Un ancien travail de classe que j'ai réécrit à la sauce Hetalia.
J'ai décidé aujourd'hui de publier toutes les vieilles fanfictions qui traînaient quelque part sur mon PC. Elles datent toutes de 2015/2016 donc soyez indulgents, je n'avais que 15 ans à l'époque et je commençais à peine à écrire des fanfics.
Bonne lecture !
Retour sur les traces du passé
La douce route qui menait à la ville était méconnaissable alors que la nature avait commencé à récupérer la zone aujourd'hui inutilisée. C'était maintenant un entrelacement de plantes, d'herbe et de racines qui s'étaient emparées de tout ce qu'elles pouvaient. L'herbe sèche, les buissons mourants et les fleurs fanées étaient tout ce qui restait des jardins jadis bien entretenus maintenant revenus à leur chaotique état naturel.
Les branches brisées et les feuilles couvraient les routes de la ville tandis que les hautes herbes des jardins se balançaient dans le vent.
Des restes de briques et de planches se trouvaient encore un peu partout, depuis longtemps oubliés. Beaucoup de balcons et de murs s'étaient effondrés. Sans entretien ou nettoyage requis, il était facile pour la vermine et l'eau de faire des dégâts au peu de bâtiments qui se dressaient encore debout. Il y avait des traces de feux passés, dans certains cas c'était simplement une traînée de suie ou de fumée au-dessus d'une fenêtre, dans d'autres c'était un tas de cendre et de poutres grisâtres où une fois s'était tenu une maison.
Cette ville, autrefois le foyer de douzaines de familles, était maintenant un lointain souvenir des temps meilleurs. Les chants des oiseaux, les animaux bruissant dans les buissons et les arbres causaient divers bruits ; des bruits d'animaux errants, d'animaux sauvages ayant pris place comme une communauté animée succédant à celle des hommes. Le vent dans les arbres et le grincement du bois étaient les nouveaux sons dominants de cette ville autrefois vivante, riche des sons de joie et de plaisirs simples. Tout cela avait remplacé aux rires des enfants qui jouaient, des voisins qui parlaient, d'une ville qui vivait.
Les senteurs de pain frais, de fruits divers et de toutes sortes d'autres aliments qui avaient autrefois remplis l'air du marché avaient maintenant disparus. Il ne restait à présent que l'air frais des forêts à proximité, ainsi que l'odeur des fleurs sauvages ayant poussées entre les fentes des bâtiments et de la terre fraîchement détrempée par la pluie de la nuit.
La galerie d'art était autrefois la fierté culturelle et la joie de cette ville et les touristes affluaient pour voir les nouvelles œuvres affichées. Maintenant, c'était la maison d'un attroupement de colombes qui avaient détruit la plupart des pièces d'art, ignorantes de ce que cela signifiait autrefois pour beaucoup des personnes.
Le poste de police ayant un jour offert aux personnes dans le besoin et en danger, la protection qu'ils demandaient, n'était maintenant plus qu'un foyer pour les animaux et un abri contre la pluie. Au moins, les cellules étaient vides.
C'était un sentiment étrange d'être sur les traces de tant de vies depuis longtemps oubliées et ne sachant pas ce qui était advenu des personnes qui avaient passé leur vie ici. Mais même si tout pouvait sembler perdu à jamais dans le passé, il y avait toujours un bon côté. Alors que cette ville n'était plus la maison des familles qui vivaient ici jadis, c'était maintenant le foyer de familles d'animaux sauvages.
Francis observa cette trace des vies passées et sentit poindre à ses yeux le désagréable picotement précédant des larmes. Tant de souvenirs se bousculaient dans sa tête il avait connu ce village, il avait connu les gens qui habitaient jadis ici et les activités qui l'animaient. Aujourd'hui du moins, il n'en restait rien. La guerre qui s'était tenue à environ deux sillons de là était passée avant de partir en coup de vent et y avait raflé toute la vie. Ce village faisait aujourd'hui partie de ceux que la nation française pouvait compter pour mort lors de la Première Guerre mondiale. Il était simplement injuste que lui, l'eût connu. Ainsi, revenir ici des années le séparant de la guerre poursuivait de lui trouer le cœur. L'un de ces villages où Francis y avait déposé son affection et il aimait se rendre pour quitter Paris et se ressourcer. Mais cela, c'était avant le temps de la guerre…
Aujourd'hui, il avait voulu revenir pour le fêter le cinquantième anniversaire de la destruction du village en 1916. Il n'y revenait que tous les dix ans, et beaucoup de ses habitants, il ne les avait jamais retrouvés. La jolie fille du boulanger, le gros facteur du village d'à côté qui livrait ici aussi, le vieux maire plein d'humour… Il avait passé de jolies périodes ici. Révolues…
- Francis… ? Viens, on s'en va.
- Attends. Dit-il lentement sans quitter des yeux le village. Je n'ai pas encore déposé les fleurs.
- D'accord, je t'attends dans la voiture. Ne tarde pas trop, on doit se rendre à Londres pour ce soir.
Les pas repartirent en arrière et Francis les entendit disparaître au cœur de la forêt par laquelle il fallait passer pour parvenir au village détruit. Il sourit doucement, mais tristement, Arthur savait parfaitement quand il fallait peser ses mots avec lui. Les moments de deuil et de recueillement comme celui-ci en faisait partie et, en étant conscient de cela, il tâchait de ne pas le brusquer. Oui, Arthur comprenait bien ses peines de cœurs, après plus de mille ans à se connaître, il fallait bien.
Il finit par détacher ses yeux d'un oiseau perché sur un bout de ruine du toit effondré de l'église et déposa un bouquet de chrysanthèmes à ses pieds, exactement à l'endroit de l'entrée du village. Un dernier regard, et il se retourna pour suivre Arthur partit devant…
Il ne reviendrait qu'au soixantième anniversaire.
