J'ai eu l'idée de cette histoire en écoutant et réécoutant la chanson « like my father » de Jax. Je vous conseille de la mettre en fond sonore en lisant. J'espère que cela vous plaira ! Bonne lecture !

I wanna come home to roses
And dirty little notes on Post-its
And when my hair starts turning gray
He'll say I'm like a fine wine, better with age

La dernière heure de français est, pour Marinette, un véritable calvaire. Elle regarde sa montre si souvent que madame Bustier a été obligé de la rappeler à l'ordre plusieurs fois. Elle est partagée entre l'envie de voir le cours se terminer au plus vite et la crainte, au contraire, de terminer la journée. Parce que ce soir, Adrien doit venir chez elle pour travailler une dissertation de sciences, qu'ils ont en commun. C'est la première fois qu'il va voir sa maison, sa chambre, son intimité. La vieille, elle a passé deux heures à tout ranger, tout nettoyer mais surtout, tout cacher. Hors de question qu'il tombe sur des dizaines et des dizaines de photos de lui dans la chambre de la jeune fille. Il doit déjà penser qu'elle est un peu bizarre, à bégayer et rougir à chaque fois qu'il lui sourit, mais si en plus, il apprend qu'elle est obsédée par lui, il refusera de lui parler, elle en est certaine.

« Marinette ? »

Perdue dans ses pensées, elle n'a pas entendu la sonnerie marquant la fin de la journée ni les chaises grincer sur le sol alors que ses camarades quittent un à un la salle. Adrien s'est retourné pour l'observer. Son visage n'est qu'à quelques centimètres de celui de la jeune adolescente, qui avait posé sa tête sur le bureau. En croisant les yeux verts du garçon, un sursaut lui fait perdre l'équilibre et elle manque de tomber à la renverse.

« A-adrien ! » répond-elle avec maladresse, ce qui fait rire le garçon.

« Mon père m'a dit que je pouvais aller directement chez toi. Il enverra une voiture me chercher dans deux heures, si cela te va ? »

« Oui, t'es super, enfin, je veux dire, c'est super. » le rouge lui monte aux joues alors qu'elle se met à ranger ses affaires avec mécanisme.

Ils quittent ensemble le collège et Marinette peut sentir, dans son dos, le regard de ses amies, et elle est certaine qu'elles sont entrain de sourire.

Marinette habite juste en face du collège et, en moins de cinq minutes, ils pénètrent dans la boulangerie.

« Ma chouquette ! » s'exclame Tom Dupain, les mains dans la pate et le regard brillant. Marinette rougit, gênée par ce surnom, mais Adrien sourit. Le regard que Tom lance à sa fille et la tendresse de sa voix témoigne de son amour. Il ne connait pas ça, lui. son père s'est toujours montré froid, envers lui.

« Bonjour Mr Dupain. » dit-il poliment alors que Marinette s'empresse d'avancer vers l'arrière de la boutique, pour rejoindre les escaliers menant à leur appartement.

« Maman n'est pas là ? » la jeune asiatique demande en passant devant son père.

« Elle a rendez-vous avec Mr Bourgeois, à propos de la soirée d'anniversaire de Chloé et du buffet. Elle ne devrait pas rentrer trop tard, mais sois gentille avec ta mère, elle est fatiguée, en ce moment. »

Marinette hoche la tête en faisant signe à Adrien de la suivre. Elle manque, par deux fois, de tomber dans les escaliers mais finit par atteindre la porte d'entrée de son appartement. C'est ouvert et elle laisse Adrien entrer.

« Tu es chaud…Je veux dire il fait chaud ! Il faut chaud, tu veux boire quelque chose ? » elle se met à rire nerveusement en se giflant mentalement.

« Merci Marinette. » dit Adrien, les joues empourprées. Il s'approche de la cuisine, en suivant son amie. Sur le comptoir, légèrement en hauteur, se trouve un bouquet de roses rouges, qui semblent fraiches. Il ne veut pas se montrer impoli mais ne peut s'empêcher de lire le post-it qui est posé près du vase « des fleurs pour ma petite rose. J'espère que ta journée s'est bien passée, je vais avancer le travail de demain, je serais au labo jusqu'à vingt-deux heures. Je t'aime. »

Adrien se souvient qu'à une époque, son père aussi, offrait des fleurs à sa mère ou lui chuchoter des mots doux à l'oreille. Cette époque lui manque, terriblement. Marinette l'interpelle, une bouteille dans une main et deux verres dans l'autre. Elle lui indique de la suivre et il s'approche d'elle pour attraper les verres. Maladroite comme elle est, elle pourrait les faire tomber. Ils montent ensemble dans la chambre de la jeune femme.

I guess I learned it from my parents
That true love starts with friendship

A kiss on the forehead, a date night
Fake an apology after a fight

Un peu moins de deux heures après, ils ont bien avancé. Le gorille ne va pas tarder à venir chercher Adrien et ils redescendent donc dans le salon. Sabine est arrivée et assise dans le salon, elle se redresse en voyant sa fille et son camarade de classe.

« Tu dois être Adrien ? J'espère que ma fille t'a bien reçu. Tu lui as proposé quelque chose à manger, Marinette ? »

Sabine est toujours prévoyante et généreuse. Marinette tient d'elle, assurément. Adrien la remercie en lui disant que tout va bien, et la mère de famille lui propose d'attendre l'arrivée de son chauffeur dans le salon.

Les yeux d'Adrien se perdent dans la pièce. Il y a des photos, partout. Principalement de Marinette, aujourd'hui ou lorsqu'elle était jeune. Un sourire se dessine lorsqu'il l'aperçoit avec deux couettes, sur le haut de son crâne, et deux dents en moins. C'est cependant une autre photo, qui retient son attention. Un homme, très grand et à la carrure impressionnante pose près d'une jeune asiatique au sourire franc. Les deux ne semblent pas beaucoup plus âgé que lui mais il sait d'emblée de qui il s'agit. Les parents de Marinette.

« C'est la première photo que nous avons prise, avec Tom. » Sabine se trouve derrière lui et elle semble avoir deviner le fond de ses pensées.

« On avait l'âge de Marinette. Je venais d'arriver en France et c'était mon premier ami. La photo a été prise juste avant notre premier rendez-vous, on était allés voir Jumanji au cinéma et en rentrant, on s'était disputé parce qu'on était pas d'accord, sur le film. » La mère de Marinette se mit à rire.

« Je suis presque sûre qu'il a fait semblant de s'excuser, le lendemain, pour qu'on continue de se voir… » la matriarche est songeuse. Elle repense à cette époque où tout était plus simple. Si on lui avait dit que 25 ans plus tard, elle serait toujours aussi amoureuse de ce bourru au grand cœur, elle ne l'aurait pas cru.

« Vous ressemblez tellement à Marinette, sur cette photo. » répond Adrien avant que son téléphone ne sonne. Le Gorille est garé dans une rue parallèle et après avoir dit au revoir à Sabine et Marinette, il sort de l'immeuble pour le rejoindre, en se demandant si dans vingt-cinq ans, il sera toujours ami avec Marinette.

Lorsque Tom remonte, ce soir-là, Marinette et sa mère ont déjà mangé. L'adolescente est dans sa chambre, où du moins, il le suppose et sa femme est confortablement installée devant la télévision. Il s'approche d'elle et vient embrasser son front avec tendresse, sa moustache chatouillant la peau tendre de la femme.

« Merci pour les fleurs, mon amour. » dit-elle en lui souriant.

I need a man who's patient and kind
Gets out of the car and holds the door

Le samedi suivant, Tom a invité Marinette et Sabine au restaurant, pour fêter les résultats, très encourageants, de sa fille. Ils ont pris la voiture car le restaurant réservé par le père de famille se trouvait plutôt loin de la boulangerie. Marinette a toujours trouvé ses parents hilarants, en voiture. Son père, pour commencer, est beaucoup trop grand pour leur petite citadine et ils semblent toujours à moitié coincé contre la carrosserie. Sa mère, quant à elle, est d'un naturel plutôt calme. Elle se transforme pourtant en véritable démon lorsqu'elle se trouve dans une voiture. Elle râle, grogne et injure tout le monde. Elle ne la jamais entendu juré autrement qu'en voiture, d'ailleurs.

Tom se gare sur une place juste devant le restaurant et éteint le moteur. Il se presse alors pour sortir de la voiture, cette dernière grinçant et se tordant sous son poids. Une fois sorti, il fait le tour de la voiture avec rapidité pour venir ouvrir la porte côté passager. Sabine n'a même pas essayé de l'ouvrir seule. Cela fait vingt ans, après tout, qu'il lui ouvre la portière, systématiquement et Marinette trouve cela terriblement romantique. Son père est toujours plein de petite attention pour sa mère.

I wanna slow dance in the living room like
We're eighteen at senior prom and grow
Old with someone who makes me feel young

En rentrant du restaurant, Marinette s'est enfermée dans sa chambre pour faire ses devoirs. Sa télévision, en fond sonore, lui annonce une nouvelle akumatisation et elle s'empresse de quitter sa chambre pour aller, comme tous les soirs, sauver la ville en compagne de son acolyte. Lorsqu'elle retourne dans sa chambre après s'est détransformer, une mélodie lui parvient du salon. Lorsqu'elle ouvre la trappe permettant d'accéder à sa chambre, elle peut l'entendre plus distinctement. Les notes de piano sont douces et Marinette entend également le rire de sa mère, ce qui dessine immédiatement un sourire sur ses lèvres.

Elle ne peut s'empêcher de descendre et dans le salon, elle retrouve ses parents, l'un contre l'autre, entrain de danser comme si rien au monde n'existait. Les bras de Tom encercle le corps frêle de sa femme qui a reposé sa tête contre son torse. Marinette peut reconnaître Angel, de robbie Williams. C'est la chanson qui est passée au mariage de ses parents, pour l'ouverture de bal. Ils lui ont montré la vidéo, il y a quelques années. Ils ne la remarquent pas immédiatement, perdus dans la contemplation de l'autre et finalement, les yeux de Tom croisent ceux de Marinette qui se sent soudainement comme une étrangère à cette scène. Son père, pourtant, tend un bras vers elle et l'incite à les rejoindre. Elle hésite un instant avant de s'approcher, timidement. Tom vient la serrer dans ses bras et la main de Sabine caresse la joue de sa fille. Ils restent ainsi un long moment après la fin de la chanson.

« Un jour, Mari, tu verras, tu tomberas amoureuse d'un garçon qui te fera te sentir jeune, même après vingt-ans. » lui chuchote sa main en embrassant sa tempe.

I need a man who loves me like
My father loves my mom

Elle voudrait leur offrir un photo montage de leurs plus belles photos, pour leur anniversaire de mariage, alors Marinette se plonge, avec l'aide d'Alya, dans les photos souvenirs de ses parents. Il y a en a des dizaines et des dizaines, qui retracent toutes leurs années ensembles. Parfois, ils sont seuls sur les photos et rien n'existe, autour d'eux. Parfois, ils sont entourés de leurs amis mais ils sont malgré tout attirés l'un vers l'autre. Et puis il y a les photos où il y a Marinette. A toutes âges. Marinette qui fait ses premiers pas. Marinette sur le pot, Marinette qui fête ses dix ans. Et à chaque fois, à chaque fois ils n'ont d'yeux que pour elle, pour cette petite fille si parfaite qui est le meilleur d'eux. Qui a les yeux de sa mère et le sourire de son père. Qui grandit de jour en jour mais qui reste honnête et sensible.

« Ils étaient beaux, tes parents, quand ils étaient jeunes. » Alya commente en regardant une photo. Marinette ne peut qu'acquiescer.

« J'espère qu'un jour, quelqu'un me regarder comme ton père regarde ta mère sur cette photo. » ajoute la métisse et Marinette ne peut qu'être d'accord. Un jour, elle l'espère, quelqu'un l'aimera comme son père aime sa mère.

I want a road trip in the summers
I wanna make fun of each other
I wanna rock out to Billy Joel
And flip our kids off when they call us old

Il lui a fallu de longues semaines, mais finalement, Marinette a réussi à convaincre son père de prendre une semaine de vacances, cet été et donc de fermer la boulangerie. C'est ainsi que sa mère, son père et elle sont près à partir, un vendredi, pour une semaine de road trip en Bretagne. C'est une idée de sa mère, qui n'avait pas envie de quitter le territoire français pour se rendre en chine. Tom ayant des origines bretonnes, ils leur semblaient approprié de partir à la découverte de ces dernières.

Marinette ne pensait pas autant s'amuser, en voyage avec ses parents. Les longues heures en voiture sont passées en un éclair. Il fait beau, mais pas trop chaud, comme à Paris, et voir son père en short est un vrai délice. A une station-service munie d'une boulangerie, il a décidé de tout tester, histoire de voir. En le voyant revenir les bras pleins de pâtisserie, Sabine a levé les yeux au ciel en se moquant gentiment de lui.

« Tu ne penses pas que tu manges assez comme ça ? »

« Mais Sabine, bibiche, c'est pour la science. Il faut que je vois ce qu'ils font, par ici ! »

En retournant dans la voiture, Tom sort de sa poche une petite clef USB et Marinette lève un sourcil circonspect.

« ça fait six heures qu'on écoute ta musique d'excitée, maintenant, c'est à mon tour de choisir. » dit-il en branchant fièrement sa vieille clé USB. Marinette se sent vaguement offensé mais elle est bien trop amusée par son père pour dire quoi que ce soit. Son sourire vire très vite lorsqu'elle entend la musique qu'il a choisi, en très mauvaise qualité.

« C'est quoi, ça ? » qu'elle demande sans diplomatie.

« Billy Joel ! Les jeunes, de nos jours, ils n'y connaissent rien… »

Marinette lève les yeux au ciel.

« C'est surtout que plus personne n'écoute ça depuis deux siècles, papa. »

« Mais qu'est-ce que tu racontes, Mari. Moi, j'aime bien. » Sabine vient en aide à son mari et leur fille secoue la tête.

« Vous êtes trop vieux… » qu'elle bougonne en croisant les bras.

He'll accidentally burn our dinner
And let me be the scrabble winner

Assise à la table de la cuisine, Marinette fait ses devoirs en regardant parfois ses parents jouer aux jeux vidéos. Tom voulait absolument qu'elle participe, mais avec le contrôle de la semaine suivante, elle ne peut pas se laisser distraire. C'est donc en Sabine qu'il a trouvé un nouvel adversaire. Et il a bien du courage. Parce que si sa mère a de nombreuses qualités, utiliser une manette de PS4 n'en fait pas parti. Elle essaie, pourtant, elle essaie vraiment. Et c'est sans doute ça, le pire.

Penchée sur ses formules de chimie, Marinette sursaute quand elle entend un cri de victoire emplir le salon. Sa mère est à présent debout -mais elle reste plus petite que Tom, qui lui est assis- et elle danse en exultant de joie.

« Mari, ma chérie, j'ai battu ton père, tu te rends compte ! »

Elle a dû mal à le croire, et lorsque Marinette croise le regard mutin de son père, elle comprend. Il la laissé gagner.

Il ne la jamais laissé gagner, pourtant, et n'hésite jamais à l'enfoncer quand il gagne. Pourtant, il sourit en observant sa femme danser devant lui et Marinette finit par sourire, elle aussi. Voir sa mère si heureuse lui réchauffe le cœur.

« Bravo maman. Profite en, ça n'arrivera pas tous les jours. »

« La prochaine fois, c'est toi que je vais battre ! » dit-elle avec certitude et Marinette se met à rire. Son sourire se fiche soudainement et son visage se tord d'une grimace désagréable.

« Vous ne trouvez pas que ça sent bizarre ? » demande-t-elle soudainement à ses parents qui la regardent, interdit, pendant un instant. Le visage de Tom prend alors la forme d'un rond parfait. Ses yeux sont ronds, sa bouche est ronde, et il laisse échapper un cri.

« Les lasagnes ! J'ai oublié les lasagnes ! »

A peine ouvre-t-il la porte du four que la pièce se retrouve enfumée. La situation est grotesque et, parents comme fille, ne peuvent s'empêcher de rire aux éclats, toussant à cause de la fumée, pleurant également.

And when my body changes shapes
He'll say, "Oh my God, you look hot today"

La nouvelle est tombée, d'un coup, et une chose est sûre, Marinette ne s'y attendait pas. Ils étaient entrain de manger de la pizza, commandée en vitesse alors que Tom venait de brûler le diner du soir, quand ses parents se sont regardés avec beaucoup de sérieux.

« On lui dit ? » a demandé Sabine et Tom a opiné d'un air grave.

« Oui, il est temps. »

Et Marinette, Marinette s'inquiète. Elle s'imagine les pires scenarios. Ses parents ne sont jamais aussi sérieux. Est-ce que quelqu'un est malade ? Son oncle Wang, peut-être ? Ou l'un de ses parents ?

« Marinette, ma chérie. Avec ton père, nous devons te parler de quelque chose de très important. »

« Quelqu'un est mort ? Qui va mourir ? On déménage pas, hein ? Parce que j'arrive enfin à parler avec Adrien sans bégayer, et si on déménage, je n'aurais plus d'ami. Et Alya a besoin de moi pour son blogue, et j'ai promis à Juleka de lui prêter des vêtements, pour son book, et puis alix, elle… »

« Respire, ma puce. » la coupe Sabine en riant.

« Personne n'est mort. Au contraire. » enchaine son mari.

« Tu vas être grande sœur. » finit par lui dire sa mère en posant une main sur son ventre.

Et les yeux de Marinette s'ouvrent en grand, tout comme sa bouche. Elle en lâche sa part de pizza et ne sait quoi dire. Pour une surprise, c'est une surprise. Elle ne s'attendait absolument pas à cela. Sa mère est enceinte. Elle va être grande sœur. Elle a toujours voulu avoir une grande fratrie comme Alya et un grand sourire se dessine sur ses lèvres.

« Félicitation Maman ! » Marinette saute au coup de sa main avant d'embrasser sa joue.

En allant à la salle de bain, quelques heures plus tard, Marinette entend, sans le vouloir, l'une des conversations de ses parents.

« On a bien fait de le lui dire. » affirme Sabine. « De toute façon, je ne pouvais plus le cacher, je deviens énorme. »

Et la voix étouffée de son père parvient à Marinette.

« Tu rigoles, bibiche ? tu n'as jamais été aussi belle… »

And if he lives up to my father
Maybe he could teach our daughter
What it takes to love a queen
She should know she's royalty

Depuis qu'elle a appris la grossesse de sa mère, Marinette de cesse de rêver de bébé et d'accouchement. Ses nuits sont hantées par les cris d'un nourrisson qui n'est encore qu'un fœtus. Et le plus souvent, elle rêve de son propre bébé, de ses propres enfants.

Il lui arrive de rêver qu'elle est mère d'une petite fille blonde aux grands yeux verts et au sourire tendre. Elle lui confectionne tous ses vêtements et c'est la petite fille la plus adorable que ce monde n'ait jamais porté. Elle est douce, et drôle. Elle ressemble à s'en méprendre à son père et quand elle passe une main dans ses boucles dorées, elle a l'impression d'être en présence d'une princesse, ou d'un ange, venue sur terre pour lui rendre la vie plus belle.

Parfois, elle rêve d'un petit garçon aux yeux bleus et aux cheveux noirs de jais. Il ne tient pas en place et traine partout avec lui une petite guitare électrique, réplique de celle de son père. Il est vif et intelligent et elle n'a jamais vu un être si patient et si délicat. Il est gentil avec tout le monde et elle est fière d'être sa mère.

Mais elle n'a que quatorze ans. Elle n'est pas prête à être mère, loin de là. Mais elle se sent prête à être sœur. Elle sait que l'enfant à naître sera profondément aimé par ses parents, comme elle l'a été, comme elle l'est toujours.

I need a man who loves me like
My father loves my mom

« Alors, tu en penses quoi ? »

Marinette est anxieuse. Sa mâchoire est serrée et ses yeux ne lâchent pas Luka qui, face à elle lit les paroles de la chanson qu'elle vient d'écrire pour ses parents. Elle voudrait que les kitty section la joue à la babyshower de sa mère, la semaine prochaine. Elle y a mis tout son cœur, tous ses sentiments.

Au début, elle ne trouvait pas les mots, elle n'a jamais été bonne, pour écrire. Mais il lui a suffi de penser à ses parents, à tous ces petits moments du quotidien qui lui rendent la vie plus belle, et ça s'est fait tout seul. Parce qu'elle n'a fait qu'écrire la vérité, que décrire la relation de ses parents, qui est plus forte jour après jour, qui ne faiblit pas même après vingt-cinq ans.

Aucun livre à l'eau de rose, aucun film romantique ne vaut l'histoire de Tom et Sabine Dupain Chang, et elle espère qu'à travers sa chanson, ils comprendront à quel point elle est fière d'en faire partie.

« C'est superbe, Marinette… » Luka est touchée. Les mots de Mari sont tendres et forts à la fois. Il s'approche d'elle pour venir poser délicatement ses lèvres sur le fond de la jeune fille qui se met à rougir, instantanément.

« Ils vont adorer…j'en suis certain. »