Bonjouuuuur ! ça faisait longtemps dis-donc !
J'ai eu beaucoup beaucoup de mal à écrire ces derniers mois... j'ai 5437252 projets d'écriture en cours et aucun que je n'arrivais à continuer. Mais aujourd'hui, je me suis mise un coup de pied au c** et j'ai enfin terminé un texte commencé il y a longtemps.
Aujourd'hui mesdames et messieurs, Pansy Parkinson est à l'honneur !
Alors ça termine un peu de façon étrange tout simplement parce que quand je l'ai commencé, je ne savais pas où je voulais aller. Je voulais raconter une version de ce que pouvait être Pansy Parkinson et au fur et à mesure j'ai du la lier aux évènements de la Guerre et ça s'est compliqué... J'espère quand même que ça vous plaira !
Bien sûr, Harry Potter et ses personnages ne m'appartiennent pas.
Bonne lecture !
Pansy Parkinson ou la loyauté d'une Serpentard
Pansy Parkinson est une descendante de la famille Parkinson, une des 28 familles de Sang-Pur existant encore en Grande-Bretagne. Son nom est donc prestigieux, connu de tous. Un nom difficile à porter, un nom à assumer. Un nom qui fait de vous une personne avant même que vous sachiez vous-même qui vous êtes ou voulez être.
Le jour de la répartition, la jeune sorcière s'était naturellement installée auprès de Draco à la table des Vert et Argent. Ces deux-là avaient beaucoup joué ensemble lorsqu'ils étaient encore enfants. Enfin… Pansy, pour sa part, même si elle essayait de ne pas le montrer, se considérait encore comme une enfant. Pas son seul ami, Draco. L'héritier de la famille Malfoy la regardait comme il regardait tous ses petits camarades de première année : un air supérieur collé au visage, une fine moue de mépris. Le message était clair : vous vous rangez à mes côtés ou vous vous opposez à Lucius Malfoy lui-même.
Pansy le comprit vite, c'était comme ça que fonctionnait la plupart des Serpentards. Sur le modèle du pouvoir et de l'influence, le profit et le mépris. Alors elle suivit. Elle se rangea aux côtés de Draco, qui s'adoucit légèrement avec elle, sûrement en souvenir de leur amitié. Ce n'était pas le cas pour Crabbe et Goyle. Vincent et Gregory, bien que de familles de Sang-Pur également, se laissaient tout bonnement marcher sur les pieds. Alors Pansy comprit rapidement que si elle ne voulait pas devenir la marionnette de Draco, de ce qu'était devenu Draco, elle devait se forger un caractère dur, elle aussi. Elle passa d'une adolescente au regard curieux et observateur, à des yeux plissés, moqueurs, scrutateurs, prêts à trouver la moindre faille pour blesser.
Pansy devint cette adolescente, la première année forgea des habitudes, les piliers qu'étaient devenus Pansy, Draco et sa bande, et la petite bande à Potter était leur souffre-douleur. Jusqu'à leurs treize ans, les choses se déroulèrent ainsi. A treize ans, Pansy était beaucoup plus froide qu'à son entrée à Poudlard. Elle ne souriait jamais, sinon pour se moquer ouvertement des Gryffondors. Elle était studieuse, ne se laissait pas déconcentrée par Draco qui malgré qu'il craignait les représailles de son père en cas d'échec, n'était pas très appliqué dans son travail. Et n'ayant pas réussi à se mettre Théodore Nott dans la poche, c'était vers elle qu'il se tournait.
Théodore Nott. Pansy ne lui avait jamais vraiment parlé jusqu'à cette année-là. Elle savait qu'il avait refusé, tout comme Potter, une alliance avec Draco. Le Serpentard de onze ans s'était dressé contre l'autorité évidente que les autres élèves avaient reconnue en Draco. Théodore Nott, donc, était un élève discret, presque Serdaigle, mais qui n'était pas en manque de répartie si on venait le chercher. Il avait commencé par s'assoir, de temps à autre, à la même table que Pansy à la bibliothèque, le seul endroit où on pouvait la trouver seule, de temps en temps. Ils n'échangeaient que quelques mots sur leurs devoirs, mais Pansy l'avait rapidement trouvé sympathique.
Un jour, Pansy découvrit qu'elle n'était plus si seule que ça, dans la bibliothèque. Alors qu'elle plaisantait avec Theo, Blaise avait surgi derrière elle et avait posé ses bras sur sa chaise, la surplombant de toute sa hauteur.
- Alors Pansy, on ne te suffit plus ?
Pansy s'était retournée, toisant le Serpentard du regard. Blaise Zabini, 13 ans, dégageait déjà énormément de puissance. Il était d'ailleurs le meilleur ami de Draco Malfoy et se comportait comme une sorte de grand frère avec Pansy.
- Blaise, qu'est-ce que tu fous là ?
- Il est vrai que c'est étrange de te voir dans une bibliothèque, Zabini, releva Theo. Tu sais lire ?
Blaise sourit en coin et ricana. Il attrapa vivement le sac de Pansy.
- Viens Pansy. On s'en va.
- Quoi ? Mais-
Le garçon s'éloignait déjà avec son sac et Pansy se leva d'un bond pour le rattraper.
- Où est-ce que tu crois aller comme ça ! Blaise ! Rends-moi immédiatement mon sac !
Elle tira dessus mais il ne lâcha pas et lui adressa un regard meurtrier.
- Qu'est-ce que tu fous avec Nott ? Dois-je te rappeler que ce genre de personne n'a rien à voir avec nous ?
- De quoi tu parles, grogna Pansy en tirant sur son sac. C'est un Serpentard, un Sang-Pur-
Elle s'interrompit et malgré elle, son pouls s'accéléra. Blaise s'était rapproché et exerçait toute la domination dont il était capable. Il saisit le bras de Pansy et le serra. La jeune fille grimaça.
- Ecoute-moi bien. Tu as choisi un camp, Parkinson. Toi, Draco, moi… On est l'élite. Et l'élite ne doit pas être entachée par des relations parasites. Pansy… C'est nous et personne d'autres, tu entends ?
Il se détourna, sachant très bien qu'elle le suivait lentement. Pansy n'avait pas réalisé, ce jour-là, l'ampleur que prendrait son engagement aux côtés d'autres Sang-Pur. Ils n'étaient alors que des adolescents.
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L'année qui suivit fut animée par le tournoi des Trois Sorciers. Draco et sa bande redoublèrent d'imagination pour mener la vie dure à Potter. Au cours de l'été, Pansy avait pris la décision, non pas de s'éloigner de ses amis, mais de se féminiser, l'adolescence jouant en sa faveur. Pansy avait laissé pousser ses cheveux, qu'elle attachait à l'aide d'une baguette, ses boutons d'acnés avaient diminué grâce à une potion appliquée tout le mois de juillet. Ses formes s'étaient affirmées. Avec Millicent Bulstrode et Daphne Greengrass, elles passaient leur temps à se moquer de Tracey Davis et surtout des jeunes françaises de Beauxbâtons. Elle se mettaient également à parler garçons.
- Ta sœur, Daphne, est vraiment super belle, couina Millicent en regardant passer Astoria.
Daphne poussa un profond soupir en observant sa sœur d'un air rêveur.
- Oui, et quelle chance elle a.
- De la chance ?
Millicent et Daphne se tournèrent vers Pansy.
- Tu n'es pas au courant, s'excita Millicent en frottant ses mains. Astoria a été promise en mariage…
- A Draco Malfoy ! fanfaronna fièrement Daphne.
Le sourire de Pansy se ternit. Les mariages arrangés entre Sang-Pur. Ses parents ne lui avaient encore rien dit, mais elle se demandait bien à qui elle allait être promise en mariage. Theodore Nott ? Blaise Zabini, ou pire… Crabbe ? Peut-être quelqu'un de plus âgé qu'elle. Elle frissonna d'horreur en pensant à Graham Montague. Jamais elle ne pourrait aimer un ogre pareil !
Oui. Pour Pansy, naïvement, il était question d'amour. Car elle n'était qu'une adolescente et qu'elle pensait encore, d'un air rêveur, que son mariage serait un mariage d'amour.
- Tu as vraiment de la chance d'être si proche de Draco, soupira à nouveau Daphne en voyant le blond s'approcher d'eux.
- Hmm ? dit Pansy, sortie de ses pensées. Bah, quelle importance, il est promis à ta sœur, après tout.
Millicent et Daphne échangèrent un regard lourd de sens.
- Quoi ?
Daphne adressa un grand sourire à Draco qui se rapprochait d'elles. Millicent leva les yeux au ciel et attrapa brusquement Pansy pour coller sa bouche à son oreille.
- Tu ne comprends pas… il n'est pas question d'amour ici… Ni entre Astoria et lui, ni entre toi et le Prince de Serpentard.
Pansy n'eut pas le temps de répondre, Draco se tenait devant elle, son grand sourire séducteur aux lèvres, dont il ne se départissait pas depuis leur arrivée à Poudlard.
- Viens Pansy, on va aller tisser de nouveaux liens avec les Bulgares.
Il attrapa le bras de Pansy et l'entraîna à sa suite.
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Pansy mettait ses boucles d'oreille en diamant, les mains tremblantes.
Draco Malfoy l'avait invitée, elle, au Bal de Noël. Elle n'y croyait toujours pas. Elle se souvenait lui avoir dit oui, mais cela semblait surnaturel. En marchant vers les cachots, les mains dans les poches, il avait soudain lâché « au fait, on va au Bal ensemble, la semaine prochaine ? ». Pansy s'était arrêtée net et Draco s'était retourné, un sourcil haussé. A dire vrai, elle ne s'attendait pas à ce que qui que ce soit lui fasse cette demande, et certainement pas le Prince de Serpentard. Pansy n'était pas consciente qu'elle était devenue une belle jeune fille, aux yeux marrons perçants et irrésistibles. Pansy n'était pas consciente que les garçons se retournaient sur son passage – sauf les Gryffondors pour qui elle était une affreuse garce – parce que ses formes étaient généreuses et alléchantes pour des adolescents bouillants d'hormones. Elle ne s'était pas rendue compte de l'agacement de Blaise et Draco, de leurs regards fusillant le moindre sorcier la regardant d'un peu trop près. Elle n'était pas consciente d'être passée de garçon manqué, du toutou de Draco, à leur escorte girl et qu'un piège dangereux se refermait sur elle et son indéfectible espoir d'une amitié en argent.
Alors lorsque Draco lui avait demandé « au fait, on va au Bal ensemble, la semaine prochaine ? », elle avait répondu « oui ».
Elle avait lissé sa robe vert émeraude, cintrée, puis était sortie rejoindre Draco qui l'attendait au bas des escaliers. Là aussi, elle était tant obnubilée par la classe et la puissance que dégageait Draco, qu'elle ne vit pas le doux regard que lui adressa Theo, ni la manière répugnante dont Crabbe la reluqua, sa langue passant sur ses lèvres.
Pansy n'était tout simplement pas consciente que les garçons qui l'entouraient ressentaient quelque chose de sombre à son égard.
La fin du Bal approchait, c'était le temps des slows. Mais pas de slow pour Pansy. Draco et elle contournèrent Hermione, en larmes dans les escaliers. Pansy pensait que Draco voulait se moquer d'elle, mais il l'ignora ouvertement et entraîna Pansy dans un couloir désert. La jeune fille souriait comme cela faisait longtemps qu'elle ne s'était plus autorisée à sourire. Quelle fierté, quelle joie cela avait été de se présenter au bras de Draco. Quel gentleman et quel bon danseur il était ! Pansy sentit son cœur louper un battement. Draco était déjà promis à quelqu'un. A Astoria Greengrass. Et Draco tenait ses engagements, toujours. C'est pourquoi son ventre se serra et ses yeux s'écarquillèrent de surprise lorsque le Serpentard la plaqua contre un mur. Dans ses yeux, elle perçut une lueur qu'elle ne lui connaissait pas, une lueur qu'elle n'avait jamais vu dans son regard. Pourtant, elle savait ce qu'elle signifiait : Draco la désirait. Il passa une main autour de sa taille et colla son bassin au sien avant de se jeter sur ses lèvres, les écrasant contre les siennes. Pansy écarquilla les yeux, puis les ferma, réalisant que c'était son premier baiser et qu'elle devait en profiter. Elle sentit la main de Draco serrer sa nuque puis ses lèvres descendre dans son cou. Elle frissonna et revint à la réalité lorsqu'elle réalisa que l'autre main de Draco avait quitté sa nuque pour serrer sa robe dans sa main d'une manière qui l'effrayait. Elle repoussa doucement Draco, le regard plein d'incompréhension.
- Je ne comprends pas…
- Quoi ? grogna Draco, la tenant toujours contre lui.
- Daphne m'a dit que tu es engagé avec sa sœur. Elle t'a été promise en mariage alors-
Draco éclata de rire. Son rire moqueur, terriblement effrayant, résonna contre les murs, et certains portraits protestèrent.
- Pansy, Pansy, Pansy… tu es bien naïve.
Il la fixait mi-amusé, mi-protecteur. Pansy sentait sa gorge se serrer.
- La mariage, l'amour, le sexe (Pansy sursauta malgré elle, mais Draco ne releva pas)… Tout ça, c'est des choses bien distinctes.
- Mais-
Draco claqua sa langue contre son palet et secoua la tête en la relâchant doucement.
- Ce n'est pas grave, tu sais. Ce sera pour une autre fois… si tu en as envie, bien sûr.
Il n'attendit pas vraiment sa réponse et lui offrit son bras, soudain très distingué.
- Je vous ramène à votre chambre, très chère, ou bien souhaitez-vous retourner danser ?
Et Pansy, accrochée au bras fort, influent et puissant de Draco, alors qu'il la ramenait dans leur salle commune, comprit enfin le piège qui s'était refermé sur elle. Elle comprit ce qu'impliquait vraiment d'être dans ce genre de cercle fermé qu'était les familles de Sang-Pur, Poudlard, le parterre du Prince des Serpentards. Elle le comprit, mais c'était trop tard. Car elle aimait profondément Blaise et Draco. L'un car il avait toujours pris soin de veiller sur elle, l'autre car s'il avait toujours résisté à son amour d'enfant, de Midinette, il venait aujourd'hui de lui offrir un aperçu du bonheur à ses côtés. Il venait de cueillir ses lèvres pour la première fois.
Et Pansy comprit qu'elle allait souffrir, et que le seul moyen d'en réchapper un tant soit peu était de ne plus rien laisser paraître, bonheur ou non, peu importe l'issu des prochaines années. Il fallait prendre ce qu'il y avait à prendre et se placer là où étaient ses intérêts.
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Et Le Seigneur des Ténèbres était revenu. Envolées, les rêveries adolescentes.
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Pansy dévala les marches du dortoir et traversa la salle commune en s'attachant les cheveux en une queue de cheval haute. Blaise, assis en travers d'un fauteuil, l'interpella.
- Ben alors, j'ai pas le droit à mon petit bisou ?
Pansy lança un regard sombre à son ami. Alors qu'elle le fixait de son regard marron glacé, souligné par un maquillage gris et brillant, il pensa qu'elle était tout simplement magnifique. Cela faisait quelques mois que Blaise avait quitté son regard de grand frère pour quelque chose de plus intéressé. Blaise ne le montrait pas, mais il était plus que satisfait du changement qui s'était opéré chez Pansy cet été. Le retour du Seigneur des Ténèbres, pour ceux qui y croyaient, avait affecté les sorciers d'une manière ou d'une autre. Chez Pansy, cela s'était traduit par un sursaut de maturité. La jeune fille filait droit, se tenait de manière extrêmement distinguée, n'adressait la parole qu'à ses plus proches amis. Elle était devenue très sombre, ne ricanait plus bêtement aux blagues puériles des autres Serpentards. En réalité, elle était devenue aussi sombre que Draco, un véritable miroir. Une vraie princesse des Serpents, aussi discrète que dangereuse.
Mais si elle adressait un regard si dur à son ami, c'était parce qu'elle ne lui avait jamais vraiment pardonné de l'avoir séparée de Theodore. Lorsqu'ils s'étaient installés pour leur premier banquet de cinquième année, Theo avait attrapé le poignet de Pansy, la forçant à se tourner vers lui.
- Pansy… et si on arrêtait ce jeu stupide ?
La Serpentard avait haussé un sourcil, sachant très bien que Blaise l'attendait alors que Draco était allé s'assoir, le visage pâle, le regard absent.
- Quel jeu, Nott ?
Le sorcier avait froncé les sourcils.
- Ne m'appelle pas comme ça, pas toi. Tu vaux mieux que ces stupides jeux de pouvoir.
Pansy le savait, il s'inquiétait pour elle. Mais surtout, il se mêlait de choses qui ne le regardait pas. Il ne pouvait pas comprendre, personne ne pouvait comprendre. Elle resterait aux côtés de Draco, quoi qu'il arrive.
- Fallait peut-être venir me chercher avant, non ? répondit-elle, hautaine en se dégageant d'un geste sec. Allez, salut Nott.
Elle était repartie à la suite de Blaise qui l'avait félicitée. Elle l'avait fait taire « ferme-la, Blaise, ça vaut mieux pour toi ».
Un Monde de non-dits, voilà quel était le Monde de Pansy. Deux semaines étaient passées depuis ce jour-là et Theodore et Pansy s'ignoraient royalement.
- Je pars pour ma ronde, répondit Pansy sans prêter attention au sourire amusé de Blaise. Où est Draco ?
Le Serpentard s'étira en gémissant bruyamment.
- Il est déjà sorti.
Pansy hocha la tête et sortit de la salle commune pour partir à la recherche de Draco. L'héritier Malfoy n'allait pas bien. Pas bien du tout. Lui savait à quel point Potter avait raison, Pansy savait qu'il souffrait énormément du retour du Seigneur des Ténèbres. Non, les choses n'étaient pas aussi simples et idylliques qu'ils l'avaient pensé, stupides adolescents qu'ils étaient. Il n'était pas question d'une coupe des Maisons, d'un Match de Quidditch. Il était question de la paix dans le Monde, du Bien et du Mal, de la Lumière et de l'Ombre. Et ils étaient clairement dans le noir le plus total.
Pansy tourna rapidement dans les couloirs et trouva Draco comme elle l'avait trouvé après la dernière tâche du Tournoi des Trois Sorciers, en pleine crise de larmes. Il s'était laissé prendre dans les bras par Pansy, il avait accepté de montrer sa faiblesse. Draco avait niché son visage dans son cou et s'était laissé bercer par la jeune fille, qui comprenait combien elle devait être forte pour eux, pour lui. Mais Draco, cette fois-ci, n'était pas recroquevillé sur le rebord donnant sur la cour intérieure. Il se tenait debout, le regard dans le vide, appuyé contre le rebord, le vent faisant voler ses cheveux. Elle ralentit le pas et s'approcha lentement, puis s'arrêta devant lui.
- Draco.
Il releva ses yeux vers elle. Elle fut frappée par le désespoir teintant ses yeux métalliques.
- C'est fini… C'est trop grand pour nous, Pansy…
Elle posa une main sur la sienne qui serrait la pierre froide.
- On ne peut pas, hoqueta-t-il, ses yeux devenant de plus en plus fou. On ne-
Draco faisait une crise de panique. Pansy prit son visage entre ses mains et scella leurs regards.
- Draco, murmura-t-elle, Draco, tu dois te calmer, tu dois rester digne-
Draco ricana amèrement, le souffle toujours aussi haletant.
- Digne ? Mais digne de quoi, par Merlin, on va tous crever…
Les mains tremblantes, il serra sa taille, le regard fuyant.
- Draco, je suis là, je vais veiller sur toi. Calme-toi, Draco, respire !
Elle le poussa à s'assoir et l'embrassa de ses bras, le collant contre son corps chaud.
- Chut… ça va aller… ça va aller…
Draco inspira profondément le parfum de Pansy. Au bout d'une minute, il la poussa à se redresser et plongea son regard dans le sien.
- Embrasse-moi.
Le visage impassible, elle se rapprocha doucement. Les mains de Draco toujours dans son dos l'attirèrent plus près. Il se redressa, elle se pencha et l'embrassa. Dans un soupir d'aise, le souvenir du bal se rappela à sa mémoire. Draco baissa ses mains et serra sa taille avec force, accentuant leur baiser. Pansy gémit lorsque Draco descendit une de ses mains sous sa jupe. Elle sursauta lorsque Draco les fit transplaner dans leurs toutes nouvelles chambres de préfets. Ils atterrirent sur le lit de Draco. Le Serpentard se mit à genoux et Pansy se plaça à califourchon sur lui. Il défit sa queue de cheval et ses cheveux tombèrent en cascade sur ses épaules, pour caresser le visage de Draco. Il mordit sa lèvre inférieure avec envie et s'attaqua à son chemisier. Pansy frissonna et se recula un instant.
- Draco, murmura-t-elle. Tu es sûr ?
Il sourit en coin.
- Moi oui. Et toi ?
Elle hocha doucement la tête.
- C'est la première fois, tu sais, dit-elle sur le ton de la conversation.
Il frôla son cou de ses lèvres, son souffle chaud la séduit.
- Je vais bien prendre soin de toi...
Elle bascula sur le dos et s'abandonna à son amour d'enfance.
Lorsque Pansy rouvrit les yeux au matin, elle sursauta en réalisant que Draco et elle n'avaient pas rempli leur devoir de préfets. Puis en voyant le dos pâle du Prince des Serpentard à ses côtés, elle se souvint de quelque chose de bien plus important : Draco lui avait fait l'amour. Un sourire furtif passa sur ses lèvres, puis elle se pencha et embrassa la nuque de Draco. Il bougea, gémit dans son sommeil, puis se retourna pour croiser le regard de Pansy. Elle ne souriait pas. Elle attendait qu'il le fasse, comme une autorisation pour exprimer sa joie. Draco sourit et attira Pansy contre lui. Alors elle sourit et embrassa ses joues, son front, son cou, son torse. Draco la serra contre lui dans un profond soupir.
Lorsqu'ils quittèrent les dortoirs, Draco retrouva de sa prestance glaciale et Pansy comprit que malheureusement, le retour de Voldemort ne pouvait pas être effacé par une nuit d'amour – elle préférait l'appeler comme cela dans son esprit, pour elle, rien que pour elle – mais aussi que pour Draco, cette nuit ne signifiait pas grand-chose, pas la même chose. La boucle était bouclée, c'était un accomplissement de leur amour d'enfance pas le commencement d'une histoire adolescente. Pour Draco, cela avait été le moyen d'oublier un moment ses angoisses et Pansy avait promis d'être toujours là pour lui.
Mais malgré le regard froid et fier de Draco, celui glacial de Pansy lorsqu'ils entrèrent dans la Grande Salle, Theo n'était pas dupe. Il se leva lorsqu'il les vit entrer dans la salle et se dirigea droit sur Pansy, ignorant le regard désapprobateur de Draco. Pansy s'arrêta et haussa un sourcil. Theo ne se laissa pas démonter, il attrapa le bras de Pansy et l'écarta de la table de Serpentard.
- Qu'est-ce que tu me veux encore ? s'agaça Pansy en se dégageant.
Elle croisa ses bras et les deux Serpentard se fusillèrent du regard. Theo craqua le premier. Son regard s'adoucit et il soupira.
- Bon Dieu, qu'est-ce que tu as fait, Pansy ?
Pansy renifla, dédaigneuse.
- De quoi tu parles ?
- Tu sais très bien de quoi je parle. Je le lis sur ton visage.
Pansy serra les dents.
- Et qu'est-ce que tu vois ?
Elle voulait savoir. Elle voulait savoir pourquoi il s'accrochait à elle, pourquoi il était si persuadé de la connaître.
- Pourquoi tu t'es donné à lui ? Tu sais très bien que tu ne comptes pas pour lui, et maintenant, tu as tout gâché. Tu es souillée.
Pansy déglutit. Elle était blessée par les mots de Theo. En l'espace de quelques mots, il venait de souiller, lui aussi, le souvenir de sa première fois. Il venait de lui cracher à la figure. Alors elle choisit de détourner sa peine, d'essayer de lui faire autant de mal qu'il lui avait fait. Pansy ne comprenait pas ou refusait de comprendre que Theo ne voulait que son bien et l'éloigner de la toxicité de Draco et Blaise, pire, de la toxicité de leurs familles, avant qu'il ne soit trop tard.
- Qu'est-ce que tu sais de ce que je représente pour Draco, hmm ? Rien du tout.
Ses yeux brillaient de larmes mais un sourire mauvais se dessina sur les lèvres de Pansy et elle se rapprocha pour susurrer à son oreille.
- Tu aurais voulu que ce soit toi, hmm ? Je sais les idées perverses qui te viennent lorsque tu me regardes, je sais que je suis ta faiblesse. Theo.
Elle s'écarta et après un dernier regard moqueur et aguicheur, elle retourna auprès de ses amis, sa queue de cheval fouettant ses épaules.
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Et Pansy resta auprès de ses amis. L'année se passa ainsi, entre angoisse et désir, colère et plaisir. Draco savait que son père préparait quelque chose, ils cherchaient un objet important pour le Seigneur des Ténèbres. Et l'autre idiote d'Ombrage qui s'acharnait à dire que le Seigneur des Ténèbres n'était pas de retour. Le Ministère était vraiment aveugle. Pansy n'aimait pas Dumbledore mais il avait le mérite de dire la vérité. Mais histoire de s'amuser un petit peu, Blaise leur proposa de rejoindre la ligue d'Ombrage, histoire d'emmerder un peu plus les Gryffondor. Pansy leva les yeux au ciel mais Draco accepta. Et il avait sa technique personnelle pour convaincre Pansy.
- Allez, ma belle, ça nous fera du bien…
Il prit son bras et l'attira contre lui, s'appliquant à laisser la main de Pansy à proximité de son entrejambe. La jeune fille, le visage impassible, regarda autour d'eux. Blaise ricana.
- A quoi ça va nous servir, Draco ?
- A savoir ce que Potter sait, lui, répondit Draco.
Pansy déglutit et plissa les yeux. Elle n'aimait vraiment pas lorsqu'il se comportait comme ça. Malgré elle, elle attendait plus de douceur de Draco.
- Ok, lâche-moi, on va faire ça.
Draco sourit en coin, satisfait, et relâcha la sorcière avant de quitter la pièce. Blaise ricana encore. Pansy se tourna vers lui et croisa les bras, nonchalante.
- Qu'est-ce que tu as à rire bêtement ?
- Il te tient plutôt bien Draco, hmm ?
- Je ne vois pas ce que tu veux dire.
Blaise se leva et s'approcha de Pansy. La jeune fille avait appris à ne pas reculer, devant aucun de ses deux amis.
- Oh si, tu vois très bien.
Pansy ne bougeait toujours pas. Blaise jouait avec elle depuis le début de l'année. Il était très tactile, il cherchait ses lèvres, sa taille. Elle le maîtrisait et ce n'était certainement pas là, au milieu de la salle commune qu'il allait tenter quelque chose. Tenter quelque chose… jusqu'où était-il capable d'aller ?
- Pansy, murmura Blaise d'une voix rauque en attirant la sorcière contre lui. Pourquoi je n'aurais pas droit à la même chose que Draco ?
- Tu me prends pour une pute ? cracha la sorcière en serrant ses ongles sur le bras de Blaise.
- Tu es mon amie, répondit Blaise, sincèrement confus. Comment peux-tu imaginer que je penserais cela de toi ?
- Qu'on soit bien clairs, dit-elle en approchant son visage du sien. Je couche avec Draco parce que je le veux bien. La qualité de ton sang ne te donne pas tous les droits. Ne crois pas être privilégié.
Pansy tapota la joue de Blaise et quitta la salle.
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Pansy était très maligne. Elle avait réussi à se rapprocher de Zacharias Smith. Le Poufsouffle n'était pas vraiment du côté du Sauveur, pas vraiment du côté de la ligue d'Ombrage. Elle savait l'utiliser pour avoir des informations. Mais elle ne grappillait que celles que le jeune homme voulait bien lui donner. Il était plus malin que le disait Draco. Plus drôle aussi, gentil, séduisant. Pansy trouvait un certain plaisir à flirter avec lui et un soir le jeune homme lui avait donné rendez-vous dans la volerie. Pansy sourit en découvrant le mot glissé dans son livre de potion et se dirigea vers la volerie. En arrivant, elle entra doucement à l'intérieur, aux aguets.
- Je savais que tu viendrais, souffla une voix derrière elle.
Elle se retourna vivement, attrapa la main de Zacharias et la tordit. Le Poufsouffle grimaça.
- J'avais oublié à qui j'avais affaire, grimaça-t-il.
Elle sourit et le relâcha. Il posa doucement ses mains sur sa taille.
- Je risque un poing si je fais ça ?
Pansy sourit en coin.
- Essaye toujours, on verra…
Il plaqua ses lèvres sur les siennes.
Draco se dirigea droit sur Pansy, installée confortablement dans la salle commune de Serpentard.
- Alors, qu'est-ce que tu as réussi à savoir ?
Pansy haussa les sourcils, pas le moins du monde impressionnée par le ton autoritaire de Draco.
- De quoi tu parles ?
- Millicent m'a dit qu'elle t'a vu revenir dans le château avec Smith. Il t'a dit quoi ?
Pansy grimaça, agacée.
- Elle peut pas se mêler de ses affaires, cette vache. Il ne m'a rien dit, nous nous sommes vus pour le plaisir.
Draco haussa un sourcil.
- Excuse-moi ? La seule raison pour laquelle on accorde de l'importance à ce cafard, c'est qu'il n'a pas d'honneur et qu'il a des informations sur ce que trafique Potter.
Pansy plissa les yeux.
- C'est quoi ton problème, Draco ? Zacharias est un sang pur au même titre que nous.
- Ah, on l'appelle Zacharias maintenant ?
- Je l'appelle Zacharias. T'es jaloux ou quoi ? Grandis un peu, ce n'est pas en continuant ces gueguerres de maison qu'on va sortir victorieux de cette guerre.
Draco s'assit sur l'accoudoir à côté d'elle, la surplombant volontairement.
- Mon père va trouver ce qu'il faut au Seigneur des Ténèbres pour vaincre Harry Potter. De toute façon, ce n'est qu'un adolescent comme nous.
Pansy plongea son regard dans le sien.
- Tu sais très bien que c'est faux. Chacun de nous devra choisir son camp. Notre adolescence est finie depuis bien longtemps.
Draco voulut la retenir lorsqu'elle se leva, mais elle le rejeta.
- Je te serais toujours fidèle, Draco. Pour ce qui est du pouvoir et de l'amitié. L'amour, le pouvoir et le sexe sont trois choses distinctes. Tu te souviens ?
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Pansy n'avait pas eu de nouvelles de Draco depuis que son père s'était fait arrêter et avait été envoyé à Azkaban. Le ciel était plus sombre, ses parents inquiets même s'ils jouaient les fiers. Fiers de quoi ? Ils n'avaient visiblement pas l'intention de se battre aux côtés du Seigneur des Ténèbres mais n'étaient pas non plus décidés à coopérer avec le Ministère de la magie. Est-ce qu'elle retournerait à Poudlard ? Le lieu n'était pas sûr, ne l'avait jamais été.
Elle donna une énième lettre à son hibou à destination du manoir Malfoy. Elle ne savait même pas s'il les recevait. Pansy prit son visage entre ses mains. Elle se faisait tellement de soucis pour lui. Elle maudissait la terre entière pour le malheur de son ami. Blaise lui avait écrit. Ses parents s'étaient ralliés au Seigneur des Ténèbres mais il ne savait pas non plus comment allait Draco. Il avait par contre vu sa folle de tante. Bellatrix s'était vantée de l'honneur que leur faisait le Seigneur des Ténèbres, sans dire de quoi il s'agissait.
- Pansy, descends !
Pansy quitta sa chambre après avoir jeté un regard à son reflet dans le miroir. Ses parents avaient organisé une réception dans leur immense jardin, leur traditionnelle soirée à la fin de l'été. Il y avait moins de sorciers que d'habitude et l'ambiance étaient tendue. Les Elfes de maison avaient dû installer plus de lanternes parce que le ciel était sombre. Mais la chaleur, elle, était pesante. Pourtant, Pansy frissonna lorsqu'elle rejoignit les autres dans le jardin. Elle s'arrêta lorsqu'elle vit Théodore près du buffet. Elle sourit et s'approcha de lui.
- Salut Theodore.
- Bonjour Pansy.
Le garçon était froid. Elle continua de le fixer jusqu'à ce qu'il la regarde et sourit. Il plissa les yeux.
- A quoi tu joues, Pansy ?
- Rien du tout. Je viens sympathiser avec les invités de mes parents, répondit-elle en regardant autour d'eux. Qu'est-ce que vous faites ici ? Ton père était là au moment du retour de tu-sais-qui.
- Justement. Mon père est venu pour essayer de rallier tes parents à sa cause.
- Et toi, t'en penses quoi ?
- J'en penses que suivre quelqu'un qui se déclare tout puissant n'a jamais été mon truc. Encore moins un être sans pitié. Et tu ne devrais pas adhérer non plus.
- Tu t'inquiètes pour moi, Theo ?
- Arrête Pansy.
La jeune sorcière croisa son regard. Il était dur, se tenait à bonne distance de la jeune fille.
- Je ne rentrerais pas dans ton petit jeu.
- Tu penses que je n'ai pas de cœur ?
- Je pense que tu n'as personne d'autre sous la main, que Draco n'est pas là pour te surveiller, alors tu te souviens que j'existe.
- Theo... viens avec moi.
Pansy s'éloigna en adressant des sourires distingués aux invités. Theo la suivit jusque dans la maison. Elle se tourna vers lui une fois dans le hall d'entrée.
- Je suis désolée pour le mal que je t'ai fait.
Theo ne dit rien mais écouta avec attention.
- Mais je ne m'excuserais pas de défendre Draco. Oui, on a été des adolescents stupides, on s'est cru tout puissant parce que notre sang est pur. Mais s'il y a bien une chose que j'ai compris, et ce parce que j'ai vu la détresse de Draco, c'est que notre sang ne nous sauvera pas. Lucius Malfoy a échoué, Draco doit vivre un véritable cauchemar et il ne mérite pas ça. C'est sa famille qui a choisi pour lui, tout comme ton père essaye de rallier ma famille à la cause de Voldemort.
Theo et elle frissonnèrent.
- Et on n'est pas obligé de cautionner ça. Je m'inquiète pour Draco. Et je m'inquiète pour toi.
Theo plongea son regard dans le sien. Une douce musique venait de l'extérieur, la famille Parkinson avait lancé les festivités. Theo tendit sa main.
- Danse avec moi.
Pansy regarda sa main.
- Cela rattrapera la danse que je n'ai pas pu avoir l'année dernière.
Pansy releva les yeux vers lui et prit sa main. Theo l'entraîna à l'extérieur sous les lanternes et s'inclina devant elle comme le voulait la tradition sorcière. La jeune fille s'exécuta elle aussi puis prit sa main. Theo restait très droit, il dansait avec elle, les yeux plongés dans les siens. Pansy regarda brièvement autour d'eux et vit sa mère parler avec le père de Theo. Le jeune sorcier sentit la main de Pansy se crisper. Alors il se rapprocha doucement d'elle et elle posa son menton sur son épaule, expirant profondément.
Pansy referma la porte de sa chambre et se jeta dans les bras de Theodore. Il écarquilla un instant les yeux, surpris, puis très vite il passa ses bras autour de son corps et savoura le baiser qu'ils échangeaient. Pansy les fit basculer sur son lit et s'installa sur Theo tout en descendant les bretelles de sa robe. Le jeune garçon la poussa à ralentir et s'éloigna gentiment.
- Pansy, qu'est-ce que tu fais ?
Pansy descendit sa robe jusqu'à sa taille et le regarda, un sourcil haussé.
- Comment ça qu'est-ce que je fais ? On va coucher ensemble, Theo, t'en as pas envie ?
- Si, commença Theo, hésitant, mais pas comme ça.
Pansy leva les yeux au ciel et l'embrassa à nouveau en se collant à lui.
- Arrête tes conneries…
Theo saisit ses poignets.
- Non, toi arrête, dit-il d'une voix douce mais ferme.
Pansy se releva et se mit à tempêter.
- Par Merlin, pourquoi il faut toujours que tu fasses différemment des autres ? C'est pas croyable, tu-
Theo s'était levé et était venu prendre son visage entre ses mains pour la faire taire.
- Tu ne veux pas te calmer, baisser ta garde deux secondes et accepter un peu de tendresse ?
Pansy fixa ses yeux et pour la première fois depuis des années, elle s'adoucit et une larme roula sur sa joue. Theo la cueillit d'un baiser et lentement il emmena la sorcière jusqu'au lit. Il s'y allongea et tira la main de Pansy pour qu'elle se couche contre lui. Bercée par les caresses de Theo, Pansy s'endormit paisiblement.
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Dans le train qui les menait à Poudlard, Draco avait posé sa tête sur les genoux de Pansy. Elle avait tout simplement repris leur amitié où elle l'avait laissée. Draco n'avait pas parlé de l'été, des lettres envoyées. Il s'était contenté de dire que c'était certainement sa dernière année à Poudlard. Et pour Pansy, cela n'annonçait rien de bon. Les propos de Bellatrix… honoré par le Seigneur des Ténèbres… Cela ne pouvait qu'être un cadeau empoisonné. Lucius était toujours en prison. Et si Draco se voyait forcé d'assumer le rôle de Mangemort à sa place ?
En caressant ses cheveux, elle avait essayé de voir le bras de Draco, mais le jeune homme portait une chemise noire, les boutons des manches bien fermés. Peu importe. Le moment viendrait où Pansy serait nue dans ses bras et alors, il ne pourrait plus avoir de secret pour elle.
Mais quand elle était descendue du train et avait tendu la main pour prendre la sienne, Draco l'avait ignorée. Pire, il l'avait rejetée. Pansy avait croisé le regard de Theo et celui-ci avait secoué la tête. Elle pensait que cela ne pouvait pas être pire ? Elle s'était trompée.
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Draco n'avait cessé de s'éloigne de Pansy au cours de l'année. Finies leurs nuits ensemble, mais surtout, finie leur amitié. Elle en était presque sûre, Draco était devenu un mangemort. Quant à Blaise, il passait son temps à parler du club de Slughorn. Surement pour ne pas parler de la guerre qui menaçait autour d'eux. Pansy avait remarqué aussi que Harry Potter avait changé. Certainement la mort de son parrain y était pour quelque chose. Mais il était plus agressif avec Draco qu'il ne l'avait jamais été. Stupide Gryffondor. Etait-il trop bête pour comprendre qu'aucun d'eux n'était prêt à cette guerre ? Que Draco vivait lui aussi une forme de deuil ?
- Tu ne peux rien pour lui.
- Je dois faire quelque chose, Theo ! s'exclama Pansy en continuant à faire les cent pas dans le couloir où ils s'étaient retrouvés. Draco s'éloigne de tout et de tout le monde, il se laisse mourir…
- Il est trop impliqué. Ecoute, Pansy, le Seigneur des ténèbres s'est installé chez les Malfoy et Draco s'est vu confier une mission, c'est tout ce que j'ai pu savoir de mon père. Si tu t'approches de trop près, toi aussi tu seras blessée.
- Alors on attend que ça explose ? claqua Pansy en se tournant vers son ami. Ecoute Theo, tout comme toi tu as choisi de ne pas suivre ton père et je ne comprends toujours pas comment c'est possible, Draco lui n'a pas eu le choix ! Il doit y avoir un moyen, peut-être que Rogue-
- On n'a aucune preuve que Rogue n'est pas un mangemort. Et s'il l'est, soit il aidera Draco dans sa… mission, quoi que ce soit, soit il rapportera au Seigneur des Ténèbres que Draco est trop faible pour l'assumer. Et s'il n'est pas un mangemort… qui te dit qu'il voudra l'aider ?
Pansy renifla et adressa un regard confus à Theo.
- Mais… parce que c'est ce qu'il faut faire…
- Cette foutue école a déjà décidé pour nous, Pansy. T'es un serpentard ? Alors tu es forcément du côté du mal. Tu es gryffondor ? Alors c'est que tu te bats pour la lumière. Regarde comment a viré Potter, tu crois vraiment qu'il aiderait Malfoy si-
- Je me contrefous de Potter, le coupa Pansy. Je le laisserais pas toucher à un cheveu de Draco, il est bien trop con pour voir au-delà de ses petites rancœurs personnelles.
Theo, assis sur un mur de pierre, tendit la main pour attirer Pansy contre lui.
- On est bien d'accord. Ecoute… je suis là, je vais essayer d'en savoir autant que je peux, mais… Pansy, s'il te plaît, fais attention à toi. On est loin d'une gueguerre de maisons.
Pansy hocha la tête et colla son front contre le sien.
- Promis.
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Mais la promesse de Pansy était sans compter sur le sort sorti tout droit des enfers que Harry avait jeté à Draco. Le jeune Malfoy s'était retrouvé à l'infirmerie, emmené par Severus qui avait refusé d'expliquer ce qui s'était passé. Pansy savait qui en était responsable. Harry Potter.
- Dis-moi ce que je dois faire.
Pansy était assise auprès de Draco, à l'infirmerie, et serrait sa main en pleurant.
- Tu ne vas… rien faire, Pansy.
- C'est Potter, je sais que c'est lui. Et Rogue le protège.
- Non… Rogue m'a sauvé la vie.
Pansy tapa du pied et serra plus fort la main de Draco.
- Ce n'est pas juste. Ce n'est pas juste !
- Pansy, je ne veux pas qu'il t'arrive du mal. S'il te plaît, écoute-moi… reste en dehors de tout ça… Tu as la chance de ne pas être impliquée, alors… obéis… moi…
Pansy ricana, amère.
- T'as pas compris ? Je suis impliquée depuis le jour où je me suis assise à tes côtés, quand on avait 11 ans.
Elle lâcha brusquement la main de Draco et sortit de l'infirmerie. Pansy se servit de ses contacts et de ses pensées les plus sombres pour répandre des horreurs sur Harry. Elle faisait tout pour le déstabiliser et le discréditer, comme lorsqu'ils n'étaient que des enfants, mais en bien plus sournois. Elle se servait des enfants des Mangemorts, mais aussi des victimes des actes de Voldemort pour mettre une pression au soi-disant héros. Quel genre de héros s'en prenait aussi violemment à un autre sorcier pour des querelles puériles d'adolescents ? Quel genre de héros s'en prenait à son égal en répressions à une vieille folle sortie de prison ?
Si c'était ça qu'il fallait suivre pour être du côté de la lumière, non merci. Pansy suivrait un autre chemin. La Loyauté envers son meilleur ami. Finalement, Harry et elle n'étaient pas si différents.
