C'était parti pour être un OS et mais ces deux-là n'étaient pas d'accord...

Disclaimer : Attention, scoop : je ne suis pas J. K. Rowling et la saga Harry Potter ne m'appartient pas. Je ne gagnerai pas un sous avec l'ovni que vous allez (peut-être) lire, et tant mieux, parce que quelque chose me dit que les personnages originaux m'étriperaient s'ils pouvaient seulement imaginer se retrouver dans la position où je vais les placer …

Warning : ce texte est classé M et les personnages prennent touuuuuuuuuut leur temps. Si vous êtes trop jeune, gêné ou opposé à l'idée de deux mecs au lit qui choisissent librement de pimenter leurs ébats avec quelques accessoires et dont l'un accepte -demande- à être dominé par l'autre de (presque) toutes les manières possibles, c'est le moment d'aller lire autre chose. Si rien de tout cela ne vous dérange… Foncez !

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La chambre se trouvait au dernier étage de la tour, une des parties les plus récentes du château, reconstruite juste avant la rentrée de septembre. Le couloir était encore dépourvu de tableau ou de tapisserie -ce qui le rendait excessivement désert et silencieux. Cependant, un sort de détection basique lui apprit que quelqu'un l'attendait dans le salon et Ron sentit ses épaules se relâcher tandis qu'il poussait un profond soupir de soulagement.

Si quelqu'un lui avait dit, à l'époque où il chassait les Horcruxes avec Harry et Hermione, qu'une huitième année à Poudlard serait plus difficile que de courir la campagne anglaise avec les Mangemorts lancés à ses trousses, il ne l'aurait pas cru. Et pourtant… Pourtant, c'était le cas, songea-t-il avec amertume en poussant le battant et en considérant la silhouette tendue qui lui faisait dos, debout au centre de la pièce.

Même s'il devait sans doute considérer le fait que Drago l'ait attendu chez lui comme un bon signe. Lorsqu'ils avaient commencé à se… Rencontrer, au début de l'année, ils se voyaient dans la Salle sur Demande, et seulement si c'était prévu à l'avance. Il avait fallu des mois pour que le Serpentard accepte de déroger à cette règle et encore… Comme lui, Malefoy disposait de ses appartements personnels, mais Ron n'y avait jamais mis les pieds. Dans un monde parfait, ç'aurait été différent, mais Ron avait vite compris que le monde d'après-guerre ne serait pas un monde parfait. Encore moins entre eux.

Il referma doucement le battant derrière lui et fit quelques pas à l'intérieur après avoir lancé un sort de verrouillage. L'autre l'avait entendu arriver, évidement. Le Gryffondor ne se souciait pas d'être particulièrement silencieux et même si cela avait été le cas, Malefoy aurait de toute façon perçu sa magie. Pourtant, il ne se retourna pas.

Rien d'étonnant à cela, décida Ron en se remémorant ce que Mac Gonagal lui avait confié des événements de la journée.

Pas qu'il soit décidé à le tolérer, cependant.

-Cinq, énonça-t-il d'une voix calme.

Un frisson secoua brutalement les épaules abattues et son interlocuteur releva la tête si brutalement que Ron fut certain d'avoir entendu craquer la nuque mince. Dans le mouvement, les cheveux blonds, qu'il portait très courts depuis la fin de la guerre, accrochèrent la lumière qui se déversait par la haute fenêtre, et lorsqu'il fit volte-face dans sa direction, Ron constata que la lumière dorée de cette fin d'après-midi était la seule chose qui adoucissait le visage tourné vers lui. Tout, depuis le regard orageux jusqu'au lèvres serrées en une mince ligne rageuse indiquait que le jeune Malefoy débordait d'une colère meurtrière. Ron en fut soulagé. Ce qu'il s'apprêtait à faire n'avait rien de facile et il était rassurant de savoir que le sale caractère de Drago recelait encore des ressources sur lesquelles il pourrait compter.

Pour l'heure, le jeune Sang-Pur le regardait comme s'il allait lui sauter à la gorge. Ron, lui, se contenta de croiser les bras sur sa poitrine, l'affrontant tranquillement.

-Dix.

-Mais qu'est-ce que… s'insurgea Drago.

La main levée de Ron l'immobilisa plus efficacement qu'un ordre ne l'aurait fait tandis qu'il s'avançait d'un pas vers le Serpentard.

-Dix. Pour ton impolitesse. Qu'est-ce que c'est que ça ?

Enveloppant de sa paume le menton pâle, il inclina le visage de l'autre homme vers la fenêtre, exposant à la lumière la méchante coupure qui barrait son menton et sa lèvre inférieure. La profondeur de la plaie, encore gonflée et à vif malgré le sort de soin dont elle avait bénéficié, lui arracha une grimace et lorsque les prunelles bleues se relevèrent vers les grises, elles brillaient d'une lueur meurtrière.

-Qui ? questionna– t-il d'un ton bref.

Drago détourna les yeux.

-Personne. C'est un accident.

Sa moue dédaigneuse se mua aussitôt en un rictus de douleur. Ron ne l'avait pas lâché et sa prise venait de se refermer autour de la mâchoire du blond avec la dureté de l'acier. Drago feula, se débattant comme un chat en colère. Ron, lui, se contentait d'attendre, observant sans ciller la défense furieuse du Serpentard. Au corps à corps avec lui, Drago n'avait aucune chance, à moins d'avoir recours à la magie. Mais au premier sort lancé, leur accord deviendrait caduc, et Ron était au moins sûr d'une chose : quel que soit son état, le Serpentard n'était pas près à prendre le risque de voir leurs rencontres s'interrompre.

-Vingt.

Aussitôt, Drago s'immobilisa. Le souffle court, les cheveux en bataille, il fusilla son adversaire du regard. Ron étira un sourire froid.

-Dix pour ton insolence… Et dix pour m'avoir insulté.

Les yeux gris s'agrandirent sous le coup de la surprise.

-Je n'ai pas…

Le sourire de Ron suffit à l'interrompre, teinté d'une pointe de dérision tandis que le roux se rapprochait encore, ses doigts parcourant la mâchoire aiguë sans relâcher son étreinte. A un souffle de l'autre, il vit les prunelles grises s'écarquiller encore, la pupille sombre dévorant l'iris plus clair, et savoura pleinement le long frisson qui parcourut la nuque pâle quand son pouce redessina la lèvre tuméfiée, appuyant lentement, délibérément, sur la partie la plus sensible.

-Ah oui ? Pourtant, tu me prends pour un con si tu t'imagines que je vais confondre une cicatrice laissée par un sort de découpe avec un simple accident. Alors je te repose la question et si tu as la moindre idée de ce qui est bon pour toi, tu vas m'éviter d'avoir à me répéter : qui t'a fait ça, Drago ?

Le blond le fixa sans rien dire et Ron lui rendit son regard, attendant patiemment. Drago n'avait pas esquissé le moindre geste de recul. Ses lèvres étaient légèrement entre-ouvertes, maintenant. Le Gryffondor pouvait sentir la respiration de l'autre garçon contre sa peau, le souffle heurté, un peu humide, et combattit durement le désir de laisser son doigt glisser dans la cavité soyeuse et chaude. Drago l'aurait laissé faire, il le savait. Dès leurs premières rencontres, alors qu'il rechignait à évoquer ses envies et que Ron devait le pousser à la confidence -ce qu'il n'hésitait jamais à faire, quitte à user de manœuvres dignes d'un Serpentard-, Drago avait admis être accro à ça : au goût de sa peau et à cette forme de possession primaire qu'il ressentait quand il le prenait dans sa bouche. Et bon sang, rien que cette idée rendait Ron à moitié dur.

Mais c'était beaucoup trop tôt, nota le roux avec un rude pincement de regret. L'heure des louanges et des récompenses était encore loin.

Alors il se contenta de fixer calmement le Serpentard, et finalement, ce qu'il attendait se produisit : les paupières pâles battirent une fois, puis deux et Ron sentit la mâchoire crispée s'assouplir au creux de sa paume. En fait, tout le corps tendu se relâcha et le Gryffondor dut l'attraper par les hanches pour le stabiliser. Il le tint en silence, certain désormais que ce n'était qu'une question de seconde et la suite lui prouva qu'il avait raison.

-C'est Hannah.

La voix de Drago était rauque et étouffée, suintante de rancœur hargneuse, et Ron fronça les sourcils, le mouvement doux de ses doigts contre la mâchoire qu'il tenait s'interrompant sans qu'il y songe.

- Hannah Abbott ?

-Oui. La Pouffsouffle.

Le Gryffondor ne releva pas le mépris évident qui saturait la voix du Serpentard. Ce n'était qu'un masque de plus, au même titre que l'insolence, la colère, les vêtements que Draco s'obstinait à garder... Il appartenait à Ron de les lui arracher, pièce par pièce, et il comptait bien le faire. Mais pour l'instant, il avait plus urgent à régler.

-Je parlerai à Neville.

Comme il s'y attendait, Drago haussa furieusement les épaules.

-Va te faire foutre, Weasley, je ne t'ai rien demandé ! Et surtout pas de venir me sauver de cette pathétique grognasse ! Je peux me défendre tout seul !

Ron le toisa d'un air glacial.

-Ah oui ?

-Oui !

-Tu as parfaitement raison.

Cela, au moins, eut le mérite de laisser Drago bouche-bée et Ron étira un sourire carnassier.

Il est grand temps de passer à la vitesse supérieure…

- Ce sort t'a atteint en plein visage, Drago. Et encore, tu as eu de la chance. Si Zabini ne s'était pas jeté sur toi pour te plaquer contre un pilier, il t'aurait tué.

Drago ne réagit pas… Du moins, pas autrement que par un grognement étouffé quand Ron le ramena contre lui. Dans cette position, ils étaient vraiment très proches -si proches que ce fut un jeu d'enfant pour Ron de d'attirer à lui le visage du Serpentard lorsque ce dernier tenta de détourner le regard. Ses yeux plongés dans les prunelles grises, le jeune Weasley continua impitoyablement :

-Depuis quand maîtrises-tu le sort du bouclier, Drago ?

Il vit distinctement l'autre garçon pâlir.

-Ce n'est pas…

-Depuis quand ?

Drago pinça les lèvres, mais il était à bout. Il suffit d'un geste -le poids tiède de la paume qui s'appesantit sur la nuque mince- pour dénouer enfin la bouche réticente.

-Depuis que j'ai l'âge de cinq ans. Mais…

Le regard de Ron suffit à lui imposer le silence le roux le vit baisser les yeux et il se retint de justesse de le serrer dans ses bras tant le visage du jeune Sang-Pur affichait de vulnérabilité. Sa gorge était si étroitement nouée que poursuivre lui fit physiquement mal. Mais il n'avait pas le choix. Pas s'il voulait éviter que ce genre de chose se reproduise.

Pas s'il voulait que Drago survive jusqu' à la fin de l'année.

-Donc tu as laissé une Pouffsouffle t'envoyer un sort qui aurait pu te tuer, et tu n'as même pas songé à te défendre en utilisant un sortilège que tu maîtrises depuis l'enfance ?

Il n'y avait plus la moindre trace de dédain sur le visage blême du Serpentard. Ses traits étaient défaits et dans le regard hanté, presque délavé qu'il releva vers lui, Ron, le cœur serré, put lire une détresse absolue.

-On était en botanique… J'avais retroussé mes manches pour repiquer de la mandragore. Elle a vu ma marque et elle… Je crois qu'elle a pété un câble.

Ron secoua la tête avec tristesse.

-Ça ne justifie rien, Drago.

Le visage du Serpentard était un mélange confus d'incrédulité, de colère et de désarroi.

-Ça ne justifie rien ? siffla-t-il. Mais dans quelle dimension vis-tu, Weasley ? Sa mère a été massacrée par des Mangemorts, bien sûr que sa réaction est justifiée ! Et même si elle ne l'était pas… Je suis du côté des vaincus. Dans ce monde -celui que tu as contribué à bâtir avec ton pote Potter -, je ne vaux plus rien ! Pourquoi devrais-je survivre ?

Les prunelles bleues s'étrécirent, froides comme une lame.

-Tu te fous de moi ?

Drago recula aussi vivement que s'il l'avait giflé, mais Ron le ramena contre lui sans s'en soucier, laissant ses doigts creuser presque douloureusement l'épaule du Serpentard.

Bordel, ça a assez duré. Cette fois, on va affronter le problème en face.

-Tu crois que je me suis battu pour ça, Drago ? siffla-t-il âprement. Pour que tu survives ? C'est vraiment ça que tu veux ? Un monde où tu devras sans cesse expier, t'excuser ? On t'a innocenté, par Merlin !

Malefoy eut un rire désabusé.

-Et tu crois que ça suffit ? Bon sang, Weasley, même toi, tu ne peux pas être aussi naïf ! Pour la plupart des gens, ce putain de jugement n'est qu'un simulacre ! On m'a déclaré innocent mais je croyais en ces conneries ! La brigade inquisitoriale, la mort de Dumbledore, et toute cette merde avec l'armoire à disparaître … Je voulais que les Mangemorts entrent dans Poudlard et les gens le savent bien ! Quoi qu'ait pu raconter Saint-Potter à la barre, rien ne pourra jamais effacer ça !

Ron hocha la tête.

-Oui, tu as raison.

L'autre ouvrit de grands yeux, mais quand il comprit, c'était trop tard : agrippée par la poigne solide du Gryffondor, sa manche gauche venait de céder avec un craquement sec. La marque des Ténèbres, un peu pâlie mais toujours bien visible, leur sauta littéralement au visage et Drago poussa un gémissement dévasté … qui s'étrangla dans sa gorge quand Ron posa ses doigts sur sa peau, retraçant les contours du tatouage infamant. Le toucher était franc et ouvert, d'une lenteur délibérée sur la peau fine de son bras et Drago sentit un long frisson le secouer. Il releva un regard choqué vers son vis-à-vis, mais dans les prunelles claires fixées sur lui, il ne lut aucun dégoût, aucune colère -seulement cette volonté inflexible et calme qu'il avait appris à connaître depuis qu'ils s'étaient retrouvés et qui, à chacune de leur rencontre, s'interposait entre lui et les idées noires qui ne cessaient de le ronger depuis la fin de la guerre.

Voyant qu'il le regardait, Ron étira un demi sourire. Ses yeux étaient graves, cependant et le cœur de Drago manqua un battement.

-Cette marque sera toujours là, Drago… Comme tout ce que tu as fait. Mais si on tolère ça… Ce monde où les vainqueurs font payer leur défaite aux vaincus, encore et encore … Alors nous ne valons pas mieux que Voldemort. Je veux plus que ça. Mais je ne peux rien faire seul. Je ne peux rien faire si toi, tu acceptes ça.

Drago serra les dents de toutes ses forces. Il aurait voulu hurler sur Weasley, lui dire de se taire. Lui dire qu'il n'avait pas le droit de lui faire ça… De réveiller ça. Cette chose étrangère, terrifiante, qui soudain, s'étirait en lui comme un fauve, remplissant le vide glacé qui l'occupait depuis son procès.

-Hey… Regarde-moi.

Le regard de Weasley, ce putain de regard bleu, ne contenait aucune pitié, aucune compassion et bon sang, le sourire que Drago vit se former sur ses lèvres était juste assez affamé pour lui nouer les tripes.

-Vingt coups, tu te souviens ? Je peux t'aider, Drago. Tu peux traverser ça… C'est toi qui décide.

Drago sursauta, comme électrisé. Est-ce que cet enfoiré savait ce qu'il faisait ?

Mais tandis que son regard éperdu dévisageait le garçon penché vers lui, il sut que oui.

Il n'était pas question d'oubli ou d'espoir. Encore moins de pardon. Weasley savait que Drago n'en aurait pas voulu, de toute façon.

C'était pire.

Cette simple phrase lui offrait quelque chose de vertigineux, quelque chose qu'il avait perdu depuis si longtemps qu'il l'avait presque oublié : la dignité. Le droit de faire un choix. Et Drago lut dans ses yeux que, quel que soit ce choix, Ron le respecterait.

Peu importait le Lord Noir, les regards haineux ou même la marque qui flétrissait son bras : dans ce regard bleu, il était libre.

Alors, il hocha la tête, juste comme ça, et le sourire qui lui faisait face s'élargit, teinté d'une avidité animale.

-J'ai besoin de tes mots, Drago.

-Oui. Je suis d'accord.

Curieusement, cette phrase l'aida à franchir un palier de plus. Comme si formuler son acceptation à voix haute avait neutralisé une partie de la tension douloureuse qui raidissait ses muscles, le livrant ouvertement aux sensations qui ne demandaient qu'à s'abattre sur lui. Ron sentit la nuque tiède s'arquer contre sa paume, avide de contact. Conscient que le désir, sur son visage, se nuançait dangereusement de tendresse, il s'écarta après une dernière caresse sur la peau douce.

-C'est bien. C'est très bien. Déshabille-toi, alors.

Voilà pour le premier chapitre ! Merci de m'avoir lue jusque là. N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé et si vous voulez la suite ! Si c'est le cas, je peux m'arranger pour poster dans quelques jours.