Pardonnez le style théâtral, c'est un très vieux texte !

Je l'ai écris alors que je n'étais qu'au début de l'œuvre (tome 11), et à l'heure actuelle, après une trop longue pause, j'ai décidé de reprendre depuis le début. Néanmoins, j'avais envie de publier ces vieux écrits pour le plaisir.

En espérant que ça vous plaira malgré tout !


La guerre est enfin achevée. L'affrontement opposant Soo-won et les tribus à l'équipe de Yona et la tribu du vent s'est enfin terminé. Mais à quel prix ? De nombreuses pertes, et une politique totalement revisitée.

Au cours de la bataille, les tribus de l'eau et de la terre ont affronté la tribu du vent, qui savait leur tenir tête. Les 4 guerriers dragons, quant à eux, se sont chargés de la tribu du ciel et celle du feu, accompagné par le général Mundok, qui s'occupait de Kang Soo-Jin. Les deux vaillants généraux perdirent la vie durant cet affrontement. Malgré leur infériorité numérique, les dragons et leurs associés gagnèrent la bataille.

De leur côté, Hak et Yona ont pénétrés l'intérieur du palais impérial, dans le but de vaincre Soo-won. Après avoir tenté de le raisonner, la foudre comprit qu'il ne servait à rien de lui parler, car il avait bien trop changé. Il s'engagea alors dans un duel à mort, qu'il failli perdre. Mais son expérience du combat lui permit de reprendre le dessus, et sa volonté de gagner devant les yeux de celle qu'il aime secrètement, ce depuis toujours. Cependant, il avait beau renier tous les sentiments éprouvés autrefois, ceux-ci le rattrapèrent lorsqu'il fut en position de tuer son ennemi. Mais pouvait-il vraiment ôter la vie de celui qui était autrefois son meilleur ami ? Et Yona, qu'en penserait-elle ? Elle qui ne pouvait pas l'oublier...

Le blond profita de ce court instant de faiblesse pour porter un coup à Hak. Une large entaille se créa le long de son torse et il s'effondra au sol. Il se sentait petit à petit sombrer dans l'inconscience, entendant les cris apeurés de la princesse qu'il protégeait. Plus que pour sa propre vie, il avait peur pour elle, car il ne savait pas s'il serait capable de tenir encore longtemps. Et il était pour lui inconcevable qu'elle affronte son « ancien » amour. Malheureusement, il ne tint plus et tomba dans le coma, obligeant la princesse à prendre les armes.

Le combat fut long et rude, éprouvant aussi. Mais elle vainquit son ennemi. Elle mit Soo-won à terre, et sachant pertinemment que le tuer reviendrait à faire ce qu'elle lui reproche, et se contenta de l'attacher.

La princesse retourna vivre au château, accompagnée des 4 dragons, Yeon et Ik-soo. Il y eut de longues discussions avant que l'on ne se mette d'accord. Soo-won étant un roi auquel nous n'avions presque rien à reprocher, il fut autorisé à rester roi. Cependant, il ne pouvait prendre de décision importante sans l'accord de Yona, qui fut couronnée reine. Ik-soo devint le prophète officiel de la cour, Yeon quant à lui était autorisé à faire ce qu'il voulait au palais, comme les 4 dragons. Pour remplacer les deux généraux perdus, c'est Hak et Kang Kyong-ae qui ont pris la succession. Ainsi, tout est mis en place pour qu'il n'y est plus de trahison ou de tentative de rébellion, et que tout se passe pour le mieux.

Cependant, le fait que Yona et Soo-won soient tous deux au pouvoir, mais qu'ils ne soient pas pour autant « ensembles » fait naître de nombreuses rumeurs sur l'amant de la princesse. Rumeurs qui ne plaisaient pas à un certain homme aux cheveux noirs, et qui faisait rire un autre aux cheveux vert.

Ce soir-là, il y avait une grande fête au palais pour célébrer le 1er anniversaire de l'accession au trône de Yona et Soo-won. Beaucoup dansaient, chantaient et discutaient dans la joie et la bonne humeur, pour le plus grand plaisir de Soo-won. Ce dernier attendait Yona pour prononcer un discours. La jeune femme se préparait dans sa chambre, avec l'aide de servantes et de Yeon. Une fois prête, elle s'observa dans le miroir tandis que les dames s'éclipsaient. Le jeune homme s'approcha et sourit à la princesse à travers le miroir.

Yeon : Tu es magnifique, Yona...

Yona : Merci. Cela fait bien longtemps que je n'avais pas porté une telle tenue.

Yeon : Eh bien, ça te va à merveille. Et tu as longtemps bataillé pour obtenir ça, alors tu as le droit de te faire jolie.

Yona : Avant, je m'habillais ainsi pour attirer l'attention d'un homme.

Elle se tritura les doigts de gêne. Le blond plia les vêtements qu'elle portait avant et demanda innocemment :

Yeon : Et ce soir, ce n'est pas ton objectif ?

Yona : Q...comment ?!

Yeon : L'homme à impressionner n'est peut-être plus le même, mais il doit bien y avoir quelqu'un dont tu aimerais avoir le regard braqué sur toi, non ?

Il lui sourit et sortit pour rejoindre la fête. Hak entra à sa suite, et lorsqu'il vit la princesse, son cœur fit un bond. Elle rougissait, mais faisait de son mieux pour le cacher. Elle fit un tour sur elle-même et demanda d'une voix joyeuse :

Yona : Alors, qu'en penses-tu ?

Hak : Princesse...on dirait bien que vous avez maigri. Vous peiniez à rentrer dans une robe avant...

Yona : Raah, tu ne me diras donc jamais rien de gentil !

Il évita de justesse la brosse à cheveux qu'elle lui lançait et lui tendit une main, un petit sourire sur le visage.

Hak : On m'a chargé de venir vous chercher princesse. La fête n'attend plus que vous...

Yona : Alors allons-y.

Elle lui prit la main et ils rejoignirent la grande salle de réception. Tous s'inclinèrent en voyant la princesse, qui rejoignit Soo-won pour qu'il commence son discours.

Soo-won : Merci à tous d'être venus ce soir pour la première célébration du double règne. Durant l'année écoulée, Yona et moi-même avons fait en sorte de redresser le royaume de Koka pour que tout ce que nous avons constaté ne se produise plus. Nous ferons de ce royaume un lieu sûr pour tous ses habitants, car rien n'importe plus que votre sécurité. A présent, profitez bien de la fête ! Amusez-vous et célébrez comme il se doit cette journée mémorable ou le monde a changé en bien.

Les invités applaudirent et la musique reprit. Zeno rit et entraîna Shin-ah sur la piste pour danser avec lui des danses traditionnelles, que le dragon bleu ne connaissait pas. Il dû apprendre en regardant Zeno, et c'était assez amusant à voir. Jae-ah s'était fait invité par plusieurs filles, et il n'avait évidemment pas refusé. Seul Ki-jae préférait rester loin des femmes et de la piste de danse. Ik-soo rejoignit Yona, qui regardait ses amis s'amuser.

Ik-soo : Vous allez bien, princesse ?

Yona : Très bien, oui. Et toi, Ik-soo ?

Ik-soo : Eh bien, je suis content que vous m'ayez accepté à vos côtés. Je ne vous remercierai jamais assez !

Yona : Cela fait un an que vous me remerciez...

Ils rirent de bon cœur, se remémorant de bons souvenirs.

Ik-soo : Quoi qu'il en soit, je tenais à vous féliciter. Vous avez fait du bon travail. Vous avez parcouru un long chemin, semé d'embûches, mais vous êtes devenue ainsi bien plus forte jusqu'à être une bonne souveraine pour le royaume de Koka.

Yona : Tout le mérite ne me revient pas. Je n'aurais rien pu faire sans mes amis.

Ik-soo : Vous savez, princesse, votre histoire n'est pas terminée. Je sens qu'il va vous arriver quelque chose d'incroyable.

Yona : Quelque chose d'incroyable ?

Ik-soo : Je ne peux pas vous donner plus de précisions. Mais je sais que quand ça arrivera, vous seule saurez nous dire si c'est bien ou mal. Sur ce, bonne fin de soirée.

Il se retira, laissant la princesse perplexe. Elle sentit une main sur son épaule, ce qui la fit sursauter. Elle leva la tête vers le propriétaire de ladite main : il s'agissait de son cousin.

Yona : Soo-won...

Soo-won : Excuse-moi, je n'ai pas pu m'empêcher d'écouter votre discussion.

Yona : Ce n'est rien...

Soo-won : Alors comme ça, il va t'arriver quelque chose d'incroyable ?

Yona : On dirait bien.

Soo-won : Tu n'es pas pressée de savoir de quoi il s'agit ?

Yona : Si, bien sûr ! Mais en même temps, ça m'effraie. C'est normal, je ne sais pas si ce sera bien ou non.

Soo-won : C'est donc forcément quelque chose qui pourrait être les deux. Donc, ce n'est pas la mort de quelqu'un, tu ne crois pas ?

Il sourit, et elle se sentit rassurée. Il l'invita à danser, ce qu'elle accepta, malgré qu'une personne ne voyait pas ça d'un très bon œil.

Après avoir bien danser, Yona se sépara de son cavalier et rejoignit Hak, qui fixait un point lointain à travers une fenêtre.

Yona : Hak, ça ne va pas ?

Hak : Si princesse, pourquoi pensez-vous le contraire ?

Yona : Tu n'as pas l'air de beaucoup t'amuser. Nous sommes pourtant à une fête.

Hak : Qu'est-ce qui vous déplaît dans mon comportement ?

Il tourna le regard vers elle, mais le regretta bien vite lorsqu'il sentit son cœur s'emballer. Rien à faire ! Encore aujourd'hui, il perd totalement les pédales quand elle est près de lui.

Yona : Hak, je t'ordonne de t'amuser !

Hak : Vous utilisez la hiérarchie pour des futilités !

Yona : Pourquoi es-tu si rabat-joie ?! Quelque chose te tracasse ?

Hak : Oui, il y a bien une chose...

Elle s'approcha de lui dans le but de savoir quel était le problème que son ami pouvait avoir. Il détourna le regard et dit d'un ton moqueur :

Hak : J'en ai assez que des servantes trop curieuses viennent me demander si vous aviez trouvé quelqu'un.

Yona : Pardon ? J'ignorais que l'on venait te demander ça !

Hak : Eh bien, je pense princesse qu'il serait temps que vous vous trouviez un époux. Ça ne devrait pas être difficile pour vous...

Yona : Comment ça ?

Hak : Vous avez de nombreux prétendants. Sans compter le fait que celui que vous avez toujours désiré est à vos côtés aujourd'hui. Vous n'êtes pas obligée d'attendre plus longtemps, vous pouvez vous déclarer.

La princesse ne comprenait pas vraiment le noir. Il parlait d'une voix franche, mais malgré tout, elle notait une petite pointe de tristesse dans sa voix.

Hak : Si vous avez besoin d'aide, je crois que Jae-ah se fera un plaisir de vous aider...

Yona : Je ne sais pas si c'est toujours Soo-won que je veux...

Hak : Comment ça ?

Elle posa ses mains sur cœur.

Yona : Je ne sais plus vers qui mon cœur est tourné. Peut-être Soo-won, peut-être personne, peut-être...

Hak : Moi.

Elle leva la tête vers lui. Ses yeux reflétaient son sérieux, et elle en fut quelque peu déstabilisée.

Yona : Que veux-tu dire, Hak ?

Hak : Princesse, je...non rien, laissez tomber.

Il commença à partir, mais elle l'attrapa par le bras et le tira dans sa chambre. Elle ferma la porte à clé et força le garçon à s'assoir sur son lit.

Yona : Parle !

Hak : Je ne crois pas que Soo-won apprécierait que nous soyons seuls dans votre chambre, princesse...

Yona : Soit sérieux, pour une fois !

Elle se mit en face de lui et posa ses mains sur ses épaules.

Yona : Je veux savoir ce que tu entendais par là.

Hak : Rien.

Yona : Il n'y a plus personne autour. Nous ne sommes plus que nous deux. Tu peux parler sans gêne.

Il serra les dents, lui attrapa le poignet et la tira pour l'allonger sur le lit. Il se mit à moitié sur elle et la regarda droit dans les yeux.

Hak : Vous ne viendrez pas vous plaindre une fois que vous saurez, princesse. Rappelez-vous bien que c'est vous qui avez insisté.

Yona : Hak...

Hak : Ce que je voulais dire, c'est « seriez-vous capable de m'aimer, moi ? ». Vous êtes la seul à ne pas avoir deviné, après tout ce temps, les sentiments que j'éprouve pour vous, et ce depuis toujours. Déjà enfant, je nourrissais un amour impossible et unilatéral pour vous.

Yona : Pourquoi n'as-tu rien dis ?

Hak : Parce que je savais que jamais vous ne me choisiriez. Je ne suis pas de votre rang, je ne vous mérite pas. J'ai souvent espéré, mais il y avait toujours quelque chose qui me ramenait à la réalité. Vous m'êtes inaccessible...

Il posa sa tête sur l'épaule de la jeune femme et ne dit plus rien. Il se contentait de renifler son parfum : elle sentait atrocement bon, ça en devenait douloureux pour lui. Car c'est sans doute un autre homme qui, plus tard, aura le plaisir de sentir sa délicieuse odeur tous les soirs. Cette pensée lui faisait mal au cœur.

Yona : Hak, es-tu sincère ?

Hak : Oui.

Yona : De quoi as-tu envie, maintenant ?

Hak : De beaucoup de choses...

Il se recula et caressa doucement son visage. Il posa un doigt sur ses lèvres. Dieu, qu'il avait envie d'y goûter !

Yona : Dit-moi...

Hak : Je n'oserais pas...

Yona : Je veux savoir, s'il-te-plaît...

Elle posa ses mains sur ses joues pour l'encourager à parler. Elle voulait se montrer forte, mais au fond d'elle, elle était perdue. Que ressentait-elle pour Hak ? L'aimait-elle comme lui l'aime ?

Elle sentit qu'il se détendait sous ses caresses. D'une voix faible, comme s'il ne voulait pas qu'on l'entende, il lui révéla ce qu'il cachait depuis bien longtemps.

Hak : J'ai envie de vous serrer fort dans mes bras, de vous garder pour toujours près de moi, de vous embrasser jusqu'à ne plus pouvoir, de montrer à tout le monde à quel point vous êtes forte et belle, mais surtout leur dire que vous êtes à moi, j'ai envie de...

Yona : De quoi ?

Hak : Je...je ne peux pas vous le dire...

Yona : Maintenant que tu as commencé, fini.

Hak : Princesse, je devrais mourir pour ça...

Il se pencha en avant et lui souffla à l'oreille :

Hak : J'ai envie de vous faire mienne...

Yona : Hak, tu...

Ne voulant pas l'entendre le repousser, il se mit à califourchon sur elle et posa ses lèvres sur les siennes. Elle fut surprise, d'abord parce qu'il l'avait embrassé facilement alors que parler était plus difficile pour lui, mais aussi parce que le baiser était tendre et amoureux : Hak était rarement ainsi. Mais elle devait bien avouer que ça lui plaisait. Elle lui répondit donc, l'attirant contre elle pour approfondir l'échange. Lorsqu'ils durent se séparer, par manque d'air, il se recula un peu et plongea son regard dans le sien.

Hak : Princesse...

Yona : Je ne sais pas où j'en suis, Hak. J'ignore précisément vers où va mon cœur, mais là ce soir, je n'ai pas envie de m'en soucier.

Hak : Je...je ne peux pas faire ça, pas avec vous...

Yona : Avec qui d'autres le pourrais-tu ?

Hak : Personne.

Yona : Alors oublie cette histoire de classe ce soir et laisse-toi aller.

Sans attendre plus, il recolla ses lèvres aux siennes, profitant simplement de l'instant. Il croyait rêver, c'était trop beau pour être vrai. Personne ne le saurait, il ne la forçait pas, pourquoi devrait-il se retenir ? La réponse était simple : il n'avait pas à le faire. Alors, il se laissa aller et ils passèrent une nuit magique comme jamais ils n'en avaient passé auparavant...


Quelques jours s'étaient écoulés depuis la fête. Yona et Hak n'avait pas eu l'occasion de reparler, et ça rendait la princesse un peu triste. Depuis peu, elle commençait à voir clair dans ses sentiments. Elle pensait même avoir trouvé la réponse qu'elle cherchait...

Ce matin, elle ne se sentait pas très bien. Elle décida donc de consulter Yeon, en cachette pour n'affoler personne. Malheureusement, de loin, Shin-ah l'avait vue et avait passer le mot aux 3 autres dragons. Ils rappliquèrent donc tous dans la pièce, ce qui énerva Yeon.

Yeon : C'est trop demander que d'avoir du calme pour m'occuper d'une patiente ?!

Zeno : On veut savoir ce qu'elle a, la petite !

Ki-jae : Ne vous en faites pas, princesse, vous vous en sortirez !

Jae-ah : Si jamais, par le plus grand des hasards, il fallait appliquer un onguent sur son corps, je me porte volontaire.

Shin-ah : ...

Yeon : De toute façon, j'ai terminé.

Il se lava les mains et se tourna vers Yona.

Yeon : Tu n'es pas malade. Enfin, je n'appellerais pas ça une maladie...

Jae-ah : Ne me dites pas qu'elle...

Ki-jae : Elle va mourir ?!

Yeon : Non !

Le dragon blanc poussa un soupire, mais le pauvre Shin-ah, lui, s'était évanouit de frayeur. Zeno commença donc à lui mettre des petites claques pour le ramener à lui. Le jeune médecin poussa un soupire et se dirigea vers la princesse avec des rougeurs aux joues.

Yeon : Yona, ce que je vais t'annoncer ce sera sans doute un choc...

Yona : Que se passe-t-il, Yeon ?

Yeon : Eh bien, suite à l'examen que j'ai fait, et je te pris de me faire confiance, j'en suis venue à la conclusion que tu...tu étais enceinte.

Jae-ah : Quoi ?!

Ce fut au tour de Ki-jae de s'évanouir. Il tomba sur le pauvre Shin-ah, qui n'était toujours pas revenue à lui. Mais Zeno, trop choqué, n'avait pas la force de les réveiller. Yeon était rouge de gêne et Jae-ah, lui, et bien...il riait.

Jae-ah : Alors comme ça, tu t'es trouvé un copain ! Ah, il était temps ! Je paris que c'est Hak ! Il s'est enfin lancé, depuis le temps que je lui dis !

Yona : En fait...cet enfant est effectivement celui de Hak mais...nous ne sommes pas vraiment ce qu'on pourrait appeler « ensemble » ...

Elle rougit et baissa la tête. Lentement, elle posa ses mains sur son ventre.

Yona : L'enfant de Hak...

Yeon : Quoi qu'il en soit, tu dois lui dire. Tu ne peux pas élever cet enfant en secret, tu le sais.

Yona : Oui...je vais en parler avec lui.

Jae-ah : Eh, ça tombe bien, je crois qu'il vient d'arriver...

La jeune fille se leva, aidée de Yeon, et ils partirent vers l'entrée du palais tandis que le dragon vert essayait de ramener à eux ses camarades dragons. Lorsqu'ils arrivèrent, ils virent Soo-won, qui accueillait Hak avec le sourire.

Soo-won : Je suis content que tu sois venu, Hak.

Hak : Je m'ennuyais à la tribu du vent. Et puis, ça fait longtemps que je n'avais pas embêter yeux bovins et le serpent blanc.

Ki-jae : Ne m'appelle pas comme ça !

Jae-ah : Toi aussi, tu m'as manqué Ha...

Il se prit, comme d'habitude, un coup de poing dans le nez.

Yeon : Quelle violence...

Hak : Tiens, Yeon, je t'ai emmené le livre que tu m'avais demandé...

Yeon : Ah merci !

Il se saisit de l'ouvrage et partit en courant afin de le lire dans un coin tranquille. Zeno le suivit discrètement pour savoir de quel endroit il s'agissait.

Soo-won : Vos amis sont de plus en plus étranges au fur et à mesure que les jours passent...

Hak : C'est à se demander pourquoi je suis venu passer quelques jours ici...

Il soupira et remarqua Yona. Il se dirigea vers elle et la serra dans ses bras. Elle se sentit fondre mais fit de son mieux pour que ça ne se voit pas.

Hak : Ravi de vous revoir, princesse.

Yona : Moi de même, Hak...

Jae-ah : Eh Hak, dit voir, alors comme ça Yona et toi vous...

Pour une fois, c'est Yona qui le frappa, le coupant dans sa phrase.

Yona : Tait-toi donc, un peu !

Hak : Euh...Yona et moi, nous ?

Soo-won : Yona et Hak, ils ?

Yona : Ne faites pas attention !

Elle rit nerveusement et partit en courant. Durant trois jours, elle évita Hak. Ce dernier crut donc qu'elle regrettait ce qu'il s'était passé la dernière fois et il préférait ne pas insister pour la voir. Un soir, il s'entrainait dehors lorsqu'il entendit des voix. Il reconnut facilement Soo-won et Yona. Il s'approcha, mais lorsqu'il voulut les aborder, ce qu'il vit lui fit mal au cœur. La femme qu'il aimait, mais qui restait pour lui un mystère, était dans les bras de Soo-won, le sourire aux lèvres et quelques larmes coulant sur ses joues. Le blond lui caressait les cheveux, un air tout aussi joyeux sur le visage. Il sembla cependant prendre conscience de la présence du noir, aussi il s'écarta rapidement de la princesse.

Soo-won : H...Hak, tu étais là ?!

Yona : Hak ! Nous, c'est-à-dire...

Hak : Ne perdait pas votre temps en explications, princesse, j'ai compris.

Il se retourna et partit, ignorant les cris de ses amis. Il traversa le palais pour rejoindre ses appartements, avant de se rendre compte qu'il ne voulait pas y aller. Il ressortit dehors et alla s'asseoir sur un banc, se rendant ensuite compte qu'il ne voulait pas se trouver là non plus. Il prit sa tête dans ses mains et soupira.

Hak : Elle va me rendre fou...

Yona : Hak !

Hak : Arg, elle m'a retrouvé !

Il retira ses mains et vit la jeune fille courir vers lui. Il se leva et fit quelques pas. Elle s'arrêta juste devant lui et entreprit de reprendre son souffle.

Hak : Que voulez-vous, princesse ?

Yona : Laisse-moi t'expliquer...

Hak : Il n'y a rien à expliquer, tout est clair.

Yona : Non, tu ne comprends pas...

Hak : Bien sûr que si, j'ai compris ! La vérité est que vous n'avez jamais pu oublier Soo-won, vous l'avez toujours aimé ! Vous vous sentiez perdu parce que vous aviez tenté de refouler vos sentiments, vous avez accepté de vous unir à moi le temps d'une soirée par pure pitié, parce que ma détresse vous faisait de la peine, mais vous avez pris récemment conscience de vos vrais sentiments et c'est pour ça que vous m'avez évité ces derniers jours ! Je suppose que vous venez de vous déclarer et qu'il a répondu positivement. Je suis content pour vous, princesse.

Yona : Non, tu n'y es pas, Hak ! Je t'en prie, écoute-moi ! J'étais effrayée, j'ai demandé à Soo-won de m'aider ! Il m'a seulement rassurée !

Hak : Ah...oui, bien sûr...

Yona : Tu dois me croire...

Hak : Adieu, princesse.

Il partit, sans la regarder. Il avait peur que, si elle restait dans son champ de vision, il ne se mette à pleurer de désespoir. Elle se retourna, le voyant s'approcher de plus en plus de la sortie. Alors, elle prit son courage à deux mains et hurla :

Yona : Je suis enceinte !

Il se stoppa et se retourna lentement.

Hak : Quoi ?

Yona : Je suis enceinte, Hak ! De toi !

Son cœur stoppa tous battements. Il prenait petit à petit conscience des mots prononcés. Etait-ce réel ? Etait-il possible que ce soir-là... ?

Yona : Je t'en supplie, ne me rejette pas...j'ai pris conscience que je t'aimais, que je te désirais autant que tu me désires et que je voulais passer ma vie avec toi ! Soyons ensemble, Hak, et élevons notre enfant !

Hak : Yona...

Yona : Je t'aime, Hak ! Dis-moi que toi aussi, je t'en supplie...

Elle tomba à genoux et pleura. Elle essuya ses yeux d'une main, l'autre étant posée sur son ventre. Mais ça ne servait à rien, elle ne pouvait pas arrêter ses larmes, lui seul en était capable. Elle sentit soudain sa chaleur, ses bras qui entourait son frêle corps et sa tête se reposer sur la sienne. Elle était emprisonnée dans ses bras, mais c'est ainsi qu'elle se sentait le mieux. Elle passa ses bras dans son dos et le serra le plus fort qu'elle pouvait.

Hak : Pardonne-moi...j'ai été injuste envers toi...

Yona : S'il-te-plaît, Hak, dis-moi que tu m'aimes...j'ai besoin de te l'entendre dire.

Lentement, il desserra son emprise et la regarda droit dans les yeux. Il s'approcha de ses lèvres et lâcha dans un souffle :

Hak : Je t'aime.

Une bouffée de chaleur envahie Yona, et elle ferma les yeux de bonheur lorsqu'elle sentit ses lèvres sur les siennes. Cette sensation lui avait tellement manquée. Elle passa ses bras autour du cou de son amour et l'embrassa encore plus fort, ses larmes s'étant arrêtées de couler.

Soudain, un gros bruit retentit derrière eux. Ils durent stopper le baiser pour se retourner. Ils purent ainsi constater qu'il s'agissait de leurs amis : Ki-jae venait de s'évanouir, Zeno semblait bloqué sur place, Yeon ne cessait de répéter qu'il ne pleurait pas, mais il avait des larmes aux coins des yeux, Shin-ah avait carrément des torrents d'eau qui lui coulaient des yeux, Jae-ah se moquait de tout le monde et Soo-won applaudissait.

Soo-won : Tout s'est enfin arrangé entre vous, je suis content.

Hak : Eh, ça ne te dérange pas que je te vole Yona ?

Soo-won : Eh bien, non, vous vous aimez, alors ce n'est pas du vol.

Le noir le regarda, un sourire mesquin apparaissant soudainement sur son visage. Il prit Yona dans ses bras et partit en direction du palais.

Hak : Si vous n'y voyez pas d'objection, Yona et moi avons un heureux évènement à fêter en tête à tête.

Yona : Hak, voyons !

Yeon : Eh, doucement, elle est enceinte !

Ki-jae : Oh non, ils vont en faire un deuxième !

Yeon : Ce n'est pas possible !

Soo-won : Ils sont déjà partis...amusez-vous bien !

Il rit et alla se coucher à son tour, laissant les autres se disputer, s'évanouir et rire, comme à leur habitude.


Des pas rapides se firent entendre dans les couloirs du château impérial. Un petit être aux cheveux noirs et aux grands yeux très expressifs, courrait en direction de l'arène où s'entraînait son père. Une fois arrivée, il rejoignit Yeon et Zeno, assit dans les gradins.

Yeon : Tiens, Min-soo, te voilà !

Min-soo : Tonton Yeon, tonton Zeno, rassurez-moi, je n'ai rien raté !

Zeno : Non, ils allaient commencer.

Min-soo : Chouette !

Il s'assit à côté d'eux et observa son père, qui s'entraînait avec les trois autres dragons. Depuis l'annonce officielle de la grossesse de Yona, Hak avait passé le flambeau à Tae-woo, qui devint donc le nouveau général de la tribu du vent, et il partit s'installer au château. Neuf mois plus tard, le fils naquit et ils l'appelèrent Min-soo, en souvenir d'un ami très cher mort pour leur permettre de s'enfuir.

Une fois l'entraînement terminé, et après une victoire écrasante de la foudre, les 4 combattants retrouvèrent les 3 spectateurs hors de l'arène, accompagné de Soo-won et Yona. Min-soo sauta dans les bras de Hak, qui l'étreignit avec force.

Hak : Alors, champion, ça t'a plu ?

Min-soo : Oh oui ! Vivement que tu m'apprennes à me battre, moi aussi !

Hak : Ah, ça, tu ressembles bien à ta mère...

Cette dernière rit et s'approcha de lui pour l'embrasser.

Yona : Tu as gagné, tu mérites donc une récompense.

Hak : Hum...est-ce que la récompense en question peut se poursuivre en privé ?

Yona : On verra ça plus tard...

Min-soo : De quoi vous parlez ?

Jae-ah : De trucs de grands, ne t'inquiète pas petit ! Allez, allons jouer !

Min-soo : Oui !

Ils partirent donc jouer dans les jardins, tous ensemble, heureux de vivre des temps de paix et de pouvoir profiter de ces instants de bonheur en famille.