Disclaimer : Riviera est l'oeuvre de Neil Jordan.

Résumé : La première fois que Christos but, il avait quinze ans. [Riviera]

Note de l'auteur : Cet OS a été réalisé pendant l'atelier d'écriture sur le discord « La Fabrique à Plumes » de Kinaï qui a eu lieu le 02/07/2021, sur le thème des premières fois. Prompt 4 : Raconter la première fois que votre perso a bu de l'alcool (contexte, causes, conséquences, etc.)

Liste du Discord « Les défis galactiques » : De secondaire à principal : Christos Clios

Au fond d'un verre

Christos n'aimait pas l'alcool. Et du haut de ses quinze ans, il n'avait jamais bu une goutte. Il trouvait déjà l'odeur désagréable alors il en imaginait aisément le goût. Et pourtant, alors qu'il n'avait jamais touché à une boisson alcoolisée, une fois seul chez lui, il ouvrit le bar dans le bureau de son père et se servit un whisky. Il l'avait vu faire tellement de fois qu'il savait exactement comment le verser. Il prit une gorgée, fit la moue tant il trouvait ça ignoble. Cependant, il finit son verre et s'en prépara de suite un autre. Il n'irait pas au-delà de deux, il se le promit. Mais désormais, il comprenait mieux pourquoi les adultes consommaient cette merde. Parce qu'elle aidait à anesthésier la douleur.

Il n'avait que quinze ans et il en éprouvait déjà le besoin.

Lui qui n'était ni particulièrement populaire ni spécialement sportif, il avait plu à une fille. Elle avait été gentille avec lui. Elle s'était intéressée à lui. Elle avait rit à ses blagues, aussi pourries fussent-elles. Il avait ressenti une connexion, un lien, quelque chose de si fort qu'il envisageait la possibilité d'un premier grand amour et il lui avait donc offert son cœur en plus de sa virginité. Puis elle avait disparu. Plus de son. Plus d'image. Jusqu'à ce qu'il la retrouve et qu'il apprenne la vérité :

Elle ne l'aimait pas, ne l'avait jamais aimé, il n'avait été qu'un travail pour elle.

Sa propre mère avait payé une prostituée pour séduire son fils et en faire un homme.

Parce qu'apparemment, n'avoir jamais eu de copine à quinze ans, ne jamais avoir fait l'amour à quinze ans, était une tare pour celui qui devait héritier de l'empire financier familial.

Sa mère lui avait fait comprendre que personne ne pourrait l'aimer pour lui, il n'était pas assez bien, ne serait jamais assez bien pour qu'on puisse l'apprécier pour autre chose que son cul ou son porte-feuille. Qui il était n'était pas assez bien pour elle, un fils gauche, timide et puceau était une honte.

Alors oui, il s'était enfermé dans le bureau paternel, buvait sans doute le mauvais alcool pour commencer à boire comme les adultes mais en attendant, il n'avait rien trouvé d'autre pour soulager son cœur brisé. La brûlure dans sa gorge avait le mérite de lui faire oublier la gifle de la trahison, l'envie de mourir qui le tenaillait. Puisque les bras parentaux lui étaient interdits parce qu'il devait se montrer plus viril, plus fort, selon un schéma archaïque, autant se tourner vers ceux crées par les degrés dans l'ambre liquide qu'il avalait. Ceux-là ne lui feraient pas ce genre de coup de pute. Ceux-là ne mentaient pas. Ceux-là étaient peut-être les seuls amis sincères, les seules amantes fidèles, qu'il aurait jamais.

FIN