TRADUCTION de Only Tragedy Allows The Release de gillianaunofficial
L'histoire originale est disponible sur ao3 (Archive Of Our Own)

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Pairing : Jean Milburn/Maureen Groff

Résumé : Jean annonce à Maureen qu'elle est enceinte et qu'elle ne sait pas quoi faire. Laisseront-elles finalement place à leurs sentiments ?


Only Tragedy Allows The Release

Maureen était en train de faire la vaisselle quand son portable se mit à vibrer. Elle enleva ses gants en caoutchouc jaune et les posa sur l'égouttoir avant d'attraper son téléphone. Le nom de Jean Milburn brillait sur son écran. Une vague d'excitation la traversa soudainement.

« Allo ? »

« Maureen… » hoqueta Jean, sa voix se brisant à travers le combiné. « Je ne savais pas qui appeler. »

« Jean, est-ce que ça va ? » Demanda Maureen en fronçant les sourcils et en jouant sans y penser avec les perles autour de son cou.

« Est-ce que tu peux venir ? Je préférerai en parler en personne. » Maureen se sentait bizarre en entendant autant de détresse dans la voix de Jean, elle accepta et vida l'évier, s'inquiétant pour son amie. Elle espérait que la blonde allait bien, elle n'était pas sûre de supporter de la voir dans cet état.

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Jean ouvrit la porte les yeux encore rouges et le visage bouffi par les larmes. Le cœur de Maureen se serra à la vue de l'autre femme qui était d'ordinaire si heureuse et souriante et qui semblait maintenait si bouleversée. Jean l'invita à l'intérieur et commença à lui préparer une tasse de thé avec des mains tremblantes. La brune se tenait prêt d'elle et sursauta quand une cuillère tomba au sol.

« Je vais le faire, c'est bon, » déclara-t-elle en posant l'une de ses mains sur celle tremblante de Jean. La blonde sourit avec gratitude, son visage pâle et laissa son amie finir de préparer le thé. Elles s'assirent dans le salon et Jean essaya de toute ses forces de ne pas se remettre à pleurer, une main posée sur sa poitrine, sur son cœur.

« Que ce passe-t-il ? » Demanda Maureen, brisant le silence. Comme si elle était en transe et qu'elle n'avait pas vraiment conscience des personne qui l'entourait, Jean leva les yeux. Elle se sentit soudainement coupable, c'était à elle de régler ça et à personne d'autre.

« Je suis désolée, je n'aurai pas dû te demander de venir. Je vais bien vraiment, » répondit Jean en se léchant les lèvres, une larme roula sur sa joue et elle en attrapa le goût salé du bout de sa langue.

« Jean, je vois bien que ça ne va pas, » répliqua Maureen en posant une main sur la cuisse de Jean, son cœur rata un battement au contact qu'elle avait initié. Elle n'était pas sûre de reconnaitre le sentiment que cela avait éveillé en elle. Jean regarda la main de la brune sur sa cuisse et soupira. Elle réalisa qu'elle désirait profondément ce genre de contact physique, ce réconfort qu'elle n'avait pas ressenti depuis longtemps.

« S'il-te-plaît, dis-moi, » implora Maureen en se penchant pour regarder la blonde dans les yeux. L'une de ses mèches brunes tomba devant ses yeux et Maureen la remis en place derrière son oreille, Jean sourit tristement au manière de son amie. Elle renifla, se redressa et joignit les mains dur ses cuisses.

« Je suis enceinte, » avoua Jean, sa voix petite mais forte alors qu'elle fondait en larmes, tout son corps tremblant sous la force de l'émotion. Maureen fut submergée par ses sentiments pour cette femme qui l'avait tant aidé et avait été sa seule amie depuis longtemps. Il était maintenant de son devoir d'être là pour Jean. « Je ne sais pas quoi faire. »

« Oh, chérie… » chuchota Maureen en prenant Jean dans ses bras. Son étreinte lui fut rendu lorsque les bras de la blonde s'enroulèrent autour de sa taille, s'accrochant désespérément à elle. Maureen enfouie sa tête dans le creux de son épaule, le parfum de Jean était enivrant, elle n'avait jamais remarqué à quel point elle sentait bon, une entêtante odeur de jasmin. Un sentiment inconnu l'envahi à nouveau, son cœur ratant un battement et le désir la saisissant. Alors qu'elle caressait le dos tremblant de Jean, ses sourcils froncés et ses yeux bruns empli d'inquiétude, il lui fallut un moment pour réaliser. Elle était amoureuse de Jean. Le sentiment lui était étranger et quelque chose qu'elle n'avait pas réellement ressenti depuis très, très longtemps. Jean s'écarta d'elle, sentant un changement dans l'air qui les entourait.

Maureen sourit faiblement et essuya une larme sur la joue de la blonde. Jean frissonna sous les doigts de la brune et sa main se posa contre celle de Maureen sur son visage, sentant le poids de sa main dans la sienne. Maureen était captivée par ce qu'il se passait entre elles. Une idée germa dans son esprit, une idée excitante qui pulsait dans ses veines, une toute petite idée. Quelque chose qu'elle ne devrait probablement pas faire. Mais l'envie était trop grande. Elle embrassa Jean, ses lèvres douces et comparable à celles d'aucun homme. Jean lui rendit son baiser, doucement et prudemment. L'incertitude dans ce baiser fut balayée par le réconfort apporté, un réconfort qu'aucune des deux ne pensait jamais trouver en quelqu'un d'autre. Jean se recula, une main se posant sur son ventre presque inconsciemment. Elle regarda Maureen et le rouge à lèvre rose qu'elle avait laissé sur ses lèvres, par-dessus celui qu'elle lui avait donné. Maureen trouva son autre main et la serra alors que Jean reprenait ses esprits.

« Ça va aller, je te le promets, » déclara Maureen en l'embrassant à nouveau, les sensations nouvelles et brulantes dans son esprit. Quand elles rompirent le baiser, Jean sourit.

« Merci, » répondit-elle, un air heureux sur le visage.

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« Je crois que je t'aime, » annonça Maureen alors qu'elles étaient allongées ensemble sur le lit de Jean. Il ne s'était rien passé de sexuel. Jean avait l'impression d'être une petite fille au cœur brisé, ayant désespérément besoin de l'attention de quelqu'un d'autre qu'elle-même, quelque chose qu'elle n'avait jamais vraiment eu.

« Quoi ? » Demanda-t-elle après que les mots est étaient chuchoté contre sa nuque, ses mains posées sur son estomac.

« J'ai dit, je crois que je t'aime, Jean. » Jean soupira. Elle avait connu l'amour et l'avait perdu, et voilà que maintenant, l'amour lui était offert à nouveau par le biais de celle qui avait d'abord était son amie. Mais elle le ressentait, ce qui était entre elles et ce qui était présent depuis qu'elles s'étaient rencontrées. Pour l'amour de Dieu, elle lui avait offert du rouge à lèvre et un vibromasseur. Bien sûr qu'il y avait des sentiments inavoués. Parfois, Jean avait dû mal à voir en elle ce qu'elle voyait dans ses patients jour après jour.

« D'accord. » Fut tout ce qu'elle put vraiment répondre.

« Ce n'est pas grave si tu ne veux pas le dire, ou si tu ne ressens pas la même chose, » déclara Maureen alors qu'elle caressait le ventre de Jean, elle savait que sous ses mains grandissait le fœtus qui serait bientôt un petit être humain. Toutes les tensions qui étaient présentes auparavant avaient été relâchées et Jean était à l'aise avec l'idée de Maureen et elle. De quelqu'un qui l'aime. Elle avait besoin d'être aimé et, pendant longtemps, elle avait négligé ce fait. Elle avait besoin d'aimer quelqu'un qui l'aime en retour. Le sentiment si puissant qui l'avait laissé effrayé après le départ de Rémi commençait à se dissoudre peu à peu alors qu'elle s'ouvrait à nouveau.

« Merci, » répondit Jean. Et, pour une fois, elle était heureuse dans cette intimité délicate qu'elle avait banni de sa vie pendant si longtemps.

Fin