Nouvelle petite fanfic dont j'ai eut l'idée en dessinant. J'avais laissé l'idée de côté pour beaucoup plus tard, mais j'ai été soudainement victime d'une coupure de courant et je n'ai rien trouvé de mieux à faire...

C'est la première fois que j'essaie d'écrire à la première personne et ça fait très bizarre, mais au moins je me faisais rire moi même!

Donc j'espère que vous aurez autant de plaisir à le lire que moi à l'écrire!


Ce type me tape sur les nerfs. Il a tout du genre de mec que je ne supporte pas. On dirait qu'il est au-dessus de tout et de tout le monde. Monsieur est bien habillé. Monsieur a un bon métier. Monsieur est mieux que nous. Raaaah, il me donne envie de lui arracher la jugulaire ! Je sais pas ce qui me retient, ça ne serait pas la première fois que je mettrais les pieds en taule. Enfin j'imagine que si je faisais ça j'y resterais beaucoup plus longtemps que pour mes quelques petites casses...

Alors vous allez me dire « S'il t'insupporte tant que ça, pourquoi est-ce que tu bois un café avec lui en ce moment même ? ». Et bien c'est une histoire compliquée mais je vais essayer de résumer vite fait.

Comme je l'ai déjà sous-entendu, je ne suis pas du genre « bon citoyen bien rangé ». Depuis que je suis petit je ne peux pas m'empêcher de faire l'inverse de ce qu'on me demande. Certains psychologues diront que c'est une manière que j'ai d'essayer d'attirer l'attention à cause d'un manque d'attention de mes parents quand j'étais petit ou je ne sais quoi, bref... Aujourd'hui je suis un adulte et quand je fais une "bêtise" on ne me crie pas juste dessus ou alors on me met juste une heure de colle. Non... Je finis dans un ~tribunal~. Après une petite course entre amis qui s'est terminé en carambolage (pas de mort heureusement, juste tout le monde qui a fini blessé... sauf moi) je me suis retrouvé face à ce type. Ce type qui avec ce petit "incident" et mes antécédents peu glorieux a décidé que payer une amende et faire quelques mois de prison ça ne servait à rien (en plus je suis fauché donc... ). Non il a décidé que je devrais faire des travaux forcés. Oui vous savez ce travaux pourris où on vous force à travailler quelque part contre votre gré et où vous êtes surveillé par quelqu'un qui vous supervise et ça jusqu'à ce qu'on considère que vous vous êtes racheté ou alors que vous êtes de nouveau apte à airer librement dans la société. Là j'imagine que vous commencez à voir comment ça s'est fini. Et oui, monsieur a décidé que mes travaux à moi consisteront à devenir son assistant personnel !

Et là je le vois siroter son thé (que JE lui ai fait bien évidemment) tranquillement en lisant le journal comme un vieux en fronçant de temps à autre ce qui lui sert de sourcil. Non mais sérieusement il est vraiment plus jeune que moi ?! On dirait mon père ! Moi je suis planté comme un con devant son bureau avec mon café en main à attendre qu'il daigne me dire quoi faire (oui parce que j'ai vraiment pas le droit de me balader s'il ne m'y autorise pas... C'est plus des travaux, c'est de l'esclavagisme!)

- « Kanon... » appela-t-il en posant sa tasse de thé sur la soucoupe qui repose sur son bureau.

- « Ou-oui ?! » sursautais-je, arraché à mes pensées.

- « Tu peux arrêter de me regarder comme un chien de chasse frustré de ne pas pouvoir attraper sa proie à cause de sa laisse autour du cou ? » soupira-t-il.

- « … Alors de un : Hors contexte, ça sonnerait très sale. Et de deux : C'est un peu ce que je suis non ?! » s'énerva-t-il.

- « Tu aurais préféré une amende et la prison ? »

- « Bah franchement ouai. »

- « Et avec quel argent tu aurais payé. De plus je ne suis pas sûr que ton frère aurait beaucoup apprécié d'entendre que son petit frère va encore passer un séjour au frais. »

Je me suis tendu à l'évocation de mon frère. Mais c'est qu'il sait viser là où ça fait mal cet enfoiré. Et puis comment il est au courant que j'ai un frère d'abord ?! Il a enquêté sur ma vie ? C'est un pervers ?! OH MON DIEU C'EST POUR CA QU'IL ME FAIT TRAVAILLER POUR LUI ! IL VEUT MES FESS-

- « Arrête de penser Kanon. Ça ne te réussit pas. » soupira-t-il d'un air blasé, comme s'il avait parfaitement lu dans ses pensées.

- « Je sais très bien réfléchir ! Je l'ai prouvé plus d'une fois ! »

- « Oui, c'est dommage que ça n'ait servi qu'à transgresser la loi... »

- « Ouai bah on n'a pas tous du talent pour faire des longues études et gnagnagna ! »

- « Tu as réellement 28 ans Kanon ? »

- « Oui pourquoi ? »

- « J'ai l'impression de parler à un enfant en manque d'affection... »

- « MAIS JE SUIS PAS EN- » je m'interrompis pour respirer et reprendre un ton calme « Je n'ai aucun manque d'affection ok ? Je fais ce que je fais parce que personne ne veut me filer de boulot. J'ai complètement foiré mes études et avec ma réputation personne veut de moi, même pour les petits boulots. »

- « Et voilà pourquoi mon offre est bien meilleure pour toi. Si tu travailles correctement tu auras démontré que tu es parfaitement capable de te comporter en adulte. »

- « Gné ? »

- « … Ce n'est pas gagné... »

Cet enfoiré de juge ne m'a relâché que très tard le soir, et il m'a même raccompagné jusqu'en bas de chez moi pour être sûr que je ne me balade pas n'importe où ! Ça va être comme ça tous les jours ?! Bon l'avantage comme il l'a dit, c'est que je peux rentrer chez moi et faire comme si de rien n'était. Saga ne saura pas pour le carambolage. Et il n'a pas besoin de savoir que je travaille pou-

- « C'était qui l'homme qui t'a raccompagné ? »

OH PAR LA SACRO-SAINTE DEESSE JE NE SAIS PLUS QUOI, SAGA ARRETE DE M'ESPIONNER !

- « Un... Un pote... »

- « Un pote ? Avec cette voiture de luxe ? »

- « Oui bah j'ai un pote qui a de l'argent, y a quoi ?! »

- « Et il te raccompagne ici ? »

- « Oui. »

- « Complètement sobre ? »

- « Je n'avais pas le mood. »

- « Dans ce cas Kanon, tu pouvais conduire. Où est TA voiture ? »

Mais il a raté sa voie lui. Il aurait dû devenir enquêteur ce con. Et puis c'est quoi cet interrogatoire de fin de soirée là ?! J'ai passé ma journée à faire du thé et à porter des dossiers et il vient me prendre la tête.

- « Je... On me l'a volé ! »

- « Comment ?! »

Ouai voilà une bonne excuse. C'est parfait ça ! Tu es un génie Kanon !

- « Ouai j'étais en train de me balader. J'étais sur le retour et puis bah la classique quoi, il a attendu que je sorte mes clés, m'a poussé et il s'est barré. » Mentit-il avec son talent légendaire.

- « Mon dieu et ça va ?! »

Saga me sauta au cou pour m'inspecter comme le ferait une mère avec ses petits. Mon dieu mais que quelqu'un donne du xanax à ce mec, qu'il se détende un peu !

- « Sagaaaa, arrête de me tripoter, je vais bien ! »

- « Tu es sûr ? »

- « Mais oui puisque je te le dis ! Je ne suis pas assez stupide pour cacher que je suis blessé. » affirma-t-il en saisissant les bras de son frère pour qu'il le lâche. « Je suis allé voir les flics, ils vont enquêter dessus, ils m'ont raccompagné et voilà fin de l'histoire. On verra plus tard pour la suite ! »

- « Ah ! Alors c'est un policier qui t'a ramené. »

- « Ouai c'est ça, mais je voulais pas que tu t'inquiètes. »

- « Dis-moi Kanon ? »

- « Oui Saga ? »

- « Tu me prendrais pas un peu pour une buse ? »

- « Ah... »

Je ne sais pas ce qui m'a trahi dans mon mensonge mais visiblement ça n'a pas pris. Pas prit du tout si j'en crois l'air furieux de Saga. Il va se faire des cheveux gris s'il continue de me fusiller du regard comme ça. Pour tout vous dire je suis du genre à ouvrir ma grande gueule face à tout le monde. Personne n'a le droit de me crier dessus. Tout le monde sauf Saga, nan mais parce que LUI il fait flipper...

- « Kanon Gemini, comment tu oses me mentir et avec autant d'aplomb en plus ! »

- « Je... J'ai fait quoi ? »

- « TU AS FAIT QUOI ?! MAIS TU ES TOMBE SUR LE MAUVAIS JUGE VOILA TOUT ! »

- « Le mauvais juge ? »

- « Rhadamanthe Wyvern, je le connais très bien ! J'ai déjà eu des repas d'affaires avec lui je te signale. Je n'arrive pas à croire que tu ne t'en souviennes pas. »

- « Ah... C'est pour ça qu'il savait que j'avais un frère... »

- « Parfaitement, et il m'a appelé cet aprem et il m'a tout raconté de tes petites aventures ! J'en ai assez Kanon d'entendre les gens dire du mal de toi tu sais ! »

- « Je... »

- « Il n'y a pas de "je" qui tient Kanon, tu as de la chance que Rhadamanthe t'en donne une ! Tout le monde n'aurait pas fait ça ! Si tu étais tombé sur ces sadiques de Minos et Eaque ils auraient pris un malin plaisir à t'envoyer croupir le plus longtemps possible ! »

- « Je suis désolé... »

- « Mais tu es toujours désolé Kanon. Mais être désolé ça ne résout pas tous les problèmes. Je sais que ça n'a pas toujours été aussi facile pour toi que pour moi, mais il faudrait que tu t'aides un peu toi-même de temps en temps ! Et te comporter comme un adolescent de 16 ans en pleine crise, ça ne va t'aider en rien ! »

Je ne supporte pas ces mots. Je déteste qu'on me sermonne, même si c'est Saga et que je sais qu'il a raison. Je me crispe de plus en plus avec le sermon. J'ai une boule dans le ventre. Ce n'est pas bon. Alors je fais la chose que je fais à chaque fois dans ce genre de situation. Je fuis.

Saga n'a même pas le temps de me calculer que je le pousse pour pouvoir aller m'enfermer dans ma chambre. Je sais qu'il est derrière moi et qu'il veut m'en empêcher mais je ne lui laisse pas le choix. Je ferme la porte à clé dans mon dos et je vais m'asseoir contre mon armoire. Quand j'étais petit je m'enfermais carrément dedans pour bouder, mais maintenant je suis trop large pour fermer la porte. Et la boule éclate, je sens des larmes qui coulent sur mes joues alors que Saga m'appelle depuis l'extérieur. Putain ça me fait chier. Ça me fait chier parce que je n'ai pas envie de l'inquiéter, mais je suis incapable de faire les choses correctement. Je déteste être aussi lâche et faible.

J'en ai assez...

Je ne sais pas quand je me suis endormi mais quand je sens des bras me soulever la lune est encore haute dans le ciel. J'ai encore sommeil alors je papillonne à peine les yeux et je vois une silhouette similaire à la mienne qui me soulève pour m'emmener dans mon lit. Comment est-ce qu'il est rentré ? Question bête, Saga doit avoir un double de toutes les clés de la maison... Il me pose dans mon lit et met correctement les couvertures sur moi. Il prend même le temps d'essuyer les larmes séchées sur mes joues pour qu'elles ne laissent pas de vilaine trace à mon réveil. Moi qui voulais cacher mon envie de pleurer, c'est raté... Après s'être assuré que j'étais bien installé, il se leva de nouveau et il ferma les rideaux pour plonger la pièce dans l'obscurité. Et mon seul moyen de comprendre qu'il est parti, c'est les légers cliquetis de la porte qu'il a fermée en douceur, pensant sûrement que je n'étais pas réveillé.

J'ai de nouveau la boule au ventre. Ça me fait chier d'être pourri jusqu'à la moelle de cette manière et que Saga s'embête à me traîner comme un boulet... Il paye le loyer de l'appartement, il fait le ménage et la cuisine. Tout ça pour loger un frère qui ne sait rien faire d'autre que le décevoir un peu plus chaque jour...

Rhadamanthe avait tort, je ne sais pas se comporter en adulte. Je suis complètement à côté de la plaque et quand il se rendra compte que je ne sers à rien en tant qu'assistant, il me jettera comme tout le monde l'a fait.

La chose qui m'arracha de mon sommeil cette fois était beaucoup moins agréable. On avait violemment ouvert les rideaux pour laisser entrer une lumière matinale, beaucoup trop matinale et pas bienvenue du tout. J'ai grogné de mécontentement et j'ai monté la couverture au-dessus de ma tête comme lorsque mes parents voulaient me forcer à aller à l'école (quelle arnaque ce truc).

- « Bordel Saga, mais qu'est-ce que tu fous ? Il n'est pas si tard que ça... »

- « Si tu as du mal à te réveiller à cette heure-ci, tu ne vas pas aimer les prochains jours. » clama une voix qui n'était pas DU TOUT celle de Saga.

- « Hein ?! »

En entendant cette voix, qui n'avait définitivement rien à faire ici, j'ai poussé ma couverture et je me suis relevé brusquement pour me retrouver nez à nez avec cet enfoiré de juge avec sa carrure imposante, son costard trop soigné et bordel de merde mais que quelqu'un lui passe une pince à épilé !

- « Rhadamanthe ?! Mais qu'est-ce que tu fous là ?! »

- « Pour toi Kanon, c'est « Juge Wyvern ». Je suis ton supérieur que je sache. »

- « Si vous êtes mon supérieur alors qu'est-ce que vous foutez dans ma chambre à huit heures du matin alors que vous m'aviez dit que je n'avais rien à faire aujourd'hui ?! »

- « Erreur d'interprétation Kanon, je t'ai dit que tu ne travaillais pas aujourd'hui, car c'est mon jour de congé, mais ça ne veut pas dire que je ne vais pas m'occuper de toi ! »

- « … C'est très gentil mais je fais jamais ça le matin. »

- « Il t'arrive de penser à autre chose ? » soupira le juge.

- « Pas quand on me dit un truc aussi ambigu alors que je suis dans mon lit et que j'aurais pu être en caleçon... »

- « Magnifique transition Kanon, prépares-toi. Je t'emmène. »

- « Hein ? Vous m'emmenez où ? »

- « Refaire ta garde-robe. »

- « … Pardon ? »

- « Tu ne peux pas travailler dans un tribunal en T-shirt-Jean-Basket Kanon, ça me semble évident. Il y a un minimum. »

- « Hey si mes vêtements ils vous plaisent pas, c'est pareil hein ! »

- « Et prend une douche ! »

Et il sortit. Comme ça. On s'en fout de mon avis hein ?! Bah oui on s'en fout, c'est pour ça que j'obéis gentillement comme un petit toutou. Et juste pour le contrarier je mets la seule chemise que j'ai. Hé, hé, il l'a pas vu venir celle-là hein. Bon c'est une chemise à carreaux complètement usée mais au moins ce n'est pas un T-shirt !

Je ne suis sorti de la salle de bain en baillant. Je suis vraiment pas matinal. Quelle idée de se réveiller si tôt juste pour ça. On ne pouvait pas faire ça l'après-midi ? Ça va pas prendre une journée entière pour faire du shopping, si ? C'est comme ça que ça se passe pour les riches ?

- « C'est bon j'suis prêt. On va où ? »

- « Avale un truc. »

- « Meh, j'prends jamais de petit déj', c'est bon... » répondis-je en haussant les épaules.

- « Et bien moi je te dis d'en prendre un. Les bonnes habitudes sont à entretenir tous les jours, et tu vas avoir besoin de te nourrir correctement si tu veux tenir le rythme au travail. »

- « Ouah, félicitations. Même les discours de mes parents étaient moins chiants... »

Comme j'ai commencé la journée en décidant de ne pas le contrarier, autant continuer. Alors je me sers un café et me prépare des toasts. Tout ça dans le silence. Et croyez moi, quand vous avez deux orbes dorés perçantes qui vous fixe pendant que vous attendez tranquillement que votre café coule, C'EST TRES STRESSANT ! J'ai l'impression qu'il m'analyse pour savoir à quelle sauce il va me manger. Et il est où Saga ?! Sûrement au taf, question conne... Le silence me tue et ce café coule trop lentement.

- « Hum... » Hésitais-je.

- « Oui ? »

- « Vous en voulez un aussi ? » demandais-je même si ce n'était pas dans mes habitudes.

- « Non merci, j'en ai déjà pris un. »

SI TU VEUX PAS DE CAFE POURQUOI TU ME TRANSPERCES DU REGARD COMME CA ?! Si c'est naturel chez lui et qu'il va s'amuser à inspecter le moindre de mes gestes comme ça tous les jours, je mourrai d'une crise cardiaque avant d'avoir fini ce boulot pourri !

Bref, se faire observer pendant qu'on mange des tartines, autre moment pourri. Bon sang mais mes mains tremblent tellement ce type me stress. Il a un regard assassin et je sais pas si c'est parce que j'ai fait un quelque chose de travers ou si c'est juste sa tronche de base ! J'avale aussi vite que possible mes toasts et mon café et me lève pour qu'on y aille. Et pendant tout le trajet du salon jusqu'à sa voiture, j'ai la désagréable impression d'avoir fait quelque chose de travers. Vraiment. Je suis tendu comme un string. Je ne sais pas si c'est à cause de son regard de tout à l'heure ou si c'est à cause de CETTE PUTAIN DE BAGNOLE DE LUXE ! Comme hier j'ose toucher à rien tellement chaque truc qui m'entoure a l'air de coûter plus cher que ma propre vie !

Finalement la réponse à mes questions atterrit droit dans mes mains grâce à mes bons réflexes. Une pomme. Il vient de me jeter une pomme dans les mains.

- « D'accord monsieur le grand juge. C'est pour quoi ça ? »

- « On fait quoi avec les pommes ? »

- « On les mange... ? »

- « Et bien alors qu'est-ce que tu veux faire d'autres ? »

Te la foutre dans la bouche pour te faire fermer ta grande gueu-

- « Nan mais ce que je veux dire c'est : d'où ça sort ? Pourquoi tu me donnes une pomme ? »

- « J'ai évalué avec Saga la composition de ton régime alimentaire et il me semble que même si ça pourrait être pire, ça manque sérieusement de fruits et de légumes. »

- « Je suis allergique. »

- « J'ai regardé ton dossier médical et il me semble que ta seule allergie, c'est celle du travail. » ironisa-t-il.

MON QUOI ?! MAIS IL EST MALADE CE TYPE ! Ça va être quoi la suite ?! J'ai plus de vie privée là ! Il y a pas une histoire de secret médical ou je ne sais pas quoi normalement?! Je dois tirer une tronche de six mètres de long visiblement puisqu'il se sent obligé de s'expliquer.

- « Travailler pour moi va te demander une expérience optimale de tes capacités Kanon. Tu vas travailler toute la journée que ce soit physiquement ou mentalement. Et pour tenir le rythme tu dois améliorer ton hygiène de vie. »

- « Je suis propre hein... »

- « ça c'est parce que je t'ai dit de prendre une douche. »

Retenez-moi je vais le frapper... Je préfère ne plus rien répondre avant que ça ne m'énerve pour de bon. Alors je regarde par la fenêtre de la voiture et je dois avouer que je suis surpris. Enfin à moitié, on va dans des quartiers où je ne vais jamais. Ça ne sert à rien, tout pue le luxe ici et je suis peut-être un petit squatteur qui se fait entretenir par son frère mais je ne suis pas un rat qui se permet d'acheter des fringues de luxe sur son dos non plus. C'est à peine si ma tenue actuelle doit valoir plus de vingt euros... Autant dire que j'ai l'air malin au milieu de tout ce monde. Je ne suis pas à l'aise du tout. Aux feux rouges je me renfonce dans le siège en cuir pour que le conducteur d'à côté ne me voit pas. Rhadamanthe me regarde faire d'un œil intrigué. Il doit se demander ce que je fais. Mais il a qu'à se mettre à ma place en même temps, je suis un lapin entouré de renards là. Je suis prêt à me faire bouffer à tout moment. Il finit par se garer et quand je regarde à l'extérieur je vois une boutique de costumes de luxe. Seigneur sortez-moi de cet enfer...

Comme Rhadamanthe sort de la voiture et que je vois bien qu'il rentre réellement dans cette boutique, je n'ai pas d'autre choix que de le suivre. Ne regarde pas les prix en vitrine Kanon, ne regard pas...

Je sais pas ce qui me met le plus mal à l'aise dans cette boutique. La décoration en bois massif et doré qui expose luxueusement les costumes, les costumes en question qui n'ont définitivement jamais fait partie de ma garde-robe, ou alors les prix parce que oui j'ai fini par loucher dessus... D'ailleurs nous sommes à peine rentré qu'un vendeur s'élance avec beaucoup trop d'entrain vers ce juge de malheur.

- « Monsieur Wyvern, quel plaisir de vous voir ! » s'émerveilla-t-il. « Ça faisait si longtemps. »

- « Oui désolé, je n'ai pas vraiment eu le "plaisir" de participer à des soirées dernièrement. » soupira-t-il.

- « Ah ah, je ne doute pas que si vous avez besoin de moi c'est que vous n'avez pas le choix! Vous cherchez quelque chose de particulier ? »

- « Pas vraiment, je vais regarder. Par contre il faudrait aussi prendre les mesures de mon nouvel assistant. »

Hein ? "Nouvel" assistant ?

- « Lui ? Qu'est-il arrivé à monsieur Valentine ? » demanda-t-il inquiet.

- « Absolument rien. Je lui ai donné des vacances, j'avais l'intention de me passer d'assistant mais celui-ci est tombé à point. »

Ah ouai donc je suis un bouche trou en fait.

- « Je vois. Hmmm... »

Le petit vieux se mit à m'observer très en détail. Un peu trop en détail, au secours un autre pervers ! Je suis trop jeune pour finir comme ça !

- « Eh bien il n'a pas beaucoup d'allure comme ça mais c'est tout de même un bien beau jeune homme que nous avons là. J'ai hâte de voir le résultat, ah ah ! »

- « Ah ouai, ah ah... » ricanais-je.

J'arrive pas à savoir si je dois me sentir insulté ou complimenté. Quoi qu'il en soit le vieux est parti chercher son mètre pour me mesurer alors c'est le moment d'avoir une petite discussion avec messire de la Wyvern.

- « Rhada- Hm ! Je veux dire Juge Wyvern, j'espère que vous êtes conscient que je n'ai clairement pas les moyens de me payer ça ! » Grinçais-je entre mes dents.

- « Je le sais, c'est moi qui paye. » Dit-il en croisant les bras dans son dos.

- « Vous qui- Mais ça coûte une fortune ! Je suis censé payer ma dette, pas en avoir encore plus ! »

- « Je ne t'ai jamais parlé de remboursement. »

- « Vous savez si vous commencez à me payer des trucs de luxe sans raison je vais vraiment me sentir dragué et je vais prendre l'offre de la prison. »

- « Kanon, je sais que tu n'as pas le luxe de te payer ces vêtements. Et comme c'est un simple caprice de ma part et que c'est moi qui aie décidé de t'embaucher, je te le paye. C'est moi qui paye, fin de l'histoire. Et puis ce n'est qu'un costume pour la soirée d'après-demain, je ne vais pas t'obliger à porter ça tous les jours. » soupira-t-il.

- « Okay... Attendez, quoi ?! Quelle soirée ?! »

- « La soirée caritative pour le bureau du procureur organisé par mon frère. J'emmène toujours Valentine à ce genre d'évènement d'habitude, alors je ne vois pas pourquoi tu ne viendrais pas. »

- « Ah oui hein ! Je sers de remplaçant. Vous êtes au courant que je sais pas me tenir en public ?! »

- « Tu vas devoir apprendre alors. »

- « En deux jours ? »

- « Oui. »

- « L'espoir fait vivre... »


À suivre...