait le soufre à plein nez !...
"Back off, Satoru !..." plaçant ses mains pour le repousser.
Suguru y mit malheureusement une intention trop molle pour être honnête. Et Satoru n'allait pas le louper, le jeu ayant toujours fait partie de leur dynamique. L'héritier Gojô avait l'art de pousser les gens dans leurs derniers retranchements !...
Ses yeux - des yeux comme personne n'en possédait dans le pays tout entier, de véritables joyaux translucides - vinrent loucher sur la bouche de Suguru. Ce dernier ne mit pas longtemps à comprendre quel type de pensées animait son ami.
Une langue joueuse vint passer de son menton sur sa bouche, prise à la perpendiculaire, jusqu'au nez, refusant de rentrer dans sa cavité. Satoru l'envisageait de cet air particulièrement enfantin, fier, très fier de son petit tour !...
Suguru le fixait, incrédule. Il avait... osé ?... Oui, évidemment. Satoru avait toutes les audaces !...
Quelque chose de profond, pourtant, venait de remuer le jeune homme. Il ne l'identifia pas directement, fixant toujours le visage joueur de son pair.
La langue de Suguru fit soudain son apparition et glissa d'une commissure à l'autre, sous l'œil dubitatif de Satoru.
C'était le moment. Il ne verrait rien arriver pendant qu'il demeurait ainsi captivé.
Suguru lui rendit la pareille et appuya un baiser plein sur les lèvres adverses.
Prendre de vitesse le meilleur combattant de leur petit monde était pour le moins jouissif !...
"C'était... quoi ça... Suguru ?..."
Au tour de Satoru de bégayer.
"Je te laisse libre de toute interprétation." souffla Suguru, reins commençant à être joyeusement animés.
Des filles, ils parlaient peu. Parfois une plaisanterie ou deux. Parce qu'ils n'avaient pas le temps pour ça vu ce qui pesait sur leurs épaules.
Alors pourquoi pas un moment de frivolité ?...
C'était fou de ne pas y avoir songé avant, finalement... c'était... comme une évidence à présent. Les deux meilleurs, les deux plus forts...
Satoru y retourna après une brève hésitation, pressant un nouveau baiser sur les lèvres de son camarade et ami.
Les bras de Suguru vinrent envelopper Satoru, l'entraînant contre lui.
Les lèvres ne furent qu'un avant-goût précieux au jeu animé des langues s'entremêlant dans un délice humide et lascif.
Expérimenter.
Les corps se pressaient l'un contre l'autre à présent, exigeant le contact maximum.
Les hampes, éveillées, frottaient délicieusement contre ce qui les entravait.
Les paumes échouèrent partout sur le corps de l'autre, en prenant possession avec fièvre.
Les respiration s'emballaient comme durant un combat.
Il naissait des geignements éloquents au fond des gorges.
Écartant leurs bassins pour un temps, les garçons firent descendre, s'aident des deux mains, ce qui empêchait leurs sexes de se saluer.
Le contact intime fut explosif !...
Dès lors, tout échappa au plus basique des contrôles.
Satoru avait la tête qui frappait si fort !... Tandis que celle de Suguru bourdonnait tel un essaim !...
Ils n'écoutaient plus à présent que leurs sens.
C'est Satoru qui les empoigna tous deux, œuvrant sans plus attendre, animé par une intrépide urgence.
Ils n'en avaient jamais parlé avant... le sujet était pratiquement tabou alors qu'ils discutaient librement de tant d'autres thèmes, confrontant souvent leurs points de vue.
Les bouches formulaient des "o" muets, sons coincés dans la gorge tant le délice charnel culminait à son paroxysme.
Ils montaient vite et fort, s'appelant lascivement par des grognements rauques de contentement. A dire vrai, ils étaient dans un tel état que l'un ne se souvenait plus du prénom de l'autre.
Ces corps, d'ordinaire soumis au stress des combats, lâchaient tout ce qu'ils avaient !...
Le mouvement du poignet de Satoru... toujours plus fort et plus vite !...
Les sens, déjà en déroute, se déchaînaient en un véritable feu d'artifice.
C'est Suguru qui, le premier, planta ses dents dans le derme de Satoru, s'interdisant de hurler cette jouissance phénoménale qui montait en lui.
La manœuvre fit rendre à son partenaire un rauque éblouissant !...
Alors qu'ils suintaient déjà des prémisses d'un orgasme qui s'annonçait dévastateur, Satoru vint se placer sur Suguru, les récupérant tous deux, tenu sur un bras tendu, corps littéralement cambré.
Le regard de Suguru, malgré des paupières qui exigeaient de se fermer sous l'afflux de sensations, fixa les deux hampes tenues ensemble ainsi que le début de ce qui en gicla avec force, éclaboussant jusqu'à la poitrine tant l'élan avait été puissant, finissant par clore étroitement les paupières, se laissant porter par le son sans l'image des râles expressifs de plaisir intense.
Ils éructaient littéralement de plaisir, étouffant sous la sensation la plus aiguë dans la vie masculine ; l'effet était tel qu'ils avaient l'impression de quitter corps et terre.
Satoru ne les lâchait pas pour autant, leur offrant encore quelques allées et venues, ravivant des sensations enfouies.
Puis tout retomba et il roula sur le côté, souffle joliment court, peau couverte d'un film moite.
Suguru fut le premier à sourire. "So... unexpected..."
Il n'avait aucune idée de l'accueil que Satoru réserverait à ses mots.
C'est un petit rire fou qui les accueillit tandis qu'il vint poser le front contre le bras de Suguru, baigné par un excès d'endorphines délicieuses.
"Impossible... to predict."
Il semblait à Suguru qu'il découvrait son ami sous un tout nouveau jour. Jamais les yeux particuliers de Satoru ne lui avaient paru aussi magnifiques et hypnotiques. Il s'agissait pourtant d'une véritable arme de guerre !...
Passant sur le flanc, Suguru glissa quelques doigts au sein du blond scandinave, s'en pinçant la lèvre de satisfaction. Il avait, pensait-il, une chance folle de pouvoir ainsi toucher l'héritier à qui tout avait été donné, celui qui, à présent, était l'élu de son cœur ; sa précieuse âme sœur.
FIN.
