Disclaimer : Rien ne m'appartient, à part l'idée et ces débouchées ^^

Note d'Auteur : J'espère qu'il vous plaira et bonne lecture !

L'alliance des lions et du dernier aigle

La première fois que Joffrey avait rencontré Robin Arryn, l'unique enfant de la main de son père, il avait eu l'impression de voir un bambin, alors que l'enfant était âgé de cinq ans déjà. Il était toujours dans les bras de sa mère, parfois même à son sein, et ne s'exprimait que très peu. Le prince héritier était au courant de certaines choses au sujet des seigneurs du Val, mais cela ne justifiait en rien ce que la mère avait fait de son unique enfant. Joffrey avait alors demandé à ce que l'aiglon soit admis dans le cercle rapproché de sa fratrie, qu'il assiste aux mêmes leçons qu'eux et participe à leurs entraînements avec le maître d'arme du donjon rouge, Ser Aron Santagar.

Les premières leçons avaient été une torture, l'aiglon ne savait même pas par quel côté prendre une épée et encore moins la tenir droite en face de lui. Même Tommen, qui pourtant n'aimait pas cela, se débrouillait mieux que lui en la matière. Du point de vue du prince héritier, cela était désespérant.

Et tout changea lorsque Jon Arryn mourut, sa veuve quitta Port-Réal avec Robin pour se réfugier derrière les Portes de la Lune. Les loups remplacèrent les aigles, à la tristesse du prince héritier, qui venait de voir un ami être remplacé par deux fillettes, sa douce mais ignorante fiancée et son insolence petite sœur sauvage. Et après … son père mourut.

Joffrey avait été couronné roi des Sept Couronnes, en pleine guerre contre ses deux oncles ainsi que le fils aîné du défunt traître Ned Stark. Port-Réal était trop peu défendue pour qu'ils puissent tenir longtemps en cas de siège, le lion avait bien conscience de cela. Mais l'armée de son grand-père était trop loin et les autres couronnes s'étaient détournées de lui, ce n'était que des traîtres.

- Lady Sansa.

- Votre Majesté.

Il avait entendu que certains membres de la garde royale s'en étaient pris à elle, physiquement, menés par le cruel Meryn Trant. S'il le pouvait, Joffrey se débarasserait bien de cette garde royale, pour en trouver une plus digne de son rang et du commandement de Ser Barristan, seulement …

- Jusqu'à la fin de la guerre, vous resterez confinées dans vos quartiers Lady Sansa. Vous n'aurez pas le droit, ni d'en sortir, ni de communiquer avec qui que ce soit, et des servantes viendront vous apporter vos repas trois fois par jour.

Elle restait un otage dans la guerre contre Robb Stark, mais pour cela il fallait qu'elle soit encore en vie à ce moment-là. Et avec la garde royale qu'il avait …

- Bien, Votre Majesté.

Le jeune roi ne s'attarda pas plus longtemps dans les quartiers de son ancienne fiancée, avant de rejoindre son oncle et main du roi, Tyrion. Il avait eu une idée, pour remplacer sa garde royale, en retrouver une qui inspirerait à nouveau les chevaliers et les bardes. Néanmoins pour cela …

- Seigneur Main.

- Votre Majesté.

Leur relation était au mieux cordiale, au pire de l'indifférence voilée, mais le blond en avait fait le deuil de il y a bien longtemps déjà.

- J'aimerais vous parler de quelque chose, au sujet de la garde royale.

- Je vous écoute.

- Après la danse des dragons, la nouvelle main du roi, Lord Cregan Stark de Winterfell a déclaré qu'aucun frère juré de la garde royale ne devrait survivre à son roi si ce dernier était décédé de mort violente et a ainsi fait condamner à mort l'ensemble des blanches-épées qui se trouvaient à Port-Réal au moment de l'assassinat d'Aegon II.

- Vous voudriez faire exécuter six des sept membres de votre garde ?

- Sauf s'ils choisissent le Mur.

Cet acte était d'une grande barbarie, du point de vue de Tyrion, mais il s'agissait peut-être bien aussi de leur meilleure chance de se débarrasser des traîtres qui se trouvaient probablement dans leurs rangs. Qui plus est, en puisant dans les forces de la Couronne, de l'Ouest et peut-être bien du Bief, il était probablement possible de nommer une nouvelle garde plus prestigieuse que celle qu'ils avaient actuellement. C'était …

- Entendu, Votre Majesté.

Cinq frères jurés furent ainsi arrêtés le lendemain matin, exception faite de Ser Barristan Selmy qui avait réussi à fuir avant l'arrivée de ses poursuivants. Ser Meryn Trant et Ser Arys du Rouvre demandèrent à rejoindre le Mur, ce qui leur fut accordé, et les trois autres furent décapités pour leur incompétence. Après cela, les préparatifs du siège contre Stannis Baratheon, qui avait récupéré les forces de son frère après sa mort au combien mystérieuse, et était leur ennemi le plus direct, reprirent.

Son bouclier-lige, Sandor Clegane, son cousin, Ser Lancel Lannister, ainsi que Ser Balon Swann furent tout trois couverts du manteau blanc réservé à ses protecteurs, tandis que son oncle Tyrion hâtait les préparatifs du siège avec le nouveau commandant du Guet de la ville, un roturier du nom de Bronn.

La bataille sur la Néra fut sanglante, mais ce fut une victoire tout de même, rendue amère à cause de la désertion du Limier. Les Tyrell et l'ensemble de leurs vassaux s'étaient ralliés à sa cause, grâce aux négociations menées par Lord Baelish, leur permettant d'écraser dans une dernière charge victorieuse l'armée de Stannis Baratheon.

Son grand-père, Tywin Lannister, remplaça alors son oncle au poste de main du roi, et organisa le création de sa nouvelle garde royale en tout premier lieu. Sa décision l'avait rendu impopulaire auprès d'une partie de ses vassaux, mais c'était quelque chose avec lequel il serait capable de vivre. Ser Loras Tyrell, le capitaine de la porte de la gadoue Jacelyn Prédeaux, Ser Gregor Clegane en compensation pour la désertion de son frère et enfin Ser Ilyn Payne vinrent compléter l'effectif. Ils furent de nouveau sept frères jurés dès que son oncle, Ser Jaime, leur revint après sa longue captivité à Vivesaigues.

Les mois passèrent, tandis que la menace que leur posait Stannis Baratheon devenait de plus en plus négligeable et que la position du roi du Nord était de plus en plus intenable, jusqu'aux sanglantes noces pourpres qui signèrent la fin de son éphémère règne. Joffrey Ier épousa ensuite la reine Margaery Tyrell, veuve de son oncle Renly, et passa l'une des plus formidables nuits de noces qui soit.

Son ancienne promise, Sansa Stark, qu'il avait fait libérer de ses quartiers, avait quant à elle épousé son oncle Tyrion, qui était devenu son grand argentier après le départ de Lord Baelish pour les Eyriés.

- Les noces pourpres ne sont pas le fait de mon oncle, Lady Sansa, ni le mien.

- Mais vous avez fait décapiter mon père.

Le blond ne pouvait nier cela, seulement le seigneur des Stark l'avait trahi et n'avait pas respecté les dernières volontés de son père. Il lui avait déjà fait l'honneur de l'exécuter à la manière des nordiens, et non pas en lui mettant une corde autour du cou comme il était d'usage de le faire dans le sud.

La guerre laissa petit à petit place à la paix, et la régence de Joffrey prit fin. De nombreux conflits étaient encore à venir, le lion en avait bien conscience, mais d'ici là et bien le Royaume serait entièrement pacifié et fidèle à sa personne, pas à un quelconque usurpateur. Il restait bien son oncle Stannis Baratheon, dans le Nord, mais la neige et les Bolton allaient se charger de son cas bien assez vite.

- Je veux que Lord Robin Arryn soit ma nouvelle main.

Son grand-père l'avait fidèlement servi durant les années les plus compliquées de son règne, il était temps désormais de passer la main. Le vénérable lion pouvait se retirer à Castral Roc et y finir paisiblement sa vie, il avait bien assez donné à la Couronne.

- Bien, Votre Majesté.

C'est ainsi que Joffrey retrouva le dernier des aigles, lui aussi adulte, et profondément changé. Ce n'était pas un grand combattant, et il ne le serait probablement jamais, mais il était devenu un homme libre et indépendant. Durant son absence, qui pourrait être très longue, il avait par ailleurs nommé Lord Baelish comme gouverneur de sa couronne. Le geai les avait toujours bien servi, déjà du temps de leurs pères respectifs, ce n'était qu'une juste récompense.

- Lord Robin.

- Votre Majesté.

- Vous avez grandi, remarqua le blond

- Contrairement à vous, lui répondit le brun

Les deux jeunes hommes éclatèrent de rire, c'était si bon de se retrouver après tant d'années de séparation. Au fond de lui, Joffrey avait senti quelques choses naître lors de ses retrouvailles, un sentiment nouveau qu'il n'avait jamais expérimenté, pas même pour sa propre reine.

Il aimait Robin Arryn, c'était une certitude pour lui désormais. Mais il ne savait pas comment le lui dire, ni si ses sentiments étaient similaires aux siens. Comme son oncle Renly, il préférait les hommes aux femmes, laissant le poids de la succession sur les épaules de son frère, Tommen, qui avait été fiancé dans les jours qui avaient suivi les noces pourpres à Lady Wylla Manderly, seconde petite-fille de Lord Wyman Manderly de Blancport, pour acter leur retour dans la paix du roi, sa paix.

Deux mois passèrent, jusqu'à ce que se présente à la cour Ramsay Bolton, le bâtard légitimé de l'écorcheur, avec la tête de Stannis Baratheon. Joffrey, plus que ravi de ce fait, décida de laisser l'homme demeurer à sa cour et fit même de lui sa nouvelle justice du roi, le poste étant vacant depuis qu'Ilyn Payne était devenu l'un des sept frères jurés de sa nouvelle garde royale.

Aidé de Robin, le roi nouvellement majeur entama aussi d'importantes modifications au sein de son conseil restreint afin de satisfaire ces différents alliés. Robin, le grand mestre Pycelle et son oncle Jaime conservèrent bien entendu leurs sièges, de même que son grand-oncle Kevan qui était son maître des lois, en revanche son oncle Tyrion fut remercié pour ces services et remplacé par Lord Mace Tyrell. Qyburn, un mestre défroqué auparavant au service des Bolton et qui avait soigné la main du lord commandant de sa garde royale, obtint la place qu'occupait jusque là Varys, tandis que le siège de maître des navires alla à Lord Gerold Grafton, un intime de Lord Baelish. Pour compléter ce conseil restreint, plus que nombreux, le roi fit également nommer deux maîtres de la guerre : Ser Addam Marpheux et Lord Randyll Tarly.

Toutes les nuits, Joffrey honorait également son mariage et accomplissait ses devoirs conjugaux, bien que cela ne lui plaisait guère et malgré le fait que sa femme ait des atouts non-négligeables. Il préférait définitivement les hommes aux femmes, mais cela ne devait pas se savoir, et cela à n'importe quel prix.

- Vous allez nous manquer, Lady Sansa.

La rousse quittait Port-Réal avec son oncle afin de regagner Port-Lannis, où se trouvait déjà la famille de son grand-oncle Kevan. Leur présence à la cour n'était plus nécessaire et le roi ne voulait pas s'encombrer de ses parents qu'il n'aimait guère. Ce qu'il lui avait dit, ce n'était que de la politesse. Avec son départ, c'était la dernière ombre à son pouvoir qui disparaissait, bien qu'elle n'ait pas beaucoup d'amis à la cour.

- J'aimerais également faire quelque chose au sujet de ma mère, Robin.

Elle ne pouvait pas rester à Port-Réal, pas là où elle avait vécu les pires années de sa vie, et là où elle pourrait également le juger. C'était l'autre raison pour laquelle le blond essayait de faire taire ces sentiments, car il avait peur de la manière dont réagirait son entourage à cette nouvelle. Lire de la déception, ou pire, du dégoût, dans leurs yeux lui serait proprement intolérable.

- Vous pourriez faire autoriser la bigamie ainsi que les mariages entre les personnes du même sexe. Votre mère et Oncle Petyr semblaient bien s'entendre à la cour.

Cette idée enchanta beaucoup le blond, car elle résolvait d'un seul coup plusieurs de ces problèmes, dont un de taille : Robin n'était pas opposé à son amour.

L'édit fut signé par le roi quelques semaines plus tard, malgré les récriminations de certains membres du clergé de la Foi qui n'étaient de toutes manières plus aussi puissants que lors du règne de Maegor Ier. Et ainsi sa mère s'en alla dans le Val et épousa, simultanément Lord Baelish et Lady Lysa Arryn, renforçant encore plus les liens entre leurs deux maisons et lui permettait d'être enfin heureuse. Quitter Port-Réal, et le laisser seul au pouvoir, fut quelque chose de très difficile pour elle, mais il lui avait assuré que c'était pour son bien et puis de toute manière … il était le roi.

- Votre Royaume est en paix, Votre Majesté.

- C'est grâce à toi, Robin.

Son père avait eu raison de faire confiance aux aigles de la montagne, ils étaient de bons conseillers et des alliés sur lesquels il pouvait compter en toute circonstance.

Prenant son courage à deux mains, le blond entraîna sa main dans un placard à balais. Et, comme le feraient des enfants qui avaient peur d'être pris en faute, il posa, à l'abri des regards, ces lèvres sur les siennes, attendant qu'il réponde à son baiser.