Guenièvre et les maitresses d'Arthur
SPOILER / Post KV1. Guenièvre se pose des questions sur les anciennes maitresses de son mari. Écrit en script, dans le style des premiers livres. Arthur/Guenièvre One-Shot
Disclaimer! Kaamelott et ses personnages sont la propriété intellectuelle de Alexandre Astier.
Note : Je n'ai pas vu KV1 (le film n'étant pas présenté où je réside). J'ai toute fois passé les derniers jours à parcourir internet afin de me faire spoiler le plus possible (parce que je ne peux pas entendre des mois que le film soit éventuellement/possiblement disponible en streaming) et j'ai été inspiré de ce petit one-shot.
1 INT. CHAMBRE ROYALE – NUIT
ARTHUR et GUENIÈVRE sont au lit. Il lit un parchemin et elle brode.
GUENIÈVRE (posant sa broderie sur ses jambes) – Je peux vous poser une question?
ARTHUR (interrompant sa lecture) – Oui allez-y.
GUENIÈVRE – C'est que je me demandais quelque chose en fait.
Silence.
ARTHUR – Oui, alors quand vous avez dit que vous aviez une question, tout de suite j'ai compris que vous vous demandiez quelque chose. Ça va ensemble, en fait.
GUENIÈVRE – Ah.
OUVERTURE
2 INT. CHAMBRE ROAYLE – NUIT
GUENIÈVRE – Nous nous entendons pour dire que la reconstruction de Kaamelott est presque terminée.
ARTHUR (les bras croisés) – Oui, c'est pas mal terminé. Il reste quelques petits endroits à polir disons, mais dans l'ensemble c'est bien; l'important est fait. Tout ce qui est sécurité – (il décroise les bras et compte sur ses doigts) les tours, les remparts, la grande porte – ça, c'est fait depuis longtemps. Heu, la salle du trône, la salle de la Table Ronde, la salle d'entraînement, c'est comme neuf. Les chambres-
GUENIÈVRE (lui coupant la parole) – Ah! Voilà! Les chambres. C'est là que je voulais en venir.
ARTHUR – Quoi? Elles vont pas les chambres? (inquiet) C'est la pierre, c'est ça? C'est difficile à voir pour vous? Ça vous rappelle des mauvais souvenirs?
GUENIÈVRE (sincère) – Ah, non! Je n'ai pas de problème avec la pierre.
ARTHUR (soulagé) – Tant mieux. Parce que à la limite, si ça vous rappelait heu, (il baisse la voix) la tour, (il reprend son ton de voix normal) on aurait pu faire mettre… Je sais pas moi, des plaques de bois par-dessus pour cacher, mais ça aurait fait un peu grange comme look.
GUENIÈVRE (avec la voix douce) – Oui, ça aurait l'air ridicule. Je suis reine de Bretagne moi, pas reine des pécores, hein.
ARTHUR – Oui. Sinon, on aurait pu recouvrir les murs de tapisserie. Mais, heu, comment dire, moi ça m'aurait fait un peu chier, je dois vous avouer. C'est pas mon style, de un, ça coûte hyper cher, de deux, et ça aurait fait étouffant du tissu partout sur les murs. Et je suis chef de guerre moi, je suis pas conservateur de musée.
GUENIÈVRE – Ne vous inquiétez pas mon ami, la décoration est très bien, je n'ai rien à y reprocher. Quoique ça m'aurait fait bien plaisir de broder une ou deux tapisseries pour mettre dans la chambre.
ARTHUR – Une ou deux j'ai rien contre, hein. Et si c'est vous qui les faites, je suis certain qu'elles seraient très jolies.
Il met sa main sur celle de GUENIÈVRE, elle lui sourit.
GUENIÈVRE – Pour revenir aux chambres…
ARTHUR (il croise ses mains sur ses cuisses) –Eh bien?
GUENIÈVRE – Si j'ai bien compris, maintenant, il y a plus de chambres qu'avant.
ARTHUR – Oui, c'est-à-dire, tant qu'à reconstruire, on s'est dit qu'on pourrait rajouter plus de chambres. Parce que la dernière fois on a manqué de place, quand j'ai remis Excalibur dans le rocher.
GUENIÈVRE (outrée) – Mais vous aller pas refaire ça!
ARTHUR (remettant sa main sur la sienne) – Ah bien non! Je la garde maintenant, Excalibur. Non, je donnais un exemple. Faut penser que on va continuer à recevoir du monde. Pour les fêtes organisées par Bohort, par exemple, ou quand votre père va faire venir tous les cinglés du monde Breton pour mater des armes de guerre, ça prend des chambres.
GUENIÈVRE – Oui d'accord, mais dans toutes ces chambres-là…
ARTHUR – Quoi, ces chambres-là?
GUENIÈVRE (fâchée et lâchant la main de ARTHUR) – Eh bien il y en a bien quelques-unes pour vos maitresses!
Elle baise le regard.
ARTHUR (il croise les bras) – Mes maitresses… Quelles maitresses?
GUENIÈVRE (triste) – Bah, Demetra-
ARTHUR (lui coupant la parole, sur un ton sec) – Demetra, ce n'est plus ma maitresse.
GUENIÈVRE – Ah bon?
ARTHUR (soupir) – Elle a mariée votre frère je vous rappelle.
GUENIÈVRE – Et du coup, ce n'est plus votre maitresse?
ARTHUR (il soupir encore) – Bien non, puisqu'elle est femme de chevalier maintenant. Et si je fais ça…
GUENIÈVRE – Ah non, je vous en supplie, ne reparler pas de ça!
Elle frissonne et il remet sa main sur la sienne.
ARTHUR (la regardant dans les yeux) – Non, mais de toute façon, des maitresses, je n'en ai plus.
GUENIÈVRE (émue) – Ah bon?
ARTHUR (joueur) – C'est un peu vous maintenant ma maitresse…
Elle rougit, il se rapproche d'elle.
3 INT. SALLE À MANGER. JOUR.
ARTHUR et GUENIÈVRE sont seuls à table, le repas est entamé.
ARTHUR – Vous êtes certaine que tout va bien?
GUENIÈVRE (lève le regard de son assiette, surprise) – Oui. Pourquoi me posez-vous cette question?
ARTHUR – Bien, c'est-à-dire, vous êtes bien silencieuse ce midi.
GUENIÈVRE – Eh bien, pour tout vous dire, depuis hier soir, je ne fais que penser à vos maitresses.
ARTHUR (cognant légèrement la table avec son poing) – Ah non, pas encore. Je vous ai dit hier que je n'en ai plus de maitresse! Je crois avoir rendu ça bien clair auprès de vous.
GUENIÈVRE – Oui, je sais! Je n'y pense pas dans ce sens-là!
ARTHUR (confus) – Eh bien, dans quel sens alors?
GUENIÈVRE – J'ai un peu de peine pour elles.
ARTHUR – De la peine? Non, mais ça va. Elles savent se débrouiller. (morose, à lui-même) De la peine pour mes anciennes maitresses…
GUENIÈVRE – Oui, je pense à elles, toutes seules, dans leur patelin. Je me dis qu'elles doivent attendre qu'on vienne les chercher pour les ramener au château, mais il y a jamais personne qui vient! Moi, je sais que j'aurais beaucoup de peine.
ARTHUR – Mais faut pas penser à ça. On sait pas ce qu'elles sont devenus. Après tout ce temps qui ait passé, elles se sont sûrement mariées. Ça me surprendrait qu'elles soient toutes là à m'attendre.
GUENIÈVRE – Je me demande dans quelle condition elles vivent.
ARTHUR (soupir longuement) – Bon déjà, Aelis, elle est fille de chef de clan. Son père l'a certainement mariée à un noble. Ou sinon, son père c'est encore fait battre, parce que c'est un gros con qui est pas foutu de se défendre, et un autre chef de clan lui est passé dessus et elle est rendue la maitresse de cet autre type maintenant.
GUENIÈVRE (levant la voix) – Et les jumelles du pêcheur? Même si elles se sont mariées, elles doivent vivre dans la pauvreté.
ARTHUR (tristement) – Oui, bon… Peut-être… Écoutez, ça me touche que vous vous fassiez du souci pour elles, mais on peut pas faire grand-chose pour leur condition non plus….
GUENIÈVRE – On peut pas les faire revenir au château?
ARTHUR – Mais qu'est ce que vous voulez qu'elles viennent foutre au château?
GUENIÈVRE – Je sais pas moi! On pourrait peut-être leur trouver un petit boulot facile.
ARTHUR observe sa femme, décontenancé.
ARTHUR – Non, mais vous allez pas les faire venir travailler ici, quand même!
GUENIÈVRE (énervée) – Et pourquoi pas? Je parle pas de leur faire récurer le plancher de la salle à manger! Un petit boulot facile, quoi…
ARTHUR – Et c'est quoi pour vous, je vous en prie, un petit boulot facile?
GUENIÈVRE – Quelque chose de sympa… Elles pourraient être mes boniches!
ARTHUR la regarde les yeux écarquillés, il cherche silencieusement ses mots.
GUENIÈVRE – Eh bien, quoi? C'est pas trop leur en demander de m'aider à mettre ma robe… J'ai toujours été très polie et gentille avec mes boniches, je vous signale.
ARTHUR – Non, mais sérieusement, vous souhaitez vraiment que Azilis et Thumet nous apporte nos déjeuner, le matin, quand la veille, il s'est passé vous savez quoi?
GUENIÈVRE ouvre la bouche, mais aucun son ne sort.
ARTHUR – Eh bien voilà, j'ai ma réponse.
GUENIÈVRE – J'avoue que je n'avais pas penser à ce détail…
ARTHUR (sarcastique) – Un tout petit détail, oui…
GUENIÈVRE – Oh, ça va, hein! J'ai pas encore l'habitude…
ARTHUR croque un radis et GUENIÈVRE arrache un bout de pain.
ARTHUR – Vaux mieux vous y faire.
FERMETURE
4 INT. SALLE À MANGER – JOUR
ARTHUR – Non, mais sérieusement, aucune de mes maitresses ne peut revenir ici, surtout pas en tant que votre boniche!
GUENIÈVRE – J'essaie juste de leur trouver quelque chose…
ARHTUR – Oui, mais avec une de mes anciennes maitresses en boniche, c'est pas de l'aide pour vous habillée que vous allez recevoir, c'est un coup de poignard dans le dos.
GUENIÈVRE (effrayée) – Vous croyez?
ARTHUR (sérieux) – Et si quelqu'un ne fait même qu'y penser, je lui déglingue sa tête.
NOIR
GUENIÈVRE (VOIX OFF, émue) – Oh, comme vous êtes romantique!
