Je suis retombée dans les méandres des fanfictions et cette petite histoire m'est venue.

J'espère que ça vous plaira !


Je n'ai jamais été un grand sentimentale, ce n'était pas dans mes gènes après tout. Mais pourtant ce matin là, c'est pour toi que j'ai sorti un morceau de parchemin, ma plume et mon encrier et me suis mis à écrire cette lettre.

As-tu le souvenir de nos sept années à l'école de Poudlard, dans la salle commune des Serpentards ? Toi et moi adorions nous vautrer dans les poufs et canapés de la salle, devant l'âtre de la cheminée qui renfermait un doux feu, réchauffant nos corps et nos âmes de sa faible lueur rouge orangée. Nous avions chacun en main un verre de whisky pur feu que tu réussissais à faire entrer en douce dans l'enceinte du château.

Qu'est ce que qu'on s'amusait bien.

Nous parlions de tout, de rien, de choses et d'autres. On se moquait ouvertement du Trio d'or que nous avions en horreur. La miss je sais tout, toujours le doigt levé pour faire entendre ses connaissances et montrer au monde qu'elle était là, qu'elle valait quelque chose. La belette rousse dégingandée qui s'empiffrait du matin ou soir avec un pois chiche à la place de la cervelle. Et bien sûr le Golden Boy, attirant tous les regards sur lui, le garçon voué à sauver le monde.

On parlait des filles, celles qui nous plaisaient, celles qu'on voudrait avoir dans notre lit -les coups d'un soir- d'amour, celui que nous n'avions encore jamais connu, le vrai, le fort, l'irrésistible. Celui qui te prend aux tripes et te lâche plus.

Oh oui on en a dit des choses !

Mais ce dont je me souviens le plus, c''est les moments où l'on refaisait le monde. Ces heures assises, à imaginer quelle vie serait la plus alléchante, de la plus accessible à celle, qui ne pourrait jamais voir le jour-

Tu avais une manière différente de voir les choses. Tu n'étais pas pris dans tous ces combats, non, toi, tu étais libre. Libre de faire ce que tu voulais, d'aller où tu voulais sans te demander quelles en seraient les conséquences. Tu rêvais de voyage, d'aventure, d'excitation et je me prenais d'envie de les faires avec toi. Tu me faisais rêver à mon tour...

Mais je n'avais pas choix au chapitre. Ma vie était écrite depuis ma naissance, mon cruel destin scellé dans une petite bouteille en verre qui ne voulait pas se briser. Je devais devenir un Mangemort, le fils qui rendrait son père fier, le parfait petit soldat attendant les ordres.

Cette vie, je ne l'ai jamais demandé, jamais voulue. Personne ne m'a demandé mon avis sur ce destin qui semblait me lier pieds et poings, qu'importe le combat que je menais pour m'en défaire. Un Malefoy devait toujours se tenir droit, fier, robuste. Ne jamais faiblir, ne jamais souffrir. Des lignes écrites dans la chair, qui vous faisiez gémir de douleur sans pour autant pouvoir s'en débarrasser.

C'est toi mon ami qui m'a entraîné dans les contrées lointaines de ton esprit, là où la guerre n'existait pas, où la douleur n'était qu'une parole vide de sens. Une vie de bonheur, de chaleur, d'amour. Un rêve qui prenait fin lorsque le soleil se mettait à pointer le bout de son nez par la fenêtre et que la vie reprenait doucement sa place.

Mais jamais je n'oublierais ces moments volés, ces moments à deux dans la lumière de nos esprits qui se rencontraient, se désassemblaient, se réassemblaient et finissaient dans un murmure, aux bouts de nos lèvres.

A deux, on a refait le monde, mais c'est tout seul que j'ai continué dans le sombre avenir caché dans les ombres.

Cette lettre est pour toi, ainsi que le verre de whisky pur feu qui m'arrache des larmes amères.

Ton plus fidèle ami au plus fidèle de mes amis.