Disclaimer : Le Dernier duel est l'oeuvre de Ridley Scott.

Résumé : Après le duel qui opposait Jean à André Le Gris, Marguerite ne voulait qu'une chose : tout oublier pour renaître. [Le Dernier duel]

Note de l'auteur : Cet écrit a été réalisé pour le challenge de la meilleure plume sur le Discord « La Fabrique à Plumes ». Prompt : Ecrire sur le dernier film que vous avez vu au cinéma (ou via un autre média).

Liste des dettes du discord « Défis Galactiques » : 50 nuances de fandom méconnu + Ecrire sur un nouveau fandom (Un défi pour soi et pour les autres) + Quatre aspects de... fandoms (partie 2) : Seven Deadly Sins : Ecrire sur l'un des sept péchés capitaux ou écrire un texte à l'époque du Moyen-Âge + Prénom 62 : Jean + Ecrire sur une belle-mère (Recyclage) + Première phrase 44 : "Tout le monde les fixait – il fallait s'y attendre." Les Collisions de Joanne Richoux + Mot inconnu du 13/09/2021 au 19/09/2021 : Mirifique (merveilleux, magnifique) + Lion : Aphrodite - écrire sur une femme très belle + Quatre cent deuxième baiser : Un baiser sur la joue de la belle-mère/beau-père

ATTENTION SPOILERS SUR L'ENSEMBLE DU FILM !

La phénix de Carrouges

Tout le monde les fixait – il fallait s'y attendre. Comment en vouloir à cette foule amassée dans les rues sales et grises de Paris sur le chemin vers ce qui allait devenir la somptueuse cathédrale de Notre-Dame ? Oui, pour eux, Jean était l'élu de Dieu. Il venait, malgré lui, de donner espoir à des femmes qui elles aussi avaient été victimes de viol. Elles pouvaient avoir Justice elles aussi. Même si c'était Marguerite qui avait voulu crier à la face du monde le crime affreux qu'elle avait subi. Elle ne s'appartenait pas, ne s'était jamais appartenue et n'était là qu'à travers un homme : son père puis son époux. Alors oui, la jeune mère comprenait aisément le côté mirifique qu'inspirait le chevalier de Carrouges, l'histoire de ce soldat courageux qui allait défendre l'honneur et la vertu de sa femme bafouée, une femme réputée pour sa beauté avec ses longs cheveux d'or, sa peau de lait, ses grands yeux de biche. Mais tout cela la laissait complètement vide. Le Gris était mort. Il avait payé le prix du sang pour ce qu'il avait osé lui faire. Désormais, le Ciel allait se charger de sa pénitence. Elle, elle avait un enfant à élever, un domaine à diriger si Jean la laissait faire et surtout une vie à reconstruire, une reconstruction rendue plus aisée avec l'idée que l'homme qui l'avait ainsi outragée ne ferait plus jamais de mal à personne.


- Pouvons-nous parler ? Demanda Nicole alors qu'ils se retrouvaient ensemble pour dîner

D'ici quelques jours, la famille allait repartir pour leur Normandie natale. Sa belle-mère semblait gênée. Marguerite savait pourquoi. Ne lui avait-elle pas reproché de mettre son fils unique en danger ? Qu'elle aurait dû endurer, se taire, passer à autre chose parce que c'était ainsi ? Qu'elle n'était qu'une prétentieuse, une mauvaise épouse et l'oiseau par lequel le malheur arrivait ? Comme elle devait se trouver contrite maintenant que tout était fini ! Jean avait gagné le duel judiciaire. Dieu les avait épargnés et avait jugé bon de laisser toute la France savoir qu'ils avaient dit la vérité. Son enfant se retrouvait inscrit dans l'histoire, les gens sur leur passage voyaient en lui un bon chrétien aimé de leur Seigneur pour avoir ainsi été protégé. Cela devait nourrir son ego : être la mère du chevalier guidé par le Très-Haut qui avait pu ainsi prouver la véracité des propos de sa douce compagne !

- Bien sûr, Mère. Sourit son fils

- C'est que c'est une affaire qui nous concerne, Marguerite et moi.

- Cela ne me dérange pas d'en parler ici. Répondit la jeune femme. Je n'ai aucun secret pour mon mari.

A la vérité, même si elle savait qu'il ne prendrait pas son parti, elle avait le plaisir mal placé, elle le savait, de voir cette horrible mégère en mauvaise posture face à celui qu'elle idolâtrait.

- Je vous dois des excuses, Marguerite. Révéla la vieille femme. Je me suis montrée injuste et cruelle avec vous dans un moment difficile. Le chemin voulu par Dieu n'est jamais simple et j'aurais dû être là pour vous épauler. Comme une mère aurait épaulée sa fille. Mais dans ma colère et mon arrogance, je n'ai vu que ma peur de perdre Jean. Et je dois admettre que je n'ai pas été des plus tendres non plus en son absence. Je vous prie donc de me pardonner.

Elle aurait pu rester fâchée. Elle aurait dû. Mais face à un tel acte sincère de remords et de repentance, alors qu'elle-même venait d'être épargnée quand le bûcher l'attendait, comment rester dans le ressentiment ? Non, il fallait oublier le passé. Le laisser régenter leurs existences signifierait que Le Gris gagnerait dans la mort. C'était un nouveau début pour eux tous. Marguerite se leva de sa chaise, se dirigea vers sa belle-mère et lui embrassa la joue.

- Je vous pardonne, Mère. Et bien sincèrement. Je voudrais que nous puissions devenir amies toutes les deux. De vraies amies. Au nom des êtres aimés que nous avons en commun.

Le chevalier se taisait, observait la scène avec fierté.

Tels les phénix, les Carrouges renaissaient de leurs cendres.

FIN