CHAPITRE 1 : Le message
La nuit terrestre sud-américaine baignait dans un silence archaïque, brisé çà et là par les bruissements des animaux nocturnes en pleine activité, et le son du vent dans les cimes majestueuses de la forêt primaire. Une nuit d'encre ancestrale, parfaite, dont la pénombre sépulcrale n'était troublée que par le scintillement de milliards d'étoiles immobiles.
Mais l'une d'elles n'était pas si immobile que cela.
Une traînée commençait à naître, dans le ciel ténébreux, étincelante et imposante. Alors que le météore commençait doucement à se consumer dans la stratosphère, d'autres spectateurs se hissaient sur la pointe des pieds pour regarder, depuis leur promontoire d'argent, dans un silence… Religieux.
Cette bande de petits connards voyeurs.
Pas un seul n'avait levé le petit doigt pour le défendre. Pas un seul ne l'avait aidé à tenir tête au Paternel, maudit soit Son Nom. Ceux qui l'avaient rejoint dans son combat avaient tous courbé l'échine devant Lui, redevenant comme par magie de bons petits toutous devant le châtiment réservé à leur frère. Ils étaient tous restés à Lui lécher les bottes. A croire qu'il avait été adopté à la naissance, et que tous ces inconnus n'avaient jamais été sa famille. Même Mère. Même Elle.
Dans quelques longues, longues minutes, il serait détruit. Il détruirait aussi une bonne partie de la vie terrestre. Cela aurait pu au moins le consoler, de savoir que Sa création partirait en fumée avec lui, s'il n'avait su que, de toute façon, il atterrirait bien loin de Sa dernière marotte, l'Humanité récemment déménagée, et que tout serait repeuplé en seulement quelques centaines d'années. Le Grand Enfoiré ne prenait pas de risques. Jamais.
Cela promettait aussi d'être extrêmement douloureux.
La friction avait d'ordinaire un effet assez limité sur son corps invulnérable, mais pas à cette vitesse-là. Pas cette fois. Sa peau commençait déjà à rougir. Il vit avec horreur des lambeaux commencer à s'en détacher, comme une orange qu'on aurait pelé. A vif. Puis il dût fermer les yeux, parce que sa vision devenait floue, sûrement à cause des capillaires sanguins qui explosaient un à un dans sa rétine. Quand il commença à brûler pour de bon, ses lèvres -enfin ce qu'il en restait-, s'entrouvrirent sur un râle inhumain.
Les ailes flambèrent en premier. Puis ce fut les cheveux, la peau, les muscles, et tout le reste. Quand son sang se mit enfin à bouillir, il hurla pour de bon, un bref instant, avant que les flammes ne pénètrent sa bouche et ne calcinent ses cordes vocales.
Il n'entendit pas le bang assourdissant, parce que ses tympans avaient explosé bien avant qu'il ne passe le mur du son, mais l'air s'épaissit autour de lui, et lui comprima la cage thoracique, brisant quelques côtes au passage. Il ne ralentit pas vraiment. Malgré sa densité angélique incommensurable, son corps se vaporisait, atome par atome.
Bien avant de toucher terre, il s'était transformé en une plaie vivante.
La couche d'air compacte et brûlante qui le précédait creusa le sol sur plusieurs kilomètres, vitrifiant instantanément la roche sur son passage. Puis ce fut l'impact. Les projections de matière atteignirent plusieurs centaines de mètres. La végétation s'embrasa dans la foulée sur des dizaines de kilomètres carrés, du moins, celle qui n'avait pas été soufflée dans le battement de cœur précédent.
Il perdit enfin connaissance, mais n'avait toujours pas fini de tomber.
Tout au fond du cratère, son corps inerte poussé à l'incandescence continua à pénétrer la croûte terrestre sur une distance inconcevable, phénoménale. Même une fois sa vitesse initiale dissipée, la chaleur qu'il dégageait transformait la pierre en lave à son contact, l'enfonçant lentement dans les profondeurs, avant de se reconstituer après son passage.
Il s'enfonça lentement dans la terre, jusqu'à en atteindre le centre, traversant les océans de magma, écrasé par la gravité.
Il reprit connaissance dans la souffrance, après des éons. Il était nu, aveugle et sourd. Sa peau, pelée à vif, ne lui permettait aucun repos. Il n'avait plus de nez, mais un trou béant. Il n'avait plus de langue pour parler, et de toute façon, ses calembours seraient tombés à plat. Il se recroquevilla autour de lui-même, et attendit l'anéantissement, mais rien ne vint.
Alors il Le supplia de faire preuve de miséricorde pour sa faute et de mettre fin à sa misérable existence, mais personne ne répondit.
Il resta là, et, lentement, son essence angélique se reconstitua. Il comprit qu'il vivrait. Il se demanda quelles tortures lui étaient encore réservées : S'il n'avait pas été détruit, c'était que le Vieux Gâteux avait encore un plan à son intention.
Au moins était-ce une preuve qu'il existait encore à Ses yeux.
Ainsi, Lucifer vint en enfer. Et il y resta, durant des millénaires.
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L'immeuble en bord de plage semblait identique à lui-même. La nuit venue, la foule s'y pressait, une foule de jeunes gens beaux et bien vêtus, et la plupart étaient refoulés. La boîte de nuit était toujours la plus en vue de Los Angeles, même depuis que le patron s'en était volatilisé six mois auparavant. Les employés, cependant, commençaient à s'inquiéter : le boss s'absentait parfois plusieurs jours, mais plusieurs mois, sans dire où il allait, c'était une première.
Chloé Decker gravit les deux marches qui menaient aux portes, fit un petit signe aux vigiles, et entra, sous le regard indigné des clients, qui cherchaient à comprendre pourquoi cette femme à la queue de cheval blonde, à peine maquillée, habillée d'un simple jean et d'une veste, dépourvue du moindre bijou à l'exception de plusieurs rangées de bracelets tressés colorés, pouvait entrer sans même faire sourciller le service de sécurité. Le grand gaillard au planton jeta un regard torve aux premiers rangs des visiteurs, qui se tinrent prudemment cois.
A l'intérieur, objectivement, le Lux n'avait pas changé. Les employés étaient les mêmes, et s'affairaient aux mêmes sempiternelles activités. Le stock d'alcool n'avait perdu ni en qualité ni en quantité. On y passait toujours de la bonne musique, et on y trouvait toujours de la bonne came, sous le manteau, si on la cherchait un peu. On pouvait toujours trouver le tripot clandestin au sous-sol, et y faire les mêmes parties dantesques avec les plus prestigieux invités.
Pourtant, la boîte de nuit s'était comme vidée de sa substance : Les couleurs paraissaient plus ternes, les sons plus artificiels. Les danseuses n'avaient plus toujours l'air heureuses. La moquette paraissait plus vieille, et parfois, l'odeur devenait un peu rance. Le Lux était toujours la meilleure boîte de nuit de L.A, mais il fallait se rendre à l'évidence : Elle était sur le déclin. Bientôt, une nouvelle ouvrirait, et prendrait sa place.
Le témoin le plus flagrant de cette déchéance, c'était le magnifique piano quart de queue qui trônait à gauche des platines, devant le bar. La jeune fille en petite tenue qui y jouait s'attirait des regards épars et sans intérêt de la part d'une foule clairsemée, qui lui préférait de loin l'attrait des rangées de bouteilles en arrière-plan. Le temps où tous se regroupaient autour de l'instrument pour entendre le jeu et la voix du patron semblait définitivement révolu.
C'était quelque chose, quand il jouait, se rappela Chloé. Il avait cette manière de regarder à travers les gens, l'air de rien, comme s'il pénétrait les âmes. Comme si cette chanson déchirante ne pouvait être destinée qu'à vous, si, madame, oui, monsieur. Mais bien sûr, ce n'était jamais vraiment le cas. Tout le monde le savait.
Sauf que c'était plus compliqué. Il semblait indéniable que l'émotion qu'il dégageait dans sa musique était de l'esbrouffe, du show, car dans le cas contraire, cette espèce de transe dans laquelle il se plongeait aurait été invraisemblable, indécente. Mais quand on le connaissait mieux, on comprenait que c'était exactement ce qui se passait. Qu'il sortait vraiment ses tripes. Il se cachait en pleine lumière, et plaçait les spectateurs dans une position bizarre, de voyeurs, sans même qu'ils s'en rendent compte.
Un peu comme sa manière de clamer aux quatre vents qu'il était le diable, en tablant sur le fait que personne ne le croirait.
Il n'en avait probablement pas conscience, ou très épisodiquement. C'était sans doute un rare, voire le seul moment où il laissait réellement s'exprimer des émotions au lieu de les noyer dans ce mélange explosif d'alcool, de drogue et de sexe qu'il affectionnait. C'était pour cela que ça marchait. Les humains venaient à lui, attirés par le transsudat de cette âme céleste comme des papillons vers une source lumineuse.
Le piano ne sonnait plus ainsi, à présent. Le son était froid comme la mort. Les employés parlaient de le déménager pour faire de la place à une piste de danse supplémentaire. Cela rendait Chloé Decker malade.
Le Lux mourrait.
Elle fit tourner entre ses doigts son verre cylindrique, but encore une gorgée du liquide ambré et tourbé qui s'évaporait mollement sur les parois. Pour le goût. La bouteille posée à portée de main, sur sa droite, s'était vidée d'un bon quart comme par magie depuis son arrivée. Les employés n'avaient pipé mot quand elle s'était assise sur le fauteuil attitré du patron, ni quand elle s'était elle-même servie au bar, embarquant la bouteille. Ils la connaissaient. Ils savaient qu'elle avait tous les passe-droits, et ne cherchaient pas à l'empêcher de pénétrer dans l'ascenseur privé menant au penthouse.
Et puis elle venait deux fois par semaine.
Elle avait tenté diverses techniques pour oublier Lucifer. Deux marchaient plutôt bien. Elle se donnait à fond au travail, enchaînant les heures supplémentaires. Les piles de dossiers avaient considérablement diminué. Cela avait fonctionné, sauf le jour où elle était retombée sur la vieille pile dont son consultant avait fait un tri très personnel, elle avait dû s'isoler aux toilettes le temps de reprendre sa contenance. Mis à part cet épisode, cela lui évitait de penser à lui. Le reste du temps, elle se concentrait sur Trixie, qui semblait décontenancée par ce regain d'intérêt, et cherchait souvent à prendre le pouls de l'humeur de sa mère. Elle était futée, et remarquait bien que l'enthousiasme de Chloé était souvent forcé, ce qui ennuyait profondément sa mère. Chloé était toutefois demeurée incapable de lui faire croire que tout allait bien.
Les soirs où Dan gardait sa fille, elle se retrouvait isolée. Les premières fois, seule dans son lit gelé, dans ce silence absolu et glaçant, où elle n'entendait plus que sa respiration, elle n'avait pu que pleurer toutes les larmes de son corps. Puis elle avait essayé la technique Morningstar, et s'était réfugiée au Lux.
Quand elle avait rencontré Lucifer, elle n'avait pas compris comment cette espèce de dandy superficiel, à première vue imbuvable et pédant, pouvait à ce point s'abîmer dans les excès, sans la moindre pudeur. Au début, elle s'était contentée de siroter une bière toute la nuit en écoutant la musique, ce qui était déjà mieux que de rester toute seule dans le noir, puis, en essayant plus sérieusement, elle avait compris pourquoi il menait une vie aussi dissolue : Si on s'y prenait suffisamment bien, la débauche sensorielle permettait tout simplement de ne plus penser. De s'anesthésier, de vivre à fond, dans l'instant, d'oublier qu'on était une épave, un monstre, ou les deux. De se déconnecter de soi-même. C'était une sorte de fuite en avant, et plus on en faisait, plus c'était efficace.
Le vide que ressentait Lucifer au moment où elle l'avait rencontré avait dû être… Abyssal.
Elle avait fait comme lui. Elle avait goûté aux stupéfiants, et commencé à boire. Beaucoup. Coucher avec des inconnus, elle n'osait pas encore, mais elle avait retrouvé deux ou trois ex de l'époque où elle était actrice, qui avaient suivi sans faire d'histoires. Elle ne se souvenait même plus de leurs noms. Sans même s'en rendre compte, elle était rentrée dans ses chaussures, ses habitudes, deux fois par semaine, comme cela pourrait le rapprocher, juste un tout petit peu. Elle avait cessé de pleurer. A ce stade, elle se souvenait vaguement que Linda était venue la voir, mais elle ne voulait pas être aidée. Être anesthésiée lui semblait mille fois préférable à ce que cette dernière lui proposerait : Affronter sa souffrance pour la dépasser. Elle en était tout simplement incapable.
Elle tenait mieux l'alcool que quelques semaines auparavant, quand elle avait commencé à sérieusement descendre les bouteilles : Elle titubait à peine quand elle se leva pour se diriger vers l'ascenseur, repoussant le barman qui faisait mine de vouloir la soutenir. Elle appuya sur la bonne touche, et s'appliqua à ne pas ressentir le vertige qui la prit tandis que l'engin aux parements de bois sombre l'entraînait vers le haut.
Le penthouse était désert, noyé dans la pénombre. L'espace qu'il occupait, la hauteur sous plafond, avaient quelque chose d'indécent dans la ville surpeuplée de Los Angeles, surtout en considérant qu'il n'était prévu que pour une seule personne.
A gauche, en sortant de l'ascenseur, siégeait une immense bibliothèque, massive, qui emplissait l'espace du sol jusqu'au sommet. De vieux livres reliés pour la plupart de cuir la garnissaient, remplissant le moindre espace. Une petite échelle argentée permettait d'atteindre les exemplaires situés au sommet. Certains avaient l'air vieux comme le monde. Devant la bibliothèque, de petites tables basses exposaient des objets anciens. Une vieille lame rouillée, une petite statuette de cuivre aux formes féminines, une tablette de pierre, une sculpture de cheval.
De l'autre côté de l'ascenseur, trônait un second piano, un stenway, réplique exacte de celui de la salle, en bas. Chloé s'efforça de ne pas penser à cet instant où, après la mort du père Franck, elle l'avait trouvé défait, complètement abattu, et qu'elle lui avait remonté le moral en jouant avec lui sur ce piano. Elle leva les yeux et se concentra plutôt sur le bar privé, et sur les étagères garnies de bouteilles d'alcool fort en arrière-plan, subtilement mises en valeur par l'éclairage ambré.
Derrière le piano, on trouvait la table basse et le fameux canapé de cuir italien, avec les fauteuils assortis, et la télévision. Puis le balcon, et son jacuzzi derrière l'angle, à droite. Chloé n'avait pas osé s'en servir, qui sait ce qu'ils avaient fait dedans, avec Eve, quelques mois auparavant…
L'inspectrice posa la bouteille sur le bar, et se fit la réflexion qu'elle réfléchissait encore trop. Elle chercha sous la tireuse de bière, trouva la réserve de cocaïne, et entreprit d'en ouvrir un petit sachet, tout en se dirigeant vers le canapé. Elle se prépara sa dose à même la table basse. Il en aurait sans doute été furieux.
Elle avait trouvé la cachette la semaine précédente, et avait bien l'intention d'en profiter. Autant dire que toute sa réserve allait y passer, ça lui ferait les pieds.
Les yeux noyés dans la drogue, les pupilles grosses comme des têtes d'épingles, elle s'enfonça dans les coussins, tournant la tête sur sa gauche, vers l'immense baie vitrée. C'était là qu'il lui avait fait ses adieux, malgré ses supplications. Qu'il s'était envolé. Littéralement.
Elle se souvenait encore avec acuité de ce moment où, sans préavis, il avait étendu ses ailes. De ces immenses ailes, si lumineuses, immaculées, d'une beauté fabuleuse. Elle était restée sidérée, interdite, devant leur pureté. La simple réminiscence de cette vision la plongeait encore aujourd'hui dans le désespoir le plus total.
Quel temps ils avaient perdu.
Derrière les parements en stuc gravés de langues anciennes et de motifs babyloniens, à droite du bar, montait un petit escalier, qui menait à un large lit King size, entouré d'un coffre de bois aux arrêtes nettes et modernes.
Elle se releva -Elle tanguait fortement, cette fois- Se dirigea vers l'escalier, et le gravit. C'était l'endroit qui conservait le plus la présence du diable. Derrière le lit se trouvait l'entrée du dressing, et celle de la salle de bains, qui contenait encore toutes ses affaires : A gauche de la grande baignoire circulaire, non loin d'une immense douche à l'italienne, se trouvaient deux grandes vasques de porcelaine blanche. Les étagères qui les surplombaient renfermaient de petits trésors : Son déodorant, sa mousse à raser, accompagnée d'un grand coupe-chou à l'ancienne, un ou deux flacons de son parfum. Elle huma une bouteille, empoigna dans un ricanement sa brosse à dents et se demanda s'il en aurait été gêné, avant de la garnir de dentifrice pour s'en servir sans vergogne. Elle se déshabilla, pensa avec nostalgie qu'il aurait fait des pieds et des mains pour être là au moment où elle tombait le haut. Complètement nue, elle passa dans le dressing, choisit avec soin une chemise qui avait conservé son odeur, et, après l'avoir passée, s'écroula sur le lit.
Elle s'enroula dans les draps, enfouit sa tête sous l'oreiller, et dormit. Juste avant de sombrer, elle se demanda encore une fois s'il avait reçu son message, et si oui, pourquoi il n'y répondait pas, d'une manière ou d'une autre.
Elle se demanda s'il était passé à autre chose. S'il l'avait oubliée.
Elle se demanda s'il s'était lui-même oublié.
Il s'appelait Jimmy Olson.
Jimmy était un tueur à gage à la solde des gangs irlandais. L'arrestation avait mal tourné. Il y avait eu un échange de coups de feu, et Chloé et Dan avaient riposté. Ils avaient appelé une équipe supplémentaire, et Chloé n'avait pu que se laisser porter par l'adrénaline jusqu'à ce qu'ils l'abattent. Elle ne savait pas bien qui avait tiré le coup de feu mortel, et cela ne l'intéressait d'ailleurs pas. L'un des collègues en renfort, blessé, avait attiré à lui Dan et son coéquipier, qui lui faisaient les premiers secours. Elle s'était retrouvée seule face au criminel blessé.
Elle n'avait vu que deux choses : Jimmy Olson était agonisant, et au vu du nombre de ses victimes, il irait sans aucun doute là, en bas.
En enfer.
Auprès de lui.
Elle avait rangé son arme, cherché à ralentir l'hémorragie, mais elle savait qu'il était trop tard pour Olson, quoi qu'elle tente. Il fallait cependant qu'elle ralentisse son trépas. Juste assez pour qu'il écoute ce qu'elle avait à dire, et qu'il puisse transmettre.
Il mourut. Et Chloé avait envoyé son message.
