Chapitre 1

Le stage d'été

Le taxi jaune sillonnait des petites routes escarpées et peu sécurisées en remontant les collines. Le conducteur avait grogné en voyant où il était envoyé et il n'avait pas dépesté jusqu'à la fin du trajet. Il n'avait pas non plus été aidé par ses clients qui ne faisaient que parler, et parler, et parler encore et toujours de tout et n'importe quoi. Il avait juste fini par remonter la vitre séparant l'avant et l'arrière du véhicule pour retrouver un calme nécessaire afin de ne pas faire de conneries. Quand il avait fait ça, les deux jeunes clients s'étaient offusqués et avant de bouder un long moment jusqu'à ce que le paysage autour d'eux ne passe d'habitations bourges à des vignes qui semblaient s'étendre jusqu'à l'infini. Ils s'agglutinèrent tous les deux à la même fenêtre, s'écrasant l'un l'autre, complètement impatients à l'idée d'arriver.

Antoine et Daniel étaient tous des cousins, les cousins Croute. Chaque été, leurs parents partaient en vacances et les laissaient tous les deux à Los Santos, tous ceux qu'ils connaissaient le savait. Ça durait depuis des années, depuis tellement longtemps en fait qu'ils ne se souvenaient pas vraiment d'un été qu'ils n'avaient pas passé à parcourir les rues d'asphalte brulant en se tapant des coups de soleil et en étant ramassés par le capitaine de la LSPD quand il les trouvait et les ramenait au commissariat pour qu'ils puissent se réhydrater et se mettre à l'ombre, à rendre visite au docteur Maison au LSMS parce qu'ils avaient mal aux pieds à force de marcher ou aux épaules ou encore au visage à cause des coups de soleil, à être assis derrière le bar du Paradise à côté de Kiddy à l'époque où il y travaillait... Pour eux, c'était ce qui était le plus normal à faire. Tout le monde les connaissait comme ça, et tous savaient qu'ils étaient gentils et un peu bêta. C'était un fait plutôt connu qu'ils faisaient toutes les bêtises possibles et imaginables.

Cet été allait être différent de tous les autres. Antoine et Daniel n'avaient pas pu faire leur stage de troisième comme les autres – l'un des deux s'étant cassé une jambe et l'autre un bras – alors ils devaient le rattraper durant l'été. Ça leur avait été difficile à trouver à cause de leur réputation mais Kiddy avait joué de ses relations pour qu'ils puissent être pris en charge au moins les deux semaines nécessaires et au mieux jusqu'à la rentrée, si ça pouvait éviter qu'ils ne fassent rien de leur été pour une fois.

Le taxi finit par ralentir devant un portail qui s'ouvrit lentement à son arrivée et alla se garer sur le parking entre plusieurs autres véhicules qui n'étaient pas tous dans le meilleur des états. Le chauffeur leur ordonna de sortir d'un ton sec, ayant déjà été payé avant de toute façon afin d'éviter qu'il ne se débarrasse d'eux avant de les mener à destination, et il repartit directement après, attendant à peine qu'ils aient eu le temps de s'éloigner de la voiture pour redémarrer en trombe. Les deux cousins restèrent surpris un petit instant avant de commenter une fois de plus sur l'impolitesse de leur chauffeur et de se dire qu'ils ne reprendraient jamais le taxi. C'était le capitaine Boid qui leur en avait pris un parce qu'il ne voulait pas avoir à réparer leurs bêtises s'ils devaient y aller par eux-mêmes mais ils préféraient encore avoir à prendre une voiture ou une moto au hasard comme ils en avaient l'habitude. Techniquement, ils n'avaient pas le droit, mais on ne les punissait jamais vraiment pour ça alors ce n'était pas bien grave.

Ils regardèrent tout autour d'eux pour essayer de juger l'endroit où ils se trouvaient. C'était le domaine Montazac-Torez, un domaine de vignoble où était apparemment fait le meilleur vin de la ville entière. Ils n'en savaient trop rien eux-mêmes, ils n'avaient jamais eu le droit d'en boire, mais ils croyaient tout ce qu'on leur disait. Parfois, ils avaient un peu de mal à se souvenir du nom car ils se rappelaient l'ancien nom du domaine – Don Telo & Castello – et ils n'arrivaient pas à se rappeler du nouveau titre même si ça faisait des années que celui-ci avait changé.

Ils étaient entourés par le grillage automatique et deux bâtiments, un garage et le domaine en lui-même, et des sangliers qui se promenaient un peu partout d'un pas lent et paresseux. Les vignes entouraient tout le domaine, sur une longue distance. Ils se prirent par la main pour ne pas se lâcher l'un l'autre et ils attendirent. Ils n'avaient pas la moindre idée de ce qu'ils cherchaient, seulement qu'ils devaient rester bien sagement sur le parking quand ils seraient arrivés, c'était ce que Kiddy leur avait demandé. Ça les démangeait, d'aller voir tout ce qui les entourait et de visiter les vignes, mais ils n'eurent pas le temps de céder à leur curiosité. Un homme sortit du domaine par la porte automatique, brun et habillé d'un caleçon à cœurs. Il s'avança vers eux mais sans pour autant sembler très intéressé par leur présence au premier abord. Il avait l'air fatigué d'un homme qui n'avait pas du temps à perdre et beaucoup trop de choses dans la tête.

« Bah alors les minots, faites quoi ici ? »

Antoine bafouilla, essayant de répondre, avant de se tourner vers son cousin. C'était Daniel le cerveau – et lui les muscles – donc il valait mieux que ce soit lui qui parle. Son cousin lâcha sa main et fit un pas en avant, assurant les présentations.

« B- Bonjour monsieur de Don Telo & Castello, on est les cousins Croute ! Moi c'est Daniel et lui c'est Antoine, on est là pour le stage. »

L'homme sembla ne pas comprendre ce qu'il venait de lui dire, pas immédiatement. Il se frotta les yeux, puis les tempes, avant de repousser ses cheveux en arrière comme s'il enregistrait enfin l'information.

« Ah oui, Kiddy est venu m'en parler, les croutons.

- Euh, on préfère qu'on nous appelle par nos prénoms en fait.

- Bien sûr, bien sûr. Vous êtes là sacrément tôt, vous deviez pas venir un autre jour ?

- Bah non vu qu'on est déjà là. »

L'homme hocha la tête. Il était peut-être trop fatigué pour se rappeler du jour qu'il était mais en tout cas il ne les reprit pas.

« Ok, par contre moi c'est Fabien Torez, mais appelez-moi Fab, F-A-B. Puis, le domaine s'appelle Montazac-Torez, c'est quoi ce nom que vous lui donnez ?

- C'est comme ça que ça s'appelait avant monsieur Fabien !

- Ouais, si vous le dites mais c'est plus comme ça aujourd'hui.

- Dites, pourquoi ça s'appelle-

- Non, plus de questions pour le moment, vous n'êtes pas là pour poser des questions mais pour ramasser le raisin. Suivez-moi. »

Antoine et Daniel s'échangèrent un regard. Le gérant du vignoble ne leur semblait pas très sympathique mais ils ne se sentirent pas d'humeur à critiquer quoi que ce soit, pas encore. Antoine chuchota rapidement à Daniel qu'il était possible qu'il soit juste fatigué comme il leur en donnait l'impression, et comme eux quand ils regardaient des films jusqu'à 3 heures du matin. Ils n'avaient techniquement pas le droit de faire ça mais personne ne les surveillait alors ça leur arrivait, donc il était peut-être possible que leur patron fasse la même chose.

Ils entrèrent dans le domaine et avancèrent jusqu'au fond d'un couloir. Fabien Torez leva la main vers une des portes.

« Ici, c'est votre chambre, c'est là où vous vivrez le temps du stage. Vos uniformes sont sur votre lit et vous aurez accès à la salle de bain commune. Ce sera à vous de la garder propre et de me la rendre dans l'état à la fin. »

Il leur tendit la clé pour qu'ils puissent ouvrir la porte mais quand Daniel avança sa main vers la sienne pour la prendre, il ne la lâcha pas immédiatement, même lorsque l'adolescent la prit entre ses doigts et tira un peu. Il semblait ne vraiment pas vouloir la lui donner et lorsqu'il le fit, son visage exprimait une grimace désagréable avant qu'il ne s'écarte pour leur laisser l'accès à la porte.

Daniel eut tout juste le temps de débarrer la porte qu'Antoine se cogna contre lui pour attraper la poignée et manqua de s'écraser au sol, entraîné par le mouvement trop rapide de son geste. Il se releva en s'excusant puis il entra dans la chambre en rigolant avec Daniel, une fois que celui-ci ne fut plus inquiet pour lui. Ils ne se rendirent pas compte l'un comme l'autre de la façon dont leur patron était tendu par leur façon de faire.

La chambre était grande, avec une immense armoire qui avait une télévision à écran plat incrustée, un lit King size – Antoine ne connaissait le terme alors il cria à quel point le lit était carré jusqu'à ce que Daniel le corrige en coinçant sur le mot exact pendant un instant puis il se laissa tomber dessus – et une table de nuit avec la lampe de chevet la plus kitch possible qui était même assortie au tapis sous le lit. Daniel regarda toute la chambre rapidement avant de se tourner vers Fabien.

« Y'a qu'un lit ?

- Bah y'a que deux chambres aussi et l'autre c'est la mienne alors ouais, y'a qu'un lit. Vous êtes cousins, hein ? C'est ce que m'a dit Kiddy, est-ce que ça vous dérange de dormir dans le même lit ?

- Oh non ! On a l'habitude de dormir ensemble, surtout quand il fait froid la nuit ! »

Fabien se contenta de marmonner quelque chose d'incompréhensible pour toute réponse en se pinçant le nez avant de reprendre un sourire comme si de rien n'était.

« Bon, mettez l'uniforme et rejoignez-moi dehors que je vous montre le travail que vous ferez ici.

- D'accord monsieur !

- Merci monsieur ! »

Fabien Torez laissa les deux adolescents seuls qui n'attendirent pas un instant de plus avant de piailler entre eux avec leur enthousiasme naturel. Antoine sautillait sur le lit, appréciant le confort qu'il n'avait d'habitude jamais durant l'été, et Daniel glissait sa valise et son sac à dos sous le lit pour qu'ils soient bien rangés.

« T'imagine comment on a trop, trop de chance d'être en stage ici ? On va faire plein de trucs trop cools !

- Moi je sais pas encore ce qu'on va faire.

- Moi non plus mais je suis sûr que ça va être trop, trop bien d'abord !

- Ouais, j'en suis sûr aussi ! Tu crois qu'on va être bien payé ?

- Oh bah j'espère ! Je veux m'acheter des chaussures qui brillent, les miennes sont abimées. »

Pour montrer ce qu'il voulait dire, Antoine s'échappa du lit en un bond et sauta sur place pour montrer à son cousin que ses baskets ne s'illuminaient plus sous ses pas. Daniel savait déjà ça mais il le regarda faire quand même, jusqu'à ce qu'il ne le voie emmêler ses jambes ensemble puis s'étaler de tout son long sur le sol en poussant un cri de douleur.

« Je vais bien ! »

Daniel se précipita quand même pour le rejoindre avant de s'écraser à son tour par terre, à côté de lui. Ils restèrent allongés tous les deux sur le sol, à se regarder en souriant bêtement. Il ne se passait généralement jamais bien longtemps avant qu'ils ne tombent par terre. Les gens ne s'en inquiétaient presque plus pour eux depuis le temps. Ils se remirent ensuite debout et se changèrent tous les deux pour enfiler leur uniforme avant de rejoindre leur nouveau patron. Quand ils repassèrent dans le couloir, Antoine remarqua alors un grand tableau qui était presque aussi grand que le mur, ce qui était assez ridicule à son avis, et qui avait réussi à échapper à son attention avant, étonnamment. Il s'arrêta et le fixa avec curiosité.

Le tableau représentait un homme dans toute sa grandeur, habillé de claquettes-chaussettes, d'un pantalon de pyjama bleu, d'une chemise jaune sous un manteau rouge et surtout d'un immense chapeau haut-de-forme de la même couleur que le manteau. Il tenait une bouteille de vin dans ses mains et affichait un sourire aussi faux qu'éclatant en regardant droit devant lui. Antoine se sentit un peu mal-à-l'aise parce qu'il avait l'impression que l'homme le regardait en réalité droit dans les yeux.

Daniel vint le rejoindre, intrigué par son arrêt. Il manqua au passage de se cogner contre lui mais il l'évita de peu.

« Tu fais quoi Antoine ?

- Il est pas bizarre l'homme sur la peinture ? »

Daniel leva les yeux à son tour et comprit ce que son cousin voulait dire. Il avait la même impression que lui, c'était vraiment étrange. Il prit sa main dans la sienne, un peu mal-à-l'aise. Il n'avait pas envie de rester là soudainement.

« Je pense qu'on devrait rejoindre monsieur Torez.

- C'est qui à ton avis ?

- J'en sais rien mais on s'en fiche, on est là pour travailler. En plus, c'est pas une vraie peinture, c'est une grande photo. »

Daniel entraina Antoine derrière lui. Le cousin jaune observa le portrait encore un moment, jusqu'à ce qu'il ne puisse plus le voir. Son cousin n'était peut-être pas à l'aise avec le portrait mais même s'il ne l'était pas non plus, il était vraiment intrigué et il ne savait pas du tout pourquoi.

Fabien Torez les attendait à l'extérieur et lorsqu'ils le rejoignirent, il fut bien plus souriant qu'il ne l'était auparavant, ce qui convainquit définitivement les cousins qu'il était juste fatigué – ils se demandèrent quand même comment il avait fait pour être moins fatigué aussi rapidement. Il leur fit signe de les suivre et descendit jusque dans les vignes. Il leur expliqua que leur seul travail, pour le moment en tout cas, serait de ramasser tout le raisin et de le mettre dans la réserve. Il leur montra ensuite comment effectuer leur travail avant de les surveiller un instant puis de les féliciter une fois qu'il fut satisfait.

« Bah c'est génial ça ! Vous vous débrouillez plutôt bien. Dites, je peux vous laisser seuls les minots ? J'ai pleins d'autres choses à faire moi.

- Dites monsieur, j'ai une question ! C'est qui l'homme sur la peint- la peinture euh non, la photo dans le, euh… le couloir ? »

Fabien perdit son sourire et décida de tout simplement ignorer la question comme si ce n'était rien d'important. Il les laissa à leur travail en leur souhaitant bonne chance, et partit à toute vitesse, répétant qu'il avait autre chose à faire et qu'il n'avait pas le temps de répondre. Antoine fut vexé et son humeur affecta Daniel également. Ils se mirent tous les deux à grommeler comme des enfants pendant un temps en ramassant le raisin. Par moments, ils ramassèrent d'autres fruits et ils ne savaient pas bien quoi en faire alors ils les rangèrent dans la réserve aussi. Ils attendirent d'avoir fini tout ce qu'ils avaient à faire avant de récupérer tous les fruits qui n'étaient pas des raisins et de les apporter à Fabien. Ils le trouvèrent avec des clients alors ils se précipitèrent à toute vitesse pour lui demander. Leur patron sembla ne pas vraiment apprécier leur arrivée brutale, étant donné la façon dont il grimaçait mais il prit quand même le temps de leur expliquer quoi faire avec, les invitant à les déposer dans le réfrigérateur. Il sembla ne pas non plus vraiment content quand ils se mirent à courir dans le domaine pour ranger les fruits avec impatience et enthousiasme mais il se contenta de grimacer et de reprendre sa vente alors les Croute n'y prêtèrent pas plus attention.

Lorsque le soir vint et qu'ils allèrent se coucher, Daniel avait un coup de soleil énorme sur le nez et Antoine avait des griffures partout à force de s'être cogné contre les vignes. Ils ne s'en rendirent pas compte mais ils s'endormirent immédiatement, complètement fatigués par leur première journée, sans même prendre le temps de se glisser sous les couettes.

Au milieu de la nuit, Antoine se réveilla, pris d'une bouffée de chaleur et en ayant l'impression d'être coincé sur place. Il remarqua très vite que le bras de Daniel était venu s'écraser sur ses épaules et le coinçait. C'était un fait connu qu'Antoine était les muscles du groupe et Daniel le cerveau mais là il avait bien toutes les peines du monde à écarter son cousin. Il n'était juste pas assez réveillé pour ça mais il avait l'impression de ne rien pouvoir faire. À sa droite, l'ampoule de la grosse lampe de chevet se mit à grésiller, illuminant très légèrement son visage. Il n'y connaissait pas grand-chose en électricité mais il était presque sûr que ce n'était pas normal, encore moins quand l'ampoule était éteinte de base. Il l'observa un instant avant de sentir quelque chose d'étrange, comme si quelque chose n'était pas normal, lui donnant même des frissons alors qu'il avait eu vraiment chaud juste un peu plus tôt. Il tourna la tête dans l'autre sens et sentit tout son corps se figer sur place.

Dans un coin de la pièce, presque aussi sombre que l'ombre, se tenait une personne de grande taille qui le fixait avec des yeux blancs, sans bouger et dans un silence de mort. Antoine se sentit angoisser de plus en plus, surtout quand il se rendit compte que la personne qu'il voyait lui faisait penser à l'homme du tableau avec son grand haut-de-forme. Il ne savait pas comment il pouvait savoir ça mais il avait aussi l'impression que l'homme était en colère, il avait l'impression de le voir vibrer sur place alors même qu'il ne le voyait pas bouger et avant qu'il ne s'en rende compte, il était en train de hurler de toutes ses forces.

Daniel fut réveillé en sursaut par son cousin qui se redressait sur le lit en se collant au mur comme pour essayer de fuir quelque chose. Il se releva à son tour pour essayer de le calmer, ne comprenant pas ce qui venait de se passer. Son cousin devait certainement avoir fait un cauchemar mais il ne comprenait pas comment ça avait pu le mettre dans un tel état. Il le prit par les épaules pour essayer de le calmer, en vain. Il remarqua que son cousin pointait le coin de la pièce alors il se tourna pour regarder à son tour et se mit à crier en voyant l'ombre noire dans le coin de la pièce qui avait une vague forme humaine avant d'attraper Antoine pour essayer de le tirer hors du lit. Il n'alla pas bien loin, tombant sur le sol et entrainant Antoine dans sa chute qui s'écrasa sur lui en continuant de crier. L'ombre sembla s'approcher d'eux, comme si elle vibrait avec violence.

La porte s'ouvrit brusquement et Fabien Torez se précipita sur les deux cousins pour les aider à se remettre debout. Antoine s'accrocha à lui avec terreur, continuant de pointer le coin de la pièce et Daniel se cacha derrière lui, boitant un peu à cause de sa chute.

« Oh, il se passe quoi, les gamins ? Pourquoi vous hurlez comme des putois, là ?

- Un monstre, y'a un monstre ! »

Antoine rouvrit les yeux pour montrer exactement ce qu'il voulait mais il n'y avait plus rien dans le coin. Ça ne l'empêcha pas de bafouiller et de répéter à plusieurs reprises tout ce qu'il avait vu. Daniel acquiesça, ayant vu exactement la même chose que son cousin mais ils furent bien incapables de se faire comprendre par leur patron qui se contenta d'essayer de les réconforter autant qu'il le pouvait. Il ne comprenait juste pas ce qu'ils voulaient dire, croyant certainement qu'ils avaient juste fait un cauchemar, rien de plus.

Ils finirent par laisser tomber, se contentant de s'accrocher à Fabien en continuant de regarder le coin jusqu'à ce que celui-ci se décide à y aller lui-même pour leur prouver qu'il n'y avait rien de dangereux, tâtant les murs pour les rassurer autant qu'il en était capable. Les cousins semblèrent convaincus mais ils tremblaient toujours quand ils retournèrent se coucher et ils ne purent pas s'endormir avant de se tenir la main pour s'assurer qu'ils restaient bien l'un avec l'autre.