Erotomania
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Il n'y avait que trois raisons qui pouvaient pousser Drago à s'engager : mettre accidentellement la fille en cloque, être sous le poids d'une menace qui impliquerait sa vie ou son petit confort, ou être en proie à un violent sortilège, l'imperium, sans aucun doute.
Drago les avait tous prévenus, ses plus proches amis ainsi que sa famille. Si un jour, il venait leur annoncer qu'il allait se marier, ils avaient plutôt intérêt à tout faire pour le sortir de là.
Mais sa mémoire devait lui faire défaut. Ses convictions d'antan s'étaient fanées mollement, ne laissant que le jus sirupeux de l'amour lui coller aux doigts. Rien d'autre ne pouvait expliquer son sourire béat, son air aussi tendre que niais lorsqu'un matin de juin, il lécha lentement la colle de la dernière enveloppe. Les invitations étaient prêtes à partir. Dans trois semaines, et sous le regard de tous, Drago célébrerait ses fiançailles.
Et cette idée, étrangement, le transportait de joie.
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Théodore n'aurait jamais cru se trouver dans cette situation un jour.
Il menait une petite vie plaisante et tranquille. Il louait un cottage perdu dans les plaines irlandaises depuis quelques années maintenant, n'ayant pour voisins que quelques moutons et des herbes hautes. Théo était un écrivain accompli. Il passait des heures entières, penché sur son bureau, accroupi dans sa baignoire ou allongé sur l'herbe humide pour noircir des centaines de pages de ses généreuses idées.
Avec les années, il commençait à être reconnu et aujourd'hui, aucun sorcier de Grande-Bretagne ne pouvait ignorer son nom. Il faisait rougir les ménagères, bomber le torse de leurs maris, émerveillait les enfants et amusait les adolescents. Théodore était un maître en la matière, il savait manier les mots pour les faire danser, il emmenait ses lecteurs dans les contrées les plus fertiles de son imagination pour les laisser, pantelants et bouleversés, attendre une fin qui ne venait jamais. Théo ne savait pas terminer. Il laissait le temps combler les manques pour lui.
A bien y réfléchir, il n'avait jamais terminé quoi que ce soit qui lui soit imputé. Il n'était pas retourné à Poudlard, comme nombre de ses camarades, pour achever sa scolarité. Il n'avait jamais signé cette promesse de vente qui l'avait tant fait espérer. Daphne, Padma et même Romilda avaient dû se contenter de son silence pour comprendre qu'il était temps d'avancer sans lui.
Mais si Théodore savait faire une chose, c'était rêver.
Le soir, quand la nuit tombait, il se plaisait à regarder les étoiles parsemer le ciel de leur grain d'espérance. Il s'imaginait partager sa couverture avec l'être-aimée, se blottir tout contre elle en lui chuchotant la chance qu'il avait de demeurer à ses côtés. Il lui raconterait comment Héraclès, trop indomptable et impatient, téta si fort le sein de sa mère que le lait en éclaboussa tout le ciel. Il pointerait du doigt les étoiles et leurs constellations pour lui conter leurs périples et leurs aventures. Et puis, doucement, il glisserait ses lèvres sur les siennes, sa main contre son sein, sa joue contre son ventre, son corps contre le sien.
Mais ses fantasmes restaient couchés sur le papier. Si Théodore était célèbre, il n'en était pas pour autant un homme à femme. Il devait bien avoir quelques admiratrices, désireuses de savoir si les séducteurs dépeints dans ses romans étaient à l'image de leur auteur. Théo n'avait que faire des aventures d'un soir, des nuits embrumées et des réveils assommants. Il voulait flotter, vivre aussi légèrement que la fumée qui sortait de ses inséparables cigarettes, tirer sur la vie plutôt que de la laisser se consumer devant lui.
Théo rêvait de balades bucoliques, de lunes pleines et de corps emmêlés. Il était un romantique éperdu, priant pour un jour, vivre le tragique destin brûlant qu'il n'accordait jamais à ses personnages.
Alors, quand il la vit, les cheveux rendus fous par la brume irlandaise, les joues rougies par la fraîcheur du matin, il espéra, encore une fois, que cette histoire n'aurait pas de fin. Elle était si belle dans ce champ en friche, les yeux perdus mais le sourire lumineux. Il aurait pu la détailler des heures lorsque, croisant finalement son regard, elle passa une main timide dans sa chevelure.
Il se souvenait de ses pas trébuchants lorsqu'elle grimpa le ravin qui la séparait de lui.
Il se souvenait de ses mains terreuses qu'il avait tenu entre les siennes.
Il se souvenait de son rire d'ingénue lorsqu'il lui parla d'Héra.
Il se souvenait du goût de sa peau, lorsqu'il la croqua des doigts.
Mais Théo ne parvenait pas à se souvenir de son départ, de sa solitude, alimentée par le vide de sa présence, de la fin de son histoire. Il croyait toujours la voir, au détour d'une herbe haute, s'avancer jusqu'à lui, apportant dans son sourire la lumière aveuglante d'un soleil de juillet.
Alors, quand par un matin de juin, Théo reçut une lettre, tremblante d'inquiétude, bredouillante d'impatience, il ne comprit pas. Il ne comprit pas comment elle pouvait être à lui, alors qu'elle était toujours sienne. Il ne comprit pas comment cette fin, qui n'existait pas, pouvait déjà être un début.
Alors il resta là, à contempler ce parchemin comme il regardait les étoiles, cherchant l'histoire et sa logique quand le monde n'avait plus de raison.
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Lorsque Blaise ouvrit son courrier, ce matin-là, il ne portait qu'une tasse de café bouillante entre ses doigts.
Ce fut sa première regrettable erreur.
Le liquide était brûlant lorsqu'il entra en contact avec ses lèvres et n'avait pas refroidi lorsqu'il le recracha en jet contre le mur de la cuisine. Il sursauta si fort qu'il en lâcha sa tasse, venant terminer sa chute sur ses jambes nues, l'éclaboussant des tétons aux chevilles.
Il aurait hurlé si seulement la douleur avait été plus forte que celle contre laquelle son cœur se battait depuis qu'il avait lu ces quelques lignes.
Blaise se tenait la tête depuis vingt bonnes minutes quand sa cheminée se mit à vrombir. Il releva les yeux pour voir un visage aussi défait que le sien.
Théo s'approcha de lui avant de se laisser tomber lourdement dans la chaise qui lui faisait face. Il ne prit même pas cas de la nudité de son ami et le rejoignit dans sa posture lamentable.
« J'imagine que tu as reçu l'invitation, grommela Blaise en continuant de fixer la table.
- Tu savais, toi ? demanda Théo.
- J'avais des doutes. Je les ai croisés, quelques fois. Je pensais qu'ils étaient seulement amis.
- Apparemment, c'est Drago qui a gagné le gros lot. Comme toujours.
- Comme toujours, répéta Blaise en soupirant. »
Blaise avait pourtant cru remporter l'or, alors qu'il ne concourrait que pour l'argent.
La première fois était un soir d'hiver où il s'était réfugié dans une taverne pour fuir l'averse de neige. Elle était là. Assise au fond de la salle. Ses cheveux perlés de flocons lui faisaient dire qu'elle venait d'arriver mais quand il s'approcha de sa table, il vit sa choppe à moitié vidée.
Blaise ne l'avait pas revue depuis des années. Il n'avait pourtant pas hésité longtemps avant de venir l'accoster, son naturel charmeur et avenant devait aider. Elle ne l'avait pas repoussé. On disait qu'elle s'était adoucie, avec les années, qu'elle avait laissé de côté les mauvais souvenirs pour s'accommoder de tous. Elle cherchait l'aventure qui manquait cruellement de nos jours et n'avait rien contre un compagnon pour l'accompagner sur la route.
C'est ses cheveux qui l'avaient le plus troublé. Après une heure à discuter, la neige n'avait toujours pas fondue. Il les observait, flotter légèrement au-dessus d'elle lorsqu'elle riait, pour se reposer avec grâce quand ses épaules avaient terminé de se secouer.
Il ne lui avait fallu que quelques mots pour l'envoûter. Elle lui racontait avec bravoure ses dernières escapades, ne manquant jamais d'anecdotes. Cette fille l'avait fait rêver, détaillant chaque rencontre, chaque paysage avec tant de précision qu'il aurait juré y être avec elle. Et puis, la taverne s'était vidée. La neige n'avait pas dépéri mais le soleil avait galamment cédé sa place à la lune.
Il ne savait plus qui d'elle ou de lui avait proposé de partager une chambre. Il se souvenait seulement de son souffle tiède contre sa peau glacée, de la forme de sa bouche lorsqu'elle cria silencieusement et de ses doigts, se crispant autour de son bras comme si elle ne le quitterait jamais.
Il l'avait cru.
Il l'avait cru avec tant d'ardeur que la chute fut douloureuse. Il n'y avait pas eu de cri ni de larmes, juste des sourires et des gestes baignés d'effluves.
Elle s'était éclipsée aussi furtivement qu'elle était entrée dans sa vie. Mais dès lors, il n'avait cessé de la chercher. Au détour d'une rue, d'un chemin ou d'un couloir, il croyait la voir. Alors, il s'était mis en quête, comme elle, de chercher l'aventure. Peut-être retrouverait-il réellement son chemin.
Dans les plaines les plus désertiques de la Libye, elle avait été son oasis. Dans la jungle bolivienne, son visage se dessinait sur chaque écorce. Il lui avait fallu gravir les sentiers de glaces de la Laponie pour, une nouvelle fois, rêver éveillé.
Elle était tout aussi recouverte de neige que la première fois. Ses lèvres étaient bleutées par le froid et ses doigts recouverts d'engelures. Mais jamais elle ne lui avait parue si pure. Il s'était appliquée à la réchauffer, la couvrant de tendresse lui montrant par chaque geste qu'elle était l'être le plus précieux sur cette Terre et que cette délicatesse lui était toute dévolue.
Elle l'avait aimé, cette nuit-là.
Il l'avait aimé toutes les autres.
« Tu vas y aller ? demanda Théo après un interminable silence.
- Si je la vois pendue à son bras, c'est à moi qu'il faudra une corde.
- Tout ceci n'a aucun sens, grommela Théodore. Elle ne peut pas se fiancer avec lui.
- C'est Malefoy, Théo. Drago Malefoy. Tout ce qu'il veut, il finit par l'obtenir. Que ce soit le dernier balai sorti, la place de Préfet ou la seule déesse sur Terre.
- Il ne la mérite pas.
- Pas plus que toi ni moi. Nous ne sommes que de simples mortels, Théo. C'est une enchanteresse. Nous serions trois que nous ne parviendrons toujours pas à être à la hauteur.
- Alors, après toutes ces années, chuchota Théo comme s'il était indécent de le prononcer à voix haute, tu l'aimes toujours ?
- Parce que toi non, peut-être ? lança-t-il dans un rire sans joie. Toi, moi, et certainement des dizaines d'autres, il nous a suffit de croiser sa route pour être perdu. C'est le fruit défendu, Théo. La douce pomme qui nous laisse un goût acide. J'ai tendu la main pour la cueillir…
- Mais c'est le Serpent qui l'a récoltée, termina Théo. »
Ils ne dirent plus grand-chose, se lamentant silencieusement sur leur sort. Les mots étaient vains face à la peine qu'ils ressentaient. Et puis, alors que toute joie semblait les avoir quittés, Théo fut pris d'une illumination.
« Nous devons y aller ! affirma-t-il en se redressant sur sa chaise.
- Vas-y, pauvre fou ! Mais ne m'entraîne pas avec toi dans ta déchéance.
- Blaise, tu ne comprends pas. Nous devons y aller.
- Pour regarder Malefoy et son petit sourire satisfait ? Très peu pour moi.
- Non, pour la regarder elle. Pour lui montrer qu'un autre choix est possible, qu'elle fait erreur, que Malefoy n'est pas celui qu'il lui faut, que nous saurons mieux l'aimer que lui.
- Mieux l'aimer ? Comment peux-tu affirmer mieux aimer quelqu'un qu'un autre, Nott ?
- Simplement parce que nous la laisserons être celle qu'elle désire. Malefoy va tenter de la modeler à son image, c'est ce qu'il fait à chaque fois. Mais elle n'est pas femme à vivre en cage, tu le sais aussi bien que moi. Nous serons sa porte de sortie, Blaise.
- Je crois que tu délires complètement.
- Peut-être. Mais ne vaut-elle pas le coup d'essayer ? »
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Elle était si belle dans sa robe de satin mauve qu'elle semblait sortie d'un bouquet. Ses gestes délicats ne semblaient pas mourir au bout de ses doigts mais continuaient, dans la légèreté de l'air, à embaumer tous ceux qui l'observaient.
Elle n'arborait pas de sourire éclatant ni de fossettes rebondies. Elle restait douce et délicate, comme lorsqu'ils l'avaient laissé partir. Elle cligna doucement des yeux, laissant ses paupières dévoiler avec patience la courbe de ses iris. Elle chuchotait plus que ne parlait mais chacun, dès que sa bouche s'ouvrait, observait un silence religieux, se ravissant de ses paroles.
Théo tremblait de la revoir, Blaise suait à grosses gouttes. Tous deux accoudés au buffet du salon, ils tentaient maladroitement de conserver une prestance, d'afficher un air faussement détendu. Si l'on ne les fixait pas avec attention, on pouvait presque croire que le buffet leur servait plus d'escale que de radeau. Pourtant, ils se rattachaient à ce meuble de bois comme à une bouée, frémissant à l'idée de le quitter, rougissant de l'occuper.
Mais bien vite, lorsqu'elle les vit, le buffet sortit de leurs préoccupations. Il n'existait plus. Pas plus que les centaines d'invités, les lourdes tentures carmins ou les denses bouquets de fleurs qui faisaient rougir les yeux de Blaise. Il n'y avait qu'elle, illuminée par sa propre grâce, radieuse dans la finesse de ses traits. Il émanait d'elle cette puissante fragilité et cette terrible douceur qui les avaient fait flancher.
Lorsqu'elle ouvrit doucement les lèvres pour les retrousser en un discret sourire, ils surent qu'à tout jamais, ils seraient à elle.
Lorsqu'elle releva lentement le visage pour l'adresser à son futur époux, ils surent qu'à tout jamais, ils seraient perdus.
Le coupe entre les doigts de Théo gigotait tellement qu'elle semblait tout faire pour s'échapper. Blaise avait déjà vidé la sienne. Deux fois. Mais rien n'épanchait sa soif de la serrer, encore une fois, entre ses bras.
Théo glissa fébrilement une cigarette entre ses doigts mais toute la nicotine du monde ne parviendrait jamais à apaiser ses angoisses. Elle n'était pas arrivée à leur hauteur que déjà, il sentait le souffle de l'espérance broyer sa trachée. Elle ne dit rien, pendant quelques instants, se contentant de les couvrir de son délicat sourire. Sa mèche de cheveux flottait contre son oreille et ses yeux pétillaient d'une joie qu'ils ne lui connaissaient pas.
Blaise bredouilla lorsqu'il lui demanda comment elle allait. Théo n'écoutait pas. Incapable de prononcer le moindre mot, il pria sur la force de son regard pour la ramener à lui. Mais elle partit. Comme bien des fois auparavant, comme elle finissait toujours par le faire.
Blaise dut s'asseoir pour ne pas tomber. Théo préféra sortir pour tenter d'alpaguer l'air qui venait à lui manquer. Il faisait si chaud que sa tête commença à tourner. Le soleil sur sa peau lui aveugla les sens et si elle revint s'asseoir à ses côtés, ce n'était que par le souvenir de sa peau contre la sienne.
Ils subirent la soirée plus qu'ils ne la vécurent. Elle était partout et nulle part à la fois. Elle nageait entre les invités les couvrant de regards et de sourires timides. Elle arborait cet air candide qui, par deux fois, avait entraîné Blaise dans la folie de l'amour. Ils ne surent pas réellement ce qu'ils faisaient encore là quand la salle se vida. Elle ne quittait pas la porte, remerciant chacun pour sa venue de son regard tendre.
Théo aurait voulu partir, fuir cette mascarade qui lui tordait le foie mais il était incapable de partir. Partir voulait dire la laisser entre les mains avides de son serpent. Partir voulait dire acquiescer cette union qui l'empoisonnait.
Alors il resta. Autant que Blaise, aussi silencieusement que lui, adossé contre ce buffet en bois qu'il ne se sentait plus de quitter. Il ne finit par rester plus qu'eux et l'horreur de voir ces deux corps amoureux se retrouver leur glaça le sang.
Ils restèrent immobile, assistant au spectacle de leur mort quand leurs lèvres se cueillirent à leur vue. Ils voulurent hurler lorsqu'il souilla de sa main la courbe de sa hanche, lorsqu'il goûta sa peau qui aurait dû être la leur.
Blaise n'avait plus respiré depuis si longtemps qu'il commençait à tirer sur le violet. Le regard envoûtant qu'elle porta sur lui ne l'aida pas alors que Drago faisait glisser ses bretelles le long de ses épaules. Sa poitrine s'offrit à lui comme un bourgeon de mars, fragile et inattendu.
Il voulait fuir, à toutes jambes, ce spectacle qui n'aurait jamais dû ouvrir son rideau. Mais il restait, incapable de se mouvoir alors que celle qu'il aimait fermait les yeux sous les caresses d'un autre. Elle finit par venir le chercher et c'est Drago qui prit sa place. Blaise ne connaissait pas les règles de ce jeu mais ne s'aventura pas à poser la question.
Ils rêvaient, chaque nuit, de pouvoir, encore une fois, profiter de la douceur de sa chevelure. S'il devait la partager, il concéderait au moindre de ses désirs si, une nouvelle fois, il pouvait ressentir la douceur de ses maux.
Il se laissa embarquer dans l'exhibition de ses sens. Bien vite, il oublia quelle main venait se poser sur sa cuisse, quel souffle caressait son dos et quels cris il faisait pousser. Elle n'était qu'à elle lorsqu'elle s'offrit à eux. Elle les laissa croire qu'ils pouvaient ne faire qu'un, pour lourdement réaliser qu'ils ne seraient jamais entiers.
Alors entre ses bras, ils fermèrent les yeux, oubliant pour un instant que le temps défilait, que cette bague qui ornait son doigt n'était pas la leur, que cette lueur qui alimentait son regard n'était pas la sienne.
Elle leur fit croire qu'elle avait besoin d'eux autant qu'eux d'elle. Mais elle les acceptait alors qu'ils auraient tout renier pour elle.
Sans surprise et ne leur laissant que la saveur amère de l'amour inachevé, elle s'en alla. Dans ses sourires et ses gestes tendres, comme elle savait si bien le faire. Ils ne furent plus que trois. Et puis deux. Et lorsque Théo se réveilla, ce ne fut qu'avec l'espoir de pouvoir, une nouvelle fois, connaître le goût de sa peau.
