Hey ! Et me voilà sur un nouveau fandom ! Qui plus est, qui n'est pas sur un jeu-vidéo. Je sors de ma zone de confort, et j'espère que je réussis à faire de bons trucs aussi. XD
C'est un texte écrit à la deuxième personne. J'ai pas l'habitude d'en écrire (c'est à dire, c'est mon deuxième.), mais j'en suis sûr plutôt fier ! Qui porte sur le couple que je préfère de ce DA, le Entrapta x Hordak. x)
Bonne lecture !
Le Grand Maître t'a ordonné d'aller déblayer les décombres qu'ont causés les intrus, alors tu t'y rends. Comme d'autres de tes frères. Dans ta tête, un plan tout tracé de la base. Des centaines de vues différentes de celle-ci s'offre à toi, celles de tes frères. Ainsi, tu sais exactement où te placer pour nettoyer les gravats, un endroit qui n'est pas encore occupé.
Sauf que sur le chemin, ton regard se fait happer par un scintillement. Un déchet, probablement. Tu aurais pu le laisser là, laisser tes frères qui s'occupent de cette zone le jeter. Mais te voilà déjà baissé, et tu récupères le cristal au sol. Il est d'un violet familier. Une couleur presque irréelle dans ce monde blanc et vert qui est le tien. Et pourtant cette teinte te fait te sentir plus chez-toi qu'ici.
Tu te redresses, et tu continues à regarder cette pierre. Faisant passer l'ordre du Grand Maître au second plan, sans que tu le réalises. Le joyau a une forme particulière, qui n'est pas inscrit dans la base de donnée, mais qui, à toi, ne te paraît pas bizarre. Certainement un bug, une maintenance qui a lieu et qui rencontre quelques problèmes.
La pierre te renvoie un reflet, le tien. Ou bien, celui d'un autre. Tu t'es connecté à son esprit, et tu vois exactement ce qu'il voit. Vous vous ressemblez tous, des répliques parfaites à l'image du Grand Maître, alors tu ne sais pas vraiment à qui il appartient. Mais la froideur du cristal, qui, comparé à celle de ta peau, te paraît presque chaude, te fait dire que ce visage est à toi. Puis, dans un murmure tu prononces :
« Entrapta. »
Des lettres mises bout à bout, qui forme un nom. Et un visage. Deux couettes mauves, accompagnées de deux yeux rosés. Te laissant un sentiment d'agacement et de joie, qui flotte dans ton corps, à défaut d'avoir un endroit pour le loger. Cela circule dans tes veines, et tu restes impuissant. Tu te dis que ce n'est qu'un bug dans la maintenance, que dans quelques temps, tout s'arrangera. Entrapta, tu ne peux ni dire qui c'est ni même d'où te vient ce nom. La base de donnée est vide, ta tête est remplie d'image d'elle. Tu ressens un pincement dans ton torse, qui te fait te sentir lourd mais vivant.
Et…
Et… Tu réprimes tout cela en toi. Tu souhaites que cette sensation, cette émotion, s'en aille, disparaisse, meurt. Car elle te fait te sentir différent. Toi, tes frères, vous êtes un tout, une unique entité parfaite. Toi et tes frères, cela n'existe pas, n'existera pas. Alors tu fais le vide en toi et tu continues ton chemin, pour accomplir l'ordre que t'as donné le Grand Maître. Mais tu glisses le joyau dans ta poche, quand même…
Une patrouille. C'était censé n'être qu'une patrouille. Et pourtant le fantôme qui te hante depuis ces derniers jours était devant toi, en chair et en os. Tu aurais pu, aurais dû envoyer un signal à tes frères pour les prévenir. La voix qui est en toi, celle du Grand Maître te l'ordonne. Pourtant tu ne fais rien. Ton sang bout, effectue des mouvements que tu ne contrôles plus – ou tu ne les as jamais contrôlés avant ? –tandis que ton esprit demande des réponses.
« Qui es-tu ? Et que fais-tu ici ? »
Tu tonnes, imposant. D'une main, tu saisis les bras de la jeune fille en face de toi. Puis la pousses jusqu'à ce qu'elle soit contre le rocher derrière elle. Elle est si frêle… Tu pourrais briser ses mains, la briser, comme une vulgaire brindille. Sauf que, devant toi, se tient plutôt un cristal éclatant. Et bien qu'aussi fragile, tu as envie… de le protéger ?
Les deux iris rosées te fixent, tremblent. Ils te rappellent la colère, l'agacement. La joie, beaucoup de joie. Et tu ne comprends pas ce que ces sentiments font là, dans ton corps. Tu ne les veux pas, tu sais qu'ils te rendent imparfaits. Qu'ils te font faire des choses insensées, comme actuellement.
Mais tu veux être parfait. Tu dois l'être. Pour… Pourquoi, déjà ? Quand le visage en face de toi s'imprime dans ta rétine, tu oublies. Tu oublies tout. Et même si cela t'éloignes de tes frères, du Grand Maître, tu ne peux l'empêcher d'apparaître dans ta tête. Alors maintenant qu'elle est en face de toi, tu veux des réponses. Pour comprendre, pour corriger cette imperfection qui est la tienne.
« Pourquoi je connais ton visage ? tu continues, laissant le trouble teinter ta voix.
- Hordak… ? »
Électrochoc. Ta peau se gèle, ton sang te brûle. Le nom que t'entends est synonyme d'imperfection, de déchet. Il n'apparaît aucunement dans la base de donnée… Alors pourquoi connaîtrais-tu ce nom, un nom qui te fait si mal ? Que t'assimiles au joyau mauve que t'as trouvé ? L'évidence est là, mais tu la chasses comme on chasserait une mouche.
« Non ! Me dis pas ce nom. Je n'ai pas de nom. »
Et t'y crois. Ou presque… Tu es parfait, comme tous tes frères, n'est-ce pas ? Tu es comme eux, non ? Tu n'auras plus à vivre seul et à chercher la perfection. Tu te retournes, pour te mettre dos à cette fille, cette fille qui te met dos au mur face à tes convictions, tes convictions qui s'écroulent tel un mur brique par brique. Dans le même temps, tu glisses ta main dans ta poche, pour prendre le joyau, une prise sur le passé. À ton passé.
La pierre luit. Ou du moins, c'est ce que tu crois voir. Et elle reflète, met en relief, des souvenirs, des sentiments. Tu n'arrives pas à te les remémorer. Lointaines et vastes, que tu n'arrives pas à saisir dans son entièreté. C'est un voile qui entoure ton corps, un murmure à l'intérieur de toi, et qui te donne un goût, une sensation, une émotion.
Une présence. La même que celle derrière toi. Chaude et douce. Qui te fait te sentir toi. Mais peux-tu dire qui tu es ? Une réplique parfaite du Grand Maître, comme tous tes frères. Alors, pourquoi à cet instant, tu te sens si différent d'eux ? Pourquoi à chaque fois que tu penses à Entrapta, le fossé qu'il y a entre toi et tes frères s'étend ? Tu te retournes vers elle, et lui demande, d'une voix emplie de doute et d'éclats de tristesse.
« Qu'est-ce que tu m'as fait ?
« Alors tu te souviens de moi ? s'enquit la fille, avec des notes d'espoir qui t'ensorcelle. J'étais sûr que tu te souviendrais ! »
Elle pose sa main sur la tienne, celle qui tient le joyau. Le contact est… La base de donnée est vide, il n'y a aucun mot pour décrire ce geste, aucune comparaison que tu trouves à faire. Pas pour exprimer la douceur qui s'en dégage, la délicatesse que cela libère. Tu entends ton cœur battre pour la première fois, ou il bat pour la première fois. Tu ne saurais dire. Tu te sens bien.
Et mal, de te sentir bien. Car tu ne devrais pas être capable d'avoir des émotions. Et pourtant, tu n'arrives pas à lutter contre cette fille. Contre Entrapta et les sentiments qu'elle fait naître en toi. Et la perfection, tu te dis que tu peux… D'un coup, un hennissement se fait entendre, te coupant dans tes pensées.
« Éloigne-toi d'elle ! »
Crie une licorne ailée, qui s'approche vers vous. Vos mains se séparent, sous la surprise de cette venue inattendue. L'équidé s'avance vers toi, te menaçant avec sa corne. Tu recules juste, ne discernant plus le bien et ce qui ne l'est pas. Tu aurais pu, aurais dû, une nouvelle fois, envoyer un signal à tes frères, les prévenir qu'il y a des intrus. Mais tu ne fais rien. Tu essayes de mettre tes idées au clair, de comprendre ce que tu ressens.
« Entrapta, allons-y. continue le pégase, en tirant la dénommée par ses vêtements, tandis qu'ils s'éloignent de toi.
- Allez vous-en. Peut-être qu'après, ces souvenirs, ces imperfections disparaîtront de mon esprit. tu répliques froidement, espérant que tes dires se réalisent, pour retrouver une paix en toi.
- Rappelle-toi. s'exclama la jeune fille, agitant ses bras de bas en haut et avec un énorme sourire. Tes imperfections sont merveilleuses ! »
Puis, ils disparaissent, te laissant seul avec cette phrase qui remplit tout l'atmosphère. Tu te sens accepté par elle, et c'est tout ce qui compte en cet instant. Tu laisses ses sentiments couler en toi, et c'est agréable. Un poids se détache de toi, et tu peux respirer plus facilement.
Tu repenses à Entrapta, et à sa joie. Tu te sens léger. Et quand tu revois son sourire, tu n'as plus honte de tes imperfections. C'est étrange, et tu ne comprends pas. Mais ce n'est pas grave. Tu as juste envie de la revoir. De lui rendre la chaleur qu'elle t'a donné, de chercher la fierté dans son regard.
La voix du Grand Maître rugit en toi, en vous. L'ordre de retourner chacun à vos positions. D'être prêts pour la bataille à venir. Tu obéis, car ton cerveau te le dit. Mais ton cœur est ailleurs, plus proche d'Entrapta que jamais.
Le Maître t'a convié auprès de lui, pour cette ultime bataille pour le cœur d'Etheria. Tu es derrière lui, écoutant ces paroles. Le voyant pianoter sur ces écrans devant lui, et contrôler tous tes semblables. Il te contrôle aussi, mais d'une façon atténuée. Pas aussi parfait que les autres, tu te dis.
À côté de toi, Entrapta, à genoux et les mains attachées. Elle a été faite prisonnière, et tu la surveilles. Elle est en position de faiblesse, pourtant elle se bat encore. Narguant le Grand Maître lorsqu'il perd le contrôle des habitants de la planète. Lui vantant les mérites et la puissance de l'amitié. Ça te rappelle, toi… lorsque tu… Tu t'es retrouvé sur Etheria, seul et abandonné. Et où, t'as dû forger ton propre empire pour survivre. Pourquoi te souviens-tu de ça ? Tu ne sais pas. Certainement que tu te vois en elle, et que tu ne veux pas l'abandonner.
L'irritation du Grand Maître est de plus en plus palpable. Tu commences à avoir peur. Pas pour toi, mais pour Entrapta. Et ce sentiment, tu l'aimes pas. Il t'étreint la gorge, te donne une boule ventre. Tu aimerais agir, et pourtant tu ne fais rien. Tu te contentes de serrer le joyau dans ta main, de toutes tes forces. Les pointes de la pierre te font mal, elles rentrent dans ta peau. Sauf que cette douleur n'est rien comparée à celle que tu ressens pour la jeune fille.
« J'en ai assez de cette rebelle trop bavarde ! Débarrassez-vous d'elle ! »
Un ordre direct du Grand Maître. Sa voix résonne dans toute ta tête. Ton corps bouge tout seul pour répondre à cette injonction, malgré ta lutte intérieur. Tu ne le veux pas, tu le sais, mais tu pointes ton canon vers Entrapta. Tu aimerais la protéger, mais tu en es incapable.
Elle ferme les yeux, et tu vois des larmes apparaître à leur coin. Tu n'aimes pas cette vue. Elle te fait mal, bien plus que tes imperfections. Tu combats ton corps, pour qu'il ne tire pas. Tu ne veux pas perdre Entrapta. Elle est trop importante pour toi. Tu as envie, besoin, de la voir sourire. D'entendre son rire. La rendre heureuse. Et…
« Tu ne m'as pas entendu, petit-frère ? Fais-le maintenant. »
Il n'a fallu qu'une étincelle pour que la rage en toi explose. Il t'a appelé petit-frère ? Lui ?! Celui qui t'a abandonné, condamné à l'exil et à l'abandon ! Et il veut que tu tues celle qui t'as fait sortir de ta solitude, de ta haine ? Tu te retournes violemment vers ton semblable, et tire sur lui avec ton canon. L'impact le projette à travers ses écrans, qui se brisent en morceaux, et il tombe près du précipice.
« Je ne suis pas ton frère ! tu clames affirmé, tout en avançant vers ton semblable. Tu m'as fait à ton image, mais je suis bien plus que ça. tu enserres le cou de ton ennemi, et le soulève au dessus du vide. Je me suis octroyé un nom, je me suis battu toute ma vie. J'ai… Une amie. »
Tu tournes ta tête vers Entrapta, et tu lui souris. Elle te le rend, en retour. Tu te sens fier, fier de tes imperfections. D'avoir pu la sauver grâce à cela, après qu'elle t'ait sauvé de la solitude. Tu devras la remercier plus tard, pour l'instant tu dois t'occuper de l'être que tu tiens. Tu exaltes de cette prise de pouvoir. Et tout ça, tu le dois à ton amie.
« Mon nom est Hordak ! Et j'ose enfin défier ta volonté. »
Sur ces dernières paroles, tu le lâches. La joie que tu ressens est immense. Encore plus quand tu entends le rire d'Entrapta venir caresser tes oreilles. Puis, c'est le noir.
Une chaleur se diffuse sur ta joue, elle te brûle. Tu reprends peu à peu tes esprits, sans comprendre ce qu'il s'est passé. Tu te sens juste plus libre, plus toi. Tes yeux tombent sur She-Ra, qui est devant toi. C'est d'elle qu'émane ce feu . T'a-t-elle sauvé ?
Tes souvenirs s'emmêlent pour mieux se démêler par la suite. C'est déconcertant, tu te souviens de tout mais c'est mélangé. Il y a les Princesses, la solitude, Entrapta, la colère, Entrapta, Catra, l'histoire de la Horde, et encore une fois Entrapta. Qui te sourit, qui te touche, qui rigole, qui t'aide dans ton – votre – laboratoire, qui… Qui te donne de la joie. Tu te vois dans un champ, portant un bébé. She-Ra t'aide à te relever.
« Je me souviens de toi.
- Hordak ! s'écrie Entrapta, ne laissant pas le temps à la blonde de te répondre, en se jetant sur toi et en vous faisant tourner sur plusieurs mètres. Je suis si heureuse que tu sois revenue ! On a tellement de chose à se dire ! »
Entrapta refuse de lâcher ton bras, comme si t'allais disparaître dans le cas contraire. Elle te raconte la dernière bataille, quand tu n'as pas voulu la tuer, et que tu t'es rebellé contre le Grand Maître. Elle enjolive certainement les choses, puisque tu ne te rappelles pas avoir fait tout ce qu'elle te raconte.
Tu pourrais l'interrompre, sauf que tu n'en as pas envie. Tu aimes l'entendre parler inlassablement. Enfin, tu as appris à aimer. Tu es fier de toi, quand tu vois Entrapta exulter lorsqu'elle parle de « tes exploits ». Et tout ceci, tu le dois à tes imperfections. Donc, elles ne sont peut-être pas aussi mal que tu l'as cru. Tu les remercies intérieurement de t'avoir permis de reprendre contrôle sur ton corps. Alors oui, maintenant, tu veux bien croire qu'elles te rendent merveilleux.
La princesse tire désormais sur ton bras pour que tu la suives. Elle te dit qu'elle veut voir si elle ne pourrait pas trouver des pièces ou des données pour de futur expérience dans les décombres des bases du Grand Maître. T'expliquant à quel point la science pourrait avancer si elle arrivait à mettre la main dessus. Un sourire en coin t'échappe. Entrapta a beau être bruyante, dans son monde, casse-pied, trop optimiste… Tu la trouves pourtant parfaite. Ses imperfections sont parfaites pour toi.
Tu la retiens par son bras et la retourne dans votre marche. Tu te penches vers elle, pour l'embrasser. Et avant que tu aies pu atteindre ses lèvres, elle reprend ton bras, et continue son chemin. Elle rigole, te demandant ce que t'allais faire. Entrapta n'est pas romantique ou elle n'y connaît pas grand chose, tu notes. Malgré tout, elle reste parfaite à tes yeux.
Si vous voyez des imperfections dans cet OS, dites vous que c'est ce qui le rend merveilleux ! Et c'est pas moi qui le dit, c'est Entrapta. Enfin presque… XD Mais vous pouvez quand même les dire dans une review. :p
Je n'ai pas voulu finir par un baiser… Car je trouvais que ça collait pas ? x) Ils vont prendre leur temps, et s'embrasser au bon moment, j'en suis sûr !
À bientôt ! :)
